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mardi 22 septembre 2015

MARRAINE : Ils l’ont lu !

Résultat de recherche d'images pour "marraine livre Marie-Jo Fressard"Ils l’ont lu ! Ils ont aimé !

Extraits de commentaires de lecteurs de : “MARRAINE des deux plus anciens prisonniers politiques du Maroc” 



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Bonsoir Marie-Jo,
Il est temps que je donne mes impressions de lecteur car j'ai lu ton petit livre dès la livraison. Très bien écrit. Chapitres courts et malgré tout denses. Beau papier et typographie reposante. Histoire captivante qui apporte pas mal d'informations introuvables dans les beaux guides touristique. Couverture qui attire l’œil, format agréable et poids léger. Bref, tout ce qu'il faut pour être tenté. On lui souhaite un beau succès et des satisfactions bien méritées pour son auteur.
RK




Je l'ai lu d'un trait! Vraiment j'approuve le commentaire de Raymond. Et, en le lisant, je réalise encore une fois ton courage et ta ténacité incroyables !
HK



Merci beaucoup pour l’envoi de ce texte, dont nous prenons connaissance avec grand plaisir. Quel bel éloge du militantisme, et quel incroyable travail ici mis en valeur !
Coline Aymard – l’ACAT Paris
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J'ai enfin pris le temps de lire "Marraine" dans le train. C'est super ! ça se lit avec grand plaisir ! merci !
AR


Bonjour Madame Fressard que j’ai envie d’appeler tout simplement Marie-Jo parce que nos expériences ont énormément de similitudes.
En effet, hier j’ai reçu un exemplaire de votre livre. J’en ai immédiatement commencé la lecture mais je l’interromps illico parce qu’elle me donne une imparable envie de vous écrire immédiatement ce petit mot pour vous dire qu’il m’a foutu de fameux coups d’émotions et en profiter pour vous féliciter. Je me suis retrouvé dans un passé qui a débuté très peu de temps après la condamnation infligée en janvier 1977 à Abdelaziz Tribak : 32 ans pour appartenance au groupe Ilal Amam du célèbre Abraham Serfati. Son dossier m’a alors été confié par Amnesty international dont j’étais membre actif depuis sept ans.
Avec Aziz, j’ai entretenu une abondante et très intime correspondance durant toute son incarcération qui a duré 11 années à la Centrale de Kénitra. A sa libération le 19-12-86, je me suis précipité à Tétouan pour rencontrer en chair et en os MON prisonnier. J’ai pénétré toute sa famille (au sens large selon le monde arabe). Ca fait beaucoup de monde et autant de correspondants ultérieurs. J’ai été reconnu comme faisant partie de cette tribu et je corresponds encore assidument avec Aziz. Ce fut ma première expérience sur le Maroc.
FS


On ne peut qu'être admiratif devant le courage et la ténacité que ce parcours de "marrainage" demande, entre soutien social et moral à des prisonniers détenus depuis des années, et combat presque quotidien pour l'amélioration de leurs conditions de vie et leur libération... Ce témoignage, fluide et facile à lire, permet de relativiser l'image de progrès social et démocratique que veut se donner le Maroc de Mohammed VI, mais redonne aussi espoir dans la lutte pour les droits de l'Homme lorsqu'on regarde les résultats de cette détermination acharnée".
LF


