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lundi 20 mars 2017

Témoignage de torture barbare du prisonnier Houcein Zawi

Barbara Weingartner
"la raison de notre désir de liberté, c' est la prison"


Au quatrième jour le premier accusé à témoigner devant le tribunal était Houcein Zawi qui a réaffirmé son innocence et son statut de prisonnier politique. Il a refusé de répondre à toute question avant qu'on lui permette de montrer des marques de torture et de raconter sa souffrance. 
" J'ai été torturé pendant des jours, violé, battu, on m'a arraché les ongles des pieds et des mains, ils m'ont cassé le bras et j'ai passé des jours sans manger ni boire ! Ils m'ont emmené dans une couverture jusqu'à l'endroit où ils m'ont forcé à signer avec une Impression numérique. ... Je ne connais ni le contenu d'aucune déclaration ni d'aucun aveu, personne ne me lit rien ou ne m'informe de mes droits ! La richesse du Maroc provient du pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental !... Ils m'ont arrêté à laâyoune, au Sahara occidental "




Zawi a dénoncé les noms de tous les tortionnaires qu'il a été capable d'identifier.
Lire le témoignage complet :
http://porunsaharalibre.org/2017/03/reiniciou-se-3a-sessao-do-julgamento-gdeim-izik/

dimanche 28 février 2016

Les militants sahraouis cibles de la répression marocaine en 2015 selon AI

Londres, 24 fev 2016 (SPS)

 Les militants sahraouis des droits de l’Homme ont continué d’être la "cible de la répression" durant l’année 2015, par les autorités marocaines qui ont "souvent utilisé une force excessive", a affirmé le rapport 2015/2016 d’Amnesty International, rendu public mercredi.

"Les militants sahraouis qui prônaient l’autodétermination du Sahara Occidental et dénonçaient les atteintes aux droits humains continuaient d’être la cible de répression par le Maroc", a rapporté l’ONG.

Pour preuve, Amnesty International souligne que les autorités marocaines ont "dispersé les manifestations, en utilisant souvent une force excessive, et ont engagé des poursuites pénales contre les protestataires".

Le rapport indique, à cet égard, que des prisonniers sahraouis ont observé des grèves de la faim pour protester contre la torture et les mauvais traitements.

Il est également relevé que les autorités marocaines ont "restreint l’accès au Sahara Occidental occupé des journalistes, défenseurs des droits humains et militants étrangers" et que  "certains se sont vu refuser l’entrée sur le territoire et d’autres ont été expulsés".

Par ailleurs, le rapport note que plus de deux ans après son arrestation, Mbarek Daoudi, un militant pour l’autodétermination du Sahara Occidental, a été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement pour "possession de munitions sans permis et tentative de fabrication d’arme".

Des chefs d’accusation "apparemment motivés par des considérations politiques", relève l’organisation.

Amnesty rappelle qu’après son arrestation en septembre 2013, les policiers qui l’interrogeaient l’avaient "contraint sous la torture à signer une déclaration le mettant en cause".

Le cas de Hamza Ljoumai, condamné en décembre à deux ans d’emprisonnement après avoir participé à une manifestation en faveur de l’autodétermination en 2013, a également été cité.

Amnesty rapporte que ce militant Sahraoui a déclaré que des policiers l’avaient torturé pendant sa garde à vue et l'avaient forcé à signer un procès-verbal d’interrogatoire qu’il n’avait pas été autorisé à lire.

D’autres victimes de "violations graves" des droits de l’homme ont été mentionnées dans le rapport, de même que les "restrictions" imposées à des organisations Sahraouies des droits de l’homme, à l’image de l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’homme commises par l’Etat marocain (ASVDH).

L'ONG a en outre relevé qu’en avril, le Conseil de sécurité des Nations Unies a renouvelé pour un an le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), mais "une fois encore sans y ajouter de mécanisme de surveillance de la situation des droits humains". (SPS)

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jeudi 24 septembre 2015

Arabie saoudite: âgé de 21 ans, le neveu d'un opposant va être décapité et crucifié




Ali Mohammed al-Nimr, 21 ans, sera exécuté jeudi, en Arabie Saoudite.

