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samedi 24 mai 2014

Le Maroc annonce l’ouverture d’une nouvelle enquête sur la torture d’Ali Aarrass

2242 Jours de détention






Exclusif ! 21 mai 2014 : Le Maroc annonce l’ouverture d’une nouvelle enquête sur la torture d’Ali Aarrass !

Farida Amnesty tour EspagneSelon les informations parues sur différents sites (www.febrayer.com, www.elconfidencial.com..) le ministère de la justice du Maroc vient d’ordonner l’ouverture d’une nouvelle enquête sur la torture d’Ali Aarrass et sur l’identification des tortionnaires éventuels. Cette nouvelle enquête aurait été décidée par les autorités marocaines suite au rapport de Juan Mendez et de la campagne d’Amnesty international.
Si ces informations se confirment, ce serait un premier résultat des efforts de l’ONU (Juan Mendez et le groupe de travail sur la détention arbitraire) et de la campagne internationale d’Amnesty international (AI) contre la torture, lancée le 13 mai dernier. Sur ce point, le Maroc a devancé la Belgique, qui n’a pas encore dit un seul mot sur la torture d’un de ces citoyens.
La campagne d’AI donne une résonance mondiale à l’affaire Ali Aarrass comme jamais auparavant et nuit fortement à l’image du Maroc à l’étranger. La tournée du 12 au 23 mai d’Amnesty international-Espagne dans toutes les grandes villes espagnoles avec Farida Aarrass comme oratrice et témoin, est du jamais vu dans le combat pour la libération d’Ali, incarcéré depuis six ans. Ensuite, les plaintes pour torture au Maroc, déposées en France il y a deux mois par des ex-détenus français, et la mise en cause des plus hauts responsables de la sûreté marocaine dans ces dossiers, a provoqué un véritable tremblement de terre au plus au niveau de l’état marocain. Ajoutons les pressions de plus en plus fortes contre la torture et « les erreurs » dans le dossier Belliraj (dont Ali Aarrass est un des inculpés) aussi bien en Belgique qu’au niveau international qu’au Maroc.
Nous disons qu’une « nouvelle enquête » dans l’affaire Ali Aarrass n’est plus nécessaire. Depuis des années, les autorités judiciaires et politiques marocaines sont parfaitement au courant de tous les rapports et éléments dans ce dossier qui imposent la libération immédiate d’Ali Aarrass. Si les autorités veulent encore faire une enquête, punir les tortionnaires et ceux qui les protègent, celle-ci pourrait se faire avec Ali Aarrass en liberté.
La nouvelle enquête sera-t-elle une nouvelle opération pour gagner du temps? Pour se sauver la face au niveau international ? Enquête qui finira par la phrase habituelle que « toutes les allégations de torture sont fausses » ? Ou s’agit-il d’un réel espoir que justice sera enfin rendue ?
De notre côté, continuons le combat jusqu’à la libération d’Ali Aarrass et de tous les détenus politiques torturés. Mobilisons-nous pour le procès du 26 mai à 9 h où Reynders veut que la justice belge décide que le citoyen bi-national Ali Aarrass n’ait aucun droit à une protection de la Belgique. Signons l’appel du 25 mai pour la libération immédiate d’Ali Aarrass.
(LV)

في تعذيب علي عراس

فبراير.كوم
في الاربعاء 21 ماي 2014 الساعة 17:13

انتبهوا.. وزير العدل والحريات: فتحت تحقيقا في تعذيب علي عراس


أكد بلاغ لوزارة العدل والحريات، أنها فتحت تحقيقا بشأن تعذيب الشاب علي عراس، وذلك على إثر ما تضمنه تقرير مقرر الأمم المتحدة الخاص المعني بمناهضة التعذيب، وكذا تقرير منظمة العفو الدولية بشأن حالة السيد علي عراس.إذ أكد البلاغ أن الخطوة تأتي وفي إطار تعميق الأبحاث في الشكاية التي كان قد تقدم بها دفاعه بشأن تعرضه للتعذيب، حيث تقدم الوكيل العام للملك لدى محكمة الاستئناف بالرباط، يومه الأربعاء 21 ماي 2014، بملتمس إلى قاضي التحقيق بالغرفة الرابعة بنفس المحكمة، لإجراء تحقيق في الموضوع قصد التأكد من صحة الوقائع المدعاة وتحديد المسؤولين عنها.
Rabat, 21 may (EFE).- El procurador general del Rey (fiscal) ante el Tribunal de Apelación de Rabat pidió hoy al juez de instrucción que se investiguen las alegaciones de torturas supuestamente sufridas por el ciudadano belga, nacido en Melilla, Ali Aarrás.
« Esta petición se produce después de la publicación de los informes del relator de la ONU contra la tortura (Juan Méndez, que visitó el país en 2012) y Amnistía Internacional » respecto al caso de Ali Aarrás, indica el Ministerio de Justicia de Marruecos en un comunicado, según la agencia MAP.
El 13 de mayo, Amnistía Internacional (AI) denunció que la Ley Antiterrorista en Marruecos ha permitido que Aarrás sufriera torturas en un centro secreto de un servicio de espionaje y que, aunque éste las denunció en varias ocasiones, sólo logró una investigación médica que, de acuerdo con la organización, estaba « lejos de adecuarse a las normas internacionales ».