Très chère Marie-jo
… Je m’y suis mise ce matin et je n’ai pas pu
m’arrêter, comment d'ailleurs aurais-je pu au cours de ce récit
mettre fin? Comment laisser
toutes ces souffrances sur le côté ?
Alors que la moindre des choses était de passer un infime moment à lire
un quart de siècle de détention!!!!!
Je te remercie du fond du cœur pour cette générosité, cette humanité qui te définissent.
Je t’imagine du haut de tes 11 ans effrayée face à Mohamed venu de si loin
pour libérer ton pays, et je me dis il n' y a pas de hasard, tu étais destinée à rencontrer et défendre l’opprimé, le persécuté, l’humilié.
Bien des années après, c’est toi qui passes de l’autre côté, pour à ton tour
impressionner de par ton courage, ta force, l’homme qui le souligne,
"aucune femme n’aurait fait cela".
J’ai partagé, en te lisant, leur cellule, leur détresse, leurs maladies, mais aussi l’espoir
que toi et ton association leur avez apporté.
Ce qui m’a énormément touchée, c’est cette séparation 
entre Ahmed Chahid et Chaïb,
cela m’attriste et me ramène au dur constat
du lien et des tournures qu’il nous fait prendre.
Chaïb a une empathie énorme et on la vit de par son soutien, sa soif de justice
quand il te ramène le cas des deux prisonniers en isolement...
Le constat est de regarder la vie de ces hommes confondus en criminalité
alors qu’ils avaient soif d’idéaux, soif de justice, d’égalité et qu’on sent en eux
un amour indescriptible pour la vie.
Que l’espoir continue de couler dans leurs veines, que cette guerre 
d’un quart de siècle
ne soit pas vaine...
Je ressens la souffrance de Chaïb comme il la décrit si bien, 
vouloir la liberté volée
mais ne pas savoir comment apprivoiser cette chose
devenue si grande parce que l’on ne se rappelle plus, c’est la plus grande des inconnues qui leur a manqué.
Je suis impatiente de pouvoir te rencontrer.
Souad Fila, auteure de « Salée est l’eau de l’Amer », éditions Antidote
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Je l'ai lu. Bravo, !!! Très très bien. Je connaissais la trame, mais bien écrit, tu as dû vivre des moments intenses, avec les familles, et la relation avec les prisonniers est touchante, tu as dû leur apporter la patience de l'espoir ,de la ténacité, très beau! 
AG
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Il peut être commandé :



- en Belgique à Éditions Antidote (contact@antidote.be) sur le numéro de compte :

IBAN :BE20 0004 2359 4956

BIC : BPOTBEB1XXX)

 

- en France, par chèque, mentionner « livre Marraine», à  Solidarité Maroc 05, 17 rue Jean Eymar, 05000 Gap, (solidmar05@gmail.com)  où il peut être acheté,
 
Prix : 10 € +  frais de port ( 1 livre: 2,50€ - 2 et 3 livres : 3,70 €)

lundi 10 août 2015

Témoignage de parrainage de prisonniers politiques marocains, bientôt sorti de presse.

"MARRAINE DES DEUX PLUS ANCIENS PRISONNIERS POLITIQUES MAROCAINS"

 PRÉFACE
GILLES PERRAULT
POSTFACE
KHADIJA RYADI

 4ème de couverture :
"Marie-Jo Fressard est une militante française pour les droits humains. Elle a 11 ans, en 1944, quand les troupes alliées libèrent sa ville d’Alsace. Elle y fait la rencontre d'un tirailleur marocain, venu de si loin pour libérer la France. Il lui inspirera sa fascination pour le Maroc. En 1990, la lecture de « Notre ami le Roi » de Gilles Perrault la bouleverse. Sa vision du Maroc ne sera plus jamais la même. Elle décide d’agir. Elle vient en aide à Ahmed Chahid et Ahmed Chaïb, deux prisonniers
politiques marocains, condamnés à mort en 1983 pour « atteinte aux intérêts suprêmes de l’État marocain ».
Ils se trouvent depuis vingt ans derrière les barreaux quand Marie-Jo devient leur marraine.
Sa détermination fera changer bien des choses…"

COMMANDE :
France : mariejof05[at]gmail.com
Belgique : contact[at]antidote.be
Prix : 10 €
Sortie de presse prévue pour le 25 août 2015
WWW.ANTIDOTE.BE


ANTIDOTE est une maison d'édition belge sans but lucratif, créée et gérée par des militants bénévoles.

vendredi 9 novembre 2012

Le CNDH de Mohamed VI reconnaît « la torture et les traitements cruels dans la plupart des prisons marocaines » ... dans quel but ?

