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dimanche 26 juillet 2015

Que fera le roi du Maroc de la pétition qu’il a reçue?


Le Soir, 26 /7/ 2015 



MOROCCO-LMRABET-DEMO
©AFP


Notre confrère marocain Ali Lmrabet en est à son 33e jour de grève de la faim. Vrai faux SDF et sans-papiers, il se bat pour exister et travailler. Les sympathisants se mobilisent.

La grève de la faim d’Ali Lmrabet commence à faire du bruit. Notre confrère marocain, qui se bat pour obtenir le renouvellement de ses papiers d’identité, a cessé de s’alimenter (sauf en eau sucrée) le 24 juin dernier. Il observe cette grève de la faim devant le bâtiment des Nations unies à Genève, en Suisse, où il reçoit moult témoignages de soutien.

Des articles et tribunes dans des journaux prestigieux comme Le Monde ou El Païs, une pétition signée par plus de 170 personnalités : le Maroc continuera-t-il encore longtemps à soutenir contre toute évidence que l’intéressé dispose « de toutes les possibilités de contester la décision administrative » qui le concerne ?

Les autorités marocaines nient à Ali Lmrabet sa domiciliation chez son père à Tétouan et le privent ainsi d’un certificat de résidence dont il a besoin pour renouveler ses papiers (sa carte d’identité lui a été arrachée de force par des inconnus et son passeport est venu à expiration).

La ficelle administrative semble grosse et pourtant c’est de cette manière que notre confrère est empêché de relancer un journal comme il souhaite le faire. Or Ali Lmrabet, au Maroc, n’est pas n’importe qui. Il figure en bonne place parmi la poignée de journalistes locaux courageux qui n’entendent pas jouer à « la voix de leur maître », à savoir le roi Mohamed VI.

En avril dernier, notre collègue avait fini de purger une peine inventée pour lui, une interdiction de… dix ans de pratiquer le journalisme (ce qui ne l’avait pas empêché de continuer à travailler sur un site hébergé à l’étranger et toujours actif, demainonline.com). Son tort, en 2005 ? Avoir affirmé que les réfugiés sahraouis à Tindouf (Algérie) n’étaient pas des « séquestrés » comme l’affirme la propagande du régime. Deux ans auparavant, il avait déjà été condamné à trois ans de prison pour « outrage au roi », puis gracié quelques mois plus tard.

Image dégradante


Le texte de la pétition, une « Lettre au roi » (1), observe que « la liberté d’expression et la critique sont des instruments fondamentaux pour la consolidation d’un État démocratique et actif contre l’obscurantisme et l’intolérance », et que « toute tentative d’entraver la liberté d’expression est dégradante pour l’image du Maroc et pour sa crédibilité d’engagement dans la voie d’un État de droit ».

Cosignataire de la lettre, Reporters sans frontières a commenté l’affaire par la voix de Christophe Deloire, son secrétaire général : «  En refusant de mettre à jour les papiers administratifs d’Ali Lmrabet, les autorités marocaines cherchent à l’empêcher de créer son journal. Le journaliste a toujours été dans le collimateur des autorités marocaines, qui doivent mettre fin au plus vite à une situation de plus en plus dangereuse pour la vie du journaliste. Les autorités ne peuvent plus faire la sourde oreille face à la demande légitime d’Ali Lmrabet  ».

Fait rare dans le Maroc de 2015 : une petite centaine de personnes a osé manifester vendredi devant le parlement à Rabat aux cris de « Solidarité avec le journaliste Ali Lmrabet ! », « Non aux attaques qui visent Ali Lmrabet », « Nous sommes tous Ali Lmrabet ».

Son comité de soutien commence à s’inquiéter pour sa santé. « Je suis inquiet car il est déterminé à aller jusqu’au bout. Il ne demande rien d’autre qu’un droit des plus élémentaires, a déclaré à l’AFP l’ancien détenu politique Ahmed Marzouki, responsable du comité. Il n’est pas question de bras de fer. Nous voulons simplement alerter sur la gravité de la situation. » 


(1) Les signataires belges : Sfia Bouarfa, François Dubuisson, Olivier Corten, Luc Dardenne, Eric David, Christophe Doulkeridis, Arnaud du Bus, Josy Dubié, Patrick Dupriez, Isabelle Durant, Mohamed el-Battiui, Ahmed el-Khannous, Isabelle Emmery, Zoé Genot, Henri Goldman, Ricardo Gutierrez, Véronique Jamoulle, Jean-Jacques Jespers, Zakia Khattabi, Christophe Marchand, Daniel Menschaert, Thomas Pierret, Hélène Ryckmans, Simone Susskind.

