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vendredi 13 mars 2015

Taza : Un marchand ambulant « met en vente » ses filles !





 Aufait, 12/3/2015


Ce n’est pas un scénario de film, mais une histoire vraie qui s’est déroulée cette semaine à Taza. La vidéo dont nous vous parlons date de mercredi. En effet, un homme et sa petite famille squatte l’un des artères principales de la ville de Taza, avec une pancarte indiquant que ses deux petites filles sont à vendre.
  Mais, l’homme en question n’a aucune envie de vendre réellement ses deux enfants, il s’agit selon sa femme et son entourage, d’une manière pour lui de dénoncer ses conditions de vie ainsi que les agressions des forces auxiliaires dont il se dit victime.

Travaillant comme marchand ambulant, cet homme s’est vu confisquer sa marchandise et dit être victime d’une agression de la part d’un caïd.
Sa femme affirme que la petite famille a vendu la moitié de ses meubles pour subvenir aux besoins des enfants.

mardi 23 juillet 2013

Région du Rif, la répression continue : La commémoration officielle de la bataille d’Anoual tourne à l’affrontement:


Par Souad G, 22/7/2013

Rappel : Sur le site historique  de la bataille d’Anoual où le 21 juillet 1921, les combattants rifains menés par Abdelkrim Khattabi, avaient infligé une lourde défaite à l’armée espagnole menée par le Général Silvestre, une défaite historique  de l’une des armées les plus puissantes de la période coloniale contre le peuple rifain aux mains nues. La bataille d’Anoual, devient alors le symbole de la résistance anticoloniale. Elle a révélé au monde la victoire des combattants rifains menée par Abdelkrim Khattabi, héros de la lutte anticoloniale. 

Dimanche 21 juillet 2013 : Le matin tôt, un important dispositif sécuritaire à été déployé autour du site historique de la bataille d’Anoual,  dans la commune de  Driouch.

Une commémoration officielle a été prévue à l’occasion  l’anniversaire de la bataille d’Anoual. Des tentes officielles, discours et médailles pour décorer des anciens combattants, portrait géant de M6, mais rien sur le héros du Rif, Mohamed Ben  Abdelkrim Khattabi.

Les manifestants sont venus de Nador, Tamassint, Imzouren, Bni Bouayach, Al Hoceima. Ils brandissent une banderole « S’ils pouvaient parler, ils vous diraient : dégagez ! ». Ils brandissent le drapeau de la République du Rif et protestent contre la falsification de l’histoire, contre la réécriture de l’histoire du Rif par le makhzen, ils protestent contre le pillage de leurs richesses, contre le chômage, l’exclusion et la répression.

Ils ont crié : « Anoual, terre libre, Mekhzen dehors ! » « Tu n’as pas encore compris, makhzen dégage !»

Une importante manifestation devant des officiels, des galonnés, des autorités du makhzen, étonnés et impuissants, avant de donner l’assaut. 
Plusieurs corps de répression se lancent sur les manifestants, tentent d’arracher drapeaux et banderoles, les pourchassent dans la montagne à coup de jets de pierres, faisant un blessé grave touché à la tête.  Jamais inauguration  officielle n’aura été aussi bousculée et contestée.

Les diplômés chômeurs, nombreux dans la région, des jeunes, exclus de l’emploi sans aucun débouché, luttent pour exiger du travail et ne voient comme réponse que répression, bastonnade, arrestations, condamnations. Cependant que la région du Rif est devenue source d’accaparement de terre, de spoliation de ses richesses, au profit d’une mafia pour réaliser de grandioses projets touristiques, immobiliers qui ne profitent pas aux habitants de la région. Les habitants du Rif assistent impuissants aux inaugurations officielles de projets tapageurs : développement d’une « agriculture verte », agrobusiness mercantile et ravageur, au détriment des cultures ancestrales et de la souveraineté alimentaire de la région.

Longtemps enclavée et isolée sous le régime de Hassan 2 qui avait mené une politique de terre brulée pour se venger de cette région fière de son histoire héroïque de la République du Rif, des enfants d’Abdelkrim. Malgré les terribles années de marginalité, de pauvreté, de répression, d’exil, la mémoire se réveille comme un long fleuve tranquille.

Avec le début du règne de Mohamed 6, puis après le tremblement de terre d’Al Hoceima en 2004, qui avait fait des milliers de victimes, ce dernier s’est intéressé à la région du Rif. Il avait dépêché sur place délégations, personnalités de la « société civile », hommes d’affaires, pour une éventuelle réconciliation avec le Rif.


En guise de réconciliation, depuis quelques années, des études et colloques sont organisés pour se pencher sur l’histoire du Rif, une route financée par l’UE a permis de désenclaver la région restée longtemps inaccessible. Des chercheurs, historiens, ethnologues sont invités, avec l’association du Conseiller du roi, Azoulay, comme fer de lance de cette grande initiative qui voudrait développer un pôle de business touristique à l’image d’ Essaouira.

