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vendredi 3 juin 2016

Maroc : Un Français dénonce ses conditions de détention après avoir révélé un trafic de grâce royale à Marrakech

par Ristel Tchounand, yabiladi, 1/6/2016 


Alors qu’il purge une peine de 10 ans de prison à Marrakech, un ressortissant français originaire de Sète dénonce ses conditions de détention depuis qu'il a révélé l'existence d'un trafic de grâce royale au sein de la prison, rapporte la section régionale de France TV Info.
Après sa condamnation en France pour utilisation de fausse monnaie, Yoni, 38 ans s’installe au Maroc et récidive. Il est arrêté avec son cadet, alors en vacances, lorsque les deux hommes tentent d’acheter une babouche avec de faux billets dans la ville ocre.
Son frère réussit à obtenir son transfert en France où sa peine est réduite à une amende de 7 650 euros. Yoni, en revanche, restera derrière les barreaux au Marrakech, car poursuivi dans un affaire de trafic de grâce royale lancée par un autre détenu avec la complicité de dirigeants de la maison d’arrêt, dont le directeur et deux gardiens. Ils ont d'ailleurs été démis de leurs fonctions après enquête.
Mais selon son avocat, Me Luc Abratkiewicz, Yoni ne doit pas être considéré comme coupable dans cette affaire, car c’est lui qui a informé les autorités marocaines de ce qui se tramait au sein de la prison. Depuis, cet originaire de Sète serait incarcéré dans des « conditions inhumaines », d'après ses propres déclarations à France TV Info. « Il est dans une situation catastrophique », regrette Me Abratkiewicz dont la tâche est rendue plus ardue par la rupture de la communication de la part de l’avocat marocain de son client.

...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/44989/maroc-francais-denonce-conditions-detention.html

dimanche 8 mars 2015

Une vingtaine de policiers investissent le domicile d’un activiste du M20F à Ouazzane


Loqman Raoui (Photo DR)
Rabat.- Ce matin, une vingtaine de policiers en civil, dont des agents de la DST, ont investi violemment le domicile d’un activiste du Mouvement du 20 février à Ouazzane. Son crime ? Préparer une manifestation pacifique, ou avoir participé à une manifestation pacifique de son mouvement.
Cet activiste s’appelle Loqman Raoui et il aurait été arrêté par la police de « Sidna ».
Il faudra vérifier après si les membres de ces « forces de l’ordre »n’ont rien volé de la maison de ce jeune homme. Les pauvres, comme ils n’arrivent pas à boucler leur fin de mois avec le salaire que leur refile l’autocrate, ils doivent bien subvenir à leurs besoins quelque part.
Demain

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URL courte: http://www.demainonline.com/?p=20597

 

jeudi 19 février 2015

Communiqué LDH : Rabat-Paris : l’arbitraire et le déshonneur





Communiqué LDH Paris

Deux journalistes arrêtés et expulsés, le local d’une association, l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), envahi par la police, des rafles d’étrangers décidées au mépris des lois votées récemment, l’intimidation et l’incarcération à l’égard de ceux et celles qui dénoncent la torture, des attaques répétées contre l’ensemble du mouvement associatif ; cette accumulation d’événements marque une dégradation constante de la situation des droits de l’Homme au Maroc.

La Ligue des droits de l’Homme réprouve totalement ces actes arbitraires et contraires à la fois aux engagements internationaux du Maroc comme aux dispositions constitutionnelles récemment adoptées.

Elle demande aux autorités marocaines de cesser ces agissements qui sont incompatibles avec la construction d’un État de droit dont le Maroc se réclame.

La LDH dénonce, enfin, la complaisance du gouvernement français à l’égard de cette situation. Celui-ci, en effet, s’abstient de toute réaction aux atteintes à la liberté de la presse, et, dans un même temps, galvaude la légion d’honneur en offrant une promotion au grade d’officier à un homme poursuivi en France pour avoir pratiqué des tortures.

Quels que soient les intérêts géopolitiques et sécuritaires, rien ne peut justifier un tel manquement à l’éthique, si ce n’est l’éternelle et déshonorante
 « raison d’État ».

