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samedi 1 juin 2013

Rafles de Subsahariens : La collaboration Maroc-Sénégal viole les droits des Sénégalais


Wibme29/5/2013  


Les rafles de Subsahariens par la police marocaine ont repris à Rabat. Les Sénégalais en font désormais autant les frais que les autres, en dépit de leur statut privilégié et de leurs droits. Hier, alors qu’ils manifestaient au sein de leur ambassade, à Rabat, ils ont été chassés par la police marocaine.
 

Hier, mardi 29 mai, la police marocaine a donné l’assaut à l’ambassade sénégalaise à Rabat contre des manifestants sénégalais, a révélé l’AFP. Situation rocambolesque où l’ambassadeur du Sénégal au Maroc, absent, donne son autorisation par téléphone à la police marocaine pour pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade et chasser ses propres ressortissants.
Une centaine de sénégalais avait organisé un sit-in à l’intérieur de l’ambassade. « Ils se plaignaient d’un acharnement de la police marocaine à leur égard. L’ambassadeur était absent mais il a autorisé les forces de l’ordre marocaines à se déployer à l’intérieur de l’ambassade pour les évacuer », a expliqué à l’AFP un fonctionnaire de l’ambassade sous couvert d’anonymat. Les affrontements ont duré près d’une heure, beaucoup de manifestants se sont échappés mais l’on ignore s’il y a eu des arrestations.

Ambassade immobile
Reste une question : pourquoi des Sénégalais iraient manifester auprès de l’ambassade du Sénégal contre des actions menées par la police marocaine ? Parce que l’ambassade se refuse à leur offrir le soutien qu’elle leur doit contre les rafles de la police marocaine, a expliqué l’un des manifestants, hier, à Stéphane Julinet, chargé de programme droit des étrangers et plaidoyer pour le GADEM.
« La police marocaine a raflé et expulsé sans examen des situations personnelles des dizaines de Subsahariens. Parmi eux, il y a donc des Sénégalais et certains sont parfois même en situation tout à fait régulière, mais la police s’en moque. Quand ils ont leur passeport, elle les confisque et ne les rend pas au moment de l’expulsion. Lorsque l’ambassade sénégalaise à Rabat récupère les passeports des expulsés, elle refuse également de les rendre », explique Stéphane Julinet.

Révolte des Sénégalais
Au lieu de demander des comptes au Maroc lorsqu’il expulse des Sénégalais, au lieu d’exiger que chaque situation individuelle soit examinée, au lieu de récupérer et de rendre les passeports à leur propriétaire, l’ambassade joue le jeu du Maroc. Preuve en est l’intervention de la police marocaine au sein même de l’ambassade. « C’est cet immobilisme qui a conduit les Sénégalais à faire un sit-in au sein de l’ambassade, hier », insiste Stéphane Julinet. En réalité, aucune ambassade des Etats subsahariens ayant des ressortissants au Maroc ne les aide réellement contre les rafles marocaines.
Seuls les Sénégalais se sont révoltés car ils ont en principe un statut particulièrement avantageux, par rapport à d’autres nationalités d’Etats subsahariens, au Maroc, grâce aux bonnes relations entre les deux pays. Ils n’ont pas besoin de visa pour entrer au Maroc. Comme les Européens, les Maliens, les Tunisiens, les Libyens et les Nigériens, ils ont le droit de rester 3 mois sur le territoire marocain en toute légalité. Les Sénégalais sont également dispensés d’autorisation de travail spécifique aux étrangers.

Refoulement pour tous
« Mais ces derniers temps, il a eu beaucoup de changement, notamment à Casablanca. Les Sénégalais ne sont plus à l’abri du refoulement », estime Camara Laye, secrétaire général de la section Travailleurs immigrés du syndicat ODT, sur RFI. « Les Sénégalais sont mieux organisés que d’autres communautés, ils étaient aussi moins affectés par la chasse aux noirs grâce à cette position plus privilégiée, ils réagissent d’autant plus vivement aujourd’hui qu’ils deviennent objet des rafles », explique Stéphane Julinet.

