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vendredi 15 avril 2016

Droits de l’Homme : Un rapport de John Kerry pointe des « problèmes persistants » au Maroc


©DR


Département d’Etat américain vient de livrer son traditionnel rapport annuel sur les droits de l’Homme à travers le monde. Au Maroc, l’institution note des « problèmes persistants » au respect des droits des citoyens au cours de l’année 2015.
En 2015, les avancées en matière de droits de l’Homme au Maroc sont restées très timides, à en croire le département d’Etat américain qui a livré aujourd’hui, jeudi 14 avril, son rapport mondial annuel. L’institution chapotée par John Kerry a noté la mise en œuvre, par le gouvernement, du plan de « régionalisation avancée » qui a permis de déléguer certains pouvoirs budgétaires et de prise de décision aux organes élus locaux. Et pour la première fois, remarque l’organe, certains fonctionnaires des administrations locales et régionales ont été élu de manière directe.

Corruption, mépris généralisé de l'Etat de droit...
Mais outre quelques points tels que l’absence de cas de disparition politique, le département d’Etat américain a relevé l’année dernière des « problèmes persistants » entravant le respect des droits humains. Les plus importants, explique-t-il, étaient l’incapacité des citoyens à changer les dispositions constitutionnelles établissant la forme de gouvernement monarchique du pays, la corruption, et le mépris généralisé pour la primauté de l'État de droit par des forces de sécurité.
Alors que la loi prévoit des sanctions pénales pour la corruption officielle, le rapport souligne que « le gouvernement n'a pas mis en œuvre efficacement la loi ». Relevant que la corruption est pourtant « un problème sérieux » au sein de l’administration, y compris la police, ainsi qu'au sein de la justice, le département d’Etat regrette l’ « impunité » régnante, l’absence de rapports et d’enquête de haut niveau.
Se basant en outre sur une mission du Groupe de travail des Nations Unies et des rapports des ONG et associations locales, le département d’Etat évoque des cas de« détention arbitraire, d’utilisation excessives de la force, la torture ou encore les conditions de détention ». Certes, le rapport reconnait des « améliorations » en matière de surpopulation des prisons –avec notamment l’achèvement  de 10 nouveaux centres de détention au cours de l'année- mais estime que l’état des prisons est « resté généralement non conforme aux normes internationales ».
Le document évoque également la persistance de la violation des libertés d’expression et de la presse, avec notamment l’arrestation de journalistes, la discrimination contre les femmes et même les entraves gouvernementales à la liberté de réunion de certaines ONG et associations.

Le Maroc peut faire mieux, selon Kerry
Lors de la présentation du rapport devant la presse, le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a tenu à rappeler que son travail n’est qu’un appel au respect des normes internationales en matière des droits de l’Homme. « Ce ne sont pas des normes arbitraires américaines que nous cherchons à imposer aux gens. Ce sont des normes universelles des droits humains qui ont été adoptées par la plupart des nations du monde, et même certains pays y ont adhéré, mais les violent », a-t-il fait remarquer.
Selon M. Kerry, ce type de rapport –qui appui ceux des ONG nationales et internationales- devrait servir aux Etats pour s’améliorer, car dit-il, « dans le domaine des droits de l’Homme, tous les gouvernements ont la capacité de faire mieux ». Et pour le Secrétaire d’Etat américain, le respect des droits humains dans un pays est vérifié lorsque « les gens sont plus heureux, plus libres d’entreprendre, de créer, de faire la différence dans la construction de la communauté ».
Ristel Tchounand
Copyright Yabiladi.com

samedi 3 mai 2014

Sahara occidental : Pression du Congrès américain

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Par Mohammed Larbi, El Watan,  3/5/2014

Les congressmen ont considéré que l’échec pour la tenue de ce référendum par la Minurso portait atteinte à la primauté du droit.

Le récent vote du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental suscite toujours autant d’intérêt avec, il est vrai, des appréciations diamétralement divergentes. Les uns se contentent de relever que l’instance onusienne n’a pas suivi les recommandations du secrétaire général de l’ONU quant à un élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) à l’observation des droits de l’homme.
Mais pour d’autres, l’essentiel a été préservé, puisque la question du Sahara est toujours traitée sous l’angle de la décolonisation et, en ce sens, se trouve réaffirmé le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

