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jeudi 12 décembre 2013

Melilla-Maroc, une frontière qui broie les hommes



euronews,09/12/2013

 Melilla-Maroc, une frontière qui broie les hommesLe 20 novembre dernier, la Garde civile espagnole repère comme souvent, une coulée humaine à flanc de montagne au Maroc : près d’un millier de clandestins tentent de prendre d’assaut la frontière avec l’enclave espagnole de Melilla. C’est l’une des opérations menées régulièrement par ces migrants qui après avoir été refoulés par les forces de sécurité, se cachent côté marocain dans les hauteurs du mont Gurugu qui surplombe Melilla. Nous partons à leur rencontre, sans autorisation. Il nous faut être discrets pour ne pas attirer l’attention de la police marocaine qui sillonne la zone. “Les policiers en civil sont partout,” nous dit un migrant, “ils nous attendent.”
Venus du Mali, du Cameroun, de Côte d’Ivoire ou encore du Niger, certains sont là depuis des années. Beaucoup ont été blessés lors de leurs nombreuses tentatives pour passer la frontière. Ils survivent grâce à la charité des habitants des villages alentour. Mais ils sont prêts à tout pour réaliser leur rêve. “Ce n’est pas facile,” confie l’un d’eux qui vient du Cameroun, Claude Guillaume Dibonde, “on nous arrête lors des tentatives pour entrer, on nous frappe, on vit dans une telle misère, ce n’est pas facile pour un être humain de vivre comme on vit,” poursuit-il, “on est obligé de le faire, on ne peut plus faire marche arrière parce qu’on a laissé tant de personnes dans la misère pour venir chercher le Bien. Il faut qu’on essaie, on remet tout cela dans les mains des ténèbres,” lance-t-il.
Son compagnon d’infortune, Toure Lassina, originaire de Côte-d’Ivoire, estime qu’“il faut risquer les choses ; si je ne rentre pas, mes cheveux vont blanchir ici, je suis obligé de rentrer en Europe,” insiste-t-il, “l’Europe est la seule chose qui peut changer ma vie actuellement.”

Le groupe s‘éclipse rapidement. Après ces interviews, nous devons repartir sans avoir pu monter jusqu’au campement des clandestins en haut de la colline ; la police marocaine est sur le qui-vive et la situation est de plus en plus risquée pour eux. Quelques minutes plus tard, nous croisons une patrouille que nous voyons pourchasser, puis arrêter brutalement plusieurs clandestins. Impossible d’intervenir ou de filmer sans risquer de se voir confisquer notre matériel. Nous prenons quelques images avec un téléphone portable.
Ce minuscule territoire de 12 km², Melilla, avec l’enclave voisine de Ceuta, est le seul point de passage terrestre entre l’Afrique et l’Europe. Une frontière protégée par une triple barrière de sept mètres de hauteur, largement financée par l’Union européenne qui s‘étend sur une dizaine de kilomètres. L’ajout de barbelés truffés de lames de rasoir au sommet du grillage doit rendre ce mur rempli de capteurs, de radars et de caméras, toujours plus infranchissable.
Le 17 septembre dernier, des centaines de clandestins étaient parvenus à passer par-dessus lors d’un assaut spectaculaire. Beaucoup avaient été arrêtés et renvoyés au Maroc par la Garde civile. Une centaine d’entre eux étaient arrivés jusqu’au centre de rétention temporaire des migrants de Melilla, le CETI. Ce site prévu pour quelque 500 personnes en accueille près du double. Tout migrant qui parvient à Melilla doit en théorie y être envoyé par la Garde civile. Sekou Traore et plusieurs de ses amis venant de Guinée-Conakry sont arrivés le 5 novembre. Il nous raconte comment l’un d’eux n’a pas réussi à passer la barrière. “Le gars est monté un peu, il n’a pas réussi à atteindre le sommet, il est tombé, c’est là-bas qu’il est décédé,” raconte-t-il. “Sur les plus de 320 personnes qui ont tenté de passer la barrière, 120 sont rentrés ici et la Garde civile a déjà fait sortir plus de 34 personnes,” précise-t-il.
Hilaire Fomezou, migrant en provenance du Cameron, nous explique lui avoir passé deux ans à Gurugu : “j’ai vu ce que c’est que la souffrance, j’ai mangé presque n’importe quoi, j’ai fouillé les poubelles pour me trouver de quoi manger. Donc aujourd’hui, quand je suis en train de parler, j’ai mal,” poursuit-il. “Je pense à mes frères qui sont de l’autre côté, merci seigneur si je suis là ! Je suis bien traité,” dit-il. “Je promets à ma famille, à mes amis de me battre pour eux, je vais tout donner quelle que soit la douleur qu’il faudra supporter de ce côté pour assurer mon avenir et celui de mes enfants,” assure-t-il.
Nous rencontrons un migrant provenant du Mali, il nous dit avoir fui la guerre : “je suis orphelin de père et de mère, j’ai juste une petite soeur qui me suit, puis le frère que j’avais est mort pendant les massacres,” raconte-t-il, “je suis parti comme un sacrifié, je n’ai pas peur de la mort : pour l’Europe, je n’ai pas peur de mourir.”