Source : yabiladi.co

samedi 15 décembre 2012

Pour la relaxe de Camara Laye et la fin de la répression contre les migrants

Par Ayad Ahram, ASDHOM, 13/12/2012

Camara Laye, le coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc, avait bénéficié d’une liberté provisoire lors de l’audience du 9 novembre.  
Ses soutiens se mobilisent maintenant pour sa relaxe pure et simple lors de la prochaine audience qui aura lieu le 18 décembre 2012. Une date symbolique, rappelons-le, qui n’est que la journée internationale pour la protection des intérêts des travailleurs migrants et de leurs familles.
L’ASDHOM se joint à l’ensemble des associations qui soutiennent Camara Laye et réclame sa libération.

Je rappelle que l’ASDHOM organise, le jeudi 20 décembre 2012 à Nanterre, un débat sur la situation faite aux migrants subsahariens au Maroc en présence de Fabien Yené, lui-même Subsaharien et auteur du livre « Migrant au pied du mur ». Un témoignage poignant sur le parcours des Subsahariens en quête d’un monde meilleur….

20 décembre à 19h
Agora de Nanterr
20 Rue Stalingrad 92000 Nanterre
RER Nanterre Ville

Bien cordialement,
Ayad Ahram
Secrétaire général de l’ASDHOM
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Après la liberté provisoire, la relaxe !





Prochaine audience le 18 décembre 2012, journée internationale des migrants !



Camara Laye, coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), arrêté dans la nuit du 20 au 21 octobre à son domicile, est poursuivi pour vente d'alcool et de cigarettes sans autorisation sur le seul fondement d'un procès-verbal de police alors qu'aucune marchandise n'a été saisie et jointe au dossier. A l'audience du 9 novembre dernier, le tribunal a accepté de remettre Camara en liberté.




La mobilisation qui a permis d'arracher cette première victoire doit s'amplifier pour obtenir la relaxe de Camara et l'arrêt de la répression contre les migrants.




Chaque jour en effet, des dizaines de personnes, y compris des mineurs, des femmes enceintes, des réfugiés et des demandeurs d'asile continuent à être raflés et refoulés à la frontière algéro-marocaine dans des conditions inhumaines et en violation des procédures légales.


En cette journée internationale des migrants, mobilisons-nous contre la répression qui s'abat sur les migrants au Maroc et pour l'abandon des poursuites engagées contre Camara



SIT-IN devant le Tribunal de Première instance

Quartier Océan, avenue de Madagascar

Mardi 18 décembre à 11H
Rabat



Premiers signataires : Association lumière sur l'émigration clandestine au Maroc (ALECMA), Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM), Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), Forum des alternatives Maroc (FMAS), Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), Institut de formation des agents de développement (IFAD), Organisation pour la liberté d'information et d'expression (OLIE)

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En savoir plus sur les migrants et Camara Laye
 
« Au Maroc, c’est la peau noire qui dérange ! » 










Les immigrés de l’Afrique subsaharienne ne sont plus les bienvenues au Maroc. Arrêtés arbitrairement, humiliés, reconduits sans vergogne à la frontière, ils vivent un véritable calvaire. Depuis le mois de juin dernier, le royaume chérifien a durci sa politique de répression à leur encontre, constatent les organisations de défense des droits de l’Homme. Les immigrés clandestins ne sont pas les seuls concernés par cette situation. Ceux qui sont en règle ne sont pas mieux lotis. Enquête.


