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mercredi 17 février 2016

Arsalane: «Les Marocains connaissent notre crédibilité»


Rabat, février 2016. Le Maroc cinq ans après son «printemps», qui prit le nom de «mouvement du 20-Février». Et auquel les islamistes de Justice et Spiritualité (Al Adl Wal Ihsane) prirent une part active. Fathallah Arsalane, vice-secrétaire général de l’organisation et son porte-parole, fait le point.

Comment votre mouvement a-t-il accueilli les événements dits du 20-Février?
Nous y avons participé dès le début car les revendications étaient les mêmes que les nôtres. A savoir principalement la lutte contre la corruption et contre le despotisme. Notre jeunesse s’est retrouvée en force et en première ligne dans le mouvement. Notre participation a imposé au régime de répondre aux revendications, mais cette réponse s’est révélée d’un niveau faible et nullement inspirée par la volonté de changement mais bien celle de maîtriser la crise. Nous avons mis fin à notre participation en décembre 2011 car nous avons acquis la conviction que le mouvement du 20-Février n’obtiendrait rien de plus du régime et qu’au contraire les risques de confrontations violentes s’aggravaient – et notre principe fondamental reste la non-violence, car la violence ne mène nulle part. Nous nous sommes alors tournés vers d’autres façons de protester.


Durant le 20-Février, vous avez eu des contacts avec les laïcs marocains, en avez-vous encore?
Bien sûr, ces contacts continuent et ils donnent des résultats fructueux sur le terrain. Par exemple, on les a récemment invités lors du troisième anniversaire de la mort de cheikh Yacine, fondateur du mouvement. Nous envisageons une plate-forme commune autour d’un consensus avec eux.


Le mouvement Justice et Spiritualité souhaite-t-il devenir un parti politique et participer aux élections?
Nous revendiquons le droit de nous transformer en parti politique depuis les années 80 pour défendre notre projet sociétal. C’est l’Etat qui refuse que nous devenions un parti indépendant, exigeant que les partis jouent dans un jeu dont le régime détermine seul les règles. Nous refusons ces diktats, bien entendu. Nous sommes patients, nous attendons le moment où tout le Maroc voudra le changement.


Quel est ce projet que vous portez?
Il se résume dans les deux mots : justice et spiritualité. Nous prônons la démocratie et l’alternance, la participation, le respect de la diversité. Par le mot spiritualité, dans une connotation musulmane, nous montrons notre intérêt pour l’homme, son bien-être, l’esprit de fraternité, la tolérance.


En quoi consiste votre action concrètement?
Nous fondons notre action sur l’éducation qui promeut nos principes et nous disposons d’un « cercle politique » au sein du mouvement, qui est comme une structure de parti politique; nous participons aussi aux manifestations qui expriment les revendications populaires. Nos militants appartiennent à des associations et à des syndicats. Nous avons pratiqué l’aide sociale mais l’Etat veut nous en empêcher et parfois même nous concurrence sur le terrain. Nous sommes présents dans toutes les couches de la population et dans toutes les régions ; les gens nous connaissent, connaissent notre crédibilité, nous les soutenons. D’autant qu’ils savent l’échec du régime et des partis politiques pour remédier à la situation socio-économique difficile qu’ils vivent, alors que le régime nous opprime.


Vos détracteurs vous accusent d’avoir un comportement de «secte» secrète…
C’est ce que le régime prétend depuis longtemps en nous maintenant dans l’ombre, alors que nous n’avons de cesse de chercher la lumière pour dire ce que nous sommes. Nos revues et journaux sont empêchés de sortir. Rien ne peut justifier le sort qui nous est réservé, nous n’avons rien à cacher, nous condamnons la violence et prônons l’Etat de droit, nos écrits le prouvent.


Combien de militants avez-vous?
Vu notre situation et pour des raisons de sécurité, on ne peut pas déclarer de chiffres. Quand nous organisons des manifestations, les gens viennent nombreux et dépassent ceux qui font partie de nos structures. Celles-ci existent juste au Maroc même si à l’étranger nous partageons nos idées avec d’autres.