Quand ils ne passent pas par la barrière ou par la mer, certains tentent leur chance via la frontière de Beni-Ensar où quelque 30.000 personnes font chaque jour l’aller-retour entre le Maroc et Melilla. Les véhicules sont passés au peigne fin. Il y a même des capteurs qui décèlent la respiration humaine. Tous les moyens sont bons pour tenter de passer comme des migrants qui se cachent sous la carrosserie des voitures au péril de leur vie.
Pour le représentant du gouvernement espagnol à Melilla, l’Europe doit mieux coordonner sa politique d’immigration : “je voudrais que l’Europe s’implique plus dans le contrôle, non pas de la frontière entre le Maroc et l’Espagne, mais de la frontière entre le Maroc et l’Europe que constituent Ceuta et Melilla,” déclare Abdelmalik el Barkani. “C’est également nécessaire de coopérer beaucoup plus avec les pays d’origine et avant tout,” ajoute-t-il, “de faire face une fois pour toutes aux mafias.”
Militant des droits de l’Homme le plus connu de Melilla, le président de l’ONG Prodein José Palazon fustige quant-à-lui la surenchère sécuritaire. “Je crois que la politique européenne d’immigration est un désastre total,” dénonce-t-il. “Cela ne sert à rien sauf à provoquer de la souffrance et des morts : on a des barbelés entre autres, mais on peut mettre toujours plus d’obstacles contre les immigrants, ils continuent à passer,” estime-t-il. “On parle beaucoup de mafia,” fait-il remarquer, “mais ce qui arrive, c’est qu’on fait monter le prix qu’il faut payer pour entrer et donc, loin d’en finir avec le problème de l’immigration, on est en train de le promouvoir.”
Le lendemain, nous retrouvons plusieurs de ceux que nous avons rencontré au CETI. Ils sont venus se faire enregistrer au commissariat central de Melilla. Une étape préalable, espèrent-ils, à un départ vers la péninsule ou un autre pays d’Europe. Nous croisons Franklin Diko qui vient du Gabon : “on attend sous la pluie depuis une heure et demi maintenant, simplement pour obtenir un laissez-passer pour Madrid ou Barcelone, on ne sait pas si on va pouvoir partir ce matin,” dit-il, “on prie Dieu pour qu’il fasse quelque chose pour nous ; s’il vous plaît,” implore-t-il, “l’Union européenne peut nous aider, on souffre.”
Sous la pluie battante, tous nous demandent de venir en aide à leurs camarades restés dans la forêt de Gurugu. Nous décidons de leur rendre une autre visite. Ils nous montrent l’une des caves où ils dorment dans la pluie et le froid. Certains ont tenté de franchir la barrière la nuit même, sans succès. D’autres ont été arrêtés. Le découragement les gagne. “On ne vient pas ici parce qu’on aime trop l’Europe, on veut juste chercher quelque chose pour aider notre famille,” assure Andrew Kamaha, du Gabon. “Je ne pars pas pour rester 20 ans en Europe ! Si je peux trouver des fonds pour rentrer chez moi et faire du commerce, je vais le faire,” explique-t-il, “l’Europe peut me donner une nouvelle chance dans ma vie parce que là, j’ai zéro chance. L’Europe,” dit-il, “reconnaît les droits de l’Homme, même s’il y a du racisme ; nous, on peut supporter cela, ici on a tout vu, on nous a craché dessus, on nous a tout fait. Tout ce que je veux, c’est réussir ma vie,” conclut-il. Ronni Abas, également originaire du Gabon, veut lui lancer un message : “vraiment, on a besoin d’aide ! Nous, on pleure, on prie beaucoup et on se demande qui viendra nous sauver un jour, mais on ne sait pas.”
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mercredi 16 octobre 2013