Bakoyouko est venue vivre au Maroc pour fuir la crise post-électorale ivoirienne. En rêvant d’une vie meilleure au Royaume chérifien, le jeune homme de 34 ans ne s’imaginait pas que cet espoir se transformerait en calvaire. Ses difficultés commencent dès son arrivée à la ville d’Oujda, à l’est du pays, avec une dizaine de ses compatriotes. « Dans cette ville, les bailleurs ne louent pas aux migrants. Nous étions obligés de vivre dans la forêt », raconte-t-il. « Puis nous avons été confrontés à des bandits qui nous ont dépouillés de tous nos biens et déshabillés pour voir jusque dans nos anus si nous ne cachions pas des choses. Certaines femmes et même des hommes ont été violés. Nous avons dû marcher pendant des dizaines de jours avant de monter dans un train pour rejoindre Rabat. C’était l’enfer ! »
Un cauchemar qui continue. Comme Bakoyouko, ils sont des milliers à subir au quotidien la brutalité des autorités marocaines, qui ont durci depuis juin dernier leur politique de répression à l’encontre des immigrés clandestins. Mais ces derniers ne sont pas les seuls concernés par cette politique, précise Bakoyouko qui préside le Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CCMS). Même ceux qui sont en situation régulière subissent des contrôles non justifiés, affirme-t-il.

Contrôles, arrestations, humiliations
Les contrôles incessants. Les arrestations arbitraires. Les humiliations. C’est ce que dénoncent les 20.000 migrants originaires de l’Afrique subsaharienne qui vivent au Maroc. Les forces de l’ordre n’interpellent pas les immigrés uniquement à la frontière. Ils les arrêtent aussi arbitrairement en ville, à leur travail ou au domicile, selon le président du (CCMS). « Lorsque les policiers nous arrêtent, ils ne nous laissent même pas le temps de nous expliquer. Ils reconduisent certains directement à la frontière », confie Bakayouko. Lui-même a violemment été interpellé le mois dernier alors qu’il était devant une épicerie. « Quatre policiers en civil m’ont saisi par la main et m’ont dit de monter dans la voiture. Je leur ai demandé pourquoi ? Ils m’ont dit de me taire et d’obéir. Ils ont fini par me relâcher, voyant que j’étais en règle. »
Pour Bakayouko, le principal problème des migrants, c’est l’absence de cadre juridique qui leur permet de bien s’intégrer dans le pays. Au moins 30% d’entre eux viennent au Royaume chérifien en situation régulière pour une durée, en général, de trois mois, rappelle-t-il. « Une fois que ce délai expire, pour rester dans le pays, les autorités exigent l’ouverture d’un compte bancaire et un contrat de travail ou une attestation certifiant que vous êtes inscrit dans une école », explique-t-il. Mais « les prix des écoles sont très chers, les migrants n’ont pas les moyens de les payer. Quant aux employeurs, ils refusent de leur signer un contrat de travail car ils exigent d’abord un titre de séjour. Or, pour avoir ce document, il faut obligatoirement un contrat de travail. De même, les banques refusent de leur ouvrir un compte tant qu’ils ne présentent pas un titre de séjour. C’est un vrai méli-mélo », déplore-t-il. Au final, beaucoup finissent par se décourager et restent dans la clandestinité.
Les migrants subsahariens sont aussi confrontés à la précarité. La plupart du temps, ils travaillent dans les secteurs informels, tels que les chantiers, les pâturages ou encore les marchés. Le salaire qu’ils perçoivent ne leur permet pas de payer leur loyer. Il n’est pas rare qu’ils dorment à cinq ou six dans une chambre. « Le loyer est très cher. C’est un vrai problème, selon Bakayouko. Il est fixé pour les migrants à 800 dirhams (environ 80 euros) alors que les Marocains payent en moyenne 500 dirhams (environ 50 euros). Même se nourrir est difficile. Parfois, certains attendent la fin du marché pour ramasser de la nourriture et faire leurs provisions ».

