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jeudi 15 janvier 2015

2014: le droit à l'auto-détermination du peuple sahraoui fortement consolidé (2/3)

Par Chahid El Hafedh (camps de réfugiés), 13/1/ 2015 (SPS)

 Le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui a été fortement consolidé en 2014, à travers la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies en avril, appelant à une "solution juste " au conflit qui assure le droit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique.
À cet égard, SPS met en ligne la secondes partie des importants évènements de la question du Sahara occidental durant l’année 2014:

Sur la scène africaine, le président kenyan Uhuru Kenyatta a exprimé en mai dernier son soutien à la juste cause du peuple sahraoui, ajoutant que la position du Kenya sur le Sahara occidental est conforme à la légitimité internationale et aux résolutions de l'UA.

Au niveau européen, le Parti de gauche en Espagne a appelé les formations politiques dans le pays à soutenir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, exhortant le gouvernement à agir en faveur d'une solution juste, durable et mutuellement acceptable, qui garantit le libre choix du peuple du Sahara occidental, conformément aux doctrines de l'ONU.

En juin dernier, le président de la République, SG du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a salué la nomination par l'Union africaine de Joaquim Chissano, ancien président mozambicain, comme envoyé spécial pour la question du Sahara occidental.

A cet égard, Il a appelé les chefs d'Etats et de gouvernements de l'UA, durant le sommet de l’UA en Guinée équatoriale, de faire plus d'efforts pour mettre un terme à la situation  d'impasse, soulignant la nécessité d'assurer  une  "constante et indépendante" observation des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental.

D’autre part, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a demandé aux autorités marocaines à ouvrir une enquête sur les pratiques dégradantes menées contre sahraouie et détenus marocains.

Pour sa part, le président du Parti mexicain de la révolution démocratique (PRD), Jesús Zambrano, a souligné la nécessité de soutenir la question sahraouie et permettre au peuple sahraoui de jouir de son droit à l'autodétermination et à l'indépendance,  durant une réunion avec la secrétaire général de l'Union des femmes sahraouies, Mme Fatma Mehdi.

Le Parlement européen a approuvé un rapport sur le conflit du Sahara occidental, dans lequel les députés ont affirmé  le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et demandé au Maroc de respecter les droits des Sahraouis.

En ce qui concerne le front diplomatique, le ministre tanzanien des Affaires étrangères a déclaré, lors de la 25ème session du Conseil exécutif de l'UA, que l'Afrique ne peut pas accepter l’occupation du Sahara Occidental, appelant au parachèvement  de la décolonisation de la dernière colonie en Afrique.

En Juillet 2014, Mme Laura Boldrini, Président de la Chambre des députés italienne, a exprimé son soutien au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance.

Dans son 3ème congrès, le Parti socialiste uni du Venezuela a approuvé une motion de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui pour la liberté et l'indépendance nationale, déplorant les violations continues des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental.

L’ Ancien président de l'Uruguay, José Mujica, a exprimé le soutien de son pays au droit du peuple sahraoui à décider de son destin, à une réunion avec une délégation sahraouie sur une visite en Uruguay pour participer à une réunion de l'Alliance progressiste uruguayenne.

Dans le même mois, M. Moses Masango, Président du Comité du portefeuille sur les relations internationales et de la coopération de l'Assemblée nationale sud-africaine, a souligné la nécessité de permettre au peuple sahraoui de son droit à l'autodétermination.

Dans le dernier mois du deuxième trimestre de 2014, M. Pierre Galand, président du Comité de coordination européenne de solidarité avec le peuple sahraoui, a souligné la nécessité d'élargir  l’élan des réseaux de solidarité pour inclure les pays et les gouvernements dans le but de s’opposer à l'oppression et de l'occupation du Sahara occidental par le Maroc.

En ce qui concerne l'action diplomatique, des affaires étrangères du Venezuela a réitéré la position de soutien de son pays à la juste lutte du peuple sahraoui pour la liberté et l'indépendance.

La conférence des parlements de l'UA a renouvelé l'appel à la coopération avec l'ONU pour parvenir à un règlement au conflit du Sahara Occidental, exprimant son soutien à l'envoyé d'Afrique pour le Sahara occidental, Joaquim Chissano. (SPS)

samedi 21 juin 2014

Zakaria Moumni : « Abdellatif Hammouchi craint la justice française »


Par Zakaria Moumni, 16/6/2014


Zakaria Moumni lors d'une rencontre imprévue avec Driss El Yazami, patron de la boutique des "droits de l'homme" du Makhzen (Photo Demain)
Zakaria Moumni lors d’une rencontre imprévue avec Driss El Yazami, patron de la boutique des « droits de l’homme » du Makhzen (Photo Demain)

Nouvelle reculade du Maroc ! 