samedi 23 novembre 2013

ONU : Juan Mendez de retour au Maroc pour évaluer la pratique de la torture

  


L’élection du Maroc, pour deux ans, au conseil des droits de l’homme de l’ONU, ne signifie pas pour autant un blanc-seing accordé par la communauté internationale. Le royaume a encore du chemin à parcourir et des examens à passer. Encore une fois, c’est Juan Mendez qui doit juger, lors de sa prochaine visite, les engagements pris par le royaume visant de mettre un terme à la pratique de la torture.
Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, sera bientôt de retour au Maroc. Un déplacement qui le mènera, également, en Tunisie. Il est attendu au royaume probablement durant le premier semestre de 2014. L’occasion pour l’Argentin, ancien détenu politique sous la dictature militaire, de s’assurer, sur place, de la mise en application des recommandations figurant dans son rapport publié début mars dernier. Ce sera également l’occasion de faire la promotion de son projet « Initiative anti-torture », lancée le 22 octobre dernier à New York.

Rabat est sommée de présenter des réponses écrites à Mendez
En attendant ce rendez-vous, une délégation marocaine conduite par El Mahjoub El Hiba, le délégué interministériel aux droits de l’homme, a été dépêchée à Genève. Le 15 novembre dernier, elle a pu rencontrer Juan Mendez au siège du CDH. Au cours de l’entrevue, le responsable onusien a demandé à ses interlocuteurs marocains de lui présenter, dans les semaines à venir, des réponses écrites sur le respect du Maroc de ses engagements visant à mettre un terme à la pratique de la torture et garantir le droit des manifestations pacifiques.
A l’issue d’une visite au Maroc et au Sahara occidental, en septembre 2012, Juan Mendez avait présenté, en mars 2013, aux membres du Conseil des droits de l’homme, un rapport sur la pratique de la torture au Maroc. Il s’était dit particulièrement « préoccupé par la loi (no 03-03) contre le terrorisme qui prévoit un délai de garde à vue d’une durée pouvant aller jusqu’à trois périodes consécutives de quatre-vingt-seize heures sans possibilité d’accès à un avocat, sauf pour un entretien sous surveillance d’une demi-heure à mi-période ». C’est d’ailleurs cette même loi qui avait été appliquée dans le cas du journaliste Ali Anouzla.

Principaux reproches de Mendez
Partant du constat que les mécanismes de plainte actuellement en place « ne sont ni efficaces ni indépendants », l’Argentin recommandent aux autorités marocaines d’ « accepter à tout stade du procès, les allégations de torture et de mauvais traitements ». Et « les tribunaux sont tenus d’ouvrir d’office une enquête lorsqu’il y a des motifs raisonnables de croire que des actes de torture ont été commis ou que des mauvais traitements ont été infligés ».
Dans son rapport, Juan Mendez a également pointé du doigt le système médico-légal actuel du Maroc.  Celui-ci souligne que « le système médico-légal actuel du Maroc, dans le cadre duquel les détenus sont soumis à des examens effectués par des médecins sans spécialisation en médecine légale (de simples cliniciens travaillant comme "experts" auprès des tribunaux), n’est pas conforme aux normes internationales. »

samedi 28 septembre 2013

« Ils » sont devenus fous !


« Ils » sont devenus fous !


La muraille de la "Bastille marocaine", la prison Zaki, à Salé, au quartier de Hay Salam