« Politique infernale pour les migrants »
Plusieurs ONG et associations de défense des migrants se sont insurgées contre leurs conditions de vie inhumaines. C’est le cas de l’association des droits de l’Homme marocaine (AMDH), dirigée par Khadija Ryadi. « C’est une chasse aux noirs pas aux migrants, fustige-t-elle. Cette violence à leur encontre est préméditée et encouragée par les autorités qui incitent les populations à leurs rendre la vie difficile. Tout cela pour les dissuader de venir au Maroc ! D’ailleurs, des Marocains vont jusqu’à affirmer que ce sont les noirs qui développent le sida et la prostitution dans le pays. Pis, insiste-t-elle, parfois des épiciers refusent de leur vendre quoi que se soit ! »

Cette dégradation de leur situation est liée selon elle à la pression que l’Union européenne met au Maroc pour éviter que les migrants clandestins passent par ses frontières pour se rendre en Europe. En refoulant le maximum d’entre eux, le royaume chérifien « veut montrer qu’il est un bon élève. Mais cette nouvelle politique est infernale pour les immigrés. Des Camerounais se sont dernièrement adressés à notre association pour que nous les aidions à rentrer chez eux, tant ils n’en peuvent plus ! »

Laye Camara, lui, ne compte pas rentrer en Guinée, son pays d’origine. Même s’il souffre beaucoup au Maroc. L’étudiant guinéen de 28 ans, qui milite dans plusieurs organisations de défense des droits des migrants, a été emprisonné le 20 octobre dernier après avoir été accusé de vendre de l’alcool. Le jeune homme affirme avoir en réalité été interpellé à cause du rapport qu’il rédigeait sur les arrestations arbitraires et brutales à l’encontre des migrants subsahariens. « L’alcool était juste un prétexte pour me mettre en prison. Ce qui dérangeait les policiers, c’est ce rapport que je devais remettre à l’AMDH. Ils sont venus me chercher, m’ont menotté et demandé si je connaissais des africains qui vendaient de la drogue. Je leur ai dit que je n’avais rien à voir dans cela. Ils m’ont frappé, pris mes clés et sont venus chez moi saccager ma chambre. Ils m’ont ensuite emmené au commissariat et interrogé : « Pourquoi tu écris sur nous ? » « Tu es qui es qui pour écrire sur nous ? » « A qui tu vas remettre ce rapport ? » Au bout de 15 jours de détention, il obtient finalement une libération provisoire grâce à une forte mobilisation des ONG.

Mortelle agression
« Au Maroc, c’est la peau noire qui dérange ! », clame Laye Camara, dont le procès se tiendra le 19 décembre. « Il y a d’autres migrants originaires du Bangladesh, de l’Iran, de l’Irak, des Philippines, mais ils ne subissent jamais les humiliations qu’on nous inflige au quotidien ! Ils ne sont pas systématiquement arrêtés ni contrôlés ! Dès lors que vous avez la peau noire, vous êtes visés ! Les policiers mettent tous les noirs dans le même camp. Parfois, ils les voient assis en groupe et les reconduisent sans raison à la frontière », dénonce-t-il. « Et lorsqu’ils effectuent des contrôles au domicile de certains immigrés, ils leur volent de l’argent, du matériel… » Ces derniers ne portent pas plainte car ils craignent d’être expulsés, confie-t-il.
L’étudiant guinéen pointe aussi du doigt la presse marocaine qui alimente, selon lui, cette violence à l’égard des Noirs. Il fait notamment référence au journal Maroc Hebdo qui avait publié un dossier sur les immigrés subsahariens au Maroc dont le titre était : « Le péril noir ». Un article qui a fait polémique. « Si les policiers et la presse traitent les migrants comme des moins que rien, ce n’est pas étonnant que la population marocaine, en grande partie analphabète, s’en prennent à eux ! »