Titres des articles publiés sur Solidmar du 6 au 13/10/2013

Semaine tendue avec un seul commentaire : le Maroc est tombé sur la tête !!!
A lire absolument pour saisir cette politique de l’absurde et du triste ridicule le point n°37 de la campagne de parrainage des prisonniers politiques

mercredi 9 octobre 2013

Environ 50 morts dans un naufrage au sud de Malte et Lampedusa

La Valette (AFP) - 11.10.2013 19:04

Un nouveau naufrage d'un bateau chargé d'immigrés au sud de Malte et de Lampedusa a coûté la vie à environ 50 personnes, dont une dizaine d'enfants, huit jours après le drame de Lampedusa, selon l'agence Ansa. 
voir le zoom : Photo fournie par les services maritimes maltais montrant des migrants clandestins après leur sauvetage par la marine maltaise, le 29 décembre 2008 
Photo fournie par les services maritimes maltais montrant des migrants clandestins après leur sauvetage par la marine maltaise, le 29 décembre 2008
afp.com - Mark Tabone
voir le zoom : Infographie localisant le site du naufrage d'un bateau d'immigrants près de l'île italienne de Lampedusa Infographie localisant le site du naufrage d'un bateau d'immigrants près de l'île italienne de Lampedusa
afp.com -
Un nouveau naufrage d'un bateau chargé d'immigrés au sud de Malte et de Lampedusa a coûté la vie à environ 50 personnes, dont une dizaine d'enfants, huit jours après le drame de Lampedusa, selon l'agence Ansa.
Les secours s'activaient vendredi soir dans la nuit pour tenter de sauver de la mort les naufragés de l'embarcation qui a chaviré en quelques minutes par une mer houleuse. Quelque 200 passagers ont été recueillis par les navires maltais et italien arrivés très vite dans la zone.
"L'opération est en cours. Les conditions maritimes sont difficiles, avec un vent fort", a déclaré à l'AFP un responsable de la marine militaire maltaise.
Selon les médias italiens, des corps auraient été aperçus aux abords du lieu où l'embarcation a coulé. Selon l'agence Ansa, les morts seraient au nombre d'environ cinquante.
Cette information n'a pas été confirmée officiellement, ni du côté italien, ni du côté maltais.
Ce sont les immigrés qui ont donné eux-mêmes l'alarme grâce à un téléphone satellitaire, alors que le navire se trouvait à 60 milles au sud de Lampedusa et 70 milles au sud de Malte, non loin des eaux territoriales libyennes. De premières informations avaient indiqué que l'accident s'était produit entre Malte et la Sicile.
Selon un communiqué de la marine militaire maltaise, le bateau a été déstabilisé et s'est renversé lorsque les immigrants se sont agités pour attirer l'attention d'un avion militaire qui le survolait, se déplaçant tous ensemble sur un côté.
La marine maltaise a vite dépêché des navires de secours et des hélicoptères, et a dérouté sur les lieux de l'accident plusieurs navires commerciaux en transit dans la zone. De leur côté, les autorités italiennes ont envoyé rapidement deux navires militaires, le Libra et le Respiro, ainsi que des hélicoptères qui ont pu envoyer des chaloupes de sauvetage gonflables.
"Il s'agit d'un naufrage dans les eaux territoriales maltaises. Nous apportons notre aide aux autorités de Malte. On ne sait pas encore s'il y a des morts", a déclaré à l'AFP Filippo Marini, commandant des garde-côtes italiens.
Cet accident, survenu vers 17H15 locales (15H15 GMT), est arrivé une semaine après le naufrage d'un bateau de pêche au large de l'île de Lampedusa, le 3 octobre, qui a coûté la vie à plus de 300 immigrés.
A ce jour, 339 corps ont été retrouvés à l'intérieur et aux abords de l'épave. Le navire transportait plus de 500 réfugiés, en majorité érythréens, et seuls 155 des occupants du bateau ont survécu au drame.
Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), "entre 50 et 70 corps se trouveraient encore en mer", autour de l'île de Lampedusa.
Cette tragédie, la pire survenue en Méditerranée, a suscité une vague d'émotion et d'indignation en Europe. Mercredi, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a affirmé que l'UE ne pouvait "se détourner" de ce drame et réclamé des efforts plus poussés, une plus grande coopération entre tous les Etats membres".
L'Italie, qui fait face à un nouvel afflux exceptionnel de migrants (30.000 depuis le début de l'année, quatre fois plus qu'en 2012), a obtenu que la question de l'immigration figure à l'ordre du jour d'une réunion ministérielle européenne à Luxembourg mardi.
Le pays a fait face ces derniers mois à un afflux croissant d'immigrés clandestins, venus de Syrie ou de la Corne de l'Afrique. Dans la nuit de jeudi à vendredi, pas moins de 500 migrants ont été secourus au cours de plusieurs opérations distinctes dans le canal de Sicile.
Selon le site Fortress Europe, 6.825 clandestins sont morts noyés dans les eaux de Lampedusa depuis 1994, dont 2.352 dans la seule année 2011, le plus souvent dans l'indifférence générale.
Au large de la ville égyptienne d'Alexandrie, au moins 12 migrants clandestins se sont noyés vendredi quand leur bateau a chaviré, tandis que 116 autres ont pu être secourus, a annoncé un responsable égyptien de la sécurité. Les recherches se poursuivent.