La plainte pour diffamation déposée en France contre moi a été abandonnée, sans plus d’explication. Comme je l’annonçais en mai dernier, dans une lettre adressée conjointement au roi du Maroc et à Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme, alors en visite au royaume, M. Abdellatif Hammouchi, chef de la DGST (NDLR : Direction générale de la sûreté du territoire, la police politique du Maroc) marocaine, n’aura jamais le courage de se présenter face à moi, devant la Justice française.
Sur ce dossier à l’origine du différend diplomatique entre le Maroc et la France, le Maroc n’aura cessé de tergiverser, d’improviser et de se contredire. Une diplomatie brouillonne qui montre ses faiblesses et reconnaît implicitement les exactions de certains de ses hauts fonctionnaires.
Suite à mon dépôt de plainte pour « torture » contre le chef de la DGST Abdellatif Hammouchi, prise très au sérieux par la Justice française, le Maroc a d’abord joué le chantage et l’intimidation : convocation de l’ambassadeur de France à Rabat, suspension unilatérale de la coopération judiciaire, puis demande de révision de ces textes violant le principe de justice universelle et pour conséquence, une véritable « prise d’otage » de plus d’une vingtaine de détenus franco-marocains.

Une reculade en forme d’aveu
Le 25 mars, le Maroc riposte à ma plainte déposée un mois au paravant contre le patron de la DGST en saisissant à son tour la Justice française. L’Etat marocain mandate alors des avocats français et marocains en vue de « déclencher des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs de plaintes, mettant en cause de hauts responsables marocains pour des allégations de torture qu’ils savaient inexactes ». Cette même plainte est finalement abandonnée par le ministère de l’Intérieur, apprend-t-on le 9 juin lors de la première audience à Rabat, exactement une semaine après ma lettre adressée au roi. Elle est remplacée par une plainte sur le territoire marocain pour « dénonciations calomnieuses, outrage aux autorités, dol et diffamation publique ». Il faut croire que l’indépendance de la Justice française fait peur !

Paranoia et vision complotiste
Selon le ministère de l’Intérieur marocain, la procédure judiciaire française aurait pour motivation la « déstabilisation des organes de sécurité relevant du ministère de l’Intérieur, notamment la DGST ». La France aurait même télécommandé la grève de la faim des détenus franco-marocains, entend-t-on. Plus ridicules encore, les propos de l’avocat mandaté par le ministère de l’Intérieur marocain, Me Abdelkébir Tabih : la reconnaissance de la double nationalité des plaignants serait un retour de l’époque coloniale. Selon lui, la justice française aurait dû « prendre en compte le fait que ces individus sont Marocains et que par conséquent, elle n’avait nullement le droit d’exercer un contrôle sur la justice marocaine en acceptant leur plainte en France », ajoutant « le temps du protectorat est révolu ». Des propos assez consternants venant d’un professionnel du droit. Il se trouve que la plainte que j’ai déposée au titre de la compétence universelle ne connaît précisément pas de frontières. Il s’agit d’une compétence exercée par un État qui poursuit les auteurs de crimes graves (crimes contre l’humanité, crimes de guerre, torture), quel que soit le lieu où le crime a été commis, et justement sans égard à la nationalité des auteurs ou des victimes.

