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Affichage des articles dont le libellé est Guantanamo. Afficher tous les articles
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lundi 16 janvier 2017

Comment les USA ont choisi la torture sexuelle

Par Anne-Laure Pineau et Sophie Tardy-Joubert (collectif YouPress), Mediapart, 15/1/2017
Au lendemain du 11-Septembre, le gouvernement Bush systématise le recours à la torture. Les prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » seront privés de leur humanité, frappés, « waterboardés ». Mais pas seulement : ils seront aussi humiliés, violés et agressés sexuellement, selon des méthodes validées au plus haut niveau du pouvoir américain. Cette enquête est publiée dans le cadre de l’opération « Zero Impunity », contre l’impunité qui protège les auteurs de violences sexuelles en conflit armé.
Cet automne 2016 est un été indien à Washington. Citrouilles et squelettes d’Halloween pendouillent dans les arbres rougeoyants des jardins de Georgetown, quartier huppé de la capitale fédérale. John Rizzo, ancien avocat général de la CIA, y coule une retraite tranquille. Chaque matin, il prend grand soin d’assortir ses chaussettes à son polo du jour, avant d’aller flâner dans les jolies ruelles de petits pavillons de briques colorées. Il y a quatorze ans, ce dandy aux cheveux de neige a fait partie du petit groupe de personnes qui, dans le secret du siège de la CIA, a rendu légale une nouvelle méthode d’interrogatoire. Des techniques poussées visant à « briser la résistance » des prisonniers de la guerre contre la terreur.
De Guantanamo à Abou Ghraib, elles allaient changer le visage des États-Unis et ouvrir la porte à l’usage de plusieurs formes de torture.

vendredi 15 juillet 2016

Le dernier prisonnier marocain de Guantanamo bientôt rapatrié au Maroc

GUANTANAMO
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abdul latif nasirGUANTANAMO- Abdul Latif Nasir est le dernier prisonnier marocain de Guantanamo et il est en passe d’être rapatrié au Maroc. La commission des libérations conditionnelles de la célèbre prison américaine a placé le Marocain sur la liste des 29 prisonniers dont elle propose la libération, indique le Miami Herald

Cette commission a recommandé le rapatriement d’Abdul Latif Nasir au Maroc et nulle part ailleurs car "il y a de la famille et des perspectives de trouver du soutien et un travail". Des arguments repris de la plaidoirie de son avocate devant la commission.

Me Shelby Sullivan-Bennis a transmis à la commission, le vœu de son client de retourner à Casablanca pour travailler à temps plein dans “une société de traitement des eaux, entouré d’une famille solidaire et stable“.

Par ailleurs, son profil établi au mois de mars ne montre pas de positions extrémistes envers les citoyens américains même s’il considère le gouvernement américain responsable de sa détention prolongée.

La commission indique tout de même dans sa décision qu’Abdul Latif Nasir “représente un certain niveau de menace à la lumière de ses activités passées, de ses compétences et connivences“. Elle estime que ce niveau de menace peut être atténué par ces circonstances de transfert.

L’avis de la commission n’est que consultatif. Les diplomates du Département d’Etat américain vont en effet prendre le relais pour négocier avec le Maroc un accord de transfert sous conditions.

Abdul Latif Nasir, 51 ans est incarcéré à Guantanamo depuis le 3 mai 2002 comme “prisonnier à vie“. Les services de renseignements américains le désignait comme un formateur en armes pour les Talibans, membre d’un commando qui a participé à des combats contre les forces américaines à Tora Bora.

Depuis 2010, Abdul Latif Nasir était considéré comme "dangereux" même s'il n'est accusé d'aucun crime. Si le Maroc et les Etats-Unis parviennent à un accord, il devrait être bientôt rapatrié au Maroc comme son compatriote Younis Abdurrahman Chekkouri. Ce dernier a été libéré en septembre dernier après 13 ans passés dans les geôles de la prison américaine située dans la baie de Cuba. Reste à savoir s'il sera incarcéré une fois rapatrié.

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vendredi 19 février 2016

L'ex Marocain de Guantanamo Younes Chekkouri revient sur son calvaire


Mis en liberté provisoire la semaine dernière cinq mois après son retour de Guantanamo, Younes Chekkouri s’est confié à Associated Press. L’ex-détenu revient certes, en larmes, sur les circonstances de son arrestation et ses conditions de détention, mais se veut optimiste pour l’avenir.

