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jeudi 9 février 2017

AFRIQUE / Sahara occidental : grandes manœuvres en vue de l'entrée dans l’Union africaine



Date de publication sur Tlaxcala : 09/02/2017









Akram Belkaïd أكرم بلكايد


L’affaire était entendue depuis le mois de juillet dernier, date à laquelle le roi Mohammed VI a officiellement demandé la réintégration de son pays au sein de l’Union africaine (UA). Rien ne pouvait empêcher ce retour, pas même les dernières tentatives d’obstruction menées par la diplomatie algérienne et ses alliées.

 

Le 30 janvier dernier, le royaume chérifien a donc réintégré une entité quittée en 1984 — il s’agissait alors de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) — pour protester contre l’admission, en tant que membre de cette instance, de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Pour mémoire, depuis 1975, date du retrait du colonisateur espagnol, Rabat et le Front Polisario (1) (lequel a proclamé la RASD en 1976) n’ont jamais cessé de revendiquer chacun leur souveraineté sur l’ex-Sahara espagnol, bande de terre de 266 000 kilomètres carrés que l’on appelle aujourd’hui Sahara occidental. Il s’agit de l’un des plus vieux conflits au monde (Rabat administre 80 % du Sahara et un cessez-le-feu est en vigueur entre les deux parties depuis 1991) et les différents plans de paix n’ont jamais pu déboucher sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

dimanche 21 février 2016

Le peuple sahraoui attend beaucoup de la visite de Ban Ki Moon au Sahara occidental


Le chef de la délégation sahraouie aux négociations a affirmé samedi à Chahid El Hafed que le peuple sahraoui attendait beaucoup de la visite du SG de l'ONU, Ban Ki Moon prévue début mars prochain dans la région pour mettre un terme à l'entêtement marocain.  

"Il est important que l'ONU assume ses responsabilités pour trouver une solution et mettre un terme à l'occupation marocaine au Sahara occidental, de même qu'il est important qu'elle puisse compter sur les efforts de la communauté internationale pour mettre fin à l'entêtement du Maroc", a déclaré Khatri Addouh à l'APS.
Le régime marocain craint cette visite, a-t-il indiqué, appelant la communauté internationale à assumer ses engagements à l'égard du peuple sahraoui et ses promesses faites en 1991, date de la signature, du cessez-le-feu avec le Maroc pour l'organisation d'un referendum, sous les auspices de l'ONU.
Le Maroc ne veut pas que ses moyens d'obstruction et sa politique dans les territoires occupés soient révélés au grand jour notamment ses violations systématiques des droits de l'Homme et le pillage des richesses.
L'opposition du Maroc à cette visite s'inscrit dans le sillage des entraves qu'il met aux efforts internationaux visant à organiser un referendum pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, a soutenu le responsable.
L'ONU doit satisfaire les revendications soulevées par le peuple sahraoui et le continent africain, lors ses récentes conférences, et arrêter une date pour un référendum d'autodétermination au Sahara Occidental, d'autant que les délibérations du Conseil de sécurité approchent, et ce sur la base du rapport que présentera le SG de l'ONU en avril prochain", a -t-il insisté.
Pour M. Addouh, la date prévue pour cette visite doit être respectée par l'ONU et par M. Ban Ki Moon qui a bénéficié la semaine dernière d'un soutien franc et affiché du conseil de sécurité. Le SG de l'ONU est tenu de dire toute la vérité sur les auteurs des entraves aux efforts internationaux dans cette région, a encore estimé M. Addouh.
"Il est temps que l'ONU assume ses responsabilités et que la communauté internationale fasse pression sur ceux qui entravent les efforts de la communauté internationale et font obstacle à la visite de l'envoyé spécial de l'ONU dans les territoires occupées et à la Minurso, en l'empêchant d'accomplir ses missions et d'élargir ses prérogatives à la surveillance des droits de l'Homme au Sahara Occidental", a-t-il ajouté.
APS

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Monde, Afrique, Sahara occidental


vendredi 8 janvier 2016

L’Afrique en 2015 : Boko Haram mais aussi 10 bonnes nouvelles


L’Afrique en 2015 : Boko Haram mais aussi 10 bonnes nouvelles



Célébration de la fin de l'épidémie d'Ebola en Guinée le 30 décembre 2015.

