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mardi 24 janvier 2017

Quelques nouvelles autour du procès Gdeim Izik



Durant  les deux derniers jours, 42 personnes étrangères ont été tenues  écartées des frontières du Sahara Occidental sous escorte policière,   l'entrée sur le territoire leur a été refusée .

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Les prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik : entre le " procès équitable " et le " Théâtre "

Le tribunal civil de Salé reprend  la cause contre le groupe de 24 personnes accusées de onze meurtres. La Cour suprême marocaine avait annulé la condamnation antérieure, de 20 ans à perpétuité, dictée par la justice militaire. 




lamarea.com

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 Les provocations marocaines augmentent en intensité

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Retweeted Ali Lmrabet (@Alilmrabet):

L'image déplorable que ces voyous au milieu  des Marocains.
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mardi 16 février 2016

L’ancien détenu de Guantánamo, Younes Chekkouri, est sorti de prison

13 février 2016
 

Sa libération était attendue, c’est désormais chose faite. L’ancien détenu de la prison de haute sécurité américaine Guantánamo, Younès Chekkouri, a été libéré hier de la prison de Salé.
Le désormais ex-détenu a été libéré par la justice après paiement d’une caution. Sa libération avait été annoncée en début de semaine par le comité de soutien aux anciens détenus salafistes.
L’homme qui a passé 13 ans dans la prison de Guantánamo avait été libéré en septembre dernier par les États-Unis après un accord de rapatriement avec les autorités marocaines. Cet accord prévoyait la libération de Younes Chekkouri, mais cette libération tardait à se concrétiser. Entre temps, l’homme avait été blanchi par la justice américaine.
Malgré cette libération, des soupçons pèsent encore sur Chekkouri, accusé de porter atteinte la sûreté de l’État.

mardi 24 mars 2015

Salé : 4 filles tailladées au visage parce qu’elles ne porteraient pas le voile

Sabrina El-Faiz, 20/3/2015

Depuis quelques jours la ville de Salé ne dort plus. Une femme portant le niqab s’attaquerait à toutes celles qui ne sont pas voilées.
Cela fait deux jours que des parents d’élèves sont alarmés. Leurs petites filles ne sont plus en sécurité. En effet, une « femme » portant le niqab se serait attaquée à quatre jeunes filles ne portant pas le voile.
Alayam 24 a rapporté quelques témoignages de l'affaire dont celui de la police, qui jugerait cette situation normale et qui penserait que la femme chercherait peut-être à voler les jeunes filles. Mais selon les habitants de la ville, la femme n’a jamais volé. Elle demanderait son chemin aux filles- qui ne portent pas le voile- avant de leur taillader le visage à l’aide d’une lame de rasoir.
Certains pensent qu’à l’approche des élections communales, des partis tentent d’entacher l’image du PJD en engageant cette « femme » (on ne sait toujours pas s’il s’agit d’une femme). D’autres appuient ce point de vue en ajoutant que ces gens veulent aussi rabaisser l’image de la femme qui porte le niqab.
Selon le journal en ligne Hespress, plusieurs équipes de police ont été placées devant les écoles ainsi que dans les endroits fréquentés de la ville.

