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lundi 13 juin 2016

Sahara : l’ONU négocie le retour des agents de la MINURSO au Maroc







Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

En vue de permettre un retour des agents de la MINURSO expulsés du Maroc au mois de mars dernier, le royaume et les Nations Unies ont repris le dialogue.

Officiellement, le Maroc et les Nations Unies ont repris le dialogue dans le but de permettre un retour des agents de la MINURSO expulsés par le royaume au mois de mars dernier. Selon Yabiladi, le Marocain Jamal Benomar fait partie de la délégation onusienne. Le site, qui évoque un point de presse tenu à New York par le porte-parole de Ban Ki-moon, précise que des membres du département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont au Maroc, et que l’actuel émissaire de l’ONU au Burundi, notamment le Marocain Jamal Benomar, fait partie de la mission mais ne la conduit pas. C’est en tout cas ce qu’a répondu Stéphan Dujarric en réponse à une question posée par un journaliste. Selon l’agence espagnole EFE qui cite une « source diplomatique », le Polisario a émis des « réserves » quant à la présence du Marocain dans la délégation.
Dujarric a insisté que cette visite s’inscrit « dans le cadre du dialogue en cours avec le Maroc » en vue d’une application de la résolution 2285 du Conseil de sécurité votée le 29 avril. Celle-ci avait notamment insisté sur « le rétablissement immédiat de la pleine fonctionnalité de la MINURSO ». Adopté à la majorité absolue et non à l’unanimité, le texte des Quinze avait donné un délai de trois mois au royaume et aux Nations Unies pour parvenir à un accord sur le retour des agents de la composante civile et politique expulsés par le Maroc, en mars, en riposte aux propos tenus par le Secrétaire général lors de sa visite dans les camps de Tindouf et à Bir Lahlou dans la zone tampon.

vendredi 29 avril 2016

Sahara Occidental : l’Union Africaine critique le Maroc







Joaquim Chissano, envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Sahara Occidental

Un mois après l’expulsion par le Maroc de membres de l’ONU stationnés au Sahara Occidental, l’Union Africaine a critiqué ces mesures et déploré « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Joaquim Chissano, envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Sahara Occidental, a pressé, ce mardi 26 avril 2016, l’ONU de résoudre ce conflit et a critiqué les mesures prises par Rabat envers la mission de l’ONU (MINURSO). France 24 revient sur le conflit entre le royaume et le Secrétaire général de l’ONU, précisant qu’irrité par des propos de Ban Ki-moon sur « l’occupation » du territoire par le Maroc, Rabat a expulsé en mars 84 membres civils de la mission, les empêchant ainsi de remplir leur mandat
Un mois après ce départ, Joaquim Chissano a « déploré » ces expulsions estimant qu’elles « constituaient un très dangereux précédent » pour d’autres missions de paix de l’ONU. L’ancien Président mozambicain a insisté que « le Sahara Occidental peut apparaître comme un petit problème mais n’oublions pas qu’une étincelle peut mettre le feu à la forêt ».
Joaquim Chissano s’est dit « consterné » par cette querelle, soulignant « la frustration croissante dans les camps de réfugiés » sahraouis et les risques d’accroissement des tensions régionales, déplorant « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination du territoire, une des tâches assignées à la MINURSO. Pour lui, « il faut donner au peuple du Sahara occidental l’occasion de choisir librement son destin ».
Pour Joaquim Chissano, le Conseil de sécurité devrait « inclure la protection des droits de l’Homme dans le mandat de la MINURSO, fixer une date pour tenir le référendum et dénoncer l’exploitation illégale des ressources naturelles du territoire par le Maroc. Il estime que l’Union africaine doit avoir un rôle dirigeant de l’Union Africaine pour résoudre le conflit », alors que Rabat la juge partiale.
Le Maroc a pris le contrôle de la majeure partie du Sahara Occidental en 1975 lorsque la puissance coloniale, l’Espagne, s’en est retirée, ce qui a poussé le Polisario à mener une guérilla jusqu’en 1991, année où l’ONU a réussi à obtenir un cessez-le-feu et a déployé la MINURSO.
Rabat, qui a quitté en novembre 1984 l’Organisation de l’Unité Africaine, l’ancêtre de l’Union Africaine, pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Polisario, propose depuis 2007 une large autonomie sous sa souveraineté pour ce vaste territoire peu peuplé mais riche en minéraux. De son côté, le Polisario, soutenu par Alger, réclame un référendum d’autodétermination. Le Conseil doit renouveler avant fin avril le mandat de la MINURSO,