A Salé, la ville des corsaires d’antan, le quartier de Hay Salam conçu pour soulager la capitale de la pression démographique qui risquait de l’étouffer, dans les années 1970-80,  est devenu célèbre. Non pas, par la douceur de vivre qui s’en dégage, mais parce qu’on a choisi d’y implanter, dans la partie la plus populaire et la plus misérable, une prison à nulle autre pareille. Il en exhale désormais comme un parfum de scandale, d’injustice et d’exactions, depuis que Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU pour la torture, y avait pleuré le sort que l’on y réserve au genre humain. L’homme était ressorti bouleversé de cette citadelle de l’horreur, cette cour des miracles, aux murs d’enceinte tellement hauts et tellement sinistres que les  concepteurs de cette bastille d’un nouveau genre, n’ont rien imaginé mieux que masquer leur laideur par une laideur supplémentaire, le tribunal de première instance de Salé. Un monument de mauvais goût et une monstrueuse singerie de l’architecture coloniale, comme si le Maroc n’était pétri que de nostalgie pour un passé honni de tous et de réflexes bâtisseurs archaïques. Tout un symbole.
C’est dans ce brouillon d’aménagement du territoire, en forme de verrue, que Ali Anouzla a pris ses quartiers, à son corps défendant, le procureur ayant jugé nécessaire de le placer en détention provisoire, après l’avoir inculpé  d’ « assistance délibérée à une entreprise terroriste, de fourniture de logistique à la perpétration d’actes terroristes et d’apologie d’actes de terrorisme ».
A ce premier stade du récit, il vaut mieux  ouvrir  des guillemets et les oreilles, tant l’énoncé d’un tel chef d’inculpation relève de l’énormité ou de l’absurde. Qui oserait, en effet, croire que Ali, cet homme épris de liberté, ait nourri, l’espace d’un instant, l’idée de frayer avecAQMI ou lui apporter aide et assistance ?
« Al Qaïda », ce monstre, cette saloperie, cette nébuleuse de l’ignominie qui échappe désormais à tout contrôle, y compris à celui de son propre géniteur, au point de se retourner contre lui, aurait donc ses entrées à Lakome. Rien que ça !
Les franchisés de la terreur, les coupeurs de têtes et de mains, les sinistres bourreaux du Mali, les marchands d’otages, les bandits de grands chemins et les adeptes de la « Chouha » (honte) obscurantiste seraient en fait, nos complices. Et  c’est dans les minuscules bureaux de Lakome que les ennemis de l’humanité pétriraient leur complot contre le pays.
En réalité le régime marocain est son propre ennemi. Il n’est de pire complot que celui qu’il ourdit tous les jours, contre sa propre existence, en réprimant les libertés, en muselant la presse libre, en érigeant la corruption en système de gouvernance, en achetant les consciences, en dilapidant les deniers publics en shoppings dans les malls d’Europe et d’Amérique, en pillant les ressources, en « misérabilisant » les campagnes………..
A ce second stade du récit, il faudrait une bonbonne d’oxygène, pour poursuivre l’énumération des exactions du Makhzen contre lui-même ! L’arrestation de Ali en est une !
En réalité, Lakome terrorise parce qu’elle est devenue, en quelques mois, un creuset de démocratie, une Agora, ouvrant ses colonnes à tout ce que compte la société de plumes libres. Dans ce local exigu, où l’on carbure au café filtre et à l’espoir de lendemains meilleurs, ce qui épouvante tant les tyrans, c’est qu’il y souffle un dernier et irrépressible vent de liberté, alors que partout ailleurs où celle-ci devrait se faire entendre, on continue de tendre la main à la tyrannie et en faire l’apologie.
A peine cinquante misérables mètres carrés et une poignée de femmes et d’hommes libres auront suffi pour que des centaines de citoyens s’y donnent rendez-vous, pour y conter les récits de leurs souffrances et psychanalyser les  douleurs engendrées par la dictature. A entendre les thuriféraires de l’insupportable, Ali aurait du taire tout cela, au nom d’un prétendu patriotisme.
Mais le patriotisme ne commence-t-il pas justement, là où finit l’Omerta ?
A peine cinquante mètres carrés de liberté et voilà le régime qui a les « chochottes » et tremble sur ses bases. A croire que tous ces services de sécurités, tous ces ministères, toutes ces institutions, tous ces Conseils que nous payons de nos deniers, ne sont rien d’autre qu’un pataquès bouffi, aux pieds d’argile et que des phrases écrites à l’encre virtuelle d’Internet risquent d’emporter à tout jamais.
Une des nombreuses manifestations pour la libération de Ali Anouzlaau lendemain de son inculpation pour apologie du terrorisme et aide et assistance à une entreprise terroriste et son incarcération à la prison de Salé
« Ils » sont devenus fous. C’est le seul et unique constat qui s’impose, à l’énoncé des charges qui pèsent sur notre confrère. Et il n’est de pire folie que celle que l’on partage à plusieurs, comme semble décidée à le faire la classe politique dans sa quasi-totalité,  à approuver ce dernier crime, en date, entrepris contre le journalisme.
Une fois de plus, à quelques semaines d’intervalles, notre pays est le centre de l’indignation de pas moins de cinquante organisations de défense des Droits de l’homme, auxquelles se sont joints « Reporters sans frontières » et « Amnesty International ». Mais dans sa fuite en avant, en forme de folie suicidaire, le Makhzen en bon autiste, court toujours et n’entend rien !
Puisse-t-il s’arrêter pour reprendre son souffle. Il se rendrait compte que cinquante organisations et  des millions de voix qui s’élèvent pour défendre cinquante mètres carrés de liberté sont le meilleur hommage que le monde libre pouvait rendre au courage d’un seul homme et la meilleure preuve que le Maroc vient encore une fois d’y laisser  son honneur.

vendredi 27 septembre 2013

Le Congrès américain émet un rapport critique sur la violation des droits de l’homme par le Maroc au Sahara occidental

congress
Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry vient de transmettre aux commissions budgétaires du Congrès son rapport sur les mesures prises par le Maroc au Sahara concernant les droits de l'homme. Ce rapport est obligatoire avant de débloquer le versement de l'aide militaire annuelle américaine à Rabat.