Les immigrés de l’Afrique subsaharienne sont en effet souvent victimes d’agressions, parfois mortelles. Pas plus tard qu’en mars dernier, un étudiant guinéen a été tué à coups de couteau par un jeune marocain qui voulait lui dérober de l’argent et son téléphone portable. Selon Laye Camara, « le meurtre a eu lieu pendant la nuit. Au moins 29 immigrés sont descendus de chez eux pour défendre leur frère qui était déjà mort. Mais lorsque les policiers sont arrivés, ils les ont tous reconduits à la frontière, leur rappelant qu’ils n’étaient pas chez eux et qu’ils devaient accepter tout ce qui leur arrive. Quant au meurtrier, il n’a même pas été interpellé ».
Le jeune guinéen est encore meurtrie par cette histoire. C’est pour cela qu’il n’abandonnera jamais son combat : « Même si je dois mourir, je me battrai jusqu’au bout pour que les futures générations de migrants aient une vie meilleure au Maroc ! Les Marocains sont nombreux à vivre et à travailler chez nous. Pourtant nous ne les maltraitons pas. Nous les respectons ! Il n’est pas acceptable que nous subissions toutes ces brimades chez eux ! »
Contacté par Afrik.com, Mr.Jilali, le responsable du service de l’immigration au ministère de l’Intérieur du Maroc, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

mercredi 28 novembre 2012

Immigration. Le débat prend de l’ampleur



  • Par : Jules Crétois, 28/11/2012
Immigration. Le débat prend de l’ampleur
(AFP)

Le débat sur l’immigration subsaharienne semble prendre de l’ampleur. 2M y a consacré un numéro complet du magazine “Moubacharatan maâkoum” le14 novembre 2012. Lors de cette émission, un membre de la société civile, Hicham Rachidi, du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM) a ainsi pu échanger, presque pour la première fois, avec Jilali Sghir, de la Direction de l’immigration du ministère de l’Intérieur. Au parlement, où la question n’est quasiment jamais abordée, Khadija Rouissi, élue étiquetée Parti authenticité et modernité (PAM), a brisé la glace en exigeant, le 19 novembre, une refonte de la loi 02-03 concernant l’immigration, qu’elle juge “purement répressive et limitée”. La députée a également critiqué la violence de la police lors des expulsions de clandestins. Le procès (très médiatisé) de Camara Laye, secrétaire général du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) a quant à lui été une nouvelle fois reporté à décembre, pour… absence de traducteurs lors de l’audience du 20 novembre.

jeudi 15 novembre 2012

Libération provisoire et poursuite du harcèlement judiciaire de M. Camara Laye


FIDH 15 novembre 2012
    L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Maroc.
    Nouvelles informations :

    L’Observatoire a été informé par l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) de la libération provisoire et de la poursuite du harcèlement judiciaire de M. Camara Laye, ancien président et actuel coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM).

    Selon les informations reçues, le 9 novembre 2012, le Tribunal de première instance de Rabat a accepté la demande de mise en liberté provisoire de M. Camara Laye déposée par ses avocats dans le cadre du procès ouvert contre ce dernier pour « vente d’alcool et de cigarettes sans autorisation » (voir rappel des faits). Le juge a également décidé le renvoi de l’audience au 20 novembre 2012.

    Peu avant, les avocats de M. Camara ont été informés par le Parquet que ce dernier était également poursuivi dans le cadre d’une seconde affaire pour « usage de faux » en vue d’obtenir un titre de séjour. L’examen de cette deuxième affaire a d’abord été fixé au 20 décembre puis avancé au 4 décembre.

    Une heure avant l’audience, l’association Adala/Justice, l’AMDH, le Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), le Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM), le Forum des alternatives Maroc (FMAS), le GADEM et l’Organisation pour la liberté d’information et d’expression (OLIE/Hatem) avaient organisé un sit-in pour demander la libération de M.FIDH,  Camara et dénoncer la répression visant les migrants devant le tribunal. En représailles, la police sur ordre du procureur du Roi a refusé l’accès des militants qui avaient participé au sit-in à la salle d’audience.

    L’Observatoire rappelle que les poursuites judiciaires engagées contre M. Camara Laye s’inscrivent dans un contexte de répression croissante des migrants au Maroc et de multiplication des actes d’intimidation visant les individus et les structures œuvrant pour la défense des droits des migrants au Maroc.

