Son
analyse de la révolution arabe, nous a valu, en vrac, le Baby-boom arabe
corollaire du chômage, la visibilité des femmes, le naufrage du système
éducatif arabe, l’émergence de l’individu comme acteur et la prégnance de
l’Etat-Nation. Après son soporifique état des lieux, dans une diction à la
limite du supportable et loin de se décourager, face au silence réprobateur de
la salle, il a tenté d’ expliquer à une assistance médusée, les raisons qui
l’auraient, lui, le réformateur, poussé à s’investir dans le printemps
marocain dont pour un peu, notre homme en revendiquerait la paternité !
Selon
lui, ce sont les particularités du Maroc qui l’auraient séduit:
-
Une monarchie vieille de plus de quatorze siècles, installée sur des frontières
inchangées et qui a échappé à l’occupation ottomane,
-
Une diversité et un pluralisme ethno-culturels, malgré un Etat central
fort.
-
Une réforme du pouvoir, entamée bien avant le printemps arabe.
-
L’adoption du code de la famille en 2004.
- La constitution de l’instance équité et réconciliation, destinée à éviter la
répétition des violations des droits de l’homme.
- La mise en place de l’Instance de lutte contre la corruption
-
Le conseil de la concurrence.
-
Le mouvement du 20 février accélérateur essentiel du processus de réforme
-
La mise en place de la nouvelle constitution.
En
paraphrasant de la sorte, le discours officiel, Driss El Yazami a-t-il seulement
conscience qu’il en devient de facto, le thuriféraire, perdant du même coup,
toute légitimité du réformateur, qu’il prétend être ? Sait-il seulement qu’en
épousant, jusqu’à l’absurde, les thèses du régime, autant que l’argumentaire
de ses campagnes de marketing, il passe de la posture du défenseur des droits
de l’homme, à celle du suppôt inconditionnel d’une monarchie, qui n’a de
positif, à son bilan, que le portefeuille que la famille royale et ses
complices se sont constitués, en un demi-siècle de prédation, de confiscation et
de crimes en tous genres. Comme le serpent qui vient de gober l’œuf et se trouve
emprunté, au moment où il doit en restituer la coquille, il sait, sans doute,
qu’un retour en arrière, lui est désormais interdit et que la seule attitude
qu’il lui reste à adopter, est la fuite en avant. Collaborer avec les ennemis de
la démocratie, n’a, en effet, jamais mené leurs auteurs, ailleurs, que sur les
chemins de la compromission et de la perdition ?
Quand
Zineb prend la parole, elle trépigne et ronge son frein, déjà depuis plusieurs
minutes. Sa réplique est cinglante. Elle fulmine et culmine sa colère. Elle
livre une toute autre version du Maroc. Celle que le régime tait à la communauté
internationale. En se présentant, elle évoque le chômage où l’a plongée la
fermeture ourdie de son journal, raconte la condamnation ubuesque de
Ali Amar, pour le vol d’un ordinateur lui appartenant
et sa propre inculpation pour prostitution. On l’aura compris, un règlement de
comptes du régime envers le premier, pour publication de son livre sur le roi du
Maroc et envers la seconde, pour sa nuque de révolutionnaire, un peu trop raide,
au goût des partisans de l’absolutisme. Elle détaille tout et n’épargne rien des
crimes de la monarchie, jusqu’aux plus sordides, quand elle évoque
Mohamed Binyam, ce britannique d’origine musulmane,
dont le pénis a été tailladé par ses bourreaux, dans le bagne secret de la
Direction de la Surveillance du Territoire
(DST) à Témara, dont le
régime persiste à nier jusqu’à l’existence.
Driss
El yazami est détruit. Il se tasse un peu plus sur sa chaise, s’arrondit
littéralement, s’effondre et se répand sur la table, sans laquelle il chuterait
de son siège. Au bord de l’asphyxie, Il cherche un bol d’oxygène qui pourrait
venir de ses compagnons d’estrade, les questionne du regard, y quémande des
réponses qui ne viennent pas, cherche du secours auprès du public, mais celui-ci
gronde de réprobation.
La
sincérité de Zineb est sans faille. Elle est perceptible dans cette colère du
juste devant l’injustice. Tout son être n’est plus qu’indignation. Telle
Marianne sur la barricade, elle sait qu’elle parle pour l’histoire. Elle
poursuit sa charge ulcérée de voir, dit-elle, s’exprimer, dans une tribune
consacrée au printemps arabe, un conseiller du roi qui a escamoté le véritable
débat par des généralités. On le serait à moins ! La salle applaudit à tout
rompre !
El
yazami est au bord du malaise. On l’entendrait presque gémir et en appeler à sa
mère, à son dieu, ou à ses saints. Il murmure, se lamente, soliloque, regrette
d’être venu se jeter dans cette gueule de loup béante qui le mastique, le
déchiquette et le déchire. Il se prend le visage d’une main, boit une gorgée
d’eau, triture le micro, se cure le nez du pouce et de l’index et envoie
valdinguer ses boulettes de crotte sur l’estrade, sans se rendre compte que tous
les regards de la salle, sont braqués sur lui. Il jette un regard à sa voisine,
ricane péniblement et tente pitoyablement de la rassurer, en lui promettant de
répondre à cette interpellation. Son teint bileux, son visage exsangue et sa
bouche sèche, reflètent son profond désarroi.
Zineb
poursuit de plus belle et pointe son aide-mémoire en guise d’index accusateur,
en évoquant les treize immolations par le feu, les tabassages des manifestants
pacifiques et la mort de Kamal Ammari. Sur la
« Moudawana » qui continue de nier aux femmes leurs
droits les plus élémentaires, elle a cette formule qui fait chavirer
l’assistance de bonheur :
-
« j’hérite la moitié de ce que vous héritez, vous, en tant qu’homme
alors que je paie mon café au même prix !»
Sur
l’Instance Equité et Réconciliation
(IER), elle parle des recommandations
jamais suivies d’effet. Sur l’Instance de Lutte contre la
Corruption, elle rappelle qu’elle n’aura épargné ni à
Transparency, l’interdiction de remettre son prix au
Maroc, ni à Chakib El Khyari une condamnation de trois
ans d’emprisonnement, pour avoir précisément dénoncé la corruption. A chaque
salve de la militante, répond un tonnerre d’applaudissements et
d’encouragements, pouces ou poings levés !
Le
roi, septième tête couronnée la plus riche du monde et soixante pour cent de la
capitalisation marocaine, n’échappe pas à sa vindicte lorsqu’elle raconte l’
implication de ce dernier dans toutes les niches économiques : téléphonie,
agro-alimentaire, assurances, immobilier, hôtellerie…….. Quelle différence entre
Mohamed VI et Ben Ali ?