Ali Mohammed al-Nimr, 21 ans, sera exécuté jeudi, en Arabie Saoudite. - Capture d'écran Twitter - montag

Arrêté en 2012, alors qu'il était encore mineur, pour avoir participé à une manifestation contre le pouvoir de Riyad, Ali Mohammed al-Nimr, aujourd'hui 21 ans, sera exécuté jeudi. 

jeudi 27 février 2014

Dépôt de plaintes pour la torture de Naama Asfari et incident diplomatique entre le Maroc et la France

Dépôt de plaintes pour la torture de Naama Asfari et incident diplomatique entre le Maroc et la France


Naama Asfari interviewé dans le camp de protestation de Gdeim Izik, juste avant son arrestation. Crédit photo : Totasprod / Anthony jeanNaama Asfari interviewé dans le camp de protestation de Gdeim Izik, juste avant son arrestation.
Crédit photo : Totasprod / Anthony jean 

Jeudi 20 février, deux plaintes ont été déposées pour la torture du militant sahraoui Naama Asfari, en prison à Rabat depuis novembre 2010 et condamné à une peine de 30 ans il y a tout juste un an par un tribunal militaire. Parmi les deux plaintes, une a été déposée auprès de la justice française. Une première.
(Article actualisé le 23 février 2014)
« L’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) et l’avocat Joseph Breham ont déposé le 20 février deux plaintes pour que la lumière soit faite sur les tortures subies par Naama Asfari, défenseur des droits de l’homme et militant pour l’autodétermination du Sahara occidental, condamné en 2013 à 30 ans de détention par la justice militaire marocaine sur la base d’aveux signés sous la torture« , pouvait-on lire dans le communiqué de presse.
Une plainte a été déposée auprès du Comité contre la torture de l’ONU contre le Maroc pour les sévices subis par Naama Asfari, la prise en compte des aveux forcés par le juge militaire et l’absence d’enquête malgré la réitération de ses allégations de torture. Naama Asfari et son épouse française, Claude Mangin, ont aussi adressé une plainte pénale au doyen des juges d’instruction de Paris. L’ACAT s’est constitué partie civile aux côtés des victimes.
Objectif : obtenir une condamnation
« Nous devons attendre plusieurs semaines pour connaître la décision de la doyenne des juges d’instruction en ce qui concerne la recevabilité de la plainte déposée en France, a expliqué à Nouvellesdusahara.fr Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT. Compte tenu du fait que l’épouse de Naama Asfari est une victime indirecte dans cette affaire et que l’ACAT est habilitée à se porter partie civile, nous espérons que la doyenne déclarera que la justice est compétente à instruire la plainte et chargera un juge d’instruction de mener cette instruction. Maintenant, nous sommes conscients que la demande d’aide adressée par la justice française à la justice marocaine n’aura pas de grands espoirs d’être acceptée. Dans ces conditions, à défaut d’avoir une aide et par conséquent, une arrestation, nous pourrons obtenir une condamnation et un mandat d’arrêt international comme dans le cas d’un tortionnaire tunisien. »
Selon Maître Joseph Breham, avocat de Naama Asfari et de son épouse, « la plainte déposée en France doit amener la justice française à identifier les auteurs et donneurs d’ordre des tortures fréquemment infligées aux militants sahraouis. Actuellement, l’État de droit est tel au Maroc qu’une telle enquête n’y est pas possible. »
L’autre plainte déposée auprès du Comité contre la torture de l’ONU engage la responsabilité du Maroc. Le royaume chérifien est le seul pays du Maghreb et du Moyen-Orient, avec la Tunisie, à reconnaître la compétence de cette instance, ce qui permet donc à l’ACAT de porter des plaintes auprès de cet organe semi-juridictionnel.
« Une condamnation par le Comité contre la torture serait un premier pas significatif dans la lutte contre l’impunité et encouragerait les autres victimes sahraouies et marocaines à porter plainte devant l’ONU, jusqu’à ce que la justice marocaine décide de rendre justice elle-même », souligne Hélène Legeay.
Une pratique de la torture dénoncée
Nouvellesdusahara.fr a déjà eu l’occasion de traiter des allégations de torture. Le 2 octobre 2012 par exemple, un article citait  le Rapporteur spécial sur la torture, Juan Mendez qui a expliqué à l’issue d’une visite au Maroc et au Sahara occidental effectuée du 15 au 22 septembre 2012 :
«On observe une augmentation du nombre d’actes de torture et des mauvais traitements lors de l’arrestation et de la détention».
Concernant Naama Asfari, retrouvez l’interview vidéo de Claude Mangin réalisée le 23 mars 2012 par Nouvellesdusahara.fr, racontant le parcours de son mari, les conditions de son arrestation et de sa détention depuis le 8 novembre 2010 et ses commentaires sur la stratégie menée par le Maroc pour «étêter» le mouvement associatif sahraoui :

« Nous avons relevé que Naama Asfari a, à de multiples occasions, dénoncé les actes de torture qu’il a subis depuis son arrestation le 7 novembre 2010« , souligne Hélène Legeay de l’ACAT.

