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mercredi 10 septembre 2014

URGENT ! Halte aux crimes racistes et aux expulsions ! Un sit-in s'est organisé le jeudi 11 septembre 2014

Halte aux crimes racistes et aux expulsions
Respect de la dignité des migrants
Sit-in le jeudi 11 septembre 2014 à 18h devant le Parlement

La ville de Tanger défraie encore la chronique avec le sauvage assassinat dont a été victime Charles Paul Alphonse Ndour, jeune sénégalais de 26 ans, égorgé à l’arme blanche, le 30 août 2014 dans le quartier Boukhalef, tandis que plusieurs de ses amis et compatriotes ont été blessés, attaqués par des dizaines de provocateurs sans que la police n’intervienne pour protéger ces immigrés.
Pire encore, plusieurs dizaines de migrants, partis en cortège clamer leur douleur et leur indignation, ont été arrêtés. 26 d’entre eux ont été jugés en urgence, en moins de 72 heures et condamnés à un mois de prison avec sursis et 1000 dh d’amende. Mais au lieu d’être libérés, vingt d’entre eux ont été expulsés, par l’aéroport de Casablanca, tandis que six autres, détenus dans les sous-sols de cet aéroport,après avoir menacé de déclencher une grève de la faim pour protester contre leur détention et les mauvais traitements qu’ils subissent , ont finalement été libérés.
Loin des effets d’annonce de la nouvelle politique en matière de migration, selon laquelle le gouvernement marocain s’engageait à une approche humanitaire de la question migratoire, au respect du droit d’asile et à la régularisation des sans-papiers, l’année qui vient de passer s’est soldée par la mort de 6 migrants subsahariens, à la suite d’agressions racistes ou d’interventions policières, par la multiplication des agressions, par des déportations massives, notamment depuis le Nord vers le centre du Maroc, par la poursuite des expulsions, créant un climat de terreur, notamment dans le Nord du Maroc et autour des enclaves de Ceuta et Melilla. Parallèlement l’opération de régularisation avance à une lenteur d’escargot et n’a permis qu’à très peu de migrants, à ce jour, d’obtenir des titres de séjour, tandis que le HCR lui-même tirait la sonnette d’alarme sur la façon dont les autorités marocaines géraient le dossier des demandeurs d’asile.
C’est dans ce contexte délétère que s’est déroulé ce crime odieux et barbare, qui reflète une haine raciste dont l’Etat marocain porte la responsabilité, par la violence qu’il exerce lui-même à l’encontre de la communauté migrante subsaharienne, plongée dans une situation d’indigence et de non-droit.
C’est pourquoi nous tenons ici à présenter nos condoléances à la famille et aux amis de la victime, Charles Ndour ainsi qu’à toute la communauté sénégalaise et subsaharienne résidant au Maroc.
Nous condamnons ce nouveau crime raciste et barbare et demandons l’ouverture d’une enquête sérieuse et approfondie qui permette d’identifier les coupables et leurs commanditaires et de les présenter à la justice.
Nous condamnons l’attitude du gouvernement marocain et des forces de l’ordre qui loin de protéger une communauté en butte au racisme, la maintient lui-même dans la violence et le non-droit. Nous l’exhortons au respect de l’ensemble des textes internationaux dont il est signataire.
Non dénonçons toute forme de racisme, discrimination et exclusion et réaffirmons notre attachement aux valeurs du dialogue interculturel, de la solidarité et du respect des droits humains, de la dignité et l’intégrité de toute personne résident sur le territoire marocain, quelles que soient sa nationalité, sa religion ou sa couleur.
Nous appelons l’ensemble des organisations démocratiques et des citoyens à se joindre au Sit-in qui sera organisé le jeudi 11 septembre 2014 à 18h devant le parlement et à la caravane de solidarité qui sera organisée postérieurement à Tanger.