Younes Chekkouri en larmes alors qu'il évoque la torture et les abus dont il a été victime pendant sa détention. (AP Photo / Abdeljalil Bounhar)

Avec son frère Ridouane, libéré de Guantanamo en 2004.
« Je goûte enfin la liberté », confie, soulagé, Younes Chekkouri dans un entretien avec Associated Press lundi près de la côte à Safi. C’est dans sa ville natale que l’ex-prisonnier de Guantanamo s’est réfugié après sa mise en liberté provisoire vendredi dernier.
L’homme retrouve ainsi de la liberté après un avoir passé cinq mois à Kandahar en Afghanistan, 13 ans à Guantanamo sans inculpation et plus de six mois de détention au MarocLes Etats-Unis l’avaient remis au Maroc en septembre dernier où il été immédiatement placé en garde-à-vue locaux de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca avant d’être incarcéré dans la prison de Salé.

Torture et abus sexuels
Au cours de l’entretien, Younes Chekkouri est revenu sur ces longues années passées sur la base américaine de Cuba. « Le seul élément positif à propos de Guantanamo était que j'y mangeais trois repas par jour », déclare l’homme aujourd’hui âgé de 46 ans. Excepté ce détail, il a vécu « l’enfer » pendant ces années de détention. « J’ai été soumis à toutes sortes de torture obscure et d'abus sexuels à Guantanamo et à Kandahar », relate-t-il, en larmes, aux côtés de son frère cadet Ridouane, libéré de Guantanamo en 2004. Ce dernier aussi aurait subi des « menaces » de la part des Etats-Unis. « Ils ont essayé d'utiliser mon frère contre moi. […] Ils lui ont cassé le bras », affirme Younes Chekkouri.
Revenant sur les circonstances de son arrestation, Younes se souvient qu’il avait 31 ans et venait de se marier lorsqu’il se rend en Afghanistan pour la première fois. Un voyage qui, selon lui, faisait suite à plusieurs années d’études du soufisme dans divers pays à travers le Moyen-Orient, dont le Soudan, le Yémen et la Syrie. Les documents présentés à la justice disent qu’il était à la recherche d’un emploi, mais lui, se décrit comme un simple touriste à l’époque.
Cependant considéré par un chasseur de prime comme un combattant d’Al Qaida, il sera trainé dans une cellule au Pakistan. « J’ai été accueilli par des gens aux cheveux blonds et aux yeux bleus qui m’ont immédiatement demandé à quel groupe terroriste j’appartenais », se souvient-il. « Aucun, ai-je répondu ». Mais cette réponse, les Etats-Unis l’ont ignorée jusqu’en 2009 où ils ont fini par conclure que Younes ne représentait pas une menace pour le pays et que les allégations portées contre lui étaient mensongères, car montées de toute pièce par des codétenus.

L’espoir malgré tout
En dépit de cela, Younes est restée sur la base américaine jusqu’à ce que Washington décide récemment de le transférer à Rabat. Aujourd’hui, le royaume a retenu une des allégations retirées par les Américains, soutenant que Younes aurait eu des liens avec le Groupe islamique combattant marocain (GICM). Le 23 février il comparaîtra pour un face à face avec son beau-frère le cheikh Noureddine Nafiaâ, alias Abou Moaâd, condamné en 2002 à vingt ans de prison pour activités terroristes. Pour mémoire, il était l’un des premiers Marocains à combattre en Afghanistan contre les troupes de l’Union soviétiques. Selon son avocat, cette audience permettra de déterminer s’il sera ou non accusé de « atteinte à la sûreté de l’Etat ». D’après AP, le Bureau central des enquêtes judiciaires a affirmé que le Maroc peut choisir de maintenir les allégations retirées par les Etats-Unis.
A l’entendre toutefois, Younes est optimiste. Il espère très vite passer à autre chose avec son épouse qu’il prévoit de retrouver dans deux semaines environ. Le regret qu’il éprouve en revanche c’est de n’avoir pas eu d’enfants avec elle. « J’ai vu ma nièce hier et je l’ai embrassée. Je suis allé à dormir cette nuit pensant qu'elle était ma fille », dit-il retenant ses larmes avant d’ajouter : « Ils m’ont privé de la paternité »
En plus de ce lourd remord, Younes doit faire face à des difficultés financières. Depuis sa libération, il est dans l’incapacité de s'acheter le médicament approprié pour traiter la dépression et le trouble de stress post-traumatique dont il souffre.

mardi 16 février 2016

L’ancien détenu de Guantánamo, Younes Chekkouri, est sorti de prison

13 février 2016
 

Sa libération était attendue, c’est désormais chose faite. L’ancien détenu de la prison de haute sécurité américaine Guantánamo, Younès Chekkouri, a été libéré hier de la prison de Salé.
Le désormais ex-détenu a été libéré par la justice après paiement d’une caution. Sa libération avait été annoncée en début de semaine par le comité de soutien aux anciens détenus salafistes.
L’homme qui a passé 13 ans dans la prison de Guantánamo avait été libéré en septembre dernier par les États-Unis après un accord de rapatriement avec les autorités marocaines. Cet accord prévoyait la libération de Younes Chekkouri, mais cette libération tardait à se concrétiser. Entre temps, l’homme avait été blanchi par la justice américaine.
Malgré cette libération, des soupçons pèsent encore sur Chekkouri, accusé de porter atteinte la sûreté de l’État.

