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Affichage des articles dont le libellé est Mustafa Ramid. Afficher tous les articles
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jeudi 2 octobre 2014

Selon Ramid la justice est inutile si les jugements ne sont pas exécutés



Le ministre, qui s’exprimait lundi à Rabat lors d’une rencontre avec des responsables judiciaires, a relevé que la perception des amendes constitue un défi qui se pose encore au système judiciaire marocain, soulignant que cette problématique a suscité beaucoup d’intérêt lors des travaux du dialogue national sur la réforme du système judiciaire. 
Il a déploré la persistance du phénomène du non paiement des amendes en dépit des efforts déployés par les tribunaux, précisant que le montant des impayés s’élève, durant la période allant de 1993 à août 2014, à 4,583 milliards de dirhams.

samedi 23 novembre 2013

Le pédophile Daniel Galvan condamné à 30 ans de prison en Espagne

Par Mohamed Alaoui le 18/11/2013
 
Daniel Galvan
© Copyright : EFE
L'Audience nationale espagnole, haut tribunal en Espagne, a décidé ce lundi que le pédophile espagnol Daniel Galvan purgerait sa peine de 30 ans de prison - pour laquelle il a été condamné au Maroc - en Espagne, a appris Le360 de source gouvernementale.
"Le tribunal espagnol a décidé aujourd'hui que l'accusé purgerait la peine de 30 ans prononcée contre lui par la justice marocaine", a déclaré à Le360 le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, ajoutant que "l'audience nationale espagnole a basé son verdict sur des preuves et des considérations juridiques irréfutables".

Après le retrait de la grâce royale, l'Espagne avait arrêté en août dernier Daniel Galvan à Murcia, le plaçant en détention dans une prison madrilène à la suite d'un mandat d'arrêt international lancé par le Maroc.

Jeudi dernier, ce même tribunal espagnol avait rejeté la requête marocaine d'extradition formulée par Rabat, estimant que l'Espagne "n'extradait jamais ses ressortissants". Cette requête qui a été rejetée jeudi est l'une des trois propositions que le Maroc avait formulé auprès de la justice espagnole. Rappelons que la deuxième concernait le maintien en détention en Espagne pour que Galvan purge les 30 ans de prison dont il avait écopé à Kénitra, la troisième proposition étant relative - si cette 2ème requête n'avait pas convaincu la justice espagnole- à sa comparution devant  la justice pour les faits incriminés au Maroc.

Interrogé par Le360, Mustapha Ramid s'est déclaré "très satisfait" que la justice espagnole ait décidé que le criminel espagnol purge en Espagne la peine de réclusion pour laquelle il avait été condamné par la justice marocaine.

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 Le pédophile Daniel Galvan ne passerait que 5 ans de prison en Epagne 

22/11/ 2013 Le pédophile Daniel Galvan ne passerait que 5 ans de prison en Epagne

Daniel Galvan, le pédophile espagnol condamné à 30 ans de prison au Maroc pour avoir violé 11 enfants à Kénitra, ne passerait pas plus de 5 ans en prison en Espagne, même si la justice ibérique l’a condamné à purger le restant de sa peine, soit 28 ans, dans une prison espagnole.

Toutefois, la législation espagnole énonce que tout prisonnier dont l’âge dépasse 70 ans, doit être relâché. Daniel Galvan, 65 ans, n’aurait donc à faire que cinq ans de prison de plus en Espagne, avant d’être remis en liberté, rapporte le quotidien Akhbar Al Yaoum.
Le pédophile grâcié par erreur en août dernier, avait quitté immédiatement le Maroc après sa sortie de prison. Arrêté depuis en Espagne suite au retrait de la grâce royale, Daniel Galvan avait été condamné par la justice ibérique à passer le reste de sa peine dans la péninsule ibérique.
Mais Galvan ne devrait être relâché par la justice espagnole qu’après en avoir informé le Maroc, poursuit la même source.
La justice espagnole avait refusé la demande d’extradition vers le Maroc, émise par Rabat, invoquant à cet effet la nationalité espagnole de Daniel Galvan.

Deux ONG exigent des excuses de Ramid

 Par Bouthaina Azami le 18/11/2013
 
Ramid
© Copyright : Brahim Taougar - Le360
 
L’association La marche des femmes et le groupe Femme réflexion action ont adressé une lettre au ministre de la Justice pour lui demander des explications et des excuses suite à ses propos agressifs, affirment les signataires, à l’encontre de la députée Hasna Abouzaid. 
L’association La marche des femmes et le groupe Femme réflexion action ont adressé une lettre ouverte au ministre de la Justice pour lui demander des explications et des excuses, suite à ses propos, affirment les signataires, à l’encontre de la députée Hasna Abouzaid (USFP) lors d'une réunion de la commission de la Justice au Parlement. "Monsieur le Ministre de la Justice et des libertés, vous avez été jusqu'à qualifier une députée élue par le peuple de "mal élevée" (…).  On ne peut que se féliciter de la réponse pertinente de Madame Hasna Abouzaid, vous assurant qu'un ministre de la Justice insultant une femme en public était la dernière personne à pouvoir lui donner des leçons d'éducation et on est en droit de se demander si la présence de femmes au sein du Parlement n'est pas la cause de ce genre de débordements, comme si l'ingérence des citoyennes de ce pays dans la marche des institutions déstabilisait et dérangeait tous ces hommes qui étaient restés jusqu'à présent délibérément entre eux!", lit-on dans cette lettre.

Une lettre claire et incisive dans laquelle les signataires se sont insurgés non seulement contre l’humiliation faite à Hasna Abouzaid, mais à celle faite à toutes les femmes. "Monsieur le Ministre, l’objet de cette lettre est de vous demander, à vous et à votre parti des explications et des justifications sur votre comportement envers les femmes. Que se passe-t-il et quels sont les problèmes des hommes de ce pays vis-à-vis des femmes ? Votre chef de gouvernement ne se réfère à elles que pour se moquer des gardiennes de hammams, symbole pour lui de la stupidité humaine! Quant à vous, Monsieur le Ministre de la Justice (…), en insultant cette élue, vous avez insulté tous ceux qui l'avaient élue ! En l'insultant, ce sont toutes les femmes marocaines que vous avez blessées".