Que pensez-vous du djihadisme qui tourne au terrorisme?
Un verset du Coran dit : « On ne t’a envoyé que pour être la tolérance face à l’Humanité ». Ces actes de barbarie doivent être condamnés, ils n’ont rien à voir avec l’islam. Leurs auteurs ne sont qu’une petite minorité dans la société musulmane. Les Occidentaux savent que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme. Au Maroc, notre mouvement est attaqué par les extrémistes qui nous trouvent trop modérés.


Comment expliquez-vous que des Belges ou des Français se lancent dans le djihad violent?
Il est important de signaler que la majorité de ces jeunes ne connaissent pas l’arabe. Ni ne sont des musulmans pratiquants, ils ignorent leur religion et manquent de spiritualité. Leur comportement montre l’échec de l’éducation reçue en Occident. Pourquoi en arrivent-ils là ? Ils sont marginalisés, ils ont souvent versé dans la délinquance et vivent en marge de la société.


Que pensez-vous du salafisme wahhabite – un islam ultra conservateur – répandu à travers le monde grâce aux deniers saoudiens?
La mission des centres de culte dans le monde est de faciliter les rencontres et la prière des musulmans. Mais dans certains cas, en raison d’un manque de contrôle, certains extrémistes en ont profité pour faire de la propagande sur leur manière d’interpréter l’islam.


Et que pensez-vous du PJD, parti islamiste marocain au gouvernement?
Que peuvent-ils faire sur la scène politique marocaine ? La question n’est pas de savoir qui fait partie du gouvernement, mais bien qui gouverne. Ce n’est pas le gouvernement ! Islamistes modérés ou pas. C’est l’entourage royal qui gouverne. On l’a encore vu dernièrement dans les cas de grandes décisions en matière économique ou d’enseignement. Si nous participions au gouvernement dans les mêmes conditions, nous démontrerions la même impuissance.


Vous posez-vous en républicains?
Nous ne nous présentons pas en alternative unique, nous sommes convaincus que la situation critique que vit le Maroc nécessite la mobilisation et la collaboration de tous les partenaires. En Occident, royautés et républiques existent dans des contextes démocratiques, la forme importe peu, c’est le contenu qui compte. Nous souhaitons que la justice règne, que les responsables aient des compte à rendre, que le peuple élise ses représentants démocratiquement, que le régime garantisse l’égalité des droits.


Mais vous contestez cette monarchie?
A de rares exceptions près, on voit dans le monde musulman des régimes monarchiques héréditaires et despotiques, qui règnent par l’épée et la violence. Nous disons qu’un dirigeant doit être élu et doit rendre des comptes. Ce n’est pas propre à notre mouvement, c’est dans la conception musulmane de la chose publique.


Propos recueillis à Rabat le 10 février 2016 par BAUDOUIN LOOS

mardi 17 novembre 2015

Ramid renforce la législation sur l’atteinte au roi, à la religion et à l’intégrité territoriale

Crédit : Yassine Toumi Ramid renforce la législation sur l’atteinte au roi, à la religion et à l’intégrité territoriale

Des peines allant de six mois à deux ans pour les personnes qui portent atteinte à la religion, à la monarchie et à l’intégrité territoriale.

Le ministre de la Justice, Mustapha Ramid a apporté de nouveaux amendements à la mouture du code pénal qui va être présenté dans les semaines qui viennent au Conseil du gouvernement. Les amendements proposés concernent l’atteinte aux constantes du royaume, à la monarchie, à l’islam et à l’intégrité territoriale.
Il a apporté des modification sur l’article 179 portant sur ce sujet «afin d’être plus précis sur la notion d’outrage pour la qualification du délit». Le deuxième paragraphe de cet article indique des peines de prison ferme de trois mois à une année et une amende de 10 000 à 100 000 dirhams, ou une de ces deux sanctions, pour toute personne outrageant les membres de la famille royale.