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dimanche 12 juillet 2015

Israël expulsé du Sommet de l’Union africaine à Malabo

12 juillet 2015
















Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, au Sommet de l’UA à Malabo, en Guinée équatorial, en juin 2013 (DR)

L’information est passée inaperçue. Pourtant, l’action est historique. Après sa soudaine déclaration d’amour envers le continent africain et sa demande aux « intentions douteuses » de faire partie de l’Union africaine (UA), l’Etat d’Israël a envoyé une délégation afin de participer au Sommet de l’Union Africaine qui a eu lieu la semaine dernière, à Malabo, en Guinée équatoriale.
Mais ce passage en force n’a pas été du goût de Mohamed Ould Abdel Aziz, Président mauritanien par ailleurs président en exercice de l’UA. Il s’est opposé à la présence d’une délégation israélienne aux travaux du Sommet de l’organisation africaine. Toutes les délégations des autres pays membre de l’UA se sont également opposées à cette présence israélienne.
Les membres de la délégation de l’État sioniste, qui tenaient à y assister en tant qu’observateurs, ont été expulsés du centre de conférence où se tenaient les travaux, rapporte Maurisahel.
Des messages de félicitations aux dirigeants africains ont afflué d’Amérique latine et d’Asie dans lesquels des leaders se sont réjouit de voir l’Afrique user de sa souveraineté. Il est a rappeler que les textes régissant l’organisation de l’Union africaine sont hostiles aux pays colonisateurs. De plus, les conditions de vie dans lesquelles vit la communauté africaine en Israël ont, à plusieurs reprises, été pointées du doigt par des associations de défense des droits de l’Homme.
« Reste à ce que cette affirmation de souveraineté s’amplifie et qu’elle prenne toutes ses dimensions politiques et économiques vis-à-vis des diktats de la France, des Etats-Unis et de l’Occident », conclut Black-Feelings.com.








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mardi 12 mai 2015

Sahara Occidental: Freedom Sun condamne les peines injustes prononcées contre deux civils sahraouis


Smara (territoires Occupés De La Rasd)

— L'Organisation Freedom Sun pour la protection des défenseurs sahraouis des droits de l'homme a condamné jeudi les peines injustes prononcées par la cour de l'occupant marocain contre l'étudiant Hamdi Hamun et le prisonnier politique Mahfoud Karoum.

Dans un communiqué, l'organisation sahraouie a souligné que la peine confirme la poursuite des autorités d'occupation marocaines dans sa politique de vengeance contre les Sahraouis qui réclament leur droit légitime à la liberté et l'indépendance.
Elle a également exprimé sa solidarité avec tous les prisonniers politiques sahraouis et leurs familles, appelant l'ouverture d'une enquête afin de faire la lumière sur les violations des droits de l'homme perpétrées par l’État marocain contre les civils sahraouis.
L'organisation a en outre appelé la communauté internationale, toutes les voix libres et toutes les personnes éprises de conscience et de justice à exercer des pressions sur l’État marocain afin de respecter les droits de l'homme au Sahara Occidental et se conformer à ses obligations internationales.


vendredi 18 avril 2014

Sahara occidental : Human Rights Watch appelle au contrôle des droits de l’Homme














Sahara occidental : Human Rights Watch appelle au contrôle des droits de l’Homme






Human Rights Watch a sommé lundi les Nations Unies de revoir le statut accordé à sa mission au Sahara occidental, quelques jours avant le vote annuel du renouvellement du mandat de la Minurso.

Une nouvelle voix s’élève contre la politique menée par le Maroc dans le territoire disputé du Sahara occidental. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a sommé lundi le Conseil de Sécurité d’intégrer un mécanisme de surveillance du respect des droits de l’Homme à la mission des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso). Le HRW accuse le Maroc de supprimer la dissidence dans ce territoire qu’il contrôle à hauteur de 80%.

Une déclaration qui intervient une semaine avant le vote annuel devant renouveler le mandat de la Minurso, et qui semble farouchement opposée au Maroc. « Le Maroc a annoncé une série d’initiatives pour les droits de l’Homme depuis 2011 qui, bien que ce soit positif, n’a encore rien changé pour la situation dans le Sahara occidental », déplorait ainsi lundi HRW, selon l’AFP. « Cette situation est caractérisée par la répression entreprise par le Maroc envers tous les Sahraouis qui expriment leur opposition à l’administration marocaine et qui demandent l’autodétermination pour le territoire ».