Baudouin Loos

Monde

samedi 4 juillet 2015

Lettre du Conseil de Genève des Droits Humains

Pour Ali Lmrabet

Voilà qui est on ne peut plus clair. Le Maroc est dans de mauvais draps et cela va se diffuser partout à l'opinion internationale et aux chancelleries de tous les pays...
Il est à remarquer que cette lettre du Conseil de Genève des Droits Humains n'a pas été adressée à ce machin qu'on appelle CNDH (conseil national des droits de l'homme créé par le régime fasciste marocain). Preuve, s'il en est, que la féodalité marocaine d'une bande de prédateurs, a fait de ce mensonge (défense des droits de l'homme) un bouclier publicitaire pour mieux et sordidement violer le droit du journaliste Ali Lmrabet et lui interdire de faire dignement son travail...
Honte et scandale!


Mairie de Genève

vendredi 2 janvier 2015

· Voici ma lettre adressée au roi Mohammed VI via l'ambassade le 2 Juin 2014. Merci Chris Coleman. Plus personne ne peut se cacher maintenant, des enregistrements très révélateurs de Mohand Laenser, Hamid Chnouri et ce mystérieux Adil Belgaid qui s'est présenté comme l'ami du roi seront bientôt présentés à son ami le roi.. Cliquez sur le lien pour voir toute la lettre. http://www.mediafire.com/…/p8i6fz6rx8m031v/Paris-334_pdf.pdf Photo de Zakaria Moumni. Photo de Zakaria Moumni. .

Zakaria Moumni 25/12/2014
Voici ma lettre adressée au roi Mohammed VI via l'ambassade le 2 Juin 2014. Merci Chris Coleman.
Plus personne ne peut se cacher maintenant des enregistrements très révélateurs de Mohand Laenser, Hamid Chnouri et ce mystérieux Adil Belgaid qui s'est présenté comme l'ami du roi.

 Adil Belgaid et Mourad El Ghoul, chef de cabinet de Yassine Mansouri patron de la DGED.
Ce Adil Belgaid est l'émissaire qui est venu me voir en prison et à plusieurs reprises à Paris, qui s'est présenté comme l'ami du roi Mohammed VI et envoyé par Mohammed VI.
Des enregistrements très révélateurs de ce mystérieux ami du roi seront bientôt présentés à son ami le roi...La DGED est elle aussi impliquée dans mon affaire?
http://www.mediafire.com/download/d7rq3oz993x5gad/

  Cliquez sur le lien pour voir la lettre.http://www.mediafire.com/…/p8i6fz6rx8m031v/Paris-334_pdf.pdf
  •   Photo de Zakaria Moumni.

    ·

samedi 29 mars 2014

Le boxeur Zakaria Moumni à l'origine de la crise franco-marocaine, il s'adresse au Roi Mohammed VI

Par aufait/AFP, dernière mise à jour :


Zakaria Moumni avec son épouse Taline, lors de la conférence de presse le 22 février dernier au siège de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme à Paris. /DR
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Auteur d'une plainte à l'origine d'une crise diplomatique entre le Maroc et la France, Zakaria Moumni, le boxeur qui a porté plainte en France pour torture, contre le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, s'est adressé au Roi Mohammed VI.

