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samedi 13 février 2016

'Macho Mouchkil !', des citoyens dénoncent le sexisme ordinaire au Maroc

Quelques un-es des pionnières et pionniers au projet politico-artistique "<em>Macho Mouchkil !, 50 Marocain.e.s brisent la routine</em>"
Quelques un-es des pionnières et pionniers au projet politico-artistique "Macho Mouchkil !, 50 Marocain.e.s brisent la routine"
© Julia Küntzle

Des Marocaines et des Marocains, de tous âges et de tous milieux, s'engagent dans "Macho Mouchkil !" un projet artistique et politique audacieux afin de dénoncer le sexisme omniprésent au Maroc, en famille, dans la rue, au travail, dans les institutions. Un projet mené par la photographe Julia Küntzle

Le Maroc est un bien mauvais élève en matière de droits des femmes : 133e sur 142 pays, soit juste derrière l’Arabie saoudite, selon le dernier classement annuel sur les inégalités entre les sexes publié par le Forum économique mondial. En théorie pourtant, le royaume s’est engagé depuis 2011, dans le préambule de sa Constitution, « à combattre et bannir toute discrimination à l’égard de quiconque en raison du sexe ». Mais au quotidien, de nombreux Marocains et Marocaines souffrent du machisme et de la violence de cette société patriarcale, qu’il est difficile de critiquer publiquement.

Une exposition à Cherbourg aussi Le travail de Julia Küntzle sera exposé à Cherbourg (Normandie), du 4 au  13 mars 2016 (portraits du Maroc, des Etats-Unis et de France) à l'occasion du Festival "Femmes dans la ville". Le 9 mars, la photographe y animera un atelier participatif sur la question du machisme ordinaire avec des jeunes de collège et lycée.
Dans cette galerie de portraits masqués, 50 citoyens marocains des deux sexes, de tous les âges et de toutes les classes sociales, dénoncent ce sexisme à travers une histoire personnelle.
Le projet s’appelle Macho Mouchkil, car au Maroc, la phrase "Machi Mouchkil !" ("Pas de problème" en arabe dialectal marocain) banalise parfois ces "accidents" du machisme ordinaire. Ces portraits seront exposés en 2016 à Paris et à Rabat, en partenariat avec le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (M.A.L.I).

Voici huit de ces portraits d'hommes et femmes photographiés par Julia Küntzle, accompagnés de leurs témoignages recueillis par la photographe et proposés par Terriennes.

DANS LE REGARD DES AUTRES...

Ma mère a honte de ma carrière de danseuse
Imen 20 ans

Imen 20 ans
Imen 20 ans
(©) Julia Küntzle
Si quelqu’un de ma famille questionne ma mère à mon sujet, elle répond que je poursuis mes études d’économie à Marrakech, alors que je suis en fait danseuse dans une troupe. Je donne des cours, je fais des spectacles et j’en vis plutôt bien. Je suis fière de ma carrière, mais mes parents en ont honte et préfèrent camoufler la vérité, par peur des qu’en-dira-t-on. Même à ma famille en France, elle refuse de leur raconter. Parfois, mes parents me demandent d’arrêter de danser et de trouver un autre métier. Une femme qui danse dans notre société est très mal vue. Elle est souvent considérée comme une prostituée. Et c’est vrai que parfois, quand je dis aux gens que je suis danseuse professionnelle, ils me demandent si je fais des strip-teases, du lap dance, ou de la danse orientale dans les bars… C’est toujours le mauvais côté de la danse qui ressort, et ça me désole… Le paradoxe, c’est que ma mère adore regarder les émissions de danse à la télé et encourage même des Marocaines ! Mais ça, c’est pour les autres, pas pour sa propre fille…
Même s’ils m’ordonnent souvent de quitter ma troupe, d’arrêter de me maquiller et de me « ranger », je ne céderai jamais ! J’aime beaucoup trop ma vie et j’estime avoir le droit de la mener comme je l’entends.