lundi 9 mars 2015

Petite avalanche d’émissions françaises sur le roi et Abdellatif Hammouchi


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La presse française se lâche. La télévision et la radio françaises ne se gênent plus pour parler, et pas en bien, du roi Mohamed VI et de son patron de la DST, la police politique marocaine, Abdellatif Hammouchi.
Dans ces émissions les noms de Mohamed VI, son château de Betz, son compte bancaire en Suisse, les tortures à la chaîne de prisonniers menées à Témara, sans oublier l’évocation du cas du directeur du cabinet privé du roi, Mohamed Mounir Majidi, y sont cités.
Canal + a dédié une partie de son émission « Le Supplément » du dimanche 1 mars au Maroc avec un reportage intitulé « Maroc-France : c’est compliqué » (pour voir l’émission cliquer ici)
Puis, samedi 7 mars, une émission de France Inter, « Comme un bruit qui court », est vouée entièrement au roi, son château et encore une fois Hammouchi. (Pour écouter l’émission cliquer ici).
Demain

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Si ça ne marche pas le bon lien (vers la page où il suffit de cliquer sur réécouter) est :
http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-mohammed-vi-notre-voisin-le-roi
ou, pour accéder directement sur l'écoute de l'émission :

samedi 30 novembre 2013

Majesté, pourquoi les journalistes indépendants ne font-il pas partie de vos délégations officielles à l’étranger ?


Le palais royal a encore une fois, une fois de plus, manqué son rendez-vous en s’abstenant d’inviter les médias pour la visite officielle du Roi Mohammed VI aux Etats-Unis. Cette visite revêt un caractère historique et peut même être tenue  pour la plus importante effectuée par le Roi depuis son accession au trône en 1999.  
 
Avec ce comportement, l’opinion publique ne dispose plus que deux types de canaux pour s’informer sur ce qui s’est produit à Washington : les médias nationaux relevant  de l’Etat, RTM, 2M et Medi1TV, en plus de la MAP, mais ces médias ne présentent pas pour ainsi dire un véritable service public aux Marocains, bien qu’ils soient financés par l’argent du contribuable ; ils se contentent de glorifier les faits et gestes du Roi et de ses accompagnateurs, évitant de présenter une couverture objective, digne d’un pareil évènement.
Le deuxième canal d’information à la disposition des Marocains est représenté par les médias internationaux. Et bien évidemment, nos officiels se précipitent tous comme un seul homme (ou femme) vers ces médias, avant de fulminer souvent, après, sur la couverture qu’ils sont eue.
Majesté, vous rappelez sans cesse dans vos adresses à la nation que le Maroc a choisi une voie démocratique, mais cette voie ne saurait être assurée que par des médias libres, indépendants, forts et intègres, de même qu’avec des partis politiques, des syndicats et une société civile dignes de leurs fonctions. Une presse indépendante constitue un pilier de la démocratie.
Et ce qui est plus étrange encore, Majesté, est que la constitution sur la rédaction de laquelle vous avez veillé stipule en son article 27 que « les citoyennes et les citoyens ont le droit d’accéder à l’information détenue par l’administration publique, les institutions élues et les organismes investis d’une mission de service public » ; or, ce droit ne peut être assuré que par des médias indépendants.
Je n’ignore pas qu’à chaque fois que se pose la question de la présence de journalistes à vos déplacements officiels, vos conseillers ne manquent pas de vous rappeler l’incident survenu au Sénégal quand un journaliste avait refusé de revêtir la tenue traditionnelle lors d’un dîner officiel. Mais au lieu de traiter ce cas isolé de manière isolée, ce sont tous les confrères de cet individu qui ont été punis, et privés de présence aux visites d’Etat.
Certains louangeurs et/ou courtisans colportent ici et là que pendant ces voyages, les gens des médias passent le plus clair de leur temps en balades et s’investissent résolument dans les activités de shopping mais ce ne sont là que perfidies et fausses raisons pour priver les journalistes marocains de ces visites officielles à l’étranger. Chaque éditeur et/ou directeur de publication devrait  ainsi pouvoir sélectionner parmi sa rédaction un journaliste dédié à ces occasions, et les personnes chargées de la communication devraient à leur tour se préoccuper de ces journalistes.
De même que les frais de voyages de ces derniers devraient être à la charge de leurs organismes et non de l’Etat, car la seule chose que nécessitent vraiment les médias est la présence à leurs côtés d’un officiel chargé de les informer de ce qui se passe et se produit dans les pays visités.
Au Maroc, il faut le souligner, il n’existe pas de relations entre le palais et les médias car en effet, le premier ne publie aucun communiqué à destination des seconds lors et après les voyages officiels du Roi, de même que, plus généralement, personne n’informe directement les journalistes des activités et des faits concernant le Roi.
Un changement de pratique du palais donnerait à la presse indépendante un souffle nouveau dont elle a bien besoin.