Dans une lettre relayée par l'agence AFP, Zakaria Moumni a appelé le Souverain à “faire toute la lumière” sur des sévices dont il dit avoir été victime.
“Aujourd'hui, il est de votre responsabilité en qualité de chef d'État, de faire toute la lumière et expliquer aux Français et aux Marocains qui est derrière tout cela”, écrit Zakaria Moumni, qui détient la nationalité française.
Il avait été arrêté, rappelle-t-on, en novembre 2010 et condamné à 30 mois de prison. Il affirme avoir signé sous la torture, les aveux selon lesquels il aurait soutiré à deux Marocains 1.200 euros, contre la promesse de leur trouver du travail en Europe. Il a finalement été gracié en février 2012.
Détaillant les tortures qu'il explique avoir subies, Zakaria Moumni, ancien champion du monde de boxe thaï, indique dans sa lettre avoir renoncé à sa nationalité marocaine car il ne se considère pas comme “un sujet”.
Il affirme également ne pas vouloir “être associé à ce pays qui torture ses propres citoyens en votre nom et dans vos abattoirs, comme m'ont expliqué les bourreaux de la DGST (Direction générale de la surveillance du territoire) marocaine, lors de mon séjour chez eux à Temara”.
Zakaria Moumni avait porté plainte contre Abdellatif Hammouchi, patron du contre-espionnage marocain (DGST) dont il affirme qu'il a “assisté à des séances de torture”.
Une plainte qui avait suscité en février, une crise diplomatique entre Paris et Rabat, quand des policiers s'étaient rendus à la résidence de l'ambassadeur au Maroc à Paris, Chakib Benmoussa, pour notifier à Abdellatif Hammouchi, en visite en France, une convocation d'un juge d'instruction.
Selon Zakaria Moumni, “le Maroc, que j'aime beaucoup, a montré qu'il n'est pas capable de rendre justice à ses citoyens innocents, et que, au contraire, tous les moyens de l'État sont utilisés pour protéger ces tortionnaires”.
“Je m'adresse à vous en tant que chef de l'État marocain afin que vous preniez toutes les mesures nécessaires pour que justice me soit rendue”, conclut l'ancien boxeur dans sa lettre.
aufait/AFP

samedi 9 novembre 2013

RSF interpelle John Kerry sur la situation de la liberté d’information au Maroc



RSF interpelle John Kerry sur la situation de la liberté d'information au Maroc Par RSF, 8/11/2013. 

A l’occasion de la visite de John Kerry à Rabat dans le cadre du dialogue stratégique entre les Etats-Unis et Maroc, les 11 et 12 novembre prochains, Reporters sans frontières a adressé, le 6 novembre 2013, une lettre au Secrétaire d’Etat américain afin de lui faire part de ses préoccupations quant à la situation de la liberté de l’information au Maroc.
L’organisation lui demande entre autres d’aborder avec son homologue marocain, Mr Salaheddine Mezouar, le cas du journaliste Ali Anouzla toujours poursuivi dans le cadre de la loi anti-terroriste.