ALECMA,
AMDH (Maroc),
AMDH (Mauritanie ),
A.S.M. Afrique Survie Migration,
Association des Réfugiés Sans Frontières (Cameroun),
ATTAC/CADTM Maroc,
Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc,
Conseil des migrants de France,
Joint Action for thoseForced to EMigrate (JAFEM),
Organisation de la diaspora africaine ( Pays- Bas),
Papiers pour tous,
SOS Migrants (Belgique),
Stiftung : do (Hambourg).
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Raciste, la société marocaine ? La question s’est brutalement posée le 29 août suite au meurtre du Sénégalais Charles Ndour à Tanger.

Telquel.ma a posé la question aux premiers intéressés, parmi la communauté sénégalaise qui vit au Maroc.
Photos et montage de Yassine Toumi
 http://telquel.ma/auteur/redaction

samedi 28 juin 2014

Tanger : Nouveaux affrontements qui ont éclaté entre Marocains et Subsahariens.

Le quartier Boukhalef à Tanger fait encore une fois parler de lui. Cette fois-ci, ce sont des affrontements qui ont éclaté entre Marocains et Subsahariens.

Tout commence le vendredi 20 juin vers 20h, quand des policiers débarquent dans un appartement où logent des Subsahariens. Objectif : appliquer une procédure d’évacuation demandée par le propriétaire des lieux.  Un face-à-face qui dégénère en affrontements entre des Marocains qui se sont mêlés à l’histoire et des Subsahariens venus en renfort, selon nos confrères de Medias24. Un appartement a été mis à feu à quelques mètres, en plus d’une dizaine de blessés dont 4 agents des forces de l’ordre.
Pour rappel, le quartier Boukhalef avait été au centre d’une polémique lors du décès brutal d’un Camerounais, qui avait attisé les tensions entre Marocains et Subsahariens dans cette banlieue de Tanger. De leur côté, les habitants marocains du quartier avaient organisé une marche où ils assuraient ne pas être racistes… mais demandaient tout de même « le départ des Subsahariens ».
Déjà en janvier dernier, un ressortissant camerounais sur place confiait à TelQuel : « Si les Subsahariens sont des criminels, les Marocains en revanche sont des racistes et des hypocrites ». Mehdi Alioua, président du Gadem (Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), ne veut pas aller vite en besogne, et annonce que le Gadem a lancé des investigations et devrait déterminer d’ici une semaine ce qui s’est passé. La prudence de M. Alioua est justifiée par la complexité de la donne sur le terrain, où le racisme et les arnaques immobilières s’auto-alimentent, selon lui :
Des Marocains entrent par effraction dans des maisons appartenant à des Marocains résidents à l’étranger, se les approprient et les louent à des Subsahariens. Peut-être que ce n’était pas une émeute raciste mais une stratégie de ces malfrats pour vider les appartements, car le mois de ramadan arrive. Ou alors, des gens sont rentrés et ont trouvé leurs maison occupées…
Les propriétaires des appartements concernés n’ont même pas besoin de présenter des documents, étant donné qu’un Subsaharien sans-papiers n’est pas en mesure, à cause de son statut, de se plaindre aux autorités.
Relire notre reportage dans le quartier de Boukhalef

Lire aussi

vendredi 28 février 2014

Le Maroc suspend les accords judiciaires avec la France


Le Maroc suspend les accords judiciaires avec la France
  • Par : Telquel avec AFP, 26/2/2014

Le Maroc a annoncé ce mercredi 26 février  suspendre "l'exécution de tous les accords de coopération judiciaire avec la France", un nouveau développement dans la querelle diplomatique née de plaintes à Paris visant  Abdellatif Hammouchi.

Les tensions entre les deux pays semblaient s'apaiser. Mais il n'en est rien. "Il a été décidé de suspendre l'exécution de toutes les conventions de coopération judiciaire entre les deux pays, pour en évaluer l'impact et les actualiser dans le but de remédier aux dysfonctionnements qui les entachent", a affirmé le ministère de la Justice dans un communiqué cité par l'agence MAP.
 Il a également annoncé le "rappel du magistrat de liaison marocain en France en attendant des solutions garantissant le respect mutuel total des accords" bilatéraux. Pour justifier cette décision, le ministère marocain de la Justice évoque "l'apparition de nombreux dysfonctionnements et lacunes dans (les) conventions" entre Paris et Rabat. Il fait notamment référence à la descente de police effectuée jeudi dernier à la résidence de l'ambassadeur du Maroc en France, en lien avec les plaintes visant le patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, mais mentionne également d'autres griefs.