    L’Observatoire salue la libération de M. Camara Laye et remercie toutes les personnes, organisations et institutions qui sont intervenues en sa faveur. Toutefois, l’Observatoire s’inquiète de la poursuite du harcèlement judiciaire à son encontre, en ce qu’il ne semble viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits des migrants, et condamne les conditions dans lesquelles s’est déroulé son procès jusqu’à présent. L’Observatoire demande donc instamment aux autorités marocaines d’abandonner les poursuites contre M. Camara Laye immédiatement et sans conditions.

    Rappel des faits :

    Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2012, vers minuit, M. Camara Laye a été arrêté à son domicile et placé en garde-à-vue au commissariat du 3ème arrondissement de Rabat. Son avocat s’est vu refuser l’autorisation de le rencontrer, en violation du Code de procédure pénale et malgré les assurances qui lui avaient été données par le magistrat de permanence au parquet du Tribunal de première instance de Rabat. Le 22 octobre, il a été présenté devant le procureur du Roi, qui a renvoyé l’affaire devant le Tribunal de première instance de Rabat et placé M. Camara Laye en détention provisoire à la prison de Salé. Il est poursuivi pour vente d’alcool et de cigarettes sans autorisation, sur le seul fondement d’un procès-verbal de police mais en l’absence de saisie des bouteilles et paquets qui auraient été trouvés en sa possession. Le 23 octobre à 13h30, le Tribunal a renvoyé l’affaire à l’audience du 30 octobre et a rejeté la demande de libération conditionnelle présentée par ses avocats.

    Le 30 octobre, les avocats ont dénoncé le fait que la police avait essayé de bloquer l’accès au tribunal à de nombreuses personnes venues pour assister à l’audience. Ils ont ensuite demandé un nouveau renvoi pour préparer la défense, certains de ses avocats n’ayant pu encore avoir accès au dossier. Le juge a renvoyé l’affaire au 9 novembre. Après le renvoi, les avocats ont demandé la libération provisoire de Camara jusqu’au procès, mettant en avant les nombreuses garanties présentées et le fait que la détention provisoire est normalement une mesure exceptionnelle. Le parquet a requis le maintien en détention provisoire, et le juge a refusé sa libération.

    L’Observatoire rappelle que, le 10 juin 2012, M. Marcel Amiyeto, coordinateur de la commission préparatoire du congrès constitutif de l’Organisation démocratique des travailleurs immigrés – Maroc (ODT-I), qui l’a élu secrétaire général le 1er juillet, avait été interpellé par la police, interrogé pendant plusieurs heures sur ses activités de défenseur puis relâché. L’appartement d’un militant du CCSM a fait l’objet de deux cambriolages, les 7 et 15 octobre 2012, et du vol de son ordinateur et de matériel audio-visuel mais également de matériel militant sans valeur marchande. A ce jour, l’enquête ouverte par la police de Rabat suivait son cours. Le 17 octobre 2012, des membres des forces de police, accompagnés d’autres personnes non identifiées, ont procédé à l’interpellation violente de plusieurs membres de l’Association de lutte contre l’émigration clandestine au Maroc (ALECMA) dans un foyer où ils se trouvaient. Ils auraient également saisi sans autorisation leurs effets personnels (passeports, argent, ordinateurs, caméras, etc.). Au moment de la publication de cet appel, les membres de l’ALECMA qui ont été refoulés à la frontière algérienne restaient bloqués à Oujda. De plus, le 20 octobre 2012, M. Pascal Mpele, secrétaire général de l’ALECMA, de nationalité camerounaise, a également été arrêté à son domicile et placé en garde-à-vue au commissariat du 3ème arrondissement de Rabat pour défaut de titre de séjour avant d’être refoulé à la frontière algéro-marocaine le 21 octobre malgré de multiples interventions des avocats saisis par des associations (notamment le GADEM).

    Actions requises :

    L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités marocaines en leur demandant de :

    i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Camara Laye, de M. Marcel Amiyeto, des membres du CCSM et de l’ALECMA ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc ;

    ii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de M. Camara Laye, de M. Marcel Amiyeto et des membres de l’ALECMA, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Maroc, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

    iiii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à :
    - son article 1 qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international »,
    - et son article 12.2, qui dispose que « l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration » ;

    iv. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Maroc.