© 2013 AFP

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Environ-50-morts-dans-un-naufrage-au-sud-de-Malte-et-Lampedusa.htm?&rub=6&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20131011.6467b14c.2216.414e.8bfd.69bfbadbc5d9.xml

samedi 16 mars 2013

MSF quitte le Maroc. Silence des officiels qui nient les faits !.

Actualité marocaine

Médecins sans frontières condamne le rôle de gendarme de l'Europe joué par les autorités marocaines. Selon l'organisation, l'action du Maroc a causé la recrudescence de la vulnérabilité des migrants subsahariens qui transitent par le Maroc.
 

La lutte contre l'immigration clandestine opérée par le Maroc cause beaucoup de dégâts selon Médecins sans frontières. L'approche totalement sécuritaire menée par le ministère de l'Intérieur, en charge du dossier, se fait « en contradiction avec le respect des droits de l'homme et a des conséquences sur la santé de la population migrante, dont les groupes les plus vulnérables – telles que les victimes de violences sexuelles ou de la traite d'êtres humains- ne bénéficient d'aucune assistance ou de protection spécialisée de la part des administrations. »

Dans son dernier rapport, bloquée aux portes de l'Europe, l'organisation humanitaire qui siégeait à Oujda avant l'annonce de son départ du Maroc, décrit « la recrudescence des rafles policières au cours desquelles les effets personnels des migrants sont détruits, ainsi que d'une augmentation des expulsions vers l'Algérie des personnes détenues, parmi lesquelles se trouvent des groupes vulnérables tels que des femmes enceintes, des blessés et des mineurs »
Du côté de la frontière de Melilla, les migrants qui cherchent à sauter la clôture sont dissuadés par une violence excessive, selon David Cantero, le coordinateur général de MSF au Maroc rapporte « depuis le mois d'avril de l'année dernière notamment, nous avons vu, entre autres, des fractures aux bras, aux jambes, aux mains, à la mâchoire, des dents cassées et des commotions cérébrales. Ce sont des blessures cohérentes avec les témoignages des migrants et qui sont le résultat des agressions exercées par les forces de sécurité ».

MSF conclut son rapport par l'action menée par la société civile et le ministère de la santé, qu'il considère comme un progrès dans la gestion du dossier de l'immigration, contrairement à l'action menée par le département de l'immigration au ministère de l'Intérieur, dirigé par Khalid Zerouali.
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 Médecins Sans Frontières se retire définitivement du Maroc


Par Rachid Loudghiri AufaitMaroc,

Médecins sans frontières (MSF) s'est alarmée, mercredi, d'une hausse des violences contre les migrants clandestins, dans un rapport publié au moment où l'ONG annonce quitter le Maroc après avoir jugé sa mission d'assistance médicale inadaptée à la situation sur le terrain.




Médecins sans frontières dénonce les multiplications des violences contres les migrants subsahariens. /DR Agrandir




Médecins Sans Frontières (MSF), présent au Maroc depuis 1997, s'est tourné depuis 2003 vers une mission visant à garantir l’accès médical à la population migrante. Lors d’un point presse, tenu mercredi à Rabat, MSF a annoncé sa décision irrévocable de se retirer du Maroc.