lundi 16 mars 2015

Visite à Naama



Visite à Naama
Rabat-Salé 12-16 Janvier 2015
Quelques impressions de Maryse

Je fais aujourd’hui ma première visite à Naama, prisonnier politique Sahraoui à Rabat-Salé,  dans sa cinquième année de détention  sur les trente ans de condamnation.
Michel et moi arrivons à Rabat vers 12 heures : ce petit aéroport sur fond de végétation méditerranéenne  parle à mon cœur : ce pourrait être un beau voyage. Mais je sais pour qui je viens  et cela m’assombrit .
En taxi nous partons directement pour Salé. Michel, habitué de ces visites, conduit le chauffeur jusqu’à la petite porte  d’entrée après avoir longé trois des murs de la prison,  impressionnante  par   son  immensité ; et je vois qu’on en construit une autre  aussi grande, de l’autre côté de la rue,  « pour les mineurs » me dira Naama  : de quoi s’interroger sur ces sociétés de tous horizons qui enferment pour se protéger… Beaucoup de femmes  et quelques hommes attendent déjà  devant la porte  avec de grands sacs : c’est le ravitaillement de leur prisonnier  pour la semaine. Sont là aussi quelques très jeunes enfants.
Ma crainte grandit : comment sera-t-on accueilli  de l’autre côté de cette porte ? Il est 13 h ; c’est l’heure de la visite. Le personnel est un peu languissant. Une femme prend nos passeports  et les garde. On attend  pendant plus de trois quarts d’heure dans une sorte d’immense couloir à ciel ouvert qui entoure les quartiers,  avec des murs très hauts surmontés de barbelés,  avant d’accéder à une série de pièces d’attente successives   : d’abord un sas pour la fouille des dames  puis  une autre pièce où les nombreux visiteurs attendent,  assis sur de longs  bancs en ciment, qui précède le même type de salle où officie un gardien,  un « caporal » qui hurle des noms  qu’on ne comprend pas : une fournée de visiteurs se lèvent et disparaissent. Notre tour viendra   après que Michel se soit manifesté  auprès du crieur ; il nous fait signe : on traverse deux salles  jusqu’à une grille où on attend. Mon cœur bat : Naama sera-t-il là ?
 On arrive dans une  sorte de  grande « salle  des fêtes »  de béton par  une scène surélevée : c’est le parloir collectif. Une foule occupe la surface en contrebas de la scène ;  les gens  sont assis par famille   autour d’une table de jardin en plastique avec six ou huit fauteuils.
Les prisonniers arrivent  aussi par paquets d’un espace ménagé au fond de la salle. Chacun retrouve sa famille, on s’étreint longuement, on pleure, on s’embrasse.  La joie des retrouvailles se lit sur les visages : qui est prisonnier, qui est libre ?
Sur le côté, dans un angle,  deux hommes se lèvent et viennent jusqu’à nous : ce sont des Sahraouis souriants  qui nous accueillent. Naama n’est pas là,  ils nous apprennent qu’il est encore malade ce matin, avec d’autres de leurs camarades.  Ils nous  installent autour d’une table. Une dame des plus âgées, en visite, me serre  longuement dans ses bras et me tiendra la main de longs moments.
Naama arrive plus tard  dans son grand manteau,  la tête protégée par la capuche. Il est fiévreux mais tout sourire. Tous les Sahraouis (ils sont là 23) viendront  les uns après les autres,  contents de nous voir, comme leur famille, et nous embrassent quatre fois.  On partage les papillotes, les dattes, et un thé venu d’une de leurs cellules !