Photo : conférence de presse CNDH à Rabat

Du jamais vu. Et une gifle à tous ces fidèles défenseurs du régime marocain, qui n’arrêtent pas de nous assurer qu’au Maroc « rien n’est plus comme avant ». Le mardi 30 octobre 2012, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a démontré le contraire. Lors d’une conférence de presse à Rabat il a présenté son rapport choc, intitulé : “La crise des prisons, une responsabilité partagée : 100 recommandations pour la protection des droits des détenu(e)s”.

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH)
Le CNDH a été créé en mars 2011 par le roi Mohamed VI lui-même. Il en a nommé tous les membres. Après les manifestations de masse du Mouvement du 20 février, qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes, réclamant le respect des droits de l’homme, sa création avait été annoncée comme « une des réformes globales menée par la monarchie », voulant éviter ainsi une révolution à la tunisienne ou à l’égyptienne. Force est de constater que, depuis lors, cette « reforme globale » de la justice ou du système carcéral n’a jamais eu lieu.
Ces derniers mois, il y a eu pas moins de trois rapports officiels sur les conditions infernales qui persistent dans les prisons marocaines, et que le nouveau rapport du CNDH ne vient que confirmer.

Des rapports successifs..
photo : Juan Mendez à la conférence de presse à Rabat
En juillet 2012, un rapport sur la prison de Oukacha (Casablanca) de la Commission de la Justice, de la législation et des droits de l’Homme du parlement marocain, dénonçait les conditions carcérales constatées lors d’une visite d’inspection à cette prison : « 4 détenus enfermés dans une espace de 2 m² », « 7.572 prisonniers pour une capacité de 5800 détenus », « manque d’infrastructure de base », « absence des “conditions de santé adéquates », « qualité de la nourriture qui laisse à désirer ». Puis, il y a eu le rapport provisoire de Juan Mendez, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture en septembre et en octobre 2012 (http://www.freeali.eu/2012/10/17/torture-la-cooperation-judiciaire-avec-le-maroc-ne-peut-plus-continuer/). Suivi le 25 septembre d’une condamnation ferme de la pratique systématique de la torture au Maroc par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (http://www.freeali.eu/2012/10/17/torture-la-cooperation-judiciaire-avec-le-maroc-ne-peut-plus-continuer/)                                       
 
.. avec toujours le même constat.
 
Le rapport du CNDH se base sur des visites des membres du Conseil effectuées dans 15 établissements pénitentiaires durant la période allant du 31 janvier au 19 juin 2012. De ce rapport « un résumé exécutif du rapport sur la situation dans les prisons et des prisonniers » est disponible 1 Bien qu’il ne s ’agit que d’un résumé de 14 pages, l’image de la situation carcérale marocaine y apparaît dans toute sa clarté. On peut y lire que le Conseil « a voulu s’arrêterde manière objective et précise, sur les violations qui pourraient porter atteinte aux droits des détenu(e)s ». Chose nouvelle : il s’agit d’exactions commises par le personnel des prisons. Donc survenues après que ces détenus ont déjà subi les interrogations par la police ou la DST : « Ces violations (dans les prisons) se manifestent par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l’aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds (FALAQA), les gifles, les pincements à l’aide d’aiguilles, les brûlures, les coups de pied, le déshabillage forcé des détenus au vu et au su des autres prisonniers, les insultes et l’utilisation d’expressions malveillantes et dégradantes portant atteinte à la dignité humaine des détenus. Ces exactions ont été observées dans la plupart des prisons visitées avec une prévalence et une intensité qui diffèrent d’une prison à une autre, à l’exception des prisons d’Inezgane et de Dakhla où seuls des cas isolés ont été enregistrés. » (page 4).
On apprend aussi que dans la plupart des prisons « l’alimentation amenée par les familles est parfois refusée ou détruite (!); l’existence d’une pratique de punitions collectives; des transferts administratifs comme mesure disciplinaire… »
Le rapport insiste sur l’absence totale « de procédures et de mécanismes de contrôle, d’enquêtes au sujet des plaintes déposées à l’encontre du personnel, y compris le personnel sanitaire, ou au sujet des violations relatées par la presse et les associations. Il y a la « non effectivité du contrôle judiciaire » (page 5). En un mot : l’arbitraire et l’abus du pouvoir règnent dans les prisons marocaines.

