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dimanche 25 décembre 2016

Que vaut le « prix Mandela » décerné à Mohammed VI ?

À l'origine « C'est une belle consécration pour le roi Mohammed VI », écrit le HuffPost Maroc. « Mohammed VI lauréat d’un prestigieux prix en France », renchérit H24. D’autres aussi en ont parlé en des termes laudateurs, parmi eux : Medias24 , Maroc Hebdo, LeSiteInfo, AlYaoum24, Hespress, ChoufTV etc...
mobile.ledesk.ma,
  • « L’institut Mandela », présidé par Paul Kananura qui se présente comme, « expert en géopolitique et politiques publiques, exerçant des fonctions de conseil stratégique auprès des gouvernements et des grandes entreprises », n’a en réalité aucun lien avec la grande figure politique sud-africaine dont il utilise le nom et quelques photographies sur son site, si ce n’est que son président d’honneur, Olivier Stirn est qualifié « d’ami de Mandela»
      Étonnant aussi qu’un institut qui décerne des prix à des personnalités politiques mondiales mette en avant dans son communiqué un compte Facebook désactivé, une simple adresse gmail et un numéro de téléphone mobile pour tout points de contact. Autre anomalie pour un organisme étranger : le nom du roi est suivi de la formule très officielle « que Dieu le garde » que seuls les médias d’Etat marocains et la MAP s'échinent à utiliser. D’ailleurs, l’agence de presse officielle n’a pas fait état de ce prix. Un signe pour le moins alarmant s'agissant d'une distinction dite de prestige.

dimanche 30 octobre 2016

Chef d'Etat dans le vent, Mohammed VI milite pour la légalisation de la marijuana aux Etats-Unis


Plan de paix, 30/10/2016

Le roi du Maroc Mohammed VI ne cesse d’apparaître sur les réseaux sociaux en compagnie de ses sujets, du Maroc comme d’ailleurs. Mais sa tournée en Afrique Australe a dévoilé un secret qui a été très débattu dans la toile.

Un journal tanzanien, le « Swahili Times« , publie des photos pour le moins troublantes du roi du Maroc, Mohamed VI. Il y est habillé d’une manière très légère
La traduction du titre de l’article, écrit en swahili, est la suivante : « Photos : Le roi du Maroc fait du shopping à Zanzibar en portant des tee-shirts et des shorts ».
Selon le journal, le roi du Maroc « fait du shopping dans la périphérie du Zanzibar dans le cadre d’un voyage à titre privé habillé d’un gilet et un short et sans ses gardes du corps »
Dans l’une des photos, le souverain marocain porte un tee-shirt avec une feuille de marihuana frappée du drapeau des Etats-Unis qui symbolise la lutte pour la légalisation de la marihuana aux Etats-Unis.

samedi 20 août 2016

Seize longues années pour rien

Par Salah Elayoubi , 20/8/2016
 
 

Entre ces deux photos, seize années ont passé. Seize longues années pour rien. Le régime marocain est resté le même et dans notre pays, rien n’a changé ou si peu. Mais combien de destins ont basculé, de vies ont été brisées, de carrières ruinées. Des militants ont été lâchement assassinés. D’autres ne pourront jamais prétendre à une vie digne quand ils ne croupissent dans des geôles infâmes, pour avoir osé dénoncer les travers du régime marocain. 
 
Des journalistes ne pourront jamais exercer leur métier, sans courber l’échine et se taire. Des entrepreneurs ne pourront jamais rien entreprendre sans s’acoquiner avec l’un ou l’autre des complices réels ou objectifs de cet homme. Des fonctionnaires devront taire à jamais les malversations et les combines dont ils sont les témoins impuissants. 

Dans n’importe quelle culture, et sous n’importe quelle latitude, tout le monde vous le dira : tout finit par se payer.
Ces deux photos en sont la parfaite illustration !

samedi 30 avril 2016

Le Maroc de M6, Hassad et Hammouchi selon l'AMDH



346 détenus politiques en 2015.

111 étudiants de l’UNEM (Union nationale des étudiants du Maroc)

85 activistes politiques ayant fait campagne pour le boycott des élections régionales et communales du 4 septembre

63 acteurs associatifs et syndicalistes

41 sahraouis

13 journalistes

10 diplômés chômeurs

8 membres du réseau Belliraj

3 chanteurs de rap.