 A cet égard, plusieurs membres du Congrès américain ont appelé le secrétaire d’Etat, John Kerry, à prendre «des mesures fortes et immédiates», afin que cet objectif soit atteint. Dans une lettre adressée jeudi au chef de la diplomatie américaine, des membres républicains et démocrates de la Chambre des représentants ont exhorté  M. Kerry à demander à la représentation américaine auprès des Nations unies «à déployer tous les efforts pour permettre à la Minurso de réaliser son mandat d’organiser un référendum sur le statut du Sahara occidental», lui rappelant que lorsque le Front Polisario et le Maroc avaient signé un cessez-le-feu en 1990, l’ONU avait créé la Minurso pour la tenue d’un référendum l’année suivante.
Les congressmen ont considéré que l’échec pour la tenue de ce référendum par la Minurso portait atteinte à la primauté du droit ainsi qu’aux dizaines de résolutions de l’ONU qui reconnaissent, pourtant, le droit des Sahraouis à l’autodétermination. Par ailleurs, les membres du Congrès ont également soulevé, à M. Kerry, la question des droits de l’homme en notant que le «peuple sahraoui est soumis  à des violations généralisées de ses droits de l’homme par le Maroc », tel que constaté notamment par les rapports du département d’Etat américain, Human  Rights Watch, Amnesty International, RF Kennedy Center, et Freedom House. Là n’est pas la première intervention des parlementaires américains.
En 1998, rappelle-t-on, le Congrès américain avait adopté une résolution soutenant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Un grave revers pour le Maroc qui croyait pouvoir contrarier les efforts de l’ONU en vue de «remettre sur les rails» le processus de paix. L’instance américaine a aussi, rappelle-t-on, apporté son soutien à  James Baker, ancien secrétaire d’Etat, en charge alors de cette mission en tant qu’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU. M. Baker a dû démissionner de son poste pour protester contre le blocage du processus de paix.

samedi 12 avril 2014

John Kerry, bouche-cousue sur le Sahara



h24info.ma 4/4/2014
John Kerry et Mohammed VI à Casablanca.
John Kerry et Mohammed VI à Casablanca. ©AFP
John Kerry, qui a rencontré le roi Mohammed VI ce vendredi, a salué le rôle du Maroc, facteur de "sécurité et de prospérité" régionales. Mais s'il a signalé les défis sociaux du pays, il a été muet sur le Sahara.
"Le Maroc joue un rôle de moteur important, et les États-Unis se tiendront au côté (du Maroc) sur cette voie", a déclaré John Kerry lors de la 2e session du "Dialogue stratégique" qu'il coprésidait avec Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères.

"Les 18 accords signés par le Maroc avec le Mali montrent que le royaume amène une plus grande sécurité et une plus grande prospérité dans la région", a précisé le secrétaire d'État américain en référence à la récente tournée du roi en Afrique subsaharienne.
John Kerry, qui a rencontré Mohammed VI en fin d'après-midi avant de regagner les États-Unis, a exprimé le soutien de son pays au processus de réformes engagé dans le sillage du Printemps arabe.

Les "défis" du Maroc: sa jeunesse et le chômage
Il a cependant relevé que "Le défi pour tout gouvernement est de fournir du travail et un horizon aux jeunes", rappelant que "60% des habitants du pays ont moins de 30 ans".
Si le taux de chômage au Maroc, pays de 35 millions d'habitants, est officiellement compris entre 9% et 10%, il atteint près de 30% chez les jeunes selon la Banque mondiale.
Revenant à la sécurité, John Kerry a mis en avant le rôle "proactif" du royaume dans la "lutte contre le terrorisme", et abordé la question de la coopération militaire en évoquant l'exercice conjoint en cours près d'Agadir (sud).

John Kerry "muet" sur le Sahara
Cet exercice annuel avait été annulé l'an dernier à la même époque par le Maroc, en réaction à un projet de résolution américain au Conseil de sécurité, visant à élargir le mandat de la mission des Nations unies au Sahara (Minurso) à la question des droits de l'Homme. La relation bilatérale avait retrouvé un cours normal avec l'abandon de ce projet.

Alors qu'un nouveau vote sur la reconduction de la Minurso, présente sur place depuis 1991, doit intervenir d'ici la fin du mois à l'ONU, John Kerry ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet.

Gdim Izik, le CNDH et la loi sur la justice militaire
En novembre, à l'occasion de la visite de Mohammed VI à Washington, la Maison Blanche avait réaffirmé que le plan marocain d'autonomie pour le Sahara était "sérieux et réaliste". Le président Barack Obama avait aussi salué "l'engagement du roi à mettre fin aux pratiques de procès de civils devant la justice militaire".

Le mois dernier, le Maroc a effectivement adopté en conseil des ministres d'un projet de loi relatif à la justice militaire, qui stipule que les civils ne peuvent être jugés par un tribunal militaire. Lors du même Conseil, l'Exécutif s'était également engagé à "répondre efficacement" et "rapidement" aux -nombreuses- plaintes recueillies par le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), en particulier au Sahara.