Improvisation et cafouillages
Cette façon de naviguer à vue, sans jamais anticiper dans les situations de crise, révèle un Etat confus, désordonné dans sa prise de décision. Les plus hauts fonctionnaires montrent dans cette affaire un amateurisme désarmant. Il en est ainsi du ministre Mohand Laenser. Alors ministre de l’Intérieur, ce dernier m’expliquait qu’il était « mandaté par le roi » pour réparer l’injustice dont j’ai été victime et juger les personnes responsables des tortures que j’ai subies. Ce même ministre, aujourd’hui de l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire, reconnaîtfinalement que le Maroc ne me rendra pas justice, les personnes mises en cause étant « intouchables ». Il me faudrait, m’explique-t-il, composer avec le conseiller du roi Mounir Majidi, celui-même qui m’avait menacé de mort, sachant – comme m’a expliqué également l’autre émissaire du roi, Adil Belgaid que « même le roi ne peut rien faire face à ces gens-là ». M. Laenser qui a toujours nié me connaître et avoir eu des contacts avec moi (propos tenus dans le quotidien arabophone Akhbar Elyaoum, le 25 mars 2014) s’est finalement rétracté, apprenant l’existence d’enregistrements en ma possession. Il reconnaît finalement m’avoir contacté plusieurs fois (aveux du 8 avril 2014 dans ce même quotidien).
Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme, Navi Pillay, en visite fin mai au Maroc, a souligné son inquiétude face à l’utilisation de la torture et de mauvais traitements dans le royaume. Le roi lui a assuré qu’il ne pouvait « tolérer la torture », tout en n’excluant pas l’existence au Maroc de « cas isolés ». Je me réjouis de cette reconnaissance et faisais part de mon espoir au roi dans ma lettre du 2 juin 2014, dans laquelle je l’invitais à agir en conséquence.
Comment interpréter alors cette nouvelle plainte contre moi lancée cette fois au Maroc par le ministère de l’Intérieur, pour « dénonciations calomnieuses » ? Je rappelle que les tortures, la procédure judiciaire et la détention arbitraire que j’ai subies ont été unanimement condamnées par Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), des associations marocaines de défense des Droits de l’Homme ainsi que par le Parlement Européen. Le roi est-il, comme ses propres émissaires et de hauts responsables de l’Etat le disent, impuissant à agir dans son propre royaume au point qu’il ne puisse se débarrasser des brebis galeuses qui l’entourent et souvent le conseillent si mal ? Difficile à croire. J’attends donc que le roi rappelle son autorité et juge ses tortionnaires comme il s’est engagé à le faire. Aujourd’hui, nous en avons un clairement identifié : le chef de la DGST Abdellatif Hammouchi. Une plainte est en cours contre lui. Il est désormais impossible que le Maroc continue à le couvrir. Il doit être immédiatement démis de ses fonctions et jugé.

samedi 7 juin 2014

Mme Navi Pillay exhorte le Maroc à ouvrir des enquêtes immédiates sur "les allégations de torture"



RABAT, 31mai 2014 (SPS)- 
La Haut-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay a exhorté, jeudi à Rabat, les autorités marocaines à ouvrir des enquêtes immédiates sur "les allégations de torture" contre les auteurs de mauvais traitements et à exclure "les éléments de preuve obtenus sous la contrainte".

"Les allégations de torture doivent immédiatement faire l’objet d’enquêtes sans exception, et les éléments de preuves obtenus sous la contrainte doivent être exclus, comme exigé explicitement par les lois internationales et marocaines",a déclaré Mme Pillay lors d’une conférence de presse à l’issue de sa visite de quatre jours au Maroc.
      
Elle a estimé que "le cas des 21 prisonniers de Gdeim Izik en est un exemple, qui a besoin d’une enquête approfondie".
      
Pour rappel, le Tribunal militaire de Rabat avait condamné, en février 2013, des activistes sahraouis dit "groupe Gdeim Izik" à des peines allant de 20 ans de prison à la perpétuité pour "atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’État, formation d’une bande criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction".
       
Ils avaient été arrêtés, en novembre 2010, lors du démantèlement du camp de quelque 3.000 tentes installées à El Ayoun où des Sahraouis y ont élu domicile pour de "défendre leurs droits politiques, économiques et sociaux".
      
Tout en exhortant les autorités à adopter rapidement le plan national pour la démocratie et les droits de l’homme établi par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Mme Pillay a considéré que "beaucoup de travail reste encore à faire pour engendrer la culture du respect des droits de l’homme dans toutes les institutions de l’Etat, au Maroc et au Sahara occidental, notamment parmi les officiers de justice, les agents d’application de la loi, du personnel pénitentiaire et des fonctionnaires de l’administration aux niveaux national, régional et local.
   
Selon elle, "les habitudes et les pratiques traditionnelles néfastes ne peuvent jamais justifier les violations des droits de l’homme et ne devraient pas l’emporter sur le droit international ni sur la constitution et les lois marocaines".
   
Dans ce contexte, elle a rappelé que "le rapporteur spécial sur la torture,qui a visité le Maroc et le Sahara occidental en 2012, ainsi que le Groupe de travail sur la détention arbitraire, qui l’a visité en décembre 2013, ont tous les deux, exprimé leur inquiétude à propos de l’utilisation de la torture et de mauvais traitements ainsi que la recevabilité par les tribunaux des aveux extraits sous la torture".
       