Les femmes se mobilisent pour défendre leurs droits. Associations féminines et comités de lutte pour les droits des femmes sont de plus en plus présents et engagés sur la scène sociopolitique "face à la montée de la violence faite aux femmes".  Or, ajoutent les signataires de cette lettre, un ministre, de la Justice qui plus est, devrait être le premier à "respecter", "protéger et donner l’exemple d’une éthique". "Nous osons espérer, Monsieur le Ministre, que vous aurez, en signe précisément de votre bonne éducation, l'élégance de présenter vos excuses à Madame la Députée et de montrer ainsi le chemin à suivre à tous ces hommes qui dans notre pays n'ont toujours pas admis le principe pourtant universel de la parfaite égalité entre les hommes et les femmes", concluront les auteurs.

La réaction de Hasna Abouzaid
Pour rappel, Hasna Abouzaid n’aurait pas même eu le temps de prendre la parole, selon ses déclarations, avant que Mustapha Ramid ne saute de son fauteuil, levant la main et élevant la voix pour la traiter de "mal éduquée" (Ghaïr Mouaddaba ») devant les parlementaires. Ce à quoi la députée a répondu : "J’ai tout un lexique pour réagir à vos propos, mais je suis au-dessus de ça". Le journal de l’USFP a d'ailleurs rapporté les propos de la parlementaire, qui a considéré le comportement de Mustapha Ramid comme un affront et une humiliation : "Je vous informe de la gravité d’un mode de gestion politique qui a laissé une blessure profonde, en matière de réalisations, dans la mémoire des Marocains, notamment concernant les viols d’enfants. Vous avez fui vos responsabilités et avez avancé des justifications sans consistances quant aux manquements dans l’application de la loi", a ainsi déclaré à Mustapha Ramid Hasna Abouzaid, faisant allusion à l’affaire du pédophile Daniel Galvan. "Vous n’êtes pas prêt à mettre le pouvoir au service de la justice", a-t-elle ajouté avant d’évoquer la répression des manifestations, notamment des chômeurs, et l’appel d’un mouvement féministe qui "a fait confiance" au gouvernement pour une réforme de la justice lors même que cet appel n’a pas même été "considéré". "C’est, dira-t-elle encore, ce que nous a rapporté l’organisme officiel de ces "mal éduquées".
 http://www.demainonline.com/2013/11/19/maroc-la-mafia-pantagruelique/

vendredi 25 octobre 2013

« L’agité du bocal » Ramid, le grand perdant de l’affaire Anouzla

Par Badr Soundouss, demainonline, 25/10/2013

El Mostafa Ramid à l'époque où il était considéré un agité (Photo DR)
El Mostafa Ramid à l’époque où il était considéré comme un agité (Photo DR)
S’il y a des politiciens qui ont perdu la face dans l’affaire Ali Anouzla, ce sont bien le ministre de l’injustice et du peu de libertés, l’islamiste El Mostafa Ramid et son collègue barbu de la communication Mustapha El Khalfi. Mis en avant durant l’incarcération d’Anouzla pour défendre l’indéfendable, ces deux responsables se trouvent aujourd’hui en porte-à-faux après la libération du journaliste.
Tout le monde a entendu Ramid et El Khalfi justifier avec véhémence l’incarcération d’Anouzla en raison des « graves accusations » pesant sur lui. A les entendre on aurait cru que jamais le journaliste ne serait libéré… Pourtant, ce dernier a été libéré après le coup de sifflet du pouvoir au juge à tout faire Abdelkader Chentouf.
L’information distillée la semaine dernière par une source anonyme à un média marocain racontant que lors d’une rencontre entre le roi Mohamed VI et le ministre Ramid pour parler du cas Anouzla, le premier se montrant « indulgent » face au jusqu’au-boutisme du deuxième, était une manière pour le Palais de préparer le terrain en faisant porter le chapeau de cette lamentable affaire uniquement aux ministres PJD.
La même info signalait que Ramid aurait, en aparté bien entendu !, menacé de démissionner s’il était désavoué et s’il était empêché d’aller « jusqu’au bout » de cette affaire. En fait jusqu’au bout de la bêtise et de la servitude.
Cette menace de démission était une manière pour Ramid, qui n’a pas d’animosité particulière envers Anouzla, de se dire prêt à se libérer de la mainmise du Palais qui ordonne une chose un jour et son parfait contraire le lendemain. Car qui a pu ordonner l’arrestation et l’incarcération du journaliste sinon le Palais ?
Le pauvre Ramid a bien tenté de démentir l’information en envoyant un communiqué à la MAP, mais le mal était fait. Surtout qu’une autre source, sûrement de la même que la première, a fait savoir en début de semaine que le Palais avait expressément interdit à Ramid de faire arrêter le journaliste Aboubakr Jamaï à l’aéroport de Casablanca, comme il en avait l’intention. Comme il voulait le faire, il y a quelques semaines, avec le journaliste espagnol d’El Pais, Ignacio Cembrero, ce qui aurait provoqué une crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne.
Le Palais n’a jamais aimé El Mostafa Ramid, qu’il traitait souvent d’« agité du bocal ». Lors de la constitution du premier gouvernement Benkirane, tout le monde se souvient que le cabinet royal avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas voir Ramid dans la liste des ministres. Le chef du gouvernement avait alors fait un pénible exercice d’explication et donner des gages de la docilité de Ramid pour que le roi accepte.
Depuis Ramid a été sage. Les enquêtes qu’il a diligentées sur la torture et autres dépassements des forces de l’ordre depuis qu’il est entré en fonction n’ont jamais abouti, ou quand elles l’ont été ont toujours dédouané la police. L’enquête qu’il a ordonné publiquement, à travers une intervention télévisée du porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi sur Al Jazeera, sur les policiers qui ont cambriolé et agressé le journaliste Ali Lmrabet, ainsi que les membres des services secrets qui ont envahi la terrasse de sa maison à Tétouan est dans un tiroir de son ministère. Il y a un an, il a nié publiquement qu’il y avait des prisonniers politiques au Maroc, dont beaucoup étaient pourtant ses clients quand il était avocat, puis ces derniers temps il est apparu à l’avant-garde de plusieurs décisions liberticides comme l’arrestation d’Anouzla.
Quant au ministre de la communication Mustapha El Khalfi, que dire de la crédibilité d’un jeune islamiste qui est passé d’un discours anti-américain propre aux islamistes de l’Internationale des barbes à être invité aux Etats Unis aux frais de l’Oncle Sam ?
Et ce sont ces messieurs qui sont venus pour « réformer » le pays.

