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dimanche 26 juillet 2015

Maroc : Des Noirs africains attaqués et tués à la machette….

 TIMES24 POLITIQUE, 20/7/2015
 
Maroc : Des Noirs africains attaqués et tués à la machette….
Times24.info: 
Konaté (pseudonyme) travaille pour l’association espagnole Caminando Fronteras, qui fournit une aide humanitaire aux migrants à Tanger. Il prenait un thé dans le quartier quand les violences ont éclaté.
On m’a dit qu’il fallait que je parte car j’étais noir. Pourtant, j’ai un travail, j’ai mes papiers. Mais ces soirées-là, où ça chauffe, il n’y a aucune distinction. Ce ne sont rien d’autre que des scènes de justice populaire : les assaillants accusent les Noirs d’être des squatteurs, des alcooliques, à l’origine de problèmes d’insécurité dans le quartier [ RFI évoque des expéditions commanditées par des promoteurs immobiliers pour pousser au départ les migrants squatteurs NDLR]. Comme ils estiment que les autorités ne prennent pas suffisamment le problème au sérieux, ils ont décidé de les chasser eux-mêmes. Ils font l’amalgame entre « Noir-sans-papier-insécurité », alors qu’il y a beaucoup d’habitants en situation régulière à Boukhalef, qui payent leur loyer.
Ce sont des groupes organisés avec un chef qui donne des ordres. Ils sortent le plus souvent le vendredi, après la prière du soir, et visent à la tête, ce qui laisse penser qu’ils veulent blesser mortellement. Ils entonnent des chants racistes en arabe tels que « on ne veut plus voir ces singes ici « ou « c’est notre guerre sainte ! « .
Le plus grave, c’est que cela se passe souvent sous l’œil des policiers qui n’interviennent pas. Vendredi, le Sénégalais a été tué à quelques mètres du commissariat de Boukhalef. Des personnes dont on a détruit les appartements ou qui ont été blessées ont attendu des heures pour déposer plainte. Tout est fait pour dissuader les Noirs africains de rester ici.
Notre Observateur Konaté transmet des médicaments à deux résidents de Boukhalef, un Ivoirien et un Sénégalais, actuellement soignés à l’hôpital Mohamed V. Ici des photos des blessés prises à l’hôpital.
En réaction à ces attaques, une centaine de Noirs africains ont défilé dans les rues de Tanger pour dénoncer les violences dont ils sont régulièrement victimes, avant d’être dispersés par la police. Ces épisodes haineux se sont multipliés ces six derniers mois. Il y a quinze jours, dans le même quartier, quatre personnes avaient été blessées à l’arme blanche dans une attaque similaire.
Lundi, une présence policière renforcée était visible dans les rues du quartier Boukhalef. Le parquet de Tanger a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie et affirme avoir arrêté plusieurs personnes dans les deux camps, accusées d’être impliquées dans les violences de vendredi. Contacté par France 24 pour s’exprimer sur le sujet, le conseil régional des droits de l’Homme pour Tanger, organisme étatique du ministère des Affaires étrangères, n’était pas disponible ce lundi.
La région de Tanger compterait plus d’un millier de migrants subsahariens, dont environ 800 dans le quartier Boukhalef, en attente de passer en Espagne. D’après les chiffres officiels, le Maroc compterait 30 000 sans-papiers sur son territoire.

vendredi 10 juillet 2015

Les Subsahariens empêchés de faire du théâtre à Tanger



Après celles de Rabat, les autorités tangéroises interdisent «b7al b7al»