Deux (!) libérations conditionnelles en 2011
Je prends à titre d’exemple quelques chiffres et données dans le résumé qui nous donnent une idée de la situation des prisons marocaines : « le pourcentage de détenus incarcérés pour trafic et/ou consommation de drogues s’élève à 37,25 % du nombre total de détenus ». C’est-à-dire que presque 1 sur 2 détenus est en prison pour des affaires de drogues. Dans les recommandations du Conseil, on peut lire qu’on doit « mettre à la disposition des détenus suffisamment de couvertures, de matelas et de vêtements » et qu’il faut « la distribution juste et équitable des couvertures à l’ensemble des détenu(e)s sans exception. » (page 10). Ce qui veut dire qu’il y a des détenu(e)s qui n’en reçoivent tout simplement pas. A signaler aussi : la nourriture qui est insuffisante, pas de qualité ou trop chère dans les cantines; les soins médicaux inexistants ou insuffisants. Aussi faut-il, dit le rapport : « équiper les parloirs de toutes les prisons en chaises et tables en vue d’améliorer les conditions d’accueil des familles. » (page 10). L’image humiliant de familles assises par terre n’a pas échappé au Conseil.
Et puis, il y a la surpopulation carcérale dramatique qui, selon le Conseil : « contribue à la survenance des violations graves qui touchent essentiellement les prestations, la santé, l’hygiène, l’alimentation et la sécurité d’un côté et la réhabilitation des détenus d’un autre ». (page 7).
Pour le Conseil les raisons de la surpopulation sont les suivantes : « Le surpeuplement est dû en grande partie à la détention provisoire qui concerne 80% des détenus, au retard enregistré dans le jugement des affaires, à la non-application de la liberté conditionnelle et à l’absence de normes objectives dans la procédure de Grâce ». En langage normal, on peut dire qu’au Maroc la prison est utilisée pour terroriser les pauvres et tous ceux qui dérangent. On peut vous mettre en prison à tout moment et pour tout en n’importe quoi. Si vous avez de la chance, vous bénéficierez d’une peine avec sursis ou un non lieu ou serez reconnu innocents, à moins de bénéficier d’une Grâce Royale, accordée de manière aussi arbitraire que les arrestations. « Chaque année des milliers (!) de personnes incarcérées bénéficient d’un non-lieu, sont acquittées ou condamnées à des peines avec sursis » (page 11). S’ajoute à cela, la non-application de la libération conditionnelle, pourtant prévue par la loi. Ainsi, on ne compte que « deux libérations conditionnelles en 2011 ». (page 4) La libération conditionnelle « est refusée à la majorité des demandes formulées. » Pourtant, parmi ceux qui auraient pu en bénéficier en 2011, se trouvaient « 17939 détenus qui ont purgé les deux-tiers de leur peine, les personnes âgées, les 9228 condamné(e)s à moins de six mois et les personnes atteintes de maladies chroniques » (page 11) 