Parallèlement, le pouvoir lance des initiatives pour remettre  à l’ordre du jour le rapatriement de la dépouille d’Abdelkrim Khattabi du Caire. Un débat esquivé qui divise militants et les proches cependant que la vérité tarde à révéler les crimes, enlèvements, disparitions, les fosses communes des sombres années de plomb dans le Rif. Et comme le dénoncent les militants, aucune Vérité, aucune Réconciliation, ne se fait  à coups de bâton et de slogans creux.

La région du Rif  a connu des luttes ininterrompues et qui se sont intensifiées avec le M20f. Les luttes et soulèvements de Bni Bouayach, Tamassint, Sidi Bouafif, jusqu’àTaza, pour la dignité, la justice sociale, se poursuivent dans cette région malgré la répression féroce qui ne s’est pas atténuée. Les nombreuses grèves et manifestations touchent tous les secteurs de la population  pour réclamer des services publics, des routes, l’eau, électricité, des équipements de Santé, des écoles, publics et de qualité.   Le mouvement des diplômés chômeurs est très important.  Les jeunes diplômés manifestent sans relâche pour le droit au travail. Mais en guise de travail, la seule réponse reste la répression, les procès fabriqués de toute pièce, les manifestations interdites, l’avenir sombre et bouché, la corruption , le passe droit, le clientélisme érigés en système de gouvernance. Les petits enfants d’Abdelkrim ne sont pas prêts à baisser les bras, ils continuent à réclamer dignité, liberté, justice sociale et brandissent avec fierté leur histoire.
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vendredi 12 avril 2013

Des nouvelles des prisonniers politiques en grève de la faim



Par Moha OUKZIZ, coordinateur du Comité de Soutien en France aux Détenus Politiques en grève de la faim au Maroc, 12/4/2013

Mesdames Messieurs, 

Nous avons demandé à la presse, aux élus, aux militants et responsables politiques et syndicaux , au rapporteur des droits de l'homme auprès de l'ONU, aux élus européens, associations , aux amis artistes, intellectuels  et camarades de manifester leur solidarité avec les détenus politiques en grève de la faim dans les prisons du royaume au Maroc. 
Nous remercions tous ceux qui ont répondu favorablement. 

Les détenus politiques en grève de la faim continuent leur bataille dans les  prisons du royaume du Maroc depuis le début du mois de mars 2013, dans le silence médiatique et politique au Maroc et au niveau international. 

 Dans la prison locale de Taza ,

Abdessamad Alhaydour membre du Mouvement 20 Février (M20F)  et Tarik Alhamani membre de l'UNEM, mouvance Voie Démocratique Basiste ; en sont à 41 jours de la grève de la faim. 
Nous rappelons qu'ils sont à leurs deuxième grève après celle de l'année dernière observée aux côtés d'Ezdine Erroussi.


Dans la prison d'Ain Kadouss à Fès, 

Younes Erroufi, Hichame Boughlade, Tarik Ejaîbi, tous militants de l'UNEM, mouvance Voie Démocratique Basiste, sont en grève de la faim depuis le 26 mars 2013, soit 16 jours de grève de la faim. 



Dans la prison de Toullal2 à Meknes,

 Mounir Ait Khafou, Soufiane Segheri, Hassan Koukou, Mohamed Aloualiki, Hassan Alhmouche, militants de l'UNEM, Voie démocratique Basiste, sont en grève depuis le 11 mars 2013, soit 31 jours de grève de la faim. 



Dans la prison Zaki à Salé, 

Mohamed Salah est en grève de la faim depuis le 26 mars 2013( 16 jours), militant de l'UNEM, Voie Démocratique Basiste.  



Ces militants agonisent dans les prisons du royaume du Maroc. Ils sont affaiblis, entassés avec les prisonniers de droit commun, dans des cellules étroites où les conditions de vie sont inimaginables et insupportables. Ils sont violentés par les agents de l'administration pénitentiaire et les gardiens. Ils sont dans des cellules où des prisonniers de droit commun qui relèvent de la psychiatrie et certains agresseurs sexuels présentent un danger de plus pour ces détenus politiques affaiblis par la grève de la faim et les conditions inhumaines qui règnent  dans ces institutions pénitentiaires qui datent du temps de la colonisation, ce qui est  le cas  de la prison locale de Taza. 
La santé des détenus politiques en grève de la faim est dans un état très critique. Les prisons ne disposent pas d'équipement médical, des maladies contagieuses ne sont même pas soignées. Aucun service médical  n'est mis à la disposition des détenus. Des cellules  de quelques mètres carrés sans aération  contiennent des dizaines de détenus sans considération aucune.   L'humidité, le manque crucial d'hygiène, la surpopulation, les traitements  indécents tels que les tortures, les humiliations, l'absence de soin, etc, c'est le quotidien des détenus politiques dans les prisons du royaume du Maroc. 