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27538

vendredi 6 septembre 2013

Nomination très probable du grand voyou Salaheddine Mezouar en tant que ministre des Finances

 Par Ahmed Benseddik, 6/9/2013

La nomination très probable du grand voyou Salaheddine Mezouar en tant que ministre des Finances doit être accompagnée par des protestations dans la rue pour dire au roi que la décision de nommer des voleurs corrompus au poste de ministre n'est plus acceptable.
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Salaheddine Mezouar revient au ministère de l’Economie

Par Bladi, 5/9/2013 Salaheddine Mezouar revient au ministère de l'Economie

D’après le journal en ligne "Lakome", Salaheddine Mezouar redeviendrait ministre de l’Economie dans le gouvernement Benkirane II, comme il l’a été de 2007 à 2011 dans le gouvernement Abbas El Fassi.

"Salaheddine Mezouar sera le prochain ministre de l’Economie et des Finances dans le gouvernement Benkirane II, qui sera officiellement annoncé d’ici une dizaine de jours au plus tard", a déclaré une source anonyme au journal.
Concernant le ministère du Budget, détenu jusque ici par le PJD, trois options se précisent. Soit Driss El Azami El Idrissi garde son poste, et sera donc sous la houlette de Mezouar, soit le ministère est fusionné après quoi il ne restera plus qu’un ministère, englobant le Budget et les Finances. La troisième option serait un remplacement et le départ pur et simple de Driss El Azami El Idrissi.
Maintenant, des doutes persistent sur la durabilité et de la force du gouvernement Benkirane II. Lors des précédentes élections, qui ont permis au PJD d’arriver en tête, le RNI et le PAM (et quelques autres partis) avaient créé une coalition - le "G8" -, dont le seul but était de barrer la route au PJD. Les ennemis d’hier sont-ils devenus les meilleurs amis d’aujourd’hui ?
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A relire pour en savoir plus sur Salaheddine Mezouar :

Affaire des primes Mezouar/Bensouda : plainte classée, Ramid interpellé par la société civile


Noureddine Bensouda et Salaheddine Mezouar

L'ex-ministre des Finances et le Trésorier général du royaume s'étaient attribués des « extra primes » de 80 000 DH/mois, issues des caisses noires de la TGR. Les fonctionnaires qui ont révélé l'information sont eux toujours poursuivis devant la justice pour violation du secret professionnel.
Le Procureur Général du Roi près la Cour d'appel de Rabat a décidé de classer sans suite la plainte déposée par des associations marocaines (dont Transparency Maroc) contre l'ancien ministre des Finances Salaheddine Mezouar et le Trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda.
En juin 2012, le quotidien Akhbar Al Youm avait révélé que les deux hauts responsables s'étaient mutuellement attribués en 2010, par simple décision écrite, des primes d'un montant de 80 000 DH/mois net d'impôts, qui venaient s'ajouter à leurs salaires et indemnités respectifs. L'argent était prélevé sur le compte «Fonds particulier» de la Trésorerie générale du royaume (TGR), sur lequel est versé le produit des activités bancaires de la TGR et qui fait partie des caisses noires du ministère des Finances.
Le parquet a motivé sa décision en se référant à un arrêté du Résident général français au Maroc, datant de 1949 (modifié depuis) et instituant ce fonds particulier au profit du Trésorier général.
Le Procureur Général du Roi explique dans sa lettre adressée le 7 Juin dernier aux ONG demanderesses (et dont Lakome détient une copie), que la détermination des émoluments et autres indemnités échangées entre Mezouar et Bensouda ainsi que leur mode de déboursement avaient une base juridique qui remonte à cet arrêté du 17 décembre 1949. Le parquet explique qu'il s'agit de "procédures administratives" qui échappent au champ de la loi pénale.
La divulgation de ces informations avait soulevé un tollé médiatique dont les répercussions n'ont pas fini de se manifester, surtout après la décision du ministère public de poursuivre les ingénieurs à l'origine de cette affaire pour «divulgation de documents confidentiels». Leur procès est toujours en cours. Parallèlement, un comité formé de 14 ONG s'est constitué pour porter plainte contre Mezouar et Bensouda soupçonnés de dilapidation d'argent public.

Que fait Ramid ?
En réaction à la décision du parquet, le réseau marocain pour la protection de l'argent public (RMPAP) et le comité de solidarité avec les ingénieurs à l'origine des fuites, ont déposé une nouvelle plainte auprès du juge d'instruction qui, selon les dispositions du code de procédure pénale, est habilité à convoquer les personnes concernées devant la police judiciaire afin d'être soumises à une enquête.
Il est important de signaler les discordances qui opposent la décision du Procureur Général du Roi et les précédentes déclarations faites par le Ministre de la Justice, Mustafa Ramid au quotidien Akhbar Al Youm dans lesquelles il affirmait que le dossier Mezouar et Bensouda avait été transféré à la BNPJ qui procéderait aux enquêtes nécessaires. S'agissant de leur convocation effective devant la BNPJ, Bensouda a été auditionné le 24 juillet 2012. Mais la décision du parquet mentionne qu'il a été uniquement question d'étudier les informations contenues dans la plainte pour conclure que l'affaire relève de «mesures administratives» et doit être classée sans suite.
Les auteurs de la plainte ont donc décidé d'envoyer une lettre au ministre de la Justice, en sa qualité de Chef du ministère public, au cas où l'irrégularité de ce classement sans suite est établie.

Primes illégales
La décision rendue par le Procureur Général est en effet en contradiction non seulement avec les dispositions de la nouvelle Constitution mais également avec le discours officiel qui appelle à lutter contre la corruption et la dilapidation de l'argent public. Par ailleurs, cette décision est contraire à la Convention des Nations Unies relative à la lutte contre la corruption et dont le Maroc est partie.
Fondées sur de simples décisions ministérielles, de surcroît non publiées, ces primes se trouvent en non-conformité avec les dispositions de l'article 26 du statut général de la fonction publique qui dispose : «La rémunération comprend le traitement, les prestations familiales et toutes autres indemnités ou primes instituées par les textes législatifs ou réglementaires».
Aux termes des dispositions de cet article, les fonctionnaires ne peuvent bénéficier d'aucune indemnité autre que celles fixées par une loi ou un décret. Ces règles ont été réaffirmées de façon encore plus tranchée pour ce qui concerne les hauts fonctionnaires par l'article 3 du décret du 19 janvier 1976. Il en a été de même pour ce qui concerne les ministres par le décret du 23 avril 1975 qui fixe de manière précise les rémunérations des membres du gouvernement, ne laissant place à aucune possibilité de percevoir d'autres indemnités.