Un responsable marocain en ligne de mire…
Rebondissement, le 20 février, l’ACAT demandait aux autorités françaises l’interpellation du directeur du service du contre-espionnage marocain (DGST) actuellement en visite en France, Abdellatif Hammouchi. Ce dernier était bien sur le territoire français comme cela a été confirmé à l’AFP en soirée hier, pour accompagner le ministre de l’Intérieur du Maroc. L’association accuse M. Abdellatif Hammouchi de complicité de torture au Maroc, notamment pour le cas de Naama Asfari.
L’autre plainte qui vise le patron du contre-espionnage concerne Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, arrêté en octobre 2008 près de Tanger, torturé pendant trois jours à Temara avant qu’on ne l’oblige selon lui à signer des aveux, puis transféré en France pour purger sa peine de dix ans. Cette plainte a donné lieu à l’ouverture fin 2013 d’une information judiciaire à Paris.
Dans son point d’information datée du 23 février, l’Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM) a donné des précisions sur cette réaction :
« Ces plaintes ont fait réagir l’ambassade marocaine et le ministère marocain des Affaires étrangères en convoquant l’ambassadeur français à Rabat pour lui signifier que « la violation des règles et usages diplomatiques universels et le non-respect des conventions entre les deux pays suscitent de nombreuses interrogations sur les motivations réelles de cette affaire et ses véritables commanditaires. » Une façon de faire jouer les relations diplomatiques pour sacrifier la nécessité de lutter contre la torture sur son autel. »
Hélène Legeay a expliqué le 22 février sur RFI que :
« On a demandé son audition jeudi dernier alors qu’il était présent sur le territoire français en tant que directeur de la DST et non pas en tant qu’exécutant des actes de tortures reprochés. […] Les trois (personnes, ndlr) allèguent avoir été interrogées et torturées avec la complicité ou en présence d’agents de la DST. Donc, c’est à ce titre-là qu’on souhaiterait que monsieur Hammouchi soit entendu par la justice française. »

mercredi 5 février 2014

Ali Aarrass et binationalité : Le Ministre Reynders persiste à refuser l’assistance consulaire

Ali Aarrass et binationalité : « Quand on veut manger à tous les râteliers » sermonne De Donnea (MR).

Le Ministre Reynders persiste à refuser l’assistance consulaire, invoquant une fois de plus la Convention de La Haye que le Maroc n’a pas signé ! « La Belgique comptant des centaines de milliers de ressortissants ayant une double nationalité ne souhaite pas créer de précédent. » Binationaux vous voilà prévenus…
05 Question de Mme Zoé Genot au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes sur "la protection diplomatique d’un citoyen belgo-marocain" (n° 17710)