Le Comité de Soutien en France aux détenus Politiques au Maroc vous demande d'informer l'opinion publique afin d'exiger leur libération . Nous vous demandons d'écrire et d'interpeler les autorités publiques, la presse et les amis pour demander la libération  de tous les détenus politiques au Maroc, notamment les grévistes de la faim dans les prisons de Taza, Fes, Meknes , Salé etc. 
Le Comité de Soutien en France aux Détenus Politiques au Maroc envisage des actions de terrain, nous vous demandons de nous faire part de votre volonté d'y participer. 

mercredi 3 avril 2013

Le Maroc ne change pas, nouvelle vague de grèves de la faim dans les prisons...

Par Moha Oukziz, coordinateur du Comité de Soutien aux Prisonniers Politiques au Maroc, 2/4/2013.







               
                  
                              Communiqué:


Depuis maintenant plus de deux ans,  à l'image des peuples du Maghreb et du Moyen-Orient, le peuple du Maroc lutte pour un avenir meilleur contre le régime en place.
Tout le monde se rappelle la lettre terrifiante que nous avons traduite d'Ezedine Eroussi qui a observé une grève de la faim de 135 jours, et de la campagne de solidarité que nous avons pu animer en  faveur des détenus politiques en grève de la faim dans les prisons de Taza, Fès, Errachidia etc.
Tout le monde se souvient de la torture subie par les détenus politiques du mouvement du 20 février et de l'Union Nationale des Étudiants au Maroc.

Aujourd'hui la situation est la même. Pire, le régime torture plus que jamais, continue d'emprisonner, de tuer dans le silence médiatique avec la complicité politique de toute l'Europe. Des dizaines de militants du M20F et de l'UNEM sont dans les geôles du régime. Certains  sont en grève de la faim depuis le début du mois de mars 2013, d'autres n'en sont pas à leur première grève de la faim, c'est le cas de Abdessamad Haydour et Tarik Alhamani les compagnons de cellule d'Eroussi Ezedine.
Personne au Maroc n'est à l'abri des traitements d'intimidation, d'agression, d'injures, d'emprisonnement pour une raison ou une autre.
Dans les geôles du régime des jeunes militants actifs dans le M20F et/ou dans l'UNEM sont condamnés à des peines lourdes allant jusqu'à six ans ferme.
La situation de certains grévistes de la faim  est alarmante.
A Taza, dans la prison locale construite au temps de la colonisation française, Tarik Alhamani, de santé fragile, ayant une insuffisance rénale,  a déjà entamé une grève de la faim avec Ezedine Eroussi. Il en est à sa deuxième grève, depuis le debut du mois de mars, c'est le cas aussi de Abdessamed Haydour, dit "détenu du sacré", tous les deux dans la prison locale de Taza.
La famille de Tarik s'inquiète de son sort. Elle s'est présentée au parloir sans pouvoir obtenir aucune nouvelle .
La direction pénitentiaire de Taza refuse toute communication à son sujet, il est  fort probable qu'il soit transféré ailleurs car sa situation est critique.
L'UNEM et le M20F à Taza ont organisé des manifestations  en direction de la prison pour demander de ses nouvelles et sa libération ainsi que celle des autres détenus politiques.
  
A Meknès, dans la célèbre prison de Toulal2, cinq étudiants de l'UNEM sont également en grève de la faim depuis le début du mois de mars. Il s'agit de Hassan Koukou, Mounir Ait Khafou, Soufiane Seghiri, Mohamed Elouakili et Hassan Alhmouche.

A Fès, dans la célèbre prison Aine Kadousse, d'autres militants de l'UNEM et du M20F sont en grève de la faim depuis le 26 mars 2013, il s'agit de Younes Erroufi, Hichame Boughlade et Tarik Ejaïbi.

Ces militants emprisonnés et beaucoup d'autres luttent pour un Maroc démocratique et de liberté. Ils sont torturés, maltraités et vivent dans des conditions inimaginables dans les geôles du régime au Maroc. La vie politique et sociale au Maroc est rythmée par des détentions arbitraires, des tortures, des maltraitances  permanentes avec sans cesse de nouveaux détenus d'opinion et politiques. Même les rapports des droits de l'homme établis par l'ONU condamnent le régime au Maroc en  matière de détention et de tortures.

Le comité de soutien aux détenus politiques au Maroc, vous sollicite afin que vous informiez le public français et international, que vous souteniez les détenus politiques au Maroc en grève de la faim et que vous demandiez aux autorités la libération de tous les prisonniers politiques dans ce pays.

