Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Beni Bouayach. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Beni Bouayach. Afficher tous les articles

jeudi 24 octobre 2013

Rif : Les jeunes de Targuist réclament toujours la réalisation de projets royaux lancés en 2007

 
Voilà plus de deux mois que les jeunes de Targuist battent le pavé. Leur principale revendication : la concrétisation sur le terrain de projets lancés par le roi Mohammed VI lors de sa visite en 2007. Six ans plus tard, rien n’a été fait. Les promesses du gouverneur d’accélérer le « rythme » des réalisations ne semblent guère convaincre les représentants des contestataires. Dimanche, ils sont descendus dans les rues. Les forces de l’ordre, également.
Il n’y a pas que le Sahara qui est en ébullition, le Rif l’est également. Cette année, c’est Targuist qui a repris le flambeau de la contestation de Bni Bouyache et Imzouren. La petite ville a connu, dans l’après-midi du dimanche 20 octobre, une nouvelle marche organisée par des jeunes contre le conseil municipal, dont le siège était l’objectif final des manifestants.
Contrairement au dernier mouvement de contestation qui a eu lieu le vendredi 11 octobre, cette fois, les autorités locales, montrant ainsi leur soutien au conseil communal, ont choisi la manière forte en tentant de disperser la manifestation.

Les jeunes réclament toujours la réalisation des projets lancés par le roi
L’intervention des forces de l’ordre a causé, selon des sources locales, des blessés dans les rangs des manifestants. Et pourtant, leurs réclamations sont toutes légitimes avec notamment des meilleures conditions de vie pour l’ensemble des habitants de Targuist. Mais leur principale doléance est surtout la réalisation des projets royaux annoncés lors de la visite de Mohammed VI en 2007.

Le gouverneur de Targuist a tenté, début septembre, de nouer le dialogue avec les représentants de la contestation, mais en vain. Ces derniers ont rejeté son offre. Il a, également, promis d’accélérer la "cadence" des projets lancés par le monarque. Des tentatives qui n’ont pas pu calmer la colère des habitants.
Force est de constater que nous sommes en face du même scénario que celui de Bni Bouyach et Imzouren en 2012. Il se répète, cette fois, à Targuist. Il y a une réelle volonté de la population rifaine de voir des projets structurants se développer.
Le recours à la matraque en guise de réponse de l’Administration territoriale à ces revendications ne fait que raviver les tensions et accentuer le manque de confiance entre le Rif et Rabat.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/20348/jeunes-targuist-reclament-toujours-realisation.html

dimanche 18 août 2013

DanielGate : certaines manifestations tolérées, d'autres interdites. Le Makhzen reste le Makhzen ...

 Par Souad Guennoun, 10/8/2013

Pendant que la manifestation se tenait à Casa le mardi 6 août et à Rabat le lendemain, à Imzouren, dans le Rif la manifestation a été interdite le mercredi 7 août.
Depuis, samedi 10 août à Bni Bouayach, dans le Rif, la famille de Mohamed Jaloul et les familles des militants détenus du Rif,  ont manifesté le jour de l'aïd pour exiger la libération des détenus politiques. Elles ont dénoncé les conditions de détention de leurs enfants qui croupissent dans les prisons privés de leurs droits, pendant que la grâce royale est accordée pour des criminels, des trafiquants de droguer et des violeurs d'enfants.
Mohamed Jaloul, enseignant à Bni Bouayach , arrêté le 8 mars 2012, condamné à 5 ans de prison pour manifestation non autorisée, blocage route, jets de pierre... toute la panoplie habituelle pour criminaliser les luttes .
Relire : samedi 7 avril 2012 Le procès du syndicaliste Mohamed Jelloul reporté deux fois  
Autre affaire qui a été révélée en rapport avec l'Affaire Danielgate et qui fera sûrement du bruit : Mohamed Mounir Molina, maroco-espagnol, a été gracié à l'occasion de la fête du trône 48h avant le début de son procès. Sa première audience devait se tenir le 1 er août 2013 devant la cour d'Appel d'Al Hoceima . Il figurait sur la liste des 48 détenus graciés .Md Mounir Molina avait été arrêté le 9 février 2013 pour trafic international de stupéfiants