Monsieur John Kerry
Secrétaire d’Etat des Etats-Unis
2401 E. Street, N.W.
Washington, D.C. 20037
United States of America
Paris, le 5 novembre 2013
Monsieur le Secrétaire d’Etat
A l’occasion de votre visite officielle à Rabat dans le cadre de la deuxième session du dialogue stratégique entre les Etats-Unis et le Maroc, les 11 et 12 novembre prochains, Reporters sans frontières souhaite vous faire part de ses inquiétudes relatives à la situation de la liberté de l’information au Maroc.
L’affaire “Ali Anouzla” a récemment secoué le royaume chérifien. Ali Anouzla est le directeur de la version arabophone du site marocain d’information Lakome, arrêté le 17 septembre 2013 à Rabat pour avoir publié un lien vers un article du quotidien espagnol El Pais. Cet article renvoyait lui-même vers une vidéo attribuée au groupe Al-Qaeda au Maghreb islamique. Ali Anouzla a été libéré le 25 octobre, après avoir passé plus de cinq semaines en “détention préventive”. Cependant, il reste inculpé, entre autres, d’“assistance matérielle” et “apologie de crimes terroristes”, et encourt 10 à 30 ans de réclusion criminelle. La prochaine audience du journaliste devant le juge d’instruction est prévue pour le 23 décembre prochain. Par ailleurs, les versions arabophone et francophone du site Lakome sont toujours bloquées depuis le 17 octobre, ainsi que le site reflets.info.
Reporters sans frontières considère cette procédure judiciaire et cette censure, fondées sur une décision politique et arbitraire, comme étant des atteintes graves au droit à la liberté d’information.
Au-delà du cas d’Ali Anouzla, la situation de la liberté de l’information au Maroc, 136ème sur 179 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de 2013, suscite un certain nombre d’inquiétudes et nécessite que les autorités prennent des mesures concrètes pour améliorer le respect du droit d’informer et d’être informé. L’organisation a régulièrement souligné la nécessité de réformes juridiques permettant de garantir de manière pleine et entière le principe même de la liberté d’information. Or, les promesses de réformes des autorités marocaines, annoncées depuis le référundum constitutionnel de 2011, tardent à se concrétiser.
Aussi, Reporters sans frontières rappelle combien il est urgent de dépénaliser les délits de presse, aussi bien dans le code de la presse (article 41) que dans le code pénal (articles 179, 54, 65 et 66), sans pour autant que cela ne se traduise par une augmentation du montant des amendes, qui doivent rester proportionnées. Et la loi doit définir de manière claire et précise les délits, notamment pour ce qui est des “insultes” et des “graves insultes”, qui sont des notions éminemment subjectives, laissant une place importante à l’arbitraire, de la part notamment des magistrats. Le principe de primauté de la loi spéciale sur la loi générale doit être réaffirmé afin de s’assurer qu’aucune disposition du code pénal ne soit appliquée quand il s’agit d’un délit de presse. L’institution judiciaire doit, en parallèle, être réformée afin de garantir une réelle indépendance des juges.
Reporters sans frontières demande également la suppression dans les textes et dans la pratique des “lignes rouges” que sont la monarchie, l’islam et l’intégrité territoriale, ainsi que les interdictions de publication pour “délit de blasphème”.
Un mécanisme indépendant et transparent pour l’attribution des cartes de presse et des accréditations pour les journalistes marocains et étrangers travaillant pour des médias nationaux ou étrangers doit être mis en place. Leur octroi ou retrait ne doit pas être laissé à l’arbitraire d’une décision politique. Tout retrait doit être le fruit d’une décision judiciaire exceptionnelle.
Un mécanisme indépendant et transparent pour l’allocation des subventions publiques directes aux médias, ainsi que pour la publicité (publique et privée) doit également être déterminé, tout comme un mode de régulation (et ou d’auto-régulation) des médias (presse/audiovisuel) indépendant et transparent.
Aussi, il nous paraît important qu’au cours de vos échanges avec votre homologue marocain, Mr Salaheddine Mezouar, vous souleviez la question de la liberté de l’information dans le pays, et que vous abordiez en particulier les pratiques inquiétantes utilisées à l’encontre du journaliste Ali Anouzla et du site d’information Lakome, qui constituent une menace grave pour l’ensemble de la presse indépendante au Maroc.
Je vous remercie sincèrement de l’attention que vous porterez à cette lettre, et vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire d’Etat, l’expression de ma haute considération.
Christophe Deloire
Secrétaire général de Reporters sans frontières
Cc - Ambassade des Etats-Unis au Maroc

jeudi 7 mars 2013

Acat : Appel urgent semaine 10 Maroc, lettre au roi

Actions en faveur des 22 prisonniers sahraouis emprisonnés à Salé

Maroc
Vous souhaitez intervenir en faveur des 22 prisonniers sahraouis emprisonnés :
  • Écrivez au Roi du Maroc
    [Par courrier : affranchir à 0,95 euros - Fax : 00.212.53.77.68.515]
  • Adressez une copie de votre lettre à l'Ambassade du Maroc
    [5 Rue Le Tasse - 75116 Paris- Fax : 01.45.20.22.58]




Sa Majesté le Roi Mohammed VI
Palais Royal
Rabat
MAROC
 
Sire,

Sur la base d’informations communiquées par l’ACAT-France, je vous exprime ma grande préoccupation concernant la condamnation à de très lourdes peines de prison de 24 militants sahraouis qui ont été arrêtés en lien avec le démantèlement du camp de Gdeim Izik.

Ce verdict a été prononcé à l’issue de neuf jours de procès inéquitable devant le tribunal militaire, malgré la qualité de civils des accusés.
Il n’y a eu aucune autopsie des neuf victimes des forces de sécurité et leur nom n’a même pas été mentionné. Aucune preuve n’a été présentée prouvant l’implication des accusés dans le meurtre des agents de sécurité. De plus, les juges se sont refusés à tenir compte des allégations de torture formulées par les accusés et de satisfaire à leur demande d’expertise médicale, en violation du droit marocain et du droit international.