 image: http://s2.lemde.fr/image/2016/01/04/768x0/4841548_3_84c0_celebration-de-la-fin-de-l-epidemie-d-ebola_6ef2f2f85259f53b017465d97269c531.jpg

  Dans son éditorial du 15 décembre, « Agir avant la catastrophe », le directeur du Monde évoque 2015 comme une année « calamiteuse ». Certes, il parle de la France - et il a raison !
Cependant, la rédaction du Monde Afrique s’est demandé si ce jugement s’appliquait aussi au continent. La réponse est plus nuancée. 2015 a certes vu la poursuite de maux : les attentats perpétrés par Boko Haram, le drame des migrations, la manipulation des règles constitutionnelles pour permettre à certains dirigeants de se maintenir au pouvoir… Mais derrière ce lot d’actualités qui plombent l’avenir du continent, d’autres nouvelles parfois passées inaperçues dessinent un bilan plus positif et surtout plus prometteur. Voici celles que nous avons retenues

  • Une alternance pacifique et démocratique au Nigeria

C’est la première fois dans l’histoire du Nigeria qu’un président sortant est battu dans les urnes. Le 28 mars, Muhammadu Buhari, qui s’était présenté sans succès aux élections de 2003, 2007 et 2011, l’a emporté avec près de 54 % contre Goodluck Jonathan. Le vote s’est passé presque sans violence alors que les scrutins précédents avaient été marqués par plusieurs centaines de morts.
Muhammadu Buhari, 73 ans, ex-général, ex-putschiste, a dirigé le pays dans les années 1980 sans laisser de bons souvenirs. Mais il a bénéficié d’une vague d’engouement due aux échecs de son prédécesseur dans la lutte lutter contre Boko Haram et la corruption. Lorsque le gouverneur de la banque centrale Lamido Sanussi a dénoncé la disparition de 20 milliards de dollars provenant du pétrole, le président Jonathan l’avait tout simplement… licencié.
le nouveau chef de l’Etat semble faire mieux, à la fois en relançant la guerre contre la secte islamiste et en procédant à plusieurs arrestations de personnalités, dont celle de Diezani Alison-Madueke, ministre du pétrole de 2010 à 2015, surnommée la « bling bling lady », soupçonnée d’avoir couvert la disparition des 20 milliards de dollars et d’avoir offert à ses enfants des tours du monde en jet privé, aux frais du gouvernement.
  • Le Nobel de la paix pour la transition démocratique en Tunisie

En décernant en octobre, le prix Nobel de la paix au « quartet », c’est l’ensemble de la société civile tunisienne qui s’est sentie récompensée par le jury norvégien. Cette plate-forme issue de la société civile et organisée autour des quatre organisations - le syndicat UGTT, la fédération patronale Utica, l’Ordre national des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’homme - a réussi à maintenir le dialogue national alors que le pays menaçait de basculer dans l’instabilité après deux assassinats politiques et la contestation croissante contre le parti islamiste Ennahda, à l’époque à la tête du gouvernement. Des mois de discussions difficiles ont permis d’aboutir à une feuille de route : départ d’Ennahda, désignation d’un gouvernement de technocrates, adoption d’une nouvelle Constitution et tenue d’élections.
Cette distinction est un message fort envoyé à la Tunisie, premier pays à avoir déclenché la vague des révolutions arabes en 2011. Elle est à ce jour le seul pays où l’espoir d’un changement a débouché sur une Constitution plus libérale - la première dans le monde arabe qui consacre la liberté de conscience et la parité des sexes et des élections ayant permis une véritable alternance sans violence.
  • Le message de paix du pape François en Afrique