Hassan Bentaleb,8/7/2015

Les Subsahariens empêchés de faire du théâtre à Tanger
La pièce de théâtre «b7al b7al» ne semble pas être du goût des autorités locales. Elle vient d’être interdite pour la deuxième fois.  De fait, la wilaya de Tanger a interdit les deux représentations qui étaient prévues les 4 et 5 juillet dans la capitale du Détroit.  Les autorités tangéroises semblent s’être ainsi alignées sur la position de celles de Rabat qui ont interdit le même spectacle le 13 juin dernier.  
«L’interdiction nous a été notifiée 15 minutes avant le début du  spectacle. Une décision qu’on n’a pas vu venir du fait qu’on a  informé les autorités  par courrier et qu’on a même réussi à avoir un accusé de réception du dossier déposé au bureau d’ordre  de la wilaya», nous a indiqué Aadel Essaadani, coordinateur général de Racines avant d’ajouter que «l’interdiction nous a été confirmée par le caïd du 4ème arrondissement de Tanger qui nous a informés que cette décision émane de la wilaya». Pourquoi? Silence radio de la part des autorités. «Aucune notification écrite de cette interdiction  n’a été adressée à qui que ce soit », nous a précisé notre source.
Aurait-elle une relation  avec le thème du spectacle? Qui sait? La pièce en question conçue selon la technique halqa-forum, traite de la problématique de la migration des Subsahariens au Maroc et tente de sensibiliser la société marocaine aux problèmes dont souffre cette minorité et de mettre fin aux préjugés et stéréotypes la concernant. «Peut-être que la wilaya de Tanger a jugé que le moment choisi pour une telle représentation n’était pas opportun puisqu’il  survient à quelques jours des évènements du quartier Boukhalef?», s’est demandé Aadel Essaadani.


samedi 20 décembre 2014

Oujda : Hélicoptère et véhicules pour démanteler un campement de Subsahariens ...et aménager un projet touristique


Démantèlement d'un camp de migrants 
subsahariens au Maroc / Archive - DR
La « nouvelle politique migratoire » du Maroc a été mise de côté par les autorités de Oujda, le temps de démanteler un campement de Subsahariens pour répondre à des impératifs économiques. Détails.

 Le 18 décembre est la journée mondiale du migrant. Quarante-huit heures auparavant, les autorités de Oujda ont tenu à fêter cet évènement, à leur manière, par le démantèlement, en plein hiver, d’un campement de fortune de Subsahariens situé dans la forêt Sidi M’Afa, tout près du quartier Al Massakine (les pauvres).
Une quarantaine de tentes en plastique servant d’abri à environ 80 ressortissants du Nigéria, dont 27 femmes et 11 enfants, ont été complétement détruites. Des sources locales avancent que, lors de l’opération, les forces publiques n’auraient pas lésiné sur les moyens, citant la participation d’un hélicoptère de la gendarmerie royale et de plusieurs véhicules des différents corps de la sûreté.

Pour faire plaisir à l'UE ?
La section de l’AMDH de l’Oriental, qui rapporte la nouvelle, avance même qu’un espace en plastique dédié aux prières des migrants a subi le même sort. Dans une lettre de protestation adressée conjointement à Mohamed Hassad, Mustapha Ramid et Anis Birou, l’ONG s’interroge si le recours à la force contre des migrants subsahariens serait-il en phase avec « la nouvelle politique migratoire », préconisée par l’Etat depuis septembre 2013 et concrétisée par le lancement d’une campagne de régularisation des sans-papiers ?
Le timing de l’attaque de Oujda a coïncidé avec la tenue à Bruxelles de la 12ème session du conseil d’association Maroc- Union européenne. Le volet migratoire était au menu des entretiens entre les deux parties. L’UE tente de convaincre le royaume d’accueillir définitivement sur son territoire les migrants subsahariens.
Fin novembre, la Commission européenne a annoncé l’octroi d’une aide de 10 millions euros destinée à soutenir « la politique migratoire et d’asile suivie par le Maroc ». Plusieurs membres au sein des Vingt-huit, menée par l’Allemagne, souhaitent que Rabat accède à une demande datant de 2004, visant à construire des centres de rétention pour migrants, moyennant des compensations financières.
Dans le cas présent, le démantèlement des tentes en plastique à Oujda semble obéir à des considérations économiques. En effet, une partie de la forêt Sidi M’Afa devrait être aménagée pour accueillir un projet touristique.

mercredi 10 septembre 2014

Manifestation à Dakar contre le racisme au Maroc

 Manifestation organisée au Maroc par le collectif "Ana Machi Azzi". Crédit : AFP Manifestation à Dakar contre le racisme au Maroc

Des citoyens sénégalais lancent un appel à manifester devant l’ambassade du Maroc à Dakar pour dénoncer le « racisme ultra-violent » subi par des ressortissants subsahariens.