La justice française ne répond pas aux demandes d'éclaircissements 

Le magistrat de liaison marocain accrédité à Paris a effectué des "démarches" "en vue d'obtenir les éclaircissements nécessaires auprès des autorités judiciaires françaises" sur le "non-respect" de ces conventions, et ce "vainement durant trois jours", déplore le ministère. Cela "dénote un comportement que les autorités judiciaires marocaines n'ont jamais observé dans leur coopération avec leurs homologues françaises", poursuit-il, avant de fustiger des comportements constituant "une atteinte grave aux règles élémentaires de la coopération entre les deux pays". Les relations entre le Maroc et la France, deux proches alliés, connaissent un sérieux coup de froid depuis une semaine et le dépôt de plaintes à Paris par une ONG pour "torture" et "complicité de torture" contre Hammouchi.

lundi 17 février 2014

Parti du Mouvement populaire :Une succession de “scandales”




Aufait,  

Le Mouvement populaire est le parti qui fait le plus parler de lui en ce début d'année 2014, et pas forcément dans le bon côté des choses. Après l'affaire du chocolat d'Abdeladim El Guerrouj et les propos de Mohamed Moubdie sur l'affaire Ruby, les prétendus pots-de-vin versés à Halima Assali viennent tourmenter davantage le parti dirigé par Mohand Laenser.

Le journal Alkhabar a révélé que Halima Assali (à droite avec Mahjoubi Aherdan, père fondateur du Mouvement populaire), aurait reçu un pot-de-vin de 3 millions de dirhams de la part de Mohamed Moubdie./DR
Le journal Alkhabar a révélé que Halima Assali (à droite avec Mahjoubi Aherdan, père fondateur du Mouvement populaire), aurait reçu un pot-de-vin de 3 millions de dirhams de la part de Mohamed Moubdie./DR 
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La coalition gouvernementale est encore secouée par un nouveau scandale, le troisième depuis le début de cette année pour le Mouvement populaire (MP), qui fait face à une suite de révélations dans la presse arabophone.
On se souvient encore de l'affaire d'une facture de chocolat payée selon le quotidien Al Akhbar avec le budget de son ministère et non de son compte personnel par l'ancien ministre de la Fonction publique et la modernisation de l'administration, Abdeladim El Guerrouj. Un scandale suivi des propos de l'actuel ministre de ce département, issu également du MP, Mohamed Moubdie, concernant Karima Mahrouq, alias Ruby, et sa plainte contre l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi.
La semaine dernière, le journal Alkhabar a révélé que Halima Assali, “dame de fer” du parti de l’Épi, aurait reçu un pot-de-vin de 3 millions de dirhams de la part de Mohamed Moubdie. En contrepartie, la députée aurait intervenu auprès du secrétaire général, Mohand Laenser, pour que M. Moubdie devienne ministre.

Le MP este en justice
Face à cette nouvelle accusation, qui coïncide d'ailleurs avec la tenue, samedi à Salé, du Conseil national de ce parti, le MP a “décidé de répliquer à cette fausse information via trois plaintes contre ce journal”, indique lundi le quotidien Akhbar Al Yaoum.
Sur les pages du même quotidien, Halima Assali a assuré que trois plaintes seront déposées contre Alkhabar, soit une en son nom, une au nom de Mohamed Moubdie, et une troisième au nom du MP.
Halima Assali persiste et signe : “Je n'accepterai pas d'excuses. J'avais déjà renoncé à ma plainte déposée contre TelQuel, mais cette fois, j'exigerai 500 millions de centimes comme dommages et intérêts.”
Elle assure également que Mohamed Moubdie n'a pas besoin d’intermédiaire pour accéder à la fonction ministérielle.