Maroc : Après Alger, John Kerry à Rabat


Jamais les relations entre Washington et Rabat n’ont été aussi tendues, et ce, parce que le Président Barack Obama s’est dit publiquement favorable à la proposition algérienne d’étendre les fonctions de la surveillance de la Minurso (NDLR : mission onusienne pour la surveillance et la résolution de la question du Sahara occidental) aux droits de l’Homme et leur respect dans le Sahara occidental actuellement occupé par le Maroc. Plus encore, le Maroc, depuis plusieurs mois, refuse pratiquement de recevoir Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, trahissant une nervosité de voir son plan de «large autonomie» rejetée par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Le département d’Etat américain a confirmé l’arrivée avant-hier dans la soirée du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, dans la capitale marocaine. Cette escale maghrébine est la dernière d’une tournée de plusieurs semaines qui l’a menée en Europe et au Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie américaine a eu l’occasion de rencontrer le roi Mohammed VI et son homologue marocain Salaheddine Mezouar.
Quelques heures à peine après sont départ d’Alger où il était en visite mercredi et jeudi derniers, John Kerry est arrivé jeudi, en début de soirée, dans la capitale marocaine, à Rabat, afin de co-présider l’initiative de dialogue stratégique entre les Etats-Unis et le Maroc, tout comme il l’a fait à Alger auparavant. Le chef de la diplomatie américaine a quitté Rabat hier soir pour rejoindre Washington, achevant ainsi une tournée de plusieurs semaines entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
 La venue de John Kerry intervient dans un contexte très particulier. Jamais les relations entre Washington et Rabat n’ont été aussi tendues, et ce, parce que le Président Barack Obama s’est dit publiquement favorable à la proposition algérienne d’étendre les fonctions de la surveillance de la Minurso (NDLR : mission onusienne pour le référendum au Sahara Occidental ) aux droits de l’Homme et leur respect dans le Sahara occidental actuellement occupé par le Maroc. Plus encore, le Maroc, depuis plusieurs mois, refuse pratiquement de recevoir Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, trahissant une nervosité de voir son plan de «large autonomie» rejetée par le Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie est traditionnellement une féroce opposante à ce plan, en partie par soutien à Alger. Mais maintenant, même Washington remet en cause ce plan et les médias marocains ont fait état à maintes reprises de l’inquiétude des autorités marocaines qui voient d’un très mauvais œil, le rapprochement entre Alger et Washington.
Allié stratégique
Le Maroc est historiquement l’allié stratégique le plus stable et le plus fiable pour les puissances occidentales et, mis à part les récents froids diplomatiques avec Washington et Paris, qui sont, sommes toutes, circonstanciels, le Maroc représente encore le partenaire des Occidentaux. Dans une telle configuration, la venue de John Kerry s’inscrit dans le cadre du raffermissement des liens entre les Etats-Unis et le Maroc qui ont d’ailleurs, depuis 2007, mis en place un accord de Libre-échange entre leurs deux pays. Si la question du Sahara occidental risque de fâcher les officiels marocains, John Kerry sera contraint de l’évoquer dans la mesure où le Président américain Barack Obama a plusieurs fois fait montre de sa volonté d’accélérer le processus visant au règlement de cette question dans le cadre de l’ONU. D’ailleurs, cette visite intervient à un mois seulement du vote qui devraient normalement reconduire la Minurso dans ses fonctions et, vraisemblablement, devraient étendre ses compétences aux droits de l’Homme. En outre, Rabat représente également un pôle important de lutte antiterroriste au regard des Occidentaux qui ont largement participé au soutien de la course à l’armement effréné dans laquelle Rabat s’était lancée pour rivaliser avec Alger, sans succès. Les États-Unis, pour leur part, espèrent voir les deux meilleurs ennemis du Maghreb enfin mettre leurs différends de côté afin de pouvoir travailler ensemble sur la protection du Sahel et l’éradication de la menace terroriste dans la région. Précisément, pour apaiser la relation entre l’Algérie et le Maroc, qui a toujours été tendue, la diplomatie américaine compte sur le règlement rapide de la question du Sahara occidental, laquelle émaille particulièrement la mise en place d’un axe Alger-Rabat. D’ailleurs, les visites de John Kerry à Alger et Rabat devaient initialement avoir lieu en décembre dernier, après une nouvelle escalade entre les deux pays, avant d’être reportée en raison du sommet de Genève sur le nucléaire iranien, organisé à la dernière minute.
Reporters, 05/04/2014

vendredi 4 avril 2014

Le MAE marocain interpellé devant Kerry


A la une International  
 Cas du journaliste Anouzla

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El Watan, 5.04.14

Le dossier du journaliste Ali Anouzla, dont l’arrestation avait entraîné de vives protestations, est «entre les mains de la justice», a déclaré hier le chef de la diplomatie, Salaheddine Mezouar.  

M. Anouzla a été arrêté en septembre pour avoir publié sur la version arabophone de Lakome, qu’il dirige, un lien vers une vidéo d’Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au djihad, dans le cadre d’un article consacré à ce document inédit.
Inculpé pour «aide matérielle», «apologie» et «incitation au terrorisme», ce journaliste connu pour ses prises de position critiques envers le régime est   sorti de prison après un mois de détention et une campagne de mobilisation au Maroc et à l’étranger.Il est néanmoins toujours poursuivi et doit à nouveau comparaître le 20 mai.     