Mohammed VI rappelle à l’ordre Ban Ki-moon

L’organisation a par ailleurs déclaré avoir effectué son propre suivi sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental. Un suivi au cours duquel elle aurait notamment effectué des visites récentes dans deux des principales villes du territoire et dans les camps gérés par le Polisario, et duquel il ressort la confirmation de « la nécessité d’une surveillance continue , indépendante et impartiale, tel que préconisée par le chef de l’ONU » .
Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, avait en effet appelé samedi à « soutenir le contrôle des droits de l’Homme indépendants et impartiaux » dans cette région disputée. Réagissant à cette déclaration, le Roi Mohammed VI avait mis en garde le Secrétaire général des Nations Unies contre d’éventuelles « approches partiales » ou « options périlleuses » dans le traitement du dossier.

La particularité de la Minurso

Mais pour HRW il ne fait aucun doute qu’une surveillance impartiale aiderait à dénouer le problème. « Avec une surveillance impartiale des Nations Unies, il serait plus difficile pour les parties de fausser allégations de violations des droits de l’Homme pour promouvoir leurs programmes politiques. Elle dissuade les abus et favorise la responsabilisation. Tous essentiels à la promotion de la stabilité et des règlements politiques », a ainsi déclaré l’ONGI.
Contrairement aux forces de maintien de la paix des Nations Unies déployées dans d’autres régions, la Minurso, censée surveiller le cessez-le feu entre le Maroc et le Front Polisario, n’est pas chargée de faire de rapport sur les droits de l’Homme. Une particularité qui avait déjà fait l’objet d’une remise en question l’année dernière, Washington demandant alors d’agrandir le mandat de la force de maintien de la paix. Une demande inattendue et fortement contestée par le Maroc qui contrôle la majeure partie du territoire. Allié inconditionnel des Etats-Unis en Afrique du Nord, le Maroc a finalement obtenu l’abandon de la proposition.
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Human Rights Watch emboîte le pas à Amnesty International

 

Elle exige l’introduction de la surveillance des droits de l’homme dans la Minurso

 Par : Merzak Tigrine, 16/4/2014


Après Amnesty International, c’est au tour de l’autre ONG de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch, de mettre la pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies, en l’exhortant à introduire le mécanisme  de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.

En prévision de la réunion du Conseil de sécurité, qui se tiendra à la fin avril pour se prononcer sur un projet de résolution sur le dossier du Sahara occidental, l’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch s’est félicitée, lundi, des suggestions faites par le dernier rapport du Secrétaire général de l'ONU sur le conflit du Sahara occidental.
Dans ce cadre, HRW a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à introduire le mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental au sein de la Minurso.
L’ONG a adressé une lettre aux 15 pays membres de l’organe exécutif de l’ONU dans laquelle elle leur rappelle que la Minurso est la seule mission de maintien de la paix de l'ONU qui “ne comporte pas le mandat de surveiller et de faire des rapports sur la situation des droits de l'homme” du peuple sahraoui. Saluant l'appel lancé par Ban Ki-moon, dans son rapport sur la situation au Sahara occidental adressé au Conseil de sécurité, dans lequel il préconise la nécessité d'une “surveillance durable, indépendante et impartiale des droits de l'homme” du peuple sahraoui, HRW souligne que les mécanismes ponctuels de surveillance des droits de l'homme existant actuellement “ne sont pas suffisants” pour répondre totalement aux critères d'une “surveillance durable, indépendante et impartiale” de ces droits tels que préconisés par le chef de l'ONU.
Poursuivant dans le même ordre d’idées, elle a affirmé que ces critères “ne seraient mieux satisfaits que par l'élargissement du mandat de la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) pour y inclure la surveillance des droits de l'homme sur les violations commises”. Human Rights Watch indique dans sa lettre que les initiatives des droits de l'homme annoncées depuis 2011 par le Maroc “n'ont pas encore changé la situation des droits de l'homme au Sahara occidental”. Il est souligné que la situation se caractérise toujours par “la ferme répression”  perpétrée par le Maroc contre tous les Sahraouis qui “revendiquent le droit à l'autodétermination”. HRW met l’accent sur le fait que les autorités marocaines “continuent d'empêcher les Sahraouis d'organiser des manifestations publiques, d'entraver l’accréditation des associations sahraouies pour la défense des droits de l'homme et de refuser de prendre en charge les plaintes crédibles de violence policière contre les Sahraouis, et continuent de poursuivre et d'emprisonner les militants sahraouis suite à des procès inéquitables dans lesquels aucune investigation n'est menée sur les actes de tortures” contre les Sahraouis. HRW ajoute qu’elle constate une discrimination dans le traitement de la question des droits de l'homme du peuple sahraoui dans le cadre de l'ONU.
L’ONG rappelle qu'au cours de ces dernières années, les missions de surveillance des droits de l'homme et d’élaboration des rapports inhérents “sont devenues une partie intégrante des opérations de maintien de la paix des Nations unies dans le monde”. HRW cite, pour les cas les plus récents, la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Liberia, l'Afghanistan et le Soudan du Sud.
Pour Human Rights Watch il est clair qu’“avec une surveillance impartiale des Nations unies, il est non seulement plus difficile aux parties en conflit de déformer les faits sur les violations des droits de l'homme, mais cela dissuade aussi les abus et favorise la responsabilisation, ce qui est essentiel à la promotion de la stabilité et des règlements politiques”.
Nous exhortons le Conseil de sécurité à mettre fin à cette situation anormale dans laquelle la Minurso est la seule mission de maintien de la paix qui demeure dépourvue d'un mandat de surveillance et d’élaboration de rapports sur les violations des droits de l'homme”, souligne Human Rights Watch, dans son rapport, qui est accompagné par un second document dans lequel elle a décrit au Conseil de sécurité les violations continues des droits de l'homme des Sahraouis par le Maroc.
M T