samedi 28 juin 2014

Maroc: la colère des féministes contre des propos du Premier ministre





mediaManifestation à Rabat, mardi 24 juin, pour demander la démission du Premier ministre après ses propos tenus sur les femmes.REUTERS
Le chef islamiste du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane a fait une déclaration polémique sur les femmes la semaine dernière devant les députés. Il a estimé que le travail ne laissait « plus de temps [à la Marocaine] ni de se marier, ni de devenir mère, ni d'éduquer ses enfants », ajoutant qu'il s'agissait d'une « faute ». « Les foyers marocains se sont éteints lorsque les femmes sont sorties pour travailler », selon lui. Il n'en fallait pas davantage pour mobiliser les associations de femmes, qui ont manifesté ce mardi à Rabat.
Une centaine de femmes sont rassemblées devant le Parlement, sous les élégants palmiers de l'avenue Mohammed V, la principale artère de Rabat. Leur mot d'ordre : la colère. Une colère dirigée contre le Premier ministre Abdelilah Benkirane, comme l'explique Fouzia Assouli, de la coordination pour l'application de l'article 19 de la Constitution : « Stop ! », crie-t-elle.
« Le chef du gouvernement, au lieu de prendre des mesures pour rendre effective l'égalité à l'accès au travail, au lieu de féliciter les femmes courageuses qui participent à la croissance, se transforme en prédicateur qui rentre en concurrence avec les mouvements islamistes radicaux, analyse Fouzia Assouli. Oui, nous sommes en colère. On dit : ça suffit ! »
Étaient présentes ce mardi : des femmes de tous les âges, certaines voilées, d'autres non. Mais aussi des hommes. Les participants arboraient parfois une casserole à la main pour se moquer de ceux qu'ils qualifient de « rétrogrades ». Nejia Malek est l'une de ces militantes poussées dans la rue par les propos du chef du gouvernement.
« Pendant six ans, confie-t-elle, je n'ai participé à aucune manifestation, c'est la première fois que je viens. » Et de justifier sa présence par les propos du Premier ministre : « Je crois que c'est une grande maladresse, vu que la femme marocaine a une histoire, qu'elle a toujours été là ; pendant la guerre, pendant la colonisation... C'est impossible que ce discours passe sans problème. »
Malgré son interdiction par la préfecture, le rassemblement s'est dispersé dans le calme en fin d'après-midi.

vendredi 13 décembre 2013

Vote scandaleux au Parlement européen


Marie-Christine VERGIAT, Députée Européenne

Vote scandaleux au Parlement européen

Communiqué de Marie-Christine Vergiat députée européenne Front de Gauche 10/12/2013 - En cette journée anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme qui proclame l'égalité de tous les êtres humains en droits et en dignité, le moins qu'on puisse dire c'est que le Parlement européen n'a pas été à la hauteur de ses responsabilités. Le rapport de Mme Edite Estrela sur les droits sexuels et génésiques en débat au Parlement européen depuis quelques semaines, vient d'être mis à bas par le groupe PPE (où siège l'UMP) associé à la droite extrême et souverainiste de l'hémicycle.
Ce rapport faisait un état des lieux de la situation des femmes et des droits sexuels et génésiques de l'UE en y apportant certaines recommandations, comme le respect de la liberté de chacun de maîtriser sa contraception et la nécessité de services de santé accessibles à toutes et tous.
La droite de l'hémicycle a prétexté un argument de subsidiarité pour refuser de voter ce rapport progressiste qui ne faisait que réaffirmer des positions traditionnelles du Parlement européen en ce domaine.
Il s'agit d'une excuse sans aucun fondement puisque ce texte était un rapport d'initiative. Ce qui signifie qu'il s'agit de recommandations qui ne remettaient pas en question la souveraineté des États membres de décider de leurs politiques de santé. Les députés européens le savent bien, puisqu'ils votent ce type de texte en permanence.
Mme Estrella a demandé lors du vote de ce rapport que les électeurs se souviennent de ce vote honteux lors des élections européennes, je la rejoins pleinement dans cet appel.

C'est un vote purement électoraliste sous la pression des lobbies les plus réactionnaires qui soient, proches en France de ceux et celles qui se sont opposés au mariage pour tous.
Au Front de Gauche, nous saurons nous en souvenir et continuerons de placer les droits de femmes au centre de nos revendications.

samedi 23 novembre 2013

Deux ONG exigent des excuses de Ramid

 Par Bouthaina Azami le 18/11/2013
 
Ramid
© Copyright : Brahim Taougar - Le360
 
L’association La marche des femmes et le groupe Femme réflexion action ont adressé une lettre au ministre de la Justice pour lui demander des explications et des excuses suite à ses propos agressifs, affirment les signataires, à l’encontre de la députée Hasna Abouzaid. 
L’association La marche des femmes et le groupe Femme réflexion action ont adressé une lettre ouverte au ministre de la Justice pour lui demander des explications et des excuses, suite à ses propos, affirment les signataires, à l’encontre de la députée Hasna Abouzaid (USFP) lors d'une réunion de la commission de la Justice au Parlement. "Monsieur le Ministre de la Justice et des libertés, vous avez été jusqu'à qualifier une députée élue par le peuple de "mal élevée" (…).  On ne peut que se féliciter de la réponse pertinente de Madame Hasna Abouzaid, vous assurant qu'un ministre de la Justice insultant une femme en public était la dernière personne à pouvoir lui donner des leçons d'éducation et on est en droit de se demander si la présence de femmes au sein du Parlement n'est pas la cause de ce genre de débordements, comme si l'ingérence des citoyennes de ce pays dans la marche des institutions déstabilisait et dérangeait tous ces hommes qui étaient restés jusqu'à présent délibérément entre eux!", lit-on dans cette lettre.

