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vendredi 28 mars 2014

En tournée régionale, John Kerry fait escale au Maroc

H24info.ma - Le portail d'information Marocain

H24 fo.ma /avec AFP,  26/3/2014


John Kerry et Mohammed VI lors de la visite de ce dernier à Washington, en novembre 2013.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry effectuera la semaine prochaine sa première visite en Algérie et au Maroc, après le report d'une première mission en 2013.






C'est la porte-parole du secrétaire d'Etat, Jen Psaki, qui l'a annoncé ce mercredi à Amman, où elle accompagne John Kerry. Le chef de la diplomatie américaine se rendra d'abord à Alger pour des rencontres avec les responsables algériens avant d'aller au Maroc.

D'abord à Alger
Il devrait arriver à Alger "les 2 et 3 avril" à la tête d'une importante délégation à l'invitation du ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, a indiqué un communiqué de ce ministère publié par l'agence officielle APS. Cette visite "s'inscrit dans le cadre de la concertation et des échanges réguliers", est-il précisé dans le texte.

John Kerry arrivera donc à Alger en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 17 avril, pour laquelle le président sortant Abdelaziz Bouteflika est donné favori.
Le séjour à Alger de la délégation américaine permettra "de tenir la deuxième session du dialogue stratégique algéro-américain", sous la présidence des deux ministres, a précisé APS. Un dialogue lancé en 2012 qui "couvre un large éventail de questions bilatérales et régionales, y compris les développements politiques et en matière de sécurité, le développement des liens économiques et le renforcement de la société civile", a pour sa part précisé Jen Psaki.

...puis au Maroc
John Kerry co-présidera le même dialogue au Maroc. Son séjour interviendra avant les débats sur le Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU qui doit se pencher sur la reconduction de la Minurso, (la mission des Nations-unies au Sahara).

Ses visites au Maghreb auront lieu après des visites en Arabie saoudite et en Europe, où il prendra part mardi à Bruxelles à une réunion de l'Otan sur la crise en Ukraine.

On se souvient que les premières visites de John Kerry en Algérie et au Maroc, prévues initialement pour le début de novembre 2013, avaient été reportées car il avait dû se rendre d'urgence à Genève pour des discussions sur le nucléaire iranien. Le roi Mohammed VI l'avait cependant longuement rencontré lors de sa propre visite officielle aux Etats-Unis.

samedi 30 novembre 2013

Majesté, pourquoi les journalistes indépendants ne font-il pas partie de vos délégations officielles à l’étranger ?


Le palais royal a encore une fois, une fois de plus, manqué son rendez-vous en s’abstenant d’inviter les médias pour la visite officielle du Roi Mohammed VI aux Etats-Unis. Cette visite revêt un caractère historique et peut même être tenue  pour la plus importante effectuée par le Roi depuis son accession au trône en 1999.  
 
Avec ce comportement, l’opinion publique ne dispose plus que deux types de canaux pour s’informer sur ce qui s’est produit à Washington : les médias nationaux relevant  de l’Etat, RTM, 2M et Medi1TV, en plus de la MAP, mais ces médias ne présentent pas pour ainsi dire un véritable service public aux Marocains, bien qu’ils soient financés par l’argent du contribuable ; ils se contentent de glorifier les faits et gestes du Roi et de ses accompagnateurs, évitant de présenter une couverture objective, digne d’un pareil évènement.
Le deuxième canal d’information à la disposition des Marocains est représenté par les médias internationaux. Et bien évidemment, nos officiels se précipitent tous comme un seul homme (ou femme) vers ces médias, avant de fulminer souvent, après, sur la couverture qu’ils sont eue.
Majesté, vous rappelez sans cesse dans vos adresses à la nation que le Maroc a choisi une voie démocratique, mais cette voie ne saurait être assurée que par des médias libres, indépendants, forts et intègres, de même qu’avec des partis politiques, des syndicats et une société civile dignes de leurs fonctions. Une presse indépendante constitue un pilier de la démocratie.
Et ce qui est plus étrange encore, Majesté, est que la constitution sur la rédaction de laquelle vous avez veillé stipule en son article 27 que « les citoyennes et les citoyens ont le droit d’accéder à l’information détenue par l’administration publique, les institutions élues et les organismes investis d’une mission de service public » ; or, ce droit ne peut être assuré que par des médias indépendants.
Je n’ignore pas qu’à chaque fois que se pose la question de la présence de journalistes à vos déplacements officiels, vos conseillers ne manquent pas de vous rappeler l’incident survenu au Sénégal quand un journaliste avait refusé de revêtir la tenue traditionnelle lors d’un dîner officiel. Mais au lieu de traiter ce cas isolé de manière isolée, ce sont tous les confrères de cet individu qui ont été punis, et privés de présence aux visites d’Etat.
Certains louangeurs et/ou courtisans colportent ici et là que pendant ces voyages, les gens des médias passent le plus clair de leur temps en balades et s’investissent résolument dans les activités de shopping mais ce ne sont là que perfidies et fausses raisons pour priver les journalistes marocains de ces visites officielles à l’étranger. Chaque éditeur et/ou directeur de publication devrait  ainsi pouvoir sélectionner parmi sa rédaction un journaliste dédié à ces occasions, et les personnes chargées de la communication devraient à leur tour se préoccuper de ces journalistes.
De même que les frais de voyages de ces derniers devraient être à la charge de leurs organismes et non de l’Etat, car la seule chose que nécessitent vraiment les médias est la présence à leurs côtés d’un officiel chargé de les informer de ce qui se passe et se produit dans les pays visités.
Au Maroc, il faut le souligner, il n’existe pas de relations entre le palais et les médias car en effet, le premier ne publie aucun communiqué à destination des seconds lors et après les voyages officiels du Roi, de même que, plus généralement, personne n’informe directement les journalistes des activités et des faits concernant le Roi.
Un changement de pratique du palais donnerait à la presse indépendante un souffle nouveau dont elle a bien besoin.