 Je n’ai pas vu Naama depuis six ans. Mais dès que nous serons seuls avec lui, la conversation s’engagera tout naturellement comme de vieux amis : d’abord Claude, le monde… les attentats (il y a quelques jours seulement), la géopolitique car il lit beaucoup : journaux, livres, il est bien informé ! Nous serons là jusqu’à midi ; personne n’a contrôlé. Naama jouit manifestement d’une bonne audience auprès du nouveau directeur (les années auparavant les visites étaient  strictement  limitées à une heure).  Il en sera ainsi tous les matins  pendant nos cinq jours de présence à Rabat, de 9h-9h30 à 12 h-12 h 30.
Pendant que nous parlons, je regarde autour de moi, cette salle immense déguisée en salle de spectacle, mais qui ne verra jamais un seul artiste : la scène n’est là que pour surveiller, donner des consignes. À chaque fin de visite — toutes les  heures,  la sirène  vibre cruellement, un lot de visiteurs fait place à un autre dans un  bruit assourdissant de tables et de chaises remuées. Les familles se retrouvent à 6 ou 8  avec leurs prisonniers ; il y a là des petits enfants, des grands-parents,   des jeunes et des moins jeunes.  Ce sont tous des prisonniers de droit commun  nettement séparés des 23 Sahraouis  qui eux sont  traités  comme des prisonniers politiques, droit obtenu de haute lutte   par deux longues grèves de la faim. Mais ils sont très loin de leurs familles  et donc les visites sont rares. Toutes ces « visites » se font sans incident ; les gens sont disciplinés  mais tendus et on a du mal à se quitter. Pourtant, je n’ai remarqué aucun regard hostile  vers notre groupe qui bénéficie d’un long temps de visite.
Ce parloir très particulier me fait penser à une de ces « vitrines » que le Maroc aime montrer  à sa population  et aussi au monde extérieur : «  Voyez, nous traitons  bien nos prisonniers ! », mais nous savons, nous,  que la torture existe, que les délais de jugement sont très longs, que les conditions de détention sont horribles  dans certains quartiers surpeuplés, sans couverture, sans hygiène, d’après Naama. C’est exactement comme les affiches publicitaires  du bord de mer cachant l’arrière-pays souvent misérable.
Les Sahraouis savent  gérer leur temps de prison ; certains ont pu travailler intellectuellement  pour préparer le bac  ou faire du droit. Là encore,  l’effet « vitrine » laisse entrer les livres et  quelques enseignants   bénévoles, mais pas le courrier ! Aucune lettre n’a  jamais été transmise à Naama par l’intermédiaire de la Croix Rouge par exemple. 
Naama a réussi à souder son groupe, à obtenir, sans compromission, une certaine liberté  d’action et de mouvement à l’intérieur de la prison. Aucun de ces prisonniers, lourdement condamnés par un tribunal militaire alors qu’ils sont civils,  de 20 ans à la perpétuité pour des assassinats qu’ils n’ont pas commis  et  que ce sont des pacifistes. 
Finalement, toute cette ambiance carcérale infernale apparaît sous un jour assez bon enfant… un comble alors que chaque prisonnier vit le drame de la séparation, de l’enfermement, dont il ne connaît pas l’issue !
On ressort de là étourdi, ému ; on mesure mieux la monstruosité de  ce bâtiment qui cache 4.700 prisonniers et accueille mille visiteurs par jour. Tout un petit peuple vit dans et aux abords de la prison ;  au dehors, la vie est normale : les taxis vont et viennent, les bars et les cafés accueillent les visiteurs, les commerces fonctionnent ; on ne sait plus très bien où est la normalité.
Pour nous aussi la séparation sera difficile et émouvante : quand nous reverrons-nous ;  y aura-t-il une septième visite ? Quand finira ce cauchemar lié au bon vouloir  de quelques-uns ?  Seul Naama  est confiant et nous gratifie de son grand sourire d’espérance. 