Le rapport remis ce lundi aux commissions budgétaires du Congrès par le Secrétaire d'Etat américain John Kerry concerne les mesures prises par l'Etat marocain pour améliorer la situation des droits de l'homme au Sahara, selon une copie du texte que détient Lakome. Ce rapport est obligatoire avant de débloquer l'aide financière militaire américaine accordée chaque année à Rabat, et ce depuis la loi votée par le Congrès US sous l'impulsion du lobby pro-polisario aux Etats-Unis et des organisations de défense des droits de l'homme.
Ce rapport du Département d'Etat, une note de quatre pages, a pour but d'examiner les mesures prises par l'Etat marocain sur deux volets. Tout d'abord le respect du droit des individus à exprimer pacifiquement leur opinion concernant le statut et le futur du territoire et la documentation des violations des droits de l'homme. Deuxièmement, le libre accès au territoire des organisations de défense des droits de l'homme, des journalistes et des représentants de gouvernements étrangers.

Atteintes à liberté d'expression et de réunion
Le Département d’État rappelle que pour Rabat, prôner l'indépendance du territoire est considéré comme une menace à la sécurité nationale, ce qui entraîne selon le rapport des restrictions excessives et continues, «particulièrement sur le droit de réunion pacifique et la publication de tout plaidoyer pour l'indépendance ou pour un référendum qui inclurait l'indépendance comme option».
Le rapport cite également plusieurs violations des droits de l'homme : absence de procès équitable pour des manifestants pro-indépendance, arrestation de militants lors de distribution de tracts, et même le blocage de certains sites internet «considérés controversés, comme ceux préconisant l'indépendance». Le texte ne fournit toutefois aucun exemple concret pour étayer ces propos.
Le Département d'Etat revient également sur le droit d'association, rappelant que certaines associations «vues par l'administration marocaine comme n'étant pas attachées à la souveraineté marocaine», ont des difficultés pour s'enregistrer ou opérer librement. Le rapport relève que les associations non-enregistrées ne peuvent recevoir de fonds publics ni accepter de contributions. Le rapport cite les cas de l'ASVDH et de la CODESA mais précise que ces deux associations sont tout de même "très actives sur internet et pour recevoir des diplomates et des délégations de droits humains".
Le rapport note à propos des médias au Maroc, que les restrictions longtemps imposées au sujet du Sahara ne sont plus autant appliquées mais qu'en parallèle l'auto-censure est encore largement pratiquée parmi les médias et les bloggeurs. Le rapport souligne également qu'à certaines occasions, des activistes sahraouis pro-indépendance ont pu participer à des conférences au Maroc et s'afficher publiquement et sans répercussion comme étant pro-polisario.

Restrictions pour les journalistes étrangers
Concernant le libre accès au territoire, le rapport du Département d'Etat explique que les diplomates américains et d'autres pays se rendent «régulièrement» au Sahara pour rencontrer des activistes sahraouis, des officiels de l'ONU et du Maroc.
Le rapport fait aussi le point sur les visites de l'ONU en 2012 : celles de l'envoyé personnel de Ban-Ki Moon, Christopher Ross, et celles du patron des Casques Bleus, le français Hervé Ladsous, et du Rapporteur spécial contre la Torture, l'argentin Juan Mendez. En 2013 c'est la Rapporteuse spéciale sur la traite des personnes, la nigériane Joy Ngozi Ezeilo, qui s'est rendue dans le territoire.
Concernant les journalistes, le rapport rappelle les deux voyages de presse organisés au Sahara par l'International Women Media Foundation en décembre 2012 et avril 2013. Le Département d'Etat relève que les journalistes étrangers doivent obtenir une autorisation préalable du ministère marocain de la Communication avant de pouvoir rencontrer des associations pro-indépendance. Il explique toutefois ne pas avoir reçu d'informations concernant des cas de journalistes interdits par les autorités marocaines de voyager à Laâyoune ou de rencontrer des activistes pro-indépendance. «Le royaume du Maroc, cependant, refuse l'entrée ou expulse les individus quand il estime qu'ils utilisent le journalisme comme couverture pour faire de l'activisme», conclut le rapport.
lakome

mercredi 18 septembre 2013

La Maroc / L'impunité système de valeur! 1

Par Mohammed Belmaïzi, 16/9/2013
Plus de cinq décennies, les violations des droits humains au Maroc n’ont cessé de provoquer l’opinion et d’indigner la conscience en torpillant l’avènement de l’Etat de Droit dont notre association l’AMDH exige vivement l’édification. Arrestations, torture, disparations et assassinats ont mis l’Etat marocain au ban des nations démocratiques et civilisées. Il a fallu que le scandale crève les yeux et érode significativement la façade cosmétique collée à la peau de l’autoritarisme de cet Etat, pour que l’étendue de l’horreur des violations éclate au grand jour. Parmi tant d’écrits et d’interventions, retenons le livre de Gille Perrault « Notre ami le roi » qui décrit les arcanes du pouvoir personnel d’Hassan II. L’Histoire retiendra de ce monarque de droit divin qu’il s’est ingénié à opprimer, à bannir et à ériger des bagnes clandestins contre ses opposants. C’est alors que sous la pression nationale et internationale, le régime a cédé. Et le monde a ouvert les yeux sur le désastre de Tazmamart et d’Agdz, entre autres mouroirs clandestins au Maroc.