jeudi 28 janvier 2016

Guantanamo : symbole de l’impunité US



11/01/2016

La politique anti-terroriste des États-Unis adoptée suite aux attentats du 11 septembre a donné lieu à toute une série de violations des droits humains. Les auteurs de celles-ci n’ont pas été amenés à rendre des comptes. La détention illimitée à Guantánamo et la politique de pratique de la  torture en toute impunité perpétrée par un gouvernement qui se targue d’être un champion des droits humains ont brisé des vies.
Ce n’est qu’en reconnaissant le fossé qui existe entre l’image qu’ils se font d’eux-mêmes et les violations des normes internationales qu’ils ont pu commettre, que les États-Unis pourront recouvrer leur crédibilité en matière de promotion des droits humains au niveau international.
Le centre de détention de Guantánamo restera à tout jamais associé aux violations des droits humains perpétrées par le gouvernement américain : détentions arbitraires, torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants, gavage de force des prisonniers observant une grève de la faim, privation de soins médicaux adaptés et procès iniques.

samedi 2 janvier 2016

Innocenté après 14 ans de détention arbitraire à Guantanamo, à la prison de Salé II au Maroc

Younous Chekkouri : Innocenté après 14 ans de détention arbitraire à Guantanamo, extradé au Maroc avec des garanties diplomatiques américaines qu'il ne serait pas détenu plus longtemps que 72 heures après son arrivée, il se trouve aujourd'hui toujours incarcéré à la prison de Salé II !

Voilà l'exception marocaine et son efficacité antiterroriste ! 

 
Younous Chekkouri found himself behind bars in Morocco immediately after being released by US officials, despite assurances that he would be free
theguardian.com|Par Murat Kurnaz

vendredi 1 janvier 2016

Guantanamo, une torture sans fin


ACAT

Guantanamo, une torture sans fin

Le camp de Guantánamo "fêtera" son 14ème anniversaire en janvier. Sterling Thomas, avocat militaire, nous expose les obstacles à la fermeture du centre et à la défense équitable des détenus poursuivis.
 Crédits : Poster Boy / Flickr Creative Commons
Le 30 / 12 / 2015 Sterling Thomas est avocat pénaliste et Lieutenant-Colonel de l’Armée de l’air américaine. Membre de l’Organisation de défense des commissions militaires [1], il défend Ammar al Baluchi et Abdul Zahir, détenus à Cuba à la prison de Guantanamo. Il milite également pour le respect des droits de l’homme, de l’état de droit et de leur place dans la pratique judiciaire américaine.

Où en est le projet de fermeture de Guantánamo?
Le Président Obama a proposé pour la première fois de fermer Guantanamo en 2009. Lors de sa prise de fonctions, son premier acte fut même de promulguer un décret exécutif pour fermer la prison. De l’avis général, les négociations avec les membres du Congrès ont été mal gérées à l’époque. Six années de retard n’ont fait que renforcer leur résistance et le principal obstacle reste l’opposition du Congrès.
Actuellement, la Maison-Blanche serait en train d’élaborer un plan de fermeture de la prison en transférant les détenus aux Etats-Unis. En juillet 2015, la conseillère du Président à la sécurité intérieure et au terrorisme a indiqué que des efforts seraient entrepris pour transférer les détenus déjà déclarés libérables, ainsi que ceux qui attendent la décision en ce sens du système de révision périodique. Une fois atteint le seuil minimal irréductible de prisonniers, ce groupe serait ensuite transféré aux Etats-Unis. Ces prisonniers seraient détenus au titre du droit de la guerre dans des installations militaires ou des prisons de très haute sécurité et pourraient être jugés devant des commissions militaires ou des tribunaux fédéraux. Si la Maison-Blanche tarde à communiquer son plan de fermeture au Congrès, c’est probablement en raison des récentes attaques de Paris, Beyrouth, du Mali et de San Bernardino.