Alors que le département d’Etat américain avait lui-même exprimé son «inquiétude», le ministre marocain des Affaires étrangères a été interrogé sur   le sujet lors d’une conférence de presse avec son homologue John Kerry. «Il s’agit d’un dossier entre les mains de la justice», a réagi M. Mezouar, appelant à «respecter» les «prérogatives» et le «fonctionnement» de cette institution.
Selon lui, «il y a une loi au Maroc qui est très claire : faire l’apologie du terrorisme est considéré comme un acte provocateur au niveau de la société et c’est ce qui a constitué la base» des poursuites. «Nous avons beaucoup de respect pour M. Anouzla et naturellement nous souhaitons que ce type de question soit dépassé, qu’il y ait un consensus au niveau de tous les acteurs de la société par rapport aux questions de terrorisme», qui sont d’une «extrême sensibilité» a enchaîné le ministre marocain. «Dans le domaine de la liberté d’expression comme d’autres domaines, le Maroc ne cesse de réaliser des avancées considérables», a-t-il également fait valoir.  
Fin mars, Ali Anouzla a de son côté, écrit au chef du gouvernement, Abdelilah   Benkirane, afin de protester contre la fermeture persistante de son site Lakome, dont l’accès avait été bloqué à sa demande alors qu’il se trouvait en prison.   
  Reporters sans frontières (RSF) avait adressé une lettre, jeudi, à M. Kerry  — qui ne s’est pas exprimé sur le sujet — pour évoquer la situation de M. Anouzla et celle de la liberté de la presse au Maroc. Le royaume occupe la 136e place (sur 180 pays) dans le classement de RSF, une position jugée injuste par Rabat. 
Rédaction internationale

vendredi 28 mars 2014

En tournée régionale, John Kerry fait escale au Maroc

H24info.ma - Le portail d'information Marocain

H24 fo.ma /avec AFP,  26/3/2014


John Kerry et Mohammed VI lors de la visite de ce dernier à Washington, en novembre 2013.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry effectuera la semaine prochaine sa première visite en Algérie et au Maroc, après le report d'une première mission en 2013.






C'est la porte-parole du secrétaire d'Etat, Jen Psaki, qui l'a annoncé ce mercredi à Amman, où elle accompagne John Kerry. Le chef de la diplomatie américaine se rendra d'abord à Alger pour des rencontres avec les responsables algériens avant d'aller au Maroc.

D'abord à Alger
Il devrait arriver à Alger "les 2 et 3 avril" à la tête d'une importante délégation à l'invitation du ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, a indiqué un communiqué de ce ministère publié par l'agence officielle APS. Cette visite "s'inscrit dans le cadre de la concertation et des échanges réguliers", est-il précisé dans le texte.

John Kerry arrivera donc à Alger en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 17 avril, pour laquelle le président sortant Abdelaziz Bouteflika est donné favori.
Le séjour à Alger de la délégation américaine permettra "de tenir la deuxième session du dialogue stratégique algéro-américain", sous la présidence des deux ministres, a précisé APS. Un dialogue lancé en 2012 qui "couvre un large éventail de questions bilatérales et régionales, y compris les développements politiques et en matière de sécurité, le développement des liens économiques et le renforcement de la société civile", a pour sa part précisé Jen Psaki.

...puis au Maroc
John Kerry co-présidera le même dialogue au Maroc. Son séjour interviendra avant les débats sur le Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU qui doit se pencher sur la reconduction de la Minurso, (la mission des Nations-unies au Sahara).

Ses visites au Maghreb auront lieu après des visites en Arabie saoudite et en Europe, où il prendra part mardi à Bruxelles à une réunion de l'Otan sur la crise en Ukraine.

On se souvient que les premières visites de John Kerry en Algérie et au Maroc, prévues initialement pour le début de novembre 2013, avaient été reportées car il avait dû se rendre d'urgence à Genève pour des discussions sur le nucléaire iranien. Le roi Mohammed VI l'avait cependant longuement rencontré lors de sa propre visite officielle aux Etats-Unis.

jeudi 12 décembre 2013

L’Algérie intéresse les USA plus que le Maroc

L’Algérie enterre le Maroc

 Riad, 4 Décembre 2013


Le rapport du département d’Etat américain sur la situation des droits de l’Homme au Maroc, tombe au mauvais moment pour l’émir du Makhzen. Dans l’embarras, le monarque du Maroc perd sa bataille devant l’Algérie et reconnaît que le dossier du Sahara traverse un moment pénible. Privé de son amie, l’ex- secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, le roi Mohamed 6, est accusé de torture par le nouveau maitre de la diplomatie américaine, John Kerry.