 

mardi 23 juillet 2013

Région du Rif, la répression continue : La commémoration officielle de la bataille d’Anoual tourne à l’affrontement:


Par Souad G, 22/7/2013

Rappel : Sur le site historique  de la bataille d’Anoual où le 21 juillet 1921, les combattants rifains menés par Abdelkrim Khattabi, avaient infligé une lourde défaite à l’armée espagnole menée par le Général Silvestre, une défaite historique  de l’une des armées les plus puissantes de la période coloniale contre le peuple rifain aux mains nues. La bataille d’Anoual, devient alors le symbole de la résistance anticoloniale. Elle a révélé au monde la victoire des combattants rifains menée par Abdelkrim Khattabi, héros de la lutte anticoloniale. 

Dimanche 21 juillet 2013 : Le matin tôt, un important dispositif sécuritaire à été déployé autour du site historique de la bataille d’Anoual,  dans la commune de  Driouch.

Une commémoration officielle a été prévue à l’occasion  l’anniversaire de la bataille d’Anoual. Des tentes officielles, discours et médailles pour décorer des anciens combattants, portrait géant de M6, mais rien sur le héros du Rif, Mohamed Ben  Abdelkrim Khattabi.

Les manifestants sont venus de Nador, Tamassint, Imzouren, Bni Bouayach, Al Hoceima. Ils brandissent une banderole « S’ils pouvaient parler, ils vous diraient : dégagez ! ». Ils brandissent le drapeau de la République du Rif et protestent contre la falsification de l’histoire, contre la réécriture de l’histoire du Rif par le makhzen, ils protestent contre le pillage de leurs richesses, contre le chômage, l’exclusion et la répression.

Ils ont crié : « Anoual, terre libre, Mekhzen dehors ! » « Tu n’as pas encore compris, makhzen dégage !»

Une importante manifestation devant des officiels, des galonnés, des autorités du makhzen, étonnés et impuissants, avant de donner l’assaut. 
Plusieurs corps de répression se lancent sur les manifestants, tentent d’arracher drapeaux et banderoles, les pourchassent dans la montagne à coup de jets de pierres, faisant un blessé grave touché à la tête.  Jamais inauguration  officielle n’aura été aussi bousculée et contestée.

Les diplômés chômeurs, nombreux dans la région, des jeunes, exclus de l’emploi sans aucun débouché, luttent pour exiger du travail et ne voient comme réponse que répression, bastonnade, arrestations, condamnations. Cependant que la région du Rif est devenue source d’accaparement de terre, de spoliation de ses richesses, au profit d’une mafia pour réaliser de grandioses projets touristiques, immobiliers qui ne profitent pas aux habitants de la région. Les habitants du Rif assistent impuissants aux inaugurations officielles de projets tapageurs : développement d’une « agriculture verte », agrobusiness mercantile et ravageur, au détriment des cultures ancestrales et de la souveraineté alimentaire de la région.

Longtemps enclavée et isolée sous le régime de Hassan 2 qui avait mené une politique de terre brulée pour se venger de cette région fière de son histoire héroïque de la République du Rif, des enfants d’Abdelkrim. Malgré les terribles années de marginalité, de pauvreté, de répression, d’exil, la mémoire se réveille comme un long fleuve tranquille.

Avec le début du règne de Mohamed 6, puis après le tremblement de terre d’Al Hoceima en 2004, qui avait fait des milliers de victimes, ce dernier s’est intéressé à la région du Rif. Il avait dépêché sur place délégations, personnalités de la « société civile », hommes d’affaires, pour une éventuelle réconciliation avec le Rif.


En guise de réconciliation, depuis quelques années, des études et colloques sont organisés pour se pencher sur l’histoire du Rif, une route financée par l’UE a permis de désenclaver la région restée longtemps inaccessible. Des chercheurs, historiens, ethnologues sont invités, avec l’association du Conseiller du roi, Azoulay, comme fer de lance de cette grande initiative qui voudrait développer un pôle de business touristique à l’image d’ Essaouira.