vendredi 12 avril 2013

Des nouvelles des prisonniers politiques en grève de la faim



Par Moha OUKZIZ, coordinateur du Comité de Soutien en France aux Détenus Politiques en grève de la faim au Maroc, 12/4/2013

Mesdames Messieurs, 

Nous avons demandé à la presse, aux élus, aux militants et responsables politiques et syndicaux , au rapporteur des droits de l'homme auprès de l'ONU, aux élus européens, associations , aux amis artistes, intellectuels  et camarades de manifester leur solidarité avec les détenus politiques en grève de la faim dans les prisons du royaume au Maroc. 
Nous remercions tous ceux qui ont répondu favorablement. 

Les détenus politiques en grève de la faim continuent leur bataille dans les  prisons du royaume du Maroc depuis le début du mois de mars 2013, dans le silence médiatique et politique au Maroc et au niveau international. 

 Dans la prison locale de Taza ,

Abdessamad Alhaydour membre du Mouvement 20 Février (M20F)  et Tarik Alhamani membre de l'UNEM, mouvance Voie Démocratique Basiste ; en sont à 41 jours de la grève de la faim. 
Nous rappelons qu'ils sont à leurs deuxième grève après celle de l'année dernière observée aux côtés d'Ezdine Erroussi.


Dans la prison d'Ain Kadouss à Fès, 

Younes Erroufi, Hichame Boughlade, Tarik Ejaîbi, tous militants de l'UNEM, mouvance Voie Démocratique Basiste, sont en grève de la faim depuis le 26 mars 2013, soit 16 jours de grève de la faim. 