La décision des Etats Unis de soutenir l’élargissement du mandat des casques bleus au Sahara continue de retentir au Maroc. Le choc a été brutal. Tout le monde, les autorités marocaines, les premières, semblent avoir été pris de court, pourtant un faisceau d’éléments permet d’expliquer logiquement le revirement américain. « Les négociations [à propos de l'opération militaire African Lion 2013, ndlr] entre les gouvernements des Etats-Unis et du Maroc continuent au niveau des missions de l’ONU », indique, laconique, Rodney Ford, information officer, au département des affaires publiques de l’ambassade des Etats Unis à Rabat. L’onde de choc provoquée par la décision des Etats Unis, le 9 avril, de présenter un projet de résolution élargissant le mandat de la Minurso à la surveillance du respect des droits de l’homme n’a toujours pas été absorbée. 
On rigole bien en haut lieu...
Au Maroc, la nouvelle a créé la stupeur, comme si personne ne s’y attendait. Quelques voix s’élèvent, pourtant, pour assurer que non seulement le revirement américain est rationnel, logique, voire que le Maroc aurait pu l’anticiper. La première clé de compréhension c’est John Kerry. L’ancien candidat démocrate à la présidentielle américaine de 2004 a remplacé Hillary Clinton au poste de secrétaire d’Etat, le 1er février dernier. « On parle souvent de « pouvoir institutionnel » dans les décisions internationales, mais il y a aussi l’influence des personnes et les différents lobbying. Hillary Clinton, la précédente secrétaire d’Etat américaine avait tenu à préserver la relation des Etats Unis avec le Maroc, comme elle reconnaissait aussi la présence administrative marocaine. Par contre John Kerry, s’est toujours opposé à la position marocaine, il a toujours prôné l’élargissement du mandat de la Minurso », explique Mohamed Darif, spécialiste de la question du Sahara. 

Un rééquilibrage de la politique américaine au Maghreb au profit de l’Algérie.
Il « avait préconisé, en tant que Président de la commission des Affaires étrangères au Sénat, dès l’arrivée au pouvoir de l’Administration Obama en 2008, un rééquilibrage de la politique américaine au Maghreb au profit de l’Algérie. Il jugeait que les années Bush et Clinton ont largement favorisé le Maroc, sans apporter d’impact réel sur la situation politique au Sahara », rappelle Brahim Fassi Fihri, actuellement conseiller royal. Dès l’accession au poste de secrétaire d’Etat américain de John Kerry, nous avions ainsi indiqué que le Maroc perdait, avec Hillary Clinton, un allié sérieux aux Etats Unis, sur la question du Sahara. Du 24 au 31 août dernier, la fondation américaine a réalisé une mission d’observation au Sahara dont les résultats accablaient l’administration marocaine. « En s’intéressant au cas d’Aminatou Haïdar, la Fondation Robert Kennedy, a su sensibiliser une partie de la classe politique démocrate à la question de supposées atteintes généralisées des Droits de l’Homme au Sahara », estime Brahim Fassi Fihri. 
Selon le site marocain Lakome.com, Christopher Ross, l’envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahara,  aurait aussi convaincu John Kerry. Mi-mai 2012. Le Maroc avait, dès lors  annoncé qu’il retirait sa confiance à Christopher Ross, mais devant le désaveu général (les Etats Unis et Ban Ki-Moon renouvellent leur confiance à Christopher Ross) le Maroc fait marche arrière, six mois plus tard. « Le cafouillage ayant conduit au retrait de la confiance par le Maroc de Christopher Ross lors de l’été 2012, a été considéré par l’administration américaine comme un affront pour leur diplomatie, estime Brahim Fassi Fihri. 

John Kerry accuse le Maroc de violations des droits de l’Homme
Au-delà de l’offense personnelle qui lui a été faite par le Maroc, Christopher Ross, comme John Kerry et le reste de l’administration américaine, a assisté à la montée de la problématique des droits de l’homme au Sahara qui est intervenue plusieurs fois dans l’actualité récente du Maroc. Le procès du groupe de Gdeim Izik, des civils, s’est déroulé devant un tribunal militaire. Plusieurs associations des droits de l’homme ont dénoncé le déroulement du procès et les condamnations. L’envoyé spécial de l’ONU sur la torture au Maroc, Juan Mendez, a également recensé des actes de tortures dans les prisons marocaines, dans son rapport final rendu public au début du mois de mars. Dans son rapport, il note avoir « reçu des témoignages crédibles au sujet de pressions physiques et mentales exercées sur des détenus pendant les interrogatoires dans des affaires de droit commun et, plus particulièrement, dans des affaires touchant la sûreté de l’État. Ces témoignages sont largement corroborés par des rapports médico-légaux ». Ce n’est pas seulement une question liée au droit de l’homme, c’est aussi le résultat d’une défaillance généralisée de l’Etat marocain.
 