C’était la première fois de sa vie que l’Argentin Jorge Mario Bergoglio se rendait en Afrique. Lors de sa visite de cinq jours, du 25 au 30 novembre, le pape a sillonné le Kenya, l’Ouganda et la Centrafrique, trois pays par des violences, pour y porter un message « de réconciliation, de pardon et de paix ».
Son discours social, son engagement en faveur des plus pauvres et contre l’exclusion ont naturellement trouvé un écho particulier dans ces Etats minés par les inégalités et les difficultés économiques de tous ordres. « Trop souvent, des jeunes sont rendus extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur, et pour déchirer le tissu même de notre société », a également déploré le souverain pontife à Nairobi.
A Bangui, il a exhorté les dirigeants centrafricains à « l’unité ». S’exprimant en français, il leur a demandé d’éviter « la tentation de la peur de l’autre, de ce qui ne nous est pas familier, de ce qui n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse ».
Plus qu’un. Après la Sierra Leone, le 7 novembre, la Guinée est le second des trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés par une épidémie de maladie à virus Ebola à avoir officiellement stoppé la chaîne de transmission de l’infection.
Reste donc le Liberia, qui a les yeux rivés sur l’échéance du 14 janvier 2016, date à laquelle il aurait à son tour atteint les 42 jours sans nouveau cas. C’est en effet la condition définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : n’avoir aucun nouveau cas d’infection pendant une période équivalant à deux fois la durée maximum d’incubation – de 21 jours dans le cas d’Ebola – à compter de la guérison du dernier malade.
Néanmoins, le Liberia, comme ses voisins sait à quel point la victoire peut être fragile. Par deux fois, ce pays avait rempli ce critère mais en juin, puis en novembre 2015, de nouvelles infections étaient apparues du fait d’une ré-émergence du virus chez des personnes considérées jusque-là comme guéries.
L’épidémie qui avait débuté il y a deux ans en Guinée a connu une ampleur sans précédent : plus de 28 600 personnes au total ont été infectées en Afrique de l’Ouest et 11 300 en sont mortes. La menace s’éloigne donc, mais n’a pas totalement disparu.
  • L’Afrique entendue à la COP 21

L’unité a payé : en se présentant à la COP21 organisée en décembre à Paris avec une liste de revendications communes, les pays africains ont réussi à obtenir le soutien financier des grands pays industrialisés à leur initiative sur les énergies renouvelables. Ce projet élaboré dans le cadre de l’Union africaine prévoit de déployer 300 gigawatts d’ici 2030, dont 10 au cours des cinq prochaines années. C’est cette première étape que se sont engagés à assurer les pays du G7 en promettant plus de 10 milliards de dollars.
Le geste peut paraître modeste au regard des besoins du continent où deux tiers environ de la population n’a pas accès à l’électricité, mais il doit permettre de doubler le rythme actuel d’installation des énergies renouvelables. L’Afrique subsaharienne avec son milliard d’habitants dispose d’infrastructures énergétiques comparables à celles de l’Espagne – 47 millions d’habitants – et près de la moitié sont concentrées en Afrique du sud.
A Paris, les préoccupations des Africains ont été entendues. Ce qui n’avait pas été le cas en vingt ans de conférences internationales monopolisées par les intérêts des vieilles puissances industrielles- principales émettrices de gaz à effet de serre et depuis peu par ceux des nouveaux pays émergents.
  • Mo Ibrahim distingue enfin un « champion de la gouvernance »

La création du prix Mo Ibrahim avait soulevé un grand espoir : voir émerger sur le continent des champions de la bonne gouvernance. Mais l’idée généreuse du milliardaire britannico-soudanais de récompenser un ancien chef d’Etat ou de gouvernement pour sa gestion exemplaire s’est vite transformée en casse-tête. Peu de dirigeants africains se sont distingués depuis 2007, à tel point que le prix est passé pour une distinction sans lauréat ou presque.
C’est donc avec soulagement que le jury a attribué en mars la récompense à Hifikepunye Pohamba, qui a présidé la Namibie pendant dix ans à partir de 2004. Un pays qui affiche une bonne santé économique avec une croissance de 5 % ces dernières années et « une démocratie et une cohésion sociale renforcées », a estimé le comité d’attribution du prix. L’ancien dirigeant a emporté avec une somme de 5 millions de dollars sur une période de dix ans ainsi que 200 000 dollars par an et à vie.
En neuf ans, Hifikepunye Pohamba est seulement le quatrième à recevoir cette enveloppe. Le dernier en date était l’ancien président cap-verdien Pedro Pires en 2011. Avant lui, avaient été distingués en 2008, Festus Mogae qui a présidé le Botswana de 1998 à 2008, et l’ancien chef de l’Etat du Mozambique Joaquim Chissano.
  • La Côte d’Ivoire va fabriquer son chocolat