Noms et prénoms des détenus grévistes de la faim:


Tarik Alhamani,  prison locale  de Taza Maroc 
Abdessamad ALhaydour, prison locale ded Taza Maroc Mounir Ait Khafou, prison Toullal2 Meknes Maroc         Soufiane Segheri, prison Toullal 2 Meknes Maroc          Hassan Koukou, prison Toullal 2 Meknes Maroc 
Mohamed Alouakili, prison Toullal 2 Meknes Maroc
Hassan Alhmouche, prison Toullal 2 Meknes Maroc.     Younes Erroufi, prison Aine Kadousse, Fès Maroc           Hichame Boughlade, prison Aine Kadousse, Fès Maroc        Tarik Ejaïbi, prison Aine Kadousse, Fès Maroc

 
Les familles, amis et camarades des détenus politiques dans les trois prisons et geôles du régime vous demandent de participer à la campagne  pour la libération des détenus politiques au Maroc          

le comité de soutien
        le 2 avril 2013.
                  

samedi 26 janvier 2013

Solidarité avec Ezedine Rouissi pourchassé par les forces du Makhzen

Par Fouzia Ejjawi , fb
Solidarité avec Azzedine Roussi, poursuivi en ces moments par les forces du Makhzen dans les environs de Taza. Déjà torturé en prison, il y avait passé 5 mois et y a engagé l'une des plus longues grèves de la faim, pour protester contre les mauvais traitements subis, avant d’être relâché. Aujourd’hui, il semblerait que l’acharnement du Makhzen contre cet étudiant (gauchiste) et militant du 20 février, est toujours d’actualité
Ezedine le dernier jour  de sa grève de la faim
Solidarité avec Azzedine (Ezedine) Roussi, poursuivi en ces moments par les forces du Makhzen dans les environs de Taza. Déjà torturé en prison, il y avait passé 5 mois et y a engagé l'une des plus longues grèves de la faim (135 jours), pour protester contre les mauvais traitements subis, avant d’être relâché à la fin de sa peine.
 Aujourd’hui, il semble que l’acharnement du Makhzen contre cet étudiant (gauchiste) et militant du 20 février, est toujours d’actualité
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    De Moha Oukziz, du Comité de soutien aux prisonniers grévistes, 26/1/2013
    Effectivement, Ezedine est pourchassé par les forces de police et de gendarmerie qui ont encerclé la maison de ses parents. Il a réussi à prendre la fuite , la chasse à l'homme a continué dans les environs du domicile de ses parents; les policiers étaient accompagnés par un député de sa région appartenant à l'USFP. 
    Aucune autre nouvelle pour le moment. 
    Le comité continue.
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    Quelqu'un aurait-il eu des nouvelles de Azzeddine Errouissi après l'encerclement de son domicile à Taza ?!

mercredi 24 octobre 2012

Des excuses de l’Etat, l’exemple de la Tunisie et celui du Maroc

Par Ahmed Benseddik, demainonline, 23/10/2012

Opinion. Dans un communiqué de la présidence de la république tunisienne du jeudi 4 octobre, on apprend que le président Tunisien Moncef Marzouki a présenté les excuses de l’Etat à la jeune fille violée par deux policiers, le 3 septembre dernier.

Le président a reçu la jeune fille, accompagnée de son fiancé et de  Siham Bensedrine, activiste des droits de l’Homme et présidente du Conseil National des Libertés. Après avoir entendu les détails de cette douloureuse affaire, il a exprimé sa totale sympathie à la femme violée et présenté les excuses de l’Etat en considérant que cet acte dangereux touche le pays entier.
« Il n’y a plus de tolérance, ni pour les violeurs, ni pour ceux qui les couvrent ou qui veulent voiler la réalité. La présidence suivra de près cette affaire pour qu’aucun intérêt partisan n’emporte sur la primauté de la loi et pour que les Tunisiens soient rétablis dans leur droit », a indiqué la présidence.
Le président a aussi dénoncé « fortement » ce viol et salué les agents de police qui ont refusé de couvrir leurs collègues, ce qui montre, selon lui, que « le dérèglement n’est pas dans l’institution sécuritaire mais dans la mentalité de certains de ses membres qui ne se sont pas aperçus que le pays a vécu une révolution afin que les tunisiens et les tunisiennes vivent désormais libres et dans la dignité ».
La dignité, voilà le mot clé, et la valeur suprême sans laquelle l’Homme ne vit pas entièrement son humanité et sans laquelle la vie tend à être absurde.