Les documents ordonnant le déboursement des indemnités ne sont pas conformes à la décision du parquet
En analysant les deux lettres signées par Mezouar et objets de la fuite, ces dernières ne font pas mention de la décision du Résident Général de 1949 sur laquelle s'est appuyé le parquet pour justifier de telles indemnisations. En revanche, les deux documents renvoient, d'une part au décret royal du 27 Avril 1967 qui institua le régime général de la comptabilité publique, et d'autre part, à une décision du ministre des finances non publiée et signée par l'ancien ministre, le 9 Janvier 2008.
Or, on s'aperçoit que ces textes ne peuvent être considérés comme des fondements juridiques justifiant les indemnités octroyées mutuellement par Mezouar et Bensouda. En ce sens que ni le décret royal instituant le régime général de la comptabilité publique, ni la loi organique relative à la loi de finances telle que modifiée et complétée par la loi organique du 19 avril 2000, ne permettent au ministre des Finances de créer de nouvelles dépenses ponctionnées sur les recettes des comptes de dépôts et de bénéficier avec ses collaborateurs d'indemnités faramineuses.
Afin de mettre un terme à l'opacité qui règne, la loi de Finances 2013 prévoit d'ailleurs d'intégrer les comptes spéciaux du ministère des Finances au budget général à partir de 2015.

La reddition des comptes, éthique et politique
En supposant que le Procureur Général du Roi réussisse à manipuler les textes juridiques en faveur d'un classement sans suite du dossier en évitant à Mezouar et à Bensouda des poursuites pénales, il demeure que pour des considérations éthiques et politiques, ces deux là devront s'expliquer de leurs interprétations extrêmement libérales de ces textes administratifs pour s'octroyer des indemnités publiques de cet ordre, surtout dans un contexte de crise accrue dans un pays où le dixième de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où la moitié des habitants vivent dans des conditions de précarité.

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Par Badr Soundouss, demainonline,

Salaheddine Mezouar reconnait la réalité des primes


La somme allouée par Mezouar à son « subordonné » Bensouda (Photo Source Akhbar Al Youm)
Rabat.- L’ex-ministre de l’Economie et des finances, Salaheddine Mezouar, a reconnu aujourd’hui sur Atlantic Radio la réalité des primes octroyées par lui-même et son trésorier général du royaume, Noureddine Bensouda, pour leur propres bénéfices.
C’est le quotidien arabophone Akhbar El Youm qui a révélé hier, preuves à l’appui, ces primes.
Ce sont trois arrêtés datant de l’année 2010. Deux documents sont signés de la main de Mezouar, et le troisième est paraphé par Bensouda. Les deux primes allouées par Mezouar au bénéfice de Bensouda sont de l’ordre de 32 000 DH par mois pour la première, et de 197 316 DH par trimestre pour la deuxième. Ce qui fait que Noureddine Bensouda touche, hors salaire, l’astronomique somme de 97 772 DH par mois. Une véritable manne dans un pays en crise financière.
En revanche, la somme de la prime mensuelle allouée par Bensouda à son ministre, 88 000 DH par mois, est légèrement inférieure à ce que touche le pauvre trésorier général du royaume. Mais tout de même…
Or, depuis le début de ce scandale tous les yeux sont rivés sur Salaheddine Mezouar. Peut-être parce qu’il est le patron du Rassemblement national des indépendants (RNI, opposition) et qu’il a été accusé il y a quelques jours par le député Abdelaziz Aftati du PJD, d’avoir touché 400 000 DH par mois du temps de son sacerdorat à la tête du ministère de l’Economie et des finances. Aftati n’a apporté aucune preuve pour le moment.
Si on regarde un peu les chiffres, on constate que Noureddine Bensouda touche tout de même, sur le compte d’un étrange compte de « fonds particuliers », presque 10 000 DH par mois de plus que son ministre. Ce qui vous donne une idée sur la réalité du pouvoir dans ce pays et fait du Maroc un pays où les subordonnés, grâce à leurs « mentors », gagnent plus que leurs patrons…
Badr Soundouss





URL courte: http://www.demainonline.com/?p=18665

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Relire : Leur crime? La lutte contre la corruption

    Traduction de l'arabe: Ahmed Benseddik
      Mohamed Reda, Abdelmajid Aluiz et Mohammed Achik sont trois ingénieurs occupant de hautes fonctions dans les secteurs public et privé. Ils paient aujourd'hui un lourd tribut à cause du manque de transparence et de la mauvaise gouvernance qui continuent à régner au sein du ministère des Finances, et aussi à cause de l'absence de l'Etat de droit.