Dans la prison de Toullal2 à Meknes,

 Mounir Ait Khafou, Soufiane Segheri, Hassan Koukou, Mohamed Aloualiki, Hassan Alhmouche, militants de l'UNEM, Voie démocratique Basiste, sont en grève depuis le 11 mars 2013, soit 31 jours de grève de la faim. 



Dans la prison Zaki à Salé, 

Mohamed Salah est en grève de la faim depuis le 26 mars 2013( 16 jours), militant de l'UNEM, Voie Démocratique Basiste.  



Ces militants agonisent dans les prisons du royaume du Maroc. Ils sont affaiblis, entassés avec les prisonniers de droit commun, dans des cellules étroites où les conditions de vie sont inimaginables et insupportables. Ils sont violentés par les agents de l'administration pénitentiaire et les gardiens. Ils sont dans des cellules où des prisonniers de droit commun qui relèvent de la psychiatrie et certains agresseurs sexuels présentent un danger de plus pour ces détenus politiques affaiblis par la grève de la faim et les conditions inhumaines qui règnent  dans ces institutions pénitentiaires qui datent du temps de la colonisation, ce qui est  le cas  de la prison locale de Taza. 
La santé des détenus politiques en grève de la faim est dans un état très critique. Les prisons ne disposent pas d'équipement médical, des maladies contagieuses ne sont même pas soignées. Aucun service médical  n'est mis à la disposition des détenus. Des cellules  de quelques mètres carrés sans aération  contiennent des dizaines de détenus sans considération aucune.   L'humidité, le manque crucial d'hygiène, la surpopulation, les traitements  indécents tels que les tortures, les humiliations, l'absence de soin, etc, c'est le quotidien des détenus politiques dans les prisons du royaume du Maroc. 

Le Comité de Soutien en France aux détenus Politiques au Maroc vous demande d'informer l'opinion publique afin d'exiger leur libération . Nous vous demandons d'écrire et d'interpeler les autorités publiques, la presse et les amis pour demander la libération  de tous les détenus politiques au Maroc, notamment les grévistes de la faim dans les prisons de Taza, Fes, Meknes , Salé etc. 
Le Comité de Soutien en France aux Détenus Politiques au Maroc envisage des actions de terrain, nous vous demandons de nous faire part de votre volonté d'y participer. 

samedi 23 février 2013

Incendie du souk de Salé

La nuit du vendredi (veille de samedi) 22 février 2013, l'un des plus grands souks populaires de la ville de Salé en flammes. L'AMDH, section de Salé, est la première à donner l'alerte.
Ecoutez ce que racontent les victimes et ce que racontent les beni-makhzen


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2uaHdcHJ1gc#!

