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samedi 6 décembre 2014

Intempéries à Sidi Ifni : les aides officielles affluent, mais les victimes doivent payer


 
Un malheur n'arrive jamais seul. Pour les habitants de la région de Sidi Ifni, en plus d'avoir perdu leurs maisons, ils doivent également acheter les produits de première nécessité qui auraient dû leur parvenir sous forme d'aide. 
A Sidi Ifni, les sinistrés des inondations sont contraints d’acheter les aides. « Les légumes acheminés par bateaux en provenance du port d’Agadir sont vendus à la population à 3,5 dh le kg. Le prix de la bonbonne de gaz est resté inchangé. Les autorités ont bien mis en place des machines d’épuration des eaux de la pluie pour le lavage. Mais en revanche, nous continuons d’acheter des bouteilles d’eau potable », nous confie Samir Mhandi, acteur associatif.

Qui assume la responsabilité de la vente des aides ?
Notre interlocuteur précise que « ce sont les autorités locales qui ont cédé les légumes aux commerçants à 2 dh le kg, leur laissant une marge de bénéfices de 1,5 dh ». Seulement, demander à une population sinistrée qui a tout perdu dans les intempéries de débourser de l’argent pour bénéficier de subventions qui leur sont initialement destinées, relève de l’absurde.
Pourtant, il existe depuis 2009 un fonds de lutte contre les catastrophes qui devrait en principe prendre en charge les aides alimentaires ou produits de première nécessité et même payer les armateurs qui ont transporté les cargaisons depuis Agadir.
 Reste à savoir si le ministère de l'Intérieur compte ouvrir une enquête pour corriger cette aberration ?
La vente des aides aux habitants ne suscite pas encore un vif débat à Sidi Ifni. Pour le moment la société civile ne s’est pas encore saisi du dossier. Elle a d’autres préoccupations dont la plus importante reste celle de l'acheminement des aides collectées sans le concours des autorités, aux habitants des communes rurales encore isolées.

Des habitants de Sidi Ifni aux Emirats sollicitent l’intervention du roi
Hier, trois ministres de souveraineté : Mohamed Hassad, Charki Draiss et Aziz Akhannouche ont fait le déplacement à Sidi Ifni. Une visite qui n’était pas programmée. « Elle est la conséquence de demandes exprimées par des membres des tribus Aït Baâmrane, résidents aux Emirats arabes unis, qui ont rencontré le roi Mohammed VI à Abou Dhabi », indique Samir Mhandi. Ladite réunion a connu quelques moments de tension lorsqu’une élue à la commune de Sidi Ifni a dénoncé la marginalisation de la ville par le pouvoir central.
Par ailleurs, le dimanche 7 décembre, Paris connaitra l’organisation d’un sit-in de la diaspora marocaine originaire des Aït Baâmrane, vivant en France et en Espagne.

Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/31567/intemperies-sidi-ifni-aides-affluent.html

mardi 2 décembre 2014

Maroc : Le ministre de l’Intérieur pris à partie par les victimes des intempéries

Par Mohammed Jaabouk,  1/12/2014
Mohamed Hassad, ministre de l'Intérieur / DR
Bouizakarne, Tan Tan et dans une moindre mesure Sidi Ifni ont connu des formes de protestations des victimes des inondations. Un phénomène appelé à s’amplifier, notamment avec la hausse des prix de produis de première nécessité.
Après plus de dix jours de fortes précipitations, la ville de Bouizakarne a connu, hier, le premier mouvement de protestation de la population sinistrée. Des dizaines de jeunes, à l'appel d'une coordination locale, ont manifesté au moment même de l'arrivée de la délégation du ministère de l'Intérieur, conduite par Mohamed Hassad.
Ils ont pointé du doigt la mauvaise gestion des autorités et du gouvernement des inondations qui frappent la ville depuis plus de dix jours. Un premier bilan établi par des ONG fait état de la mort de 30 personnes et l’effondrement de plusieurs maisons en pisé.

Hassad écourte sa visite
Le samedi 29 novembre, un média souligne que Bouizakarne est encore sous les eaux, déplorant le fait que les habitants soient livrés à eux-mêmes face à la colère de la nature. C'est justement ce sentiment d'abandon qui est la cause de l'organisation du sit-in de la veille.
Le passage du ministre à Bouizakarne fut très court. Hassad a été contraint de quitter les lieux alors que commençaient dans les rues de la ville des affrontements entre jeunes en colère et les forces de l'ordre.  Ces dernières, déployées en masse, ont été soutenues par des unités arrivées spécialement de Guelmim (à 42 km) pour assurer la sécurité du déplacement de la délégation du département de l'Intérieur.

A Tan Tan, la police empêche les victimes de squatter des appartements vides
Sidi Ifni a connu, également, la tenue de deux sit-in mais sans enregistrer de heurts entre les habitants et les éléments des corps de la sûreté. En revanche à Tan Tan, la police a dû intervenir à coups de matraques pour empêcher des victimes des inondations, notamment ceux ayant perdu leurs maisons, de squatter des appartements vides. Ces logement étaient construits par le groupe Al Omrane afin d'y loger les sahraouis des camps de Tindouf qui optent pour un retour au Maroc.
Ces mouvements de protestations risquent de se propager à d'autres régions. En effet, la cherté des produits de première nécessité pourrait pousser les habitants à descendre dans les rues. Ce matin Samir Mhandi, un acteur associatif à Sidi Ifini, déclarait à Yabiladi que les prix ont nettement augmenté. Certains commerçants profitent de la situation pour opérer des hausses en toute illégalité.

Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/31436/maroc-ministre-l-interieur-pris-partie.html

samedi 10 mai 2014

Demande de partenariat pour le le développement local au Douar d'Agni izimr commune de Sidi ifni


L'association Agni Izimr pour le développement et la coopération, dont je suis le Président, a été créée Décembre 2012 et a pour objet de réaliser le développement local au Douar d'Agni izimr commune de Sidi ifni au Maroc, à travers la coopération et la solidarité, et la participation à des projets locaux, des programmes de rayonnement, de déployer les efforts nécessaires auprès des autorités responsables pour leur réalisation. L'association veillera également à établir des partenariats dans le cadre de la loi pour réaliser le développement local et environnemental;

Nous souhaitons créer un consortium pour le forage d’un puits au profit de la population de cette zone enclavée.

Le projet de forage de puits est destiné à fournir de l’eau potable à plus de 5000 personnes (plus de 100 ménages) et à planter des arbres. C’est un premier pas pour contribuer à désenclaver ce village sans école et difficilement accessible

Afin d’assurer un développement de notre action, nous devrons face à des dépenses qui ne pourront pas être couvertes par les cotisations des membres. C’est pourquoi nous nous permettons de demander une subvention, et recherchons activement un groupe de bénévoles (associations, personnes volontaires et/ou entreprises) pour nous aider à installer un puits dans le village.
 
En outre,  nous sommes prêts à vous donner tous renseignements complémentaires ou toutes pièces nécessaires à l’instruction de notre demande. 

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame / Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée,

Association Agni izimr Pour le développement et la coopération
Sidi ifni - Maroc

mercredi 19 février 2014

Quatre jeunes sahraouis interpellés à Sidi Ifni dans le sud marocain



Sidi Ifini (sud du Maroc), 13 fév 2014 (SPS)  


Les autorités marocaines ont interpellé quatre jeunes sahraouis dans la ville de Sidi Ifni (sud du Maroc) alors qu'ils s'apprêtaient à participer à une cérémonie d'accueil des détenus sahraouis libérés, a rapporté une source juridique.

 Alors qu'ils se rendaient à Sidi Ifni pour prendre part à une cérémonie d'accueil des détenus sahraouis libérés, les quatre jeunes sahraouis ont été interpellés par les autorités marocaines.

Il s'agit de Mohamed Djemour, membre du bureau local de la section d'El Aauin de l'association marocaine des droits de l'Homme et de l'étudiant et rédacteur sahraoui Sidi Sbaï.

Bachir Bouamoud, membre de la section d'El Aauin l'association marocaine des droits de l'Homme ainsi que l'ancien détenu politique sahraoui Hafed oubali ont également été arrêtés par les autorités marocaines. (SPS)    


093/090/700   

mercredi 5 février 2014

Meeting de soutien et de solidarité avec IBA IJO à Paris


Le rassemblement Ifni Ait Baamrane pour la Solidarité en France ( RIAS) lance un appel à tous les militants et à toutes les associations partenaires pour participer à un meeting de solidarité et de soutien avec la famille d'IBA IJO et son mari suite au série d'injustices qu'ils ont subies par le dénommé Elouazzani (Boutzguit) avec la complicité des responsables corrompus de différentes institutions administratives et judiciaires de la ville de Tiznit selon le témoignages des autres victimes.


Rendez-vous tous 
le dimanche 02 février 2014  à 16h
 au local de l'association ATMF Gennevilliers
 26 bis rue Dupressoir 
92230 Gennevilliers. 

Iba Ijo compte sur votre implication et votre solidarité pour dénoncer la Mafia de Boutzguit et ses nombreux complices.

Pour plus d'information contacter: 
Omar Benalayat: 0626038352 
Mbarek Bouhouch: 0614298518 
Brahim Benadi: 0609941385


samedi 7 décembre 2013

Sidi Ifni : l'AMDH dénonce les détentions politiques "injustes" de Sahraouis


Une association marocaine des droits de l'Homme dénonce les détentions politiques "injustes" de Sahraouis

Sidi Ifni juin 2008
Sidi Ifni (sud du Maroc), 03 décembre 2013 (SPS)

 La section locale de l'association marocaine des droits humains (AMDH) à Sidi Ifni (sud du Maroc) a dénoncé la persistance des poursuites judiciaires et les détentions politiques "injustes" de militants sahraouis dans cette ville ainsi que les lourdes peines prononcées à leur encontre.

La section a dénoncé dans un communiqué le deuxième jugement arbitraire prononcé contre les militants des droits de l'Homme sahraouis Youcef Rekini (8 mois de prison ferme assortie d'une amende de 1000 dirhams) et Mohamed Amzouz (4 mois de prison ferme et une amende de 50000 dirhams).

La section associative a également appelé à "accélérer le règlement du dossier des détenus des évènements du samedi noir en 2008 (...), la réintégration de tous les travailleurs et à leur tête le président de la section de l'AMDH de Sidi Ifni Abdelmalek Idris dont la situation administrative et financière n'a pas encore été réglée". 

 

 La signature de l'accord de pêche entre le Maroc et l'UE ne fera qu'accentuer le pillage des richesses sahraouies (responsable)

jeudi 31 octobre 2013

A lire ! "Chasseurs de matière première"à Sidi Ifni, au Sahara Occodental, au mépris des populations

 Maroc : qui s’enrichit avec le phosphate et qui reste pauvre ?
Livre CHASSEURS DE MATIÈRES PREMIÈRES


Par Raf Custers, 2/11/2013


Dans son tout récent livre Chasseurs de matières premières, Raf Custers enquête sur ces multinationales qui s’enrichissent grâce aux ressources naturelles de pays qui restent pauvres. 