samedi 9 novembre 2013

Comment Mohammed VI a fait du Maroc sa machine à cash

Une révélation pour ceux qui n'ont pas lu "Le roi prédateur", un rappel pour ceux qui l'ont lu !

 

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Surnommé le roi des pauvres, lors de son accession au pouvoir, grâce à ses nouveaux conseillers Mohammed VI a mis au point une véritable machine à cash, faisant main basse sur tous les marchés du pays grâce à sa holding royale. Plus riche que l'émir du Qatar, le roi du maroc règne sur un pays qui pointe à la 126ème place mondiale du point de vue du développement humain, dont il a fait sa pompe à finances. Dans «le Roi prédateur», les journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent démontent le mécanisme de ce business royal.




(Mohammed VI - NIVIERE/SIPA)
(Mohammed VI - NIVIERE/SIPA)
(Mohammed VI - NIVIERE/SIPA)
Plus riche que l’émir du Qatar, les ressources naturelles que lui offre son sous-sol sont infiniment moindres que celles de l'émir, tout juste quelques « espoirs pétroliers » et des mines d’or. Sa fortune personnelle a pourtant doublé en 5 ans. Le budget de fonctionnement du « Palais » est deux fois supérieur à celui de l’Elysée alors que le PNB du pays est plus de 25 fois plus faible à celui de la France.
Il s'est relativement bien sorti, en comparaison de ses « confrères », des bouleversements politiques qui ont frappé le monde arabe. Mohamed VI, que l’on surnomme « M6 », ne connaît pas la crise financière. En revanche, il règne sur un pays classé 126ème (sur 177) du point de vue du développement humain. Plus de 5 millions d’habitants du royaume vivent avec moins de 1 euro par jour et son taux de pauvreté dépasse les 18% !

Les journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent ont consacré leur dernière enquête à ce « Roi prédateur », tant il a fait de son royaume sa holding personnelle. Le livre fait l'impasse, on pourra le regretter, sur le bilan politique de Sa Majesté, pour faire le point sur son bilan financier. Globalement très positif ! En moins de dix ans de règne M6 s’est livré, selon les auteurs à  « une sorte de holp-up à l’encontre de l’économie de son pays ». Un véritable coup d’état économique, que son père Hassan II, connu pour son autoritarisme, qui était aussi un habile politique et un homme d’affaires averti  n’avait pas su ou pu réaliser.

Les auteurs décrivent un véritable « village Potemkine qui dissimulerait les prédations royales ». Car le bas-peuple doit tout ignorer du niveau de fortune du roi: le numéro de Forbes qui révélait son niveau de fortune (1,8 milliards d’euros) a été interdit sur le territoire marocain.

Le TGV marocain payé par les contribuables français !