samedi 2 février 2013

Procès du groupe Gdaym Izik reporté au 8/2, le Maroc cafouille encore

par 2 /2/2013
Vendredi 1er  février 2013 vers 08.30, suite à un appel des familles des prisonniers politiques du « groupe Gdaim Izik », plus de 100 personnes ont participé à une manifestation en solidarité avec les prisonniers devant la cour martiale de Rabat, la capitale marocaine.
Les autorités marocaines ont déployé l'armée et la police en addition des effectifs des  renseignements généraux aux alentours de la cour avant de fermer le boulevard de " Ennaser" du quartier Agdal menant à la cour.
15 min après le début de cette manifestation sahraouie,  plus de 50 marocains habillés en vêtements traditionnels sahraoui s ont mené une manifestation parallèle, brandissant des drapeaux marocains et des photos du camp de Gdaim Izik après sa destruction par l'armée marocaine. Ils demandaient par leurs pancartes l'exécution des accusés.
Au tribunal, les autorités marocaines ont laissé entrer les familles des prisonniers dans la salle d'audience et en ont interdit l’accès aux militants des droits de l'homme.
La cour a reporté le procès au 8 février suite à la demande de la défense. Celle-ci  a souhaiter écouter des responsables marocains  comme le ministre de l'intérieur, la député au parlement marocain Gajmoula ment Abbi , le gouverneur de la ville de El Aaiun occupée et d'autres témoins .
La cour a refusé d'inviter les responsables et a accepté d'inviter 4 témoins dont l'activiste sahraoui Lehsan Dalil.
Le procès écourté s’est tenu en présence d’observateurs, juristes et journalistes étrangers.
A El Aaiun occupée, malgré le blocus sécuritaire impose par les autorités d'occupations, des dizaines des sahraouis sont sortis de chez eux pour manifester leur solidarité avec les prisonniers de Gdaim Izik.
4 manifestations d’une cinquantaine de personnes ont été dispersées par la violence, selon les méthodes usuelles des forces d'occupation, sans ménager ni les femmes ni les enfants.
Les violences généralisées et des agressions privées ont eu lieu à cette occasion.
Par exemple, Momna Chomad, dont le mari est emprisonné sans charge depuis le 6 novembre 2012 a été violement giflée par un policier en civil alors qu’elle sortait pour manifester. Cette femme fière qui ne cède à aucune intimidation a nommé son enfant Ahmed Ben Bella (de l’ancien président algérien) pour affirmer sa résistance à l’occupant.
L'activiste des droits de l'homme et ancien porté disparu Mustapha Dah a lui été agressé directement par le Pacha, vice gouverneur de El Aaiun occupée  Mohamed Ennachti.
De nombreux manifestants dont M. Dah ont déclaré  que ces réactions violentes n’arrêteront pas la résistance civile qui parviendra à briser l'embargo et à dévoiler les crimes commis par l'état marocain au Sahara Occidental.
EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé

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Sahara Occidental: Médi1 reste au service du Makhzen

Par Demainonline, 2/2/2013
Une émission de grande valeur intellectuelle sur Médi1 (Photo DR)
Une émission culturelle de grande portée sur Médi1 (Photo DR)

Le journalisme français aux ordres se porte bien. Hier, vendredi 1er février, premier jour du procès des 24 indépendantistes sahraouis accusés du massacre de Gdeim Izik, il y a plus de deux ans, les auditeurs de Médi1 s’attendaient à de l’information contrastée pour savoir ce qui s’est passé ce jour de 2010 quand 10 membres des forces de l’ordre marocaines, un ambulancier et deux sahraouis ont perdu la vie dans des circosntances tragiques.
Au lieu de cela, Médi1, qui appartient à un consortium public franco-marocain, a fait montre d’un journalisme digne des années de plomb. Et pour une fois, ce ne sont pas des journalistes marocains qui en ont été les protagonistes, mais deux journalistes français.
Au lieu de parler du procès, la journaliste française qui présentait le journal de 12h30 a préféré évoquer le « ralliement de 300 militants du Polisario » à AQMI, le mouvement terroriste maghrébin. Ajoutant, pour conforter son « information », que c’est « un chercheur tunisien, un spécialiste des mouvements terroristes » qui le rapporte.
Mais qui est-il ce spécialiste tunisien ?  Son nom ? Silence radio. On n’en saura rien. Tout au plus elle assène ses auditeurs avec un « ce chercheur tunisien a recoupé le constat de plusieurs thinks tank américains ».
La parole est alors donnée à Claude Porsella, correspondant à Washington de Médi1 (Jean-Louis Pourtet pour RFI). Et là on se serait cru à la bonne époque de la vieille RTM (Radio télévision marocaine), la télé et la radio publiques, figées et archaïques, de l’ère Hassan II.
Le Polisario serait l’allié d’AQMI, nous dit Porsella en se basant sur les déclarations d’un analyste américain, Yonah Alexander, qui répète ces assertions depuis plusieurs années sans que le Département d’Etat américain, qui veille au grain pour savoir qui est avec qui dans la grande mouvance jihadiste, ne lui fasse cas. Yonah Alexander a visité le Maroc et le Sahara en janvier 2011 à l’invitation des autorités marocaines.
Puis le vieux journaliste franco-américain, qui a quitté la Voix de l’Amérique il y a quelques années parce qu’il s’estimait « censuré », reprend des termes qui sont généralement utilisés par la presse marocaine pour traiter le conflit du Sahara. Le Polisario aurait signé un « partenariat » avec AQMI, les camps de réfugiés de Tindouf seraient en réalité des « camps de séquestrés » (même si l’ONU dit le contraire!), et les indépendantistes seraient des « séparatistes », etc…
Qu’un journaliste marocain débite ces formules et ces adjectifs, c’est dans l’ordre des choses. Le journalisme au Maroc est patriotique avant d’être informatif. Mais que des journalistes professionnels français singent verbalement leurs confrères marocains, c’est assez inhabituel. Sauf sur Médi1 bien sûr.
Le Polisario allié d’AQMI, on en rêve à Rabat. Mais pour le moment c’est un non-sens total que même le plus débile des analystes des mouvements terroristes islamistes rejeterait sans la moindre discussion.
Une alliance du Polisario avec AQMi serait un suicide en bonne et due forme de ce mouvement indépendantiste dont la survie économique, politique et diplomatique dépend du bon vouloir de l’Etat algérien. AQMI est l’ennemi mortel de l’Etat algérien ; et qui finance et porte à bout de bras le Polisario sinon l’Etat algérien.
Le Polisario allié avec les terroristes d’AQMI on voudrait bien, comme ça on demandera à l’armée française de François Hollande de nous en débarrasser. Mais pour le moment c’est plus un désir qu’une réalité.
Au fait, une information qui n’a pas été relevée par les journalistes français de Médi1 : le procès des 24 Sahraouis a été reporté au 8 février. 