Parallèlement, le pouvoir lance des initiatives pour remettre  à l’ordre du jour le rapatriement de la dépouille d’Abdelkrim Khattabi du Caire. Un débat esquivé qui divise militants et les proches cependant que la vérité tarde à révéler les crimes, enlèvements, disparitions, les fosses communes des sombres années de plomb dans le Rif. Et comme le dénoncent les militants, aucune Vérité, aucune Réconciliation, ne se fait  à coups de bâton et de slogans creux.

La région du Rif  a connu des luttes ininterrompues et qui se sont intensifiées avec le M20f. Les luttes et soulèvements de Bni Bouayach, Tamassint, Sidi Bouafif, jusqu’àTaza, pour la dignité, la justice sociale, se poursuivent dans cette région malgré la répression féroce qui ne s’est pas atténuée. Les nombreuses grèves et manifestations touchent tous les secteurs de la population  pour réclamer des services publics, des routes, l’eau, électricité, des équipements de Santé, des écoles, publics et de qualité.   Le mouvement des diplômés chômeurs est très important.  Les jeunes diplômés manifestent sans relâche pour le droit au travail. Mais en guise de travail, la seule réponse reste la répression, les procès fabriqués de toute pièce, les manifestations interdites, l’avenir sombre et bouché, la corruption , le passe droit, le clientélisme érigés en système de gouvernance. Les petits enfants d’Abdelkrim ne sont pas prêts à baisser les bras, ils continuent à réclamer dignité, liberté, justice sociale et brandissent avec fierté leur histoire.
-------------------------------------------------------------------------



mardi 12 février 2013

Routine des forces du désordre et du vol

  • Par demainonline, 12/2/2013

Selon un rapport, les forces de l’ordre ont bien volé et pillé la ville de Beni Bouayach

Les "forces de l'ordre" lors des événements de Beni Bouayach (photo DR)
Les « forces de l’ordre » lors des événements de Beni Bouayach (photo DR)
Selon le quotidien Al Massae, la Commission régionale des droits de l’homme d’Al Hoceima, qui dépend du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), a remis au président de ce dernier, Driss El Yazami, un rapport accablant qui prouve que les forces de l’ordre ont volé, cambriolé et pillé les commerces lors des événements de Beni Bouayach et des bourgs environnants de l’année dernière.
Le rapport parle de « dépassements dangereux ». Les forces de l’ordre, du désordre dans ce cas, auraient tout piqué sur leur passage, cassant du manifestant mais s’en prenant spécialement aux biens des commerçants qui étaient étrangers aux manifestations.

Ce comportement n’est pas accidentel. L’année dernière à Chlihat, près de Larache, des commerces avaient été pillés par les policiers, comme on peut le voir dans cette vidéo publiée par Demain. En août de la même année on a vu comment l’activiste pro-démocratie Younès Derraz était cambriolé dans l’avenue Mohamed V de Rabat par un policier dûment identifié, photo du larcin à l’appui.
L'officier de police s'enfuit avec le sac de Younes Derraz. Elle est belle la police marocaine (Photo DR)
L’officier de police s’enfuit avec le sac de Younès Derraz. Attrapez le voleur ! (Photo DR)
Quelques jours plus tard, le fondateur de Demain, Ali Lmrabet* était également agressé et cambriolé par trois policiers en pleine rue, à Tétouan. Les trois policiers qui sont connus et identifiés n’ont jamais été inquiétés par leur hiérarchie. Même après la promesse du ministre de la justice, Mustapha Ramid, d’enquêter à ce sujet…
Dans ce pays, l’information ce n’est pas que des policiers marocains volent ou cambriolent, c’est la coutume ici ; l’information serait que l’Etat ou sa boutique droithommiste, le CNDH, mettent de l’ordre dans cette écrurie d’Augias. Et c’est pas demain la veille que cela arrivera.