Nous ne savons pas si les prisonniers actuellement jugés devant la commission militaire de Guantanamo seront concernés par les transferts, ni comment cela se matérialisera. Je pense que les procès et détentions des personnes accusées d’avoir participé aux attentats du 11/09 se poursuivront à Guantanamo car de nombreuses ressources ont été mobilisées pour y créer ce système.
Il reste à savoir sous quelle autorité les prisonniers seront détenus aux Etats-Unis. Les avocats s’opposeront certainement à l’incarcération de leurs clients dans des prisons nationales s’ils n’ont jamais été condamnés. La seule option serait alors des installations militaires, ce qui soulève de réelles préoccupations quant aux conditions de détention.
La véritable solution concernant Guantanamo devrait être simple : si les Etats-Unis disposent de preuves contre eux, ils peuvent être jugés. Si au delà de dix ans d’emprisonnement, ou plus, aucune preuve ne peut être établie, ils ne peuvent plus être détenus. Ça, c’est la justice !

dimanche 20 décembre 2015

Vers un Guantanamo français : la proposition d’internement administratif de personnes

Luk Vervaet a partagé un lien.




Vers un Guantanamo français : la proposition d’internement administratif de personnes – fiche ‘S’ (Le Monde, Slate.fr 9/12/15)




LE MONDE :
Parallèlement à la consultation du Conseil d’Etat sur le projet de réforme constitutionnelle, le ministère de l’intérieur sollicite l’avis de la haute juridiction sur des mesures complémentaires en matière de lutte antiterroriste.
Il a en particulier demandé début décembre si un internement administratif pourrait être décidé à l’encontre de personnes qui font l’objet d’une fiche « S » (pour prévenir des menaces à la sécurité publique ou à la sûreté de l’Etat). Place Beauvau, on assure ne pas être à l’origine de cette proposition « formulée par l’opposition dans la foulée des attentats », en l’occurrence par Laurent Wauquiez, secrétaire général des Républicains.
Ces demandes figurent pourtant également dans un document du ministère de l’intérieur recensant les souhaits des policiers et des gendarmes (Le Monde daté 6-7 décembre). La proposition de rétention des fichés « S » y est annotée de la mention « réflexion à conduire » et est détaillée. Ce qui montre que les conditions d’une éventuelle application ont été travaillées Place Beauvau.
Mais, mercredi 9 décembre, le ministère de l’intérieur renvoyait au discours de François Hollande au Congrès à Versailles, le 16 novembre. Le chef de l’Etat avait en effet annoncé que, dans « un esprit d’unité nationale », le gouvernement saisirait le Conseil d’Etat pour vérifier la conformité à la Constitution et aux engagements internationaux de la France de propositions venues d’autres horizons. « Cet avis sera rendu public et j’en tirerai toutes les conséquences », avait-il précisé.

vendredi 18 septembre 2015

Le Marocain Younis Abdurrahman Chekkouri rapatrié au Maroc après 13 ans de captivité à Guantanamo

YOUNIS ABDURRAHMAN
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TERRORISME - Après treize années passées dans les geôles de Guantanamo, le Marocain Younis Abdurrahman Chekkouri vient d’être rapatrié au Maroc, a annoncé jeudi le Pentagone dans un communiqué.
Les Etats-Unis "se sont coordonnés avec le gouvernement du Maroc" pour assurer le respect des exigences "de sécurité" et de traitement "humain" du détenu, selon le communiqué, relayé par l’Agence France presse.
Selon une fiche de la défense américaine révélée par Wikileaks, Younis Abdurrahman Chekkouri est né en 1968 à Safi. Il s’est rendu au Yémen en 1997 pour rencontrer un Algérien nommé Abdulkadar qui l’a initié au fondamentalisme religieux.
Celui qui a fait ses armes à Damas puis en Afghanistan auprès des talibans en 1998 s’est envolé en 2001 pour Tora bora aux côtés de 84 djihadistes, sous la direction d’un ancien leader d’Al Qaida, avant de se faire arrêter par les forces pakistanaises. Lors d’un transfert à une prison pakistanaise, Younis Abdurrahman Chekkouri était parvenu à s’échapper avant de se faire capturer et livrer aux autorités américaines.
Il s’agit du septième détenu rapatrié en 2015 de la tristement célèbre prison située sur la base navale de la baie de Guantánamo, dans le sud-est de Cuba. Mais comme le rappelle Laurence Haïm, correspondante du groupe Canal+ à Washington, il reste encore 115 détenus dans les geôles de Guantanamo.

mercredi 19 août 2015

Les Etats-Unis refusent de libérer un détenu de Guantanamo en grève de la faim



Le Monde.fr/15/8/2015

Le département américain de la justice a rejeté, vendredi 14 août, une demande de libération pour raisons de santé d’un détenu de Guantanamo ne pesant plus que 33,5 kg après huit années de grève de la faim.
 