L'édito de Toufik Bouachrin, point de départ
Les révélations sur les supposés pots-de vin ont été faites en premier par le quotidien Akhbar Al Yaoum. L'éditorialiste Toufik Bouachrin avait alors souligné qu'il connait certains ministres qui ont remis des pots-de-vin et autres pour devenir ministres.
Son édito a été exposé au sein de la Chambre des conseillers, par le président du groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité. Hakim Benchemass avait alors invité le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, à ouvrir une enquête sur ces révélations qui concerneraient son cabinet.
L'éditorialiste d'Akhbar Al Yaoum avait ensuite indiqué qu'il ne s'agit pas seulement du cabinet Benkirane II, mais bien de plusieurs gouvernements qui ont précédé celui-ci.
aufait


samedi 7 décembre 2013

Ce que coûte notre monarchie

Cette semaine, le numéro 597 de TelQuel : Budget royal. Le dernier tabou. Sacré, les finances du Palais font l’objet d’une présentation laconique devant les parlementaires, qui n’ont aucun interlocuteur du sérail pour en discuter. Opaque, le peu de détails fournis aux élus crée une confusion entre listes civiles, dotations de souveraineté et budget de la cour royale. Excessif, le Marocain paie pour la monarchie plus de onze fois ce que débourse un Anglais, pourtant treize fois plus riche.

JLEC : la petite histoire d’un géant de l’électricité. Le premier producteur privé d’électricité du pays entre en Bourse le 24 décembre. Retour sur l’histoire d’un colosse qui vaut 9 milliards de dirhams.

Rencontre : Aquarium  L’école des femmes. Depuis près de 20 ans, la compagnie fondée par la metteure en scène Naïma Zitane défend le féminisme sur les planches. Un théâtre militant qui s’inspire des maux de la société et mise sur la proximité.

+ Nos chroniques : Ta vie en l’air par Fatym Layachi, Décalages par Souleïman Bencheikh, A contre-courant par Omar Saghi, la page Blad Schizo, la section Passion, l’incontournable Zakaria Boualem…

Dès vendredi dans les kiosques !
Cette semaine, le numéro 597 de TelQuel : Budget royal. Le dernier tabou.
 Sacré, les finances du Palais font l’objet d’une présentation laconique devant les parlementaires, qui n’ont aucun interlocuteur du sérail pour en discuter. 
Opaque, le peu de détails fournis aux élus crée une confusion entre listes civiles, dotations de souveraineté et budget de la cour royale.
 Excessif, le Marocain paie pour la monarchie plus de onze fois ce que débourse un Anglais, pourtant treize fois plus riche.
 JLEC : la petite histoire d’un géant de l’électricité. Le premier producteur privé d’électricité du pays entre en Bourse le 24 décembre. Retour sur l’histoire d’un colosse qui vaut 9 milliards de dirhams. 
 Rencontre : Aquarium L’école des femmes. Depuis près de 20 ans, la compagnie fondée par la metteure en scène Naïma Zitane défend le féminisme sur les planches. Un théâtre militant qui s’inspire des maux de la société et mise sur la proximité.
 + Nos chroniques : Ta vie en l’air par Fatym Layachi, Décalages par Souleïman Bencheikh, A contre-courant par Omar Saghi, la page Blad Schizo, la section Passion, l’incontournable Zakaria Boualem… Dès vendredi dans les kiosques !

samedi 19 janvier 2013

Retour sur le baisemain royal, marque de l’asservissement des peuples-esclaves


    L’autre exception marocaine

    L’autre exception marocaine
    (DR)