Des raisons peu convaincantes
Médecins sans Frontières, qui a déjà transféré ailleurs ses activités de Rabat, cherche actuellement à trouver une association pour la relever de ses opérations d’Oujda et de Nador. Les raisons de ce retrait, évoquées par les dirigeants de cette organisation humanitaire, sont loin d’être convaincantes et ont laissé la plupart des journalistes présents sur leur faim.
David Cantero, coordinateur général de MSF, s’est employé dans son intervention à dégager les autorités marocaines de toute responsabilité, en ce qui concerne ce retrait. “La raison de notre départ n’a rien à voir avec aucune action ou omission du gouvernement marocain”, a-t-il assuré. Il a évoqué d’autres raisons, notamment la diminution des activités d’assistance médicale au Maroc ces dernières années.
David Cantero a aussi critiqué la position de l'UNICEF. “Pour obtenir plus de changements, on a besoin d’investissements importants à moyen et long terme. Malheureusement l’UNICEF n’est pas prête à faire ces investissements, estimant que cela ne correspond pas aux objectifs de MSF”. Le coordinateur a jugé que le Maroc a besoin de plus d’organisations de défense des droits de l’Homme. Il estime que le Maroc connaît une carence et des défaillances importantes dans ce domaine. C’est pour cela que MSF aurait décidé de laisser la place aux organisations nationales et internationales œuvrant dans ce domaine.
Recrudescence des violences contre les migrants
Cette annonce intervient alors que l'organisation a publié un rapport intitulé “Violences, vulnérabilité et migration : bloqués aux portes de l’Europe”.
Ce rapport met en exergue le fait que “le Maroc est devenu, suite au durcissement des contrôles frontaliers, non seulement, un pays de transit, mais aussi une destination forcée, accroissant la vulnérabilité des migrants”. MSF souligne dans ce rapport la précarité des conditions de logement des concernés, vivant dans des lieux surpeuplés des grandes villes du Royaume ou dans des abris de fortune (grottes, forets et squats de bâtiments abandonnés…). L'organisation dénonce la situation, précisant qu'aucune mesure d’hygiène n'est prise par les autorités, et que l'accès aux besoins essentiels pour une vie décente reste très limité.
Sur 10.550 consultations effectuées entre 2010 et 2012 par les équipes de MSF, la moitié des problèmes médicaux diagnostiqués (5.223) seraient étroitement liés aux conditions déplorables auxquelles sont confrontés les migrants. MSF dénonce l’impunité accordée par les autorités pour ceux qui utilisent la violence, physique ou sexuelle, contre les migrants. Ainsi ces déplacés subsahariens ne demandent pas d'assistance médicale et ne se tournent pas vers la justice, de peur de répercussions.
“92% des personnes ayant subi des violences ont déclaré que cette violence est institutionnelle. Les personnes expulsées courent le risque d’être la proie de violences, d’abus, d’exploitation  et de violences sexuelles.”
David Cantero, coordinateur général de MSF
L'exemple mis en avant, lors de la conférence d'hier, concerne les groupes de migrants qui ont tenté dernièrement de franchir les clôtures qui séparent Nador de Mellilia. “Les Forces de sécurité marocaines et la Guardia civile espagnole ont répondu avec une violence disproportionnée et sans aucune retenue”, a déclaré David Cantero.


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  • Un rapport de MSF fâche le Maroc

    AFP , Le Figaro,

    Un officiel marocain a dénoncé aujourd'hui des omissions dans le rapport de Médecins sans frontières (MSF) sur les violences commises contre les migrants clandestins, et assuré notamment que l'action des forces de sécurité du royaume était "strictement encadrée par la loi".

    Médecins sans frontières (MSF) s'est alarmée mercredi d'une hausse des violences contre les migrants clandestins, dans un rapport publié au moment où l'ONG s'apprête à quitter définitivement le Maroc après avoir jugé sa mission d'assistance médicale inadaptée à la situation sur le terrain.

    Ce rapport "omet de signaler que les migrants bénéficient de l'ensemble de leurs droits au même titre que les nationaux", a réagi vendredi une source au sein du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence marocaine MAP.*

    Selon cette source anonyme, l'organisation humanitaire "occulte tous les efforts déployés par les autorités marocaines en matière de protection des victimes" ainsi que "la doctrine et l'engagement" de ces autorités "pour la non expulsion des migrants vulnérables".
    "L'action des services de sécurité lors des opérations de reconduite aux frontières est strictement encadrée par la loi, les textes réglementaires et par les décrets d'application. Tout agent qui transgresse ces règles est passible de poursuites disciplinaires voire pénales", souligne encore cet officiel.