Les femmes détenues et leurs enfants.
Les femmes détenues : « .. pâtissent davantage… de traitements cruels et comportements dégradants (insultes, humiliations), aussi bien dans les postes de police qu’en prison .» (page 6). Le Conseil constate « (…) l’exiguïté de l’espace », réservé à ces femmes dans « plusieurs prisons, l’absence de crèches et de moyens de divertissement pour ces enfants … Dans les cas où les crèches existent, elles ne sont pas équipées. A l’expiration du délai, qui leur est accordé pour garder leurs enfants, et en l’absence des proches ou devant leur refus de les prendre en charge, les détenues sont contraintes de les abandonner à des tiers qui les exploitent dans certains cas dans la mendicité ou les placent dans des orphelinats ». « Les détenues incarcérées pour des affaires de moeurs sont particulièrement visées par certaines surveillantes ». (page 6)
Les mineurs.
Au Maroc on peut être mis en prison à partir de 12 ans. Le Conseil propose d’élever cet age à 15 ans. Et de commencer à prendre des mesures pour remédier à : “la non existence d’une police des mineurs et de lieux de garde à vue ad hoc, la non existence de substituts du procureur du Roi spécialisés dans la justice des mineurs, le manque de moyens humains et matériels à même de garantir qu’aucun préjudice ne soit causé aux mineurs en garde à vue ou la non information des parents dans certains cas des dispositions prises.

100 recommandations, mais aucune sanction.
Le rapport dénonce aussi le racisme et l’isolement total dont sont victimes les détenus étrangers de la part des autres détenus et du personnel « à cause de leur couleur ». Souvent personne n’est mise au courant de leur présence en prison.
Mais après tout cela, on se demande à quoi va servir ce rapport ? Quelle sera la suite ? Bien qu’il ose dénoncer des situations accablantes dans le monde carcéral, il y a des raisons d’être particulièrement méfiant par rapport à la suite de ce rapport du CNDH.
 S’agit-il d’une nouvelle manœuvre du régime pour prouver à l’opinion publique et internationale « qu’il y a un esprit d’ouverture  au Maroc», que le Maroc « travaille au changement positif », « qu’il est en train de développer une culture de respect des droits de l’homme en vue de l’élimination de la torture dans un futur proche» ? Bref, ce rapport sera -t-il l’occasion pour répéter les formules et les promesses qu’on entend depuis trop longtemps? Et qui pourraient ouvrir au Maroc la porte au Comité des droits de l’homme de l’ONU pour y occuper un siège permanent, que le Maroc veut obtenir à tout prix. 
Le rapport fait état de tout…
Sauf des prisonniers politiques et de leur torture systématique, surtout quand il s’agit de « terrorisme » et de la « sécurité nationale ». Comment ne pas mentionner l’état dans lequel ces détenus, comme Ali Aarrass et tant d’autres, arrivent en prison, après leur passage par les mains de la DST et la brigade BNPJ ? Comment nier qu’il n’y a aucune reconnaissance de ces faits, pas de suite aux plaintes des torturés, pas d’examens médicaux impartiaux et objectifs.., comme le dit Juan Mendez ?
Le rapport parle du « personnel » dans les prisons, responsable pour les tortures. Une demande de démission immédiate et de punition par la justice de ses auteurs ne se retrouve pas parmi les 100 recommandations. Le rapport évite aussi soigneusement de citer ne fût-ce qu’un des responsables au plus haut niveau, qui portent pourtant la responsabilité finale pour la torture. Or, sans nettoyer à fond le sommet de l’appareil de l’état, toute idée de changement restera une illusion.
Le Conseil se limite dans sa « conclusion générale » à la nécessité « d’accélérer le processus de ratification du protocole facultatif à la Convention internationale contre la torture », «de la mise sur pied d’un mécanisme national et indépendant pour la prévention de la torture », et « de l’élaboration un plan d’action pour l’éradication de la torture ». Mais la torture n’est-elle pas déjà considérée comme un crime dans la nouvelle constitution marocaine sans que cela a changé quoi que ce soit?
Quand on fait 100 recommandations, c’est souvent pour noyer le poisson. Donnez-nous cinq recommandations et surtout cinq mesures concrètes qui visent l’essentiel, au lieu de 100 qui parlent de tout et de rien, et qui permettront de dire, en 2013, qu’on a quand même obtenu quelque chose (une crèche par ici, un matelas par là), sans toucher au cœur du problème. 
Réclamer la punition des responsables serait un signe clair. Exiger la libération immédiate des prisonniers politiques et de toutes les victimes de la torture, avant et pendant leur incarcération, en serait un autre.