05.01 Zoé Genot (Ecolo-Groen) : Monsieur le président, monsieur le ministre, nous avons déjà évoqué cette situation plusieurs fois. Ma question date de mai 2013 mais elle est malheureusement toujours d’actualité.
Permettez-moi de vous interroger à nouveau sur la situation de ce citoyen belgo-marocain extradé en décembre 2010 d’Espagne vers le Maroc, contre l’avis du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU.
  Ce ressortissant belge aurait été victime de torture, n’aurait pas eu droit à un procès équitable et a été condamné à douze ans de prison ferme, sur base d’aveux qui auraient été obtenus sous la torture et rédigés dans une langue qu’il ne maîtrise pas.
Les tortures subies au Maroc ont été attestées par le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans un rapport daté du 14 décembre 2012. La situation de ce jeune a empiré. Depuis la visite du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, il a été harcelé et isolé. Ses proches n’ont plus eu de nouvelles pendant certaines périodes.
De plus, la plainte pour torture déposée par ce prisonnier belge n’a fait l’objet d’aucune enquête approfondie, indépendante et impartiale. Après avoir été classée sans suite, l’enquête menée par le procureur du Roi a été mystérieusement réactivée et a duré seulement deux jours. Ceci afin, semble-t-il, de permettre au Maroc de dire au Comité contre la torture des Nations unies qu’une enquête avait bien été menée.
Toutefois, des médecins anglais et marocains, experts en matière d’évaluation des séquelles de la torture, ont affirmé que l’expertise déposée par le Maroc était totalement bâclée et non conforme aux standards internationaux les plus élémentaires. Quant à la plainte avec constitution de partie civile introduite par notre ressortissant, elle a été déclarée irrecevable parce que les auteurs de torture n’ont pas été directement nommés. Ce qui est bien évidemment impossible pour ce ressortissant belge, victime de coups par des agents de l’État marocains qui ne se sont pas identifiés préalablement.
La situation de ce citoyen belgo-marocain demeure, en outre, préoccupante car il ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin, il continue à faire l’objet de menaces directes et de traitements inhumains et dégradants (intervention de personnes cagoulées dans sa cellule, mise à nu, menaces d’extraction vers un lieu inconnu, etc.). Tout cela est totalement contraire à la Convention contre la torture des Nations unies, pourtant ratifiée par le Maroc.
Dans votre réponse à ma question orale posée le 7 mars 2012 en commission, ainsi que dans votre réponse à mon courrier daté du 12 avril 2013, vous invoquez la Convention de La Haye du 12 avril 1930, signée par la Belgique, pour ne pas octroyer d’assistance consulaire à ce ressortissant belgo-marocain.
Monsieur le ministre, comme le Maroc n’est pas signataire de cette Convention, pourriez-vous indiquer en vertu de quelle norme juridique la Belgique serait liée à l’égard de l’État marocain quant à sa non-intervention consulaire à l’égard d’un de ses ressortissants, victime de traitements contraires à des règles de jus cogens, comme l’est l’interdiction absolue de la torture ?
Tout en admettant que le Maroc pourrait refuser de donner suite à une demande de la Belgique, pourriez-vous demander à notre ambassade au Maroc d’effectuer une visite à ce ressortissant en prison et de lui apporter l’assistance consulaire nécessaire ?

05.02 Didier Reynders, ministre : Monsieur le président, chère collègue, la réponse reste la même sur l’assistance consulaire : non. Mais, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, nous avons pris, j’ai pris personnellement contact avec mon collègue marocain pour des démarches humanitaires en fonction des éléments qui étaient invoqués. Ces démarches ont eu lieu.
Je rappelle qu’en signant la Convention de La Haye du 12 avril 1930, la Belgique a comme beaucoup d’autres pays marqué sa volonté de ne pas accepter d’intervention consulaire étrangère sur le sol belge pour des ressortissants belges possédant une double nationalité. En effet, la coutume internationale veut que la souveraineté nationale soit respectée en cette matière.
C’est la réponse qui est fournie à chaque ambassade étrangère qui tente d’intervenir auprès de mes services pour un ressortissant belge sur le territoire belge. En général, ces tentatives d’intervention n’ont lieu que lorsque l’ambassade étrangère n’est pas au courant de l’acquisition de la nationalité belge par son ressortissant.
La Belgique, comptant des centaines de milliers de ressortissants ayant une double nationalité, ne souhaite pas créer de précédent en cette matière. Les pays auxquels nos ambassades exigeraient un droit d’assistance consulaire envers des bipatrides pourraient en effet invoquer la réciprocité sur le territoire belge.
Nous nous en tenons à cette interprétation. Cela n’empêche en rien, je le répète, des interventions dans un autre cadre humanitaire, mais non dans le cadre de la protection consulaire.