Des membres du Forum social africain ont lancé un appel à manifester devant l’ambassade du Maroc au Sénégal à Dakar, vendredi 5 septembre. « Les organisateurs prévoient de dénoncer les décès suspects de Subsahariens survenus ces derniers mois», nous explique Hicham Rachidi, secrétaire général du Groupe antiraciste de défense des migrants au Maroc (Gadem).
Dans l’appel à manifester, relayé par le Gadem, les organisateurs détaillent plusieurs affaires, notamment le décès du Sénégalais Charles Ndour. Mais pas seulement. Le Forum social africain cite également le cas d’Ismaïla Faye, « poignardé sauvagement pour avoir refusé de céder sa place dans un bus à un jeune Marocain », Amadou, « tué devant une épicerie pour avoir refusé de laisser le devancer à la caisse » ainsi que d’autres cas médiatisés.
Les organisateurs de cette manifestation parlent de « racisme ultra-violent » et estiment que la violence « s’est banalisée », à l’encontre des ressortissants subsahariens, « au Maroc et dans le monde arabe ».
« Nous voulons que les Sénégalais et nos frères africains soient bien traités comme le sont les milliers de Marocains qui vivent paisiblement sans être inquiétés ni égorgés de Dakar à Saint-Louis et partout ailleurs au Sénégal »

, concluent-ils.

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samedi 28 juin 2014

Tanger : Nouveaux affrontements qui ont éclaté entre Marocains et Subsahariens.

Le quartier Boukhalef à Tanger fait encore une fois parler de lui. Cette fois-ci, ce sont des affrontements qui ont éclaté entre Marocains et Subsahariens.

Tout commence le vendredi 20 juin vers 20h, quand des policiers débarquent dans un appartement où logent des Subsahariens. Objectif : appliquer une procédure d’évacuation demandée par le propriétaire des lieux.  Un face-à-face qui dégénère en affrontements entre des Marocains qui se sont mêlés à l’histoire et des Subsahariens venus en renfort, selon nos confrères de Medias24. Un appartement a été mis à feu à quelques mètres, en plus d’une dizaine de blessés dont 4 agents des forces de l’ordre.
Pour rappel, le quartier Boukhalef avait été au centre d’une polémique lors du décès brutal d’un Camerounais, qui avait attisé les tensions entre Marocains et Subsahariens dans cette banlieue de Tanger. De leur côté, les habitants marocains du quartier avaient organisé une marche où ils assuraient ne pas être racistes… mais demandaient tout de même « le départ des Subsahariens ».
Déjà en janvier dernier, un ressortissant camerounais sur place confiait à TelQuel : « Si les Subsahariens sont des criminels, les Marocains en revanche sont des racistes et des hypocrites ». Mehdi Alioua, président du Gadem (Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), ne veut pas aller vite en besogne, et annonce que le Gadem a lancé des investigations et devrait déterminer d’ici une semaine ce qui s’est passé. La prudence de M. Alioua est justifiée par la complexité de la donne sur le terrain, où le racisme et les arnaques immobilières s’auto-alimentent, selon lui :
Des Marocains entrent par effraction dans des maisons appartenant à des Marocains résidents à l’étranger, se les approprient et les louent à des Subsahariens. Peut-être que ce n’était pas une émeute raciste mais une stratégie de ces malfrats pour vider les appartements, car le mois de ramadan arrive. Ou alors, des gens sont rentrés et ont trouvé leurs maison occupées…
Les propriétaires des appartements concernés n’ont même pas besoin de présenter des documents, étant donné qu’un Subsaharien sans-papiers n’est pas en mesure, à cause de son statut, de se plaindre aux autorités.
Relire notre reportage dans le quartier de Boukhalef

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vendredi 13 juin 2014

Terre des hommes dénonce les violences policières à l'égard des Subsahariens



Une ONG dénonce la violence policière marocaine contre les Subsahariens

Terre des hommes dénonce les violences policières à l'égard des Subsahariens. Crédit : DR

L’ONG Terre des hommes dénonce les mauvais traitements que subissent les migrants subsahariens au Maroc.