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=25247   


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

  Par Ali Lmrabet, demainonline

  *Comment j’ai été agressé, cambriolé et privé de ma CIN par des policiers marocains

Opinion. Je vous le disais (hier), avec cette histoire d’ivrogne et de police qui refuse de venir constater une agression chez moi, des choses bizarres me tombent dessus depuis quelques mois sans que, jusqu’à aujourd’hui, je ne comprenne le sens.
reportage.Ces précisions peuvent paraître futiles, mais elles sont im
Des décisions incompréhensibles de l’administration, dont je raconterai plus tard les détails, puis, aujourd’hui, une agression caractérisée par trois membres de la police en civil qui m’ont non seulement frappé gratuitement et jeté par terre (quel courage ! Se mettre à trois pour agresser une seule personne) mais ils m’ont cambriolé emportant 200 DH (moins de 20 euros) et ma carte d’identité nationale.
Que s’est-il passé ? Vers 1H30 du matin, je suis sorti pour faire ma promenade habituelle. A un moment, je me suis arrêté près du marché central de Tétouan, à quelques mètres de chez moi, devant l’étalage d’un vendeur ambulant de fruits. Je voulais acheter des pommes.
Je n’étais pas « sekrane » (ivre). Manque de pot pour ceux qui manient ces ficelles, on est en plein mois de Ramadan ; et puis je ne bois pas (demandez au patron de la DST, Abdellatif Hammouchi, qui a l’habitude de fouiller dans mes poubelles). Je n’étais pas non plus accompagné d’une pute ou d’un petit garçon. Je n’étais pas en train de cambrioler ou d’agresser quiconque. J’étais seul et j’achetais des pommes. C’est tout. J’ai oublié de préciser que je ne manifestais pas dans la rue, l’heure tardive ne s’y prêtait pas vraiment et je n’étais pas en train de faire un
portantes pour couper court à toute postérieure justification de ces voyous qui se cachent derrière l’uniforme de la police.
Pour une raison dont je ne suis pas en mesure d’en expliquer les contours, trois policiers qui cassaient violemment les étals des vendeurs ambulants se sont approchés et sans crier gare se sont balancés sur moi. Insultes, coups de poing au ventre, prise d’étranglement etc…. Avec les habituels « din mouk », « din bouk », « zamel » (pédé), « on va t’éclater la gueule », etc.
Sur la centaine de personnes présente, je suis le seul à avoir été cogné…
J’ai crié : « mais pourquoi vous me frappez ? ». En guise de réponse un policier m’a fait un coup de ciseaux qui m’a fait tomber par terre. Puis il a introduit sa main dans les poches de mon pantalon et les a vidées. Il a pris un petit trousseau de clefs, mon portable, ma CIN et un billet de 200 DH, de l’argent que je prends sur moi au cas où.
Pas content pour le maigre magot, le policier qui m’a fait le coup de ciseaux a violemment jeté le portable qui a rebondi sur mes parties génitales puis s’est débarrassé des clefs. Mais il a gardé ma CIN et surtout les 200 DH.
Alors que j’étais par terre, un autre policier a essayé de me frapper au visage, puis il m’a traîné plus loin et m’a plaqué au mur. Comme ces flics voyous vivent constamment dans le marigot, je ne peux reproduire le nombre d’insultes qu’ils ont déversé sur moi.
A la fin, sûrement rassasiés, les trois membres des « forces de l’ordre » sont partis. Comme si de rien n’était.
L’agression et le cambriolage ont été vus par des dizaines de personnes. Et toute cette scène a eu lieu devant leur officier, un monsieur bedonnant et en uniforme blanc. Je l’ai alors interpellé : « Vous avez tout vu et vous n’êtes pas intervenu. Pourquoi et pour quelle raison vos hommes m’ont agressé ». J’ai répété quatre ou cinq fois la même question. Sa réponse : « Tu cherches des problèmes toi ».
« Mais vous devez faire un PV de police pour expliquer cette agression, vous auriez dû m’arrêter », lui ai-je lancé. Rien. L’officier est monté dans une voiture de service de la police portant l’immatriculation 181873, et il est parti.
J’ai cherché mes courageux agresseurs parmi la foule. Je les ai vite repérés. Je me suis dirigé vers le flic voleur qui m’a piqué ma CIN et mes 200 DH. J’ai exigé qu’il me les rende. Il a fait un geste avec la main comme s’il voulait m’abattre, son copain est venu me voir et m’a lancé d’autres « din mouk », m’a menacé de mort, m’a traité encore de « pédé » et m’a conseillé d’aller « voir Benkirane pour récupérer ta CIN ».
J’ai alors commencé à hurler.  Si j’avais commis un délit, la police devait m’arrêter sur le champ et faire un PV d’audition, leur ai-je lancé. Comme j’insistais, les trois policiers accompagnés d’autres collègues sont partis pressant le pas vers le cinéma Monumental. Je les ai suivis pour mémoriser leurs visages.
