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mercredi 4 janvier 2012

Cri des prisonniers politiques marocains d'hier et de toujours

Par L'Homme de Demain , 3/1/2012
(...) Voici un message de la part des exilés dans leur pays qui est destiné à tous ceux parmi les gens qu’il atteindra, qui est destiné à toute personne dotée de l’ouïe pour qu’elle soit témoin ainsi qu’à celui qui possède encore un petit quelque chose de sentiment humain en lui.

Ceci est notre cri et notre appel que nous envoyons de l'abîme profond, peut-être atteindront-ils les cœurs avant les oreilles. Nous vous l'envoyons après cinq mois d'obscurité, de tortures et d’exil forcé. Ceci a été comploté par ceux qui ont cru que nous nous tairions à jamais et que la nuit couvrira leurs injustices de ses ténèbres de sorte qu’elles ne soient pas révélées. De même qu’ils considèrent que leurs victimes ne constituent que la lie du peuple qui ne peut faire entendre ni sa voix, ni les injustices qu’elles subies à sa Ummah : mais vous vous trompez ! Vous vous trompez !

Par où commencer ?

La feuille de papier toilette, que nous avons durement acquise, sera-t-elle suffisante pour écrire cette lettre ? Ou bien est-ce ce mélange d’encre « tazmâmârtiya », composée de sauce et de café qui sera suffisant pour vous décrire ne serait-ce qu’une petite partie de nos souffrances ? Ceci bien sûr si elle est destinée à survivre et à arriver à destination de ceux qui se soucieront de ce cas.

Est-ce qu’on commence par le début du complot quant à la répression des prisonniers de Salé ? Ceci a été réalisé dans l’intérêt de qui ? Sous la supervision de qui ? Et pourquoi toute cette cruauté et toute cette laideur dans la vengeance ?

Ou bien vous parlerons-nous du dépouillement intégral de nos vêtements ? Du fait que nous soyons fouettés ? De la machine de torture par laquelle les ongles tombent et par laquelle les orteils se brisent ? Ou bien vous raconterons-nous la tragédie des atteintes à la pudeur dans la journée du Ramadan à mettre des bâtons dans le dos ?

Ou vous ferons-nous la liste des interdictions qui commence par le Coran et qui se finit par la feuille, le stylo, le livre et la télé ?

Ou vous parler des larmes de nos enfants et de nos mères qui ne s’arrêtent pas tout au long des 15 minutes de visite derrière deux fenêtres ? Ou tu t’imagines alors que tu rentres dans la salle de visite, que tu es entré dans un zoo ou que tu te trouves devant les cages de Guantanamo ?

Ou vous raconter l’histoire de l’isolement qui entre dans son 6ème mois maintenant ?

Ou de l’attachement avec les menottes jusqu’au point de constater un état de pourriture au niveau des poignets et des chevilles – comme l’exemple de Hajîb ?

Ou vous raconter l’histoire du pillage de tous nos biens, de nos livres, de nos vêtements, de nos couvertures, de notre nourriture et de notre argent ?

Par où commencer ?? Et de quoi parler ??

Cette tragédie a besoin de dizaines de fichiers et de dossiers pour filmer ne serait-ce qu’une petite partie de ce qui se passe toujours au Maroc des libertés, au Maroc de la nouvelle Constitution.

Maroc : le Conseil National des droits de l’Homme fut le dernier qui nous a abandonné via son secrétaire général, As-Sabbâr.

A plusieurs reprises, il ne s’est même pas donné la peine de venir nous rendre visite dans ces deux prisons : Salé 2 et Tûlâl 2 afin de vérifier l’authenticité de ce qui se produit derrière les hauts murs de ces deux prisons en termes d’humiliation de la dignité humaine. Tout en sachant qu’il a assisté à des réunions d’échange (dialogue) qui n’ont abouti à rien et dans lesquelles il y avait des manquements. Ces réunions ont été abandonnées suite aux événements des 16 et 17 mai 2011.

Et si nous avions oublié cela, nous n‘oublierons jamais la choquante réplique d’As-Sabbâr lorsqu’un prisonnier dont le sang ruisselait de sa tête alla se plaindre à lui par ces termes : ils nous ont tirés dessus avec des balles réelles ! Puis le professeur As-Sabbâr lui répondit mot pour mot : est-ce que vous voulez qu’ils vous tapent avec du chocolat ? C’est vous qui devriez commander… [ton cynique].

C’est ainsi que nous nous sommes fait poignarder par celui de qui nous attendions énormément pour faire avancer notre dossier afin de l’informer de ses violations en sa qualité d’ancien avocat militant des droits de l’Homme. Il a à de très nombreuses reprises répété que sa première priorité est la création d’une politique de détente globale.

Voici donc la raison de notre appel qui est destiné à toutes les personnes libres et honnêtes.