    Toutefois, la difficile épreuve qu'ils endurent, depuis la publication par le quotidien Akhbar Al Youm des documents qui révèlent l'échange des fameuses primes entre Mezouar et Bensouda, n'est pas vaine. A quelque chose malheur est bon. Voici l'histoire ...
    En Juin de l'année dernière, Akhbar Al Youm a mis la main sur trois documents importants. Il s'agit de décisions prises et signées par l'ancien ministre des Finances, Salaheddine Mezouar (il est encore le président du parti RNI) et le Trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda. En vertu de ces documents, rangés à l'abri des indiscrétions, Bensouda versait à Mezouar une prime illégale de 80.000 dirhams par mois, en plus de son salaire et ses indemnités stipulées exclusivement dans le dahir relatif au traitement des ministres. En retour, Mezouar versait à Bensouda une prime qui avoisinait les 100.000 dirhams par mois. Nous nous sommes assurés, avant publication, de l'authenticité des documents, et nous avons demandé leur avis aux deux concernés. En vain.
    Le silence de Bensouda n'a pas duré longtemps. Il a ouvert une enquête illégale pour savoir qui a divulgué le document à la presse, alors que les deux ministres des finances actuels, Nizar Baraka et Driss El Azami, n'ont pas pipé mot, tétanisés par l'ampleur de la surprise. Mezouar a eu l'audace, ou plutôt le culot, non pas de présenter ses excuses et rembourser aux contribuables l'argent indu, mais de crier haut et fort que ces grosses primes étaient légales et que tous les anciens ministres des Finances faisaient comme lui. Entre-temps, Bensouda s'est improvisé procureur et enquêteur. Il a convoqué Abdelmajid Aluiz, l'a sermonné, puis l'a accompagné à son domicile (celui d'Aluiz), et lui a confisqué son ordinateur personnel. Ensuite, il a rédigé des faux rapports qu'il a adressés à des individus puissants du pouvoir, mettant en garde contre une «conspiration» qui cherche à divulguer des secrets d'État, ajoutant que ce qui a été publié n'est qu'un début et qu'il fallait s'attendre à des fuites d'informations plus importantes. Comme si la Trésorerie générale Marocaine était devenue soudain la CIA. Toutes ces manigances avaient un but: trainer devant les tribunaux des cadres de son administration, innocents et honnêtes, mais qu'il ne contrôle pas.
    Le ministre Baraka, au lieu d'ouvrir une enquête interne au sujet de la légalité de ces primes, qui, en plus, provenaient de caisses noires, a préféré demander l'autorisation du Chef du Gouvernement pour poursuivre en justice le directeur adjoint, Abdelmajid Aluiz, ingénieur et diplômé de l'Ecole Nationale de l'Administration de Paris, et son ami Mohamed Rida, ancien trésorier régional de Casablanca, diplômé de l'Université Harvard aux USA. La charge est la divulgation du secret professionnel. Benkirane, qui n'arrête pas de parler de ses plans pour lutter contre la corruption, a donné son accord sans se soucier ni de la nouvelle constitution, qui donne aux citoyens le droit d'accéder à l'information, ni de son programme gouvernemental qui appelle à la transparence et à l'intégrité. Le dossier est ainsi bien arrivé au ministère de la Justice, et ensuite à la Police judiciaire qui s'est appuyé sur des appels téléphoniques entre Mohamed Rida et notre journal, pour l'accuser de complicité avec Abdelmajid Aluiz dans la fuite de documents  « secrets ».
    De la Brigade Nationale de la Police Judiciaire, le dossier est arrivé au tribunal. Aujourd'hui (18 janvier) la cour entame l'audition des plaidoiries de la défense, ainsi qu'au témoignage à décharge de Mohamed Achik, un ingénieur de l'Ecole des Mines de Paris, qui, dès qu'il a accepté de témoigner en faveur de son collègue Aluiz, a fait l'objet d'une mutation punitive de la part de Bensouda. D'autres fonctionnaires ont refusé d'accuser réception les demandes de comparution devant le tribunal, après avoir fait des déclarations contradictoires chez la police judiciaire.
    Les documents ne sont pas secrets, et devaient être publiés au bulletin officiel. Les primes sont illégales et la police judiciaire devait interroger plutôt les deux bénéficiaires, Mezouar et Bensouda, comme l'avait ordonné le ministre de la Justice. Sauf que ses ordres ne sont pas toujours obéis.
    Tout cela a provoqué un débat sans précédent au Parlement, et un début de consolation pour les trois ingénieurs intègres. En effet, lorsque le Ministère des Finances a présenté son projet de Loi de finance au Parlement, plusieurs parlementaires, dans la majorité et dans l'opposition, se sont intéressés au statut de ces obscurs comptes spéciaux et comptes de trésorerie, où sont puisées ces primes, alors et qui sont gérés clandestinement en dehors du budget général de l'Etat. Ces parlementaires ont ainsi exigé la réintégration de ces comptes au niveau des recettes et dépenses ordinaires du budget (les ressources proviennent entre autres des intérêts générés par les comptes de particuliers ouverts auprès de la Trésorerie générale, qui joue le rôle de banque). En un mot, ils ont demandé une gestion transparente de ces fonds.
    Le ministre Istiqlalien des Finances, Baraka, a d'abord résisté aux propositions d'amendements du parlement. Devant l'insistance des députés, il a accepté d'ajouter l'article 18 bis, qui permettait un début de transparence en 2015. Le spectacle s'anime. Comme le camp des ripoux ne lâche jamais facilement, il a trouvé le moyen de glisser un document illégal dans la copie du projet de loi de finances qui a été distribué au sein de la deuxième chambre. Ce papier bâtard et anonyme mentionne une « erreur matérielle » dans la rédaction de l'article 18. En fait, « la correction de l'erreur » avait pour but de vider l'amendement de sa substance, mais ce coup de poker n'a pas réussi et le scandale éclata. Mal dans ses petits souliers, le ministre des Finances a été contraint de retirer le papier de l'« erreur matérielle », les fonds de la honte et les comptes spéciaux seront dénudés.
    Merci aux trois ingénieurs, dont les noms et les sacrifices vont marquer la mémoire de la transparence. Quant à la presse, elle a encore devant elle un chemin parsemé d'épines et de difficultés, simplement parce qu'elle met à nu les faits, et montre à la société son vrai visage.

    http://fr.lakome.com/index.php/maroc/283-leur-crime-la-lutte-contre-la-corruption

    jeudi 8 août 2013

    DanielGate-suite: El Himma en première ligne



    Fouad Ali El Himma, conseiller du roi Mohammed VI

    Le déclenchement de l'affaire DanielGate est le résultat de la guerre larvée entre le cabinet royal et l'équipe Benkirane selon des sources proches des autorités espagnoles. C'est Fouad Ali El Himma qui a demandé à l'ambassadeur d'Espagne d'adresser les demandes de transfèrements et de grâce directement au cabinet royal. C'est sous son égide que la fusion des deux listes a permis à Daniel Galvan, inscrit sur la liste des transfèrements, d'être gracié. Récit.

    Le communiqué du cabinet royal en date du 30 juillet, qui met en cause le roi d'Espagne Juan Carlos 1er en affirmant que c'est à sa demande que les 48 prisonniers espagnols, et donc le pédophile Daniel Galvan, avaient été graciés par le souverain marocain, a sans doute contribué à délier les langues côté autorités espagnoles. C'est effectivement de source proche de l'Etat espagnol que Lakome a appris deux informations majeures qui mettent à mal la thèse du cabinet royal et surtout, soulignent l'ambiance délétère entre le cabinet royal et le gouvernement Benkirane.

