Symbole de la résistance face à l’oppression, héros de la lutte
anti-apartheid et prix Nobel de la paix, Nelson Mandela s’est éteint à
l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg des suites d’une longue
maladie.
Les faits d’armes et les qualités humaines du premier
président noir d’Afrique du Sud ne sont un secret pour personne. Sa
résilience que 27 ans d’incarcération dans les tristement célèbres
prisons de Robben Island et de Pollsmoor n’ont jamais altéré sa lutte
constante contre tous les dénis de justice, ses principes chevillés au
corps et sa détermination inébranlable pour les défendre en ont fait
l’une des icônes incontournables des XXème et XXIème siècles.
Né
le 18 juillet 1918, Rolihlahla Mandela a voué toute sa vie au combat
pour une Afrique du Sud multiraciale, dessinée aux couleurs de
l’arc-en-ciel.
Celui que tous les Sud-Africains appelaient
affectueusement Madiba avait souvent pris son bâton de pèlerin en quête
de soutien à sa cause. De 1960 à 1962, il avait séjourné à Oujda où il
avait réussi à s’attirer de très fortes sympathies et convaincu nombre
de personnalités marocaines de premier plan à sa cause.
En 1961,
il y avait également noué de solides relations avec le GPRA
(Gouvernement provisoire de la révolution algérienne) et avec l’ALN dont
le Maroc accueillait les troupes en lutte contre la colonisation
française. L’ex-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération,
Saâd-Eddine El Othmani en avait évoqué le souvenir devant un parterre de
diplomates africains réunis à Rabat. Entre autres révélations qu’il
avait faites à ce propos, il avait rappelé le rôle important que le
Maroc avait joué dans la lutte de ce dernier contre la politique de
ségrégation raciale pratiquée alors en Afrique du Sud. Il avait ainsi
affirmé que feu Abdelkrim Al Khatib, patron du défunt MPDC (Mouvement
populaire démocratique constitutionnel), n’avait eu besoin que de 24
heures pour convaincre S.M Hassan II de fournir des armes, des munitions
ainsi que des aides financières au Congrès national africain (ANC,
parti fondé par Mandela). “Le Maroc a ainsi été le premier pays à
soutenir logistiquement l’ANC”, avait précisé El Othmani, en rappelant
la grande amitié qui liait Mandela au docteur Al Khatib. Ce dernier
avait d’ailleurs reçu un grand hommage à Johannesburg en 1995 et Mandela
avait insisté pour signer la préface de son autobiographie, «Parcours
d’une vie», parue en 1997.
L’ancien président sud-africain avait,
en outre, effectué quelques visites au Maroc dont une, privée, pour
essayer de désamorcer la profonde crise qui avait marqué les relations
bilatérales depuis 2004 à cause du soutien de Pretoria aux ennemis de
notre intégrité territoriale et de sa reconnaissance de la prétendue
Rasd. Ce fut peine perdue. L’Afrique du Sud qui a fait passer par pertes
et profits le soutien du Royaume à sa lutte ne déviera plus jamais de
sa voie hostile à notre cause nationale.
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