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samedi 21 juin 2014

Ces Marocaines obligées de se prostituer dans le Golfe

Par Fatima Moho (Twitter) ,15/6/2014
 
TRAFIC HUMAINS
© Copyright : DR
 
Kiosque360. Dans son dernier rapport, la rapporteuse spéciale de l'ONU sur la traite des personnes estime le nombre de femmes marocaines obligées de se prostituer à plus de 2.500.
En un peu plus de dix ans, 2.500 Marocaines ont fait les frais des réseaux de trafic des êtres humains. C'est l'une des conclusions d'un récent rapport réalisé par Joy Ngozi Ezeilo, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la traite des personnes. Akhbar Al Yaoum, qui s'intéresse au sujet dans son édition de ce lundi 16 juin, fait savoir que la responsable onusienne a précisé que ces réseaux organisés piègent leurs proies principalement sur l'axe Rabat-Casablanca. Joy Ngozi Ezeilo, poursuit Akhbar Al Yaoum, s'est aussi basée dans son rapport sur une précédente étude élaborée en 2007 par l'Observatoire de la communauté marocaine à l'étranger. Cette étude avait indiqué que les victimes de ces réseaux obtiennent d'abord des contrats de travail avant de partir vers les pays du Golfe. Sauf qu'une fois sur place, elles se trouvent obligées de faire un autre travail : se prostituer et rester à la merci de véritables mafias. Sinon, se retrouver en prison.

Al Massae s'intéresse lui aussi au rapport de Joy Ngozi Ezeilo, particulièrement à la partie réservée à la traite des enfants. Les autorités judiciaires marocaines, écrit le journal, n'ont relevé aucun cas de rapt d'enfants ces dernières années. Et ce contrairement à l'époque allant de 1978 et 1985 avec 11 cas portant presque tous sur des affaires de traite de nourrissons. Quant aux autres affaires d'enlèvement, elles ont été surtout l’œuvre de parents séparés cherchant chacun à arracher la garde des enfants. Al Massae conclut, en citant le ministère de la Justice, que la seule année 2011 a été marquée par 130 affaires d'exploitation d'enfants dans la mendicité, alors que le nombre des agressions sexuelles a été de 11.

Un ancien rapport de la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits humains (LMCDH) avait attiré l'attention sur la traite des personnes au Maroc. Le pays a fini par devenir une sorte de plaque tournante non seulement pour l'envoi de femmes aux pays du Golfe, mais aussi en Afrique subsaharienne. D'autres ONG n'ont cessé d'attirer l'attention sur la corrélation qui existe entre réseaux de trafic d'êtres humains et réseaux de prostitution. La traite des femmes enregistrent annuellement entre 600.000 et 800.000 cas à travers le monde.

vendredi 27 septembre 2013

Le Congrès américain émet un rapport critique sur la violation des droits de l’homme par le Maroc au Sahara occidental

congress
Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry vient de transmettre aux commissions budgétaires du Congrès son rapport sur les mesures prises par le Maroc au Sahara concernant les droits de l'homme. Ce rapport est obligatoire avant de débloquer le versement de l'aide militaire annuelle américaine à Rabat.

Le rapport remis ce lundi aux commissions budgétaires du Congrès par le Secrétaire d'Etat américain John Kerry concerne les mesures prises par l'Etat marocain pour améliorer la situation des droits de l'homme au Sahara, selon une copie du texte que détient Lakome. Ce rapport est obligatoire avant de débloquer l'aide financière militaire américaine accordée chaque année à Rabat, et ce depuis la loi votée par le Congrès US sous l'impulsion du lobby pro-polisario aux Etats-Unis et des organisations de défense des droits de l'homme.
Ce rapport du Département d'Etat, une note de quatre pages, a pour but d'examiner les mesures prises par l'Etat marocain sur deux volets. Tout d'abord le respect du droit des individus à exprimer pacifiquement leur opinion concernant le statut et le futur du territoire et la documentation des violations des droits de l'homme. Deuxièmement, le libre accès au territoire des organisations de défense des droits de l'homme, des journalistes et des représentants de gouvernements étrangers.