    La chaîne des événements qui va mener à la grâce de Daniel Galvan commence avec la rencontre entre Juan Carlos et Abdelilah Benkirane le 17 juillet à Rabat. En visite officielle, Juan Carlos arrive chez le chef du gouvernement avec une requête. Un prisonnier de 74 ans diabétique et cardiaque condamné à 4 années de prison pour trafic de drogue demande à purger sa peine en Espagne. La requête n'est pas si exceptionnelle puisque les conventions signées entre les deux états permettent aux citoyens d'un pays incarcéré dans l'autre pays, et remplissant un certain nombre de conditions, de demander leur transfèrement dans leur pays de nationalité pour y purger le reste de leur peine. Jusque là rien d'exceptionnel.
    Le 19 juillet alors que Juan Carlos vient juste de monter dans l'avion qui va le ramener à Madrid, Abdelilah Benkirane, présent au coté de Mohammed VI pour saluer le monarque espagnol, informe le chef de l'Etat de la requête espagnole de transfèrement d'Antonio Garcia. Selon une source proche du PJD, le souverain marocain lui signifie son accord et lui demande même d'accélérer la procédure. Le premier ministre contactera Mustapha Ramid, son ministre de la justice, pour lui demander d'entamer la procédure et de prendre attache avec son vis à vis espagnol.

    L'appel du 20 Juillet
    Ce sera un appel téléphonique de Fouad Ali El Himma à l'ambassadeur d'Espagne, Alberto Navarro, qui accélérera les événements. Selon des sources proches des autorités espagnoles, le samedi 20 juillet alors que Juan Carlos avait à peine quitté le pays, un El Himma passablement énervé signifie son courroux au diplomate, surpris. L'objet de l'ire difficilement contenue du conseiller royal et plus proche collaborateur du roi du Maroc,  est cette requête de transfèrement d'un prisonnier espagnol adressé non pas au Cabinet royal, mais, insulte des insultes, au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. «Sa Majesté aussi peut régler ce genre de problème» s'entend dire l'ambassadeur.
    Décontenancé, l'ambassadeur espagnol explique qu'en fait, la maison royale a parfaitement respecté le protocole puisqu'il s'agit d'une demande de transfèrement, légalement du ressort du ministère de la justice marocain, et non pas d'une demande de grâce royale, auquel cas elle aurait été adressée au cabinet royal.
    Le conseiller marri n'en démord pas et insiste auprès du diplomate pour que les listes des demandes de grâce et de transfèrements aussi soient envoyées au cabinet royal.  Les six consulats espagnols du royaume seront mis à contribution pour compiler la liste de tous les prisonniers de nationalité espagnole incarcérés au Maroc. Les services de l'ambassade dresseront deux listes. La première de 30 individus concernent les demandes de transfèrement, la deuxième composée de 18 individus concernent les demandes de grâce.

    Fusion des listes
    Notre source affirme que les autorités espagnoles ont été surprises en prenant connaissance de la décision du cabinet royal marocain. D'abord ce ne sont pas deux listes qui sont annoncées mais une seule. Une liste unique qui annonce la grâce de la totalité des 48 noms contenus dans les deux listes initiales, y compris donc les demandeurs de transfèrement.
    Parmi les prisonniers graciés quelques noms embarrassent les Espagnols, c'est notamment le cas d'un certain Antonio Garcia Ancio, fils d'Antonio Garcia Vidriel en faveur duquel Juan Carlos avait intercédé. Le fils était considéré comme le principal accusé dans l'opération de transport de 9 tonnes de hashish et avait été condamné à 10 années de prison. Une grosse prise lâchée dans la nature.
    Ironie de l'histoire, le fils que les espagnols ne voulaient absolument pas voir libéré a été gracié alors que le père lui doit attendre la fin de la procédure de demande de transfèrement, qui peut durer jusqu'à un mois.
    Et puis il y a ce monstre pédophile de Daniel Galvan.
    Mais les autorités espagnoles ne sont pas plus inquiètes que cela : elles pensent que l'histoire passera sous les radars de l'opinion publique. Après tout, c'est le Maroc et les décisions du roi ne se discutent pas. C'est lorsque l'opinion publique marocaine s'avérera moins docile que prévu et que la monarchie marocaine s'empêtrera dans ses contradictions pour expliquer sa décision, qu'ils appréhenderont l'ampleur du désastre.

    Le ministère de la Justice avait prévenu le cabinet royal
    Pourquoi les listes ont-elles été fusionnées ? Est ce par erreur ? Et si c'est une erreur, n'est ce pas le cabinet royal et plus précisément Fouad Ali El Himma qui en est le premier responsable, puisque c'est lui, peut être à la demande du roi, qui a appelé l'ambassadeur espagnol pour lui demander de s'adresser au palais en pareilles circonstances ?
    Et si ce n'était pas une erreur. Ce pourrait-il que le cabinet royal ait voulu démontrer sa supériorité institutionnelle vis à vis du gouvernement ? Faire preuve de munificence en graciant tout le monde sans prendre en considération l'avertissement du ministère de la justice ? Cet avertissement donné lorsque la décision d'exécuter est redescendue du cabinet royal a été confirmé à Lakome par un proche de Mustapha Ramid, malgré le démenti public de ce dernier.

    Daniel Galvan, l'inconnue
    Le passé nébuleux du pédophile espagnol d'origine irakienne complique cette affaire d'Etat. Son avocat a affirmé à Lakome que son client prétendait avoir travaillé pour les services Irakiens. Des sources proches de la diplomatie espagnole ont assuré à Lakome que sa maîtrise de la langue espagnole était anormalement approximative pour quelqu'un qui prétendait avoir travaillé pendant de nombreuses années dans un milieu universitaire espagnol. Les recherches de Lakome dans la base de données du bulletin officiel espagnol n'ont pu trouver trace de la publication de sa naturalisation comme l'exige la loi. Les versions de la nature de son travail à l'université de Murcia se multiplient, toutes différentes les unes des autres. Tout cela entoure le personnage d'un halo de mystère.
    D'un autre côté, l'information selon laquelle sa grâce avait été demandée par les services espagnols est sortie du palais à Rabat. Rapportée par Lakome, cette information avait-elle pour but de dédouaner un Cabinet royal aux abois ? L'opinion publique accepte mieux la version de la grâce octroyée dans le cadre de l'intérêt supérieur de la nation, comme l'a d'ailleurs affirmé le ministre de la justice dans son communiqué (qui a depuis été retiré du site du ministère), que celle d'une querelle infantile entre le cabinet royal et l'équipe Benkirane, qui a dérapé avec les conséquences que l'on connait maintenant.