Il était temps ! Le premier producteur de cacao au monde a enfin sa chocolaterie. Le 18 mai, le groupe français Cemoi, spécialisé dans l’achat et la transformation des fèves, a ouvert une usine à Abidjan, dans la zone industrielle de Yopougon.
Avec une production annuelle de 10 000 tonnes annoncée, le site construit sur une surface de 2 000 me et pour un coût d’environ 4 milliards de francs CFA (6 millions d’euros), selon Patrick Poirrier, président-directeur-général de Cemoi, va produire de la poudre de cacao et de la pâte à tartiner pour le marché sous-régional. Elle emploiera une centaine de collaborateurs locaux.
« L’or brun » représente 22 % du PIB, plus de 50 % des recettes d’exportation de la Côte d’Ivoire et surtout les deux tiers des emplois et des revenus de la population, selon la Banque mondiale. Mais si 6 millions d’Ivoiriens en vivent, de source officielle, peu d’entre eux ont l’occasion de savourer du chocolat, un produit transformé hors du pays, qui coûte cher et dont la consommation ne figure pas dans les habitudes alimentaires.
  • Les investissements étrangers dans les services dépassent ceux dans le pétrole sur le continent

Selon deux études du cabinet EY (ex-Ernst & Young), dont l’une sur l’attractivité du continent, les investissements étrangers sont devenus la première source d’apport de capitaux en Afrique, avec une projection pour 2015 de 73,6 milliards de dollars. Une somme qui dépasse à la fois l’aide au développement (54,9 milliards estimés en 2015) et les transferts de fonds des migrants africains (64,6 milliards).
Surtout, ces capitaux étrangers se dirigent désormais davantage dans les services que dans les matières premières, génératrices de peu d’emplois et de peu de valeur ajoutée. Le secteur de l’immobilier, de l’hôtellerie et de la construction représente 43,8 % des investissements directs étrangers contre 25,4 % pour celui du pétrole, du gaz et du charbon. Si l’on ajoute les télécoms, les médias et la technologie, la distribution et les biens de consommation ainsi que les services financiers, on arrive à 60 % des projets d’investissements et 55 % du capital investi.
L’autre étude de EY porte sur la rentabilité des investissements en Afrique et n’est pas moins enthousiaste. Les prises de bénéfice sont en forte augmentation. « La fourchette de retour sur investissement en Afrique est comprise entre 20 et 30 %, bien supérieure à celle observée en Amérique du Nord », note Ferid El Ketroussi, manager des transactions africaines chez EY.
  • La « reine de l’ivoire » arrêtée en Tanzanie

La Chinoise Yang Feng Glan était à la tête d’un vaste réseau de braconnage en Tanzanie, d’où son surnom de « reine de l’ivoire ». Son arrestation et son déferrement le 6 octobre devant le tribunal Kisutu de Dar es Salaam met un terme à un trafic mené pendant quatorze ans dans le pays et en Afrique de l’Est.
Yang Feng Glan a reconnu son implication dans la vente de 706 défenses d’éléphants pour un montant équivalent à 2 millions d’euros. La « reine de l’ivoire », qui servait d’intermédiaire entre un réseau de braconniers et des acheteurs internationaux, risque entre 20 et 30 ans de prison.
La Tanzanie compte l’une des plus importantes populations d’éléphants en Afrique de l’Est. Mais, en cinq ans, une baisse de 63 % d’éléphants a été observée par l’Association zoologique de Francfort, une ONG allemande. L’arrestation de Yang Feng Glan, la plus spectaculaire enregistrée dans la région, constitue un espoir pour la Tanzanie qui peine à lutter efficacement contre le braconnage.
  • Une transition sauvée d’un putsch au Burkina Faso