Une lettre claire et incisive dans laquelle les signataires se sont insurgés non seulement contre l’humiliation faite à Hasna Abouzaid, mais à celle faite à toutes les femmes. "Monsieur le Ministre, l’objet de cette lettre est de vous demander, à vous et à votre parti des explications et des justifications sur votre comportement envers les femmes. Que se passe-t-il et quels sont les problèmes des hommes de ce pays vis-à-vis des femmes ? Votre chef de gouvernement ne se réfère à elles que pour se moquer des gardiennes de hammams, symbole pour lui de la stupidité humaine! Quant à vous, Monsieur le Ministre de la Justice (…), en insultant cette élue, vous avez insulté tous ceux qui l'avaient élue ! En l'insultant, ce sont toutes les femmes marocaines que vous avez blessées".

Les femmes se mobilisent pour défendre leurs droits. Associations féminines et comités de lutte pour les droits des femmes sont de plus en plus présents et engagés sur la scène sociopolitique "face à la montée de la violence faite aux femmes".  Or, ajoutent les signataires de cette lettre, un ministre, de la Justice qui plus est, devrait être le premier à "respecter", "protéger et donner l’exemple d’une éthique". "Nous osons espérer, Monsieur le Ministre, que vous aurez, en signe précisément de votre bonne éducation, l'élégance de présenter vos excuses à Madame la Députée et de montrer ainsi le chemin à suivre à tous ces hommes qui dans notre pays n'ont toujours pas admis le principe pourtant universel de la parfaite égalité entre les hommes et les femmes", concluront les auteurs.

La réaction de Hasna Abouzaid
Pour rappel, Hasna Abouzaid n’aurait pas même eu le temps de prendre la parole, selon ses déclarations, avant que Mustapha Ramid ne saute de son fauteuil, levant la main et élevant la voix pour la traiter de "mal éduquée" (Ghaïr Mouaddaba ») devant les parlementaires. Ce à quoi la députée a répondu : "J’ai tout un lexique pour réagir à vos propos, mais je suis au-dessus de ça". Le journal de l’USFP a d'ailleurs rapporté les propos de la parlementaire, qui a considéré le comportement de Mustapha Ramid comme un affront et une humiliation : "Je vous informe de la gravité d’un mode de gestion politique qui a laissé une blessure profonde, en matière de réalisations, dans la mémoire des Marocains, notamment concernant les viols d’enfants. Vous avez fui vos responsabilités et avez avancé des justifications sans consistances quant aux manquements dans l’application de la loi", a ainsi déclaré à Mustapha Ramid Hasna Abouzaid, faisant allusion à l’affaire du pédophile Daniel Galvan. "Vous n’êtes pas prêt à mettre le pouvoir au service de la justice", a-t-elle ajouté avant d’évoquer la répression des manifestations, notamment des chômeurs, et l’appel d’un mouvement féministe qui "a fait confiance" au gouvernement pour une réforme de la justice lors même que cet appel n’a pas même été "considéré". "C’est, dira-t-elle encore, ce que nous a rapporté l’organisme officiel de ces "mal éduquées".
 http://www.demainonline.com/2013/11/19/maroc-la-mafia-pantagruelique/

lundi 21 janvier 2013

La jeune marocaine violée par le député Arif est emprisonnée pour outrage à magistrat





Le député marocain Hassan Arif.
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21/1/3013
Au Maroc, vive polémique sur la toile après un verdict très contesté : vendredi 18 janvier, un parlementaire accusé de viol, condamné en première instance à un an de prison, s’est vu finalement acquitté en appel tandis que la victime a été emprisonnée pour outrage à magistrat. Depuis trois ans qu’il dure, ce procès était passé plutôt inaperçu jusqu’à ce qu’une blogueuse relaie l’info et s’insurge face à ce verdict.

Des dizaines d’articles outrés sur le web, une pétition en ligne et un groupe Facebook qui demandent la démission du député Hassan Arif, voilà quelques-unes des réactions produites par la toile marocaine après que l’accusé ait été acquitté.
Pourquoi une telle poussée de colère ? Sans doute parce que cette affaire, injustement ou non, rappelle toutes les autres plaintes pour viol qui sont classées sans suite par la justice marocaine, dans un pays où quand une femme accuse un homme de viol, on la soupçonne presque systématiquement d’avoir provoqué l’acte et de l’avoir bien cherché.
Ensuite, dans le cas de ce procès, des tests ADN prouvent qu’un enfant est né du rapport sexuel entre l’accusé et la plaignante. Un relevé d’opérateur téléphonique atteste également de l’existence de près de 300 coups de fil du député vers la jeune femme. Or malgré ces faits, pour le moins gênants, l’accusé nie tout : la paternité de l’enfant, les coups de fil, et même le fait de connaître la plaignante.
Enfin, si l’accusé a été reconnu innocent, faute de preuves, la plaignante a été placée en détention provisoire pour « outrage à magistrat ». Elle aurait manqué de respect au juge après avoir contesté bruyamment le verdict.
Autant d’éléments qui, cumulés, ont suscité une volée de bois vert, surtout de la part de femmes marocaines qui promettent de continuer à se mobiliser.

  http://www.rfi.fr/afrique/20130121-violee-une-marocaine-est-emprisonnee-outrage-magistrat
Voir l'article du 17/1/13