    samedi 15 juin 2013

    Un juge en sit-in à Rabat


    Pour dénoncer des pressions dont il aurait fait l’objet, le juge Anbar tient depuis ce vendredi un sit-in devant la Cour de cassation de Rabat. Ses griefs sont dirigés contre le ministre de la Justice, et plusieurs membres du conseil supérieur de la magistrature.
    Me Mohammed Anbar, président de chambre à la Cour de cassation et vice-président du Club des juges du Maroc, a entamé depuis 9 heures ce vendredi 14 juin, un sit-in devant la Cour de cassation. Il dit protester  contre «une injustice»  de la part du ministre de la Justice et des Libertés et des membres permanents du Conseil Supérieur de la magistrature.
    Le juge brandissait une grande pancarte disant : «Un président de Chambre à la Cour de cassation et vice-président du Club des juges Maroc en sit-in ouvert en signe de protestation contre la Constitution, la loi, les restrictions   et les menaces à mon indépendance de juge, de la part du ministre de la Justice et les membres permanents du Conseil supérieur de la magistrature. Je sollicite SM le roi, garant de l'indépendance de la justice pour intervenir et nommer une commission royale pour enquêter sur ces abus et ces violations des lois qui me visent en tant que juge à la Cour de cassation».
    L’homme dit avoir été privé de travail pendant plus d'un an, après qu’on lui ait retiré tous ses dossiers. Il aurait par la suite refusé une nomination au poste de procureur du roi au tribunal de première instance de Bejaad, puis une autre en tant qu’assistant du procureur général à la Cour d’appel de Rabat. Ces nominations, décidées par Mustafa Ramid ministre de la Justice, visaient selon lui à l'empêcher de poursuivre son activisme au sein du Club des juges du Maroc.
    Me Anbar a confié à Lakome qu’il poursuivra son sit-in jusqu’à ce que ses revendications soient entendues, principalement celle portant sur la désignation d'une commission royale pour enquêter sur les abus dont il a fait l’objet en tant que juge.

    vendredi 22 février 2013

    Un activiste du M20F lance une vidéo de sa cellule

     Une vidéo prise dans une cellule cellule par un activiste du M20F

        http://youtu.be/LPHRG0mUMTA

    Hespress.com

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     Bons baisers de la prison de Salé !

    Le prisonnier d'opinion du M20F depuis la prison de Salé (Photo prise d'écran)
    Le prisonnier d’opinion du M20F depuis la prison de Salé (Photo prise d’écran)

    Un jeune prisonnier politique a fêté à sa manière le deuxième anniversaire de la naissance du Mouvement du 20 février en envoyant depuis la prison civile de Salé 2 un message-vidéo dans lequel il a clamé haut les idéaux de son mouvement.
    Loin de faire dans le « naâmisme » (Naâm Sidi !, Naâm Lalla !), ce jeune détenu  confirme les principes du M20F et dit parler au nom de tous ses camarades détenus avec lui dans ce pénitencier.
    Au passage, il critique les déclarations du ministre de la justice et des libertés (sic), Mustapha Ramid, qui avait assuré il y a quelques mois qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques au Maroc, avant de se rétracter piteusement devant la levée de boucliers que ses paroles ont provoquée.
    Ce jeune homme a terminé son message par un « Vive le peuple marocain » au lieu de l’obligé « « Vive le roi ! ».
    Selon des sources contactées par Demain, depuis la parution de cette vidéo, le régime a réagi en investissant de force Salé 2, avec un renfort de 20 matons qui ont mis sens dessus dessous les quartiers de la prison. Fouilles corporelles, contrôles des cellules, tabassage de détenus et menaces verbales contre les récalcitrants, tel est le climat dans cette taule.
    On a appris également que Abdelkader Belliraj, présenté par les autorités marocaines comme le chef d’un réseau islamiste portant son nom, une accusation que les autorités belges jugent farfelue, a été mis à l’isolement total.
    Va-t-on essayer d’impliquer Belliraj avec le Mouvement du 20 février ?
    URL Source (vidéo visible à partir du site): http://www.demainonline.com/?p=25412


    dimanche 13 janvier 2013

    A lire et diffuser ! Centre de détention secret de Témara, lettre ouverte à Abdelilah Benkirane



    Portrait de Ali El-Gazi
    Par Ali El-Gazi, 13/1/2013
    Ali El Gazi, ancien commissaire à la DGST, revient sur l'existence du centre de détention de Témara, un lieu dont la classe politique nie bien volontiers l'existence malgré l'insistance des ONG internationales.


    Monsieur,
    En tant que citoyen marocain et en ma qualité d’ancien commissaire de police ayant servi dans les rangs de la DGST pendant plus de 19 ans et compte tenu du vent de changement qui a soufflé sur le Maroc,  je me fais un devoir de briser le silence ou plutôt mon silence autour de la question des violations des droits de l’homme au Maroc et du centre de détention secret de Témara, véritable symbole des atteintes aux droits et à la dignité de l’homme.
    Les événements qu’a connus le Maroc au cours de l’année 2011 à savoir l’organisation du référendum (1er juillet 2011) et la tenue d’élections législatives (25 novembre 2011) ont suscité en moi beaucoup d’espoirs auxquels j’ai cru naïvement. Mais le silence complice de plus d’un responsable qui entoure cette prison secrète et les sévices qui y ont été perpétrés a brisé tous mes espoirs d’un lendemain qui chante en matière des droits de l’homme.