vendredi 25 janvier 2013

Jean Marc Ayrault au Maroc, les détenus sahraouis esperent




Par Omar Mansour, Journal Maghnord, 24/1/2013


Enfermés depuis plus de deux ans, ne disposant plus d’aucun statut, les détenus sahraouis du centre pénitentiaire Zaki 2 à Salé attendent un geste de Jean-Marc Ayrault à l’occasion de sa visite au Maroc.

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre français, est au Maroc pour une visite de deux jours. Bien évidemment on va parler contrats, à l’occasion du forum économique qu’il aura à clôturer, de coopération lors de l’inauguration du tramway de Casablanca, réalisé en partenariat avec Alstom, Systra et la RATP et des discussions sur le projet de ligne à grande vitesse Casablanca-Tanger. Sur le plan politique, on va sans doute évoquer les questions malienne et syrienne. Mais, côté français, on va peut-être aussi parler des sujets qui fâchent, comme celui des Droits de l’Homme. La présence de Najat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes et porte-parole du Gouvernement et de Christine Taubira, ministre de la Justice, milite en fonction de cette thèse, mais…

Jean-Marc Ayrault est au courant
En tout cas, par courrier du 6 décembre dernier le député-maire (Val-de-Marne et Kremlin-Bicêtre) chevènementiste, Jean-Luc Laurent avait alerté Jean-Marc Ayrault sur la situation des Droits de l’Homme au Sahara occidental en soulignant que « de nombreux militants sahraouis sont incarcérés sans procès et dans des conditions de détention critiquables ». En particulier, l’élu de Val-de-Marne pointe la situation du juriste et militant pacifiste sahraoui Annaâma Asfari dont l’épouse Marguerite-Claude Mangin-Asfari réside dans sa circonscription. M. Asfari est également « en prison depuis plus de deux ans sans avoir bénéficié de procès ».
Annaâma Asfari
M. Asfari est enfermé dans le centre pénitentiaire Zaki 2 à Salé dans la banlieue Est de Rabat en même temps que 22 de ses compagnons. Selon le Comité des familles des prisonniers politiques Sahraouis (CFPPS), à l’exception de deux détenus, ils ont tous été arrêtés entre 7 novembre et le 25 décembre 2010. Cheikh Banga est le plus jeune des détenus. Il avait 21 au moment de son arrestation. L’ainé des prévenus, Sidi Ahmed Lemjiyed était âgé de 51 ans lors de son interpellation.
Manifestation de familles de détenus à Rabat (photo DR)
L’histoire de chacun de ces détenus est sans doute singulière, mais dans leurs grandes lignes, elles se croisent toutes. Les prisonniers sont tous des militants de la cause sahraouie. Ils ont, pour la plupart, été arrêtés juste avant ou après le démantèlement, sans ménagement du « Camps de la fierté et de la dignité » de Gdeim Izik, près d’El Aaiun, par l’armée marocaine, le 8 novembre 2010. Ils se retrouvent surtout dans une situation qui ne correspond plus à aucun statut, puisque même selon le code pénal marocain, la détention provisoire sans inculpation au-delà de 12 mois est illégale –ce qui est déjà excessif-.
Une famille minée par la répression
L’histoire d’Ennaâma Asfari illustre les épreuve que peut endurer un détenu appréhendé dans les conditions des militants sahraouis. Ce juriste, aujourd’hui âgé de 40 ans est l’ainé d’une famille de quatre enfants. Son père Abdi Ould-Moussa, commerçant et célèbre caravanier comme son ascendant, avait été arrêté sur son lieu de travail, en 1976, sous le regard médusé d’Ennaâma qui n’avait alors que 6 ans. Enceinte de sept mois au moment des faits, Moguef Bent M’Hamed, la mère d’Ennaâma perd son bébé juste après sa naissance. En 1978, elle assiste impuissante à la disparition forcée, pendant 10 ans de son frère Brahim Bellagh.
Dépossédé de ses biens, Abdi disparaît quant à lui pendant 16 longues années passées aux bagnes d’Agdez et de Kelaat M’gouna, près de Ouarzazate. À sa libération en 1991, son épouse qui, elle aussi, fut arrêtée, pendant deux mois, en 1978, avait été emportée par un cancer, depuis déjà 8 ans. Aujourd’hui, Abdi est libre, mais malgré son âge avancé, il fait toujours l’objet d’une surveillance régulière.
765 jours de calvaire au premier jour de la visite de M. Ayrault
Interdit d’internat durant sa scolarité à cause de la condamnation de son père et de l’engagement de sa maman, Ennaâma réussi malgré tout ses études. En 1999, il décroche une bourse du gouvernement français qui lui permit de faire des études de droit à l’université de Paris X Nanterre.
En 2005, M. Asfari participe à la création en France, du Comité pour le respect des libertés publiques et des droits de l’Homme au Sahara occidental (CORELSO) dont il devient co-président. Objectif : sensibiliser l’opinion publique française « aux violations des Droits de l’Homme dont sont victimes les Sahraouis ». Depuis, M. Asfari participe à la plupart des procès visant ses compatriotes sahraouis et depuis, il collectionne les arrestations et les condamnations. M. Asfari est régulièrement arrêté depuis 2006, parfois, jusqu’à deux fois par an, comme en 2007. Le tarif varie entre la prison avec sursit et 4 mois de détention ferme, sans compter la panoplie d’amendes et de frais de justice.
La dernière arrestation de M. Asfari est survenue le 7 novembre 2010 à El Aaiun, la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Cela fait maintenant plus de deux ans, plus exactement 765 jours que M. Asfari est enfermé et depuis le 7 novembre 2011, fin du délai légal de sa détention, il n’a plus aucun statut, sans compter les humiliations et les mauvais traitements qu’il subit au quotidien.
Juste après son arrestation, le jeune juriste a été mis au cachot pendant 5 jours. Par la suite, il a été aperçu, pour la première fois, par des témoins au tribunal de première instance d’El Aaiun. « Il était alors en short, torse nu et son corps portait des marques de mauvais traitements », relatent les témoignages transmis à sa famille.
À l’issue de l’audience, le procureur du Roi de cette circonscription décida de le différer devant le Tribunal militaire permanent (TMP).