A-t-on reçu un conseiller de Ben Ali pour parler de révolution ?
Sermonne-t-elle ?
Elle
rappelle enfin, ce simulacre de constitution, qui consacre l’Islam, religion
d’Etat et qui a été concocté dans les arcanes du palais, en trois mois, par dix
huit personnes, dénuées de toute légitimité, et non par une constituante, comme
le demandait le peuple marocain qui n’a eu que dix jours pour se prononcer sur
cette constitution votée à 99%, score digne de la Corée du Nord
El
yazami est sonné par un tel déluge. Il sait qu’il a perdu et la partie et la
face. Pour lui adoucir un tant soit peu, la défaite, sa voisine lui accorde un
droit de réponse, mais le cœur n’y est plus, même quand il proteste mollement,
et tente lamentablement d’infantiliser ses semblables révoltés: « Lisez cette
constitution ». Plus tard il s’essaiera à la formule avec son « vous n’avez pas
la prétention de parler au nom de tous les marocains ! ». Piètre argument.
Ce
n’est pas cette nuit-là qu’il dormira du sommeil du juste, ni qu’il savourera
son passage, dans cette salle, où le baratin n’aura pas suffi.
Ce
débat appartient, désormais, à l’histoire et rien ne vaut ces moments superbes
que celle-ci nous offre, lorsque se croisent deux destins. Celui du démocrate,
vent debout, en route vers la liberté, et celui des imposteurs, lorsque le
ressac les emporte, vers les abysses insondables de l’infamie.
************************
Zineb El Rhazaoui lynche Driss El Yazami
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samedi 22 novembre 2014
Il y a 3 ans : Réglement de comptes à Clermont-Ferrand
Libellés :
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samedi 23 novembre 2013
dimanche 7 avril 2013
Torture : El Mostafa Naïm écrit à François Hollande
Torture : El Mostafa Naïm écrit à François Hollande
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Salé (près de Rabat ), le 1 Avril 2013
Monsieur le Président de la République,
Je me permets de vous écrire pour attirer votre attention sur
l’insupportable injustice que je subis sur le sol marocain, après m’être
fait enlever en Espagne (port d’Algésiras) par des agents marocains en
civils. Depuis 30 mois, je suis incarcéré au Maroc, alors
qu’officiellement, je ne me trouve même pas dans le pays.
Après avoir passé des vacances en famille au Maroc, je l’ai quitté
par voie terrestre en direction de la France où je réside. Une fois la
Méditerranée traversée, sur le sol espagnol, j’ai été interpellé par des
hommes marocains en civil, qui m’ont violenté et m’ont traîné de force
dans la cale du ferry qui retournait vers le Maroc. Sur mon passeport
français, il y a un tampon de sortie du Maroc, et pas de tampon
d’entrée. De nombreux articles de presse se sont penchés sur mon affaire
et relatent en détail les violations de mes droits et de la législation
internationale qui entachent mon dossier.
Après avoir disparu 10 jours, durant lesquels je me trouvais dans une
zone de non droit où j’ai subi les pires tortures, j’ai été condamné à
une peine d’emprisonnement de 5 années pour association de malfaiteurs.
Je clame mon innocence et dénonce un dossier monté de toutes pièces,
avec fausse date d’arrestation, contradictions flagrante des policiers…
Comment peut-on enlever un citoyen français sans que la France
n’intervienne? Je précise que cet enlèvement est intervenu sur le sol
européen, et non pas au Maroc, avec lequel la France se montre
manifestement peu regardante sur les dossiers des Droits humains, y
compris lorsqu’ils concernent ses ressortissants.
Monsieur le Président j’ai été torturé, notamment avec de
l’électricité durant 13 jours dont 10 au fameux centre de Témara par la
DST. J’ai été sauvagement battu, insulté, humilié, bafoué, alors même
que je n’ai commis aucun crime.
L’association l’ACAT (Action Chrétienne contre l’Abolition de la
Torture) a dénoncé à plusieurs reprise les traitements que j’ai subis,
sans que cela ne suscite la moindre réaction de la part des autorités de
mon pays, la France, qui ont le devoir de veiller à ma sécurité et de
préserver mon intégrité.
J’ai dénoncé mon enlèvement et les sévices qui m’ont été infligés dès
que j’ai pu le faire, c’est à dire dès que j’ai été mis dans une prison
« civile », aux différentes autorités françaises. A ce jour, je n’ai
jamais reçu de réponse.
Mon avocat Maître François Heyraud a déposé une plainte auprès du
parquet de Lyon (cf. copie en annexe). Pour toute suite, le procureur de
la République de Lyon a dénoncé les faits « d’enlèvement et usage de
faux en écriture publique » au profit des autorités espagnoles. Il s’est
ainsi purement et simplement dessaisi du dossier alors même que je suis
plaignant français.
Vous trouverez ci-dessous les coordonnées de mon avocat.
(François HEYRAUD Avocat à la Cour)
10, rue du Président Carnot
69002 LYON
Mais là où le bât blesse, Monsieur le Président, c’est que j’ai même
eu droit à un phrase, plus qu’éloquente sur l’immobilisme, voire la gêne
manifeste qui entoure mon dossier :
« ON NE PEUT PAS INTERVENIR DE CRAINTE DE CRÉER UN CONFLIT DIPLOMATIQUE »
En m’enlevant sur le sol espagnol, on se demande bien qui se joue bien de provoquer un conflit?
Je vis une véritable injustice, plusieurs violations graves du droit
international ont été commises, mais je vois là que d’inavouables
intérêts complaisants passent avant ma dignité, et même avant la
légalité internationale.
À l’heure même ou je vous écris, je suis incertain de ce qui va
m’arriver en publiant cette lettre, je sais que je vais devoir en
assumer les conséquences. Lors de la médiatisation de mon affaire, j’ai
dû faire face aux pressions les plus sournoises, aux menaces, mais aussi
à un transfert abusif.
Je vous informe par la présente, non sans désespoir, que j’entamerai
une grève de la faim le lundi 1 Avril 2013. Il ne me reste plus que cet
ultime moyen pour dire mon refus de l’injustice et faire enfin réagir
une France devenue sourde-muette à la souffrance de l’un de ses enfants.
Monsieur le Président, je souhaite par la présente vous saisir afin
que vous vous penchiez sur mon dossier lors de votre visite au Maroc.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de mes salutations distinguées.
El Mostafa Naïm (Numéro d’écrou 561 )
Prison de Salé 2
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=26320
mercredi 27 février 2013
Bienvenue au siège de la DST à Témara
Par demainonline, 27/2/2013
Le siège de la DST à Témara, dans la banlieue de Rabat,
n’est pas seulement un simple complexe de bureaux. Il est étalé sur
plusieurs hectares où sont installées des antennes satellitaires. On
peut remarquer également d’autres types d’antennes et même une sorte de
route à deux voies qui peut permettre l’atterrissage de petits avions,
genre Cessna.