Atteintes à liberté d'expression et de réunion
Le Département d’État rappelle que pour Rabat, prôner l'indépendance du territoire est considéré comme une menace à la sécurité nationale, ce qui entraîne selon le rapport des restrictions excessives et continues, «particulièrement sur le droit de réunion pacifique et la publication de tout plaidoyer pour l'indépendance ou pour un référendum qui inclurait l'indépendance comme option».
Le rapport cite également plusieurs violations des droits de l'homme : absence de procès équitable pour des manifestants pro-indépendance, arrestation de militants lors de distribution de tracts, et même le blocage de certains sites internet «considérés controversés, comme ceux préconisant l'indépendance». Le texte ne fournit toutefois aucun exemple concret pour étayer ces propos.
Le Département d'Etat revient également sur le droit d'association, rappelant que certaines associations «vues par l'administration marocaine comme n'étant pas attachées à la souveraineté marocaine», ont des difficultés pour s'enregistrer ou opérer librement. Le rapport relève que les associations non-enregistrées ne peuvent recevoir de fonds publics ni accepter de contributions. Le rapport cite les cas de l'ASVDH et de la CODESA mais précise que ces deux associations sont tout de même "très actives sur internet et pour recevoir des diplomates et des délégations de droits humains".
Le rapport note à propos des médias au Maroc, que les restrictions longtemps imposées au sujet du Sahara ne sont plus autant appliquées mais qu'en parallèle l'auto-censure est encore largement pratiquée parmi les médias et les bloggeurs. Le rapport souligne également qu'à certaines occasions, des activistes sahraouis pro-indépendance ont pu participer à des conférences au Maroc et s'afficher publiquement et sans répercussion comme étant pro-polisario.

Restrictions pour les journalistes étrangers
Concernant le libre accès au territoire, le rapport du Département d'Etat explique que les diplomates américains et d'autres pays se rendent «régulièrement» au Sahara pour rencontrer des activistes sahraouis, des officiels de l'ONU et du Maroc.
Le rapport fait aussi le point sur les visites de l'ONU en 2012 : celles de l'envoyé personnel de Ban-Ki Moon, Christopher Ross, et celles du patron des Casques Bleus, le français Hervé Ladsous, et du Rapporteur spécial contre la Torture, l'argentin Juan Mendez. En 2013 c'est la Rapporteuse spéciale sur la traite des personnes, la nigériane Joy Ngozi Ezeilo, qui s'est rendue dans le territoire.
Concernant les journalistes, le rapport rappelle les deux voyages de presse organisés au Sahara par l'International Women Media Foundation en décembre 2012 et avril 2013. Le Département d'Etat relève que les journalistes étrangers doivent obtenir une autorisation préalable du ministère marocain de la Communication avant de pouvoir rencontrer des associations pro-indépendance. Il explique toutefois ne pas avoir reçu d'informations concernant des cas de journalistes interdits par les autorités marocaines de voyager à Laâyoune ou de rencontrer des activistes pro-indépendance. «Le royaume du Maroc, cependant, refuse l'entrée ou expulse les individus quand il estime qu'ils utilisent le journalisme comme couverture pour faire de l'activisme», conclut le rapport.
lakome

samedi 29 juin 2013

Migration : L’experte des Nations Unies sur les droits de l’homme exhorte le Maroc à adopter une approche centrée sur les victimes dans son combat contre la traite des personnes

Entête OHCHR

 