samedi 12 avril 2014

Droit de l’Homme au Sahara occidental : le Maroc va recevoir le Haut-commissaire Navi Pillay




















Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

Le renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental approche. A cet effet, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Navi Pillay, sera en visite au Maroc durant le mois de mai.

Le représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Omar Hilale, a annoncé ce mardi, durant le Forum MAP, la visite au Maroc au mois de mai de Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Cette visite intervient à l’approche du renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental.
Omar Hilale a par ailleurs indiqué que d’autres responsables onusiens se rendront au royaume en 2014 et 2015. « Des concertations sont en cours avec les rapporteurs spéciaux chargés de la question des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et de la question de la violence à l’égard des femmes », a-t-il déclaré.
Le représentant du Maroc a profité de l’occasion pour lancer une nouvelle pique au voisin algérien, sans toutefois le citer : « les allégations colportées par certains milieux hostiles à l’intégrité territoriale du royaume sur le fait que le Maroc ne permettrait pas aux délégations étrangères de se rendre dans ses provinces du sud ».
Une « visite de suivi » sera organisée à l’intention du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendes.

vendredi 7 mars 2014

Querelle France-Maroc : vu de Paris, Rabat est "hystérique"












28 /2/2014 / par Fouâd Harit





La querelle diplomatique entre la France et le Maroc est telle, que certaines voix commencent à s’élever à Paris pour dénoncer l’attitude « hystérique » du royaume.

Les autorités marocaines sont-elles « hystériques » ? La réponse, selon Me Pierre Bréham, l’un des avocats des plaignants qui a déposé plainte contre le patron du contre-espionnage marocain, à l’origine de l’éclatement de la querelle diplomatique entre la France et le Maroc, est, sans détour, oui.
La décision marocaine de suspendre la coopération judiciaire avec la France est « totalement disproportionnée », a-t-il estimé. Cette décision unilatérale a été prise suite à la descente policière au domicile de l’ambassadeur du Maroc à Paris afin de remettre une convocation au patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, sans passer par les câbles diplomatiques.
Cette initiative a surpris Paris, notamment le président François Hollande, le chef de la diplomatie Laurent Fabius et la Garde des Sceaux Christiane Taubira qui s’efforcent depuis une semaine d’apporter des « explications », de « dissiper les malentendus » et d’assurer la « constante amitié » franco-marocaine. Mais selon le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha El Khalfi, Rabat « n’a pas encore reçu d’explications concernant ce qui s’est passé ».