Puis, j’ai pris un taxi et je me suis rendu à la préfecture de police pour déposer plainte.
Je passe des péripéties pour que la police accepte de faire un procès verbal d’un citoyen accusant d’autres policiers d’agression et de vol. Le plus rigolo c’est la question pressante du préfet de police, arrivé sur les lieux, qui m’a demandé avec insistance si je n’avais pas perdu ma CIN et mes 200 DH « en tombant ». Je lui ai répondu  que cela aurait été possible si son policier n’avait pas introduit auparavant sa main dans ma poche.
Finalement, le préfet a consenti à faire un PV. Une décision apparemment difficile.
Mais, durant mon audition l’inspecteur chargé de prendre mes déclarations s’est levé à plusieurs reprises, fâché par la crudité de mes propos (il fallait bien reproduire que ses collègues m’ont traité de « zamel », ont insulté ma défunte mère et mon vieux père avec des mots orduriers), ou parce que je n’étais pas d’accord avec l’interprétation qu’il donnait à mes propos.
Cet inspecteur a bien essayé de trouver des contradictions dans ma version, mais il a vite déchanté. Il n’y en avait pas. C’est pas aux vieux singes qu’on va apprendre à faire la grimace.
Et ce n’était pas fini. A la fin de mon audition, l’imprimante du commissariat a refusé d’imprimer le procès verbal. Deux officiers de police ont dû s’y prendre à plusieurs reprises, et durant longtemps, avant que, miraculeusement, le texte ne soit finalement imprimé. Une vieille ficelle policière pour permettre à des personnes occultées derrière d’autres bureaux du commissariat de relire tranquillement le texte avant la signature de la victime.
Pour preuve, avant que l’imprimante ne se mette à fonctionner, l’inspecteur-auditeur qui avait quitté les lieux est revenu pour rajouter une phrase : je ne vois aucun signe de violence, a-t-il écrit. Voulez-vous que je me déshabille pour que vous puissiez constater les coups ? lui ai-je demandé. Réponse : non.
A la fin, ultime contrariété, alors que la loi l’y oblige, le policier n’a pas voulu me donner le numéro de la plainte. L’inspecteur en charge de la permanence étant parti. « Revenez plus tard », m’a-t-il conseillé. J’ai répondu : « Faites ce que vous voulez avec ce PV. D’ailleurs tout cela c’est du cinéma ». Et je suis parti.
Maintenant, les policiers de Charki Draiss, digne héritier de Driss Basri (pourtant je n’ai jamais été agressé du temps de Basri) peuvent dire ce qu’ils veulent, trouver toutes les justifications possibles et imaginables, mais du moment qu’ils ont refusé de m’embarquer quand ils m’ont agressé, et de faire un PV de police par la suite, ils se sont privés de toute justification postérieure. Certes, ils peuvent nier ou chercher des témoins « providentiels » qui diront ce qu’ils leur voudront qu’ils disent, mais ces trois flics voyous en civil et leur complice de chef en uniforme sont dans la merde.
Si j’avais commis un crime ou un délit ou si je les avais insultés, si j’avais refusé de présenter une pièce d’identité pour m’identifier lors d’un contrôle d’identité, un « motif » d’arrestation comme ils disent dans le jargon policier, ils m’auraient embarqué et leur agression aurait été en partie justifiée. Mais je n’ai commis aucun impair, aucun délit et je connais trop cette racaille corrompue, pour la voir à l’oeuvre chaque jour dans mon pays, pour être sur mes gardes tout le temps.
Je sais, nous savons que ces trois policiers voyous et leur chef ne vont pas être punis ou même admonestés. Le préfet et ses supérieurs vont trouver la bonne solution, la « hila », pour dédouaner leurs hommes. Je ne me fais aucune illusion à ce sujet. Mais cette histoire démontre qu’avec ou sans nouvelle constitution, qu’avec ou sans gouvernement « issu », zaâma !, des urnes, ce pays est resté le même. Une dictature couronnée. Des citoyens peuvent se faire arrêter, violenter, et maintenant cambrioler, en toute impunité, par ceux-là même qui ont la charge de lutter contre le crime.
Et qu’on ne me dise pas que les forces de l’ordre ne cambriolent pas. Nous savons tous comment les habitants de Laâyoune, Dakhla, Smara, Taza et Beni Bouayach ont été volés, cambriolés et massacrés par les forces de l’ordre lors des récents troubles dans ces régions.
Dans les prochains jours, on va voir comment dans ce pays, où existe un ministère de la « justice et des libertés », la justice va traiter cette affaire.
Hier, un baltagi ivrogne, bouteille de vin en main (en plein mois de Ramadan !), a attaqué ma maison vers 1h00 du matin. En dépit de mes plaintes réitérées auprès de la préfecture de police, aucun élément des forces de l’ordre n’a daigné se présenter chez moi.
Coïncidence ?