05.03 Zoé Genot (Ecolo-Groen) : Monsieur le président, monsieur le ministre, je ne comprends pas : comment peut-on invoquer une convention avec un pays qui ne l’a pas signée ? Dans ce cas-ci, le Maroc n’a pas signé la Convention de La Haye ; il est donc inutile de l’invoquer.
De plus, vous répétez à plusieurs reprises ne jamais intervenir quand il s’agit de binationaux. Pourtant, j’ai dans la main une lettre signée de votre main, datée du 3 mai 2013, concernant M. Éric Kikunda, belgo-congolais. Vous y écrivez : "M. Kikunda possède la nationalité belge et bénéficie à ce titre de l’assistance consulaire. Notre équipe consulaire à Kinshasa lui a rendu visite à plusieurs reprises et veille à ce que ses conditions de détention soient les plus acceptables possible. Plusieurs démarches ont également été entreprises pour veiller à ce qu’il puisse bénéficier d’un procès équitable".
Je vous félicite donc pour votre attitude à l’égard de M. Kikunda ; c’est important que nos ressortissants, binationaux ou non, jouissent de conditions de détention convenables et de procès équitables, mais je suis très inquiète – je ne suis pas la seule – à voir les nombreux Belges d’origine marocaine qui se rendent chaque année au Maroc : ils vivent une véritable angoisse à l’idée de rencontrer un problème d’accident de roulage, de droit civil ou pénal, car la Belgique les laisserait sans aucune assistance consulaire.
C’est profondément regrettable et inquiétant, surtout qu’il s’agit d’un principe à géométrie variable pour vous.

05.04 Didier Reynders, ministre : Monsieur le président, je confirme ce que Mme Genot vient de dire. Certes, j’ai écrit une lettre parlant d’un citoyen belge, mais il n’a pas la double nationalité.

05.05 Zoé Genot (Ecolo-Groen) : (…)

05.06 Didier Reynders, ministre : Non, madame ! Si vous regardez la législation congolaise, vous verrez que ce n’est pas possible.

Le président : Quand on veut manger à tous les râteliers, on se casse parfois les dents ! Avoir trente-six nationalités n’est pas nécessairement un atout dans toutes les circonstances de la vie. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas respecter les droits humains.
[Chambre des représentants – Commission des Relations extérieures - Réunion du 29 janvier 2014 – Extrait du compte rendu intégral (CRIV 53 – COM 0913)]

vendredi 25 octobre 2013

La justice belge va blanchir Abdelkader Belliraj et devrait logiquement blanchir aussi Ali Aarrass

Par demainonline, 25/10/2013

Abdelkader Belliraj en 2009 (Photo DR)
Abdelkader Belliraj en 2009 (Photo DR)
Quand Abdelkader Belliraj a été arrêté au Maroc en 2008 et présenté comme un dangereux terroriste qui préparait des attentats, le juge antiterroriste marocain, Abdelkader Chentouf, avait transmis à ses homologues belges les « aveux » vu Belgo-Marocain concernant six assassinats non élucidés commis en Belgique entre 1986 et 1989.
Le juge Chentouf, ou plutôt les services secrets marocains, cherchaient ainsi à s’appuyer sur ces aveux pour noircir la figure de Belliraj et justifier son arrestation au Maroc et sa postérieure condamnation par la très expéditive cour antiterroriste de Salé.
Or, selon l’enquête menée par la justice belge, il n’est pas accrédité que les six crimes politiques aient été commis par Abdelkader Belliraj. Le parquet fédéral de Belgique s’apprête ainsi à demander le non-lieu dans cette affaire.
Le parquet fédéral va plus loin en demandant le non-lieu dans une autre enquête qui visait les supposées « activités terroristes » de Belliraj en Belgique.
Les deux enquêtes belges qui ont débuté en 2008 sont arrivées à la conclusion que les « aveux au Maroc de Belliraj, obtenus sous la torture » sont « inutilisables devant une cour d’assises belge », explique le quotidien La Libre Belgique.

Cette décision, si elle est finalement confirmée par la justice belge dans ses attendus du 10 décembre, est un véritable coup de massue sur la tête de la très servile justice marocaine dont les sentences sont souvent dictées par le cabinet du ministre de la justice qui lui-même se fait dicter ses ordres par le Palais pour les affaires sensibles.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27516
 http://www.demainonline.com/2013/10/25/la-justice-belge-va-blanchir-abdelkader-belliraj/
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 L'affaire Ali Aarrass est liée à l'affaire Belliraj .