Il n’est pas acceptable de se prévaloir des valeurs de la République ici, et de se faire complice de leurs violations de l’autre côté de la Méditerranée.

jeudi 31 janvier 2013

HRW :Maroc/Sahara Occidental : les promesses de réforme démenties par la réalité de la répression


Dans son dernier rapport pour 2013, l'ONG des droits de l'homme déplore le manque de volonté politique pour mettre en œuvre les promesses de la nouvelle constitution.


La répression est toujours à l'ordre du jour du régime politique marocain, rappelle Human Rights Watch (HRW). Dans son rapport 2013, l'ONG rappelle que les dissidents continuent d'être malmenés sur le territoire marocain, à la fois par la violence policière et aussi suite à des procès inéquitables aboutissant à des peines de prison.
« Si on en juge par le texte de la constitution adoptée en 2011, les dirigeants du Maroc reconnaissent qu'il est crucial de mieux respecter les droits humains pour satisfaire les aspirations populaires, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. Mais à en juger par les pratiques sur le terrain, ils doivent comprendre que les paroles, à elles seules, ne suffisent pas. »

Une grande partie du rapport de HRW sur le Maroc traite de la Justice, secteur loin d'être indépendant selon l'ONG et qui est un instrument politique pour faire taire les opposants. "En janvier 2013, une cour d'appel a prononcé des peines de prison contre cinq manifestants soutenant le Mouvement du 20-Février, lancé en 2011 à l'époque des manifestations pour les réformes, en se basant sur des aveux que les inculpés ont dénoncés comme extorqués sous les coups, et sans que soit présenté au tribunal aucun témoignage ni autre preuve susceptibles de les relier aux délits dont on les accusait."
Par ailleurs, HRW rapporte que les atteintes aux droits de l'homme se poursuivent dans la région du Sahara. "Le Maroc refuse de laisser manifester les activistes indépendantistes au Sahara occidental ou de reconnaître légalement les associations dont les leaders sont connus comme partisans de l'indépendance". 

HRW a invité, enfin, le Maroc, a mettre fin à sa politique des sacralités et des trois lignes rouges : l'Islam, la monarchie et l'intégrité territoriale, souvent utilisés comme prétextes à la restrictions des droits et des libertés. "L'abolition de telles lois devrait être une priorité au moment où le Maroc entreprend d'accorder sa législation à la constitution de 2011" a conclu HRW.

vendredi 9 novembre 2012

Le CNDH de Mohamed VI reconnaît « la torture et les traitements cruels dans la plupart des prisons marocaines » ... dans quel but ?

Photo : conférence de presse CNDH à Rabat

Du jamais vu. Et une gifle à tous ces fidèles défenseurs du régime marocain, qui n’arrêtent pas de nous assurer qu’au Maroc « rien n’est plus comme avant ». Le mardi 30 octobre 2012, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a démontré le contraire. Lors d’une conférence de presse à Rabat il a présenté son rapport choc, intitulé : “La crise des prisons, une responsabilité partagée : 100 recommandations pour la protection des droits des détenu(e)s”.

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH)
Le CNDH a été créé en mars 2011 par le roi Mohamed VI lui-même. Il en a nommé tous les membres. Après les manifestations de masse du Mouvement du 20 février, qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes, réclamant le respect des droits de l’homme, sa création avait été annoncée comme « une des réformes globales menée par la monarchie », voulant éviter ainsi une révolution à la tunisienne ou à l’égyptienne. Force est de constater que, depuis lors, cette « reforme globale » de la justice ou du système carcéral n’a jamais eu lieu.
Ces derniers mois, il y a eu pas moins de trois rapports officiels sur les conditions infernales qui persistent dans les prisons marocaines, et que le nouveau rapport du CNDH ne vient que confirmer.

