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dimanche 18 août 2013

DanielGate : certaines manifestations tolérées, d'autres interdites. Le Makhzen reste le Makhzen ...

 Par Souad Guennoun, 10/8/2013

Pendant que la manifestation se tenait à Casa le mardi 6 août et à Rabat le lendemain, à Imzouren, dans le Rif la manifestation a été interdite le mercredi 7 août.
Depuis, samedi 10 août à Bni Bouayach, dans le Rif, la famille de Mohamed Jaloul et les familles des militants détenus du Rif,  ont manifesté le jour de l'aïd pour exiger la libération des détenus politiques. Elles ont dénoncé les conditions de détention de leurs enfants qui croupissent dans les prisons privés de leurs droits, pendant que la grâce royale est accordée pour des criminels, des trafiquants de droguer et des violeurs d'enfants.
Mohamed Jaloul, enseignant à Bni Bouayach , arrêté le 8 mars 2012, condamné à 5 ans de prison pour manifestation non autorisée, blocage route, jets de pierre... toute la panoplie habituelle pour criminaliser les luttes .
Relire : samedi 7 avril 2012 Le procès du syndicaliste Mohamed Jelloul reporté deux fois  
Autre affaire qui a été révélée en rapport avec l'Affaire Danielgate et qui fera sûrement du bruit : Mohamed Mounir Molina, maroco-espagnol, a été gracié à l'occasion de la fête du trône 48h avant le début de son procès. Sa première audience devait se tenir le 1 er août 2013 devant la cour d'Appel d'Al Hoceima . Il figurait sur la liste des 48 détenus graciés .Md Mounir Molina avait été arrêté le 9 février 2013 pour trafic international de stupéfiants

 

dimanche 29 avril 2012

A Béni Bouayach le makhzen inverse les rôles : les victimes deviennent agresseurs, les policiers voyous deviennent victimes...,

Par Demainonline, 27/4/2012

 Des peines de 4 à 6 ans de prison pour les jeunes 
de Beni Bouayach
 

 La mère du principal condamné laisse éclater sa douleur devant le tribunal d'Al Hoceima (Photo CE) Casablanca.-  
Après les violentes charges policières contre les habitants de Beni Bouayach, le Makhzen revient à la charge. Selon l’agence de presse officielle MAP, « la chambre criminelle près la Cour d’appel d’Al Hoceima a rendu, mercredi, des verdicts allant de 4 à 6 de prison ferme, assorties d’une amende collective de 2 millions de dirhams au profit de l’Office national d’électricité (ONE), constitué partie civile, à l’encontre de six personnes poursuivies dans le cadre des événements survenus à Beni Bouayach ». 

La chambre a ainsi condamné le principal accusé, Mohamed Jelloul, à 6 ans de prison ferme pour « perturbation de la circulation sur la voie publique, atteinte et humiliation des forces de l’ordre en exercice de leurs fonctions, détérioration des biens d’autrui et attroupement armé sur la voie publique ». Les autres co-accusés ont été condamnés, l’un à 5 ans de prison ferme, et les quatre autres accusés à 4 ans d’emprisonnement. Bien entendu, toutes les victimes des forces de l’ordre, qui se sont comportées comme en pays conquis, et tous les citoyens et commerces cambriolés par la police, dont on a pu apprécier le « travail » grâce aux vidéos accrochées sur Youtube, n’ont pas été entendus par l’Etat et leurs plaintes sont restées lettre morte.

 Beni Bouayach a dorénavant plus de prisonniers d’opinion qu’elle n’en avait auparavant. Avec d’autres prisonniers politiques, ils pourraient peut-être former un groupe politisé derrière les barreaux, comme celui formé par les membres de la Salafia Jihadia en prison. Après les Sahraouis, les radicaux de gauche, les islamistes, les Amazighs, les fiévristes, puis les Tazaouis de Douar El Koucha, les Rifains arrivent en taule Avec les mauvais temps qui s’annoncent bientôt il n’y aurait plus de place dans les prisons pour les détenus de droit commun. Et vogue le navire de la contestation politique à l’intérieur des prisons marocaines !
 http://www.demainonline.com/?p=16892
/http://www.demainonline.com/2012/04/27/des-peines-de-4-a-6-ans-de-prison-pour-les-jeunes-de-beni-bouayach/
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  Samira Kinani 28/4/2012, fb 
‫المرأة المكافحة ببني بوعياش تعلن عن مسيرة شعبية دفاعا عن حرية المعتقلين

تحت شعار " المرأة المناضلة ببني بوعياش تطالب بالسراح الفوري لكافة المعتقلين السياسيين وإسقاط المتابعات في حق المناضلين " تنظم أمهات وعائلات المعتقلين السياسيين ببني بوعياش وعائلة الشهيد كمال الحساني مسيرة شعبية يوم غد السبت 28 ابريل 2012 تنطلق من حي بوغرمان ( قرب المسجد ) على الساعة الرابعة بعد الزوال 16:00 ،
وتوجه اللجنة المؤقتة لمتابعة أحداث بني بوعياش نداءا لكافة التجار والعمال وكل الفئات الشعبية بالمدينة إلى خوض إضراب عام ابتداءا من الساعة الثالثة 15:00 زوالا إلى حدود الساعة السادسة 18:00 بعد الزوال والمشاركة بكثافة في مسيرة عائلات المعتقلين وعائلة الشهيد كمال الحساني .‬

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 Bni Bouayach, 25 avril :Procès des 6 jeunes détenus: 27 ans de détention pour 6 détenus entre 4 ans et 6 ans de prison ferme.  1 million de dh d’amende réclamée par l’ONE

- suite aux émeutes qui avaient  éclaté  en mars dans la ville et des affrontements avec les forces de répression.