L’Algérie intéresse les USA plus que le Maroc
Dans ce contexte, les arguments de l’Algérie et du Polisario appelant à l’extension du mandat de la Minurso sont devenus plus palpables que jamais. Pour autant, la question des droits de l’Homme est régulièrement instrumentalisée et la véritable raison du revirement américain pourrait aussi se trouver dans leurs intérêts au Maghreb. Les intérêts américains au Maroc, sont largement inférieurs à ceux que les Etats Unis ont en Algérie. Il y a le gaz et le pétrole, bien sûr, des échanges commerciaux largement supérieurs avec l’Algérie. Depuis 2011, l’Algérie est une source d’information sur le dossier terroriste au Sahel car elle accumule des connaissances avec sa propre expérience nationale.

samedi 9 novembre 2013

La bataille perdue de Mohammed VI

Le roi du Maroc en difficulté sur la question des droits de l'homme au Sahara occidental

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Par Hassan Moali, El Watan, 9/11/2013
© AFP 

L’Algérie reste la cible idéale pour le monarque marocain lorsqu’il s’agit de voiler son échec à freiner les victoires diplomatiques enregistrées par les Sahraouis sur la question des droits de l’homme.

Le roi du Maroc a-t-il surpris par son discours résolument offensif de mercredi dernier ? Pas vraiment pour qui a l’habitude de l’écouter et écouter ses porte-voix.  On retiendra tout de même la tonalité assez caustique du monarque qui ne s’est pas encombré de formules diplomatiques pour éructer sa haine des autorités algériennes. De ce point de vue-là, l’Algérie en a pris pour son «rôle» dans le déclin du plan d’autonomie de Sa Majesté qui est de plus en plus en mévente à l’international. D’aucuns s’attendaient, avec un brin de naïveté certes, que le jeune roi allait dire quelques mots «gentils» après l’attaque contre le consulat d’Algérie à Casablanca et l’arrachage de l’emblème national.
Mais l’état d’esprit de Mohammed VI n’est visiblement pas aux regrets, encore moins aux excuses.
Affichant une mine de mort, il a dressé sur un ton monocorde un véritable réquisitoire contre l’Algérie, lui imputant la responsabilité entière de ce que la voix de son royaume sur la «marocanité» du Sahara occidental ne porte plus au-delà de Madrid et Paris. C’est ce reflux très visible de sa cause, chez nos «amis et partenaires occidentaux», qui a motivé ce discours «hard» durant lequel il s’est acharné sur un voisin qu’il s’est bien gardé de nommer. Morceaux choisis d’une charge assez forte contre les autorités algériennes : «Le Maroc n’a pas de leçons des droits de l’homme à recevoir, surtout pas de ceux qui bafouent systématiquement les droits de l’homme». «Quiconque souhaite surenchérir sur le Maroc n’a qu’à descendre à Tindouf et observer dans nombre de régions alentour les atteintes portées aux droits humains les plus élémentaires.» «Ils dilapident (les responsables algériens, ndlr) de la sorte les richesses et les ressources d’un peuple frère, que cette question ne concerne pas, mais se dresse plutôt comme une entrave à l’intégration maghrébine.»

Le roi de la haine de… l’Algérie
On voit bien que le jeune roi est allé au charbon cette fois. C’est la première traduction concrète de son discours du 14 octobre dernier devant le Parlement où il avait sonné la mobilisation générale pour lancer une «offensive contre les ennemis de l’intégrité territoriale». Pour cause, Mohammed VI avouait ce jour-là que «rien n’est tranché» dans l’affaire du Sahara occidental et que cette années pourrait connaître des «évolutions décisives». Ayant sans doute pris conscience que la cause emballe de moins en moins de monde au Maroc où les préoccupations citoyennes sont ailleurs, le monarque finira par lâcher : «La question sahraouie n’est pas uniquement la cause du roi.» Il fallait donc rameuter tous les acteurs politiques, médiatiques et associatifs marocains pour une riposte organisée.
Le rappel du représentant du roi à Alger puis «l’attaque» contre le consulat d’Algérie à Casablanca participe précisément de cette volonté de «punir» ceux qu’il croit à l’origine du retour en grâce de l’exigence internationale d’un mécanisme de surveillances des droits de l’homme dans les territoires occupés et plus généralement du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Le doute s’installe
L’Algérie est donc la parfaite cible de Sa Majesté qui, dans le même temps, cache son cuisant échec diplomatique à faire avaler la pilule du «plan d’autonomie» et encore moins les mesures cosmétiques destinés à enrayer les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés.Le fait est que le roi a mis sur le dos de l’Algérie y compris le financement des ONG internationales et des «fonctionnaires» des droits de l’homme pour produire des rapports défavorables au Maroc.
Ce serait à ses yeux grâce aux dollars algériens que les grands médias occidentaux, l’envoyé spécial du SG de l’ONU, Christopher Ross, voire même les Etats-Unis, sont devenus réceptifs aux violations des droits de l’homme dans les territoires occupés. Le message subliminal du roi est de convaincre ses sujets que la prise de conscience mondiale face aux souffrances du peuple sahraoui est due moins à l’échec de sa diplomatie qu’aux lobbyings «payants» de l’Algérie.
Or, c’est bien les Etats-Unis qui étaient à l’origine du fameux projet de résolution élargissant le mandat de la Minurso aux droits de l’homme en avril dernier. Une proposition qui s’était appuyée non pas sur les «dollars algériens» mais sur les rapports accablants du département d’Etat, de la Fondation Robert Kennedy et du rapporteur spécial sur la torture, Juan Mendez, et qui avaient choqué le monde et réveillé les consciences. Mais pour le roi, l’Algérie a bon dos pour justifier sa défaite sur le terrain des droits de l’homme. Il s’en est d’ailleurs donné à cœur joie mercredi dernier dans un discours presque pathétique.