Son premier chapitre commence avec le Maroc : les pêcheurs de Sidi Ifni, sur la côte Atlantique, se font appauvrir par les bateaux – usines occidentaux qui épuisent le poisson. Une alternative possible en exploitant la ressource naturelle de la région, les mines de phosphate ? Hélas, non. Les pêcheurs ne peuvent sortir de la misère. A cause de l’élite autour du roi, à cause des multinationales, à cause de l’injustice Nord – Sud.

 EXTRAIT : 
1. Les monuments de l’exportation

Notre agriculture, elle aussi, utilise des matières premières. Prenons les phosphates : sans eux, pas de céréales ni de bétail. Les mines de phosphate les plus riches se trouvent au Maroc et dans le Sahara occidental occupé. Pourtant, la terre et le désert y restent arides. Le Maroc ne vise pas son marché domestique, il cible le monde.

C’est en voiture que nous entamons notre exploration. Le dimanche 29 juin 2008, à Sète, sur la Côte d’Azur, nous prenons le ferry pour Tanger, dans le nord du Maroc. La traversée dure deux nuits et un jour. Sur les petits coussins de la cabine sont brodés des bateaux à vapeur. La petite piscine sur le pont grouille d’enfants, telles des anguilles dans un seau. Nous sommes partis avec une Corolla d’occasion, datant de 1995. Elle venait d’être remise en circulation par la gendarmerie belge. Quand j’ai aspiré l’intérieur, j’ai retrouvé sous la place du mort des billets provenant d’un cinéma de Bruges. Les inspecteurs allaient-ils au cinéma pendant leurs heures de service ? Quand nous sommes partis, le compteur indiquait 153.243 kilomètres. Une caisse à la technique toute simple, sans complexe ni sophistications électroniques. Pas d’air conditionné, et des vitres à descendre à la main, tout simplement. Pour profiter de la brise de mer, nous suivons les côtes marocaines.


 Le dimanche suivant, nous arrivons à Sidi Ifni, un petit port à environ 1.200 kilomètresau sud de Tanger. Nous décidons de nous y arrêter un peu plus longtemps. L’auto doit aller au garage, il faut remplacer le thermostat. Sinon, il risque de surchauffer d’ici peu dans la chaleur du Sahara occidental et de la Mauritanie. Le lendemain, quelqu’un nous accompagne, depuis l’hôtel Suerte Loca jusque chez un mécano. Je sors quelques banalités – « Il fait calme, comparé avec les plages du Nord ! » - mais l’histoire qu’on me sert en guise de réponse est tout sauf banale.


Le blocage

Exactement un mois plus tôt, le 7 juin, une révolte a été réprimée ici, à Sidi Ifni. Les protestations avaient débuté fin mai, quand la commune avait proposé d’engager du personnel. Il y avait eu huit offres d’emploi. Mais, le jour de la sélection, 985 candidats s’étaient présentés à la mairie. Sidi Ifni compte plus d’habitants au chômage qu’au travail. Le rassemblement face à la mairie était donc déjà toute une manifestation en soi. Quand les candidats refusés avaient été renvoyés chez eux, quelqu’un a crié : « Au port ! » Vraisemblablement c’était l’un des jeunes diplômés. Ces jeunes ont fait des études mais ne trouvent pas d’emploi. Ils se sont affiliés à un syndicat, l’Association des jeunes licenciés. Immédiatement, la foule s’est mise en mouvement. Au port, ils ont barré le long mur de l’embarcadère, bloquant ainsi nonante camions réfrigérants. Ceux-ci venaient d’être chargés de sardines fraîches et se tenaient prêts à partir pour le nord. Ce n’était pas la première fois que les gens d’Ifni menaient des actions. Ils savaient comment s’y prendre. Ce jour même, ils faisaient parvenir leurs revendications aux autorités provinciales, à Tiznit. Ils voulaient du travail dans leur propre région et exigeaient que les sardines fussent mises en boîte sur place au lieu de les acheminer vers les usines d’Agadir ou de les exporter vers l’Espagne.

Sidi Ifni est pressuré. La région se situe au bord du Maroc et les villes du centre en emportent la richesse. Et la situation n’a pas changé depuis l’époque coloniale. Longtemps, Sidi Ifni a été une enclave espagnole. Jusqu’en 1969, la ville a été soumise à l’administration coloniale espagnole. Autour de la Plaza Espana, quelques bâtiments de style Art déco mauresque sont demeurés intacts. Certains habitants de la ville pensent avec nostalgie à cette époque coloniale, quand cela se bousculait à l’aéroport et que le commerce était florissant, entre autres avec un autre territoire espagnol comme les îles Canaries. Le commerce tournait autour du poisson. L’Espagne n’avait investi à Sidi Ifni que pour en emporter facilement le poisson. L’administration coloniale avait fait construire deux tours colossales en béton à l’entrée du port, sur des socles qui s’enfonçaient à 150 mètres de profondeur en mer. Les tours étaient reliées à la terre ferme par un téléphérique. La tour la plus proche du littoral est toujours plus ou moins intacte. Au pied des tours, on déchargeait les marchandises espagnoles et elles étaient amenées à terre par le téléphérique. Le poisson de Sidi Ifni faisait le trajet inverse pour être chargé dans les navires espagnols et être exporté, naturellement. 