La branche espagnole de Terre des hommes vient d’achever son programme « Tamkine Migrants » de trois ans, financé par la délégation de l’Union européenne à Rabat. A cette occasion, l’ONG alerte sur la situation des migrants subsahariens au Maroc. Pour le directeur des projets de l’ONG, Manuel Marcia, cité par Europapress, le pays se trouve dans une situation « un peu incohérente » en marchant un pas en avant avec la campagne nationale de régularisation lancée en janvier 2014 et un pas en arrière avec la violence exercée par la police.
Terre des hommes dénonce à la fois les violences subies par les personnes en attente de rejoindre l’Europe et la précarité juridique de celles qui ont décidé de rester ici : « Des bus arrivent à Rabat remplis de migrants avec des fractures ouvertes », explique Manuel Marcia, pour qui « ce n’est en aucun cas acceptable ni justifiable. »

Le Maroc n’est plus qu’un pays de transit

Pour lui, « le Maroc a cessé d’être un pays de transit ». Les migrants subsahariens, principalement en provenance de la République démocratique du Congo, du Cameroun ou du Nigeria, restent au Maroc un long moment et « c’est pour cela qu’il faut les protéger quand ils se retrouvent dans un pays inconnu, sans ressource, sans appui et sans connaissance de la langue arabe ».
Les migrants ont de sévères problèmes pour accéder à la santé, l’assistance juridique et l’éducation. Malgré une circulaire du gouvernement visant à « l’intégration des élèves étrangers issus des pays du Sahel et subsahariens dans le système scolaire marocain », très peu d’enfants migrants sont scolarisés aujourd’hui. L’Etat serait en train de plancher sur des classes spécifiques pour eux, dans le but de les faire intégrer le système marocain classique par la suite.

Violence « proportionnelle »

Terre des hommes établit 70 recommandations, parmi lesquelles une meilleure coopération entre l’Espagne et le Maroc. L’ONG demande notamment à l’Espagne de donner une formation et des outils nécessaires aux forces de polices marocaines pour gérer l’immigration avec « un niveau de violence proportionnel ».
Elle recommande également la baisse de l’utilisation des menottes parce que « les personnes menottées ne peuvent pas se défendre des coups. »




mardi 10 décembre 2013

Titres des articles parus sur http://blogspot.com du 1er au 7/12/2013.

Décès de Nelson Madiba Mandela. Son rayonnement inspire de magnifiques textes.
Le Maroc continue à gouverner à coup de déclarations mensongères. Un beau projet de régularisation des migrants et une répression féroce des Subsahariens qui le contredit. Au sommet France-Afrique  Hollande réunit les dictateurs et prétend régler avec eux le sort du continent. Le nouvel accord de pêche Maroc-EU est une grave régression.


mercredi 9 octobre 2013

ATMF Association des Travailleurs Maghrébins de France :arrivée de la marche des sans papiers à Paris


ATMF, 5 /10/2013
Mot de l'ATMF suite à l'arrivée de la marche des       sans papiers à Paris - samedi 05 octobre 2013

LA LUTTE DES SANS PAPIERS CONTINUE

L’ATMF salue cette initiative qui a conduit l’UNSP (UNION NATIONALE DES SANS PAPIERS) à accomplir cette grande marche des sans papiers.
L’ATMF salue le courage, la détermination et la com
bativité des marcheuses et marcheurs qui ont accompli cette mission avec succès, ceci malgré tout un ensemble de difficultés et d’obstacles rencontrés depuis le départ de cette marche il y a un mois.

L’objectif est atteint puisque, dans l’union de tous les collectifs de sans papiers et de leurs soutiens, les marcheuses et les marcheurs sont là aujourd’hui, ensemble, après avoir pu, là ou ils sont passés, débattre et sensibiliser sur les discriminations, le racisme, l’exploitation, l’absence de justice et de droit dont sont victimes les sans papiers en France.

Les sans papiers ne cessent, que ce soit sous Sarkozy ou Valls, de subir toutes les formes de déni de leurs droits. Ne cessent non plus les discours de rejet et de stigmatisation de l’étranger qui émanent des plus hautes autorités de l’Etat. La dernière illustration en est la déclaration du ministre de l’intérieur sur les Roms.

Cette politique anti- immigré Rroms, , anti-étranger, a de graves et de lourdes conséquences sur les vies humaines. On l’a bien vu ce jeudi 3 octobre avec la mort de plus de 130 migrant Es et la disparition de plus de deux cents femmes, hommes et enfants sur les côtes de Lampedusa.

La politique assassine européenne face aux migrant ES est condamnable. Elle doit cesser. Nous sommes aujourd’hui en présence de non assistance à personne en danger, ce qui est un acte criminel qui doit conduire à des poursuites pénales contre ces Etats.