    Dans son document, MSF parle de "recrudescence importante des abus" en 2012. Critiquant l'action des forces de sécurité marocaines et espagnoles, elle appelle Rabat et Madrid à "prendre des mesures drastiques de façon immédiate" afin de mettre un terme à la "violence institutionnelle généralisée".

    MSF met aussi en avant la responsabilité de l'UE en constatant que, depuis 10 ans, Bruxelles a "durci ses contrôles aux frontières et externalisé de plus en plus sa politique migratoire". D'un "pays de transit" le Maroc est aussi devenu "un pays de destination par défaut", relève-t-elle.

    Selon des associations locales, de 20.000 à 25.000 clandestins originaires du sud du Sahara se trouvaient fin 2012 sur le sol marocain, dans l'hypothétique espoir d'un passage en Espagne, le pays européen voisin.

    * !!! Pourquoi alors tant d'exactions et de répression sans cesse dénoncées par les migrants ? (ndlr)

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    Les autorités marocaines n'ont pas commenté publiquement le rapport accablant – et documenté - de Médecins sans frontières sur la situation des clandestins subsahariens au Maroc. Une « source » au sein du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle MAP, se contente de nier en bloc les accusations de l'ONG.

    Le dernier rapport de l'association Médecins sans frontières (MSF), intitulé « Violence, vulnérabilité et migration : Bloqués aux portes de l'Europe », a été présenté au public le 13 mars dernier à Rabat par le coordinateur général de MSF au Maroc, Davis Cantero.
    Bien documenté grâce au travail de terrain mené par l'ONG depuis plusieurs années à Nador, Oujda et Rabat, ce rapport interpelle les autorités marocaines et espagnoles sur les conditions de vie des clandestins subsahariens bloqués dans le royaume, ainsi que sur « la violence institutionnalisée » dont ils sont régulièrement victimes.
    L'ONG interpelle publiquement l'Union européenne et le Maroc sur les conséquences humanitaires de l'approche adoptée ces dernières années en termes de gestion des flux migratoires. Une approche contradictoire selon MSF avec leurs engagements internationaux sur le respect des droits humains universels.
    Les autorités marocaines n'ont pas réagi officiellement à ce rapport. Ni la Primature, ni le porte-parole du gouvernement ni le ministre de l'Intérieur ne se sont exprimés publiquement pour commenter ou apporter des précisions aux conclusions de MSF. On apprend en revanche à travers une dépêche de l'agence officielle MAP, qui cite une source anonyme au ministère de l'Intérieur, que le rapport de MSF « omet de signaler que les migrants bénéficient de l'ensemble de leurs droits au même titre que les nationaux ».
    « Réagissant aux allégations de MSF, qui prétend que les migrants sont victimes de "violence institutionnelle" au Maroc, la même source fait savoir que l'action des services de sécurité lors des opérations de reconduite aux frontières est strictement encadrée par la loi, les textes réglementaires et par les décrets d'application. Tout agent qui transgresse ces règles est passible de poursuites disciplinaires voire pénales, insiste-t-elle. »
    Les cas de violence et mauvais traitements soulevés par MSF - témoignages et photos à l'appui - ont-ils fait l'objet d'enquêtes de la part des autorités ?

    L'ONU s'en mêle
    La position de l'ONG n'est pas isolée. Outre les associations marocaines comme le Gadem et l'AMDH, les instances onusiennes demandent régulièrement au Maroc de respecter les droits élémentaires des migrants en situation illégale.
    Voici ce que relate le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, dans son rapport présenté publiquement le, Juan Mendez mois dernier à Genève :
    Le Rapporteur spécial a recueilli des témoignages faisant état d'abus systématiques subis par ces migrants, qui sont frappés avec des bâtons, des pierres ou d'autres objets, agressés sexuellement ou menacés d'agression sexuelle et soumis à d'autres formes de mauvais traitements consistant à les attacher avec des cordes, à leur causer des brûlures avec des briquets et à leur uriner dessus. Il a en outre entendu que les victimes étaient ensuite abandonnées dans des ravins ou des forêts ou qu'ils allaient se cacher dans de tels lieux, où aucune assistance ne peut leur être apportée.
    Le Rapporteur spécial est également préoccupé par les informations concernant l'expulsion illégale et collective de centaines de migrants vers l'Algérie et la Mauritanie, où ils seraient soumis à la torture et à des mauvais traitements, et, notamment, abandonnés en « no-man's land », sans aide, le plus souvent près d'Oujda. Selon d'autres témoignages, le principe de non-refoulement des personnes qui risquent d'être torturées n'est pas respecté par les autorités marocaines.