Au Maroc aussi, il y a eu récemment des excuses publiques mais le scénario est différent.
En effet, si en Tunisie, le chef de l’Etat présente des excuses de l’Etat à une citoyenne, au Maroc, le chef de l’Etat reçoit des excuses de la part du Chef de gouvernement. Ce dernier a surpris tout le monde le 9 août dernier en publiant un communiqué d’excuses au roi et ses conseillers, suite à un article de presse, somme toute banal, qui évoque les difficultés qu’éprouve le chef de gouvernement à communiquer avec le cabinet royal.
Ce qui devait constituer un non-évènement est devenu une affaire sérieuse.
En plus, Abdelilah Benkirane affirme en même temps qu’il n’a rien fait de mal qui puisse justifier ses plates et humbles excuses et que c’est la faute des journalistes qui ont mal rapporté ses propos. C’est ainsi que des excuses bien réelles viennent réparer un tort virtuel et très hypothétique subi par le roi et ses « respectables » conseillers auxquels le chef du gouvernement multiplie les courbettes.
Déjà, l’ancien premier Ministre Abbès El Fassi n’était pas un modèle de forte personnalité, mais l’actuel chef de Gouvernement a battu les records d’obséquiosité vis-à-vis de la monarchie. Son zèle à l’encenser a pris une allure caricaturale lorsqu’il a hurlé à la face du journaliste de la chaine de télévision Al Jazeera, Ahmad Mansour, que le Maroc entier n’existerait tout simplement plus sans la monarchie.
Nous sommes loin de la dignité des Marocaines et Marocains.
En vérité, le mépris et l’humiliation des citoyens sont des composantes constitutives du pouvoir marocain. Il n’est donc pas concevable qu’un citoyen puisse recevoir des excuses de la part de l’Etat et de ses représentants, quelque soit l’injustice infligée.
Lorsque l’Instance Equité et Réconciliation, constituée pour réparer les torts des années de plomb sous Hassan II, a commencé à éplucher les dossiers de manquements graves  subis par tant de citoyens en vue de décider des réparations matérielles, certains organes de droits de l’Homme ont réclamé des excuses de la part du roi au nom de l’Etat. Non seulement le roi a superbement ignoré cette revendication, mais il n’a pas jugé utile d’expliquer les raisons de son royal refus.
Aujourd’hui encore, la mentalité makhzénienne que le palais tente de perpétuer, au détriment du bon sens, de la simple morale et du sens de l’histoire, demeure basée sur le mépris.
Lorsque les actes de tortures et de viol des prisonniers (à l’aide de bouteilles) ont été révélés à l’opinion publique – témoignage vidéo de Bouchta Charef en particulier – aucun responsable politique, à quelque niveau que ce soit, n’a eu le courage de présenter des excuses.
D’ailleurs, l’homme qui dirige toutes les prisons du pays, Hafid Benhachem, est un pur produit de l’école Driss Basri, ancien ministre de l’intérieur d’Hassan II. C’est un fidèle du palais que le ministre de la justice actuel n’ose pas et n’osera jamais indisposer.
Ces derniers mois, lors des évènements de Taza, de Beni Bouayach dans le nord et de Douar Chlihate à côté de la ville de Larache, et tout récemment à Tanger en ce début d’octobre, les forces de l’ordre ont toujours agi selon le même scénario : usage exagéré de la violence, accès par la force aux domiciles des citoyens, vols d’objets, menaces de viol, insultes vulgaires. Aucun responsable parmi les multiples organes sécuritaires n’a jamais été inquiété et aucune excuse n’a été présentée aux victimes.
Il y a quatre années, Hassan Yaakoubi, mari d’une des tantes du roi, a brûlé un feu rouge à Casablanca. Lorsque qu’un agent de circulation l’a arrêté pour non respect du code de la route, l’homme qui venait de finir une partie de golf a sorti de la boite à gants de son véhicule un  revolver et a tiré une balle sur la jambe du malheureux policier.
Au lieu d’être arrêté et jugé, il a été ensuite escorté par d’autres policiers, comble de l’humiliation, jusqu’à son domicile. Un communiqué a été publié dans la soirée informant les sujets de sa majesté que l’oncle par alliance de sa majesté est atteint d’une obscure maladie mentale, le syndrome de Korsakoff (selon Wikipédia: psychose de Korsakoff ou démence de Korsakoff ou syndrome amnésique avec fabulations, est un trouble neurologique causé par le manque de thiamine -vitamine B1- dans le cerveau. Sa survenue est liée à l’abus d’alcool ou à une sévère malnutrition).
Le communiqué ne détaille pas dans quelles circonstances et par qui le permis de port d’arme a été délivré à cet individu.
Cet épisode illustre la différence de fond entre les deux situations dans deux pays, la Tunisie et le Maroc. Le premier a vécu une vraie révolution, a chassé le despotisme et a arraché sa dignité à celui qui exerçait  oppression et injustice. Par contre, le Maroc a vécu une fausse révolution, celle que Benkirane, qui n’est finalement qu’un fonctionnaire avec grade de Chef de Gouvernement, appelle avec fierté la révolution des urnes.
Sauf que ce sont des urnes bourrées de mépris.

mercredi 18 juillet 2012

N'oublions pas les prisonniers politiques grévistes de la faim !