    • Par : Karim Boukhari, éditorial Telquel, 18/1/2013


    Nous revenons cette semaine sur le baisemain royal avec une position plus tranchée que jamais : stop, baraka, assez ! Comme vous pouvez le lire en pages intérieures (le dossier de couverture intitulé “Baraka ! Baisemain royal” sera mis en ligne sur notre site jeudi 24 janvier 2013), nous avons tenté de comprendre la nature du geste, sa signification, son histoire. Nous avons demandé à des chercheurs et à des décrypteurs du geste politique, voire protocolaire. Nous avons aussi interpellé des religieux et des hommes de foi. En gros, nous avons examiné la portée politique, historique et sociologique de ce rituel. Il en ressort que ce “geste”, qui est profondément enraciné dans les rapports qui lient le peuple à la monarchie, est avant tout une marque de respect (pour le monarque) et un honneur (pour celui qui lui embrasse la main). 
     Évidemment. Mais l’erreur serait d’en rester là. Cette lecture normative présente en effet un lourd handicap : elle est figée dans le temps. Au moment où le code du baisemain a été inventé, avec ses multiples significations et, si l’on ose dire, toute sa fonctionnalité, le monde était encore féodal, la notion d’égalité entre les hommes n’existait pas, la communication et le souci de l’image d’un pays ou d’un souverain étaient une hérésie, et le Maroc était une agrégation de tribus qui prêtaient allégeance à un seigneur, le roi, qui régnait sur le bled makhzen et multipliait les harkas pour tenter de pacifier le bled siba. Le baisemain est un geste brutal qui correspondait à un monde en état de guerre permanente. Sociologiquement, il consacrait le principe de l’asservissement des peuples-esclaves et de la déification de ses maîtres-protecteurs. Ce monde n’existe plus, fort heureusement !  

    Légitimer aujourd’hui encore cet acte étroitement lié à la préhistoire revient à rétropédaler pour nous catapulter dans l’avant-monde.

    De tous les chefs d’Etat arabes, rois ou présidents, Mohammed VI est le seul à perpétuer la tradition du baisemain. Une exception qui fait du Maroc et des Marocains la risée de leurs congénères arabes, qui ne sont pourtant pas des modèles d’émancipation. Ce code, cette exception, desservent le monarque lui-même car, comment peut-il jouer la carte de la “cool attitude” et du roi citoyen, alors que les gens se prosternent à son passage à lui comme à l’ensemble de sa famille ?

    Qui peut accepter encore cela ? L’esprit cartésien, celui qui croit à la symbolique et à l’image, n’est pas le seul à refuser cet archaïsme. Le religieux aussi, puisqu’il sait que la prosternation et la soumission ne sont envisageables que devant Dieu.

    Au début de son règne, Mohammed VI a eu l’intelligence de sortir son épouse de l’ombre. Du statut de mère des princes, femme-matrice invisible, sans visage, limite sans identité, l’épouse du roi est devenue une femme, une “reine”, on l’appelle par son nom, on lui connaît une existence propre et des activités “normales” comme prendre part à une table ronde ou se balader sur la place Jamaâ El Fna (lire p 14). Ce geste de rupture avait brisé une “tradition” vieille de plusieurs siècles et je peux vous dire que cette tradition avait aussi ses adorateurs, ceux qui tentaient de nous en faire comprendre l’origine et la signification, s’obstinant par là même à nous la faire accepter.
    Mohammed VI a donné un visage et un nom à son épouse. Un geste simple qui a énormément apporté au principe de l’égalité femmes-hommes. Un geste, je le répète, qui a fortement déplu aux gardiens du temple et aux milieux conservateurs. La question du baisemain présente aujourd’hui le même apparat. Pour aller dans le sens de l’histoire, il faut supprimer publiquement ce rituel. N’en déplaise aux traditionalistes qui n’ont pas compris que, dans le 21ème siècle, il est impossible de croire à l’égalité entre les hommes tant que des citoyens se jettent pour embrasser la main du chef de l’Etat.

    mardi 24 avril 2012

    Le ministre de la Justice et des Libertés fier d'être bigame

     Par Slate lu sur TelQuel,

     Invité il y a quelques semaines à un dîner privé chez Mustafa Ramid, le ministre de la justice et des libertés, une des figures de proue du parti islamiste PJD qui dirige le gouvernement, un journaliste de TelQuel l’a entendu dire à ses invités: «Mes amis, je vous reçois dans la maison de ma première épouse. Parce que j’en ai deux!». Il y a encore un an, relève TelQuel, le même Ramid aurait dit aux mêmes invités: «Si j’ai deux femmes? C’est ma vie privée, de quoi on se mêle!».