C’est l’histoire d’une transition politique qui aurait pu virer au drame. Cette période ouverte après la chute du président Blaise Compaoré, en novembre 2014 a été perturbée par une tentative de putsch militaire le 16 septembre 2015 vite déjouée. Organisée le 29 novembre, l’élection présidentielle qui a vu s’installer Roch-Marc Christian Kaboré au palais de Kosyam, et les élections législatives qui se sont déroulées au même moment ont permis au Burkina Faso de mettre un terme à treize mois d’instabilité.
L’organisation du scrutin, initialement prévu en octobre 2015 et reporté de plus d’un mois en raison du coup d’Etat de Gilbert Diendéré, a été saluée par les observateurs et la communauté internationale. L’organe de transition, avec à sa tête le diplomate Michel Kafando, est aussi crédité d’avoir pu maintenir une paix relative, malgré de nombreuses velléités de déstabilisation. Mais surtout, d’avoir rouvert des dossiers sensibles comme l’assassinat de l’ancien président Thomas Sankara et celui du journaliste Norbert Zongo. Autant de chantiers qui doivent être parachevés par les nouvelles autorités du Burkina Faso, en plus de la relance économique du pays.

jeudi 8 janvier 2015

Algérie-Maroc : Chris Coleman, un tweetos aux trousses des journalistes


Par Mohamed Berkani | Publié le 05/1/2015

Cybercafé à Tanger 2007
Cybercafé à Tanger, 2007 © Bodo Marks/afp
 
Le scénario est digne d’un livre d’espionnage de John le Carré : un corbeau, un homme d’affaires, des services de renseignements, deux Etats impliqués, des journalistes présentés comme des ripoux et des révélations (invérifiables) en cascades…
 « Nous sommes otages d’une machine à salir », s’indignent  les deux journalistes Mireille Duteil, « Le Point », et José Garçon, ex de "Libération" dans une tribune. Que s’est-il passé ? Depuis début octobre, un hacker, @chris_coleman24, inonde la Toile d’informations contre le régime chérifien. Parmi les centaines de posts, quelques uns mettent en cause quatre journalistes français, censés être « achetés » par un homme d’affaires marocain, Ahmed Charaï, propriétaire de plusieurs médias, dont notamment L’Observateur du Maroc dans lequel collaborent Mireille Duteil et José Garçon.

Pour de nombreux spécialistes, le hacker tweete des mails piratés, certains authentiques, d’autres partiellement faux ou carrément falsifiés. «Ce qui est sûr, c’est que contrairement à Edward Snowden ou Julian Assange, «Chris Coleman» reste anonyme, soigneusement caché derrière un pseudo de jazzman américain ou de... footballeur. Et que tout pointe plutôt vers les services algériens, engagés dans une opération de déstabilisation à l’ancienne du voisin, empruntant les habits neufs de la cyber-dissidence et des réseaux sociaux», croit savoir Pierre Haski, directeur de Rue89.

Le hacker, le roi et les barbouzes
L’identité du hacker demeure mystérieuse. Pour la presse marocaine, le lanceur d’alerte n’est pas une personne physique mais les services secrets algériens qui chercheraient à déstabiliser la diplomatie marocaine. Autre son de cloche du côté d’Alger : le pirate serait un haut fonctionnaire marocain et pour le quotidien Liberté un journaliste espagnol, Ignacio Cembrero, qui s’est empressé de démentir. Tout en affirmant que les documents mis en ligne par @chris_coleman24 sont authentiques.

A un follower (internaute qui suit son compte) qui lui demandait «pourquoi il balançait ses documents», le principal concerné répond : «Tout simplement fragiliser le Maroc, notamment son appareil diplomatique».
Ancienne journaliste à l’Express, chargée de la couverture du Maghreb, Dominique Lagarde, mise en cause par le hacker, finit par lui répondre: « Je n'ai voulu réagir, dans un premier temps, ni aux tweets de "Chris_Coleman24", ni aux commentaires et accusations qui ont suivi sur les réseaux sociaux et les sites d'information (…)Je n'ai jamais reçu d'argent, ni de cadeau. Je n'ai jamais non plus accepté une seule invitation, que ce soit à titre professionnel ou privé ». 
La diffusion de documents sir Internet dépasse très largement la mise en cause des journalistes. "À nos yeux, la cascade de documents diplomatiques marocains rendus publics par ce hacker atteste par ailleurs d'une évidence : dans cette cyberguerre, les journalistes ne sont qu'une sorte de "produit d'appel" destiné à lancer, grâce à son aspect sulfureux ("la corruption de la presse française"), cette campagne que Rabat impute à Alger et que l'Algérie attribue à un "hacker marocain" sans fournir d'indice accréditant cette affirmation", expliquent Mireille Duteil et José Garçon.