Des rapports successifs..
photo : Juan Mendez à la conférence de presse à Rabat
En juillet 2012, un rapport sur la prison de Oukacha (Casablanca) de la Commission de la Justice, de la législation et des droits de l’Homme du parlement marocain, dénonçait les conditions carcérales constatées lors d’une visite d’inspection à cette prison : « 4 détenus enfermés dans une espace de 2 m² », « 7.572 prisonniers pour une capacité de 5800 détenus », « manque d’infrastructure de base », « absence des “conditions de santé adéquates », « qualité de la nourriture qui laisse à désirer ». Puis, il y a eu le rapport provisoire de Juan Mendez, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture en septembre et en octobre 2012 (http://www.freeali.eu/2012/10/17/torture-la-cooperation-judiciaire-avec-le-maroc-ne-peut-plus-continuer/). Suivi le 25 septembre d’une condamnation ferme de la pratique systématique de la torture au Maroc par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (http://www.freeali.eu/2012/10/17/torture-la-cooperation-judiciaire-avec-le-maroc-ne-peut-plus-continuer/)                                       
 
.. avec toujours le même constat.
 
Le rapport du CNDH se base sur des visites des membres du Conseil effectuées dans 15 établissements pénitentiaires durant la période allant du 31 janvier au 19 juin 2012. De ce rapport « un résumé exécutif du rapport sur la situation dans les prisons et des prisonniers » est disponible 1 Bien qu’il ne s ’agit que d’un résumé de 14 pages, l’image de la situation carcérale marocaine y apparaît dans toute sa clarté. On peut y lire que le Conseil « a voulu s’arrêterde manière objective et précise, sur les violations qui pourraient porter atteinte aux droits des détenu(e)s ». Chose nouvelle : il s’agit d’exactions commises par le personnel des prisons. Donc survenues après que ces détenus ont déjà subi les interrogations par la police ou la DST : « Ces violations (dans les prisons) se manifestent par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l’aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds (FALAQA), les gifles, les pincements à l’aide d’aiguilles, les brûlures, les coups de pied, le déshabillage forcé des détenus au vu et au su des autres prisonniers, les insultes et l’utilisation d’expressions malveillantes et dégradantes portant atteinte à la dignité humaine des détenus. Ces exactions ont été observées dans la plupart des prisons visitées avec une prévalence et une intensité qui diffèrent d’une prison à une autre, à l’exception des prisons d’Inezgane et de Dakhla où seuls des cas isolés ont été enregistrés. » (page 4).
On apprend aussi que dans la plupart des prisons « l’alimentation amenée par les familles est parfois refusée ou détruite (!); l’existence d’une pratique de punitions collectives; des transferts administratifs comme mesure disciplinaire… »
Le rapport insiste sur l’absence totale « de procédures et de mécanismes de contrôle, d’enquêtes au sujet des plaintes déposées à l’encontre du personnel, y compris le personnel sanitaire, ou au sujet des violations relatées par la presse et les associations. Il y a la « non effectivité du contrôle judiciaire » (page 5). En un mot : l’arbitraire et l’abus du pouvoir règnent dans les prisons marocaines.