 Nul n’ignore à quel point les zones poissonnières sont riches, au large des côtes de l’Afrique occidentale. On y pêche à l’échelle industrielle à l’aide de bateaux-usines. Ils viennent de Russie, de Corée, du Japon et d’Europe. Les pêcheurs européens qui, dans les mers plus au nord, ne peuvent plus pêcher davantage que les quotas imposés, se rendent dans les zones poissonnières du Maroc, de la Mauritanie, du Sénégal et de la Guinée. L’Union européenne a conclu des accords de pêche avec ces pays et convenu de la quantité de poisson que les pêcheurs européens pouvaient remonter. Et le Maroc en tire un bon prix. Dans le secteur européen de la pêche, quelque 250 emplois ont ainsi été sauvés, mais, dans les eaux africaines, on prend beaucoup plus de poisson qu’il n’a été convenu. Les pêcheurs africains ne peuvent faire face à la concurrence des bateaux-usines. Bien des pêcheurs ont cessé leurs activités émigrant vers les villes ou vers l’Europe où ils ont rejoint le prolétariat des migrants. 

 Les pêcheurs de Sidi Ifni sont faibles. Je présume qu’ils louent les bateaux avec lesquels ils vont pêcher. Pourtant, les producteurs peuvent également défendre leur intérêt collectif. Par exemple, en organisant la vente à la criée. C’est ce qu’on voit dans d’autres villes portuaires. Les pêcheurs se mettent tous ensemble et vendent ainsi leur poisson aux gens. La criée leur permet de céder leurs produits aux acheteurs à des prix raisonnables. Mais, à Sidi Ifni, il n’y a pas de criée. Le poisson est transvasé directement des bateaux dans les camions. Les pêcheurs ne reçoivent pas d’aide non plus du gouvernement marocain. Par expérience, ils savent que Rabat, la capitale, les considère comme des citoyens de second rang et qu’elle contrecarre le développement de la région. Le gouvernement ne fait rien pour moderniser le port de Sidi Ifni. Devant l’embouchure du port, il y a un banc de sable. Ce qui fait que, chaque fois que les pêcheurs sortent ou rentrent, ils risquent leur vie. Mais il n’existe aucun plan de dragage. Et tant que les pêcheurs de Sidi Ifni attraperont des sardines, le poisson sera systématiquement emporté vers les conserveries des villes du nord du Maroc. Dans le temps, Sidi Ifni était dirigé à partir de l’Espagne, aujourd’hui à partir des villes du centre du Maroc. Le colonialisme espagnol a fait place au colonialisme intérieur. Les régions pauvres du Maroc restent à la traîne, complètement démunies.

La répression

Durant la révolte de Sidi Ifni, la fameuse élite marocaine a fait savoir clairement qu’elle entendait bien maintenir la situation telle quelle. Quand le blocage du port a commencé à traîner en longueur, les acheteurs ont calculé combien cette plaisanterie allait leur coûter. Ils ont fait intervenir leurs relations. Qui ont décidé d’infliger une bonne leçon à Sidi Ifni.

 Le 7 juin, une semaine après le début du blocus, l’armée et la police antiémeutes débarquent en nombre. Elles viennent libérer les camions frigorifiques. Quatre mille hommes – c’est le chiffre officiel – entourent la ville. Des unités descendent des flancs de montagne derrière Ifni et, de la mer, des fusiliers marins débarquent. Une fois qu’ils arrivent en ville, ils se déchaînent. De force, ils sortent les gens de leurs maisons. Dans la caserne de la police, les personnes arrêtées, hommes et femmes, se font humilier. Ils doivent baisser le pantalon et s’asseoir sur des goulots de bouteilles de Coke. C’est le Samedi noir. La réalité. En même temps débute la traque aux dirigeants de la révolte.

L’un des dirigeants qu’on m’a signalés me fait savoir qu’il voudrait me rencontrer. Nous parlons sans être vus sur le toit d’une maison, à la belle étoile. L’homme est membre du « secrétariat », un groupe de syndicalistes et de militants de gauche fondé en 2005 lors de précédentes protestations en faveur de l’emploi. Le « secrétariat » a continué de se réunir dans la clandestinité. Il a rédigé un cahier de revendications. Demandant entre autres que le port et l’hôpital de Sidi Ifni soient modernisés, que la route côtière vers Tan-Tan soit élargie afin de faciliter un trafic routier plus abondant, que l’on sorte Ifni de son isolement et, par-dessus tout, que l’on crée des emplois pour les jeunes. Mais le gouvernement de Rabat et l’administration provinciale ne les écoutent pas. Au contraire, ils traficotent autour de l’avenir de Sidi Ifini. L’homme du « secrétariat » sait que la municipalité avait prévu des terrains pour des conserveries. Mais quelques politiciens et hommes d’affaires ont vendu ces terrains en sous-main à des amis politiques, « pour 1,5 dirham le mètre carré », une broutille. 

 L’homme du « secrétariat » me raconte le Samedi noir. Ses yeux se mouillent pendant qu’il me parle. Mais les Ifnois ne se sont pas laissé faire. Le lendemain de l’attaque de l’armée, ils sont descendus à nouveau dans la rue, pour protester contre la répression. La chaîne de télévision Al Jazeera a défié la censure et a transmis des images de la répression. Selon Al Jazeera, l’armée avait même abattu des personnes. Le gouvernement a obligé l’émetteur à cesser ses émissions. Mais la nouvelle de la révolte s’était désormais répandue très rapidement. Les Ifnois avaient téléphoné à leurs parents au Maroc et à l’étranger. Des migrants de Sidi Ifni s’étaient également mis en mouvement, à Rabat, à l’étranger, et même à Bruxelles. Les premiers messages de solidarité étaient arrivés. Une semaine après le Samedi noir, un cortège défilait à nouveau dans les rues de Sidi Ifni mais, cette fois, avec des délégations de Seffro, Safi, Laâyoun, Ouarzazate, Guelimim : 9.000 personnes au total.