On comprend mieux maintenant le virage anti-occidental du régime.

vendredi 23 octobre 2015

Le Maroc de tous les records

                                                           1975: La Marche verte, 350'000 marocains occupent le Sahara Occidental. 
Photo de Ahmed Benani. 
 6 novembre 2015, contre la volonté de plus 192 États et celle de l'ONU, M6 le roi-prédateur, célèbre à El Ayoun, le 40eme anniversaire de la "marocanité du Sahara Occidental". Les magazines spécialisés (papier glacé), classent le Maroc comme le pays qui jouit de la deuxième meilleure cuisine du monde. Indiscutablement nous sommes l'État de droit le plus avancé de la planète, le plus raffiné, le plus respectueux de la volonté de tous ses citoyens, les "Sahraouis" en tout premier lieu!

samedi 14 février 2015

Le roi du Maroc bloque une enquête journalistique sur sa Fortune en Europe

Le richissime souverain marocain, Mohammed VI, vient d’actionner les services pour tuer dans l’œuf une enquête que le quotidien français Le Monde s’apprêtait à publier au plus tard le 4 février courant.

Le très sérieux quotidien parisien a, en effet, «ajourné» la publication d’un très gênant dossier portant sur les comptes bancaires de la famille royale marocaine à l’étranger. But avoué du Makhzen : «Des milieux franco-marocains et algériens, soutenus par une horde de "contestataires du royaume" sont impliqués dans ces investigations.» Comme à son accoutumée, le Palais royal n’hésite pas à pointer du doigt l’Algérie lorsque des journalistes français, américains ou britanniques prennent l’initiative d’enquêter sur la fortune du «roi des pauvres». Pour ce faire, il fait appel à des médias proches de la DGED (contre-espionnage marocain).

Un site web marocain s’en prend violemment au quotidien français en des termes péjoratifs, qualifiant le travail des deux journalistes, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, de «pseudo-investigation». Et d’ajouter : «Les journalistes d’investigation n’ont rien trouvé d’exclusif, ni même d’assez consistant pour alimenter et donner un semblant de crédibilité à leur article.» Un hebdomadaire marocain tient à rappeler qu’«aucun extrait de l’article du quotidien français n’a encore été publié». Il faut savoir que la contestation au sein même du Palais a tendance à prendre des proportions importantes.

Outre celle de Moulay Rachid, frère du roi, à qui on avait arraché le titre de prince héritier au profit de Moulay Hassan, le fils de 11 ans du souverain, il y a celle de Moulay Hicham, le cousin du roi, qui, selon les statistiques réunies par un média marocain, a fait l’objet de pas moins de 45 articles en l’espace d’une année, et neuf dans les 30 derniers jours. «Tous évoquent le fils de Moulay Abdellah en des termes péjoratifs et soulignent ses relations avec le journaliste d’un site opposé au Makhzen, le sportif et ancien détenu Zakaria Moumni, ses "machinations contre Mounir Majidi" ou encore ses fautes de français».

« Plus riche que l’émir du Qatar, les ressources naturelles qu’offre le sous-sol marocain à M6 sont infiniment moindres que celles de l'émir, tout juste quelques «espoirs pétroliers» et des mines d’or », écrivait Régis Soubrouillard le 7 mars 2012 sur Marianne. «Sa fortune personnelle a pourtant doublé en cinq ans. Le budget de fonctionnement du Palais est deux fois supérieur à celui de l’Elysée alors que le PNB du pays est plus de 25 fois plus faible que celui de la France», indiquait l’hebdomadaire français. Le budget alloué à la monarchie marocaine est régulièrement en hausse et dépasse de loin celui de plusieurs grands ministères. Une ligne de crédit pharaonique qui échappe à tout contrôle, s'indignait de son côté un journal en ligne marocain.

http://www.algeriepatriotique.com/article/le-roi-du-maroc-bloque-une-enquete-journalistique-sur-sa-fortune-en-europe-et-accuse-l-alger

dimanche 8 février 2015

Manif à Betz en France, à proximité du Chateau du roi du Maroc...




Mini-rassemblement sous surveillance contre le roi du Maroc

Cinq manifestants se sont retrouvés coincés à environ 400 m de la résidence du souverain chérifien Mohamed VI. La commune était encerclée de gendarmes.