Rapport accablant d’une mission internationale

Un rapport d’une mission internationale, effectué du 7 au 20 juillet au Maroc dans le cadre de la «solidarité» avec les prisonniers sahraouis au Maroc, et qui vient d’être rendu public, relève de nombreux cas de violations des droits de l’homme par les forces de sécurité marocaines et d’«intimidations» à l’encontre des membres de cette mission. Composée d’une délégation de 14 membres d’organisations non gouvernementales (ONG) française, allemande et australienne, la mission internationale, qui a notamment ciblé plusieurs prisons du Maroc, s’inscrit dans le cadre de la campagne «Ecrire pour les libérer», est-il expliqué.
L’objectif de cette mission étant de remettre aux détenus politiques sahraouis le courrier qui leur est destiné, de rendre visite aux familles de ces derniers, aux associations marocaines et sahraouies de défense des droits de l’homme et enfin de se rendre sur des sites économiques (ports de pêche) et d’autres sites culturels dans les territoires sahraouis occupés. Les rédacteurs du rapport ont ainsi relevé de nombreux cas de violation des droits de l’homme, d’«entraves à la libre circulation», de «surveillance accrue», d’«intimidations», de «non-respect des droits des prisonniers», de  «violence et de menaces à l’encontre des familles des prisonniers», a-t-on indiqué dans ce rapport détaillé de la mission. Les membres de la mission internationale ayant visité les prisons d’Aït-Melloul et de Tiznit ont souligné par ailleurs le non-respect du «droit à la correspondance» des prisonniers garanti par les conventions internationales «ratifiées par le Maroc».
Il a également fait état de situations d’«intimidations» visant les Sahraouis et les Marocains ayant «reçu» ou «témoigné» pour la délégation internationale, de «fouilles exagérées», d’«empêchement de toute activité liée au Sahara occidental» et de «surveillance accrue des observateurs internationaux». «Les militants des droits de l’homme subissent d’importantes représailles lorsqu’ils rencontrent des observateurs internationaux», ont-ils noté. Les rédacteurs du document final ont tenu enfin à «attirer l’attention» sur le cas «spécifique» de la région de Sidi Ifni pour n’avoir jamais cessé de se revendiquer comme étant Sahraouis et qu’ils subissent de ce fait, depuis 40 ans, ont-ils assuré aux membres de la délégation, l’exclusion économique et l’«abandon sanitaire».   
         
Algérie-Etats-Unis : report de la visite de John Kerry d’un «commun accord»
La visite que devait effectuer en Algérie le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a été reportée d’un «commun accord», a annoncé hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, dans une déclaration à l’APS. «Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a reçu, vendredi après-midi, une communication téléphonique du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui l’a informé que le président Barack Obama lui avait demandé de se rendre à Genève dans le cadre des négociations en cours sur le programme nucléaire iranien», a expliqué M. Belani. «Le secrétaire d’Etat américain doit rentrer de Genève à Washington pour faire un rapport au président Obama et pour interagir avec le Congrès sur les développements liés au dossier nucléaire iranien», a ajouté le porte-parole du MAE.
Dans ce contexte, la partie américaine a indiqué que «toutes les étapes du périple du secrétaire d’Etat prévues pour les prochains jours ont été reportées». MM. Lamamra et Kerry ont convenu du report de la deuxième session du Dialogue stratégique entre l’Algérie et les Etats-Unis à une nouvelle date, dans les prochaines semaines, qui reste à déterminer par voie diplomatique, a précisé le porte-parole du MAE. M. Lamamra a saisi cette occasion pour exprimer les vœux de succès de l’Algérie pour les négociations en cours sur l’important dossier nucléaire iranien, a encore ajouté M. Belani.                                                                

RSF interpelle John Kerry sur la situation de la liberté d’information au Maroc



RSF interpelle John Kerry sur la situation de la liberté d'information au Maroc Par RSF, 8/11/2013. 