Combien d’endroits n’y a-t-il pas qui sont pareils à Sidi Ifni ? Les gens d’ici sont entrés en résistance afin de profiter un peu plus eux-mêmes des matières premières locales. Ils veulent mettre le poisson en valeur à leur propre avantage et récupérer au moins une partie de ce qu’il rapporte. Mais l’économie et la politique ne fonctionnent pas de cette façon. Si le peuple ne frappe pas sur la table, il n’aura pas grand-chose à dire.

La bande transporteuse

Le Maroc est pauvre, comparé au noyau riche de l’Europe occidentale. Mais, en réalité, le pays n’est pas démuni. Il possède un long littoral et de riches zones de pêche. Il a également des minerais, dans son sous-sol. Les mines sont éloignées du monde habité. Mais, avec leurs bandes transporteuses, elles arrivent à la mer. Quand on traverse le Maroc du nord au sud, on se croirait sur la route des monuments de l’industrie d’exportation. Partout, on a construit des installations onéreuses qui n’ont qu’une seule fonction : exporter les richesses locales, en exporter le plus possible et sans en faire quoi que ce soit de tangible sur place.

 A Sidi Ifni, sous l’administration coloniale espagnole, on a installé un téléphérique afin de pouvoir transborder le poisson destiné à l’exportation. Le joyau suivant se situe à Port Laayoun, à une grosse journée de route vers le sud depuis Sidi Ifni. C’est une bande transporteuse de près de cent kilomètres de long. Cette installation sert uniquement à acheminer vers un port le phosphate brut en provenance d’une mine de l’intérieur du pays. Au port, la marchandise est transbordée et expédiée en Europe ou à destination de l’industrie chimique américaine, dans le golfe du Mexique. L’exportation prime, la transformation sur place passe bien après, alors que le phosphate est nécessaire au pays même et qu’une industrie de transformation sur place pourrait procurer des emplois et des revenus.

 Le phosphate est littéralement d’une importance vitale. De la roche de phosphate, on extrait du phosphore, dont on fait des engrais chimiques et de la nourriture pour bétail. Le phosphore contribue à faire pousser les plantes plus rapidement et consolide les os et les muscles des animaux. On en ajoute aussi aux boissons rafraîchissantes et aux aliments que les gens consomment. Le phosphate est une matière première extrêmement importante. Il fait l’objet d’une forte demande. Mais on a calculé que les réserves mondiales seront épuisées d’ici 75 à 100 ans, si la demande continue à croître chaque année d’environ. [i] Le Maroc et son voisin du sud, le Sahara occidental, disposent ensemble d’au moins deux tiers de tout le phosphate brut de la planète.[ii]

Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis des décennies et administre le pays comme une province du Grand Maroc. La frontière entre le Maroc et le Sahara occidental a été effacée, jusque sur les cartes terrestres marocaines. Le Sahara occidental lui aussi était une colonie espagnole, dans le temps. Aujourd’hui, le pays est incorporé à l’économie marocaine. Parmi les Sahraouis, les habitants d’origine, beaucoup se sont réfugiés dans des camps en Algérie. Ceux qui sont restés n’osent pas parler ouvertement. La police marocaine fait le guet partout. Près du port de Dakhla, nous nous entretenons sans être vus avec un Sahraoui. Nous n’existons plus, dit-il, tout devient marocain. Les Sahraouis qui travaillaient à Boukraa, dans la mine de phosphate, ont été remplacés en grande partie par des colons marocains. Pour attirer ces colons, le Maroc maintient le carburant à un prix ridiculement bas et on a construit des villages qui ne manquent pas d’attrait. Mais les villages se trouvent en plein désert de pierrailles et restent vides.

Le nom de la ville de Laayoun a été modifié en El Aâyoun par les autorités marocaines. Ici, des garnisons ont toujours été casernées pour veiller sur l’arrière-pays. Si on s’approche de Laayoun en venant du nord, on passe devant la caserne de la légion étrangère espagnole. Mais les légionnaires espagnols ont été remplacés par des militaires marocains. Il en fourmille partout, dans les rues de Laayoun.

 Les installations portuaires de Port Laayoun et la fameuse bande transporteuse se situent à cinq kilomètres de la ville même. Au port, le paysage change de couleur. C’est un port minéralier et partout, aux alentours, tout est couvert d’une poussière blanche. La poussière provient de la bande transporteuse qui enjambe l’autoroute. On dit que c’est la plus longue bande transporteuse du monde. Cet honneur date des années 1970, lorsque cette installation a été réalisée par la firme allemande Krupp. A l’époque, il s’agissait encore vraiment d’une première mondiale. La bande transporteuse achemine le phosphate brut. Les blocs proviennent en droite ligne de la mine à ciel ouvert de Boukraa. Cette dernière se situe au beau milieu du désert de Saguia el-Hamra, à exactement 97 kilomètres d’ici. C’est l’une des mines de phosphate les plus riches au monde. Pour extraire le minerai du sol, il ne faut même pas creuser très profondément. Sur les photos satellites, la mine de Boukraa ressemble à un long fossile nervuré. Le phosphate brut extrait des puits est chargé sur la bande transporteuse. Dans un bruit fracassant, celle-ci fonce en ligne droite, sans la moindre courbe, vers le port de Laayoun. Au port, le minerai est lavé et séché. Puis emmené par bateau aux quatre points cardinaux.