      Aujourd’hui, il affiche sa bigamie et cela donne une boutade qui fait sourire tout le monde. «Le voilà donc le nouvel air du temps, et il est à la retraditionalisation de la société. La ligne de démarcation a bougé et ce n’est pas seulement l’affaire d’un ministre ou d’un gouvernement, mais d’une société», commente le magazine connu pour être en flèche dans le royaume pour défendre les valeurs laïques. Et pour se convaincre que le gouvernement ultra-conservateur joue sur du velours pour instaurer une charia sociale, TelQuel prend pour exemple la situation des mères célibataires considérées comme des parias de la société mais qui acceptaient de témoigner à visage découvert pour des émissions télévisées. Aujourd’hui, elles refusent de se montrer à l’écran pour parler de leur calvaire. «Pourquoi? Qu’est-ce qui a changé? Rien, juste l’air du temps (…) Ce qui a changé, aux yeux des filles, c’est le regard de l’épicier ou du voisin». 

     TelQuel cite aussi la seule ministre du gouvernement, elle aussi islamiste et voilée qui «a compris la donne». Ses atermoiements dans la polémique sur les mariages forcés des mineures continuent de défrayer la chronique. Celle-ci, hier quelque peu soucieuse de la condition féminine, se refuse de se prononcer en faveur de l’avortement, préférant que la question soit tranchée par voie référendaire. «Qui dit référendum, dit victoire de la tradition et triomphe du statu quo. Ça sera Non à l’avortement» conclut TelQuel. 

     «Le retour à la tradition, qui sous-tend le retour à une pureté et à une virginité perdues, s’opère via des vagues de glissements progressifs. Dans le pays profond, des comités populaires ont été mis en place depuis quelques mois pour “traquer la débauche et le vice”, assiégeant les supposées maisons closes et donnant la chasse aux revendeurs d’alcool», s’inquiète TelQuel. Religion et prière imposés à la télévision, promotion d’un «art propre», censure morale, réhabilitation de prédicateurs aux discours haineux etc. 

    Après 100 jours passés à la tête du gouvernement, les islamistes du PJD imposent un projet de société fondé sur un repli identitaire arabo-musulman. «Le nouvel ordre moral s’est mis en branle, en douceur, lentement, sûrement. Qui dit nouvel ordre, dit nouvelles normes, nouvelles frontières» souligne TelQuel.
     http://www.slateafrique.com/86087/maroc-le-ministre-de-la-justice-et-des-libertes-fier-detre-bigame

    mardi 10 avril 2012

    Zakaria Boualem se demande : Mais que fait la police ?

    Bonjour à tous ! Les amis, Zakaria Boualem espère que tout va bien pour vous, Wal Hamdou Lillah. La famille, la santé, le boulot, meziane meziane, c’est super, vous savez comment ça se passe, on court on court, Allah y Hfadkoum.