Mis en cause lors des manifestations à travers ses collaborateurs les plus proches, M6 a senti le vent de l’opinion tourner. Et c’est pour mieux asseoir son règne qu’il a su concéder certaines réformes, très relatives. Le « makhzen » qui désigne l’appareil d’état a été réformé mais il est toujours en place et demeure une « une mine à ciel ouvert, un monde où le sens de l'intérêt général et l'intérêt national n'existe pas ».
Le souverain perçoit un salaire royal mensuel de 40.000 dollars, auquel s’ajoute 2,5 millions d’euros par an pour la famille proche, et 31 millions d’euros de subventions répartis selon son bon vouloir : « une somme dont l’usage échappe naturellement à tout contrôle, mais on sait qu’au temps d’Hassan II, elle servait de caisse noire pour s’assurer les faveurs de certaines personnalités politiques, marocaines ou étrangères et récompenser pour sa fidélité l’étrange tribu française des « amis du Maroc », composée de journalistes, d’académiciens d’avocats et d’anciens responsables des services de renseignements…». Ces hôtes le lui rendent bien. Hassan II qui voulait intervenir à la télé française se fera inviter –à sa demande- à l’émission « 7 sur 7 » sur un simple coup fil à Bouygues…

Passons sur ses innombrables voitures de luxe, ses jets, ses tableaux, son festival royal subventionné par le royaume, ses « frais » vestimentaires qui s’élèvent à 2 millions d’euros par an, les immenses palais rénovés ou édifiés par son père pour des centaines de millions de dollars où il ne passait parfois que quelques heures.

A l’absolutisme politique teinté de terreur d’Hassan II a ainsi succédé, avec Mohammed VI, un système de confiscation organisé et légalisé. Où plutôt même au dessus des lois. Tout ce qu’il dépense dispendieusement ou « donne » au peuple lors de ses déplacements sort des poches de l’Etat et tout ce que dépense Sa Majesté est payé par le peuple à travers l’impôt. L’Etat subventionne même les entreprises du roi. Chaque jour le peuple enrichit Sa Majesté. Un système gagnant-gagnant à sens unique.

Autre exemple avec le « TGV marocain», marché remporté par la France, en compensation du fiasco sur le Rafale,  considéré comme un caprice royal que l’Agence Française pour le Développement a financé à 50%. Ainsi, le TGV marocain aura coûté 1 milliard aux contribuables français !

Une puissance politique qui fait main basse sur le domaine économique

A mesure, que la génération Mohammed VI s’affirme au pouvoir, écartant, les conseillers d’Hassan II, naît la « Monarchie des copains et coquins» où la compétence ne se révèle pas toujours un critère déterminant pour accéder aux entrailles du royaume.
Quand la holding royale (ONA) bat de l’aile, plusieurs dirigeants se succèderont à sa tête. Les nouveaux conseillers du roi, le duo Mahidi-Bouhemou concocte la stratégie des « champions nationaux » : des entreprises en situation de monopole ou quasi-monopole dont le roi est actionnaire. L’épreuve de force  est engagée avec les anciens partenaires, Axa, Danone et Auchan etc. Chacun revendra ses parts royales ou quittera le Maroc, laissant le Roi régner sur les marchés de l’assurance, les télécoms, l’agro-alimentaire, l’immobilier, l’énergie et la distribution. Ce dernier représente aujourd’hui 25% du chiffre d’affaires de l’ONA. Le Maroc devient la machine à cash du roi : « Une pieuvre royale » envisagée « comme le moyen d’asseoir une puissance politique qui, absolutisme monarchique oblige, s’exprimait jusque dans le domaine économique » écrivent les auteurs. 

Ce n’est rien à côté du racket social auquel se livrera M6 avec la Caisse de dépôt et de gestion qui gère les retraites de millions de Marocains. Par quelques entourloupes financières détaillée dans le livre, le Roi a fait une OPA sur l’institution qui participe désormais au financement des projets royaux.

Prédations , pressions, intrigues, courtisaneries, excès, corruption délits d’initiés présumés, les exemples sont légion.
Le nouveau roi a mis au point un régime aux conditions très avantageuses pour la couronne : une forte  capacité à mâter le peuple pour éviter toute révolte et un royaume entièrement tourné vers le développement de la fortune royale. Une monarchie « néo-féodale » dont M6 profite chaque jour. 

http://www.marianne.net/Comment-Mohammed-VI-a-fait-du-Maroc-sa-machine-a-cash_a216162.html

dimanche 13 mars 2011

Le temps des constitutions OCTROYÉES est révolu !