Conformément à la Convention contre la torture et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques auxquels le Maroc est partie, je vous demande de :
·       ordonner la libération immédiate de 22 des 24 accusés qui sont encore en détention ;
·       si les poursuites à leur encontre n’ont pas été motivées uniquement par leurs opinions politiques et leur militantisme en faveur des droits de l’homme, les rejuger dans une juridiction civile ;
·       diligenter une enquête sur les allégations de torture et de mauvais traitements dont ils disent avoir été victimes.

Je vous prie d’agréer, Votre Majesté, l’expression de ma haute considération.

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Rappel : informations sur le procès :


Des peines très lourdes pour les militants Sahraouis

18 février 2013
Par
Détenus pour la plupart depuis novembre 2010, 24 militants civils ont été condamnés à de très lourdes peines par le tribunal militaire de Rabat. Un « procès vicié à la base », selon Amnesty International qui demande le 18 février que soient rejugés les prévenus.
(Article modifié le mardi 19 février)
A 3 h 30, dans la nuit de samedi à dimanche, l’avocat espagnol Juan Soroeta envoyait un message pour informer du verdict. Un verdict « terrible » selon l’observateur.  France Weyl, une avocate française membre de la mission d’observation juridique internationale, précisait le détail des peines dans la matinée :
Condamnés à perpétuité : Sidahmed Lemjayed, Abdeljalil lemghaimad, Ismaili Brahim, Mohamed Elbachir Boutenguisa, Abdelahi Lekhfawni, Abdelahi Abhah, Ahmed Sbai, Mohamed Bani, Hassana Aleya (par contumace)
Condamnés à 30 ans de prison : Naama Asfari, Chaikh Banga, Mohamed Bourial, Dah Hassan.
Condamnés à 25 ans : Daich Dafi, Mohamed Lamin Haddi, Mohamed Embarek Lefkir, Mohamedjuna Babait, Elbakay Larabi, Hossein Zaoui, Abdelahi Taoubali.
Condamnés à 20 ans : Mohamed Layoubi, Bachir Khadda, Mohamed Tahlil.
Condamnés à deux ans, ce qui correspond à la période de détention préventive subie : Sidi Abderrahman Zayou, Taki Elmachdoufi.
Jointe dans la soirée hier, Claude Mangin, qui voit son époux Naâma Asfari, leader de la mobilisation à Geim Izik, dit sobrement : « C’est un procès politique ! ».
Débuté le 8 février dernier, le procès a donc pris fin le 17 février.

« Nous sommes scandalisés par le verdict qui est tombé cette nuit pour nos camarades Sahraouis, dont mon co-président (NDLR : Naâma Asfari) qui a été arrêté la veille des faits qui leur sont reprochés. Bien entendu ce n’est qu’un exemple de la procédure d’exception qui s’est appliquée à tous les camarades Sahraouis, tous civils et pourtant jugés devant un tribunal militaire ! », a déclaré Aline Pailler, journaliste et présidente du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains au Sahara Occidental (Corelso).
De son côté, Michèle Decaster, militante de l’AFASPA et du Bureau International pour le Respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental, mandatée en tant qu’observatrice au procès, a dit ce qu’elle ressentait au lendemain du verdict :

« Il y a de quoi être abasourdi à l’énoncé de ce verdict, alors qu’aucune preuve, aucun témoignage de ces 9 policiers, sortis du chapeau du Procureur du roi à l’ouverture du procès, n’ont été produit à la Cour. Le Président a refusé des témoins demandés par la défense : l’ex-Ministre de l’Intérieur, les 2 walis avec qui le comité de dialogue était en rapport l’avant-veille de l’attaque du camp et une députée du Parlement, ancienne transfuge du Front Polisario. Trois témoins sahraouis ont affirmé qu’Enaama Asfari a été arrêté en leur présence dans la maison de l’un d’eux à Laayoune le 7 novembre 2010 en soirée et non le 8, date du PV de la police. Ce n’est d’ailleurs pas le seul PV falsifié en termes de dates et lieux d’arrestations : un chauffeur employé de la Région travaillait ce jour-là alors qu’il est accusé de meurtre au camp de Gdeim Izik…« 
La militante française rapporte le 18 février les paroles prononcés par Naâma Asfari, un des militants condamnés :