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=20034

dimanche 29 avril 2012

A Béni Bouayach le makhzen inverse les rôles : les victimes deviennent agresseurs, les policiers voyous deviennent victimes...,

Par Demainonline, 27/4/2012

 Des peines de 4 à 6 ans de prison pour les jeunes 
de Beni Bouayach
 

 La mère du principal condamné laisse éclater sa douleur devant le tribunal d'Al Hoceima (Photo CE) Casablanca.-  
Après les violentes charges policières contre les habitants de Beni Bouayach, le Makhzen revient à la charge. Selon l’agence de presse officielle MAP, « la chambre criminelle près la Cour d’appel d’Al Hoceima a rendu, mercredi, des verdicts allant de 4 à 6 de prison ferme, assorties d’une amende collective de 2 millions de dirhams au profit de l’Office national d’électricité (ONE), constitué partie civile, à l’encontre de six personnes poursuivies dans le cadre des événements survenus à Beni Bouayach ». 

La chambre a ainsi condamné le principal accusé, Mohamed Jelloul, à 6 ans de prison ferme pour « perturbation de la circulation sur la voie publique, atteinte et humiliation des forces de l’ordre en exercice de leurs fonctions, détérioration des biens d’autrui et attroupement armé sur la voie publique ». Les autres co-accusés ont été condamnés, l’un à 5 ans de prison ferme, et les quatre autres accusés à 4 ans d’emprisonnement. Bien entendu, toutes les victimes des forces de l’ordre, qui se sont comportées comme en pays conquis, et tous les citoyens et commerces cambriolés par la police, dont on a pu apprécier le « travail » grâce aux vidéos accrochées sur Youtube, n’ont pas été entendus par l’Etat et leurs plaintes sont restées lettre morte.

 Beni Bouayach a dorénavant plus de prisonniers d’opinion qu’elle n’en avait auparavant. Avec d’autres prisonniers politiques, ils pourraient peut-être former un groupe politisé derrière les barreaux, comme celui formé par les membres de la Salafia Jihadia en prison. Après les Sahraouis, les radicaux de gauche, les islamistes, les Amazighs, les fiévristes, puis les Tazaouis de Douar El Koucha, les Rifains arrivent en taule Avec les mauvais temps qui s’annoncent bientôt il n’y aurait plus de place dans les prisons pour les détenus de droit commun. Et vogue le navire de la contestation politique à l’intérieur des prisons marocaines !
 http://www.demainonline.com/?p=16892
/http://www.demainonline.com/2012/04/27/des-peines-de-4-a-6-ans-de-prison-pour-les-jeunes-de-beni-bouayach/
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
  Samira Kinani 28/4/2012, fb 
‫المرأة المكافحة ببني بوعياش تعلن عن مسيرة شعبية دفاعا عن حرية المعتقلين