Les autorités algériennes et marocaines demeurent muettes. « Une chape de plomb couvre, au Maroc, cette masse de documents accessibles pourtant à tous sur Internet. A part quelques rares déclarations officielles, comme celle de la ministre déléguée aux Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, qui a accusé des « éléments pro Polisario » d’avoir agi avec l’appui de l’Algérie, aucun membre du gouvernement, aucun sécuritaire, aucun parti politique ne s’est prononcé sur un sujet aussi majeur. Il n’y a eu, par ailleurs, aucun démenti de l’authenticité des câbles », s’inquiète le journal marocain Tel Quel. Même silence officiel à Alger.

Le hacker vient d’épingler ce lundi sa dernière victime : l’éditorialiste américain Richard Miniter, accusé d’avoir empoché 60.000 dollars de la part du Maroc, via PNC Bank. La cyber-guerre promet d'être longue, avec des répercussions réelles.

mardi 25 février 2014

VIDEO. 200 migrants euphoriques franchissent la frontière entre le Maroc et l'Espagne





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 Environ 300 clandestins se sont jetés, vendredi, sur la triple barrière qui sépare l'Afrique de l'Europe, à Melilla. Les deux tiers ont réussi à passer.

Par Francetv info avec AFP, 27/2/2014

 C'est l'assaut le plus important de ces dernières années. Plus de 200 migrants d'Afrique subsaharienne ont pénétré, vendredi 28 février, sur le sol espagnol, lors d'un assaut massif sur la frontière grillagée qui sépare le Maroc de l'enclave de Melilla, soumise à une extrême pression migratoire. A l'aube, environ 300 clandestins, qui s'étaient regroupés durant la nuit du côté marocain, se sont jetés sur la triple barrière, haute de sept mètres, qui sépare à cet endroit l'Afrique de l'Europe. Les deux tiers d'entre eux ont réussi à passer, escaladant un à un les trois grillages. Une fois du côté espagnol, ils ont rejoint le centre d'accueil du gouvernement, le Ceti, en entonnant "des chants de joie alors qu'ils traversaient la ville", a indiqué la préfecture. L'assaut a été lancé à 6 heures du matin par les migrants, qui ont jeté "toutes sortes d'objets, des pierres, des bâtons et des bouteilles contre les agents de la Garde civile", dont deux ont été légèrement blessés, selon la préfecture. Selon l'Association marocaine des droits de l'homme, 34 migrants blessés ont été hospitalisés à Nador, au Maroc, souffrant de coupures provoquées par les barbelés et de fractures. 

jeudi 12 décembre 2013

Melilla-Maroc, une frontière qui broie les hommes



euronews,09/12/2013

 Melilla-Maroc, une frontière qui broie les hommesLe 20 novembre dernier, la Garde civile espagnole repère comme souvent, une coulée humaine à flanc de montagne au Maroc : près d’un millier de clandestins tentent de prendre d’assaut la frontière avec l’enclave espagnole de Melilla. C’est l’une des opérations menées régulièrement par ces migrants qui après avoir été refoulés par les forces de sécurité, se cachent côté marocain dans les hauteurs du mont Gurugu qui surplombe Melilla. Nous partons à leur rencontre, sans autorisation. Il nous faut être discrets pour ne pas attirer l’attention de la police marocaine qui sillonne la zone. “Les policiers en civil sont partout,” nous dit un migrant, “ils nous attendent.”
Venus du Mali, du Cameroun, de Côte d’Ivoire ou encore du Niger, certains sont là depuis des années. Beaucoup ont été blessés lors de leurs nombreuses tentatives pour passer la frontière. Ils survivent grâce à la charité des habitants des villages alentour. Mais ils sont prêts à tout pour réaliser leur rêve. “Ce n’est pas facile,” confie l’un d’eux qui vient du Cameroun, Claude Guillaume Dibonde, “on nous arrête lors des tentatives pour entrer, on nous frappe, on vit dans une telle misère, ce n’est pas facile pour un être humain de vivre comme on vit,” poursuit-il, “on est obligé de le faire, on ne peut plus faire marche arrière parce qu’on a laissé tant de personnes dans la misère pour venir chercher le Bien. Il faut qu’on essaie, on remet tout cela dans les mains des ténèbres,” lance-t-il.
Son compagnon d’infortune, Toure Lassina, originaire de Côte-d’Ivoire, estime qu’“il faut risquer les choses ; si je ne rentre pas, mes cheveux vont blanchir ici, je suis obligé de rentrer en Europe,” insiste-t-il, “l’Europe est la seule chose qui peut changer ma vie actuellement.”