Deux (!) libérations conditionnelles en 2011
Je prends à titre d’exemple quelques chiffres et données dans le résumé qui nous donnent une idée de la situation des prisons marocaines : « le pourcentage de détenus incarcérés pour trafic et/ou consommation de drogues s’élève à 37,25 % du nombre total de détenus ». C’est-à-dire que presque 1 sur 2 détenus est en prison pour des affaires de drogues. Dans les recommandations du Conseil, on peut lire qu’on doit « mettre à la disposition des détenus suffisamment de couvertures, de matelas et de vêtements » et qu’il faut « la distribution juste et équitable des couvertures à l’ensemble des détenu(e)s sans exception. » (page 10). Ce qui veut dire qu’il y a des détenu(e)s qui n’en reçoivent tout simplement pas. A signaler aussi : la nourriture qui est insuffisante, pas de qualité ou trop chère dans les cantines; les soins médicaux inexistants ou insuffisants. Aussi faut-il, dit le rapport : « équiper les parloirs de toutes les prisons en chaises et tables en vue d’améliorer les conditions d’accueil des familles. » (page 10). L’image humiliant de familles assises par terre n’a pas échappé au Conseil.
Et puis, il y a la surpopulation carcérale dramatique qui, selon le Conseil : « contribue à la survenance des violations graves qui touchent essentiellement les prestations, la santé, l’hygiène, l’alimentation et la sécurité d’un côté et la réhabilitation des détenus d’un autre ». (page 7).
Pour le Conseil les raisons de la surpopulation sont les suivantes : « Le surpeuplement est dû en grande partie à la détention provisoire qui concerne 80% des détenus, au retard enregistré dans le jugement des affaires, à la non-application de la liberté conditionnelle et à l’absence de normes objectives dans la procédure de Grâce ». En langage normal, on peut dire qu’au Maroc la prison est utilisée pour terroriser les pauvres et tous ceux qui dérangent. On peut vous mettre en prison à tout moment et pour tout en n’importe quoi. Si vous avez de la chance, vous bénéficierez d’une peine avec sursis ou un non lieu ou serez reconnu innocents, à moins de bénéficier d’une Grâce Royale, accordée de manière aussi arbitraire que les arrestations. « Chaque année des milliers (!) de personnes incarcérées bénéficient d’un non-lieu, sont acquittées ou condamnées à des peines avec sursis » (page 11). S’ajoute à cela, la non-application de la libération conditionnelle, pourtant prévue par la loi. Ainsi, on ne compte que « deux libérations conditionnelles en 2011 ». (page 4) La libération conditionnelle « est refusée à la majorité des demandes formulées. » Pourtant, parmi ceux qui auraient pu en bénéficier en 2011, se trouvaient « 17939 détenus qui ont purgé les deux-tiers de leur peine, les personnes âgées, les 9228 condamné(e)s à moins de six mois et les personnes atteintes de maladies chroniques » (page 11) 

Les femmes détenues et leurs enfants.
Les femmes détenues : « .. pâtissent davantage… de traitements cruels et comportements dégradants (insultes, humiliations), aussi bien dans les postes de police qu’en prison .» (page 6). Le Conseil constate « (…) l’exiguïté de l’espace », réservé à ces femmes dans « plusieurs prisons, l’absence de crèches et de moyens de divertissement pour ces enfants … Dans les cas où les crèches existent, elles ne sont pas équipées. A l’expiration du délai, qui leur est accordé pour garder leurs enfants, et en l’absence des proches ou devant leur refus de les prendre en charge, les détenues sont contraintes de les abandonner à des tiers qui les exploitent dans certains cas dans la mendicité ou les placent dans des orphelinats ». « Les détenues incarcérées pour des affaires de moeurs sont particulièrement visées par certaines surveillantes ». (page 6)
Les mineurs.
Au Maroc on peut être mis en prison à partir de 12 ans. Le Conseil propose d’élever cet age à 15 ans. Et de commencer à prendre des mesures pour remédier à : “la non existence d’une police des mineurs et de lieux de garde à vue ad hoc, la non existence de substituts du procureur du Roi spécialisés dans la justice des mineurs, le manque de moyens humains et matériels à même de garantir qu’aucun préjudice ne soit causé aux mineurs en garde à vue ou la non information des parents dans certains cas des dispositions prises.