تحت شعار " المرأة المناضلة ببني بوعياش تطالب بالسراح الفوري لكافة المعتقلين السياسيين وإسقاط المتابعات في حق المناضلين " تنظم أمهات وعائلات المعتقلين السياسيين ببني بوعياش وعائلة الشهيد كمال الحساني مسيرة شعبية يوم غد السبت 28 ابريل 2012 تنطلق من حي بوغرمان ( قرب المسجد ) على الساعة الرابعة بعد الزوال 16:00 ،
وتوجه اللجنة المؤقتة لمتابعة أحداث بني بوعياش نداءا لكافة التجار والعمال وكل الفئات الشعبية بالمدينة إلى خوض إضراب عام ابتداءا من الساعة الثالثة 15:00 زوالا إلى حدود الساعة السادسة 18:00 بعد الزوال والمشاركة بكثافة في مسيرة عائلات المعتقلين وعائلة الشهيد كمال الحساني .‬

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 Bni Bouayach, 25 avril :Procès des 6 jeunes détenus: 27 ans de détention pour 6 détenus entre 4 ans et 6 ans de prison ferme.  1 million de dh d’amende réclamée par l’ONE

- suite aux émeutes qui avaient  éclaté  en mars dans la ville et des affrontements avec les forces de répression.

-suite aux manifestations contre cherté de la vie qui avaient été fortement réprimées, la ville quadrillée a été livrée aux forces de l’ordre qui ont détruit les boutiques, pillé, volé et cassé

Parmi les chefs d’accusation : blocage route, menaces à agents de l’ordre,saccage bien public...

Le jour même les manifestants sont venus protester contre les peines prononcées et exigent la libération des détenus.

Le soir manifestation à Bni Bouayache des familles contre les jugements, les manifestants ont été cernés par un important déploiement sécuritaire.

Jeudi 26 avril, Bni Bouayach appelle à la grève générale contre les procès politiques, les emprisonnements, l’usage de la répression pour mâter les mouvements de contestation au lieu de trouver des solutions aux problèmes économiques et sociaux des populations.

Au moment où le tribunal d’Al Hoceima prononce une peine de 6 ans de prison contre Mohamed Jaloul, membre du M20f. Cet instituteur  avait été enlevé à la porte de son lycée, durant l’interrogatoire, on lui a reproché d’avoir déployer le drapeau de la République du Rif durant manifestation.
Abdadim Benchaïb condamné à 5 ans.

Les forces de repression ont saccagé, pillé les commerces à Bni Bouayach et Boukidarn sans aucune ouverture d’enquête sur les pillages  qui avaient pourtant été filmés et les vidéos visionnées , les  demandes d'ouvertures d'enquête exigées par la population sont restées sans réponses.

Ces condamnations sont une preuve de plus pour la population du Rif que les années de terreur ne sont pas enterrées, la répression  toujours aussi forte sans répondre  aux revendications pour l’emploi, la liberté, la dignité.

Bni Bouayach, samedi 28 avril, appel des familles des détenus à manifester malgré l'interdiction et la présence des  forces de répression : 
Appel à la grève générale pour 
-  la libération des détenus, 
-  la vérité sur la mort des 5 jeunes de Al Hoceima, 
-  le jugement des responsables de leur mort

vendredi 16 mars 2012

Le printemps ne meurt jamais à Aît Bou Ayache

par Salah Elayoubi,  16/3/2012

La vie à Aït Bou Ayache ressemble à sa topographie.
Une cuvette étranglée entre les escarpements du Rif et un Oued au cours famélique et où viennent échouer et se télescoper des existences ravagées par la misère et mourir les eaux qui ruissellent des montagnes environnantes. Le contraire n’en est pas moins vrai, tant les vies des villageois s’y meurent aussi, de la pauvreté, du chômage, et des assiduités coupables de la monarchie alaoui.