A celui qui transmettra notre appel qu’il sache que cela fait partie de l’assistance, du secours des innocents parmi vos fils dans la religion, dans le pays et en humanité.

Une mention spéciale est faite à ceux qui s’occupent des droits de l’Homme : la coupe est pleine !

D’ici la prochaine lettre, nous disons à toutes les personnes qui nous ont soutenu dans nos successives souffrances : mille, mille, mille mercis !

Un dernier cas de souffrance (que nos frères subissent) : l’interdiction de s’inscrire aux cours durant l’année en cours.
homme-de-demain.over-blog.net

lundi 2 janvier 2012

Une photo, une lettre pour aider les familles des prisonniers politiques sahraouis


Citoyens citoyennes du monde, militants militantes, observateurs, associations, collectivités, institutions, artistes, amis du peuple sahraoui,
à l'heure où le monde regarde l'année 2011 comme celle d'un monde en lutte, n'oublions pas qu'un peuple opprimé depuis 36 ans, meurtri par un occupant marocain, se bat toujours pour exister, être reconnu du monde dans cette petite partie d'Afrique du Nord appelée le Sahara Occidental, le dernier pays d'Afrique à décoloniser.

Ce combat pour l'indépendance du peuple sahraoui est le combat de tous ceux qui se battent contre l'oppression, pour la paix, les droits de l'homme, mais plus que jamais il a un sens pour nous Français, quand le seul maillon qui retient cette injustice internationale vient de notre gouvernement enlacé dans ses liens économiques et historiques avec l'occupant.

Octobre 2010, un gigantesque campement à Laâyoune la capitale su Sahara Occidental occupé, de 20 000 Sahraouis sous 8000 tentes revenant au désert, leur terre mère, pour revendiquer leurs droits élémentaires. Un démantèlement violent de l'armée marocaine, 450 prisonniers torturés et encore 22 prisonniers, militants des droits de l'homme qui croupissent dans les geôles marocaines sans inculpation ni procès à Salé... Ce sont les premiers indignés et nous ne pouvons les oublier.

Proportionnellement, imaginez 1,5 millions d'indignés français former un campement aux abords de Paris! Que ferions-nous ?

Nous ne pouvons accepter. Nous nous devons de réagir, les moyens de se battre existent. C'est donc en appui à la campagne "Ecrire pour les libérer"*  que les associations AARASD et CORELSO se sont associées avec TotasproD (mouvement indépendant de créations d'outils de communications pour les peuples en lutte) pour vous proposer des images inédites du campement pacifique de Gdeym Izik, naissance du vent de révolte dans le monde arabe, événement historique dans la lutte du peuple sahraoui pour son droit inaliénable à l'autodétermination.

Ces 22 photographies inédites sont à la vente, pour ne pas oublier, et pour soutenir.

Acheter ces photos, c'est 50% du prix d'achat qui va au soutien des prisonniers attendant un jugement à croupir en prison dans des conditions intolérables, c'est participer à la dénonciation des aberrations du gouvernement marocain.

- Les familles des prisonniers ont loué un appartement à coté de la prison, à 1000 km de chez eux pour être présentes aux quelques minutes de visites permises par semaine, aidons- les.
- Des militants des droits de l'homme doivent voyager sur divers événements et rencontres pour crier leurs droits, aidons- les.Des militants pour la lutte du peuple sahraoui mènent des campagnes de communication menées dans divers pays, aidons les.

Acheter une photo est plus qu'un acte de soutien, vous posséderez également une pièce unique de qualité, car chaque photo est limitée à 20 tirages, numérotée et poinçonnée avec son certificat de vente, signée par le photographe sous le process de Digigraphie.

Lien vers les photos : http://bit.ly/tUGDHL

L'AARASD, le CORELSO et TotasproD.

TotasproD s’est associé avec les associations AARASD et CORELSO pour vous proposer des images inédites du campement pacifique de Gdeym Izik, naissance du vent de révolte dans le monde arabe, événement historique dans la lutte du peuple sahraoui pour son droit inaliénable à l'autodétermination.
TotaproD est un mouvement indépendant de créations d'outils de communication pour les peuples en lutte.
Deux militants ont eu l’opportunité de rentrer dans le campement de la dignité de Gdeym Izik en Octobre 2010. Leurs images et films ont pu alerter les médias français et espagnols de la situation dramatique du peuple sahraoui mobilisé pacifiquement quand tout media national ou international était refoulé par l’armée marocaine. Ces 22 clichés sont donc les rares témoins de ce que fut le symbolique campement de Gdeim Izik.
Les photographies ont reçu le prix DÉCOUVERTE au festival international de photojournalisme de Perpignan VISA OFF 2011, et font l’objet aujourd’hui d’une « exposition mobile » sous une tente traditionnelle, dans le cadre de campagnes de sensibilisation en France sur le conflit au Sahara Occidental.


"Un peuple uni ne sera jamais vaincu"