A l’occasion de la visite de John Kerry à Rabat dans le cadre du dialogue stratégique entre les Etats-Unis et Maroc, les 11 et 12 novembre prochains, Reporters sans frontières a adressé, le 6 novembre 2013, une lettre au Secrétaire d’Etat américain afin de lui faire part de ses préoccupations quant à la situation de la liberté de l’information au Maroc.
L’organisation lui demande entre autres d’aborder avec son homologue marocain, Mr Salaheddine Mezouar, le cas du journaliste Ali Anouzla toujours poursuivi dans le cadre de la loi anti-terroriste.

Monsieur John Kerry
Secrétaire d’Etat des Etats-Unis
2401 E. Street, N.W.
Washington, D.C. 20037
United States of America
Paris, le 5 novembre 2013
Monsieur le Secrétaire d’Etat
A l’occasion de votre visite officielle à Rabat dans le cadre de la deuxième session du dialogue stratégique entre les Etats-Unis et le Maroc, les 11 et 12 novembre prochains, Reporters sans frontières souhaite vous faire part de ses inquiétudes relatives à la situation de la liberté de l’information au Maroc.
L’affaire “Ali Anouzla” a récemment secoué le royaume chérifien. Ali Anouzla est le directeur de la version arabophone du site marocain d’information Lakome, arrêté le 17 septembre 2013 à Rabat pour avoir publié un lien vers un article du quotidien espagnol El Pais. Cet article renvoyait lui-même vers une vidéo attribuée au groupe Al-Qaeda au Maghreb islamique. Ali Anouzla a été libéré le 25 octobre, après avoir passé plus de cinq semaines en “détention préventive”. Cependant, il reste inculpé, entre autres, d’“assistance matérielle” et “apologie de crimes terroristes”, et encourt 10 à 30 ans de réclusion criminelle. La prochaine audience du journaliste devant le juge d’instruction est prévue pour le 23 décembre prochain. Par ailleurs, les versions arabophone et francophone du site Lakome sont toujours bloquées depuis le 17 octobre, ainsi que le site reflets.info.
Reporters sans frontières considère cette procédure judiciaire et cette censure, fondées sur une décision politique et arbitraire, comme étant des atteintes graves au droit à la liberté d’information.
Au-delà du cas d’Ali Anouzla, la situation de la liberté de l’information au Maroc, 136ème sur 179 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de 2013, suscite un certain nombre d’inquiétudes et nécessite que les autorités prennent des mesures concrètes pour améliorer le respect du droit d’informer et d’être informé. L’organisation a régulièrement souligné la nécessité de réformes juridiques permettant de garantir de manière pleine et entière le principe même de la liberté d’information. Or, les promesses de réformes des autorités marocaines, annoncées depuis le référundum constitutionnel de 2011, tardent à se concrétiser.
Aussi, Reporters sans frontières rappelle combien il est urgent de dépénaliser les délits de presse, aussi bien dans le code de la presse (article 41) que dans le code pénal (articles 179, 54, 65 et 66), sans pour autant que cela ne se traduise par une augmentation du montant des amendes, qui doivent rester proportionnées. Et la loi doit définir de manière claire et précise les délits, notamment pour ce qui est des “insultes” et des “graves insultes”, qui sont des notions éminemment subjectives, laissant une place importante à l’arbitraire, de la part notamment des magistrats. Le principe de primauté de la loi spéciale sur la loi générale doit être réaffirmé afin de s’assurer qu’aucune disposition du code pénal ne soit appliquée quand il s’agit d’un délit de presse. L’institution judiciaire doit, en parallèle, être réformée afin de garantir une réelle indépendance des juges.
Reporters sans frontières demande également la suppression dans les textes et dans la pratique des “lignes rouges” que sont la monarchie, l’islam et l’intégrité territoriale, ainsi que les interdictions de publication pour “délit de blasphème”.
Un mécanisme indépendant et transparent pour l’attribution des cartes de presse et des accréditations pour les journalistes marocains et étrangers travaillant pour des médias nationaux ou étrangers doit être mis en place. Leur octroi ou retrait ne doit pas être laissé à l’arbitraire d’une décision politique. Tout retrait doit être le fruit d’une décision judiciaire exceptionnelle.
Un mécanisme indépendant et transparent pour l’allocation des subventions publiques directes aux médias, ainsi que pour la publicité (publique et privée) doit également être déterminé, tout comme un mode de régulation (et ou d’auto-régulation) des médias (presse/audiovisuel) indépendant et transparent.
Aussi, il nous paraît important qu’au cours de vos échanges avec votre homologue marocain, Mr Salaheddine Mezouar, vous souleviez la question de la liberté de l’information dans le pays, et que vous abordiez en particulier les pratiques inquiétantes utilisées à l’encontre du journaliste Ali Anouzla et du site d’information Lakome, qui constituent une menace grave pour l’ensemble de la presse indépendante au Maroc.
Je vous remercie sincèrement de l’attention que vous porterez à cette lettre, et vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire d’Etat, l’expression de ma haute considération.
Christophe Deloire
Secrétaire général de Reporters sans frontières
Cc - Ambassade des Etats-Unis au Maroc