Pour les avocats de Tariq Ba Odah, un Yéménite de 36 ans, cette décision prouve que le président des Etats-Unis, Barack Obama, n’est pas déterminé à honorer sa promesse de fermer la prison de Guantanamo avant son départ, en janvier 2017, de la Maison Blanche. Les motifs de la décision sont maintenus secrets.

Des soins appropriés, selon le Pentagone

Arrêté par l’armée pakistanaise le long de la frontière afghane et accusé d’avoir reçu une formation au maniement des armes en vue de combattre au côté des talibans, Tariq Ba Odah est alimenté de force par intubation nasale depuis qu’il a cessé d’ingurgiter de la nourriture solide en 2007. Sa perte de poids depuis dix-huit mois fait craindre à ses avocats qu’il ne finisse par mourir. Le Pentagone assure qu’il reçoit des soins appropriés.
Des responsables de l’armée et des services de renseignement américains ont donné il y a cinq ans leur feu vert à sa libération du camp de Guantanamo, base navale américaine à Cuba où 116 hommes restent incarcérés quatorze ans après les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis.
Le cas de Tariq Ba Odah divise au sein de l’administration américaine. Des responsables du département de la défense craignent que son transfert hors de Guantanamo, s’il était accepté, n’incite d’autres détenus à se lancer dans des grèves de la faim. Des responsables du département d’État sont en revanche favorables à sa libération. Comme ce Yéménite, 51 autres détenus de Guantanamo ont reçu un avis favorable à leur transfert, mais restent incarcérés.


jeudi 30 avril 2015

Un prisonnier marocain de Guantanamo bientôt transféré au Maroc


Crédit : DR Un prisonnier marocain de Guantanamo bientôt transféré au Maroc

Younes Chekkouri, emprisonné à Guantanamo depuis 2002, fait partie de la liste des prisonniers qui devraient être transférés dans leur pays d’origine en juin prochain.

L’administration américaine, qui craint une éventuelle confrontation avec le Congrès, s’active pour transférer les détenus de Guantanamo. Une dizaine de détenus devraient donc être déplacés vers d’autres pays d’ici juin prochain et 57 sont libérables d’ici la fin de l’année. « Il reste 122 hommes incarcérés dans la prison militaire, dont 57 ont été jugés libérables par un comité de révision des situations. L’objectif est de transférer ces 57 » détenus, a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Myles Caggins, porte-parole du Pentagone.
Parmi ces derniers détenus, figure le Marocain Younes Chekkouri, bientôt 47 ans, qui regagnera le Maroc, son pays d’origine, a indiqué la même source, confirmant une information du quotidien américain Washington Post.  Selon le quotidien américain, le Marocain craint d’être torturé  par les service secrets marocains s’il est transféré. Mais l’administration de George W. Bush avait déjà transféré une douzaine de détenus au Maroc, y compris le frère de Chekkouri, et pour les responsables américains, ces transferts n’ont pas soulevé de problèmes qui pourraient empêcher le retour Chekkouri, indique le Washington Post.
Le transfert de Younes Chekkouri avait déjà été évoqué en 2012. Younes Chekkouri est décrit par les responsables américains comme un proche associé d’Oussama ben Laden et co-fondateur du Groupe islamique combattant marocain, une organisation armée islamiste sunnite affiliée à Al-Qaïda. Des accusations que l’intéressé a niées.  Natif de Safi en 1968, Chekkouri a passé plusieurs années au Pakistan. En 2001, il a été arrêté à Jalalabad en Afghanistan puis transféré, sans qu’aucun procès n’ait été tenu, à la prison de Guantanamo en 2002.
Après la libération Younes Chekkouri, il ne restera plus qu’un ressortissant du Maroc à Guantanamo, mais qui n’est pas susceptible d’être libéré immédiatement: il est considéré comme représentant une menace pour la sécurité des Etats-Unis.
(Avec AFP)

jeudi 5 février 2015

Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères du Maroc, exige « le respect et la considération » pour son pays


Cette exigence paraît tout-à-fait naturelle. D’ailleurs, en suivant l’adage selon lequel « qui aime bien châtie bien », on va tâcher de relever, dans les réponses données par le ministre aux questions très précises de Charlotte Bozonnet dans Le Monde du 3 février, les éléments qui apparaissent les plus contestables. (En italiques et entre guillemets, les mots de M. Mezouar)

« Porter atteinte à la dignité et à l’intégrité d’un haut responsable qui a toujours aidé la France était cavalier »
En quoi a-t-il (Abdellatif Hammouchi, Directeur général de la Surveillance du territoire marocain) toujours aidé la France ? C’est bien de l’affirmer, mais ce serait mieux de le montrer. Est-ce que cela exclut qu’il puisse relever de la justice universelle concernant les faits de torture dont il est accusé ?