Par  Fathallah Arsalan, 10/3/2011
Commentant la révision de la constitution, annoncée par le Roi, M. Fathallah Arsalan, porte-parole du Mouvement Al Adl Wal Ihsane a donné au site aljamaa.net la déclaration suivante :

Après trois semaines de mouvements 
de protestation populaire réprimés sauvagement par le makhzen et dont le bilan s’élève à plusieurs martyrs et à un nombre non défini de blessés, sans parler de verdicts très sévères et prononcés à la hâte contre les manifestants détenus, le discours du Roi est venu pour annoncer une mesure officielle, au sujet de laquelle nous apportons les observations suivantes :

1. Le discours a annoncé un amendement constitutionnel qui sera opéré selon le même schéma adopté aux constitutions précédentes, ce qui en fait une constitution octroyée par décision individuelle ; et ce depuis la désignation de la commission, jusqu’à la définition de ses conditions, de ses critères et ses restrictions, comme de son champ d’action, de ses délais et de l’évaluation de ses résultats. Ce qui veut dire qu’elle est démunie des plus simples exigences requises pour une constitution démocratique, qui veulent que la commission émane du peuple, qu’elle ait une liberté d’action et de réflexion sans lignes rouges, ni restrictions, que ses décisions soient indépendantes et qu’elle puisse se référer au seul peuple pour trancher. Ceci, bien-sûr, après avoir ouvert la possibilité à toutes les composantes pour participer librement au débat.
Ceci n’étant pas le cas, et cette condition étant décisive, elle a été la grande absente dans la gestion officielle de l’affaire. Comment peut-on alors concevoir une constitution populaire démocratique alors qu’elle demeure octroyée par une seule partie qui en accapare la conception et la médiatisation, tout en y interdisant aux opposants d’agir et de s’exprimer librement ? C’est là exactement le même climat qui a vu naître les constitutions précédentes taillées sur mesure et dont les résultats étaient connus d’avance. Dans ce climat où règne cette mentalité de tutelle exercée sur le peuple, et où l’on continue à spolier la volonté du peuple, le référendum ne serait autre chose qu’une carte muette déposée dans une fausse urne qui illustre cette obstination à produire une constitution pérennisant l’hégémonie et le despotisme.
Ce qui a été annoncé démontre l’absence de toute volonté de changement réel, comme il prouve une volonté affirmée de compter sur des promesses et des vœux qui ont déjà fait leurs preuves pour absorber les colères populaires.
Ce qui est demandé clairement : une assemblée constituante, émanant du peuple, dans sa forme comme dans son contenu et sa composition, et qui produirait un changement constitutionnel essentiel sur lequel s’accorderaient toutes les composantes du peuple marocain, sans exclusion aucune.

2. Les prérogatives du roi et les comportements politico-économiques de l’institution royale et de son entourage constituent l’essence du problème, sinon le problème même. Comment donc seraient-elles la solution, toute la solution ?

3. Dans ce qui a été annoncé, il y a pérennisation de la sacralité qui constitue un véritable problème, au niveau religieux comme aux niveaux légal et rationnel. Ce principe est le seul apanage de Dieu, comme l’est celui de l’infaillibilité pour Son Messager – Prière et Salut sur lui.

4. Le discours passe sous silence la question du makhzen économique, celle du pillage de la richesse nationale, la paupérisation du peuple et la confiscation de son droit au travail, à l’enseignement, à la médication et au logement. Comment peut-on alors concevoir une quelconque réforme alors qu’une hégémonie effroyable est exercée sur les richesses du pays ?

5. En l’absence des principes précités qui constituent les composantes essentielles d’une véritable volonté de changement, il n’y aura aucun autre objectif de ce qui a été annoncé que celui de gagner du temps pour contenir la colère du peuple et de lui faire perdre une opportunité véritable de faire aboutir ses réclamations très légitimes.