Ce que l’on ne voit pas, par contre, c’est la prison souterraine dont
les cellules servent de salles de torture comme ont pu témoigner
plusieurs hôtes, marocains et étrangers, qui y ont été « invités ».
(Ecoutez le témoignage de la vidéo).
http://youtu.be/Kp0F-mqhDE8
D’ailleurs, si on regarde bien, le siège de la DST est ceinturé par
une double fortification, et sûrement une cloison. Ce qui prouve que
c’est bel et bien une prison.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=2545
Libellés :
centre de torture,
siège de la DST,
Témara
mardi 5 février 2013
Rapport. La DST torturait pour la CIA... à Témara
- Écrit par Omar Radi, Lakome 5/2/2013
Un rapport récent vient d'accuser l'Etat marocain de
complicité avec la CIA en accordant au service secret américain des
espaces de détention et de torture sur son propre territoire, dont le
fameux centre de détention de Témara.
Selon l’Open society justice initiative,
le Maroc a permis à la CIA de procéder à des opérations sur son propre
territoire, dans le cadre de ce qu’on appelle « la lutte contre le
terrorisme ».
Le rapport explique que « le Maroc a détenu et
torturé des personnes secrètement livrées, et a hébergé des opérations
de détention secrète de la CIA. Il a également permis l'utilisation de
son espace aérien et les aéroports pour les vols associés aux opérations
de restitution extraordinaire de la CIA ».
Sur les 136 personnes enlevées et torturées, le Maroc en a accueilli
plusieurs, selon le rapport qui précise que les agents de la CIA étaient
souvent présents lors de ces opérations. «La CIA a
secrètement gardé ses détenus en Afghanistan, en Lituanie, au Maroc, en
Pologne, en Roumanie, en Thaïlande, et à Guantánamo Bay. Le président
Bush a déclaré que près d’une centaine de personnes a été détenue dans
le cadre du programme de détention secret de la CIA, dont un tiers ont
été interrogés à l'aide ‘techniques personnalisées d'interrogatoire’ ».
Parmi ceux que liste le rapport, on retrouve, entre autres, Ali Abd
al-Aziz Ali, détenu par la CIA à Rabat, en 2004, Abou Elkassim Britel,
remis par la CIA aux agents marocains qui l’ont torturé pendant dix mois
à Témara, durant l’année 2002 ou encore le fameux Binyam Mohammed, qui a
été torturé pendant 2 ans en 2002 avant d’être expédié à Guantanamo.
Toujours selon le rapport, les opérations se déroulent dans deux
endroits dans la région de Rabat. Le premier, très connu du public
marocain, et dont l’existence a été officiellement niée par les
autorités, est le centre de détention secret de Témara. Le second, pas
loin, est celui de Ain Aouda.
----------------------------------------------------------------------------
Par Demainonline, 5/2/2013
Torture internationale : Le Maroc parmi les élèves méritants selon une ONG américaine
Cinquante-quatre pays, dont le Maroc, ont collaboré avec la CIA, l’agence d’intelligence américaine, dans son programme de détention secrète et de tortures de suspects de terrorisme après les attentats du 11-Septembre.
C’est dans le dernier rapport de l’organisation Open Society Justice Initiative, qui vient d’être rendu public aujourd’hui mardi 5 février.
Tous les gouvernements cités dans le rapport, dont notre cher pays, toujours à l’avant-garde dans ce genre d’activités, étaient impliqués à diverses échelles dans l’acceuil sur leur sol des prisonniers envoyés par les Etats-Unis. Ces Etats ont ouvert leur espace aérien pour permettre le transfert illégal de personnes d’un pays à un autre et ont souvent autorisé la gégène sur leurs propres territoires. Parce que les Etats-Unis qui menaient tout ce beau monde à la baguette voulaient rester vierges…
« En participant à ces opérations, ces gouvernements ont violé aussi le droit intérieur et international et ont sapé les règles contre la torture », qui est « non seulement illégale et immorale mais aussi inefficace pour réunir des renseignements fiables », dénonce ce rapport intitulé « De la mondialisation de la torture ».
Point positif pour le Maroc, si on peut dire, cette fois-ci il ne va pas se sentir seul puisque 25 pays d’Europe sont concernés, comme l’Autriche, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Finlande, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Même la paisible (et très démocratique!) Australie y est allée de sa petite touche en arrachant sûrement quelques ongles à un pauvre suspect.
Généralement, les méthodes d’interrogatoire qui y étaient utilisées, et autorisées sous George W. Bush, incluaient notamment la simulation de noyade, assimilée à de la torture. Mais pour le Maroc (l’ONG nous donne une longue liste d’heureux bénéficiaires de l’hospitalité marocaine), d’autres méthodes sophistiquées ont été utilisées pour casser de l’islamiste, qu’il soit coupable ou innocent.
Le rapport évoque le site de la DST à Témara, de sinistre mémoire, mais aussi le nouveau site d’Aïd Aouda, que les Etats-Unis auraient aidé à construire, et où continue toujours de chatouiller les détenus.
Demain se fait un plaisir de publier la partie (en anglais) réservée au Maroc. Pour que les deux « grands droithommistes » du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Driss El Yazami et Mohamed Sebbar, ne nous disent pas encore que la torture n’existe pas au Maroc parce qu’ils n’ont « rien vu ».
Morocco detained and tortured extraordinarily rendered individuals,
and hosted secret CIA detention. It also permitted use of its airspace
and airports for flights associated with CIA extraordinary rendition
operations.
Individuals that the CIA extraordinarily rendered to Morocco include Abou Elkassim Britel, Noor al-Deen, and Binyam Mohamed. The CIA transferred Abu Britel to Morocco on May 23, 2002, where he was tortured for eight and half months in the custody of Moroccan agents at T.mara prison.1294 On July 22, 2002, the CIA transferred Mohamed to Morocco where his interrogators broke his bones while beating him, sliced his genitals, poured hot liquid onto his penis while cutting it, and threatened him with rape, electrocution, and death.1295 See the detainee list in Section IV.
Saleh Hadiyah Abu Abdullah Di’iki was transferred from Mauritania, where he was held reportedly at the behest of the United States, to Morocco in November 2003.1296
After a month of detention in Morocco, a team of U.S. officials in military uniforms and masks flew Di’iki, diapered and hooded, to Afghanistan, where he was held by U.S.
authorities, including by the CIA, at two different facilities, before being transferred to Libya.1297 Mustafa Salim Ali el-Madaghi was flown, after being diapered and hooded by Americans in accordance with “standard CIA rendition transportation procedures,” to Morocco, and held in a facility that appeared to be “run by Americans” for around two months before being extraordinarily rendered to Libya.1298 Additionally, Hassan Ghul reportedly believed that he was detained in Morocco at some point while the CIA held him in secret detention.1299 See the detainee list in Section IV.