Nous profitons de cette occasion pour saluer aussi le combat et la lutte des subsahariens pour leur dignité dans ces Etats de non droit qui sont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Lybie. Nous dénonçons et condamnons ici les politiques racistes de ces Etats envers les subsahariens qui sont bloqués dans ces territoires contre leurs volontés. Car, comme nous l’avons déjà souligné, ces dirigeants des pays du Maghreb continuent de jouer le rôle de gendarmes de l’Europe.

Encore un grand merci aux marcheuses et marcheurs, et que la lutte continue.
Merci.
L’ATMF
– avec Amel Amel Hayati, Atmf Argenteuil, Saïd Laayari et 14 autres personnes.

Migrants : Les belles promesses de Mohammed VI ne sont pas respectées

 Le Maroc aurait interdit une caravane en hommage aux migrants dans le nord

 Depuis l'important assaut perpétré en 2005 à la frontière séparant le Maroc de Ceuta, des ONG espagnoles et marocaines organisent chaque année une caravane en hommage aux victimes. Cette année le Maroc a interdit cet événement, empêchant ainsi l'ONG Chabaka de procéder à ses activités. Celle-ci dénonce la  « contradiction » entre les discours et les faits concernant l'immigration au Maroc.

 
Les autorités marocaines auraient interdit une caravane organisée pars des association qui devait aller de Tanger à Ceuta, dimanche 6 octobre, en hommage aux immigrés morts lors de l'assaut de la clôture frontalière de la ville autonome en 2005, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.
Le 29 septembre 2005 pour mémoire, un groupe de plus de 700 migrants subsahariens avait pris d'assaut la clôture frontalière de Ceuta. L’incident avait fait plus d’une centaine de blessés et cinq morts dont trois côté marocain et deux côté espagnol. Ces décès avaient quelque peu créé la polémique car le rapport d'autopsie avait révélé que deux des victimes avaient été tuées par balle. Depuis lors, une caravane est organisée chaque année en hommage aux victimes. Cinq associations devaient prendre part à l’édition 2013, dont trois espagnoles.

Interdiction de projeter des films sur l’immigration ?

Cependant l’interdiction n’était pas, en soi, une surprise pour l’ONG. « Avec le cas de l’an dernier, nous avions prévu un nouveau refus cette année », indique à Yabiladi Aboubakr El Khamlichi, président de Chabaka. En effet, les autorités marocaines avaient également interdit la tenue de cet événement en 2012. Mais ce militant associatif avait tout de même espéré en un changement, s’appuyant sur la nouvelle politique migratoire annoncée par le Maroc, avec notamment la récente décision du roi Mohammed VI de régulariser les sans-papiers.
De plus, l’homme se dit outré par le fait qu’il n’ait pas pu réaliser les activités culturelles, notamment la projection de films sur l’immigration et la présentation de poèmes, prévues au Théâtre Aouama Hadad de Tanger. « Ils nous l’ont interdit malgré l’accord écrit du préfet », dénonce M. Khamlichi.

« Pas de progrès en matière d’immigration »

Dimanche en journée, Chabaka a manifesté son mécontentement à Tanger. L’ONG n’arrive pas à comprendre cette interdiction « sans motif », d’autant que « nous ne faisons pas quelqu’un chose d’interdit », relève le responsable qui signale que lors de la manifestation, « les autorités ont menacé d’arrêter les chauffeurs de l’association ». Tout cela « montre qu'il n'y a pas de progrès en matière d'immigration dans ce pays », déclare M. Khamlichi, ajoutant que « l'interdiction de ces activités pacifiques est contradictoire au discours officiel des ONG qui parlent d'une ouverture sur l'immigration ».

Pour l'instant, les autorités de Tanger, que nous avons tenté en vain de joindre, ne se sont pas encore exprimées à ce sujet. Mais une chose est sûre, les affirmations de M. Khamlichi ne sauraient être de leur goût. D'autant plus que depuis le dernier rapport du CNDH sur l’immigration clandestine au Maroc, le gouvernement entend mener une nouvelle politique migratoire plus « humanisée ». Ce que réitérait récemment le ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser, en réaction à l’assaut massif perpétré par plusieurs centaines de migrants sur Ceuta et Melilla.

jeudi 12 septembre 2013

Subsahariens : La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique.