Pour redorer son blason, le régime marocain, en se dépêchant de tourner cette hideuse page, exhibe sa ‘bonne volonté’ et crée le CCDH (Conseil Consultatif des Droits de l’Homme) en 1990. Il opta, huit ans plus tard, pour l’Alternance, un gouvernement dirigé par le socialiste Abderrahman el-Youssoufi  Celui-là même qui évoqua durant son exil, les délits attentatoires de l’Etat marocain comme inhérents aux « crimes contre l’humanité ». Mais pour effacer et passer sous silence cette macabre phase contre les droits humains, on s’est empressé de désigner un « ministre chargé des Droits de l’Homme » au sein de ce gouvernement. Signe d’un consensus irraisonné à tous les niveaux de l’Etat et de ses commis, anciens et nouveaux venus, pour arracher la défense des droits humains des mains des associations autonomes, telle que l’AMDH. C’est que l’Etat marocain excelle dans ses créations et remaniements d’organes étatiques pour la défense des Droits de l’Homme. Et c’est ainsi que le CCDH a été remplacé par le CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme); étrange et subite reconversion d’un pouvoir nourri par la violence d’Etat. Chose fort curieuse et combien antagoniste avec la nature de ce régime qui recourt régulièrement à la coercition et aux descentes punitives contre manifestations et contestations populaires. On a enregistré tout récemment, dans le cadre du Mouvement du 20 février inscrit dans la foulée des Révolutions au Maghreb et au Proche-Orient, l’atteinte à la liberté de manifester des citoyens, habitants d’Abou Ayach, de Taza, de Safi,  d’Ifni… avec mort d’hommes, deuils et désarrois des familles brisées par nombre d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires des jeunes.

Où trouve-t-on, alors les principes de « la protection des droits et libertés des citoyens et l’attachement du pays au respect de ses engagements internationaux en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme », dont se gargarisent intellectuels et commis de l’Etat ? Accablant, à ce sujet, est le récent rapport de Juan Mendez, l’envoyé spécial des Nations Unis pour les Droits de l’Homme. Il note sans détour que « la torture et les mauvais traitements n’ont pas disparu » et révèle que « la pratique des traitements cruels persiste dans les affaires pénales de droit commun. » Il évoque « l’usage excessif de la force par la police pendant des manifestations à Rabat et dans plusieurs autres villes en février et en mars 2011 ». Il souligne les « événements du 15 mai 2012 à Rabat, à Fez, à Tanger et à Témara, localité où les manifestants réclamaient la fermeture du centre de détention ». Juan Mendez demande à l’Etat marocain de libérer Ali Arras de nationalité belgo-marocain, emprisonné arbitrairement sans preuves tangibles et irréfutables, à l’instar de l’ensemble des prisonniers du centre de détention de Témara, victimes de la vague liberticide qui voyait en chaque marocain un potentiel islamiste ou terroriste…

Même le CNDH, organe de l’Etat, reconnaît, en ‘transgression’ de ses accointances obligées, que les violations dans les prisons marocaines sont catastrophiques. La maltraitance des prisonniers se manifeste « par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l’aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds (FALAQA), les gifles, les pincements à l’aide d’aiguilles, les brûlures, les coups de pied, le déshabillage forcé des détenus au vu et au su des autres prisonniers, les insultes et l’utilisation d’expressions malveillantes et dégradantes portant atteinte à la dignité humaine des détenus. Ces exactions ont été observées dans la plupart des prisons visitées avec une prévalence et une intensité qui diffèrent d’une prison à une autre… »

Comment en est-on arrivé à revivre les pratiques d’un passé immédiat qu’on fustigeait pourtant, pour tourner promptement la page ? La réponse est on ne peut plus limpide. Ce tableau fort pollué par la déliquescence de l’Etat marocain est inscrit dans les rouages de cet autre organe créé par le Maroc sous l’étiquette IER (Instance Equité et Réconciliation, son mandat allait du 7 Janvier 2004 au 30 Novembre 2005). Un spectacle bourré de manquements et de détournement du sens, puisque les victimes des années de plomb qui devaient décrire leurs drames, étaient sommées de ne point mentionner leurs bourreaux. Un procès amputé de sa partie essentielle qui sont les bourreaux. Ces bourreaux qui continuent, sans être inquiétés, à occuper les basses et hautes instances de l’Etat. Ce procès édulcoré par des invocations mensongères de la fameuse « justice transitionnelle » était prévisible, lorsqu’on sait que l’Etat se refuse obstinément à s’excuser des atrocités du passé devant la souveraineté du peuple marocain. Il est à noter en effet, que selon la constance de l’oppression et des violations des Droits Humains, décrites plus haut, le Maroc se refuse à promouvoir la « justice » et la « transition », à l’instar de ce qu’ont fait les Sud Africains lors de l’abolition de l’Apartheid. Un exemple pourtant si riche de leçons que l’Etat marocain appuyé par ses intellectuels et ses commis, ont lamentablement feint d’omettre.