100 recommandations, mais aucune sanction.
Le rapport dénonce aussi le racisme et l’isolement total dont sont victimes les détenus étrangers de la part des autres détenus et du personnel « à cause de leur couleur ». Souvent personne n’est mise au courant de leur présence en prison.
Mais après tout cela, on se demande à quoi va servir ce rapport ? Quelle sera la suite ? Bien qu’il ose dénoncer des situations accablantes dans le monde carcéral, il y a des raisons d’être particulièrement méfiant par rapport à la suite de ce rapport du CNDH.
 S’agit-il d’une nouvelle manœuvre du régime pour prouver à l’opinion publique et internationale « qu’il y a un esprit d’ouverture  au Maroc», que le Maroc « travaille au changement positif », « qu’il est en train de développer une culture de respect des droits de l’homme en vue de l’élimination de la torture dans un futur proche» ? Bref, ce rapport sera -t-il l’occasion pour répéter les formules et les promesses qu’on entend depuis trop longtemps? Et qui pourraient ouvrir au Maroc la porte au Comité des droits de l’homme de l’ONU pour y occuper un siège permanent, que le Maroc veut obtenir à tout prix. 
Le rapport fait état de tout…
Sauf des prisonniers politiques et de leur torture systématique, surtout quand il s’agit de « terrorisme » et de la « sécurité nationale ». Comment ne pas mentionner l’état dans lequel ces détenus, comme Ali Aarrass et tant d’autres, arrivent en prison, après leur passage par les mains de la DST et la brigade BNPJ ? Comment nier qu’il n’y a aucune reconnaissance de ces faits, pas de suite aux plaintes des torturés, pas d’examens médicaux impartiaux et objectifs.., comme le dit Juan Mendez ?
Le rapport parle du « personnel » dans les prisons, responsable pour les tortures. Une demande de démission immédiate et de punition par la justice de ses auteurs ne se retrouve pas parmi les 100 recommandations. Le rapport évite aussi soigneusement de citer ne fût-ce qu’un des responsables au plus haut niveau, qui portent pourtant la responsabilité finale pour la torture. Or, sans nettoyer à fond le sommet de l’appareil de l’état, toute idée de changement restera une illusion.
Le Conseil se limite dans sa « conclusion générale » à la nécessité « d’accélérer le processus de ratification du protocole facultatif à la Convention internationale contre la torture », «de la mise sur pied d’un mécanisme national et indépendant pour la prévention de la torture », et « de l’élaboration un plan d’action pour l’éradication de la torture ». Mais la torture n’est-elle pas déjà considérée comme un crime dans la nouvelle constitution marocaine sans que cela a changé quoi que ce soit?
Quand on fait 100 recommandations, c’est souvent pour noyer le poisson. Donnez-nous cinq recommandations et surtout cinq mesures concrètes qui visent l’essentiel, au lieu de 100 qui parlent de tout et de rien, et qui permettront de dire, en 2013, qu’on a quand même obtenu quelque chose (une crèche par ici, un matelas par là), sans toucher au cœur du problème. 
Réclamer la punition des responsables serait un signe clair. Exiger la libération immédiate des prisonniers politiques et de toutes les victimes de la torture, avant et pendant leur incarcération, en serait un autre.

http://www.lesechos.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=26889:rapport-cndh-la-crise-des-prisons&catid=22:documents-utiles
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Driss El Yazami, président du CNDH
Les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du Maroc surpeuplées. Tel est le triste constat dressé à l'issue de visites de terrain par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), dans un rapport intitulé "La crise dans les prisons, une responsabilité partagée", rendu public à Rabat, mardi 30 octobre. Souvent dénoncées par les militants des droits de l'homme, et notamment par l'Observatoire marocain des prisons, ces violations sont cette fois reconnues par un organisme officiel, présidé par Driss El Yazami, et dont tous les membres ont été nommés par le roi Mohammed VI.
(...)
La publication du rapport de la CNDH intervient alors que 76 Européens, Français, Belges ou Espagnols - possédant pour nombre d'entre eux la double nationalité - emprisonnés au Maroc, ont commencé le 22 octobre une grève de la faim pour protester contre les actes de torture et les procès inéquitables dont ils estiment avoir été victimes, et pour s’élever face à l’absence d’assistance de leurs gouvernements respectifs.
L’ACAT-France (Action des chrétiens contre la torture), qui soutient leur initiative, a annoncé avoir saisi le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture pour deux de ces grévistes, Adil Lamtalsi, producteur de cinéma, et Moustapha Naïm, animateur social. Ces deux Franco-marocains, détenus à la prison de Salé, près de Rabat, ont été condamnés pour des crimes de droit commun. Leurs récits sont similaires, dénonce l'ACAT dans un communiqué : "plusieurs jours de sévices au centre de détention secret de Temara, aux mains de la Direction générale de la surveillance du territoire, des aveux signés sous la contrainte, des magistrats complices et des plaintes pour torture restées lettre morte".
Le 11 septembre, le CNDH avait déjà établi un constat critique sur la situation dans les hôpitaux psychiatriques, la qualifiant "d'archaïque et inadaptée".
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Le CNDH et à sa tête Driss El Yazami connaissent cette situation (ou devraient la connaître) depuis, mars 2011... Ils n'ont cessé de chanter les louanges de l'exemplaire "nouvelle" constitution...Pourquoi cette tardive réaction  un an et demi après ? Gênés par tous les rapports accablants qui dénoncent les violations des ddH ? Manoeuvre pour prendre les devants pour que la situation des principales victimes, les prisonniers politiques, les jeunes du M20F, non cités,  continuent à être passés sous silence ?(ndlr)