«  Il n’est pas acceptable que la justice française soit utilisée pour porter atteinte à d’autres »
La justice ne pouvant s’utiliser elle-même, M. Mezouar accuse donc les politiques français d’avoir utilisé la justice. S’il en avait été ainsi, ces politiques se seraient-ils donné la peine d’offrir à Monsieur Hammouchi la possibilité de rentrer tranquillement au Maroc, sans avoir à se rendre à la demande d’audition du juge (car, en fait, contrairement à l’ambassadeur et au personnel de l’ambassade, M. Hammouchi ne peut prétendre bénéficier de l’immunité diplomatique en France…) ? À moins qu’il n’ait été en visite officielle ?)

« On ne peut juger une affaire en France sur des supputations »
C’est justement à la justice de décider s’il s’agit d’accusations auxquelles accorder du crédit ou non. Et c’est pourquoi le juge a demandé à entendre M. Hammouchi, et ne lui a pas signifié un mandat d’amener. Monsieur Mezouar fait semblant de croire que l'impunité, comme l'immunité, peut se demander. Eh non, elle s'impose : c'est bien ce que l'on peut reprocher à certains hauts responsables marocains, des services de renseignements en particulier, qui ne savent pas ce que veut dire "rendre des comptes". Ils sont dans l'impunité totale. Mais il existe aujourd'hui une justice universelle, qui doit pouvoir s'exercer contre les auteurs ou complices de crimes de torture (crimes contre l’humanité) quel que soit le pays où ces crimes ont été commis, et quel que soit le pays où ils se trouvent. Et avant d’être inculpés et jugés, les supposés auteurs ou complices doivent être entendus par un juge d’instruction. Pour cette justice universelle, il n’y a pas de justiciable au-dessus des lois (au détriment certes des « usages » diplomatiques).

lundi 12 janvier 2015

lundi 29 juillet 2013

La démocratie aux USA

Par  Ali Fkir <ali_fkir@yahoo.fr>
Le respect des droits humains: ne le cherchez pas du côté des USA.
 Seuls les niais y croient encore. Les USA ont été crées dans le brasier de l'extermination des peuples indiens du "nouveau continent". Hier le cowboys ("l'homme blanc", ex bagnard des geôles de l’Europe) tuait sans sommation tout ce qui bougeait du côté des "peaux rouges" (hommes, femmes, enfants, bisons...), aujourd'hui les USA jouent le même rôle à l'échelle planétaire. C'est le cowboy géant . Tous les moyens sont bons pour "domestiquer"les peuples. 
 Regardez la démocratie installée en Irak. L'Irak n'a jamais connu ce chaos depuis les guerres fratricides du lendemain de la mort du prophète. Des dizaines de personnes croupissent inhumainement  dans le bagne de Guantánamo sans jugement aucun et ce, depuis des années et des années. Les USA sous-traitent la torture à travers le monde. Les tortionnaires marocains s'y prêtent à cœur. La France dénonce l'ingérence de hizbo Allah dans les affaires intérieures de la Syrie, ce qui ne l'empêche pas d'envahir le Mali, d'installer ses troupes au Niger, en côte-d'ivoire, au Sénégal...pour maintenir au pouvoir, par la force des arme, des régimes qui protègent les intérêts français avant ceux de leurs peuples,   d'envahir la Libye, de soutenir les milliers de mercenaires qui viennent du Pakistan, d'Afghanistan, du Maroc...pour " faire la révolution" en Syrie.
La démocratie telle qu'elle est pratiquée à travers le monde a une seule limite: les intérêts des dominants/régnants. En mai 1968, lorsque le peuple français est à la porte de la victoire, l'armée est descendue dans la rue pour sauver le gros capital et sa république. Lorsque le peuple marocain s'était redressé contre la tyrannie, Hassan II n'a pas hésité à annoncer qu'il était prêt à exterminer les deux "mauvais tiers"   pour sauver le "bon tiers".
                              Ali Fkir, le 30 juillet 2013 

samedi 15 juin 2013

Barack Obama peut-il fermer Guantanamo?


par
Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca
Barack H. Obama s'est engagé de nouveau à fermer la prison de Guantanamo. Mais, à un peu plus d’un an des élections de mi-mandat, a-t-il vraiment, cette fois, les moyens de son ambition? La question mérite d’être posée.
C’était une promesse de campagne en 2008. Fermer la prison du camp de Guantanamo situé sur l’île de Cuba. Une promesse restée depuis lettre morte. Preuve s’il en est besoin de la forte opposition au pays à sa fermeture et de l’absence de stratégie présidentielle en ce sens.