 Prison de Taza: danger de mort pour 
Abdessamad Haydo
Par Moha Oukziz, cordinateur des prisonniers grévistes de Fès et Taza
 
Après Ezedine Eroussi, Med Fetal, Med Ghaloud , Med Zeghdidi, Ibrahim Saidi et beaucoup d'autres, Abdessamad Haidour est entre la vie et la mort. 

Qu'en pense Catherine ASHTON, Haute Responsable de la commission européenne ? Le Maroc est-il un pays des droits de l'homme selon les maitres européens ?  De quels droits et de quel Homme parle- t-on dans ces hautes sphères du pouvoir capitaliste en Europe et au plan international ? 

Toute ma solidarité avec le camarade Abdessamad Haidour et sa famille. Abdessamad est dans un état critique de santé après plus de trois mois de grève de la faim. La direction pénitentiaire de la prison de Taza n'a d'autres moyens que de faire pression sur Abdessamad et sa famille, autrement dit, il serait coupable doublement aux yeux des responsables de l'administration pénitentiaire et politique marocaine. 

Coupable de quoi ? Abdessamad Haydour est un militant du M20F; un militant qui a fait ses preuves auprès du peuple à Taza. Il est condamné à trois ans de prison ferme pour ses engagements politiques. 
Au Maroc , la prison est essentiellement réservée aux  opposants avant de l'être aux prisonniers de  droit commun. 

 Abdessamad ne doit pas mourir dans les geôles du régime.

Je vous invite, Madame Monsieur, amis et camarades, à manifester votre solidarité et faire pression sur le régime pour la libération d'Abdessamad Haydour.

lundi 16 juillet 2012

Le Maroc : Cette exception sur la voie de la démocratie, dites-vous ?

Par Hayat Berrada-Bousta Membre du Forum Marocain Vérité et Justice, 6/7/2012

Le 24 juin 2012, pendant la marche des févriétistes à Tanger, une femme d’un âge certain criait : « c’est tout le peuple qui doit sortir dans la rue…sinon… ! » 

Cette même semaine à Chlihat, un homme de 53 ans interpelait le ministre de l’intérieur : les investissements étrangers les ont étouffés alors qu’ils vivaient mieux, auparavant, de la cueillette et du travail de la terre. Ils les ont marginalisés et les moustiques des rizières implantées par une société privée espagnole en 1998 les rendent malades. Les jeunes sont au chômage… Ils en ont informé le gouvernement depuis des années, mais rien n’a été fait. Les jeunes ont déserté le village et se cachent dans la forêt avoisinante par crainte de représailles depuis que les 16 et 17 juin 2012 quand les forces de l’ordre ont envahi ce village, traqué et arrêté des jeunes, bousculé des femmes… Ce sont là deux des témoignages visuels sur la toile.

 Mais n’oublions pas que des Chlihat, il y en a eu et il y en a toujours, preuve que le système reste inchangé et que la fracture sociale ne cesse de s’agrandir

 Pour ne revenir que sur certains exemples, 5 années en arrière : 

 • Le 23 septembre 2007 : à Séfrou, cette petite ville de plus ou moins quarante mille habitants qui manifestaient contre la hausse vertigineuse des prix au Nord du Maroc a vécu pendant le mois de Ramadan un état de siège. 

 • Le 6 janvier 2008 : les habitants Boumaln Dades, bloqués par la neige, coupés de tout le monde suite aux coupures d’eau et d’électricité décident de protester contre cet état d’oubli qui se répète tous les ans. Ce n’était pas la première année que ces habitants de village de haute montagne, situé en bout de vallée à 2600 mètres d’altitude sont délaissés par le pouvoir. Ils l’en avaient informé à maintes reprises. La réponse : état d’urgence décrété, perquisitions nocturnes dans les villages à la recherche de jeunes par la gendarmerie, 50 personnes interpelées et des arrestations. En février 2008, certains seront condamnés de 2 à 6 ans de prison ferme. 

 • Le 7 juin 2008 : à l’aube, les citoyens de la ville de Sidi IFNI dans le sud marocain ont été réveillés par les descentes démesurées des forces de police à leur domicile. Ville encerclée, familles de militants prises en otage, brutalité et menaces contre elles, utilisation de bombes lacrymogènes, déploiement d’hélicoptères à la recherche des militants dans les montagnes et dans la ville. Encore une fois, des balles en caoutchouc furent utilisées, des dizaines de citoyens ont été bastonnés, des femmes molestées, injuriées, des dizaines d’arrestations… Les raisons de cet acharnement répressif : le blocage depuis le 30 mai 2008 du port d’IFNI par des jeunes chômeurs qui depuis 3 ans revendiquaient, entre autre, leur droit au travail et le minima de conditions sanitaires et sociales. 