    Les autorités marocaines ont beau nier l’existence de ce tristement célèbre centre, la première fois c’était en 2004, l’année où le procureur général du Roi auprès de la Cour d’appel de Rabat a effectué une visite d’inspection au siège de la DGST et à l’issue de laquelle il a affirmé n’avoir constaté l’existence d’aucun local pouvant servir d’un lieu de détention secret. Après une deuxième visite effectuée sous la pression de la rue le 18 mai 2011, le procureur général du Roi a réaffirmé les mêmes conclusions à savoir que les locaux de ce siège n’abritaient aucun lieu de détention. Cette visite a été suivie par celle du Président et du Secrétaire général du CNDH et de celle des parlementaires, dont Lahcen Daoudi, qui ont tour à tour fait le même constat. Un constat d’autant plus surprenant qu’il émane, entre autres, d’anciens détenus politiques et défenseurs des droits de l’homme qui ont eux‑mêmes subi, au cours des années de plomb, les affres de la détention et de la torture. Le 2 novembre 2011, une délégation marocaine s’est fait l’écho, devant les experts du Comité contre la torture réunis à Genève, des résultats de ces visites et a tenté en vain de nier l’existence de ce centre de détention. Et depuis lors le Maroc n’a eu de cesse d’en nier l’existence chaque fois que l’occasion se présentait.

    Par ces dates, j’avoue que je ne vous apporte rien de nouveau puisqu’il s’agit là d’un secret de Polichinelle, sauf qu’en ma qualité d’ancien commissaire de police à la DGST, je déclare en mon âme et conscience que ce centre a bel et bien existé.
    Dire que ce centre n’a jamais existé ou qu’il s’agit d’une légende qui n’a que trop duré comme l’a déclaré l’ancien ministre de la Communication et porte‑parole du gouvernement Al Fassi, M. Khalid Naciri dans un entretien à RFI relève de la distorsion de la réalité et de la désinformation. Ce haut lieu de torture a été, par excellence, un lieu de torture et de violation des droits de la personne les plus élémentaires où les détenus ont enduré les traitements et les sévices les plus dégradants.

    Pire encore, ce centre a servi de lieu de détention où la DST a pratiqué la torture sur des détenus étrangers pour le compte d’autres pays. Là encore, je ne vous apporte rien de nouveau, M. Mustapha Ramid, pour ne citer que celui‑là, alors député du PJD n’a‑t‑il pas un jour déclaré urbi et orbi que dans ce centre on pratiquait la torture « par procuration » au profit d’autres pays? Ce même député n’a‑t‑il pas annoncé avoir rassemblé de nombreux témoignages de citoyens qui auraient été victimes d’actes de torture dans ce centre de détention? Des actes abominables pratiqués dans ce centre et dans d’autres endroits au Maroc que je dénonce et auxquels j’ai toujours refusé de participer. Mon refus d’y participer n’a pas été sans me valoir de gros ennuis qui m’ont contraint à signer mon départ « in » volontaire en 2005 et à quitter mon pays.

    N’est‑il pas donc grand temps, Monsieur le Chef du gouvernement, que M. Mustapha Ramid, aujourd'hui ministre de la Justice et des Libertés ordonne l’organisation d’une visite en bonne et due forme à ce siège en présence d’anciens pensionnaires de ce centre de détention, de leurs avocats et d’experts internationaux pour recueillir tout indice susceptible de révéler l’existence de cette prison? N’est‑il pas urgent qu’il ordonne l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits de la personne et sur la torture pratiquée systématiquement dans ce centre de détention et ailleurs?
    Les auteurs de ces violations tiennent toujours les commandes et ils ont même bénéficié de plusieurs promotions. Faut‑il donc attendre des années ou des décennies pour que leur responsabilité soit établie, qu’il soit mis fin à l’impunité dont ils bénéficient, que la justice soit faite et que l’existence de ce centre de détention soit reconnue?
    On a beau nier, des années durant, l’existence de Tazmamart, d’Agdz et de Kelaat Magouna pour ne citer que ceux‑là, mais on a fini par reconnaître leur existence. Qu’on le veuille ou non, le centre de détention de Témara subira tôt ou tard, le même sort que ceux‑là, car tout finira, un jour, par se savoir.

    Maintenant que le ministère de la Justice est échu à votre parti et que la nouvelle constitution vous accorde des pouvoirs élargis, vous n’avez pas le droit de vous trouver des excuses pour ne pas faire diligenter des enquêtes sur les exactions commises. Vous n’avez pas non plus le droit d’être insensible et sourd aux nombreux témoignages sur la torture, pratiquée dans ce centre, relayés par des associations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.
    Sachez, Monsieur le Chef du gouvernement, que nier l’existence de ce centre de sinistre mémoire revient à nier les cruels sévices infligés à ses anciens pensionnaires dont les aveux, qui leur ont été extorqués, ont souvent été utilisés, devant les tribunaux, comme preuves pour leur condamnation. Sachez aussi que nier cette existence est une injustice flagrante à leur égard, puisque, ce faisant, vous leur déniez un droit élémentaire à savoir celui d’être rétablis dans leurs droits et de poursuivre en justice les responsables des violences qu’ils ont subies.
    Je ne doute nullement de votre volonté ni de vos bonnes intentions, mais la seule volonté et toutes les bonnes intentions du monde ne suffisent pas. Seule une bonne dose de courage moral et politique, une qualité, je n’en doute pas, dont vous ne manquez pas, vous permettra de veiller à une bonne gouvernance sécuritaire. Et la bonne gouvernance, un principe qui vous est très cher, passe par une gestion transparente du dossier des violations des droits de l’homme.
    Certes, vous avez hérité de plusieurs dossiers et leur traitement ne se réalise pas d’un coup de baguette magique, je vous le concède, mais ma plus grande crainte est de vous voir traiter le dossier des droits de l’homme avec votre fameuse formule سلف عما الله اعف (faire table rase du passé) ou de le mettre aux oubliettes.

    Enfin, permettez‑moi, Monsieur le Chef du gouvernement, de saluer, à travers cette lettre ouverte, le courage et la persévérance des jeunes et des moins jeunes du Mouvement du 20 février, toutes tendances confondues, grâce auquel votre parti a gagné les élections, qui ont bravé toutes les interdictions et ont tenté d’organiser le 15 mai un pique‑nique devant le siège de la DST pour dénoncer les violations des droits de l’homme qui y ont été perpétrées. L’histoire retiendra surtout la persévérance et la détermination de ces jeunes qui ne désarment pas en dépit de la répression qui continue à s’abattre sur eux et les procès iniques dont ils sont l’objet. 

    Permettez-moi, Monsieur le Chef du gouvernement, de vous exprimer mes vœux de succès les plus sincères et j’espère que vos promesses électorales relatives à la bonne gouvernance ne restent pas de vœux pieux.