Florent Hélaine, 8/2/2015

Betz, hier. Les manifestants protestent à l’encontre des gendarmes. Ils espéraient pouvoir se rassembler devant le château de Mohamed VI. La préfecture les a seulement autorisés à tenir leur discours devant le château… d’eau de la commune.
Betz, hier. Les manifestants protestent à l’encontre des gendarmes. Ils espéraient pouvoir se rassembler devant le château de Mohamed VI. La préfecture les a seulement autorisés à tenir leur discours devant le château… d’eau de la commune. (LP/F.H.)
Ambiance surréaliste, hier, à Betz. Cette petite commune du sud-est de l'Oise, proche de Crépy-en-Valois, était encerclée de gendarmes dès la matinée. Et chaque axe routier, soigneusement contrôlé.
Difficile de comptabiliser les forces de l'ordre en présence. Le colonel Marc Boget, chef départemental des gendarmes, se refusait d'ailleurs à fournir l'information.


Car le déploiement paraissait surréaliste pour l'événement surveillé : une manifestation de quelques opposants au roi du Maroc, Mohamed VI, qui dispose d'un château dans la commune où il séjournerait actuellement.
Si le rassemblement était annoncé à midi, il a fallu attendre quarante minutes de plus pour voir les participants à la mobilisation arriver sur place à bord de trois voitures. Ils ne sont que cinq à s'être finalement déplacés depuis Paris. Pour une grande déception à l'arrivée.

« Cette manifestation, nous l'attendions depuis deux ans et demi, explique Mustapha Adib, responsable du Collectif marocain pour la dénonciation de la dictature au Maroc. En octobre 2012, le préfet de l'Oise nous avait interdit de manifester pour ne pas créer de troubles à l'ordre public. Nous avons attaqué cette décision en justice. Le tribunal nous a autorisés, en décembre, à venir. Et voilà que l'on nous empêche de manifester devant le château du roi. »

Car la préfecture a autorisé la tenue de ce rassemblement, mais uniquement devant le château... d'eau de Betz, situé à 400 m de la résidence de Mohamed VI. Une décision à remettre dans un contexte national tendu après les attentats perpétrés en France. De là, les manifestants ont donc crié leur mécontentement à l'encontre d'un roi qui « profite de biens mal acquis en France aux dépens du peuple marocain ».

Parmi eux se trouvait Zakaria Moumni. Cet ancien champion du monde de boxe thaï dénonce son « enlèvement en septembre 2012 et la torture que j'ai subie, le tout orchestré par des proches de Mohamed VI. J'ai encore été menacé dernièrement », assure-t-il. Plusieurs plaintes ont été déposées. Trop éloignés du centre-ville, personne n'a pu toutefois entendre leur discours.

Déjà, le collectif annonce la saisine de la justice pour pouvoir se rassembler devant le château du roi lors de leur prochaine manifestation, le 20 février.




Apso Lument, 8/2/2015

 Il parait que le Président de la République François Hollande, après avoir laissé son Premier Ministre Manuel Valls autoriser son Préfet de l'Oise à déplacer sans notre consentement le lieu de notre manifestation d'hier, de devant la porte du Château à plus de 300m de celle-ci, va carrément recevoir le Dictateur de Rabat en grande pompe demain lundi 9 février 2015 à lÉlysée –
 Présidence de la République française.
Le Collectif Pour la Dénonciation de la Dictature au Maroc (CPDDM) dénonce avec force cette décision de Monsieur le Président de la République qui, par ce geste, donne carte blanche au dictateur et roi du Maroc pour continuer dans ses politiques de tortures, d'injustices de toutes sorte, d'appauvrissement du peuple marocain, analphabétisation de ce peuple, de détournement de fonds, d'acquisition de bien mal acquis et compte bancaires illégaux et illégitimes à l'étranger. 
Tout ceci survient à un moment où d'autres Chef d’État africains sont poursuivis en France pour leurs biens mal acquis comme le sont notamment (source: Transparency International):
1- Omar Bongo, ancien président du Gabon, et son entourage : 19 véhicules pour un montant total estimé de 2 751 586 euros, une quarantaine d’appartements ou maisons à Paris et dans le sud de la France, dont 18 au nom d’Omar Bongo, ainsi que 70 comptes bancaires.
2- Teodoro Obiang, président de la Guinée équatoriale, et son entourage: un appartement luxueux à Paris, des comptes bancaires dont un compte au nom de Théodorin Nguema (fils du Président et Ministre de l’Agriculture et des Forêts) ouvert en 1999 à la Barclays de Paris. D’autres biens ont été découverts postérieurement au dépôt de la plainte. Ont notamment été saisis : 26 voitures de luxe importées et 18 millions d’euros dépensés lors de la vente aux enchères de la collection d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé en mars 2009.
3- Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, et son entourage : 24 appartements, 112 comptes bancaires et deux voitures appartenant à Wilfrid Nguesso, fils du président congolais, d’un montant de 200 000 euros.
Il parait que Monsieur le Président de la République fait dans les deux poids deux mesures et attendrait vraisemblablement des retours d’ascendeurs du dictateur de Rabat que les autres Chefs d’États lui auraient refusé ? Le CPDDM utilisera tous ses moyens pour que la République ne perde pas ses valeurs qui devraient être protégées par son Président qui doit lui même  en être le bon exemple.A suivre.