Traitement humiliant
Dans des conditions plus que blessantes, il est transféré, le jour même, à la prison de Zaki 2 à Salé; durant son transfert, à bord d’un avion militaire, M. Asfari avait les yeux bandés. Pieds et poings liés –au sens propre-, il avait les mains attachées derrière le dos. Jeté à plat ventre, à même le plancher, sa tête était écrasée, durant tout le trajet, entre les pieds de l’un de ses gardiens, tandis qu’un second lui marchait sur les fesses. À son arrivé à Salé, alors qu’il faisait froid, avec d’autres détenus, le militant pacifiste a passé la nuit dans la cour de la prison sans tenue vestimentaire adaptée.
Tout ceci, la famille et les proches ne l’ont su que beaucoup plus tard. Et pour cause, après son transfert à Salé,  M. Asfari a vécu une disparition forcée jusqu’au 6 décembre 2010.
Ce n’est qu’à cette date que son frère, Khaded Asfari a pu le voir après avoir parcouru plus de 920 km depuis Tan Tan.
 
Les détenus politique sahraouis 

Arrivée le même jour depuis Paris, pour exercer son droit de visite, Marguerite-C. Mangin-Asfari,, n’a pu voir son époux que le 9 décembre pendant 5 courtes minutes. Un droit recyclé en privilège et auquel elle n’a pu accéder qu’à l’issue d’un véritable parcours du combattant. Une épreuve au cours de laquelle les officiers de la justice militaire et les responsables pénitentiaires ont disposé de son temps et de sa patience comme ils l’entendaient. Tout ce qui leur passait par la tête avait force de loi qu’il ne fallait surtout pas transgresser. Tout ceci pour n’avoir au bout du compte qu’une apparition évanescente de son époux.
« Il est trop sérieux, ce n’est plus Ennaâma ! »
« On me fait entrer dans une pièce toute en largeur dans la pénombre. En face de moi, il y a un haut grillage très serré, fixé au dessus d’un mur d’un mètre de haut environ. Derrière deux rang de grillage à mailles très serrées, séparés par un no man’s land d’un mètre de large, tel un animal de zoo se tient Ennaâma, raide, les mains derrière le dos, habillé d’une veste de jogging blanche, pas rasé. Il est sur la droite de la pièce, à contre-jour devant une fenêtre sur laquelle donne le soleil. Spontanément, je lui demande de se mettre en face de moi pour que je le vois mieux. Quant à moi, je m’appuie, le front serré contre grillage en écarquillant les yeux pour tenter de mieux le voir. Mais il ne bouge pas. C’est calculé pour que je ne puisse pas distinguer son visage. Il porte des lunettes. Dans le no man’s land, de chaque côté (…), il y a des policiers en uniforme qui parlent fort entre eux, couvrant nos voix pendant tout l’entretien (…) », relate Mme Mangin Asfari. « Il me demande à avoir un avocat  français qui vienne non pas en tant qu’observateur, mais pour plaider, ici,  afin de demander et d’obtenir ses droits fondamentaux de détenu politique. À ce moment là, le directeur-adjoint m’annonce que c’est terminé. Je suis stupéfaite (…). À ce moment, je vois Ennaâma à droite qui fait demi-tour, il a toujours les mains dans le dos, sans doute menottées. Il me jette un dernier coup d’œil au dessus de son épaule et me dit au revoir sans un sourire. Je sors en état de choc. Je n’ai rien compris, il est trop sérieux, ce n’est plus Ennaâma ! », poursuit Mme Mangin-Asfari, la mort dans l’âme.
Il est vrai que par la suite, notamment après le renouvellement du mandat de la MINURSO, la situation des visite s’est améliorée. Au cours de la troisième semaine d’avril 2011 par exemple, des visites de familles ont pu être organisées. Mais l’évolution statutaire des détenus est toujours au point mort.
Lors du dernier renouvellement de la mission onusiennes au Sahara occidental, la France s’est opposée l’extension de ses prérogatives à la protection des Droits de l’Homme. Il est normal qu’aujourd’hui les détenus sahraouis s’attendent à ce qu’elle assume les