mardi 15 mai 2012

Cauchemar raciste à Taourirt

The Moroccan Association of Human Rights
( MAHRs )
TAOURIRT BRANCH
On Tuesday 24th April 2012, Taourirt ـ a city in the region of the East of Morocco - has known violent and inhuman arrestations among a number of Subsaharian immigrants and refugees .
Indeed, early in the morning while these immigrants were still sleeping in "the open-air "
next to the railway station , they were surprised and attacked by different types of police.
Hence, sixteen (16) immigrants were arrested while some others ran away. This
intervention which was observed by some members of the MAHRs has known a lot of
human right violations . The immigrants were humiliated, insulted and even beaten by the police. Worse than these, all the immigrants' properties (clothes, blankets, bags ,etc....) were burned, which is against all the national laws. The authorities even took some mobiles from these Subsaharians by force. All these violations and mistreatments were condemned by the people who were watching the "scene".

Late in the evening, 25 more immigrants were arrested and the whole 41 were transported to the frontier city Oujda from where they are usually deported to Algeria.
We have to mention here that usually the authorities try to make people believe that these immigrants are criminals, thieves, killers, ..... so as to legitimate their "hostile acts".
The MAHRs has tried to get official answers from the local responsibles about the reasons of the detentions, but in vain.

In the following day, the MAHRs -- Taourirt interviewed some immigrants who gave
shocking information about their daily life and the hostile treatments they endure.

To know more about it, please check these videos

ASSOCIATION MAROCAINE
DES DROITS HUMAINS
SECTION DE TAOURIRT

Le 24 Avril 2012, un bon matin pas comme les autres, prés de la gare de la ville de Taourirt, a vu des interventions sévères contre des réfugiés subsahariens. . Il y avait un grand nombre d'agents de la force publique, des policiers, et les auxiliaires d'autorités, ils ont surpris les Africains qui dormaient encore.
16 Subsahariens ont été arrêtés, par contre les autres ont pu s'enfuir pour un moment. Cette féroce intervention était d'une manière inhumaine et illégale, elle a violé toutes sortes de droits et de mœurs concernant les réfugiés. Les forces publiques en pleine rue et devant les passagers ont confisqué tous les bagages de ces réfugiés africains, ce qui a causé un état hystérique pour une victime qui criait pour avoir son téléphone portable qui lui a été pris de force.

La violence était une réponse pour n'importe qui voulait discuter ou négocier, et pour terminer les forces de l'ordre ont mis feu et brûlé les bagages des réfugiés devant les passagers témoins de cette sauvage intervention. La poursuite derrière ces Subsahariens a duré toute la journée et le soir 25 autres réfugiés ont été arrêtés .

Il faut signaler dans ce rapport que les autorités publiques essayent toujours de publier de fausses infos entre les citoyens pour donner la légalité à leurs interventions, comme dire que ce n'est qu'une bande de criminels et de voleurs et que si quelqu'un les aide il va être poursuivi en justice, ce qui provoque le racisme et la haine.

Et pour avoir plus de détails en ce qui concerne l'âge de ces réfugiés, le sexe, la nationalité, les membres de l'Association Marocaine des Droits Humaines ont contacté la police locale, mais elle était très discrète à  ce sujet. Ce n'est pas la première fois que les autorités emmènent ces Subsahariens et sans aucun jugement vers la frontière marocco-algériénne.
D'autre part, l'AMDH section de Taourirt à contacté des victimes et fait des interviews, qui montrent leurs souffrances du fait des autorités marocaines et la maltraitance puisqu'ils vivent en plein air.
Pour en savoir plus, regardez les vidéos de témoignages.