Évoquant les manifestations au Maroc qui "ont lieu régulièrement, sans incident", Mme Pillay a, néanmoins évoqué "des cas où les agents d’application de la loi auraient utilisé une force excessive contre des manifestations pacifiques"tels que les incidents survenus le 2 aout 2013 à Rabat où "les coups de la police auraient été pris en vidéo", considérant que "cela doit faire l’objet d’une enquête approfondie".
      
Elle a, en outre, noté que "des allégations graves ont également été formulées concernant la violence contre les migrants subsahariens par les forces de l’ordre marocaines", affirmant que celles-ci "doivent être soigneusement examinées et les autorités devraient veiller au respect des droits fondamentaux des migrants subsahariens, des réfugiés et des demandeurs d’asile".
   
Abordant la question de la liberté d’expression, elle a affirmé qu'"il est regrettable d’entendre que des journalistes et les blogueurs sont visés ou se voient imposer des amendes, le retrait de l’enregistrement et même l’emprisonnement sur la base d’accusations forgées de toutes pièces pour avoir examiné des question sensibles".
"Le cas d’Ali Anouzla est un exemple de l’application de la législation anti-terroriste trop large pour pénaliser la liberté d’expression", a-t-elle dit.
   
Arrêté en septembre 2013, le journaliste directeur du journal électronique Lakome (version arabophone) est poursuivi depuis le 25 octobre 2013, en état de liberté provisoire, pour "assistance à des criminels ayant commis des actes de terrorisme", " fourniture de moyens pour la commission d’actes terroristes"et "apologie de crimes terroristes".
      
Il avait été interpellé après la diffusion par son site d’une vidéo attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui appelle au jihad et fustige la monarchie marocaine.
      
A la suite de son arrestation, un comité national de solidarité, composé de militants des droits de l’homme, des journalistes, d’avocats et de membres de la société civile a été constitué pour demander l’abandon des charges retenues contre lui.
      
Il s'agit de la première visite de Mme Pillay au Maroc, depuis sa prise de fonctions en 2008 à la tête de cette institution onusienne. (SPS)088/700/090

Etat des lieux des droits humains des citoyens/es, communautés et populations autochtones amazighs (berbères) au royaume du Maroc



A Son Excellence,
            Mme. Navi PILLAY,
            Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme


Objet : État des lieux des droits humains des citoyens/es, communautés et
            populations autochtones amazighs (berbères) au royaume du Maroc

Excellence,

Nous avons l’honneur de vous souhaiter la bienvenue à notre région de Tamazgha (Afrique du Nord) et nous profitons de votre présence au Maroc pour attirer votre attention sur les violations des droits humains en ce qui concerne les citoyens et communautés amazighes, (populations autochtones), en vous demandant de vous pencher sur cette question avec le gouvernement et les autorités marocaines.

Sachez qu’avec l’avènement de nouveau roi Mohamed VI en 1999, un si grand espoir était ouvert lorsqu’ il a pris l’initiative de la création de l’instance Équité et Réconciliation, inspiré justement de l’exemple de votre pays d’origine qu’est l’Afrique du Sud, pour se pencher sur les graves violations des droits humains des années de plomb, sous le règne de défunt dictateur Hassan II.

La dite instance a permis à certaines victimes de s’exprimer et de les récompenser par certaines maigres compensations financières, mais elle n’a jamais osé aborder le crime contre l’humanité commis à l’encontre des populations amazighes civiles de la région du Rif durant les années 58-59, ni encore moins éclaircir les nombreux assassinats politiques commis à l’encontre des membres de l’armée de libération dont le chef Abbas Mesaâdi, ou des chercheurs amazighs comme le linguiste Boujemaâ El Habbaz…Les responsables des dits crimes ne se sont jamais inquiétés d’être traduit devant les tribunaux jusqu’à nos jours.