"Ce n’est pas tenable"
Le 30 avril dernier, Barack H. Obama a tenu une conférence de presse à la Maison-Blanche. À cette occasion, il est revenu à la charge. Il a d’abord annoncé la couleur: «Il faut fermer Guantanamo»! Et d’expliquer: «C'est important pour nous de comprendre que Guantanamo n'est pas nécessaire pour la sécurité de l'Amérique. Cela coûte cher (entre 90 et 118 millions de dollars par année, NDLR). C'est inefficace». Sans oublier le fait que cette prison non seulement «entrave la coopération antiterroriste», mais représente également un outil de choix de «recrutement pour les extrémistes».
L’autorisation d’ouverture de ce ''trou noir" juridico-légal par le gouvernement Bush en 2002 répondait principalement à deux objectifs. D’abord, regrouper les "combattants ennemis illégaux" (une catégorie contraire à toutes les conventions internationales existantes en matière du droit de la guerre) sur un même site et les soumettre à des traitements dégradants, dont la torture, pour, entre autres, leur extorquer des renseignements susceptibles de prévenir de nouvelles attaques terroristes contre les États-Unis. Mais, cette approche souffre d’au moins deux biais. D’un côté, le recours à la torture est en soi immoral et ne peut en aucun cas être légitimé. De l’autre, obtenir des renseignements sous la torture pose la question de leur fiabilité. D’ailleurs, cela tombe sous le coup du sens qu’un homme torturé serait prêt à confesser tout ce que son bourreau lui demanderait… 
Le deuxième objectif de l’administration Bush était de faire peur à quiconque qui voudrait rejoindre les combattants du réseau terroriste international et l’en dissuader. Mais, cette stratégie d’humiliation s’est révélée contreproductive pour les États-Unis au point de leur faire perdre la sympathie mondiale acquise au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Rappelons-nous le fameux édito du Monde «Nous Sommes tous Américains!» Cette stratégie a donc non seulement terni gravement leur image dans le monde, mais également nui à leur politique étrangère et radicalisé une partie de l’opinion publique dans le monde musulman. Une aubaine pour les terroristes d’Al-Qaïda.
À ces raisons financière et stratégique s’ajoute, du point de vue de Barack H. Obama, un argument à teneur juridique et qui touche à l’identité américaine: «L'idée de maintenir pour toujours un groupe de personnes qui n'ont pas été jugées, c'est contraire à ce que nous sommes, contraire à nos intérêts et cela doit cesser».
Tout en disant comprendre la charge émotive entourant cette affaire, le président Obama a appelé la population à faire preuve de sagesse car autrement la situation ne pourrait que s’aggraver.
Cette mise en garde est en fait adressée aux membres du Congrès dans le contexte de la grève de la faim déclenchée, en désespoir de cause, par une centaine de détenus à Guantanamo et qui dure depuis un peu plus de douze semaines. Avec le risque de mourir. Ce à quoi se refuse un président visiblement inquiet: «Je ne veux pas que ces personnes meurent». D’où son engagement à s’atteler à la tâche de convaincre le Congrès de lever les restrictions qui empêchent le transfert des prisonniers sur le sol américain et donc la fermeture de cette prison: «Je vais à nouveau discuter avec le Congrès et plaider que ce n'est pas quelque chose qui est dans le meilleur intérêt du peuple américain. Ce n'est pas tenable».
Pour éviter le pire, le Pentagone a pris des moyens drastiques. Le personnel médical sur la base a alimenté, de force et de manière dégradante, une vingtaine de grévistes qui dépérissaient à vue d’œil. Une pratique dénoncée par le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU.