    Adresses :

    · Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Ibn Al Hassan, Roi du Maroc, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : + 212 37 73 07 72 / + 212 53 77 68 515
    · M. Abdelilah Benkirane, Premier Ministre, Bureau du Premier Ministre, Palais Royal, Rabat, Maroc, + Fax : + 212 37 76 86 56
    · M. Mustafa Ramid, Ministre de la Justice et des Libertés, Ministère de la Justice, Place El Mamounia, Rabat, Maroc, Fax : +212 537 21 37 37
    · M. Mohand Laenser, Ministre de l’Intérieur, Quartier Administratif, Rabat, Maroc, Fax : + 212 537 76 20 56
    · M. Saad-Eddine El Othmani, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Ministère des Affaires étrangères et de la coopération, Avenue Franklin Roosevelt, Rabat, Maroc. Fax : +212 37 76 11 25 / +212 37 76 23 24, Email : mail@maec.gov.ma
    · M. Driss El Yazami, Président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), Place Achouhada, B.P. 1341, 10 001, Rabat, Maroc. Fax : +212 537 72 68 56. E-mail : cndh@cndh.org.ma
    · Mission permanente du Royaume du Maroc auprès des Nations unies à Genève, Chemin François-Lehmann 18a, Case postale 244, 1218 Grand-Saconnex, Suisse, E-mail : mission.maroc@ties.itu.int , Fax : +41 22 791 81 80
    · Mission diplomatique du Royaume du Maroc à Bruxelles, 2 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Fax : + 32 2 626 34 34.

    Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Maroc dans vos pays respectifs.

    ***
    Paris-Genève, le 15 novembre 2012

    Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

    L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

    Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
    · E-mail : Appeals@fidh-omct.org
    · Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80
    · Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29
    http://www.fidh.org/Maroc-Liberation-provisoire-et-12433

    mardi 13 novembre 2012

    Camara Laye en liberté provisoire, la lutte continue ! !

    Par Ayad Ahram, ASDHOM, 9/11/2012
     
    Camara Laye retrouve aujourd’hui sa liberté provisoire. Il pourra maintenant préparer librement sa défense avec ses avocats et les nombreuses organisations qui le soutiennent…




    Par le GADEM, 9/11/2012


    Compte-rendu de l'audience du vendredi 9 novembre :
    de 13h à 13h45, nous avons fait un sit-in en face du tribunal, puis nous avons rangé banderole et pancarte pour entrer dans le tribunal, mais la police, sur ordre du procureur du roi, à interdit l'accès à l'enceinte même du tribunal à toutes les personnes venues pour Camara.
    Pendant ce temps, avant l'audience, les avocats se sont rendus au parquet pour éclaircir quelques informations : il y a deux jours en effet, Camara a été interrogé par des policiers en prison sur l'inscription à l'école qui lui a permis d'avoir un titre de séjour. Un substitut leur répond qu'en effet M. Camara Laye est inculpé d'usage de faux pour l'obtention d'un titre de séjour, poursuivi en état de liberté, et qu'une audience est fixée au 20 décembre.
    Dès le début de l'audience, vers 15h45, les avocats ont donc demandé la jonction, le substitut a dit qu'il n'était pas au courant de cette 2ème affaire et qu'elle n'avait rien à voir avec la 1ère. Les avocats ont refusé de plaider le fond dans ces conditions et le juge a renvoyé l'affaire (la 1ère) au 20 novembre.
    Après l'audience, les avocats ont déposé une demande écrite de liberté provisoire, le parquet ne s'y est pas opposé, et le juge a donc accepté.
    Camara devrait donc être libre ce soir jusqu'à la fin du procès.
    ------------------------------------------------
    Rappel, par le GADEM, du 29/10/2012
    Bonjour,