Notre association l’AMDH l’a dit et répété : sans abolir l’impunité, aucune page ne peut être tournée pour accéder à la paix sociale, à la gouvernance éthique, à la démocratie et à la prospérité. L’impunité à tous les niveaux d’ailleurs, restera comme une écharde dans le pied purulent des dominants, voué à des métastases, contestées et contestables.

Alors, c’est pour quand une authentique démocratie et un Etat de Droit, pour bannir définitivement l’impunité, cette maladie dévastatrice ?

jeudi 12 septembre 2013

Subsahariens : La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique.

 
Depuis 2004, en plein lune de miel avec l’Espagne de Zapatero, le Maroc s’est engagé, parfois même trop, dans la lutte contre l’immigration illégale à destination de l’Europe. Presque dix ans plus tard, le pays subit les revers de cette politique. Les ONG et l’ONU critiquent la multiplication des rafles et des déportations des Subsahariens.
                                                                                                  La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique. A l’initiative du Comité Maroc du manifeste euro-africain sur la migration, une conférence-débat sera organisée, demain à Rabat au siège du club des avocats, pour débattre de cette poussée de la xénophobie au Maroc, spécialement, voire même exclusivement, contre les Subsahariens. Preuve en est les quatre assassinats racistes de ressortissants africains, entre juin et août « commis, près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires », assure l’ONG dans un communiqué.

Des crimes dont les auteurs n’ont pas encore été traduits devant la justice. Mais la conférence du mercredi ne sera pas le seul rendez-vous pour dénoncer la politique de rafles et de déportations de Subsahariens vers le no-man’s land entre le Maroc et l’Algérie. Le samedi 14 septembre à 17h00, un sit-in aura lieu à Rabat devant le siège du parlement.

Le rôle de gendarme de l’Europe écorne l’image du Maroc  
L’AMDH, dans un rapport rendu public fin juillet, a estimé le nombre de migrants subsahariens expulsés du Maroc, entre janvier et juillet 2013, à 6400 personnes, parmi lesquelles figurent 22 enfants. Le 4 mars dernier, le rapporteur de l’ONU sur la torture, l’Argentin Juan Mendez a fait état, dans son rapport présenté devant les membres du conseil des droits de l’Homme, « de passages à tabac et de violences sexuelles subis par les migrants subsahariens tentant chaque année de se rendre en Europe par le détroit de Gibraltar ou via Ceuta et Melilla ».  
Il en est de même pour des « abus systématiques subis par ces migrants, qui sont frappés avec des bâtons, des pierres ou d’autres objets, agressés sexuellement ou menacés d’agression sexuelle et soumis à d’autres formes de mauvais traitements consistant à les attacher avec des cordes, à leur causer des brûlures avec des briquets et à leur uriner dessus ».
Des remarques que l’actualité corrobore. Le 1er août dernier, soient onze jours avant le meurtre du jeune sénégalais Ismaila Faye à Rabat, une Ivoirienne, âgée de 16 ans, aurait été violée par cinq policiers, ceux-là même qui l’ont arrêté, quelques heures auparavant, à la médina de Tanger. Là aussi, aucune enquête n’a été lancée pour punir les coupables alors que les matricules des deux voitures utilisées par les éléments de la sûreté sont connues. Il aurait suffi d’un simple contrôle de routine pour savoir les noms complets des agents en service aux moments des faits.
Aucune enquête n'a été non plus ordonnée concernant la mort, fin juillet dernier, d'un ressortissant congolais. Arrêté le 24 juillet dernier, pour être expulsé du Maroc via Oujda, l'homme avait trouvé la mort après avoir été jeté, au niveau d'Assilah, par la fenêtre d’un bus de police en marche. Idem pour la mort de Clément, Camerounais de nationalité, décédé le 16 mars dernier après avoir été passé à tabac par des forces de l'ordre marocaines et espagnoles, lors d’une tentative de passage à la frontière de Melilia.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19493/subsahariens-sit-in-samedi-rabat-contre.html

dimanche 18 août 2013

Une lettre ouverte à D. Reynders pour une assistance consulaire pour Ali Aarrass !



EXCLUSIF (dans Marianne Belgique) : 34 parlementaires belges signent une lettre ouverte


Monnaie 5 août Yasser
 Paru ce samedi 10 août dans Marianne Belgique:
34 parlementaires belges ont signé une lettre ouverte à Didier Reynders pour qu’il accorde enfin l’assistance consulaire à Ali Aarrass.