Le groupe s‘éclipse rapidement. Après ces interviews, nous devons repartir sans avoir pu monter jusqu’au campement des clandestins en haut de la colline ; la police marocaine est sur le qui-vive et la situation est de plus en plus risquée pour eux. Quelques minutes plus tard, nous croisons une patrouille que nous voyons pourchasser, puis arrêter brutalement plusieurs clandestins. Impossible d’intervenir ou de filmer sans risquer de se voir confisquer notre matériel. Nous prenons quelques images avec un téléphone portable.
Ce minuscule territoire de 12 km², Melilla, avec l’enclave voisine de Ceuta, est le seul point de passage terrestre entre l’Afrique et l’Europe. Une frontière protégée par une triple barrière de sept mètres de hauteur, largement financée par l’Union européenne qui s‘étend sur une dizaine de kilomètres. L’ajout de barbelés truffés de lames de rasoir au sommet du grillage doit rendre ce mur rempli de capteurs, de radars et de caméras, toujours plus infranchissable.
Le 17 septembre dernier, des centaines de clandestins étaient parvenus à passer par-dessus lors d’un assaut spectaculaire. Beaucoup avaient été arrêtés et renvoyés au Maroc par la Garde civile. Une centaine d’entre eux étaient arrivés jusqu’au centre de rétention temporaire des migrants de Melilla, le CETI. Ce site prévu pour quelque 500 personnes en accueille près du double. Tout migrant qui parvient à Melilla doit en théorie y être envoyé par la Garde civile. Sekou Traore et plusieurs de ses amis venant de Guinée-Conakry sont arrivés le 5 novembre. Il nous raconte comment l’un d’eux n’a pas réussi à passer la barrière. “Le gars est monté un peu, il n’a pas réussi à atteindre le sommet, il est tombé, c’est là-bas qu’il est décédé,” raconte-t-il. “Sur les plus de 320 personnes qui ont tenté de passer la barrière, 120 sont rentrés ici et la Garde civile a déjà fait sortir plus de 34 personnes,” précise-t-il.
Hilaire Fomezou, migrant en provenance du Cameron, nous explique lui avoir passé deux ans à Gurugu : “j’ai vu ce que c’est que la souffrance, j’ai mangé presque n’importe quoi, j’ai fouillé les poubelles pour me trouver de quoi manger. Donc aujourd’hui, quand je suis en train de parler, j’ai mal,” poursuit-il. “Je pense à mes frères qui sont de l’autre côté, merci seigneur si je suis là ! Je suis bien traité,” dit-il. “Je promets à ma famille, à mes amis de me battre pour eux, je vais tout donner quelle que soit la douleur qu’il faudra supporter de ce côté pour assurer mon avenir et celui de mes enfants,” assure-t-il.
Nous rencontrons un migrant provenant du Mali, il nous dit avoir fui la guerre : “je suis orphelin de père et de mère, j’ai juste une petite soeur qui me suit, puis le frère que j’avais est mort pendant les massacres,” raconte-t-il, “je suis parti comme un sacrifié, je n’ai pas peur de la mort : pour l’Europe, je n’ai pas peur de mourir.”