La tragédie du Rif prend, ici, toute sa signification.

Toutes sortes de guerres sont passées par là. De celles infligées par le colonialisme à celles que continue de livrer le régime marocain à ces montagnards irréductibles.

Elles ont emporté les hommes.

Pour ceux qui ont survécu, l’ostracisme de l’administration centrale et le venin de l’anathème qu’elle persiste à distiller contre les populations locales, auront fait le reste et scellé le destin des centaines de milliers d'hommes et de femmes.

Elles ont aussi emporté jusqu’à la végétation.

Disparues, les splendides forêts de la "Maurétanie tingitane", chantées naguère par les poètes et les écrivains de la Rome impériale. Elles ont cédé la place à la désolation, aux argiles dénudées et aux cailloux épars.

Le ravinement des eaux de pluie emportant le terreau jusqu’à l’Oued, les sécheresses successives, les incendies et le prélèvement de l’homme, furent les précieux alliés du dictateur que la forêt a de tout temps effrayé, car susceptible d’abriter les rebellions.

Le régime marocain ne manque jamais une occasion de se rappeler au bon souvenir de la population. Jusqu’à ce barrage érigé en périphérie de la ville et sur les flancs duquel on a tracé en lettres géantes et en cinémascope, cette devise de sinistre mémoire, honnie de tous, ici: «Allah, Al watane, Al Malik ».

Comme un immense index menaçant. Ou pire, comme un monstrueux majeur, pointé en doigt d’honneur, à la face de ces fils d’Abdelkrim qui refusent obstinément, de courber l’échine, devant ce Pharaon qui règne depuis ces plaines lointaines, tout là-bas, « à l’intérieur », comme ils disent.

Rien du peu que possèdent, les habitants des vallées du Rif ne leur vient de l’Etat marocain, sinon la misère, l’exclusion, la répression et le saccage des existences.

C’était aussi à ceux d’Aït Bou Ayache, que s’adressait, déjà, un Hassan II, en chef d’Etat indigne qu’il fut, lorsqu’il parlait des « Aoubaches ». « Un voyou éructant », écrira de lui, Gilles Perrault, dans son célèbre brûlot contre le dictateur. Il ne s’est pas trouvé un seul juste, ni une seule âme charitable, ce soir-là, pour se lever, en plein discours et quitter cette salle du trône ou plutôt celle de l'ignominie, empestant la poudre fumante, le sang et les cadavres de nos frères, qu’ils furent des braves ou des innocents, happés par une impitoyable machine de guerre.

Il ne s’est pas trouvé un seul indigné, ni une seule âme empathique, non plus, trente ans plus tard, pour s’offusquer ou quitter cet autre tyran prédateur, s’acharnant sur des populations pacifiques qui manifestent pour leur dignité et l’avenir de leur descendance. Un dû en démocratie ! Un outrage aux sacralités, en dictature !

Il est une certitude, à présent: la monarchie marocaine n’a jamais rien toléré d’autre, que la proximité des lâches, le silence des corrompus, la honte bue des repentis, la stupidité des ignorants et la servilité des courtisans dociles. Ils sont le miroir de sa vanité et le reflet de la puissance et du pouvoir quelle impose, avec la brutalité qui sied aux sombres dictatures.

Même les plus lâches finissent, un jour, par se ressaisir, et s'indigner face à l'ampleur des injustices qui accablent leurs semblables. Sauf à la cour de Pharaon !

Célébration des quarante jours de deuil de Kamal Hassaini dans les rues d'Aït Bouayache

On dit des criminels qu’ils reviennent toujours sur les lieux où ils ont sévi. La preuve !

Le printemps aussi, revient, inlassablement, faire renaître, là où il les avait laissés, les cœurs et les consciences qui luttent pour leur dignité.

Jusqu'à ce que triomphent la justice et le droit !

lundi 5 décembre 2011

Beni Bouayach, 40e jour après l’assassinat de Kamal Hassani

Beni Bouayach, des dizaines de milliers de manifestants pour commémorer le 40e jour de l’assassinat de Kamal Hassani


Manif à Beni Bouayach

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=9476