    Des violences en augmentation en 2012
    En 2012, les équipes de MSF ont constaté une « forte augmentation » des abus, traitements dégradants et actes de violence contre les migrants subsahariens, commis « par les forces de sécurité marocaines et dans une moindre mesure par les forces espagnoles ».
    Ainsi, au cours de l'année dernière, les équipes de MSF ont assisté plus de 1 100 personnes ayant des blessures associées aux violences dans la région de l'Oriental, y compris des traumatismes importants tels que des fractures de la mâchoire, des bras, des mains, du crâne et des jambes, du fait d'une violence directe.
    Selon MSF, « les auteurs de cette violence peuvent agir en toute impunité car ils savent que la plupart des migrants subsahariens qui sont victimes de coups, d'abus, de viols et d'agressions ne demanderont aucune aide médicale, ni de protection ou de justice, par crainte de l'arrestation ou d'exposition à d'autres répercussions ». Les bandes criminelles sévissant dans la région profitent de la situation et sont responsables eux aussi de nombreux cas de violences.





    Durant les expulsions dans le désert, les migrants subsahariens sont abandonnés à leur sort du côté marocain de la frontière par les forces de sécurité marocaines, qui les obligent à passer du côté algérien.
    « Des entretiens avec les patients de MSF révèlent que ceux qui passent la frontière sont agressés par les forces de sécurité algériennes, qui les menacent et les maltraitent et qui, parfois, tirent en l'air, pour essayer de leur faire rebrousser chemin et de les faire rejoindre de nouveau le Maroc. Ainsi, les migrants sont attrapés dans un jeu sinistre de ping-pong entre les forces de sécurité de l'un et de l'autre côté. D'après les témoignages recueillis par le personnel de MSF, les violences et les abus par les forces de sécurité algérienne sont monnaie courante », note le rapport de MSF.
    Auteurs des violences selon les témoignages recueillis par RSF

    Concernant les agressions sexuelles dont sont victimes les migrantes, le rapport de MSF note que dans la majorité des cas enregistrés, les auteurs sont issus de la même communauté (70% des cas). Les forces de sécurités sont accusées dans 20% des cas, les 10% restants étant le fait d'inconnus.
    Très critique envers la gestion sécuritaire des autorités, MSF reconnaît néanmoins le travail effectué par les responsables de la Santé. « Ces niveaux inacceptables de violence ne devraient pas éclipser ce qui a été réalisé quant à la reconnaissance et au respect du droit des migrants subsahariens à la santé au cours de ces dix dernières années".
    Malgré les grands progrès qui ont été réalisés, les défis sont encore nombreux, relève MSF, notamment en ce qui concerne la santé secondaire non urgente, la prise en charge des personnes ayant des problèmes de santé mentale et la protection et l'aide aux survivants de violences sexuelles.
    En conclusion de son rapport, Médecins sans frontières demande aux autorités marocaines de respecter ses engagements internationaux envers les droits de l'homme, de développer et de mettre en œuvre des mécanismes de protection et de garantir que les migrants subsahariens reçoivent un traitement humain et digne, quelle que soit leur situation légale.
    Lors de la conférence de presse du 13 mars dernier, l'ONG a annoncé son départ du Maroc. Elle a été interdite d'exercer à Nador en 2011 et estime que l'accès aux soins s'est suffisamment amélioré à Oujda. Le principal problème qui reste à résoudre concerne selon elle le respect des droits des migrants.
    Cette décision intervient alors que le Maroc et l'Union européenne ont repris les négociations sur l'accord de réadmission, que Bruxelles souhaite faire adopter par Rabat. Cet accord imposerait au royaume (en contrepartie d'un soutien financier) d'accueillir sur son territoire les clandestins subsahariens expulsés d'Europe et qui s'étaient rendus illégalement sur le Vieux continent en passant par le Maroc.