Par Anne-Laure Pineau et Sophie Tardy-Joubert (collectif YouPress), Mediapart, 15/1/2017
Au lendemain du 11-Septembre, le gouvernement Bush systématise le recours à la torture. Les prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » seront privés de leur humanité, frappés, « waterboardés ».
Mais pas seulement : ils seront aussi humiliés, violés et agressés
sexuellement, selon des méthodes validées au plus haut niveau du pouvoir
américain. Cette enquête est publiée dans le cadre de l’opération
« Zero Impunity », contre l’impunité qui protège les auteurs de
violences sexuelles en conflit armé.
Cet automne 2016 est un été indien à Washington. Citrouilles et
squelettes d’Halloween pendouillent dans les arbres rougeoyants des
jardins de Georgetown, quartier huppé de la capitale fédérale. John
Rizzo, ancien avocat général de la CIA,
y coule une retraite tranquille. Chaque matin, il prend grand soin
d’assortir ses chaussettes à son polo du jour, avant d’aller flâner dans
les jolies ruelles de petits pavillons de briques colorées. Il y a
quatorze ans, ce dandy aux cheveux de neige a fait partie du petit
groupe de personnes qui, dans le secret du siège de la CIA, a rendu
légale une nouvelle méthode d’interrogatoire. Des techniques poussées
visant à « briser la résistance » des prisonniers de la guerre contre la terreur.
De Guantanamo à Abou Ghraib, elles allaient changer le visage des États-Unis et ouvrir la porte à l’usage de plusieurs formes de torture.
De Guantanamo à Abou Ghraib, elles allaient changer le visage des États-Unis et ouvrir la porte à l’usage de plusieurs formes de torture.