vendredi 28 novembre 2014

Démission de Hagel : Le Maroc perd un autre allié à Washington

par Mohammed Jaabouk, Yabiladi, 26/11/2014
Après le départ de Hillary Clinton, en janvier 2013, le Maroc perd de nouveau un autre allié au sein de l’administration Obama. Chuck Hagel a décidé de démissioner de son poste de secrétaire à la Défense. 

Hier, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, 68 ans, a présenté sa démission au locataire de la Maison blanche. En poste depuis janvier 2013, le républicain a fini par jeter son tablier après des désaccords avec le président et son entourage sur la stratégie de guerre contre Daesh et la relation avec le régime de Bachar Al Assad.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cet ancien de la guerre du Vietnam a des divergences avec le clan des démocrates alors qu’ils sont censés jouer dans la même équipe. Le Maroc figurait parmi les sujets de divergence entre Hagel et les proches collaborateurs d’Obama.
Hagel a défendu le royaume sur le dossier du Sahara
Trois mois après ses prises de fonctions à la tête du Pentagone, il avait été confronté à son premier face à face avec John Kerry sur le Maroc. Le Département d’Etat, par le biais de la représentante des Etats-Unis au Conseil de sécurité, avait préparé en avril 2013 un avant-projet de résolution proposant d’élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental. Une initiative à laquelle le président Barack Obama ne s’était pas opposée.
Une position que Hagel n’avait pas partagée en son temps, arguant que Rabat demeure un allié sûr de Washington dans une région instable à cause de la menace terroriste des groupes extrémistes. A l’occasion de sa visite à Washington, en novembre 2013, le roi Mohammed VI avait reçu Chuck Hagel en guise de geste de remerciements.
Les possibles successeurs de Hagel
Dès hier, la presse américaine a commencé à citer les possibles candidats à la succession du démissionnaire secrétaire d’Etat à la Défense. Le nom qui tient le haut du pavé est Michèle Flournoy, une proche collaboratrice de Barack Obama, co-fondatrice du Center for a New American Security (CNAS). Un think-tank créé en 2007, et qui fourni des analyses au candidat Obama et plus tard au président Obama sur les poches de tensions dans le monde. Mme Flournoy a déjà occupé de hautes focntions au Pentagone.
Sur la liste des prétendants figure également le nom d’Ashton Carter qui a été le n°2 au Pentagone d'octobre 2011 à décembre 2013. Cela pourrait constituer un bon choix pour les intérêts du Maroc puisque l’homme a eu l'occasion de travailler avec Hagel au plus fort de la crise au Conseil de sécurité.
Enfin, le sénateur Jack Reed ne cache pas ses ambitions pour succéder à Hagel. Il est proche du puissant lobby juif aux États-Unis. L'AIPAC (The American Israel Public Affairs Committee) le soutient financièrement, au même titre que plusieurs sénateurs et députés.