http://www.lesechos.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=26889:rapport-cndh-la-crise-des-prisons&catid=22:documents-utiles
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Driss El Yazami, président du CNDH
Les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du Maroc surpeuplées. Tel est le triste constat dressé à l'issue de visites de terrain par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), dans un rapport intitulé "La crise dans les prisons, une responsabilité partagée", rendu public à Rabat, mardi 30 octobre. Souvent dénoncées par les militants des droits de l'homme, et notamment par l'Observatoire marocain des prisons, ces violations sont cette fois reconnues par un organisme officiel, présidé par Driss El Yazami, et dont tous les membres ont été nommés par le roi Mohammed VI.
(...)
La publication du rapport de la CNDH intervient alors que 76 Européens, Français, Belges ou Espagnols - possédant pour nombre d'entre eux la double nationalité - emprisonnés au Maroc, ont commencé le 22 octobre une grève de la faim pour protester contre les actes de torture et les procès inéquitables dont ils estiment avoir été victimes, et pour s’élever face à l’absence d’assistance de leurs gouvernements respectifs.
L’ACAT-France (Action des chrétiens contre la torture), qui soutient leur initiative, a annoncé avoir saisi le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture pour deux de ces grévistes, Adil Lamtalsi, producteur de cinéma, et Moustapha Naïm, animateur social. Ces deux Franco-marocains, détenus à la prison de Salé, près de Rabat, ont été condamnés pour des crimes de droit commun. Leurs récits sont similaires, dénonce l'ACAT dans un communiqué : "plusieurs jours de sévices au centre de détention secret de Temara, aux mains de la Direction générale de la surveillance du territoire, des aveux signés sous la contrainte, des magistrats complices et des plaintes pour torture restées lettre morte".
Le 11 septembre, le CNDH avait déjà établi un constat critique sur la situation dans les hôpitaux psychiatriques, la qualifiant "d'archaïque et inadaptée".
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Le CNDH et à sa tête Driss El Yazami connaissent cette situation (ou devraient la connaître) depuis, mars 2011... Ils n'ont cessé de chanter les louanges de l'exemplaire "nouvelle" constitution...Pourquoi cette tardive réaction  un an et demi après ? Gênés par tous les rapports accablants qui dénoncent les violations des ddH ? Manoeuvre pour prendre les devants pour que la situation des principales victimes, les prisonniers politiques, les jeunes du M20F, non cités,  continuent à être passés sous silence ?(ndlr)

mercredi 4 janvier 2012

Cri des prisonniers politiques marocains d'hier et de toujours

Par L'Homme de Demain , 3/1/2012
(...) Voici un message de la part des exilés dans leur pays qui est destiné à tous ceux parmi les gens qu’il atteindra, qui est destiné à toute personne dotée de l’ouïe pour qu’elle soit témoin ainsi qu’à celui qui possède encore un petit quelque chose de sentiment humain en lui.

Ceci est notre cri et notre appel que nous envoyons de l'abîme profond, peut-être atteindront-ils les cœurs avant les oreilles. Nous vous l'envoyons après cinq mois d'obscurité, de tortures et d’exil forcé. Ceci a été comploté par ceux qui ont cru que nous nous tairions à jamais et que la nuit couvrira leurs injustices de ses ténèbres de sorte qu’elles ne soient pas révélées. De même qu’ils considèrent que leurs victimes ne constituent que la lie du peuple qui ne peut faire entendre ni sa voix, ni les injustices qu’elles subies à sa Ummah : mais vous vous trompez ! Vous vous trompez !

Par où commencer ?

La feuille de papier toilette, que nous avons durement acquise, sera-t-elle suffisante pour écrire cette lettre ? Ou bien est-ce ce mélange d’encre « tazmâmârtiya », composée de sauce et de café qui sera suffisant pour vous décrire ne serait-ce qu’une petite partie de nos souffrances ? Ceci bien sûr si elle est destinée à survivre et à arriver à destination de ceux qui se soucieront de ce cas.