In addition, Ali Abd al-Aziz Ali (Ammar al-Baluchi), Gouled Hassan Dourad (Haned Hassan Ahmad Guleed), Riduan Isamuddin (Hambali), Abd al Rahim al Nashiri Ramzi bin al-Shibh, and Abu Zubaydah were secretly detained by the CIA in Morocco. 1300 See the detainee list in Section IV.
There are two detention facilities in Morocco associated with CIA secret detention and extraordinary rendition operations. First, there is the T.mara Detention Center south of Rabat, which is run by the Moroccan Internal Security Service.1301
According to a 2010 U.N. report, at least three extraordinary rendition victims— including Binyam Mohammed, Abou Britel, and Noor al-Deen—were held in the T.mara prison.1302 Second, the United States reportedly helped Morocco build an additional facility in Ain Aouda, near Rabat, specifically for Al Qaeda suspects.1303 Jeppesen Dataplan was involved in landing extraordinary rendition flights in Rabat, Morocco.1304 Additionally, court documents show that at least seven flights operated by Richmor Aviation (a company whose flights transported CIA extraordinary rendition victims)1305 landed in Morocco in 2004.1306 These include flight N85VM, which landed in Rabat at some point between March 27 and 30, 2004; N85VM, which landed in Rabat between April 11 and 13, 2004; N85VM, which landed in Rabat between May 3 and 7, 2004; N85VM, which landed in Rabat between May 20 and 22, 2004; N85VM, which landed in Rabat between July 23 and 25, 2004; N85VM, which landed in Rabat between July 30 and August 3, 2004; and N227SV, which landed in Rabat between September 29 and October 2, 2004.
There have been no known judicial cases or investigations in Morocco relating to its participation in CIA secret detention and extraordinary rendition operations.
http://www.demainonline.com/?p=25067
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Par Demainonline, 5/2/2013
Torture internationale : Le Maroc parmi les élèves méritants selon une ONG américaine
Cinquante-quatre pays, dont le Maroc, ont collaboré avec la CIA, l’agence d’intelligence américaine, dans son programme de détention secrète et de tortures de suspects de terrorisme après les attentats du 11-Septembre.
C’est dans le dernier rapport de l’organisation Open Society Justice Initiative, qui vient d’être rendu public aujourd’hui mardi 5 février.
Tous les gouvernements cités dans le rapport, dont notre cher pays, toujours à l’avant-garde dans ce genre d’activités, étaient impliqués à diverses échelles dans l’acceuil sur leur sol des prisonniers envoyés par les Etats-Unis. Ces Etats ont ouvert leur espace aérien pour permettre le transfert illégal de personnes d’un pays à un autre et ont souvent autorisé la gégène sur leurs propres territoires. Parce que les Etats-Unis qui menaient tout ce beau monde à la baguette voulaient rester vierges…
« En participant à ces opérations, ces gouvernements ont violé aussi le droit intérieur et international et ont sapé les règles contre la torture », qui est « non seulement illégale et immorale mais aussi inefficace pour réunir des renseignements fiables », dénonce ce rapport intitulé « De la mondialisation de la torture ».
Point positif pour le Maroc, si on peut dire, cette fois-ci il ne va pas se sentir seul puisque 25 pays d’Europe sont concernés, comme l’Autriche, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Finlande, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Même la paisible (et très démocratique!) Australie y est allée de sa petite touche en arrachant sûrement quelques ongles à un pauvre suspect.
Généralement, les méthodes d’interrogatoire qui y étaient utilisées, et autorisées sous George W. Bush, incluaient notamment la simulation de noyade, assimilée à de la torture. Mais pour le Maroc (l’ONG nous donne une longue liste d’heureux bénéficiaires de l’hospitalité marocaine), d’autres méthodes sophistiquées ont été utilisées pour casser de l’islamiste, qu’il soit coupable ou innocent.
Le rapport évoque le site de la DST à Témara, de sinistre mémoire, mais aussi le nouveau site d’Aïd Aouda, que les Etats-Unis auraient aidé à construire, et où continue toujours de chatouiller les détenus.
Demain se fait un plaisir de publier la partie (en anglais) réservée au Maroc. Pour que les deux « grands droithommistes » du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Driss El Yazami et Mohamed Sebbar, ne nous disent pas encore que la torture n’existe pas au Maroc parce qu’ils n’ont « rien vu ».
GLOBALIZING TORTURE (Morocco)
Individuals that the CIA extraordinarily rendered to Morocco include Abou Elkassim Britel, Noor al-Deen, and Binyam Mohamed. The CIA transferred Abu Britel to Morocco on May 23, 2002, where he was tortured for eight and half months in the custody of Moroccan agents at T.mara prison.1294 On July 22, 2002, the CIA transferred Mohamed to Morocco where his interrogators broke his bones while beating him, sliced his genitals, poured hot liquid onto his penis while cutting it, and threatened him with rape, electrocution, and death.1295 See the detainee list in Section IV.
Saleh Hadiyah Abu Abdullah Di’iki was transferred from Mauritania, where he was held reportedly at the behest of the United States, to Morocco in November 2003.1296
After a month of detention in Morocco, a team of U.S. officials in military uniforms and masks flew Di’iki, diapered and hooded, to Afghanistan, where he was held by U.S.
authorities, including by the CIA, at two different facilities, before being transferred to Libya.1297 Mustafa Salim Ali el-Madaghi was flown, after being diapered and hooded by Americans in accordance with “standard CIA rendition transportation procedures,” to Morocco, and held in a facility that appeared to be “run by Americans” for around two months before being extraordinarily rendered to Libya.1298 Additionally, Hassan Ghul reportedly believed that he was detained in Morocco at some point while the CIA held him in secret detention.1299 See the detainee list in Section IV.
In addition, Ali Abd al-Aziz Ali (Ammar al-Baluchi), Gouled Hassan Dourad (Haned Hassan Ahmad Guleed), Riduan Isamuddin (Hambali), Abd al Rahim al Nashiri Ramzi bin al-Shibh, and Abu Zubaydah were secretly detained by the CIA in Morocco. 1300 See the detainee list in Section IV.