    Bon, on y va. Semaine chargée… Commençons tout d’abord par cette vidéo* étonnante d’un type qui explique qu’il bat régulièrement sa femme, parce que son papa faisait pareil. Une sorte de héros du Maroc moderne, oui encore un, qui rend un vibrant hommage à la tradition. Zakaria Boualem a pensé que c’était une blague, une sorte de poisson d’avril de très bon goût, puis il s’est dit qu’en ces temps troublés, ils auraient pu choisir un autre thème parce qu’il va sûrement se trouver des braves gens pour défendre cette pratique. Le niveau d’anesthésie intellectuelle que nous nous sommes imposé tout seuls implique de défendre à peu près toutes les pratiques réactionnaires, de peur qu’une position inverse aille contre la religion. Surtout ne pas réfléchir, ce qui vient du passé doit forcément être bon pour nous… S’il ne s’agit pas d’un canular, on peut légitimement se demander ce que fait la police. La réponse est simple : ils étaient absorbés dans une tâche plus importante, celle de placer sous les verrous un rappeur insolent. Un dangereux récidiviste, puisqu’il s’agit encore une fois de L’Haqed. On lui reproche cette fois une vieille chanson où il attaque la police. Le mountif est donc “outrage à agent” et “outrage à corps constitué de l’Etat”. La moustache contre-attaque… Une moustache exténuée, une moustache malmenée, mais une moustache libérée ! Aussitôt, les habituels nihilistes geignards se sont précipités sur l’affaire pour dénoncer encore une fois une machination. Examinons leurs arguments. Pour commencer, ils citent un nombre important d’artistes marocains ayant par le passé raillé nos fins limiers sans être inquiétés. Mauvaise foi manifeste, car s’ils avaient été emprisonnés, ils auraient aussi protesté contre cette décision. Il faut signaler qu’eux-mêmes se plaisent à fustiger tel corrompu en oubliant un autre, faisant preuve de la même sélectivité. A moins qu’il s’agisse d’un manque de papier pour faire la liste de tous les pourris, c’est une option possible. Ensuite, ils oublient que de par le monde, de nombreux artistes ont eu droit à des procès pour avoir attaqué leurs moustaches locales avec véhémence. On peut citer Ministère Amer en France ou BodyCount aux Etats Unis par exemple. Oui, mais ils n’ont pas passé une seule journée en prison, répondent les nihilistes infatigables, en référence à l’incarcération immédiate de L’Haqed. Arrivés à ce niveau de pinaillage, il vaut mieux laisser tomber la discussion avec ce type d’individu et continuer d’avancer vers les lumières de la démocratie au rythme glorieux impulsé par notre élite. Zakaria Boualem propose donc de continuer le travail et de poursuivre les gens qui ont fait le plus de tort à ce noble corps policier, à savoir les policiers eux-mêmes. Oui, un procès en bon uniforme, avec d’un côté les policiers vexés et de l’autre les policiers corrompus, les mendiants, les violents, les louches. Ceux qui rôdent autour des voitures à la recherche de quelques dirhams à soutirer, ceux qui distribuent des claques à l’entrée du stade fi sabilillah, ceux qui inventent de faux radars, ceux qui vendent de la drogue saisie une heure plus tôt et ceux qui insultent gratuitement en expliquant qu’ils font notre éducation… Ils sont certes une infime minorité, mais ils portent gravement atteinte à ce corps constitué. Ils font que la plupart des citoyens honnêtes considèrent l’arrivée de la staffette comme un problème plutôt qu’une solution. Voilà, c’est dit. Ça défoule, et merci. 


    dimanche 8 janvier 2012

    Démocratie zéro


    Par Karim Boukhari, Telquel, 7/1/2012

    Les islamistes se sont soumis parce qu’ils ont cru bien faire.
    Ils ont eu tort.

    La composition du nouveau gouvernement ne laisse aucune place au doute : la monarchie vient de creuser un peu plus le fossé qui la sépare de la démocratie. Elle aurait pu, le rapport de forces lui étant favorable et l’hégémonie du roi étant constitutionnellement garantie, lâcher du lest et soigner au moins le décor en installant un gouvernement entièrement politique. Eh bien non. La monarchie n’a renoncé ni à ses ministères de souveraineté (5 sur 30) pour verrouiller doublement le système, ni à ses ministres délégués qui ont valeur de sentinelles et de garde-fous soigneusement placés aux postes-clés