 
Depuis 2004, en plein lune de miel avec l’Espagne de Zapatero, le Maroc s’est engagé, parfois même trop, dans la lutte contre l’immigration illégale à destination de l’Europe. Presque dix ans plus tard, le pays subit les revers de cette politique. Les ONG et l’ONU critiquent la multiplication des rafles et des déportations des Subsahariens.
                                                                                                  La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique. A l’initiative du Comité Maroc du manifeste euro-africain sur la migration, une conférence-débat sera organisée, demain à Rabat au siège du club des avocats, pour débattre de cette poussée de la xénophobie au Maroc, spécialement, voire même exclusivement, contre les Subsahariens. Preuve en est les quatre assassinats racistes de ressortissants africains, entre juin et août « commis, près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires », assure l’ONG dans un communiqué.

Des crimes dont les auteurs n’ont pas encore été traduits devant la justice. Mais la conférence du mercredi ne sera pas le seul rendez-vous pour dénoncer la politique de rafles et de déportations de Subsahariens vers le no-man’s land entre le Maroc et l’Algérie. Le samedi 14 septembre à 17h00, un sit-in aura lieu à Rabat devant le siège du parlement.

Le rôle de gendarme de l’Europe écorne l’image du Maroc  
L’AMDH, dans un rapport rendu public fin juillet, a estimé le nombre de migrants subsahariens expulsés du Maroc, entre janvier et juillet 2013, à 6400 personnes, parmi lesquelles figurent 22 enfants. Le 4 mars dernier, le rapporteur de l’ONU sur la torture, l’Argentin Juan Mendez a fait état, dans son rapport présenté devant les membres du conseil des droits de l’Homme, « de passages à tabac et de violences sexuelles subis par les migrants subsahariens tentant chaque année de se rendre en Europe par le détroit de Gibraltar ou via Ceuta et Melilla ».  
Il en est de même pour des « abus systématiques subis par ces migrants, qui sont frappés avec des bâtons, des pierres ou d’autres objets, agressés sexuellement ou menacés d’agression sexuelle et soumis à d’autres formes de mauvais traitements consistant à les attacher avec des cordes, à leur causer des brûlures avec des briquets et à leur uriner dessus ».
Des remarques que l’actualité corrobore. Le 1er août dernier, soient onze jours avant le meurtre du jeune sénégalais Ismaila Faye à Rabat, une Ivoirienne, âgée de 16 ans, aurait été violée par cinq policiers, ceux-là même qui l’ont arrêté, quelques heures auparavant, à la médina de Tanger. Là aussi, aucune enquête n’a été lancée pour punir les coupables alors que les matricules des deux voitures utilisées par les éléments de la sûreté sont connues. Il aurait suffi d’un simple contrôle de routine pour savoir les noms complets des agents en service aux moments des faits.
Aucune enquête n'a été non plus ordonnée concernant la mort, fin juillet dernier, d'un ressortissant congolais. Arrêté le 24 juillet dernier, pour être expulsé du Maroc via Oujda, l'homme avait trouvé la mort après avoir été jeté, au niveau d'Assilah, par la fenêtre d’un bus de police en marche. Idem pour la mort de Clément, Camerounais de nationalité, décédé le 16 mars dernier après avoir été passé à tabac par des forces de l'ordre marocaines et espagnoles, lors d’une tentative de passage à la frontière de Melilia.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19493/subsahariens-sit-in-samedi-rabat-contre.html

Droits des migrants : Les Nations Unies demandent des comptes au Maroc qui continue à nier