jeudi 27 novembre 2014

Maroc : Le roi reporte sa visite en Chine pour «raisons de santé»

par El Watan, 26/11/2014
La visite du roi du Maroc Mohammed VI en Chine, qui devait débuter demain, est reportée pour «raisons de santé», a annoncé hier le palais royal, selon lequel le souverain souffre d’un «syndrome grippal aigu».
«La visite officielle» du roi en Chine «est reportée pour des raisons de santé» et son «médecin personnel précise que le souverain présente, depuis hier lundi, un syndrome grippal aigu (...) compliqué d’une bronchite», est-il indiqué dans ce texte publié par l’agence MAP. L’annonce de ce déplacement en Chine, le second de Mohammed VI depuis son intronisation en 1999, avait officiellement été faite lundi.

samedi 12 juillet 2014

Toujours d'actualité :Torture au Maroc : la France prête à tout pour Sa Majesté ?

par Le Point.fr, 25/02/2014

La convocation à Paris du chef du contre-espionnage marocain pour "complicité de torture" a scandalisé le royaume, obligeant la France à jouer l'apaisement.



Le président François Hollande, avec au second plan le roi du Maroc Mohammed VI, lors de l'intronisation du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako, en septembre 2013.
Le président François Hollande, avec au second plan le roi du Maroc Mohammed VI, lors de l'intronisation du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako, en septembre 2013. © GOUHIER-POOL / SIPA
La relation paradisiaque qui lie la France et le Maroc s'est nettement assombrie la semaine dernière, après la convocation, jeudi, par la justice française du chef de la DST marocaine, Abdellatif Hammouchi. De passage à Paris, le responsable marocain a été retenu plusieurs heures en vertu d'une plainte pour "complicité de torture" déposée en mars 2013 par l'ONG Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT).
À l'origine, un ressortissant franco-marocain, Adil Lamtalsi, arrêté en 2008 par la police marocaine puis condamné pour un crime de droit commun (trafic de stupéfiants, NDLR). Transféré dans le funeste centre de détention secret de Témara, aux mains de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain (DGST), il affirme avoir subi de nombreux sévices avant de passer aux aveux. D'après le dépôt de plainte que Le Point.fr a pu consulter, Adil Lamtalsi "est resté attaché les yeux bandés et a été privé de sommeil tout au long de sa garde à vue".

Électrocuté

"Entre cinq et huit personnes l'ont frappé avec un bâton sur la plante des pieds, les mains, le visage, les organes génitaux, la colonne vertébrale, révèle le document. Il a été électrocuté à plusieurs reprises, suspendu par les pieds pendant une heure à plusieurs reprises. On lui a également plongé la tête et les épaules dans un grand seau d'eau."
"Il existe au Maroc un recours systématique à la torture et aux traitements inhumains et dégradants visant à obtenir des aveux rapides dans tout dossier compliqué", affirme au Point.fr maître Joseph Breham, qui défend Adil Lamtalsi depuis son transfert en France, en mai 2013. "Mon client a été tellement torturé qu'un des policiers présents lors de l'interrogatoire a pris des photos, puis les lui a passées", précise l'avocat.

Rencontre avec Manuel Valls

Quelle ne fut pas sa surprise d'apprendre, jeudi dernier, qu'Abdellatif Hammouchi, mis en cause dans la plainte, était de passage à Paris, où il accompagnait le ministre marocain de l'Intérieur lors d'une rencontre avec Manuel Valls. "Nous nous sommes alors empressés de contacter la juge d'instruction du TGI de Nanterre, car c'était la seule occasion qu'Abdellatif Hammouchi soit entendu par la justice française", explique Hélène Legeay, responsable des programmes Maghreb-Moyen-Orient de l'ONG ACAT.
La juge Sabine Kheris se jette sur cette occasion inespérée. À sa demande, sept policiers investissent le jour même la résidence de l'ambassadeur du Maroc en France pour remettre une convocation au directeur général de la surveillance du territoire marocain. L'affaire s'emballe. Furieux, le royaume du Maroc convoque dans la foulée l'ambassadeur de France à Rabat. Déplorant un "incident rare et inédit", le royaume rejette "catégoriquement les accusations" portées contre Abdellatif Hammouchi.

Séparation des pouvoirs

Déterminé à éteindre ce qui ressemble de plus en plus à un incident diplomatique, le Quai d'Orsay publie alors un communiqué demandant que "toute la lumière soit faite" sur cet "incident regrettable". Si, de source proche du dossier, on assure que la juge Sabine Kheris poursuit sereinement son instruction, la responsable d'ACAT estime que le communiqué de la diplomatie française "met à mal le principe de séparation des pouvoirs". "Comment une émanation du pouvoir exécutif peut-elle ainsi s'immiscer dans les affaires de la justice ?" s'interroge Hélène Legeay.
En outre, maître Joseph Breham rappelle que le Quai d'Orsay a été contacté au préalable par le parquet - alors qu'il n'était pas obligé de le faire - pour savoir si Abdellatif Hammouchi bénéficiait d'une immunité diplomatique. Or, en tant que simple fonctionnaire, le chef de la DGST n'est pas couvert en France. Contacté par nos soins, le ministère des Affaires étrangères rejette toute accusation d'ingérence.

Osmose franco-marocaine

"La résidence de l'ambassadeur du Maroc (investie par la police française, NDLR) est protégée en vertu des conventions de Vienne, et à ce titre des vérifications sont nécessaires", souligne Romain Nadal, porte-parole du Quai d'Orsay. Et le diplomate de rappeler que son ministère est "dans son rôle lorsqu'il fournit au Maroc toutes les explications nécessaires et rappelle la solidité des liens qui unissent nos deux pays". Il est vrai que les relations franco-marocaines étaient, jusqu'ici, au beau fixe.
La France est en effet le premier partenaire commercial du Maroc, le volume des échanges ayant atteint huit milliards d'euros en 2012. "Outre les relations économiques, il n'existe aucun pays au monde avec lequel les élites françaises possèdent autant d'osmose", souligne Pierre Vermeren*, historien du Maghreb contemporain à l'université Paris-I, ce qui plaide pour une certaine "stabilité" entre les deux pays.

Le silence de la France

Si le Maroc a pu échapper au Printemps arabe, c'est toutefois grâce à une modification a minima de la Constitution décidée par le roi, ainsi que la tenue de législatives anticipées. "Le discours officiel du Maroc est de dire que le roi, par sa capacité politique, a absorbé le Printemps arabe", rappelle le spécialiste Pierre Vermeren. "Or, il l'a davantage contourné." Car, en matière de droits de l'homme, la situation dans le royaume ne s'est pas améliorée.
Bien au contraire, en dépit des réformes, le "Makhzen" (régime marocain) n'a fait que renforcer sa mainmise sécuritaire sur le pays. "Nous avons clairement assisté à un durcissement du régime sur les opposants politiques qui sont soumis à une surveillance policière systématique, si ce n'est des actes de tortures, d'après les ONG", poursuit Pierre Vermeren. Des violations répétées des droits humains qui n'émeuvent pas la France outre mesure. "Paris se tait, au nom de la précieuse amitié qui le lie au royaume", s'insurge Hélène Legeay.

Javier Bardem s'en mêle

La querelle diplomatique aurait pu en rester là, si une star d'Hollywood ne s'en était mêlée. À l'occasion de la sortie de "Les Enfants des nuages, la Dernière colonie", un documentaire sur la crise du Sahara occidental - une ancienne colonie espagnole contrôlée depuis 1976 par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie -, l'acteur espagnol Javier Bardem a fermement critiqué l'attitude "inacceptable" de la France sur cet épineux dossier. Autrement dit, le soutien inconditionnel de Paris au royaume, au détriment des militants du Front Polisario, tout autant persécutés par Rabat que les dissidents politiques marocains.
Ainsi, l'acteur espagnol en a profité pour rapporter des propos prêtés en 2011 à l'ambassadeur de France à l'ONU. "L'ambassadeur de France aux Nations Unies, Gérard Araud, qu'on a rencontré en 2011, nous a dit que le Maroc est une maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n'est pas particulièrement amoureux mais qu'on doit défendre. Autrement dit, on détourne les yeux."

Coup de téléphone de Hollande

Si le Quai d'Orsay a immédiatement démenti, Rabat s'est insurgé contre des propos "scandaleux", "inadmissibles" et "humiliants", et a décidé unilatéralement de reporter la visite au Maroc, prévue lundi, de Nicolas Hulot, l'envoyé spécial de François Hollande pour la planète. Une réponse "assez inamicale" du Maroc, pointe Pierre Vermeren, qui illustre d'après lui "l'irritation croissante du royaume" à l'égard de Paris. Il faut dire que le récent rapprochement initié par François Hollande avec l'Algérie, qui cultive avec le Maroc une aversion réciproque, n'est pas pour plaire à Rabat, d'autant qu'il rend de plus en plus intenable la position française sur le Sahara occidental.
Pour définitivement clore ce chapitre houleux, François Hollande a pris l'initiative lundi soir de téléphoner au roi Mohammed VI pour apporter des "clarifications". À en croire le palais royal, les "relations d'exception" qui lient les deux pays vont pouvoir reprendre. Mais pour combien de temps encore ?

(*) Pierre Vermeren, auteur de Le Maroc de Mohammed VI : la transition inachevée (La Découverte-Poche).

samedi 7 juin 2014

Un dirigeant tunisien refuse d’assister au dîner offert au roi du Maroc

Par Thami Afailal, 1er/6/2014

Hamma Hammami (Photo DR)
Hamma Hammami (Photo DR)

Hamma Hammami sauve un peu l’honneur des Tunisiens. Cet opposant historique à la dictature de Ben Ali, porte-parole d’un parti longtemps clandestin, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), devenu le Parti des travailleurs, a annoncé qu’il refusait d’assister à un dîner offert en l’honneur du roi Mohamed VI par le président Moncef Marzouki, ce médecin hier opposant à la dictature tunisienne, aujourd’hui cireur de babouches de l’autocratie alaouite.
Hamma Hammami s’en explique dans une vidéo où il se solidarise avec les jeunes du Mouvement du 20 février, avecle rappeur Lhaqed, avec le journaliste Ali Anouzla et avec le reste des prisonniers politiques marocains. Il rappelle aussi que la torture est toujours pratiquée dans les geôles du Makhzen.
Mais à part Hamma Hammami, époux de l’avocate et opposante Radhia Nasraoui, peu de politiciens tunisiens ont suivi son exemple. A commencer par Rachad Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahda qu’on a vu applaudir le discours du dictateur marocain.
Les Tunisiens ont la mémoire courte. Ils ne se rappellent pas que le Makhzen a été l’allié objectif de la dictature tunisienne, alors que les opposants marocains, aujourd’hui encore persécutés, ont été les amis et les alliés des dissidents tunisiens.
Un exemple frappant de cette collaboration des dictatures :  Kamel Jendoubi, l’ex-président de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), qui a organisé les premières élections libres de la Tunisie post-Ben Ali, et autre opposant historique à la dictature benalienne. En octobre 2010, quelques mois avant la chute de la dictature en Tunisie, il fut arrêté à l’aéroport de Rabat parce que, selon le quotidien français Le Monde, « le régime de Ben Ali [est intervenu] auprès du palais royal du Maroc pour le faire refouler de ce pays ».
Cruauté gratuite du Makhzen, le pauvre Jendoubi fut obligé, alors qu’il était malade, de dormir dans l’avion qui allait le ramener le lendemain en France après son expulsion du Maroc.
Et aujourd’hui ces Tunisiens qui ont souffert la dictature applaudissent le discours d’un homme, le roi du Maroc, dont le modèle sécuritaire était la dictature d’un certain Ben Ali.
Thami Afailal

samedi 31 mai 2014

Droits de l'Homme-Maroc: grands progrès mais beaucoup reste à faire !

N.Pilay :  grands progrès mais beaucoup reste à faire


Rabat - La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé jeudi que le Maroc avait réalisé de grands progrès en la matière mais ajouté que beaucoup de travail restait à faire, déplorant la persistance de vieilles habitudes.

Mme Pillay termine une visite de quatre jours à Rabat, la première d'un Haut-commissaire aux droits de l'Homme en 13 ans. Elle s'est notamment entretenue avec le roi Mohammed VI ainsi qu'avec des représentants de la société civile.

Le Maroc a fait de grands progrès vers une meilleure protection des droits de l'Homme, a dit à la presse la responsable onusienne, citant la création en 2004 de l'Instance équité et réconciliation (IER), chargée d'enquêter sur les violations passées.

En 2011, dans le contexte du Printemps arabe, le royaume a adopté une nouvelle Constitution qui donne la primauté aux conventions internationales, s'est-elle félicitée.

Mais, selon Navi Pillay, de nombreuses protections promises par le texte doivent encore se concrétiser.

Beaucoup de travail reste à faire pour approfondir la culture du respect des droits de l'Homme dans toutes les institutions de l'Etat, a fait valoir la Haut-commissaire.

Appelant à combattre les vieilles habitudes, Mme Pillay a évoqué la lutte contre la torture, en notant que des délégations onusiennes avaient récemment fait part de leur préoccupation.

Le roi m'a dit qu'il ne pouvait tolérer la torture sans pouvoir exclure l'existence de cas isolés, a-t-elle relevé, appelant à des enquêtes systématiques.

L'impunité est le combustible le plus puissant pour la violation des droits de l'Homme, a argué Navy Pillay.

Elle a en outre mentionné comme source d'inquiétude la répression de certaines manifestations, citant le cas d'un rassemblement en août dernier contre la grâce royale accordée un temps par erreur à un pédophile espagnol.

- Offre d''assistance technique' au Sahara -

Même si la liberté d'expression est généralement respectée, il est regrettable d'entendre que des journalistes et blogueurs sont visés, se voient imposer des amendes, le retrait de leur accréditation et même des emprisonnements sur la base d'accusations créées de toutes pièces, a-t-elle encore jugé.

Mme Pillay a cité le cas d'Ali Anouzla, poursuivi pour incitation au terrorisme en raison de la publication sur le site arabophone Lakome d'un lien vers une vidéo d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au jihad, dans le cadre d'un article consacré à ce document inédit.

Les principales ONG internationales ont réclamé à plusieurs reprises l'abandon de ces poursuites.

En réaction, le porte-parole du gouvernement Mustapha Khalfi a estimé que cette visite symbolisait une interaction courageuse et responsable avec les mécanismes onusiens, et exprimé la disposition du Maroc à régler les problèmes soulevés.

Devant la presse, Navi Pillay avait par ailleurs abordé le dossier spécifique du Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat mais revendiquée par des indépendantistes (Polisario).

Qualifiant d'encourageant le rôle des sections locales du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH, officiel), elle a proposé de leur apporter une assistance technique.

Mon bureau est chargé de surveiller bon nombre de situations de droits de l'Homme à travers le monde et de les évaluer, et nous pouvons assurer un système de surveillance et de suivi (...) indépendant et impartial, a-t-elle dit.

Ces dernières années, le Maroc s'est catégoriquement opposé à tout élargissement aux droits de l'Homme du mandat de la mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso).


(©AFP / 29 mai 2014 19h50) ONU: Navy Pillay parle torture avec le roi
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A quand le procès du TORTIONNAIRE Hammouchi et des autres TORTIONNAIRES ?!

©AFP / 29 mai 2014 19h50) ONU: Navy Pillay parle torture avec le roi
التعذيب في المغرب كان من بين المواضيع التي ناقشتها المفوضة السامية لحقوق...
www.alyaoum24.com|Par ‎مريم بوتوراوت‎

  • Hassan Wifak IL RECONNAIT LA FALA9A ENFIN .

  • Zakaria Moumni Il A RECONNU la TORTURE enfin. La torture ne se limite pas à la Fala9a, c'est aussi électrocuter les victimes, les suspendre la tête en bas, les priver de sommeil, de nourriture et d'eau, les tabasser avec des barres en fer et des câbles, les menacer de mort, et bien d'autres choses encore.

    Mme Navi Pillaa dit :
    Le Roi Mohamed VI m'a informé qu'il ne peut pas tolérer la torture, bien qu'il ne puisse pas exclure qu'il existe des cas isolés. D'autres responsables ont reconnu que la torture n'était pas une politique de l’Etat, mais qu’il faudra du temps pour éradiquer «les mauvaises habitudes».
    Le critère décisif de ces engagements est la responsabilité. L'impunité est le combustible le plus puissant pour les violations des droits de l'homme. Mais une seule poursuite de haut niveau des auteurs d'actes de torture ou de mauvais traitements enverra un signal fort aux fonctionnaires de l'État et au grand public montrant que le Maroc , dans les faits, ne tolère pas l'utilisation de la torture ou d'autres traitements cruels , inhumains ou dégradants. 
    Les allégations de torture doivent immédiatement faire l 'objet d' enquêtes, sans exception, et les éléments de preuve obtenus sous la contrainte doivent être exclus, comme exigé explicitement par les lois internationales et marocaines.