La colonie du phosphate

Les veines de minerai de Boukraa ont été découvertes dans les années 1950, quand le Sahara occidental était encore une colonie espagnole. Dans les années 1970, en Espagne, la dictature du général Franco s’écroulait, mais le Sahara espagnol n’en est pas devenu indépendant pour autant. Le Maroc et la Mauritanie, ses voisins du nord et du sud, se sont d’abord partagé le pays. Ensuite, le Maroc a chassé également les troupes mauritaniennes faisant main basse sur tout le pays. Le Maroc n’entendait le céder à aucun prix. Car, en 1974, en raison des zones de pêche au large des côtes et des réserves de phosphate du sous-sol, la Banque mondiale avait décrit le Sahara occidental comme le territoire le plus riche de l’Afrique du Nord-Ouest (le Maghreb). L’ancien et le nouveau colonisateur, l’Espagne et la Maroc, signaient d’ailleurs un accord à ce propos. L’Espagne restait copropriétaire des mines de phosphate du Sahara occidental. Ce fut le cas jusqu’en 2002, lorsque Boukraa devint entièrement propriété marocaine.

C’est une absurdité, de voir cette colonie demeurer si aride, à l’instar de régions entières du Maroc. Avec leur phosphate, le Sahara occidental et le Maroc pourraient fertiliser leurs terres. Mais ce n’est nullement une priorité pour les entreprises qui détiennent la chaîne du phosphate, depuis l’extraction jusqu’au produit fini. L’une de ces entreprises est Prayon, toujours en partie dans des mains belges.

Jusqu’au début des années 1990, Prayon transformait le phosphate du Maroc en Belgique. On en faisait de l’acide phosphorique. En Belgique, d’autres entreprises, comme UCB, BASF et Rhône-Poulenc s’en chargeaient également. Ce procédé avait un grand inconvénient : il laissait derrière lui des masses énormes de déchets de plâtre. Ceux-ci contenaient des métaux lourds et étaient en outre légèrement radioactifs. On les larguait dans des décharges, devenues tristement célèbres entre-temps, entre autres à Rumst et à Zelzate, ainsi que dans l’Escaut et dans d’autres cours d’eau.[iii] Des années durant, presque tout fut permis, pour soutenir la « position concurrentielle » de l’industrie.

Mais le mouvement environnemental allait harceler cette industrie. En 1992, Prayon ne recevait plus de permis de décharge pour le site de Rumst. Selon des informations de l’époque, Prayon avait alors trois copropriétaires : Gechem (de l’écurie de la Société Générale), le holding public wallon SRIW et une entreprise publique marocaine, l’Office chérifien des phosphates (OCP).[iv] Prayon allait alors installer la production d’acide phosphorique de base au Maroc même. Mais pouvait-on encore faire là-bas ce qui était désormais interdit ici ? A-t-on mis en service là-bas, en même temps, une technologie permettant de produire (plus) proprement ? Ce sont des questions que j’espère encore approfondir. Cependant, le Maroc a commencé alors à bâtir sa propre industrie autour de l’exploitation du phosphate brut. Peu après, Gechem s’est retiré de Prayon et l’entreprise, avec une usine à Engis, près de Liège, est devenue la copropriété, à cinquante cinquante, de la Région wallonne et de l’OCP.

 Il importe de savoir que ce ne sont pas des firmes étrangères qui exploitent les mines de phosphate au Maroc. L’Etat marocain a accordé le monopole de l’exploitation à l’Office chérifien des phosphates. Dans ses brochures, l’OCP explique en détail comment il entend contribuer à l’agriculture au Maroc.[v] Mais, dans la pratique, on n’en voit pas grand-chose. Car, encore une fois, l’économie marocaine est adaptée au marché mondial, et non aux besoins intérieurs.

N.B. L’auteur examine ensuite “le dédale de la monarchie”, les familles riches qui contrôlent le phosphate, et les difficultés affrontées sur le marché mondial


[i] Cordell, D. e.a., « The story of phosphorus : Global food security and food for thought », dans Global Environmental Change, 19 (2), pp. 292-305, 2009, cité dans : Fischer-Kowalski, Marina, « Socio-ecological transitions : definition dynamics and related global scenarios »,Working Document Neujobs, avril 2012.

[ii] Les réserves de phosphate du Maroc et du Sahara occidental sont de 50 milliards de tonnes pour des réserves mondiales totales de 65 milliards de tonnes. « Phosphate rock », dans U.S. Geological Survey, janvier 2011, pp. 118-119.

[iii] Paridaens, J., Vanmarcke, H., Inventarisatie en karakterisatie van verhoogde concentraties aan natuurlijke radionucliden van industriële oorsprong in Vlaanderen (Inventaire et caractéristiques des concentrations accrues de radionucléides naturels d’origine industrielle en Flandre), Departement Stralingsbeschermingsonderzoek Studiecentrum voor Kernenergie (SCK), étude menée pour le compte de la Société environnementale flamande, MIRA, MIRA/2001/01, juin 2001, 46 p.

[iv] Willems, R., « Prayon Rupel. Bedenkingen bij een (fosfor)zuur dossier » (Prayon Rupel. Réflexions sur un dossier acide (phosphorique) », dans Markant, 19 juin 1992, pp. 8-9.

[v] Voir par exemple le Rapport Annuel 2009, Groupe OCP, pp. 41-48.

samedi 6 juillet 2013

Les procès reprennent à Sidi Ifni , la lutte continue. Verdict.



Le 25 juin 2013 se sont ouverts 3 procès  contre 5 militants de Sidi Ifni :


-  Mardi 25 juin 2013 : Brahim Bara, Hasssan Agherbi, Mohamed Amzouz sont convoqués devant le tribunal d’Agadir pour un  dossier qui remonte à 2007, suite à une plainte déposée  contre eux et  de faux témoins, c’est un procès monté de toute pièce . Il remonte à 2007 quand les habitants de Sidi Ifni s’étaient mobilisés suite au décès d’une mère, Aziza, par manque de soins dans l’hôpital de la ville. Toute la population s’était alors soulevée, puis organisée en coordination pour exiger le droit à la Santé, des équipements et un service de qualité.
Brahim Bara, Hasssan Agherbi, Mohamed Amzouz, les principaux leadeurs de ce mouvement avaient été lourdement condamnés. Après une campagne de solidarité nationale et internationale, ils sont  libérés en 2008.  Mais la  plainte  n’est pas retirée, ils sont de nouveau convoqués et jugés pour une affaire montée de toute pièce.   De nouveaux (faux) témoins  ont été présentés. Lors de l’audience, ils ont  niés les faits. 