Quand ils ne passent pas par la barrière ou par la mer, certains tentent leur chance via la frontière de Beni-Ensar où quelque 30.000 personnes font chaque jour l’aller-retour entre le Maroc et Melilla. Les véhicules sont passés au peigne fin. Il y a même des capteurs qui décèlent la respiration humaine. Tous les moyens sont bons pour tenter de passer comme des migrants qui se cachent sous la carrosserie des voitures au péril de leur vie.
Pour le représentant du gouvernement espagnol à Melilla, l’Europe doit mieux coordonner sa politique d’immigration : “je voudrais que l’Europe s’implique plus dans le contrôle, non pas de la frontière entre le Maroc et l’Espagne, mais de la frontière entre le Maroc et l’Europe que constituent Ceuta et Melilla,” déclare Abdelmalik el Barkani. “C’est également nécessaire de coopérer beaucoup plus avec les pays d’origine et avant tout,” ajoute-t-il, “de faire face une fois pour toutes aux mafias.”
Militant des droits de l’Homme le plus connu de Melilla, le président de l’ONG Prodein José Palazon fustige quant-à-lui la surenchère sécuritaire. “Je crois que la politique européenne d’immigration est un désastre total,” dénonce-t-il. “Cela ne sert à rien sauf à provoquer de la souffrance et des morts : on a des barbelés entre autres, mais on peut mettre toujours plus d’obstacles contre les immigrants, ils continuent à passer,” estime-t-il. “On parle beaucoup de mafia,” fait-il remarquer, “mais ce qui arrive, c’est qu’on fait monter le prix qu’il faut payer pour entrer et donc, loin d’en finir avec le problème de l’immigration, on est en train de le promouvoir.”
Le lendemain, nous retrouvons plusieurs de ceux que nous avons rencontré au CETI. Ils sont venus se faire enregistrer au commissariat central de Melilla. Une étape préalable, espèrent-ils, à un départ vers la péninsule ou un autre pays d’Europe. Nous croisons Franklin Diko qui vient du Gabon : “on attend sous la pluie depuis une heure et demi maintenant, simplement pour obtenir un laissez-passer pour Madrid ou Barcelone, on ne sait pas si on va pouvoir partir ce matin,” dit-il, “on prie Dieu pour qu’il fasse quelque chose pour nous ; s’il vous plaît,” implore-t-il, “l’Union européenne peut nous aider, on souffre.
Sous la pluie battante, tous nous demandent de venir en aide à leurs camarades restés dans la forêt de Gurugu. Nous décidons de leur rendre une autre visite. Ils nous montrent l’une des caves où ils dorment dans la pluie et le froid. Certains ont tenté de franchir la barrière la nuit même, sans succès. D’autres ont été arrêtés. Le découragement les gagne. “On ne vient pas ici parce qu’on aime trop l’Europe, on veut juste chercher quelque chose pour aider notre famille,” assure Andrew Kamaha, du Gabon. “Je ne pars pas pour rester 20 ans en Europe ! Si je peux trouver des fonds pour rentrer chez moi et faire du commerce, je vais le faire,” explique-t-il, “l’Europe peut me donner une nouvelle chance dans ma vie parce que là, j’ai zéro chance. L’Europe,” dit-il, “reconnaît les droits de l’Homme, même s’il y a du racisme ; nous, on peut supporter cela, ici on a tout vu, on nous a craché dessus, on nous a tout fait. Tout ce que je veux, c’est réussir ma vie,” conclut-il. Ronni Abas, également originaire du Gabon, veut lui lancer un message : “vraiment, on a besoin d’aide ! Nous, on pleure, on prie beaucoup et on se demande qui viendra nous sauver un jour, mais on ne sait pas.”
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samedi 11 mai 2013

"Le Sahara occidental est la dernière colonie d’Afrique."

Paris (France), 1er mai 2013, Un reportage d'independenza webtv sur le peuple sahraoui (Sahara occidental), réalisé à Paris.

Une vidéo à ne pas manquer :

 
Quelques citations :

"On est là dans un premier temps pour soutenir les Sahraouis, et puis d'autre part pour essayer de sensibiliser la population française, et c'est le seul moyen qu'on a, étant donné que dans les médias français : on n'entend absolument pas parler de nous."

"Je suis français, et je regrette malheureusement que mon gouvernement soutienne le Maroc qui est un pays colonisateur, qui occupe le Sahara occidental, qui ne respecte pas ses engagements et le droit international."

"Moi, je compare un peu Israël qui a une impunité dans les territoires palestiniens et le Maroc qui a une impunité dans les territoires sahraouis, et je voudrais que ça change !"

""Le Sahara occidental est la dernière colonie d'Afrique."

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