-suite aux manifestations contre cherté de la vie qui avaient été fortement réprimées, la ville quadrillée a été livrée aux forces de l’ordre qui ont détruit les boutiques, pillé, volé et cassé

Parmi les chefs d’accusation : blocage route, menaces à agents de l’ordre,saccage bien public...

Le jour même les manifestants sont venus protester contre les peines prononcées et exigent la libération des détenus.

Le soir manifestation à Bni Bouayache des familles contre les jugements, les manifestants ont été cernés par un important déploiement sécuritaire.

Jeudi 26 avril, Bni Bouayach appelle à la grève générale contre les procès politiques, les emprisonnements, l’usage de la répression pour mâter les mouvements de contestation au lieu de trouver des solutions aux problèmes économiques et sociaux des populations.

Au moment où le tribunal d’Al Hoceima prononce une peine de 6 ans de prison contre Mohamed Jaloul, membre du M20f. Cet instituteur  avait été enlevé à la porte de son lycée, durant l’interrogatoire, on lui a reproché d’avoir déployer le drapeau de la République du Rif durant manifestation.
Abdadim Benchaïb condamné à 5 ans.

Les forces de repression ont saccagé, pillé les commerces à Bni Bouayach et Boukidarn sans aucune ouverture d’enquête sur les pillages  qui avaient pourtant été filmés et les vidéos visionnées , les  demandes d'ouvertures d'enquête exigées par la population sont restées sans réponses.

Ces condamnations sont une preuve de plus pour la population du Rif que les années de terreur ne sont pas enterrées, la répression  toujours aussi forte sans répondre  aux revendications pour l’emploi, la liberté, la dignité.

Bni Bouayach, samedi 28 avril, appel des familles des détenus à manifester malgré l'interdiction et la présence des  forces de répression : 
Appel à la grève générale pour 
-  la libération des détenus, 
-  la vérité sur la mort des 5 jeunes de Al Hoceima, 
-  le jugement des responsables de leur mort

samedi 7 avril 2012

Le procès du syndicaliste Mohamed Jelloul reporté deux fois

Par Vincent Lurquin, avocat, Député au Parlement de la région de Bruxelles,27/3/2012


Rencontres avec les militants du M20 février à Al Hoceima

27 mars 2012 : En route vers Al Hoceima
Il y a quelques jours, j’ai été contacté par une organisation marocaine des droits de l’Homme pour une mission d’observateur judiciaire à Al Hoceima. On me demande d’être présent au procès de Mohamed Jelloul, cheville ouvrière du "Mouvement du 20 février".

Instituteur, syndicaliste, Mohamed Jelloul fut arrêté début mars suite à une manifestation qui "dérapa" : violences policières contre violence des manifestants. Bien entendu, seuls les manifestants furent poursuivis...

J’ai accepté immédiatement d’y participer... avant de regarder où était Al Hoceima. 8 heures de voyage par avion et par route. Mais au bout de la route, un accueil chaleureux des militants des droits de l’Homme. Une super leçon de courage.
28 mars 2012 : A Al Hoceima

9 heures : La salle de la Cour d’Assises est pleine à ras bord. Le Procureur Général refuse que je porte la toge. Il interpelle le Bâtonnier pour prendre mon identité. Les confrères font front et m’installent au banc de la défense.

Quand Mohamed Jelloul entre, une centaine de manifestants, en face du Palais, réclament un acquittement. Les préventions retenues à sa charge sont lourdes : incitation à commettre des délits, rébellion, insultes à des fonctionnaires, dégradation de bien et surtout, Article 591 du Code Pénal : entrave à la circulation qui est passible d’une peine de 10 ans et Article 129 du Code Pénal portant sur l’association de malfaiteurs.

C’est l’enjeu du procès : criminaliser le mouvement du 20 février. Les juges décident de remettre l’affaire à mercredi prochain...

29 mars 2012 : Retour de Al Hoceima

Départ à 1 heure du matin. Dur, dur après avoir discuté avec les avocats et les militants du 20 février jusqu’à minuit.

Mais l’objectif est atteint : faire savoir qu’on sait et qu’on dira les conditions du procès. Rappel à l’ordre du pouvoir, rappel à la justice des organisations des droits de l’Homme. Et des questions seront posées : pourquoi cette intervention si tardive de la police ? Pourquoi cette prévention d’association de malfaiteurs ? Les avocats, en tout cas, n’ont pas peur : ils plaident la provocation. Et pour ça, je vous l’assure, il faut en avoir du courage. Noblesse de la toge.

Engagement est pris de les soutenir, de refuser la criminalisation d’un mouvement citoyen. Et puis, je repars avec un projet soufflé par Hriah, une petite bonne femme extraordinaire. Elle demande qu’une formation puisse aider les femmes à supporter cette pression de plus en plus forte pour les empêcher de prendre la parole, de dire leur indignation. Je contacte Tamimount Essaïdi, originaire du coin...

06 avril 2012 : Des nouvelles du procès

Ce 06 avril, je reçois un mail d’une militante du mouvement du 20 février. Le procès de Jalloul est à nouveau reporté. Rendez-vous le 11 avril.