There are two detention facilities in Morocco associated with CIA secret detention and extraordinary rendition operations. First, there is the T.mara Detention Center south of Rabat, which is run by the Moroccan Internal Security Service.1301
According to a 2010 U.N. report, at least three extraordinary rendition victims— including Binyam Mohammed, Abou Britel, and Noor al-Deen—were held in the T.mara prison.1302 Second, the United States reportedly helped Morocco build an additional facility in Ain Aouda, near Rabat, specifically for Al Qaeda suspects.1303 Jeppesen Dataplan was involved in landing extraordinary rendition flights in Rabat, Morocco.1304 Additionally, court documents show that at least seven flights operated by Richmor Aviation (a company whose flights transported CIA extraordinary rendition victims)1305 landed in Morocco in 2004.1306 These include flight N85VM, which landed in Rabat at some point between March 27 and 30, 2004; N85VM, which landed in Rabat between April 11 and 13, 2004; N85VM, which landed in Rabat between May 3 and 7, 2004; N85VM, which landed in Rabat between May 20 and 22, 2004; N85VM, which landed in Rabat between July 23 and 25, 2004; N85VM, which landed in Rabat between July 30 and August 3, 2004; and N227SV, which landed in Rabat between September 29 and October 2, 2004.
There have been no known judicial cases or investigations in Morocco relating to its participation in CIA secret detention and extraordinary rendition operations.
http://www.demainonline.com/?p=25067
dimanche 13 janvier 2013
A lire et diffuser ! Centre de détention secret de Témara, lettre ouverte à Abdelilah Benkirane
Ali El Gazi, ancien commissaire à la DGST, revient sur
l'existence du centre de détention de Témara, un lieu dont la classe
politique nie bien volontiers l'existence malgré l'insistance des ONG
internationales.
Monsieur,
En tant que citoyen marocain et en ma qualité d’ancien commissaire de
police ayant servi dans les rangs de la DGST pendant plus de 19 ans et
compte tenu du vent de changement qui a soufflé sur le Maroc, je me
fais un devoir de briser le silence ou plutôt mon silence autour de la
question des violations des droits de l’homme au Maroc et du centre de
détention secret de Témara, véritable symbole des atteintes aux droits
et à la dignité de l’homme.
Les événements qu’a connus le Maroc au cours de l’année 2011 à savoir l’organisation du référendum (1er
juillet 2011) et la tenue d’élections législatives (25 novembre 2011)
ont suscité en moi beaucoup d’espoirs auxquels j’ai cru naïvement. Mais
le silence complice de plus d’un responsable qui entoure cette prison
secrète et les sévices qui y ont été perpétrés a brisé tous mes espoirs
d’un lendemain qui chante en matière des droits de l’homme.
Les autorités marocaines ont beau nier l’existence de ce tristement
célèbre centre, la première fois c’était en 2004, l’année où le
procureur général du Roi auprès de la Cour d’appel de Rabat a effectué
une visite d’inspection au siège de la DGST et à l’issue de laquelle il a
affirmé n’avoir constaté l’existence d’aucun local pouvant servir d’un
lieu de détention secret. Après une deuxième visite effectuée sous la
pression de la rue le 18 mai 2011, le procureur général du Roi a
réaffirmé les mêmes conclusions à savoir que les locaux de ce siège
n’abritaient aucun lieu de détention. Cette visite a été suivie par
celle du Président et du Secrétaire général du CNDH et de celle des
parlementaires, dont Lahcen Daoudi, qui ont tour à tour fait le même
constat. Un constat d’autant plus surprenant qu’il émane, entre autres,
d’anciens détenus politiques et défenseurs des droits de l’homme qui ont
eux‑mêmes subi, au cours des années de plomb, les affres de la
détention et de la torture. Le 2 novembre 2011, une délégation marocaine
s’est fait l’écho, devant les experts du Comité contre la torture
réunis à Genève, des résultats de ces visites et a tenté en vain de nier
l’existence de ce centre de détention. Et depuis lors le Maroc n’a eu
de cesse d’en nier l’existence chaque fois que l’occasion se présentait.
Par ces dates, j’avoue que je ne vous apporte rien de nouveau
puisqu’il s’agit là d’un secret de Polichinelle, sauf qu’en ma qualité
d’ancien commissaire de police à la DGST, je déclare en mon âme et
conscience que ce centre a bel et bien existé.
Dire que ce centre n’a jamais existé ou qu’il s’agit d’une légende qui n’a que trop duré
comme l’a déclaré l’ancien ministre de la Communication et porte‑parole
du gouvernement Al Fassi, M. Khalid Naciri dans un entretien à RFI
relève de la distorsion de la réalité et de la désinformation. Ce haut
lieu de torture a été, par excellence, un lieu de torture et de
violation des droits de la personne les plus élémentaires où les détenus
ont enduré les traitements et les sévices les plus dégradants.
Pire encore, ce centre a servi de lieu de détention où la DST a
pratiqué la torture sur des détenus étrangers pour le compte d’autres
pays. Là encore, je ne vous apporte rien de nouveau, M. Mustapha Ramid,
pour ne citer que celui‑là, alors député du PJD n’a‑t‑il pas un jour
déclaré urbi et orbi que dans ce centre on pratiquait la torture « par
procuration » au profit d’autres pays? Ce même député n’a‑t‑il pas
annoncé avoir rassemblé de nombreux témoignages de citoyens qui auraient
été victimes d’actes de torture dans ce centre de détention? Des actes
abominables pratiqués dans ce centre et dans d’autres endroits au Maroc
que je dénonce et auxquels j’ai toujours refusé de participer. Mon refus
d’y participer n’a pas été sans me valoir de gros ennuis qui m’ont
contraint à signer mon départ « in » volontaire en 2005 et à quitter mon
pays.
N’est‑il pas donc grand temps, Monsieur le Chef du gouvernement, que
M. Mustapha Ramid, aujourd'hui ministre de la Justice et des Libertés
ordonne l’organisation d’une visite en bonne et due forme à ce siège en
présence d’anciens pensionnaires de ce centre de détention, de leurs
avocats et d’experts internationaux pour recueillir tout indice
susceptible de révéler l’existence de cette prison? N’est‑il pas urgent
qu’il ordonne l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits de
la personne et sur la torture pratiquée systématiquement dans ce centre
de détention et ailleurs?
Les auteurs de ces violations tiennent toujours les commandes et ils
ont même bénéficié de plusieurs promotions. Faut‑il donc attendre des
années ou des décennies pour que leur responsabilité soit établie, qu’il
soit mis fin à l’impunité dont ils bénéficient, que la justice soit
faite et que l’existence de ce centre de détention soit reconnue?
On a beau nier, des années durant, l’existence de Tazmamart, d’Agdz
et de Kelaat Magouna pour ne citer que ceux‑là, mais on a fini par
reconnaître leur existence. Qu’on le veuille ou non, le centre de
détention de Témara subira tôt ou tard, le même sort que ceux‑là, car
tout finira, un jour, par se savoir.