Voici la lettre:

Monsieur le Ministre,
Vous n’êtes pas sans savoir qu’Ali Aarrass, un citoyen belge possédant également la nationalité marocaine, est actuellement détenu à la prison de Salé, au Maroc, suite à un procès inéquitable où il s’est vu condamné, sur la seule base de ses propres aveux, à douze ans de réclusion pour faits de terrorisme. Pourtant, le juge d’instruction espagnol Baltasar Garzon avait déjà mené une longue enquête sur ces faits, laquelle avait abouti à un non-lieu.
Il est aujourd’hui établi que les aveux d’Ali Aarrass ont été obtenus sous la torture. En effet, en septembre dernier, le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, Juan Mendez, l’a rencontré en prison et l’a fait examiner par le médecin légiste qui l’accompagnait. Dans son rapport datant du 4 décembre 2012, Monsieur Juan Mendez fait état de traces physiques résultant d’actes de torture constatées sur le détenu (brûlures de cigarette, électrochocs aux testicules, coups assénés à la plante des pieds, etc.).
Monsieur le Ministre, vous vous êtes, par le passé, référé à la Convention de La Haye du 12 avril 1930 pour ne pas intervenir dans le dossier « Ali Aarrass ». Cette convention stipule, en effet, qu’un État s’abstient de toute intervention en faveur d’un de ses nationaux en difficulté dans un pays dont il aurait aussi la nationalité. Or, il apparaît que le Maroc n’est pas signataire de cette convention. La Belgique n’est donc nullement tenue de la respecter dans son cas précis.
En conséquence, nous, parlementaires belges, vous demandons solennellement d’activer enfin l’assistance consulaire dont Monsieur Aarrass n’a jamais pu bénéficier et à laquelle il a pourtant droit, au même titre que n’importe quel ressortissant belge en difficulté à l’étranger.

Signataires :
Aziz Albishari, député bruxellois (Ecolo) Sfia Bouarfa, députée bruxelloise (PS) Hassan Bousetta, sénateur (PS) Dominique Braeckman, députée bruxelloise (Ecolo) Michel Colson, député bruxellois (FDF) Jean-Claude Defossé, député bruxellois (Ecolo) Céline Delforge, députée bruxelloise (Ecolo) Serge de Patoul, député bruxellois (FDF) Anne Dirix, députée bruxelloise (Ecolo) Bea Diallo, député bruxellois (PS) Patrick Dupriez, député wallon (Ecolo) Ahmed El Khannouss, député bruxellois (CDH) Béatrice Fraiteur, députée bruxelloise (FDF) Zoé Genot, députée fédérale (Ecolo) Muriel Gerkens, députée fédérale (Ecolo) Didier Gosuin, député bruxellois (FDF) Benoît Hellings, sénateur (Ecolo) Anne Herscovici, députée bruxelloise (Ecolo) Eric Jadot, député fédéral (Ecolo) Zakia Khattabi, sénateur (Ecolo) Philippe Lamberts, député européen (Ecolo) Bénédicte Linard, députée wallonne (Ecolo) Vincent Lurquin, député bruxellois (Ecolo) Olivier Maingain, député fédéral (FDF) Vanessa Matz, sénateur (CDH) Jacky Morael, sénateur (Ecolo) Marie Nagy, députée bruxelloise (Ecolo) Mohamed Ouriaghli, député bruxellois (PS) Martine Payfa, députée bruxelloise (FDF) Fatiha Saidi, sénateur (PS) Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise (FDF) Marc Tarabella, député européen (PS) Barbara Trachte, députée bruxelloise (Ecolo) Sarah Turine, députée bruxelloise (Ecolo)

samedi 6 juillet 2013

Droits de l'Homme au Sahara : Le Maroc conforté par le Royaume-Uni

Par infomediaire.ma, 3/7/2013 -

 Le gouvernement britannique a salué la volonté politique du Maroc de renforcer les droits de l'Homme au Sahara. "Le Maroc a démontré sa volonté politique d'améliorer les droits de l'Homme" au Sahara, a souligné la Baronne Warsi, ministre au Foreign Office, lors d'un débat sur le Maroc à la chambre des Lords (chambre haute du parlement britannique). 
Soulignant le rôle constructif du Maroc pour le règlement de la question du Sahara, la responsable a rappelé la visite effectuée au Maroc en septembre 2012 par le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, qui a affirmé, a-t-elle dit, l'émergence d'une culture des droits de l'Homme dans les provinces du sud et mis en avant la volonté politique du Maroc d'améliorer la situation des droits de l'Homme dans ces provinces.
 
http://www.infomediaire.ma/news/maroc/droits-de-lhomme-au-sahara-le-maroc-confort%C3%A9-par-le-royaume-uni

Fort bien, encore faudrait-il que ces droits soient respectés ! La "volonté" de les améliorer ne suffit pas. Juan Mendez a donné des détails qui ne vont pas que dans ce sens et accuse le Maroc de pratiquer la torture de manière très courante.. Chacun choisit l'extrait  qui lui convient... NDLR

samedi 29 juin 2013

Belgique : Lettre ouverte à Monsieur Reynders , et demande de rencontre des familles, à propos des prisonniers belges au Maroc