Est-ce qu’on commence par le début du complot quant à la répression des prisonniers de Salé ? Ceci a été réalisé dans l’intérêt de qui ? Sous la supervision de qui ? Et pourquoi toute cette cruauté et toute cette laideur dans la vengeance ?

Ou bien vous parlerons-nous du dépouillement intégral de nos vêtements ? Du fait que nous soyons fouettés ? De la machine de torture par laquelle les ongles tombent et par laquelle les orteils se brisent ? Ou bien vous raconterons-nous la tragédie des atteintes à la pudeur dans la journée du Ramadan à mettre des bâtons dans le dos ?

Ou vous ferons-nous la liste des interdictions qui commence par le Coran et qui se finit par la feuille, le stylo, le livre et la télé ?

Ou vous parler des larmes de nos enfants et de nos mères qui ne s’arrêtent pas tout au long des 15 minutes de visite derrière deux fenêtres ? Ou tu t’imagines alors que tu rentres dans la salle de visite, que tu es entré dans un zoo ou que tu te trouves devant les cages de Guantanamo ?

Ou vous raconter l’histoire de l’isolement qui entre dans son 6ème mois maintenant ?

Ou de l’attachement avec les menottes jusqu’au point de constater un état de pourriture au niveau des poignets et des chevilles – comme l’exemple de Hajîb ?

Ou vous raconter l’histoire du pillage de tous nos biens, de nos livres, de nos vêtements, de nos couvertures, de notre nourriture et de notre argent ?

Par où commencer ?? Et de quoi parler ??

Cette tragédie a besoin de dizaines de fichiers et de dossiers pour filmer ne serait-ce qu’une petite partie de ce qui se passe toujours au Maroc des libertés, au Maroc de la nouvelle Constitution.

Maroc : le Conseil National des droits de l’Homme fut le dernier qui nous a abandonné via son secrétaire général, As-Sabbâr.

A plusieurs reprises, il ne s’est même pas donné la peine de venir nous rendre visite dans ces deux prisons : Salé 2 et Tûlâl 2 afin de vérifier l’authenticité de ce qui se produit derrière les hauts murs de ces deux prisons en termes d’humiliation de la dignité humaine. Tout en sachant qu’il a assisté à des réunions d’échange (dialogue) qui n’ont abouti à rien et dans lesquelles il y avait des manquements. Ces réunions ont été abandonnées suite aux événements des 16 et 17 mai 2011.

Et si nous avions oublié cela, nous n‘oublierons jamais la choquante réplique d’As-Sabbâr lorsqu’un prisonnier dont le sang ruisselait de sa tête alla se plaindre à lui par ces termes : ils nous ont tirés dessus avec des balles réelles ! Puis le professeur As-Sabbâr lui répondit mot pour mot : est-ce que vous voulez qu’ils vous tapent avec du chocolat ? C’est vous qui devriez commander… [ton cynique].

C’est ainsi que nous nous sommes fait poignarder par celui de qui nous attendions énormément pour faire avancer notre dossier afin de l’informer de ses violations en sa qualité d’ancien avocat militant des droits de l’Homme. Il a à de très nombreuses reprises répété que sa première priorité est la création d’une politique de détente globale.

Voici donc la raison de notre appel qui est destiné à toutes les personnes libres et honnêtes.

A celui qui transmettra notre appel qu’il sache que cela fait partie de l’assistance, du secours des innocents parmi vos fils dans la religion, dans le pays et en humanité.

Une mention spéciale est faite à ceux qui s’occupent des droits de l’Homme : la coupe est pleine !

D’ici la prochaine lettre, nous disons à toutes les personnes qui nous ont soutenu dans nos successives souffrances : mille, mille, mille mercis !

Un dernier cas de souffrance (que nos frères subissent) : l’interdiction de s’inscrire aux cours durant l’année en cours.
homme-de-demain.over-blog.net