 Mohamed Amzouz et Rachid Bouhafra ont été présentés ce mardi 25 juin 2013 devant le tribunal de Tiznit. Leur procès a été reporté au vendredi 28 juin 2013.
Bouhafra Rachid a été arrêté jeudi 6 juin à Ifni. Il est diabétique, son arrestation fait suite aux derniers évènements qui avaient éclaté à Ifni lundi 29 avril 2013 au soir, une manifestation des jeunes pour l'emploi à Ifni  bloquée par les forces de répression.

Mohamed Amzouz est convoqué mercredi 26 juin au tribunal de Tiznit pour une autre nouvelle affaire. Pas moins de 3 dossiers pour le seul Mohamed Amzouz !

Jeudi 27 juin, tribunal Tiznit , le procès de Mohamed Amazouz a  été reporté à octobre
Vendredi 28 juin, tribunal Tiznit : Bouhafra et Mohamed Amazouz sont condamnés à 8 mois de prison et 5000dh d'amende chefs d'inculpation: jet de pierre, insultes , menaces contre fonctionnaires, sit in non autorisé...
Mohamed Amazouz comparaitra dans un autre procès avec Brahim Bara et Hassan Agherbi  
Les 2 frères Youssef et Karim Lembidae sont passés devant le tribunal d’Agadir. Ils seront jugés mardi  2 juillet 2013*
 Karim Lembidae, 17 ans a été arrêté dans la nuit du 2 mai 2013,Youssef Lembidae, militant actif à Ifni, de la coordination, du M20F, a été arrête lundi 6 mai.
  Les deux frères  Lambidae ont été arrêtés puis condamnés à  8 mois et 1000dh d’amende chacun. 


Mardi 2 juillet 2013, le tribunal d’Agadir vient de confirmer la peine des 2 frères Karim et Youssef Lambidae : 8 mois de prison et 1000dh d’amende.


Rappel : La résistance d’Ifni:

Lundi 29 avril 2013 au soir, une manifestation des jeunes pour l'emploi à Ifni a été bloquée par les forces de répression. A partir de 21h, les slogans pour l'emploi, se sont radicalisés, en solidarité avec la population de Laayoun contre la répression. Les affrontements ont duré toute la nuit.
2008

La petite ville d’Ifni avait déjà connu en 2008 un mouvement de luttes exemplaire et très puissant, pour l’emploi, un service de santé,  des équipements sociaux, pour la redistribution des richesses du port au profit des habitants. Jeunes, chômeurs, femmes, marins, toute la ville d’Ifni s’était mobilisée contre le saccage, la casse sociale,  les ravages qu’annonçait l’ère de la mondialisation néolibérale.
La répression sauvage s’abat sur la ville  : le samedi 7 juin 2008 dit le « samedi noir ».
Depuis les revendications de la population  sont restées lettre morte. 
Avec le déclenchement du  M20F, la population a repris la lutte à Ifni. La coordination des chômeurs se met en place, le mouvement des lycéens, Attac, Avec la crise, les spoliations des terres et la répression,  les luttes s’élargissent à de nouveaux secteurs : un mouvement important des paysans de la régions des Aït Baamrane s’organise ainsi que les familles des détenus politiques .  Les habitants d’Ifni ont décrété un sit in ouvert jusqu’à la satisfaction des revendications : emplois, distribution des richesses  au profit de la ville, …
Ifni, petite ville, vit du port, mais la pêche est accaparée par les puissants. Le petit port d’Ifni rapporte des milliards aux étrangers et rien n’est investi dans la ville.
La population poursuit la lutte et réclame du travail, des infrastructures, des équipements, que les richesses du port profitent à la ville et ses habitants.
Ces procès ne font qu’alimenter un climat de tension et de terreur à Ifni. Empêtré dans une crise économique, sociale et politique , le pouvoir incapable de trouver des solutions autre que la fuite en avant.  A Ifni comme dans les nombreuses régions  du Maroc, les luttes se poursuivent et comme le rappelle Brahim Bara « au milieu de la tempête, on ne sent plus le vent. »
Il est important de rester vigilant, de soutenir les militants, d’exiger l’arrêt de la répression et de  la criminalisation des luttes, la fin des poursuites et, l’annulation des procès fabriqués de toute pièce contre les habitants de Sidi Ifni.







jeudi 31 janvier 2013

Libération des détenus d'Ifni

Par Ali Fkir
LE BUREAU CENTRAL AMDH PRESENT LORS DE LA LIBERATION DES DETENUS IFNI

LE BUREAU CENTRAL AMDH PRÉSENT LORS DE LA LIBÉRATION DES DÉTENUS  DE SIDI IFNI

mercredi 16 janvier 2013

Sidi Ifni (suite) : Les forces de police s'en prennent aux enfants !