Les hauts gradés marocains sont « susceptibles »
Cette suspension n’est pas sans conséquences. Pour l’heure, « aucun acte de mariage ou de filiation ne pourra être exécuté dans les deux pays. Et au niveau pénal, cela signifie qu’on ne peut plus faire de demandes d’extradition, d’auditions de témoins, ou de transfèrements », explique Me Bréham. « Le Maroc a vraiment utilisé l’arme atomique pour tuer une mouche », s’étonne-t-il.
Un spécialiste du Maroc relève le caractère « susceptible » des « haut gradés marocains » lorsqu’ils sont « ciblés par la justice française ». Ils « ont vécu d’une manière dramatique le fait qu’on puisse aller délivrer une convocation à la résidence de l’ambassadeur. Cela signifie qu’il n’y a plus de protection », déclare-t-il.
D’après Hélène Legeay, la responsable Maghreb à l’Action des chrétiens contre la torture (ACAT), l’association à l’origine des plaintes, cette décision vise à empêcher « le transfèrement de détenus français condamnés au Maroc, les autorités marocaines cherchent à les empêcher de porter plainte pour torture à leur arrivée en France ».
M. Hammouchi fait l’objet de plusieurs plaintes déposées par des ONG et des victimes présumées de tortures, dont deux Franco-Marocains.

mardi 4 février 2014

Maroc - Sahara Occidental : le Président sahraoui appelle l’ONU à agir











 par Malick Hamid 25/1/2014, mis à jour 3/2/2014








Le Président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, a appelé, jeudi, les Nations unies à « prendre les démarches nécessaires à la mise en œuvre des engagements de décolonisation au Sahara occidental en permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance à travers l’organisation urgente d’un référendum libre, juste et intègre ».


L’information a été rapportée par Liberté Algérie qui indique que « le Front Polisario a fait part à Christopher Ross de ses préoccupations concernant les violations des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental », pour reprendre les termes de Mohamed Abdelaziz qui a fait une déclaration à la presse, à l’issue de son entretien avec l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Christophe Ross, au terme de sa visite dans les camps des réfugiés sahraouis dans le cadre d’une nouvelle tournée dans la région.
Toujours selon le journal algérien, le Président sahraoui a saisi l’occasion pour souligner les « pratiques du Maroc, citant les procès inéquitables des civils sahraouis revendiquant le respect des décisions des Nations unies à travers l’organisation d’un référendum libre et démocrate garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Le Président sahraoui a, toujours selon Liberté Algérie, chargé Christopher Ross de transmettre, au Secrétaire général de l’ONU et au Conseil de sécurité, un message dans lequel il appelle à « plus d’attention pour mettre fin aux souffrances du peuple sahraoui du fait de la colonisation du Sahara occidental par le Maroc et ses incidences sur la paix et la stabilité dans toute la région ».
Le Président a, selon le journal, réaffirméé la disponibilité du Front Polisario à coopérer et à œuvrer avec sérieux pour mettre fin à ce problème.

jeudi 2 janvier 2014

«Le Sahara occidental n’est et ne sera jamais marocain »



Le magazine promotionnel de l'Algérie


N° 70 - Jan 2014

Par Brahim Mokhar, ministre de la Coopération sahraoui, à El-Djazaïr.com

Entretien réalisé dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf par: Meriem Ali MARINA


El Djazaïr.com : Le six novembre signifie le début d’une invasion marocaine des territoires du Sahara occidental. Trente-huit ans après, quelle est la situation actuelle du peuple sahraoui et de la question sahraouie d’une manière générale ?


Brahim Mokhar : Sans nul doute. Le six novembre rappelle le début du mal du peuple sahraoui au lendemain de la marche verte ordonnée par Hassan II, alors roi du Maroc, un assoiffé du pouvoir et d’expansionnisme et après que l’Espagne eut trahi, vendu les Sahraouis au Maroc et la Mauritanie. Et là, un petit rappel historique s’impose. Le peuple sahraoui a cette date en mémoire car ce fut également le transfert d’un colonialisme européen vers un colonialisme arabo-musulman africain. Dès lors, nous n’avons cessé de défendre notre droit à la décolonisation. La lutte de tous les Sahraouis a contraint la Mauritanie à signer avec le Front Polisario un accord de paix le 5 août 1979 à Alger. Cette lutte est par la suite dirigée vers le Maroc colonialiste que nous avons battu. La guerre entre les deux parties aura duré seize ans. En 1991, l’ONU, qui croyait que le moment pour la paix était venu, nous a sommés à un cessez-le feu. L’ONU croyait aussi qu’une solution pacifique serait trouvée à travers un référendum juste, équitable et transparent.

El Djazaïr.com : Mais depuis cette date, rien de concret ni de palpable. Sur le terrain, la Minurso est un mécanisme onusien qui n’arrive toujours pas à organiser ce référendum, ni encore moins protéger les populations des territoires occupés….

Brahim Mokhar : Exact. Nul besoin de rappeler que l’objectif principal et pour lequel la Minurso a été créée est celui, comme son nom l’indique, l’organisation d’un référendum au Sahara occidental et rien d’autre car l’ONU croyait pouvoir organiser ce référendum en février 1992. Malheureusement, la faiblesse des Nations unies, le manque d’intérêts vis-à-vis des souffrances des Sahraouis par les grandes nations mais surtout les manœuvres marocaines ont fait que la tenue de ce référendum soit retardée. Il y a eu un processus de négociations entamé depuis dix ans déjà mais qui n’a pas abouti non plus. Aujourd’hui, le processus des négociations est quasiment bloqué pour cause de l’intransigeance du Maroc. Lequel Maroc soutenu par une France qui fait tout pour que son enfant gâté sorte gagnant de cette entreprise coloniale. C’est la France qui a bloqué toutes les résolutions qui devaient faire obliger le Maroc à accepter et à mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité.
C’est aussi la France qui a bloqué en avril dernier une résolution du même Conseil de sécurité portant sur la création au sein de la Minurso d’un mécanisme de protection des droits de l’Homme dans les territoires occupés. Autrement dit : le combat des Sahraouis n’est pas seulement contre l’occupant direct qui est le Maroc mais aussi son allié, la France et surtout contre ce mutisme de l’Espagne officielle.


El Djazaïr.com : Selon vous, pourquoi la France agit-elle de la sorte ?

Brahim Mokhar : Il existe un jeu malsain d’intérêts entre les deux pays. Ce n’est un secret pour personne.

El Djazaïr.com : Vous avez récemment affirmé que le processus de négociation est bloqué. Doit-on s’attendre à ne plus voir le Polisario assis autour d’une même table avec le Maroc, du moins pour le moment ?

Brahim Mokhar : La récente résolution 20/99 du Conseil de sécurité de l’ONU avait demandé à Christopher Ross d’entreprendre encore une fois des efforts pour la mise en œuvre des résolutions onusiennes pour un référendum au Sahara occidental. Cependant, depuis avril 2013, on n’a constaté aucune évolution. Et tout dépend de ce que pourra apporter la visite de l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental pour décider de la suite à donner à notre lutte pour le recouvrement de l’indépendance nationale. Mais d’ici là, nous pouvons affirmer une fois de plus que les populations sahraouies sont frustrées. La direction du Polisario subit d’énormes pressions de la part de sa base qui tient à mettre un terme à une occupation illégale de ses terres et aussi à notre collaboration avec l’ONU. Notre jeunesse, particulièrement, pense que les Nations unies n’ont pas les capacités de résoudre le problème. Notre jeunesse estime aussi que le moment est venu pour une deuxième lutte pour la libération du Sahara occidental.


El Djazaïr.com : Peut-on comprendre par là que la reprise des armes n’est pas exclue ?

Brahim Mokhar : Tout dépend des Nations unies. Si l’ONU nous envoie des signes positifs qu’elle est en mesure de mettre en application ses propres résolutions, nous sommes toujours pour une solution pacifique permettant, sans condition aucune, au peuple sahraoui de s’autodéterminer à travers un référendum libre et juste supervisé par les Nations unies et l’Union africaine. Dans le cas contraire, tous les Sahraouis, à leur tête le Front Polisario, ne resteront pas les bras croisés. L’indépendance nationale est notre seul objectif. Pour y parvenir, nous userons de tous les moyens possibles, y compris le recours une deuxième fois à la lutte armée. Notre patience a atteint son summum. Vingt-deux ans après un cessez-le-feu qui n’a rien apporté de plus que les souffrances, nous estimons légitime de reprendre le chemin des armes. Nous sommes à la limite. Aucun peuple vivant dans les conditions aussi difficiles que les Sahraouis n’aura attendu toute cette période. Un cessez-le-feu plus long qu’une guerre (1976-1991), c’est du jamais-vu.


El Djazaïr.com : Un blocus médiatique est imposé sur les territoires occupés et les Sahraouis sont soumis quotidiennement à toutes sortes d’intimidations et à toutes formes de violences. Selon les rapports qui vous parviennent, peut-on avoir un aperçu de la situation des droits de l’Homme de l’autre côté du mur ?