    Le dernier témoignage relatif à l'arrestation de Camara confirme s'il en était besoin qu'il a été arrêté en raison de ses activités :
    "Suite à un coup de fil, il est sorti de chez lui. Quatre hommes en civil se sont pointés devant lui non loin de son domicile et demandèrent après des migrants qui font partie de l'association. Il a été ensuite saisi et frappé par ces quatre hommes dont trois ont forcé sa porte pour piller et s'emparer de biens et documents. Ils ont pris sa clé sur lui  et l'ont traîné et un passant a répliqué à la police en montrant sa maison.
     Ils lui ont demandé à quoi servaient ces documents de AMDH (qu’il devrait rendre le lundi suivant), documents élaboré par GADEM, Conseils des Migrants, Forum Social… trouvés chez lui. Ils ont demandé à son bailleur de quoi il vivait. Ensuite, qu'il serait en train de vendre l'image du Maroc aux Européens pour gagner sa vie. Ils lui ont demandé qui il était, après avoir lu un sms de JB du 20-10-2012 " La police a arrêté les migrants en situation régulière à G5 " dans son portable. Menotté, ils l'ont giflé pour qu'il dise la vérité. Ils ont fouillé dans les sacs, sous les matelas."

    D'autre part, l'ALEC-MA a diffusé un communiqué sur sa page Facebook pour préciser qu'ils sont sans nouvelle de leur secrétaire général adjoint arrêté le samedi 20 octobre au matin depuis le dernier coup de téléphone échangé avec lui depuis le commissariat du 3ème arrondissement de Rabat le même jour.

    Après les fêtes, il faut amplifier la mobilisation au Maroc comme à l'étranger pour obtenir la libération et la relaxe de Camara, des assurances concernant les camarades de l'ALEC-MA dont on est sans nouvelles depuis qu'ils ont été arrêtés, et plus généralement l'arrêt de la répression contre les responsables des associations de migrants.
    (...)

    La pétition mise en ligne jeudi a recueilli pour l'instant plus de 550 signatures individuelles. C'est pas mal en période de fêtes mais il faut continuer à diffuser le lien :
    http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_la_liberation_de_Camara_Laye_et_la_fin_de_la_repression_contre_des_membres_dassociations_de_migrants_au_Maroc/?cpJwEdb

    Enfin, n'hésitez pas non plus à diffuser l'adresse de la page Facebook الحرية لكامرا Free Camara Laye créée jeudi dernier et à y exprimer votre soutien :
    http://www.facebook.com/pages/%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D9%84%D9%83%D8%A7%D9%85%D8%B1%D8%A7-Free-Camara-Laye/156427937835824
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    Ali Fkir a partagé une photo de Hassan Hadraoui.
    Le militant Camara Laye libéré grâce à la mobilisation organisée par l'AMDH.
    Les Marocains libres ne laissent jamais tomber les camarades, les frères et les amis et ce, quelles que soient leur couleur, leur nationalité, leur religion, qu'ils soient athées ou croyants.
    VIVE l'internationalisme!


    Photo
    Poursuivi aussi pour usage de faux
    En état de liberté provisoire, Camara attend la seconde audience de son procès dont la date a été fixée pour le 20 du mois courant. En parallèle, ses avocats annoncent qu’il y a deux jours, il a été interrogé en prison sur l’inscription à l’école qui lui a permis d’avoir un titre de séjour. Camara fait donc l’objet d’une seconde accusation d’usage de faux pour l’obtention d’un titre de séjour et est poursuivi en état de liberté en attendant la première audience de cette seconde affaire le 20 décembre. Les sept associations mobilisées pour Camara, AMDH, ADALA,  Collectif des communautés subsahariennes au Maroc, Conseil des migrants subsahariens au Maroc, Forum des alternatives Maroc, GADEM, Organisation des libertés d’information et d’expression/ OLIE,  rappellent au Maroc ses engagements. Elles soulignent que le royaume a ratifié de nombreux pactes internationaux dont la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille et la Convention de Genève relative au statut des réfugiés.