« Ce verdict du régime marocain est à usage interne. Il entend raconter à son opinion publique qu’il a rendu justice aux 11 victimes. (…) Ce verdict est une vengeance à l’égard peuple sahraoui qui s’est levé en masse durant presque un mois en octobre 2010, comme le feront les autres peuples du Maghreb pour défendre eux aussi leur dignité. Ce procès est une victoire pour nous, il nous a permis de témoigner. (…)
« Avec mes camarades, nous avons (aussi) pu exprimer notre idéal pacifique de vivre en harmonie avec le peuple marocain qui lui aussi souffre de ce régime et les autres peuples de la région. Nous avons dénoncé les conditions atroces et illégales de nos arrestations, les tortures et humiliations que nous avons subies dans les commissariats, gendarmeries, dans l’avion qui nous transportait à Rabat et jusque dans les tribunaux de Laayoune et Rabat avant d’être présentés aux juges d’instruction dans des états lamentables. Ils n’ont pas pris en compte ces tortures, de même que les plaintes déposées suite aux séances de torture durant les premiers mois à la prison de Salé2.
Nous avons clamé notre innocence des crimes dont nous sommes accusés car nous sommes des défenseurs des droits de l’homme et ne pouvons attenter à la vie d’autrui. »
« Juger des civils devant un tribunal militaire est contraire aux normes d’équité reconnues au plan international », avait déclaré le 1er février Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. En vain.
« La poursuite de civils devant une juridiction militaire est contraire non seulement aux standards internationaux mais également à la Constitution marocaine », a précisé la Fédération Internationale des Droits de l’Homme dans un communiqué le 18 février.
Malgré la demande d’Amnesty qu’une enquête soit menée quant aux allégations de torture formulées par les personnes détenues et que le tribunal écarte tout élément de preuve obtenu sous la torture, les juges ont refusé.
« Le tribunal a refusé de faire pratiquer des examens médicaux demandés par les accusés » (pour prouver les sévices subis), explique le Corelso dans un communiqué du 17 février.

« La Cour a failli à son obligation de diligenter une enquête et des expertises médicales suite aux allégations de torture formulées par plusieurs prévenus ce qui contrevient aux obligations du Maroc en vertu notamment de la Convention contre la torture », a déclaré Amina Bouayach, Vice-présidente de la FIDH qui a observé plusieurs audiences de cette procédure.
En outre, comme le rappelle l’observatoire international italien Per i diritti, « la Cour a prononcé un jugement non susceptible d’appel « . Ce que confirme Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH : « Les prévenus condamnés pour la plupart à de lourdes peines ne pourront faire appel de cette décision ». Pourtant, les avocats des prévenus auraient annoncé qu’ils comptaient se pourvoir en cassation.
Comme le rappelle Amnesty International, le Comité des Nations unies contre la torture avait estimé il y a quelques mois que le pays « devrait renforcer les mesures prises pour que des enquêtes approfondies, impartiales et efficaces soient menées rapidement sur les violences et les décès survenus à l’occasion du démantèlement du camp de Gdeim Izik, et que les responsables soient traduits en justice ». Selon le Comité toujours, le Maroc doit en outre « modifier sa législation afin de garantir à toutes les personnes civiles d’être jugées exclusivement par des juridictions civiles ».
Cela a-t-il été fait ? Non.
Enfin, lors de sa visite effectuée au Maroc et au Sahara occidental en septembre 2012, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Juan Méndez, a noté que les procureurs et les juges d’instruction n’ouvraient que rarement des enquêtes sur les allégations faisant état de l’utilisation de la torture dans les premières phases de l’enquête, pour obtenir des éléments de preuve ou des « aveux ».

« Le système de plaintes relatives aux allégations de torture et de mauvais traitements, à de rares exceptions près, ne semble fonctionnel qu’en droit mais pas dans la pratique », avait alors indiqué Juan Méndez. « Cela semble également être le cas pour les enquêtes, les poursuites et peines prononcées à l’égard des auteurs. Cette lacune doit disparaître », avait-il conclu.
Pour aller plus loin :