 Par Souad G. Attac Maroc, 14/1/2013

La ville d'Ifni  a connu dimanche 13 janvier au soir des affrontements entre manifestants et forces de répression  devant le commissariat suite à la décision de disperser et réprimer le sit in interdit, appelé par coordination Ifni  pour demander la libération des détenus. Des bagarres ont éclaté faisant  des blessés dans le deux camps.
Tard dans la nuit de dimanche à lundi on a appris que des renforts avaient quitté la caserne de Tiznit pour se déployer à Ifni.
Ce lundi 14 janvier 2013 le calme est revenu dans Ifni, on panse les blessures mais la colère gronde dans la population qui ne cesse de lutter sur tous les fronts: le chômage, la ville à l'abandon, l'absence d'infrastructures, tandis que la principale richesse : le poisson fait la fortune de gros et ne profite en rien aux habitants , pour la plupart petits pêcheurs, ni au développement de la petite ville de Sidi Ifni Les manifestants se dirigent vers le commissariat pour demander la libération des détenus: 3 enfants mineurs arrêtes hier soir . La ville est restée en émeute jusqu'à 3h ce matin de lundi 14 janvier. 
 
On apprend que 2 enfants de 11 ans ont été relâchés après avoir passé la nuit au commissariat et torturés: 2 ENFANTS DE 11 ANS!
Le 3ème: Ayoub Tili a 14 ans, il a été arrêté dimanche 13 janvier à Ifni  lors des affrontements entre manifestants et force de répression. Il est en prison à Tiznit. Il est diabétique et sa mère ne peut même pas lui faire parvenir l'insuline. Les manifestants sont devant le commissariat , exigent sa libération immédiate. Les slogans demandent la chute du régime. 
 

Lundi 15 janvier 2013 11:33 
Ayoub Tili 14 ans, en prison à Tiznit, sera présenté aujourd'hui au tribunal.

Mardi 15 janvier,
 Ayoub Tili ,mineur, été libéré hier soir.


Mais la tension persiste à Ifni: Hier la prière collective des habitants pour les 7 jeunes "haragas" qui avaient péri aux larges de Lanzaroté a été interdite. Il y a 1 mois, 25 jeunes avaient tenté de traverser pour rejoindre Las Palmas : 7 sont morts et ont été rapartriés à Ifni,  17 sont en prison et le corps de Oulid Ali est toujours à Las Palmas.

souad
 S G <sougue123@gmail.com
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Blocus policier à Sidi Ifni

Après les émeutes qu'a connues Sidi Ifni dimanche 19 janvier, la ville vit toujours sous une intense présence policière. Les autorités sont allées jusqu'à interdire, hier mardi, une prière collective avant l'enterrement de 7 jeunes de la ville, des "harragas" décédés aux larges de Lanzarote.


La capitale des Aït Baâmran n'est pas près de regagner son calme. Après les affrontements de dimanche dernier entre les manifestants et les forces de l'ordre, ces dernières ont arrêté trois personnes. Des enfants âgés de 11 et 14 ans, deux d'entre eux ont été libérés immédiatement et le plus âgé, Ayoub Tilili était resté en garde à vue, jusqu'à sa mise en liberté, ce mardi.

"Depuis dimanche, tous les sit-in, notamment devant le commissariat de la ville ont été systématiquement interdits par la violence" affirme un militant de la section locale d'Attac Maroc.
Par ailleurs, les autorités ont interdit une prière collective des habitants de la ville, précédant l'enterrement de 7 jeunes ayant péri aux larges de Lanzarote, dans les îles Canaries. Partis en barque il y a un mois, 25 jeunes s'étaient engagées dans l'aventure désespérée de gagner l'Europe. Les 17 survivants ont été rapatriés au Maroc et se trouvent actuellement en prison, et un corps, celui du jeune Oulid Ali est resté à Las Palmas.



mercredi 19 décembre 2012

Maroc : Prison ferme pour des membres du Mouvement du 20 février de Sidi Ifni

Les condamnations pleuvent sur les partisans du Mouvement du 20 février. Le 10 décembre, jour de la commémoration du 64ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la cour d’appel d’Al Hoceima a condamné Abdelhamil Bekkali à deux ans de prison. Une semaine plus tard, un tribunal d’Agadir condamne des jeunes de Sidi Ifni à l’emprisonnement. D’autres membres du M20F attendent leur tour.


Tension à Sidi Ifni. Mardi, la cour d’appel d’Agadir a prononcé des peines, entre 3 et 6 mois, contre huit jeunes originaires de la petite ville. Le motif de ce verdict ; « participation à une marche non-autorisée ». « Dans la soirée d’hier, les familles des détenusSamir Lamhandi ont poursuivi leur sit-in ouvert devant le siège du gouvernorat en signe de protestation contre l’arrestation de leurs proches, laquelle remonte à fin septembre », nous confie Samir Lamhandi, président de la section AMDH de Sidi Ifni.
Des peines « lourdes » assure Lamhandi. Et pour cause, « les jeunes, membres de l’AMDH et de l’association marocaine des diplômés sans emploi n’ont pas commis des faits qui justifient de telles condamnations, ils ont juste réclamé du travail. C’est tout", explique-t-il. "En revanche, la cour a rejeté une demande de la défense de soumettre les détenus à une expertise médicale parce qu’ils affirment avoir été torturés dans les locaux de la police. C'est du deux poids deux mesures », déplore-t-il

Calme précaire à Sidi Ifni
« Ce matin, c’est un calme précaire qui prévaut à Sidi Ifni. Il suffit d’une étincelle pour que la ville s’embrase dans de nouvelles confrontations entre les forces de l’ordre et les habitants, c’est une option à ne pas négliger. D’autant que les condamnations d’hier n’ont fait que raviver davantage la tension », avertit Lamhandi. En octobre, le tribunal de première instance de Tiznit a condamné les huit activistes du Mouvement du 20 février à 4 et 8 mois de prison.
Le 7 juin 2008, des manifestations de demandeurs d’emploi à Sidi Ifni avaient été brutalement réprimées par les hommes du général Hmidou Laânigri. Depuis, la ville est la scène de protestations de tout genre.