 • Janvier 2012 : Taza est la scène d’une véritable chasse à l’homme contre des diplômés chômeurs et la population qui les soutient. Les affrontements font des dizaines de blessés et perdurent le mois de février. 

 • Les 16 et 17 juin 2012 : encore une fois, parce que les habitants de Chlihat se mobilisent contre l’oubli, le délaissement et les investissements étrangers qui les ont laissés pour compte, les forces de l’ordre arrivent en force employant les mêmes méthodes qu’auparavant… 

Au-delà de ces scandales à répétition que l’on a toujours tenté d’occulter, on ne peut plus dire aujourd’hui, grâce aux nouvelles formes de communication, « on ne le savait pas ». Nouvelles formes de communication, certes, mais aussi et surtout cette prise de conscience des populations dans le monde que l’injustice sociale et l’atteinte à la dignité et aux libertés ne peuvent pas perdurer. 

Quelles que soient les issues de ces soulèvements ou révolutions dans les mondes arabe et méditerranéen, même si on a « volé » cette révolution à ceux qui l’avaient entamée, même si les alternatives de pouvoir ne répondent pas aujourd’hui aux référentiels des droits humains, ceux d’égalité et liberté dans leur totalité, conditions d’une démocratie; ces manifestations engagées par les tunisiens et qui se sont propagées marquent un tournant dans l’histoire de ces peuples qui seront un jour ou l’autre au rendez-vous d’une démocratie véritable. Alors, comme le scandent les févriétistes : « MAMFAKINCH »
Source : l'Humanité

mercredi 9 mai 2012

Maroc années de plomb bis : Taza :10 ans de prison pour un étudiant

 Par Miryam Elammouni, 8/5/2012

Maroc,Taza :  Ahmed Boubsi, 21 ans, étudiant, a été condamné, au nom du roi, à 10 ans de prison pour destruction de biens

. محكمة تازة تدين رفيق الفقيد الزوهري يوم حادث وفاته بـ10 10 سـنـــوات نــافـــذة www.goud.ma قـضـت غـرفـة الـجـنـايـات الابـتـدائـيـة بـاسـتـئـنـافـيـة تـازة الـيـوم الـثـلاثـاء 08 مـايـو الـجـاري، بــ 10 سـنـــوات نــافـــذة فــي حــق الــمـعـتـقـل امـحـمـد بــوبــســـي مــن مـواليد 1991، طــــالــب جــامـعــي وللتذكير قد قبض عليه في مطاردة تمت قرب تــازة أثنــــــاء نزهـــــــة

Ahmed Boubsi, student aged 21 years has been condamned, in the name of the king, to spend 10 years in prison for material destruction. 

lundi 6 février 2012

Maroc. Taza, où est la vérité ?

Le courrier de l'Atlas, 6/2/2012

Entre les déclarations rassurantes du gouvernement et les témoignages diffusés par les médias électroniques, difficile de se faire une opinion objective de la situation dans cette ville du nord-est marocain.

Dans un communiqué officiel publié hier dimanche par la MAP* (agence officielle d'information), le gouvernement fait état d’un retour au calme dans la ville de Taza, suite à de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants sur fond de revendications sociales, « que certains ont tenté d’exploiter de manière tendancieuse dans le but d'aggraver la situation dans la ville, tout en présentant des données erronées à l'opinion publique ».

Le communiqué rapporte que « le gouvernement œuvre à traiter les causes sociales à l'origine de ces incidents, réaffirme que le dialogue responsable reste le moyen idoine pour répondre aux revendications légitimes et rappelle que manifester de manière pacifique est un droit garanti par la loi ».

Toutefois, des médias marocains font état d’une recrudescence des violences, prenant à contrepied le communiqué officiel du gouvernement. C’est ainsi que le site d’information Hespress, citant des militants du Centre marocain des droits de l’Homme – section de Taza, rapporte que les forces de l’ordre ont encerclé le quartier d’El Koucha pour intervenir de manière qualifiée de « brutale et injustifiée », d’après des témoins cités par Hespress.

A l’origine de ces heurts, des slogans décriant les forces d’intervention, après la visite d’un comité mandaté par le PPS (Parti du Progrès et du Socialisme – membre de la coalition gouvernementale), dans l’optique d’entamer le dialogue avec les manifestants et de jeter la lumière sur certains comportements « abusifs » attribués aux forces de l’ordre.