Maintenant que le ministère de la Justice est échu à votre parti et
que la nouvelle constitution vous accorde des pouvoirs élargis, vous
n’avez pas le droit de vous trouver des excuses pour ne pas faire
diligenter des enquêtes sur les exactions commises. Vous n’avez pas non
plus le droit d’être insensible et sourd aux nombreux témoignages sur la
torture, pratiquée dans ce centre, relayés par des associations
nationales et internationales de défense des droits de l’homme.
Sachez, Monsieur le Chef du gouvernement, que nier l’existence de ce
centre de sinistre mémoire revient à nier les cruels sévices infligés à
ses anciens pensionnaires dont les aveux, qui leur ont été extorqués,
ont souvent été utilisés, devant les tribunaux, comme preuves pour leur
condamnation. Sachez aussi que nier cette existence est une injustice
flagrante à leur égard, puisque, ce faisant, vous leur déniez un droit
élémentaire à savoir celui d’être rétablis dans leurs droits et de
poursuivre en justice les responsables des violences qu’ils ont subies.
Je ne doute nullement de votre volonté ni de vos bonnes intentions,
mais la seule volonté et toutes les bonnes intentions du monde ne
suffisent pas. Seule une bonne dose de courage moral et politique, une
qualité, je n’en doute pas, dont vous ne manquez pas, vous permettra de
veiller à une bonne gouvernance sécuritaire. Et la bonne gouvernance, un
principe qui vous est très cher, passe par une gestion transparente du
dossier des violations des droits de l’homme.
Certes, vous avez hérité de plusieurs dossiers et leur traitement ne
se réalise pas d’un coup de baguette magique, je vous le concède, mais
ma plus grande crainte est de vous voir traiter le dossier des droits de
l’homme avec votre fameuse formule سلف عما الله اعف (faire table rase
du passé) ou de le mettre aux oubliettes.
Enfin, permettez‑moi, Monsieur le Chef du gouvernement, de saluer, à
travers cette lettre ouverte, le courage et la persévérance des jeunes
et des moins jeunes du Mouvement du 20 février, toutes tendances
confondues, grâce auquel votre parti a gagné les élections, qui ont
bravé toutes les interdictions et ont tenté d’organiser le 15 mai un
pique‑nique devant le siège de la DST pour dénoncer les violations des
droits de l’homme qui y ont été perpétrées. L’histoire retiendra surtout
la persévérance et la détermination de ces jeunes qui ne désarment pas
en dépit de la répression qui continue à s’abattre sur eux et les procès
iniques dont ils sont l’objet.
Permettez-moi, Monsieur le Chef du gouvernement, de vous exprimer mes
vœux de succès les plus sincères et j’espère que vos promesses
électorales relatives à la bonne gouvernance ne restent pas de vœux
pieux.
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dimanche 28 octobre 2012
Les Russes dénoncent la présence d’une prison secrète US au Maroc
Cette fois-ci, ce sont les Russes qui l’affirment. Dans un rapport
circonstancié établi par le ministère russe des affaires étrangères et
traitant des droits de l’homme dans le pays, zaâma le plus démocratique de la planète, les Etats-Unis, les ex-tovarich (camarades) révèlent que la CIA, l’agence américaine de renseignements, possède une prison secrète au Maroc.
Dans ce document virulent qui accable les Etats-Unis et qui a été
présenté au parlement russe (la Douma), il est signalé que cette prison
se trouve à 25 kilomètres de Rabat, qu’elle a été « bâtie à l’intérieur d’une colline boisée, non loin du village d’Aïn Aouda« .
Selon des sources qui ont lu ce rapport, il s’agirait « d’un long bâtiment de trois étages ceint d’une quinzaine de maisons cubiques ». C’est là où sont cuisinés les marocains suspectés de terrorisme, ainsi que les hôtes étrangers livrés par la CIA à la DST.
Car, cette prison secrète n’est autre que le siège central de la DST,
la police politique marocaine, qui avait ses quartiers à Témara, et qui
a été depuis vidée après que des photos par satellite ne révèlent
l’emplacement géographique de cet endroit de sinistre mémoire où ont été
torturés des centaines, voire des milliers de Marocains et d’étrangers,
dont le plus connu est le champion du monde boxe thaïe Zakaria Moumni.
Zakaria Moumni n’est ni un « islamiste » ni un « indépendantiste
sahraoui », c’est juste un sportif de haut niveau qui avait exigé à
l’entourage de Mohamed VI, le secrétaire particulier du roi, Mohamed Mounir Majidi pour
ne pas le citer, le droit, comme le stipule la loi, de bénéficier d’un
poste de conseiller au ministère de la jeunesse et des sports. Pour
avoir trop exigé, on l’a envoyé au goulag de la DST à Témara.
Mais, selon le ministère russe des affaires étrangères, il n’y a pas
que Aïn Aouda qui sert de prison secrète aux Américains. La très
imposante base militaire de Beni Guerir, qu’on peut facilement voir à
gauche, 70 kilomètres avant d’arriver à Marrakech venant de Casablanca,
sert aussi de lieu de torture pour nos hôtes étrangers. La plupart de ces invités gardent
une rancune tenace envers le Maroc, un pays qu’ils ne connaissaient
même pas avant d’être torturés par des agents marocains pour le compte
de l’Oncle Sam.
On comprend mieux maintenant pourquoi à chaque fois qu’elle vient au Maroc, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton trouve que nous sommes un pays formidable.
Mais formidable pour qui, dear Ms ?
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Zakaria Moumni
jeudi 8 décembre 2011
Lettre ouverte de la FIDH au roi du Maroc sur le sort de Zakaria Moumni
Sa Majesté le Roi Mohamed VI
Royaume du Maroc
Paris, le 7 décembre 2011
Objet : Situation de Zakaria MOUMNI
Majesté,
Ce sportif marocain, qui a obtenu pour votre pays un titre mondial de championnat de boxe, a en effet été interpellé le 27 septembre 2010 lors de son arrivée à l’aéroport de Rabat en provenance de Paris. Il a été conduit alors au Centre d’interrogatoires de Témara où, victime de torture et de mauvais traitements, il est demeuré pendant quatre jours.
Puis, au terme d’un procès particulièrement expéditif, il a été condamné à une peine de trois années d’emprisonnement pour escroquerie, réduite à deux années et demie en appel. La Cour de cassation a ensuite cassé la décision au regard des anomalies du dossier et des déclarations de Monsieur Zakaria Moumni. Lors de l’audience après renvoi de cassation, le 27 octobre dernier, l’affaire a été ajournée au 15 décembre prochain.