Tout à fait le contraire de ce qui s’est passé en Afrique du Sud où les populations autochtones ont accédées au pouvoir, comme un moyen de réconciliation nationale, les citoyens amazighs, qui comprennent la majorité de la population marocaine et qui comptent parmi eux le plus grand nombre des victimes de ces années de plomb, sont privés d’accès au centre du pouvoir, -à l'exception de ceux qui falsifient leur généalogie et ceux qui montrent un certain mépris envers les autochtones-, et sont condamnés à vivre aux marges et à se cantonner dans les régions périphériques et montagnards…privés du droit de création des formations politiques autochtones, comme c'était le cas de l’interdiction du Parti Démocrate Amazigh Marocains (PDAM), alors qu’on autorise la création des dizaines de partis politiques sur les bases exclusives de l’idéologie arabo-musulmane…

Excellence,

Même si la réforme de la Constitution marocaine du 1 juillet 2011, après les événements des jeunes du 20 Février, reconnaît définitivement l’identité amazighe et le caractère officiel de la langue amazighe, malheureusement les autorités marocaines continuent à pratiquer une politique d’apartheid anti-amazigh, qui s’est aggravée par l’accession au pouvoir d’un parti islamiste, en l’occurrence le Parti de la Justice et de Développement (PJD).

Cette politique de discrimination institutionnalisée s’affiche par ces faits suivants :
-       les nouvelles cartes d’identité nationale des citoyens amazighs, écrites exclusivement en arabe et en français, comportent la lettre « z » de la première écriture africaine qu’est le tifinagh, invisible à l’œil nu mais détectable en la soumettant à une dense lumière.
-       Aux citoyens qui se croient d’origine d’Arabie et de lignages religieux connu sous le nom de « shurfa », s’adjugeant des généalogies proche-orientales « Arabes », détiennent des cartes où  on exprime aux autorités de leur faciliter leurs taches administratives, au détriment des citoyens courants !
-       Même au sein du propre palais royal, toute personne qui manifeste son amazighité risque par être discriminé et écarté, comme s’est passé avec l’ancien porte-parole du roi, M. Hassan Aourid.
-        Le ministre amazigh des Affaires Extérieures Dr. Saaeddine El Othmani, qui avait proposé le changement du nom de dénomination raciste de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) en Union du Grand Maghreb, a été rapidement évincé lors de dernier remaniement gouvernemental.
-       Le gouvernement marocain continue à maintenir à son poste M. Ahmed Lahlimi Alami, au Haut Commissaire au Plan, et il le charge de diriger l’opération de nouveau recensement de la population en septembre prochain, sachant qu’il est mis en cause par le rapport de la Cour des Comptes, dans le détournement des fonds publics, et en plus et du fait de son appartenance idéologique à une formation politique arabiste, il a falsifié délibérément le nombre des Amazighs, en les réduisant à un chiffre dérisoire de 28,4 % de la population lors de recensement de 2004!
-       Les autorisations de circulation des moyens de transport (taxis, camions, bus…) ainsi que les permis d’exploitation des gisements miniers et des richesses halieutiques sont souvent octroyés et réservés prioritairement aux proches des cercles de pouvoir qui partagent les mêmes supposées généalogies religieuses et proche-orientales!
-       Pour accéder à un poste de responsabilité, les candidats Amazighs sont soumis à une certaine enquête détaillée des services de la police politique comme l’a dénoncé l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur Dr. Lahcen Daoudi

Excellence,

Même si, en tant que militants et démocrates pacifistes Amazighs, nous avons réussi à arracher quelques revendications comme la création de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) et la Télévision Tamazight (TV8), la première vient d’être incompréhensiblement amputée des membres de son conseil d’administration et la deuxième ne compte plus avec un budget conséquent, ni avec des moyens humains ni une direction autonome !

Mais en ce qui concerne les engagements de l’État marocain suite aux revendications du Mouvement de la jeunesse du vingt février 2011 et du mouvement amazigh, notamment la reconnaissance, dans la Constitution du 1 juillet 2011, de l’Amazighe en tant que langue officielle pour tous les marocains, celle-ci est restée de façon abjecte une lettre morte, déjà depuis bientôt trois ans. Et en dépit du temps écoulé, les principes constitutionnels qui devaient être traduits sous forme de loi organique, de décrets, arrêtés et circulaires d’applications du caractère officiel de la langue africaine et autochtone qu’est l’amazighe, le gouvernement ne manifeste aucune volonté politique et continue à œuvrer à :