Relire Le Vif » Belga Generique » 16/12/2010

Le belgo-marocain Ali Aarrass extradé vers le Maroc

(Belga) L'Espagne a extradé mercredi le Belgo-Marocain Ali Aarrass vers le Maroc, a annoncé son avocat, Christophe Marchand. Ali Aarrass est détenu en Espagne depuis avril 2008. Le Maroc soupçonne l'homme d'être impliqué dans la cellule terroriste du Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj.
Le Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies avait conseillé, en novembre dernier, à l'Espagne de ne pas extrader Ali Aarrass vers le Maroc. Maître Marchand est donc étonné de voir que l'Espagne n'a pas tenu compte de cette recommandation.
 Ali Aarrass avait été appréhendé en avril 2008 à Melilla, l'enclave espagnole au Maroc, en raison d'accusations du Maroc selon lesquelles l'intéressé serait impliqué dans la cellule terroriste d'Abdelkader Belliraj. Selon les autorités marocaines, Abdelkader Belliraj aurait lui-même expliqué qu'Ali Aarrass avait enrôlé de force des personnes dans des camps d'entraînement en Algérie. "Mais Belliraj a toujours affirmé que ces déclarations avaient été faites sous la torture", a souligné Maître Marchand. "Une enquête espagnole menée à ce sujet n'a par ailleurs fourni aucune preuve." Le gouvernement espagnol avait cependant quand même décidé d'extrader Ali Aarrass ainsi que l'hispano-marocain Mohamed El Bay. Les avocats de l'intéressé avaient donc fait appel au Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies qui avait déconseillé l'extradition. 
"La décision de l'Espagne d'extrader Ali Aarrass constitue une atteinte au droit humanitaire international et aux accords internationaux concernant les droits de l'homme", a déclaré son avocat. Ce dernier a menacé d'introduire des actions contre les autorités espagnoles et contre les autorités belges, taxant ces dernières d'immobilisme. (AUM)

DONC LIBEREZ BELLIRAJ ET ALI AARRASS !!!

lundi 15 avril 2013

Mohamed Dihani, militant sahraoui, condamné en appel à six ans de prison

AFPQC  |    Canada Quebec News, 15/4/2013
Un militant sahraoui, qui avait écopé de 10 ans de prison en première instance pour "conspiration en vue de commettre des actes terroristes", a vu sa peine réduite à six années d'emprisonnement en appel, ont indiqué lundi des responsables d'ONG.
Arrêté en 2010 à Laâyoune, la principale ville du Sahara occidental, Mohamed Dihani, 26 ans, avait été condamné à 10 ans de prison en octobre 2011.
Lundi, devant la cour d'appel de Rabat, il a de nouveau plaidé non coupable et réaffirmé avoir été contraint de signer des aveux, évoquant des actes de torture durant sa détention préventive, selon les mêmes sources.
Dans un communiqué, Amnesty International avait appelé dimanche les autorités marocaines à enquêter sur ces accusations.
Malgré le jugement moins sévère rendu en appel, "nous avons toujours quelqu'un en détention sur la base d'aveux ayant pu être obtenus sous la torture", a déclaré lundi à l'AFP Sirine Rached, représentante d'Amnesty au Maroc. "Pour nous, cela reste très problématique".
Contacté par l'AFP, le ministère de la Justice n'a pas souhaité commenter.
Le Sahara occidental est une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc, qui propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Ce plan est toutefois rejeté par les indépendantistes du Polisario, qui réclament un référendum d'autodétermination.
sma/gk/cco