Pendant ce temps Monsieur Zakaria MOUMNI continue de subir, depuis plus de 14 mois, une détention effectuée dans des conditions particulièrement pénibles. Pourtant le délit d’escroquerie invoqué ne repose sur aucun élément probant et sérieux, comme le laisse entendre la Cour de cassation.
La FIDH considère que cette accusation ne constitue qu’un prétexte afin de sanctionner Monsieur Zakaria MOUMNI pour avoir dénoncé une discrimination dont il estime avoir été l’objet en n’ayant pas obtenu le poste de conseiller sportif qui devait lui être attribué.
Alors que vous avez affirmé à plusieurs reprises l’engagement du Royaume du Maroc pour le respect des droits de l’Homme, le sort réservé à Monsieur MOUMNI inquiète vivement nos organisations et jette le doute sur la mise en oeuvre réelle de la volonté affichée.
Au vu des informations fiables en notre possession, il est évident que la détention de Zakaria MOUMNI est arbitraire et que sa libération immédiate et inconditionnelle s’impose.
Dans ce contexte il est essentiel que Monsieur Zakaria MOUMNI, dont l’incarcération n’a que trop duré, puisse comparaître rapidement, sans nouveau report d’audience, le 15 décembre prochain, en bénéficiant du plein respect du droit à un procès équitable.
La FIDH vous demande donc instamment, en votre qualité de Chef de l’Etat et de garant du respect des conventions internationales auxquelles le Maroc a souscrit, de veiller personnellement à la cessation d’une manifeste injustice.
Vous remerciant par avance de prêter une bienveillante attention à la présente requête, nous prions sa Majesté de croire à l’assurance de notre haute considération.
Patrick Baudouin
Président d’honneur de la FIDH
Souhayr Belhassen
Présidente de la FIDH
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mercredi 8 juin 2011
Maroc : Conférence de Presse du Comité « Libérez Zakaria Moumni »*
Communiqué
Par Ayad Ahram, pour le comité de soutien, Paris, 4/6/2011
Cette conférence sera donnée en présence de :
- Mme Taline Moumni, son épouse
- Me Abderrahim Jamai, son avocat
- Mme Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH
- Mme Maria McFarland et M. Brahim Elansari, représentants de HRW
Les organes de presse et les représentants des organisations de défense des droits de l’Homme sont conviés à cette conférence de presse pour être informés de l’incarcération de Zakaria Moumni suite à un procès qui est loin d’être équitable et dont les éléments de la défense n’ont pas été garantis.
Nous rappelons qu’il a été condamné à 3 ans de prison ferme le 4 octobre 2010 pour « escroquerie ». La réalité est toute autre. On lui a fait payer son audace d’avoir réclamé ses droits comme le stipule le décret de 1967 (Dahir royal). Il a été enlevé le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat à sa descente de l’avion en provenance de Paris où il vit depuis plusieurs années avec sa femme de nationalité française. Il a été conduit discrètement, les yeux bandés, au centre de torture de Témara où il a subi les pires sévices. Sous la torture et les yeux toujours bandés, Zakaria a signé des documents qui vont le faire condamner dans un procès expéditif, tenu le jeudi 30 septembre 2010 sans avocat, ni témoins, dans une salle quasi vide.
* Composé de :
La famille Moumni, représentée par Mme Taline Moumni L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH-Maroc) Les Amis de l’AMDH-Paris Le Forum Marocain Vérité et Justice-Section de France (FMVJ-France) L’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) L’Association des Marocains en France (AMF) La Voie Démocratique (VD) Le Parti de l’Avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS)
Le Forum pour la Solidarité et la Citoyenneté des Marocains à l’Etranger (FSCME)
Le Parti Socialiste Unifié (PSU)
AFD-France
Par Leila Hallaoui, Le Soir, | 9/6/2011
Bonjour,
A l’initiative du comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni », une conférence de presse a été tenue le mardi 7 juin au local de l’AMDH à Rabat en présence de Taline Moumni, l’épouse de Zakaria Moumni, de Me Abderrahim Jamai, son avocat, de Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH et de Brahim Elansari et Maria McFarland, représentants de HRW.
Ci-dessous, un article concernant cette conférence, paru dans le journal marocain Le Soir.
Vous trouverez également en pièce jointe un article sur la même affaire du magazine français Marianne.
Cordialement,
Ayad Ahram
Pour le comité de soutien qui est composé de :
La famille Moumni, représentée par Mme Taline Moumni
L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH-Maroc)
Les Amis de l’AMDH-Paris
Le Forum Marocain Vérité et Justice-Section de France (FMVJ-France)
L’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
L’Association des Marocains en France (AMF)
La Voie Démocratique (VD)
Le Parti de l’Avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS-Fédération d’Europe)
Le Forum pour la Solidarité et la Citoyenneté des Marocains à l’Etranger (FSCME)
Le Parti Socialiste Unifié (PSU-France)
AFD-France
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Zakaria Moumni : le comité de soutien mobilisé
Par Leila Hallaoui, Le Soir, | 9/6/2011
L’affaire Zakaria Moumni a fait l’objet d’une conférence de presse, mardi soir à Rabat, à l’initiative de son comité de soutien qui dénonce un « faux procès ».
«Il a porté le drapeau du Maroc fièrement ; il offert sa médaille de champion du monde au roi Mohammed VI. Alors, pourquoi est-il en prison ? Qu’est-ce qu’il a fait ?». Les larmes aux yeux, Taline Moumni exprime, la gorge nouée, sa douleur et son incompréhension sur ce drame qui l’a séparée de son époux Zakaria Moumni. Champion du monde de Light Contact, ce jeune sportif marocain résidant en France purge actuellement une peine de prison de trois ans au pénitencier de Romani, suite à un procès «loin d’être équitable », à en croire son comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni ».