    (l’Intérieur et les Affaires étrangères). Sans oublier que le cabinet royal, en accélérant brusquement le recrutement de conseillers poids lourds, commence à ressembler furieusement à un gouvernement bis avec ses “ministres” de l’Intérieur (Fouad Ali El Himma), des Affaires étrangères (Taïeb Fassi Fihri), de la Justice (Omar Azziman), du Tourisme et des Finances (Yassir Zenagui), des Affaires sociales (Zoulikha Nasri), etc.
    A elle seule, la répartition des ministères de souveraineté est un indicateur cruel de la nature fondamentalement anti-démocratique du régime. Mis à part le cas particulier, et très étonnant, de Aziz Akhannouch (élu RNI jusqu’au 31 décembre, il a précipitamment démissionné de son parti pour être reconduit à la tête de l’Agriculture), les autres “ministres de souveraineté” renforcent les pouvoirs du roi là où il n’y en a objectivement nul besoin : la Défense et les Habous, alors que le roi est déjà chef suprême des armées et des services de renseignement, Commandeur des croyants et premier acteur religieux du pays. De son côté, Charki Draïss, ancien patron de la police, a été “délégué” à l’Intérieur pour continuer de gérer le pays selon la vision royale. Et Driss Dahak a été dépêché au Secrétariat général du gouvernement qui est, comme on le sait, une trappe capable d’“engloutir” les lois et décisions gouvernementales à n’importe quel moment.
    Avec ce système de blocages et de verrouillages, le débat sur la compétence des ministres politiques devient de facto accessoire. Que pèseront-ils et comment pourront-ils tromper la vigilance de leurs sentinelles ? Quelle sera leur marge de manœuvre en dehors de celle que daigneront leur accorder ces mêmes gardiens du temple ?
    Nous sommes donc devant le renouvellement d’un mode opératoire que l’on ne connaît que trop bien : la monarchie gouverne sans partage, directement ou via les hommes qu’elle a pris le soin de choisir ; et la volonté populaire, incarnée par les partis politiques vainqueurs aux élections, est tenue en laisse ad vitam æternam. Ce schéma autoritaire et anti-démocratique ne tient absolument pas compte de la nouvelle réalité créée par le Printemps arabe, qui a remis les mannes du pouvoir à la volonté populaire. Ce schéma, donc, nous éloigne encore plus de la démocratie.
    Si la monarchie a imposé ses manières et ses vues, c’est que, en face, le PJD l’a accepté. Les islamistes viennent de commettre une grave erreur stratégique, trahissant la confiance d’une partie de leurs électeurs et engageant très mal un bras de fer qui s’annonce déséquilibré avec la monarchie. Pourquoi se sont-ils donc si docilement soumis ? Pour plusieurs raisons : la première c’est qu’ils sont tout heureux d’arriver, même d’une manière boiteuse, aux affaires. La deuxième c’est qu’ils croient avoir obtenu, avec la nomination de leurs principaux dirigeants (et notamment celle de Mustapha Ramid à la Justice), une précieuse contrepartie. La troisième c’est que, à l’instar de l’USFP de Youssoufi en 1998, ils sont convaincus d’avoir servi les “intérêts supérieurs de la nation”, du moment que dire Non au roi et se retirer du gouvernement plongeraient le pays dans une profonde crise politique. En résumé, ils se sont soumis parce qu’ils ont cru bien faire. Ils ont eu tort.
    En réalité, les islamistes viennent de mettre en péril la crédibilité de leur parti en se coupant si facilement les ailes, consolidant au passage un système profondément anti-démocratique. Et ils se sont mis une pression énorme en étant obligés, avant même le terme de leur délai de grâce, de frapper fort (libérer les détenus politiques, surtaxer les riches, poursuivre les responsables confondus de corruption ou de détournements de fonds, etc.). Bon courage, les frères.
    http://www.telquel-online.com/504/edito_504.shtml

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    Quelques largesses du gouvernement Belkirane

    Par Mahdi Midou  sur facebook

        En hiver, des enfants meurent à cause du froid sur les montagnes et le gouvernement islamiste a distribué aux 40 ministres, à chacun : une voiture (Audi), coûtant chacune 100 000 € + 7000 € par mois + une villa + un montant de 12000 euro seulement pour le protocole (cravates, costumes et chaussures)
      Est-ce que vraiment, ce qu’ attendent les Marocains du gouvernement islamiste ???????