samedi 23 février 2013

Lettre ouverte aux Evêques d'Algérie

Par Jean-François Debargue, Secrétaire Général de Caritas Algérie, 18/2/2013


Lettre ouverte aux Évêques d'Algérie
J'entends dire, à qui veut bien l'entendre, que le temps de carême est un temps de partage.
 Alors permettez-moi de partager avec vous la proximité d’une souffrance, à défaut de partager l'immense misère du monde.
 Permettez-moi de partager pendant quelques minutes de votre temps des  années passées dans les camps de réfugiés Sahraouis, dans cette partie du désert évitée des nomades, où cependant trois générations se partagent presque 40 ans d'exil.
Permettez que nous partagions  au moins pour information et par empathie ces conditions climatiques inimaginables si on ne les vit pas, ces maladies chroniques que les mesures alimentaires déséquilibrées d'urgence finissent par installer, cet espoir d'une solution pacifique et juridique qui s'amenuise d'années en années au point qu'il ne pourrait bientôt plus se partager ;
Et cette souffrance, sous leur fierté cachée, tant et si bien qu'elle a sans doute tant de mal pour cela, à être partagée.
Permettez que nous partagions l'injustice d’une centaine de  résolutions juridiques internationales admises mais non appliquées pour la libre détermination de leur avenir, mais également l'injustice de procès d'exceptions bafouant les mêmes résolutions et règles internationales et condamnant des militants des Droits de l'Homme de 20 ans de réclusion à perpétuité par des aveux signés de leurs empreintes, yeux bandés lorsqu'ils refusent de le faire par écrit sous la torture.
Et nous, à quel tribunal appartenons-nous pour condamner les enfants qui continuent de naître dans les camps ?
Pouvons-nous admettre et partager cette détermination de l'avenir d'un peuple?
Notre part offerte du partage n’est elle donc que cet assourdissant silence et cette lâcheté des « grands de ce monde », une part séparatrice comme ce mur et ce champ de mines qui divisent un même peuple ?
Nous avons divisé, colonisé, « dévelopillée » l’Afrique selon nos notions de partage et de profits confusément mêlées. Le Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique en est l’exemple. Aujourd’hui l’humanitaire tente de  réparer les conséquences de ces fautes quand il n’est pas instrumentalisé par ceux qui les commettent.
Faudra-t-il continuer d’échanger indifférence contre souffrance ou de partager solidarité et espoir ?
Permettez que nous partagions quelques instants d’un carême, non de 4O jours, mais de bientôt 40 années au désert.
 Mon amie Nuena, femme sahraouie, un jour m’a  dit : « Quand tu lis, tu oublies. Quand tu entends, tu oublies. Mais si tu vois, tu n 'oublies jamais ». C'est pourquoi vous êtes les bienvenus au milieu du peuple Sahraoui, invités à découvrir et voir la vérité, invités à la déclarer ensemble. Ces quelques signes de partage sont à votre portée, à la portée de tous ; quelques jours passés dans les familles de réfugiés, pour témoigner de cette petite vérité vécue, rester éveillés à leurs côtés…
…Pour avoir entendu et compris que le temps de carême est un temps de partage.




Publié par APSO avec l'autorisation de l'auteur

jeudi 31 janvier 2013

HRW :Maroc/Sahara Occidental : les promesses de réforme démenties par la réalité de la répression


Dans son dernier rapport pour 2013, l'ONG des droits de l'homme déplore le manque de volonté politique pour mettre en œuvre les promesses de la nouvelle constitution.


La répression est toujours à l'ordre du jour du régime politique marocain, rappelle Human Rights Watch (HRW). Dans son rapport 2013, l'ONG rappelle que les dissidents continuent d'être malmenés sur le territoire marocain, à la fois par la violence policière et aussi suite à des procès inéquitables aboutissant à des peines de prison.
« Si on en juge par le texte de la constitution adoptée en 2011, les dirigeants du Maroc reconnaissent qu'il est crucial de mieux respecter les droits humains pour satisfaire les aspirations populaires, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. Mais à en juger par les pratiques sur le terrain, ils doivent comprendre que les paroles, à elles seules, ne suffisent pas. »

Une grande partie du rapport de HRW sur le Maroc traite de la Justice, secteur loin d'être indépendant selon l'ONG et qui est un instrument politique pour faire taire les opposants. "En janvier 2013, une cour d'appel a prononcé des peines de prison contre cinq manifestants soutenant le Mouvement du 20-Février, lancé en 2011 à l'époque des manifestations pour les réformes, en se basant sur des aveux que les inculpés ont dénoncés comme extorqués sous les coups, et sans que soit présenté au tribunal aucun témoignage ni autre preuve susceptibles de les relier aux délits dont on les accusait."
Par ailleurs, HRW rapporte que les atteintes aux droits de l'homme se poursuivent dans la région du Sahara. "Le Maroc refuse de laisser manifester les activistes indépendantistes au Sahara occidental ou de reconnaître légalement les associations dont les leaders sont connus comme partisans de l'indépendance". 

HRW a invité, enfin, le Maroc, a mettre fin à sa politique des sacralités et des trois lignes rouges : l'Islam, la monarchie et l'intégrité territoriale, souvent utilisés comme prétextes à la restrictions des droits et des libertés. "L'abolition de telles lois devrait être une priorité au moment où le Maroc entreprend d'accorder sa législation à la constitution de 2011" a conclu HRW.