-  Interdiction de l’utilisation de l’amazighe, à l’écrit et à l’oral, au sein des différentes institutions de l’Etat marocain, dont le parlement avec les cas des députés Mme. Fatima Chahou (Tabaamrant)et de M. Abdellatif Ouammou ;
-  Absence de la langue amazighe et de son écriture dans les nouvelles monnaies nationales, les cartes nationales et passeports ;
- Absence d’évolution dans le dossier de l’apprentissage de l’amazighe, et le frein à sa généralisation dans l’enseignement primaire et secondaire, ce qui aurait pu contribuer efficacement à lutter contre le taux alarmant de l’analphabétisme des enfants
- Absence d’intégration de l’amazigh dans les programmes de l’alphabétisation des adultes et des femmes et dans la formation ;
- Frein d’intégration de l’amazigh dans les médias audio-visuels et absence totale de politique de « discrimination positive », sachant que la langue amazighe a été privée de jouir de ses droits depuis l’indépendance du pays, soit depuis cinquante huit ans ;
- Les prisonniers politiques amazighs, notamment Mustapha Oussaya et Hamid Aadouch continuent à être incarcérés à la prison de Meknès depuis sept années, sans que le Conseil Consultatif des Droits Humains, ni le ministère de la Justice s’en préoccupent pour ouvrir de nouveau leur dossier juridique caractérisé par de nombreuses et graves anomalies; chose qu’ils ne ménagent pas lorsque il s’agit de prisonniers politiques d’extrême gauche « arabistes » ou de salafistes « islamistes » !.
-              Jusqu’à maintenant les cinq victimes amazighes brûlées de la province d’Alhoceima (Imad Alqadi, Jawad Benqaddour, Jamal Salmi, Samir Lbouazaoui et Nabil Jaafar) lors des manifestations pacifiques du vingt février 2011 ne sont toujours pas élucidés et l’état n’a diligenté aucune enquête approfondie pour délimiter les responsabilités, chose que les populations civiles du Rif sortent à chaque fois dans les rues pour élucider ce drame. (voir ce lien : http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/2012/02/11/nouveaux-elements-dans-laffaire-des-5-cadavres-dal-hoceima/ ). De même les assassinats suspects de Kamal Hussaini à Ait Bouayach, de Karim Chaib à Sefrou, de Kamal Ammari et Mohamed Boudouroua à Safi, et de Fadwa Laaroui à Souk Sebt, et les procès de dizaines de prisonniers politiques du Mouvement du 20 février sont restés sans suite dans les coulisses des tribunaux marocains où la justice est malheureusement encore aux ordres !
- Diverses promotions de diplômés amazighs dans différents domaines et en  langue amazighe sont confinées au chômage et subissent de continuelles répressions policières devant le parlement, à l’instar des sévices contres des enseignants. 
- La ségrégation continue à persister en ce qui concerne le soutien de l’Etat  au cinéma, à l’art, aux journaux, à la culture, aux auteurs amazighs et aux associations...
- Interdiction de certaines activités associatives, de manifestations comme le sit in que notre ONG, l’Assemblée Mondiale Amazighe voulait organiser à la frontière algéro-marocaine, le 9 février dernier, en solidarité avec les populations amazighes du Mzab algérien et en faveur de l’ouverture des frontières, a été formellement interdite par les autorités marocaines par écrit ;
- Détention de certains militants amazighs sans motifs apparents comme il vient de se passer avec Samir El Morabit  à la ville d’Alhoceima juste au moment où vous arrivez au Maroc !
-  Des pratiques ségrégationnistes et des répressions inédites contre les populations Amazighes comme le cas des Ayt Bu Ayache, d’Imzuren, de Tinghir, d’ Imider, d’Ayt Sgugu à Mrirt, d’ Ait Baha au sud, à Targuist… ;
- La continuation de la spoliation des terres collectives des tribus amazighes par des décrets de l’époque coloniale. Dernièrement le ministère de l’Intérieur a pris l’initiative de lancer un dialogue national sur ce thème dans le but de réformer le cadre législatif et l’amélioration des procédures de gestion de ces terres collectives par les acteurs sociaux et politiques. Selon le projet de la plate-forme du dialogue, le ministère voudrait élaborer une stratégie en faveur de la promotion et de développement de ce patrimoine collectif au profit des communautés soulaliyates et de ses membres, ainsi que la consolidation du développement humain… Mais nos soupçons vont à l’encontre de ce qui est exprimé, et ça risque de compliquer encore plus  la gestion de ces terres et de porter sérieusement atteinte à la cohésion des communautés soulaliyates, et par conséquent nuire les intérêts des ayant-droits et pousser ces populations rurales à un exode rural intolérant;
- Le délaissement des sites archéologiques comme le site préhistorique casablancais de l’Homme de Sidi Abderrahmane transformé en décharges publiques et le délabrement des monuments historiques comme le tombeau du Youssef Tachfine à Marrakech…

Excellence,

En vous remerciant de votre diligence à interpeller les autorités marocaines afin qu’elles changent de cap et respectent effectivement les droits humains en général dont ceux des citoyens et populations amazighs, veuillez agréer, Excellence, l’assurance de notre considération fort distinguée.