Brahim Mokhar : La situation s’est beaucoup détériorée au cours de l’année 2013 et ce n’est pas nous qui le disons. Des rapports de différentes ONG, rendus publics, l’attestent bel et bien. Le Maroc renforce sa présence avec plus d’éléments de la police et de militaires. Plus de place dans les prisons. Les militants de la cause sahraouie, qu’ils soient femmes, hommes ou enfants, y sont jetés quotidiennement. C’est une situation purement coloniale d’un Maroc qui est en train de compter ses derniers instants d’occupation, car aucune pratique inhumaine n’a dissuadé les Sahraouis de dénoncer cette présence coloniale. Bien au contraire, à chaque fois que les violations multiples des droits humains s’amplifient, la résistance est redoublée. Le message est clair : le Sahara occidental n’est et ne sera jamais marocain. Inéluctablement, tôt ou tard, le Maroc s’assoira malgré lui à la table des négociations sous la pression de ce qui se passe justement dans les territoires occupés.

El Djazaïr.com : On ne peut évoquer les violations des droits humains dans les territoires occupés, sans revenir trois ans en arrière et rappeler ce qui s’est passé un certains 8 novembre 2010 non loin de la capitale El-Ayoun occupée, à Gdeim Izik. Certains des animateurs avaient été condamnés à de lourdes peines par des tribunaux militaires ; des informations concernant les disparus ?

Brahim Mokhar : Difficile d’avancer un chiffre exact mais une chose est sûre, il y en avait beaucoup. La sauvagerie avec laquelle avait été démantelé ce camp, renseigne sur l’atrocité de l’occupant marocain et de ses forces de sécurité.

El Djazaïr.com : Le Maroc accuse souvent le Polisario de groupe terroriste…

Brahim Mokhar : Cela ne nous surprend nullement. Le Maroc, pour dénigrer notre image, est prêt à tout. Le Polisario est partie prenante dans la lutte des pays du Sahel dans leur lutte contre le terrorisme dont l’un des groupes, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), est une pure création des services secrets marocains. Nous avons à maintes fois apporté des preuves concrètes quant à ce lien direct existant entre les deux parties. Le Mujao a été crée, entre autres, pour ternir l’image du Polisario. L’enlèvement des trois coopérants étrangers dans les camps des réfugiés en octobre 2010 en est une preuve formelle.

El Djazaïr.com :  On assiste ces derniers temps, de par le monde, à une prise de conscience de la cause sahraouie. Cependant, la presse arabe ne s’y intéresse que rarement. Pourquoi cet oubli selon vous ?

Brahim Mokhar : A mon avis, c’est parce que les Arabes n’ont aucun rôle à jouer dans la politique mondiale. D’autre part, la plus grande majorité de ces pays est dirigée par des monarques qui ne cachent pas souvent leur affinité avec le royaume marocain. Cette solidarité entre les Palais a fait que la presse arabe ne s’intéresse pas au conflit du Sahara occidental.

El Djazaïr.com : L’Algérie n’échappe pas à la propagande marocaine.

Brahim Mokhar : Juste. Les Marocains sont jaloux de la puissance de l’Algérie mais aussi de son rôle prédominant sur la scène régionale et internationale. Le Maroc n’admet surtout pas le fait que l’Algérie s’est toujours montrée solidaire avec les Sahraouis. Aussi, les Algériens ne devraient pas s’étonner de cette campagne de dénigrement de la part d’un Maroc connu pour avoir toujours nagé dans des eaux troubles.

El Djazaïr.com : D’autre part, les Marocains ne cessent de faire justement le lien entre le soutien de l’Algérie à la cause sahraouie et la fermeture des frontières terrestres entre les deux pays. Un commentaire à ce propos ?

Brahim Mokhar : Je dirai tout simplement que le Maroc a tort. La fermeture des frontières n’a rien à voir avec le conflit au Sahara occidental du moment qu’elles sont fermées depuis 1994 alors que l’occupation illégale des territoires sahraouis date de près de quarante ans. Les Marocains pourront peut-être nous dire pourquoi le conflit n’avait pas été résolu avant cette date. L’Algérie a procédé à la fermeture des frontières pour des raisons évidentes que le Maroc connaît très bien. Il tente juste de créer la confusion. Mais le baratin marocain n’est plus un secret pour quiconque.