Obama a-t-il les moyens de son ambition?
Tout le monde se rappelle cette journée historique du 22 janvier 2009 où le premier président noir des États-Unis avait signé un décret ordonnant la fermeture de la prison de Guantanamo dans un délai d’un an et gelé pour une durée de 120 jours le fonctionnement des tribunaux militaires d'exception. (1) Une annonce saluée alors par la gauche démocrate et le reste du monde. Mais, la satisfaction était de courte durée. M. Obama n’avait pas bien mesuré le rapport de force au Congrès et encore moins bien apprécié la dimension émotionnelle de cette question. D’ailleurs, la coalition d’opposition à son projet comprenait également des élus démocrates. Aussi, il ne pouvait se permettre de s’aliéner l’appui d’élus conservateurs modérés, lui qui en avait besoin pour faire passer son projet-phare de réforme de la santé et ses autres projets de réforme dans les domaines de l’économie, de la finance et de la fiscalité, et donc arriver à faire sortir son pays de sa pire crise économique depuis la dépression des années 1930. Dans ce contexte, il a estimé ne pas avoir le choix et a dû reculer sur sa promesse de campagne de fermer Guantanamo.
Mais, rester sur une défaite dans ce dossier ou laisser mourir nombre de prisonniers grévistes ne sont de bon conseil pour un président qui aimerait laisser un héritage derrière lui et qui n’a plus beaucoup de temps pour le faire. Il lui fallait donc retourner à la charge et montrer à la gauche de son parti qu’il ne manque pas de courage politique face à la droite. Tout en récoltant les louanges du reste du monde.
Mais a-t-il cette fois les moyens de son ambition? Pourra-t-il réussir cette fois alors que son option ne bénéficie nullement d’un fort appui populaire? Pourrait-il se permettre de dépenser un capital politique dans ce dossier alors qu’un enjeu majeur, celui de la réforme des lois sur l’immigration, est encore plus important pour l’avenir de son parti et pour son propre héritage présidentiel?
Mais avant d’examiner la marge de manœuvre du président américain, faisons un bref survol des effectifs de la population carcérale.
Dans le sillage de la lutte contre Al-Qaïda, le président George W. Bush avait autorisé en 2002 l’ouverture de la prison de Guantanamo. Durant ses onze années d'existence, les effectifs des détenus ont baissé de 779 à 166 personnes. 604 prisonniers sont déportés dans leurs pays d’origine ou envoyés dans un des 36 pays tiers qui ont accepté de les accueillir. Si 120 tentatives de pendaison ont été déjouées, neuf détenus ont en revanche réussi leur coup...
Les prisonniers encore sur place se répartissent entre trois groupes. D’abord, 89 personnes sont jugées «libérables» et donc «transférables» dans leurs pays d’origine. Ensuite, 60 personnes ne pourront jamais être jugées soit parce que leurs aveux ont été extorqués sous la torture ou il n’y a pas de preuve de leur implication dans une attaque quelconque contre les États-Unis. Enfin, le reste des prisonniers devront demeurer en «détention illimitée», conformément à un décret signé en décembre 2011 par le président Obama. Même si la plupart des détenus n’ont été ni inculpés ni jugés, ils demeurent tous captifs du camp tropical à cause de l'opposition du Congrès.
Devant ces blocages, le désespoir a gagné la population carcérale. D’où sa grève de la faim et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Si le Congrès est jusqu’à maintenant resté sourd aux appels à amender la législation et à permettre la fermeture de ce "trou noir", qu’en est-il du président? Peut-il fermer ce lieu de non-droit et rétablir la règle du droit?
Son casse-tête est à la fois juridique, politique et diplomatique.
Mais, d’abord et avant tout, il devrait lever les zones d’ombre sur ce qu’il aimerait faire de chacun des prisonniers, une fois Guantanamo fermée. Voudrait-il se contenter de déplacer le problème du réduit cubain à une localité située sur le territoire américain? Ou régler cette question épineuse conformément à la tradition juridique américaine?
Il devrait ensuite convaincre le Congrès d’annuler les restrictions qui empêchent en fait la fermeture de Guantanamo et donc le retour de nombre de prisonniers dans leurs pays d’origine ou dans des pays d’accueil et le transfert sur le sol américain de ceux considérés comme «non libérables» pour les juger par des courts fédérales.
En parallèle, il devrait charger son Département d’État d’engager des négociations avec nombre de pays pour qu’ils accueillent tous ceux jugés «libérables» et qui pourtant ne peuvent pas, pour toute sorte de raisons, être de retour chez eux. Sans oublier le nécessaire accompagnement financier et social des démarches de dé-radicalisation et de réinsertion dans le circuit professionnel de ceux qui seraient de retour chez eux. Mais pour donner le signal clair dans ce sens, il faudrait commencer par nommer de nouveau, cette fois au sein du Conseil de sécurité nationale, un fonctionnaire de haut rang ou un expert pour se charger de cette tâche complexe.
Il devrait enfin faire preuve de leadership en cas de ferme opposition du Congrès et se servir cette fois de son pouvoir exécutif pour mener à bien cette entreprise de fermeture de ce "trou noir" juridico-légal.
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Le maintien de la prison de Guantanamo est contraire à l'image et à l'intérêt national américain. Si nombre de Républicains restent campés sur leur position idéologique là-dessus, c'est  notamment pour consolider leur position au sein de la frange ultraconservatrice de leur base. La même frange qui a contribué à la défaite du candidat du GOP lors de la récente élection présidentielle. Dans ce contexte, le président Obama n'aura pas autre choix que de faire preuve de leadership pour mener à terme cette entreprise de fermeture de Guantanamo. Sinon à quoi servirait un pouvoir exécutif dont l'étendue réelle était jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001 inexplorée? Pourrait-il reculer deux fois sur la même question?