État de siège ?
Toujours selon Hespress, dans une vidéo mise en ligne par le site, des manifestants ont brièvement bloqué samedi soir la route secondaire reliant Taza à Fès, afin de barrer la route aux renforts provenant de cette dernière.

Adil El Bakhchouch, membre de la section locale du Centre marocain des droits de l’Homme, affirme avoir été arrêté d’une manière qu’il a qualifiée « d’abusive » pour être ensuite relâché après cinq heures d’interrogatoires portant sur « son activisme politique ».

D’autres vidéos mises en lignes par Hespress ainsi que par le site Lakome.com rapportent des témoignages troublants. En plus de vidéos montrant les forces de l’ordre intervenant de façon extrêmement brutale, plusieurs femmes attestent de cas de violation de domicile par les forces de l’ordre, ce qui constitue une infraction flagrante de la loi en l’absence d’un mandat signé par le procureur du roi.

Amine Baha, militant au sein du Mouvement du 20 février, qui rentre d’une visite de terrain à Taza, rapporte l’arrestation de 22 jeunes « dont au moins quatre n’ont participé ni aux émeutes ni aux manifestations ». Interrogeant des riverains, ces derniers se disent « indignés par le comportement des autorités ».

Des affirmations rejetées en bloc par le communiqué officiel du gouvernement diffusé hier soir, pour qui « certains organes de presse, notamment électroniques, ont inventé des événements et amplifié ces incidents en véhiculant de fausses informations, induisant ainsi en erreur l'opinion publique ».

Pourtant, l’un de ces sites (Lakome.com) a diffusé le témoignage vidéo de Khalid Boukarîi, un parlementaire qui, suite à une visite à Taza, a confirmé les cas de violation de domicile commis par les forces de l’ordre avec dégradation des biens des habitants. Un témoignage d’autant plus inquiétant que ce parlementaire appartient au PJD, parti dont est issu l’actuel chef de gouvernement…
*voir ci-dessous

Taza version MAP

Maroc, Taza: Déclaration du gouvernement Benkirane sur les événements de Taza
"Le gouvernement réaffirme le retour au calme dans la ville de Taza"

Le gouvernement a réaffirmé, dimanche, le retour au calme et de l’ordre dans la ville de Taza après les incidents regrettables survenus au début du mois, soulignant qu'il œuvre à traiter les causes sociales à l'origine de ces évènements et que seul le dialogue responsable constitue le moyen idoine pour répondre aux revendications sociales légitimes, indique un communiqué du chef du gouvernement.

En voici la traduction :

"La ville de Taza a connu au début du mois courant des incidents regrettables marqués par des actes de violence qui ont fait des blessés dans les rangs des forces de l'ordre et parmi les citoyens, ainsi que des dégâts portés aux biens publics et privés, et par une tentative d’occupation du domaine public, sur fond de revendications sociales que certains ont tenté d’exploiter de manière tendancieuse dans le but d’aggraver la situation dans la ville, tout en présentant des données erronées à l’opinion publique à travers la diffusion d'informations fallacieuses faisant état de l'usage de balles réelles, de la mise sous siège de la ville, de l'imposition d'un couvre-feu, de cas de viols, ou d'implication des symboles de l'Etat et de ses constantes.

Après examen approfondi des développements et des conséquences de ces incidents, le gouvernement tient à apporter à l'opinion publique les précisions suivantes:

1- Le gouvernement œuvre à traiter les causes sociales à l'origine de ces incidents, réaffirme que le dialogue responsable reste le moyen idoine pour répondre aux revendications légitimes et rappelle que manifester de manière pacifique est un droit garanti par la loi.

2- Le maintien de l'ordre et de la stabilité et la préservation de la sécurité des personnes et des biens est une responsabilité collective qui implique toutes les composantes de la société. Le gouvernement souligne que toute violation de la loi, surtout si elle porte atteinte aux personnes et aux biens expose ses auteurs à des poursuites en application du principe de la détermination de la responsabilité.

3- Les cas de violation de l'ordre public, d’atteinte aux forces de sureté et aux biens publics ont été soumis à la justice conformément aux dispositions de la loi.

Porte fracassée
4- Certains organes de presse, notamment électroniques, ont inventé des événements et amplifié ces incidents en véhiculant de fausses informations, induisant ainsi en erreur l'opinion publique. Ils ont de ce fait, violé la loi et les principes de déontologie qui exigent la rigueur, la nécessité de vérifier l'information et l’établissement de la vérité.

Tout en condamnant l'implication des symboles de l'Etat et de ses constantes, le gouvernement ouvrera (sic: il faut lire: œuvrera) à engager des poursuites dans le cadre de la loi".


NDLR SOLIDMAR : Les photos ne sont pas de la MAP
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