Les familles de prisonniers belges au Maroc veulent rencontrer Didier Reynders

26/6/2013
(Belga) Une trentaine de personnes se sont rassemblées mercredi devant le ministère des Affaires étrangères, à Bruxelles, pour demander la protection et le retour de prisonniers belgo-marocains détenus au Maroc. 
Le Comité des familles des détenus européens au Maroc, à l'initiative de ce huitième rassemblement, déplore que le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders "refuse systématiquement" de recevoir les familles des détenus.
Vers midi, les participants au rassemblement ont accroché des banderoles demandant la libération d'Ali Aarrass, d'Abdelkader Belliraj, d'Abdellatif Bekhti ou encore d'Hicham Bouhali Zriouil, détenus au Maroc pour terrorisme. Selon les familles des détenus, ceux-ci sont victimes de fausses accusations, d'aveux sous la contrainte, de procès inéquitables et de tortures. "Nous demandons depuis des mois à Didier Reynders de recevoir une famille, n'importe laquelle", s'impatiente Luk Vervaet, porte-parole du Comité. "Nous souhaitons simplement une protection consulaire pour les détenus belges au Maroc, comme cela existe dans les autres pays." Dans son combat, le Comité s'appuie notamment sur le rapport du Rapporteur spécial des Nations Unies contre la torture, l'Argentin Juan Mendez, sur la détention du Belgo-Marocain Ali Aarrass. Récemment rendues publiques, ses conclusions font notamment état de "l'absence d'enquêtes par les autorités marocaines", de "harcèlement constant", de "refus d'un traitement médical approprié" ou encore de menaces. 
"A quoi sert une convention sur la torture si rien n'est fait alors que les preuves existent?", s'interroge Luk Vervaet. "Les autorités belges gardent le silence à cause d'intérêts diplomatiques, économiques et politiques. L'interdiction de la torture est une norme du droit international impérative, la Belgique doit intervenir.»

 http://www.levif.be/info/belga-generique/les-familles-de-prisonniers-belges-au-maroc-veulent-rencontrer-didier-reynders/article-4000337234586.htm
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    Lettre ouverte
    à Monsieur Reynders
    Ministre des Affaires Etrangères
A propos des prisonniers belges au Maroc

Monsieur le Ministre,
La lutte contre le terrorisme a généré des arrestations tous azimuts, appuyée par des lois liberticides au Maroc, où des citoyens belges ont été arrêtés, torturés et jugés avec de lourdes peines d’emprisonnement, le moins que l’on puisse dire, expéditives. Les médias qui ont couvert ces évènements sont unanimes pour souligner que nul droit des inculpés n’a été respecté.
Monsieur Abdelkader Belliraj, citoyens belge, considéré par le Maroc comme le chef d’une cellule terroriste, a été arrêté dans des circonstances illégales pour passer un mois – sans nouvelles, ni à sa famille ni à ses enfants – sous la torture. Six militants marocains ont été inculpés avec lui pour l’unique intention de bourrer et amplifier le « dossier Belliraj », ils ont été libérés sous pression de la société civile marocaine qui était convaincue que ce procès était clairement une coquille vide, monté de toute pièce.
Monsieur Ali Arrass, citoyens belge, a été arrêté, torturé et jeté en prison, alors qu’aucune charge contre lui n’a été étayée de preuves irréfutables, et tout indique que son dossier est vide. Il est victime d’un flagrant déni de justice, selon le rapport de Juan Mendez.
Nous ne mentionnons ici que deux cas représentatifs d’une liste de prisonniers belges dont les familles ont constitué une association qui vous demande aujourd’hui de faire votre devoir de ministre citoyen, à l’écoute d’autres citoyens. Mais vous refusez à ces familles et leur association, audience et justice ; alors qu’il est de votre devoir d’examiner et de répondre aux doléances justes et justifiées.
Il est de votre devoir, Monsieur le ministre, de ne point ignorer le rapport accablant du représentant de l’ONU au Maroc, Juan Mendez, à propos d’Ali Arass et les autres prisonniers dans le même cas. Ce rapport souligne la brutalité du déni de justice et la gravité de la pratique « systématique de la torture pendant la détention » au Maroc. Son rapport accablant est connu de toutes les instances des Droits de l’Homme. Même le CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme), organe fondé par le roi, reconnaît, contre toute ‘pudeur’ exigée par l’Etat, ces abus et ces violations des droits humains.
La Belgique, pays moderne qui prône la démocratie et l’Etat de Droit, ne peut laisser ses ressortissants croupir injustement dans les prisons d’un Maroc qui ne cesse de violer les droits humains sous une chape de silence et sous une cuirasse de complaisance.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos sincères salutations.
22/06/2013


Sam Touzani

comédien, metteur en scène, auteur, chorégraphe…


 



Mohammed Belmaïzi 
 
 Acteur associatif et défenseur des droits humains

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