  Le respect des droits des travailleurs migrants au Maroc fait l’objet de discussions, cette semaine, au bureau du Haut commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies. Face à face, l’optimiste rapport officiel du Maroc et les alarmant rapports alternatifs des associations de défense des droits des migrants.
« Une décennie marquée par une répression ciblée, récurrente et souvent violente contre les ressortissants de pays subsahariens en situation administrative irrégulière. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, du fait de l’intervention directe des forces de l’ordre marocaines et espagnoles, comme ce fut le cas lors des événements dramatiques de Ceuta et Melilla », conclut ce matin, lundi 9 septembre, le représentant GADEM, groupement associatif de défense des droits des migrants au Maroc, lors de la 19e session du Comité sur les travailleurs migrants du bureau du Haut commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies, qui se tient jusqu’au 13 septembre à Genève. Au programme, débats sur le rapport rendu par le Maroc sur la situation des travailleurs migrants dans le royaume. « Le nombre d’arrivées de travailleurs étrangers et membres de leurs familles enregistrées par le ministère et les tribunaux du royaume a atteint 15 893 personnes en 2012, contre 9 193 arrivées en 2011 », indique le gouvernement marocain.
En fait de rapport officiel, il y a non pas 1 rapport, mais 8 documents sur le site de la session de cette semaine. Face à l’état des lieux extrêmement théorique présenté officiellement par le gouvernement marocain, 5 associations ont transmis au Comité des Nations Unies des rapports alternatifs nettement plus concrets et alarmant. Le Comité a alors décidé de poser des questions complémentaires au gouvernement marocain car l’écart entre les déclarations officielles et associatives est considérable. Le Maroc y répond dans un 8e document ; ou plutôt, n’y répond pas.

« Le péril noir »
« Veuillez donner des exemples d’affaires dans lesquelles la Convention [ internationale sur la protection de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, ndlr] a été appliquée par les tribunaux nationaux ou les autorités administratives », demande le Comité. Le gouvernement marocain élude cette question et préfère rappeler une énième fois le droit théorique des migrants de recourir à la justice marocaine.
Début novembre 2012, le magazine Maroc Hebdo a consacré sa Une à un dossier visant l’immigration subsaharienne ayant comme titre « Le péril noir ». « Alors que le Code de la presse de 2003, dont l’article 39 bis punit toute incitation à la discrimination raciale, la haine ou la violence raciale, aucune procédure n’a été prise envers ces publications », rappelle l’AMDH dans son propre rapport alternatif.
Le Comité des Nations Unies écrit alors : nous sommes « informés du fait que les travailleurs migrants, notamment les migrants subsahariens, sont victimes de racisme et de discrimination dans l’État partie. Veuillez indiquer les mesures prises pour combattre ce phénomène. » Pour toute réponse, le gouvernement marocain avance un sondage datant de 2007 répondant à la question « Comment les Subsahariens pensent que les Marocains les perçoivent ? » Aucune politique publique à l’horizon.

10 femmes enceintes expulsées en 2012
Véritable point noir de la gestion marocaine des migrations, les expulsions de personnes en situation irrégulière ont été pointées du doigt par les associations dans leurs rapports alternatifs. « En 2012, 191 incidents ont été enregistrés et plus de 6000 personnes ont été expulsées. D’après les données de MSF, au moins 93 femmes, 10 d’entre elles enceintes, 45 mineurs, 35 enfants et plus de 500 personnes qui avaient besoin de soins médicaux pour des blessures liées à la violence, ont été expulsées au cours de l’année », révèle MSF, dans son rapport alternatif. En réaction, le Comité demande au Maroc : « Veuillez fournir des informations sur les mesures prises et envisagées pour mettre un terme à cette situation ».
Pour toute réponse, le gouvernement nie en bloc, comme d’ordinaire. « Les informations accusant les autorités marocaines de recours à la violence et mauvais traitements à l’encontre des migrants en situation irrégulière sont infondées d’autant que l’action des différentes autorités publiques intervenant en matière de lutte contre le trafic des êtres humains et la traite des personnes est strictement délimitée par les dispositions légales en vigueur », écrit-il au Comité. Tout juste le gouvernement reconnaîtra-t-il plus loin être « conscient des difficultés découlant de la procédure d’éloignement par la voie terrestre » pour lui préférer les retours volontaires.
Intimidation des activistes
Dans son rapport alternatif, le JAFEM rappelle également les pressions exercées à l’automne 2012 sur les associations de défense des droits des migrants. « L’arrestation de Camara Laye le 20 octobre 2012 pour son engagement militant est une preuve de non respect des droits de manifester, de dénoncer, d’attaque à la liberté d’expression contre les travailleurs immigrés. Ensuite le report pour la 7 fois du procès est un moyen d’intimidation et répression contre les migrants activistes », écrit-il.
Fin de non recevoir pour le Maroc : « pour les tentatives d’intimidations contre les associations, Concernant les accusations portant sur l’intimidation de certains responsables d’ONG, les autorités marocaines sont disposées à apporter toutes les explications et les éclaircissements sur des faits avérés ou affaires portées devant la justice. »