GENEVE / RABAT (25 juin 2013) - La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, Joy Ngozi Ezeilo, a exhorté le Gouvernement à garantir une approche centrée sur les victimes dans le cadre de la lutte contre ce phénomène.
Les observations faites par Mme Ezeilo viennent en conclusion de la visite officielle qu’elle a effectuée au Maroc* du 17 au 21 juin 2013, où elle a félicité le Gouvernement du Maroc pour la ratification du Protocole des Nations Unies sur la traite des personnes et a vivement recommandé que les normes dudit protocole soient traduites en actions concrètes visant à mieux protéger et porter assistance aux victimes, prévenir la traite des personnes et sanctionner les auteurs de ce crime.
« Le Maroc fait face à de nombreux défis en tant que pays d’origine et de transit et de plus en plus en tant que pays de destination pour les victimes de la traite de personnes », a-t-elle dit**, tout en soulignant que l’étendue du problème devrait faire l’objet d’enquêtes plus approfondies. Les migrants en situation irrégulière sont de plus en plus vulnérables à la traite de personnes à des fins de travail forcé, de servitude domestique et d’exploitation sexuelle.
Bien que saluant la détermination du Gouvernement à combattre la traite des personnes, la Rapporteuse spéciale a souligné que « la préoccupation la plus immédiat est celui de l’absence d’un cadre juridique adéquat dans la lutte contre la traite des personnes ».
« L’absence d’outils appropriés et de protocoles d’identification des victimes fait que ces dernières demeurent pour la plupart non identifiées ou sont confondues avec les migrants irréguliers », déclare l’experte des Nations Unies. Selon elle, le Maroc devrait mettre en place un mécanisme adéquat pour la collecte des données permettant de déterminer le taux de prévalence ainsi que les diverses formes et manifestations du phénomène de la traite des personnes dans le pays.
Malgré les efforts du Gouvernement en matière de mesures préventives visant à réduire la vulnérabilité des victimes de la traite au Maroc, en particulier les enfants, la Rapporteuse spéciale a exprimé des préoccupations au sujet de l'insuffisance des services de protection et d'assistance à ces victimes et a déclaré que « la disponibilité et l'accès aux centres d’accueil restent très limités pour les personnes exposées à diverses formes de violence et d'exploitations ainsi qu’aux risques liés a la traite de personnes ».
La Rapporteuse spéciale exhorte le Gouvernement à mettre en œuvre une série de mesures visant à créer des politiques efficaces et des cadres institutionnels de lutte contre la traite des personnes, telles que l'élaboration d'un plan d'action national, la création d’une agence nationale chargée de coordonner les actions des instances gouvernementales relatives à la lutte contre la traite.
Elle a également recommandé la nomination d'un rapporteur national dont la mission serait de superviser la mise en place, le progrès et les impacts d’une législation en matière de traite des personnes sur les droits de l’homme, y la mise en place d’un système d’identification des victimes de la traite.
Au cours de cette visite de cinq jours, Mme Ezeilo a rencontré les représentants des autorités compétentes, du pouvoir judiciaire et des institutions nationales impliqués dans la lutte contre le trafic, ainsi que les représentants des organisations des Nations Unies, des organisations internationales et de la société civile, mais aussi des victimes de la traite des personnes ainsi que leurs représentants. La Rapporteuse spéciale s’est rendue à Rabat, Casablanca et Tanger.
Le 20 juin, la Rapporteuse spéciale a également visité Dakhla, au Sahara Occidental, ou elle s’est entretenue avec plusieurs interlocuteurs. Elle salue la volonté des autorités d’institutionnaliser des bonnes pratiques qu’elle a constatées à travers les réponses médicales et juridiques d’assistance aux femmes victimes de violences. Néanmoins, elle recommande vivement aux autorités d'augmenter le renforcement des capacités pour pouvoir identifier les cas de traite des personnes et de prendre de nouvelles mesures pour réduire la vulnérabilité des victimes potentielles et d’assurer la protection adéquate des migrants et de leurs familles.
La Rapporteuse spéciale présentera un rapport final de sa visite contenant ses conclusions et recommandations lors de la session du Conseil des droits de l'homme en juin 2014.

Joy Ngozi Ezeilo (Nigéria) a commencé son mandat en tant que Rapporteuse spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants en août 2008. Elle est indépendante de tout gouvernement et remplit ses fonctions à titre individuel. Mme Ezeilo est avocate des droits humains et professeure à l'Université du Nigéria. Elle a travaillé au sein de différentes instances gouvernementales et été consultante auprès de diverses organisations internationales. Elle a publié de nombreux articles sur une large variété de sujets, y compris les droits de l'homme, les droits des femmes et la charia.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter : 
http://www.ohchr.org/EN/Issues/Trafficking/Pages/TraffickingIndex.aspx
(*) La Rapporteuse spéciale a également visité Dakhla, au Sahara Occidental, le 20 juin 2013.
(**) Pour consulter l’intégralité du communiqué de fin de mission: http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=13481&LangID=F
ONU, Droits de l´Homme par pays – Maroc : http://www.ohchr.org/FR/Countries/MENARegion/Pages/MAIndex.aspx
Pour plus d’informations et pour toute requête des médias, merci de contacter M. Purevdorj Vaanchig (Tel.: + 41 79 444 3993/ pvaanchig@ohchr.org ) ou écrire à srtrafficking@ohchr.org
Pour les demandes des médias relatives à d’autres experts indépendants des Nations Unies :

Xabier Celaya, Droits de l’homme de l’ONU – Unité média (+ 41 22 917 9383 / xcelaya@ohchr.org)
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Consultez l’Index universel des droits de l’homme : http://uhri.ohchr.org/fr