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Le comité de soutien a tenu, mardi soir à Rabat, une conférence afin d’alerter l’opinion publique sur le cas de Zakaria Mounni. « Un complot judiciaire » |
Le comité de soutien a tenu, mardi soir à Rabat, une conférence afin d’éclairer l’opinion publique sur ce cauchemar que vivent Zakaria Moumni et sa famille. « Mon mari, je n’ai réussi à lui rendre visite qu’hier (lundi 6 juin), après huit mois passés en prison. Il est innocent, sa place n’est pas derrière les barreaux, mais sur les rings », clame son épouse. Zakaria a été reconnu coupable d’une escroquerie que son avocat Abderrahim Jamai n’hésite pas à qualifier de « complot judiciaire » rappelant que les conditions même de l’interpellation de son client en donnent la preuve éloquente. En effet, d’après le récit de son comité de soutien, Zakaria Moumni a été enlevé à son retour au Maroc le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat-Salé. Il aurait été, ensuite, conduit, les yeux bandés, au centre de Témara où il aurait été torturé avant un procès expéditif tenu le 30 septembre sans avocat ni témoins et dans une salle d’audience quasi vide. « Le juge l’a reconnu coupable d’une escroquerie contre deux hommes : l’un à Errachidia, l’autre à Salé. Ces deux plaignants auraient donné à mon client 14 000dirhams, mais ils ne se sont jamais présentés ni même leur avocat que j’ai essayé de contacter à maintes reprises, en vain », explique Me Abderrahim Jamai. Et de préciser que le parquet lui a mis les bâtons dans les roues l’empêchant même de voir son client durant ses 48 heures de garde à vue. « Le procès s’est ouvert un vendredi et dès le lundi suivant, le verdict avait été prononcé sans que je puisse défendre mon client », s’indigne l’avocat insistant sur le fait que tout le dossier de l’instruction ne contient aucun indice de culpabilité de son client: « Même les convocations qui devaient être remises aux plaignants n’y étaient pas !».
« Il est clair que Zakaria n’a pas fait l’objet d’un procès juste. Il a même été empêché d’alerter sa famille qui était présente à l’aéroport pour l’accueillir ». Brahim Elansari, représentante de HRW.
Après révision du procès en appel, la peine de prison a été réduite de six mois pour se transformer en deux ans et demi. Une autre décision qui laisse perplexe Me Abderrahim Jamai : « Les plaignants sont toujours restés anonymes, ils ne se sont même pas constitués partie civile pour qu’on leur rende au moins leur argent que mon client leur aurait escroqué », s’insurge cet avocat pour qui Zakaria est ni plus ni moins qu’une victime.
Vendetta
Vendetta
Les raisons de l’emprisonnement de Zakaria remontent à 1999, année où il décroche à Malte, son titre de champion du monde. Suite à cette victoire, le champion marocain souhaite accéder au poste de conseiller sportif au sein de la Fédération marocaine conformément au décret du 9 mars 1967 (Dahir n° 1194-66). Mais sa demande n’a pas connu de suite. « Zakaria a révélé aux médias français et à la chaîne Al Jazeera sa mésaventure qui l’a poussé à se rendre à la résidence royale du château de Betz en France, en vue de rencontrer le souverain. Après son enlèvement et son interpellation au Maroc, il a subi un interrogatoire sur ses sorties médiatiques à l’étranger et au Maroc mais pas sur cette fausse escroquerie », précise la présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), Khadija Ryadi. Et d’ajouter que plusieurs lettres appelant à la libération de Zakaria Moumni ont été adressées par le comité de soutien à différentes instances du gouvernement sans succès.
Human rights watch (HRW) a également adressé une lettre au gouvernement pour alerter ce dernier sur les violations commises à l’encontre de ce sportif marocain. « Nous avons reçu une réponse qui reprend textuellement les propos du Parquet. Pourtant, il est clair que Zakaria n’a pas fait l’objet d’un procès juste. Dès son arrestation, il a même été empêché d’alerter sa famille qui était présente à l’aéroport pour l’accueillir », indique Brahim Elansari, représentant de HRW.
Pour le comité de soutien (constitué d’une douzaine de membres), Zakaria paie de sa liberté ce que certains pourraient considérer comme « un excès de zèle ». « Non ! Mon mari n’a pas eu un excès de zèle, il a juste voulu dire la vérité au roi du Maroc qu’il aime et défend sur le ring. Zakaria a demandé audience au roi, il a voulu le prévenir que plusieurs intermédiaires n’exécutaient pas ses ordres », répond Taline Moumni. Affaire à suivre…
Human rights watch (HRW) a également adressé une lettre au gouvernement pour alerter ce dernier sur les violations commises à l’encontre de ce sportif marocain. « Nous avons reçu une réponse qui reprend textuellement les propos du Parquet. Pourtant, il est clair que Zakaria n’a pas fait l’objet d’un procès juste. Dès son arrestation, il a même été empêché d’alerter sa famille qui était présente à l’aéroport pour l’accueillir », indique Brahim Elansari, représentant de HRW.
Pour le comité de soutien (constitué d’une douzaine de membres), Zakaria paie de sa liberté ce que certains pourraient considérer comme « un excès de zèle ». « Non ! Mon mari n’a pas eu un excès de zèle, il a juste voulu dire la vérité au roi du Maroc qu’il aime et défend sur le ring. Zakaria a demandé audience au roi, il a voulu le prévenir que plusieurs intermédiaires n’exécutaient pas ses ordres », répond Taline Moumni. Affaire à suivre…
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Après s’être rendue, lundi 6 juin, à la prison de Roummani (à 200 km de Rabat) pour rendre visite à son mari et s’enquérir de sa situation carcérale, Mme Taline Moumni a participé à la conférence de presse, tenue le mardi 7 juin au local de l’AMDH à Rabat, en présence de Khadija Ryadi (AMDH), Me Abderrahim Jamai et Brahim Elansari (HRW).
Cette conférence de presse était initiée par le comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni » et consacrée à faire la lumière sur le dossier Zakaria Moumni, injustement condamné à trois ans de prison ferme.
Vous trouverez ci-dessous les vidéos enregistrées à cette occasion.
Pour le comité de soutien
Ayad Ahram
1ere partie : intervention Mme Khadija Ryadi Présidente de l'Association Marocaine des Droits Humais en Arabe et Mme Taline Moumni en Francais
http://www.youtube.com/watch?v=r2M8rS2Mep4
2eme partie : intervention de Me Abderrahim Jamaï, avocat de Zakaria (en Arabe)
http://www.youtube.com/watch?v=spI31x4P92w
3eme partie : suite intervention de Me Abderrahim Jamaï
http://www.youtube.com/watch?v=Op18u673fw0
4eme partie : intervention de M. Brahim Elansari Human Right Watch (en Arabe)
http://www.youtube.com/watch?v=VRKydn9LR3I
5eme partie : intervention de Mme Taline Moumni (Français)
http://www.youtube.com/watch?v=7iU_LqgN2sY
http://www.youtube.com/watch?v=r2M8rS2Mep4
2eme partie : intervention de Me Abderrahim Jamaï, avocat de Zakaria (en Arabe)
http://www.youtube.com/watch?v=spI31x4P92w
3eme partie : suite intervention de Me Abderrahim Jamaï
http://www.youtube.com/watch?v=Op18u673fw0
4eme partie : intervention de M. Brahim Elansari Human Right Watch (en Arabe)
http://www.youtube.com/watch?v=VRKydn9LR3I
5eme partie : intervention de Mme Taline Moumni (Français)
http://www.youtube.com/watch?v=7iU_LqgN2sY
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