                        Signé: Rachid RAHA
                        Président de l’Assemblée Mondiale Amazighe


--

Rachid RAHA
Président  de l'Assemblée Mondiale Amazighe - Bruxelles

Adresse Postale: EDITIONS AMAZIGH
5, Rue Dakar Appt. 7
10.040 Rabat / Morocco
GSM: 00 212 668 292 153
Fax:   00 212 537 727 283

samedi 31 mai 2014

Droits de l'Homme-Maroc: grands progrès mais beaucoup reste à faire !

N.Pilay :  grands progrès mais beaucoup reste à faire


Rabat - La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé jeudi que le Maroc avait réalisé de grands progrès en la matière mais ajouté que beaucoup de travail restait à faire, déplorant la persistance de vieilles habitudes.

Mme Pillay termine une visite de quatre jours à Rabat, la première d'un Haut-commissaire aux droits de l'Homme en 13 ans. Elle s'est notamment entretenue avec le roi Mohammed VI ainsi qu'avec des représentants de la société civile.

Le Maroc a fait de grands progrès vers une meilleure protection des droits de l'Homme, a dit à la presse la responsable onusienne, citant la création en 2004 de l'Instance équité et réconciliation (IER), chargée d'enquêter sur les violations passées.

En 2011, dans le contexte du Printemps arabe, le royaume a adopté une nouvelle Constitution qui donne la primauté aux conventions internationales, s'est-elle félicitée.

Mais, selon Navi Pillay, de nombreuses protections promises par le texte doivent encore se concrétiser.

Beaucoup de travail reste à faire pour approfondir la culture du respect des droits de l'Homme dans toutes les institutions de l'Etat, a fait valoir la Haut-commissaire.

Appelant à combattre les vieilles habitudes, Mme Pillay a évoqué la lutte contre la torture, en notant que des délégations onusiennes avaient récemment fait part de leur préoccupation.

Le roi m'a dit qu'il ne pouvait tolérer la torture sans pouvoir exclure l'existence de cas isolés, a-t-elle relevé, appelant à des enquêtes systématiques.

L'impunité est le combustible le plus puissant pour la violation des droits de l'Homme, a argué Navy Pillay.

Elle a en outre mentionné comme source d'inquiétude la répression de certaines manifestations, citant le cas d'un rassemblement en août dernier contre la grâce royale accordée un temps par erreur à un pédophile espagnol.

- Offre d''assistance technique' au Sahara -

Même si la liberté d'expression est généralement respectée, il est regrettable d'entendre que des journalistes et blogueurs sont visés, se voient imposer des amendes, le retrait de leur accréditation et même des emprisonnements sur la base d'accusations créées de toutes pièces, a-t-elle encore jugé.

Mme Pillay a cité le cas d'Ali Anouzla, poursuivi pour incitation au terrorisme en raison de la publication sur le site arabophone Lakome d'un lien vers une vidéo d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au jihad, dans le cadre d'un article consacré à ce document inédit.

Les principales ONG internationales ont réclamé à plusieurs reprises l'abandon de ces poursuites.

En réaction, le porte-parole du gouvernement Mustapha Khalfi a estimé que cette visite symbolisait une interaction courageuse et responsable avec les mécanismes onusiens, et exprimé la disposition du Maroc à régler les problèmes soulevés.

Devant la presse, Navi Pillay avait par ailleurs abordé le dossier spécifique du Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat mais revendiquée par des indépendantistes (Polisario).

Qualifiant d'encourageant le rôle des sections locales du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH, officiel), elle a proposé de leur apporter une assistance technique.

Mon bureau est chargé de surveiller bon nombre de situations de droits de l'Homme à travers le monde et de les évaluer, et nous pouvons assurer un système de surveillance et de suivi (...) indépendant et impartial, a-t-elle dit.

Ces dernières années, le Maroc s'est catégoriquement opposé à tout élargissement aux droits de l'Homme du mandat de la mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso).


(©AFP / 29 mai 2014 19h50) ONU: Navy Pillay parle torture avec le roi
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A quand le procès du TORTIONNAIRE Hammouchi et des autres TORTIONNAIRES ?!

©AFP / 29 mai 2014 19h50) ONU: Navy Pillay parle torture avec le roi
التعذيب في المغرب كان من بين المواضيع التي ناقشتها المفوضة السامية لحقوق...
www.alyaoum24.com|Par ‎مريم بوتوراوت‎

  • Hassan Wifak IL RECONNAIT LA FALA9A ENFIN .

  • Zakaria Moumni Il A RECONNU la TORTURE enfin. La torture ne se limite pas à la Fala9a, c'est aussi électrocuter les victimes, les suspendre la tête en bas, les priver de sommeil, de nourriture et d'eau, les tabasser avec des barres en fer et des câbles, les menacer de mort, et bien d'autres choses encore.

    Mme Navi Pillaa dit :
    Le Roi Mohamed VI m'a informé qu'il ne peut pas tolérer la torture, bien qu'il ne puisse pas exclure qu'il existe des cas isolés. D'autres responsables ont reconnu que la torture n'était pas une politique de l’Etat, mais qu’il faudra du temps pour éradiquer «les mauvaises habitudes».
    Le critère décisif de ces engagements est la responsabilité. L'impunité est le combustible le plus puissant pour les violations des droits de l'homme. Mais une seule poursuite de haut niveau des auteurs d'actes de torture ou de mauvais traitements enverra un signal fort aux fonctionnaires de l'État et au grand public montrant que le Maroc , dans les faits, ne tolère pas l'utilisation de la torture ou d'autres traitements cruels , inhumains ou dégradants. 
    Les allégations de torture doivent immédiatement faire l 'objet d' enquêtes, sans exception, et les éléments de preuve obtenus sous la contrainte doivent être exclus, comme exigé explicitement par les lois internationales et marocaines.


Navi Pillay effectuera sa première visite officielle comme fonctionnaire supérieur des droits de l'homme de l'ONU


    Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme Navi Pillay effectuera sa première visite officielle comme fonctionnaire supérieur des droits de l'homme de l'ONU au Maroc du 26 au 29 mai 2014 à l'invitation de sa Majesté le roi Mohammed VI.

    À Rabat, Pillay se réunira avec sa Majesté le roi Mohammed VI, le premier ministre et ministres des affaires étrangères et de la coopération, de la Justice et des libertés, de l'intérieur et le délégué interministériel aux droits de l'homme. Elle rencontrera également les présidents des chambres du Parlement, un certain nombre de femmes juges, l'institution nationale des droits de l'homme, l'économique, social et le Conseil environnement, tant représentants de la société civile, le coordonnateur résident des Nations Unies et son équipe ainsi que les membres de la communauté internationale.

    À la fin de sa visite, le jeudi 29 mai à 09, heure locale, le haut commissaire tiendra une conférence de presse à l'hôtel Sofitel de Rabat.

    Pour plus d'informations et des demandes des médias, veuillez communiquer avec: À Rabat : Hind Aboufalah (+ 212 6 61 29 71 89/hind.aboufalah@unic.org) ou Divina Shamdasani (pendant toute la durée de la mission: + 41 79 201 0115/rshamdasani@ohchr.org) à Genève : Rupert Colville (+ 41 22 917 9767/rcolville@ohchr.org) ou Cécile Pouilly (+ 41 22 917 9310/cpouilly@ohchr.org)
    http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=14642&LangID=E (Traduit par Bing)

    samedi 12 avril 2014

    Droit de l’Homme au Sahara occidental : le Maroc va recevoir le Haut-commissaire Navi Pillay




















    Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

    Le renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental approche. A cet effet, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Navi Pillay, sera en visite au Maroc durant le mois de mai.

    Le représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Omar Hilale, a annoncé ce mardi, durant le Forum MAP, la visite au Maroc au mois de mai de Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Cette visite intervient à l’approche du renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental.
    Omar Hilale a par ailleurs indiqué que d’autres responsables onusiens se rendront au royaume en 2014 et 2015. « Des concertations sont en cours avec les rapporteurs spéciaux chargés de la question des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et de la question de la violence à l’égard des femmes », a-t-il déclaré.
    Le représentant du Maroc a profité de l’occasion pour lancer une nouvelle pique au voisin algérien, sans toutefois le citer : « les allégations colportées par certains milieux hostiles à l’intégrité territoriale du royaume sur le fait que le Maroc ne permettrait pas aux délégations étrangères de se rendre dans ses provinces du sud ».
    Une « visite de suivi » sera organisée à l’intention du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendes.