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lundi 13 juin 2016

Sahara : l’ONU négocie le retour des agents de la MINURSO au Maroc







Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

En vue de permettre un retour des agents de la MINURSO expulsés du Maroc au mois de mars dernier, le royaume et les Nations Unies ont repris le dialogue.

Officiellement, le Maroc et les Nations Unies ont repris le dialogue dans le but de permettre un retour des agents de la MINURSO expulsés par le royaume au mois de mars dernier. Selon Yabiladi, le Marocain Jamal Benomar fait partie de la délégation onusienne. Le site, qui évoque un point de presse tenu à New York par le porte-parole de Ban Ki-moon, précise que des membres du département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont au Maroc, et que l’actuel émissaire de l’ONU au Burundi, notamment le Marocain Jamal Benomar, fait partie de la mission mais ne la conduit pas. C’est en tout cas ce qu’a répondu Stéphan Dujarric en réponse à une question posée par un journaliste. Selon l’agence espagnole EFE qui cite une « source diplomatique », le Polisario a émis des « réserves » quant à la présence du Marocain dans la délégation.
Dujarric a insisté que cette visite s’inscrit « dans le cadre du dialogue en cours avec le Maroc » en vue d’une application de la résolution 2285 du Conseil de sécurité votée le 29 avril. Celle-ci avait notamment insisté sur « le rétablissement immédiat de la pleine fonctionnalité de la MINURSO ». Adopté à la majorité absolue et non à l’unanimité, le texte des Quinze avait donné un délai de trois mois au royaume et aux Nations Unies pour parvenir à un accord sur le retour des agents de la composante civile et politique expulsés par le Maroc, en mars, en riposte aux propos tenus par le Secrétaire général lors de sa visite dans les camps de Tindouf et à Bir Lahlou dans la zone tampon.

samedi 28 mai 2016

« Le Maroc a besoin de créer des crises externes, pour gérer ses crises internes »


Malainin Lakhal est un journaliste sahraoui, qui milite pour les droits de l’homme. Déjà étudiant, il a commencé sa lutte pour les droits de son peuple, à la fin des années 1980, dans le territoire du Sahara occidental sous occupation marocaine. Malainin a été victime de disparition forcée, en 1992, et jusqu’à l’an 2000, il a fait l’objet de plusieurs arrestations et intimidations. Il a décidé de fuir une nouvelle arrestation et a donc rejoint les campements de réfugiés de Tindouf, où il continue sa lutte comme activiste de la société civile sahraouie.
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Raïna : Les 10 mai dernier, les Sahraouis ont célébré le 43è anniversaire de la création du Front Polisario. Dans quel contexte s’est déroulée la commémoration ?

  Malainin Lakhal : La commémoration s’est déroulée dans un contexte politique très tendu, en raison notamment du non-règlement du conflit, qui dure depuis plus de 40 ans maintenant : 43 ans après la constitution du Front de libération nationale POLISARIO. Tout récemment, le Maroc a publiquement fait savoir à la communauté internationale qu’il refuse de collaborer avec l’ONU, avec son Secrétaire général et l’envoyé personnel pour le Sahara occidental, qui ont tout tenté pour trouver une solution politique, mais en vain. La France soutient Rabat de façon inconditionnelle dans cette aventure coloniale, au détriment des droits les plus fondamentaux du peuple sahraoui et dans un mépris total de ses prétendues valeurs de liberté, de droits de l’homme et de démocratie. 
 L’ONU, pour sa part, reste incapable d’avancer sur la voie du règlement, à cause justement du veto non-déclaré mais exercé de la France à toute solution ou à toute idée de solution pacifique… A croire que Paris veut pousser délibérément les Sahraouis, surtout, vers le retour à la guerre.

Comment se présente la situation sur le plan diplomatique ?
Du coté diplomatique, la cause sahraouie a au contraire réussi plusieurs percées de taille. Par exemple, je cite les nombreuses motions ou résolutions de plusieurs parlements européens et latino-américains en faveur de la reconnaissance de la RASD. C’est le cas des parlements de Suède, du Danemark, du Chili, du Brésil, sans oublier les partis politiques dans plusieurs pays qui demandent la même chose.
En Afrique, le Maroc peine à trouver du soutien, hors du cercle francophone, qui n’a pas de voix ni de crédibilité au sein de l’Union africaine : l’UA reste ferme dans son soutien à l’indépendance totale de la RASD. Tout le monde sait, surtout en Afrique, que le Maroc use de moyens pour le moins non-intègres, afin de s’acheter des positions politiques de court terme, qui ne servent à rien, sinon à semer la confusion au sein de l’opinion publique.
Cette année a aussi été enregistrée une victoire pour la RASD, à savoir la confirmation de son adhésion comme membre de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA).
Maintenant, le Royaume du Maroc siège comme membre à côté du Front Polisario qui représente le territoire non autonome du Sahara Occidental. Alors, que va faire Rabat ? Est-ce qu’il va rester dans cette Commission et reconnaitre de facto qu’il n’a pas de souveraineté sur le Sahara Occidental et qu’il y a bel et bien un représentant du peuple sahraoui ? Ou bien va-il entrer en conflit avec cette Commission de l’ONU, comme il a déjà fait avec le Conseil de Sécurité ? Pour le moment, le Maroc ne dit rien.
Pour faire court, on peut dire que ces derniers années, même si elles n’ont rien apporté en terme de règlement du conflit de la dernière colonie en Afrique, elles ont quand même apporté plusieurs victoires au peuple sahraoui, en isolant le Maroc dans divers domaines.

Que retenez-vous d’essentiel concernant l’évolution de la question du Sahara occidental ? Y a-t-il plus d’acquis ou assistons-nous à des retournements de situations ou remises en causes ?
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a absolument pas de retournements de situation, car la question est toujours traitée par le Conseil de sécurité et par la 4ème Commission de décolonisation de l’ONU. A l’exception du Maroc et de la France, tout le monde est sûr maintenant de l’impossibilité d’imposer une solution au Sahraouis, qui ne passe pas par les principes fondamentaux de l’autodétermination, clairement définis dans les résolutions 1514 et 1541. Tout le monde sait également que les deux parties au conflit sont le Maroc, la puissance d’occupation, et le Front Polisario, le mouvement de libération. Toutes les tentatives marocaines visant à impliquer l’Algérie pour projeter la région dans une confrontation globale et régionale, sont désormais démasquées et vaines. En d’autres termes, la puissance coloniale n’a pas réussi à changer les données ni les éléments du conflit au Sahara occidental. Mais, c’est vrai qu’elle essaie de gagner du temps et elle mise sur l’affaiblissement, voire la destruction de la résistance sahraouie, à l’intérieur des territoires, via tous les moyens connus, à savoir les violations et abus des droits de l’homme, l’usage des drogues, la manipulation des menaces terroristes, le crime transfrontalier. Malgré toutes les manœuvres du Maroc, la RASD est toujours présente à l’UA et le Polisario est toujours sur le terrain, encore plus fort avec les nouvelles générations de résistants, qui sont attachés à l’indépendance de leur pays.
Récemment, l’ancien conseiller principal au département d’Etat américain, Dr William Lawrence, a confié à Impact 24 que la question du Sahara occidental se résume à une question de gouvernance et à la recherche d’un nouveau statut, en regrettant que le Maroc n’ait pas fait « assez » pour « améliorer la situation dans le Sud ». Que vont inspirent de tels propos ?
Ces propos relèvent de l’ignorance de l’état des choses sur le terrain ! Ce conseiller ne connait apparemment rien sur le statut juridique et politique du Sahara Occidental qui, je rappelle, est toujours un « territoire non autonome », c’est-à-dire une colonie éligible à l’autodétermination. M. Lawrence ignore peut-être que personne, pas même la France, ne reconnait la souveraineté du Maroc sur le territoire sahraoui. A moins qu’il parle simplement du vrai Sud du Maroc, puisqu’il a mentionné « le Sud ». Si tel est le cas, je suis d’accord avec lui, car le sud du Maroc, mais également tout le territoire du Maroc, ont « besoin d’une meilleure gouvernance et d’un nouveau statut différent de celui actuel ». C’est d’ailleurs ce que demandent plusieurs Marocains : le changement du système monarchique médiéval en un système démocratique, peut-être même républicain. C’est là une question qui ne nous concerne pas ; c’est aux Marocains d’en décider.

Malainin, quelle est votre lecture sur l’attitude du Maroc qui a refusé, dernièrement, l’accès du territoire sahraoui occupé au secrétaire général de l’ONU et qui a mis fin à la mission du personnel du segment politique de la MINURSO ?
Je ne suis pas surpris par l’attitude du Maroc, car c’est une constante dans sa politique depuis longtemps. Le régime du Maroc a toujours eu recours aux escalades et à la fuite en avant, quand il se trouve isolé ou en crise, comme c’est le cas maintenant avec l’ONU.
D’ailleurs, en 1975, la situation de crise a poussé le défunt Roi Hassan II à l’invasion du Sahara Occidental, pour mater son armée et l’éloigner de ses palais. Le Maroc a besoin de créer des crises externes, pour pouvoir gérer et calmer ses graves crises internes, et ce sont toujours les voisins qui paient la facture. Par ailleurs, le Makhzen utilise très subtilement la méthode de la carotte ou le bâton, particulièrement dans ses relations internationales. Il suffit de voir comment il réussit à exercer le chantage à l’Espagne et à l’Europe, en usant des questions de trafic de drogue, de migration et de terrorisme, pour comprendre cela.
Malheureusement, la communauté internationale, principalement l’ONU, succombe souvent à ce chantage politique du Maroc, qui est toujours soutenu par la France, et qui est souvent toléré par les autres grandes puissances. L’attitude de la communauté internationale risque de contraindre le peuple sahraoui et ses représentants à changer de comportement et à envisager la confrontation inévitable, sous d’autres formes, probablement plus violentes et plus graves pour toute la région.

Pensez-vous que l’ONU et son Conseil de sécurité ont bien réagi cette fois vis-à-vis de l’occupant marocain ? Ont-ils été à la hauteur de leurs responsabilités à l’égard du peuple sahraoui ?
Absolument pas ! Il suffit de lire les réactions des membres du Conseil de sécurité eux-mêmes : à l’exception de la France et de ses deux soutiens que sont le Sénégal et l’Egypte, les autres membres ont clairement reconnu que le Conseil a donné un mauvais message au Maroc, en tolérant ce qu’il a fait. La Royaume-Uni, la Russie et même les Etats-Unis, ont exprimé leur mécontentement pendant les délibérations, mais à la fin, le Conseil de sécurité n’avait pas d’autre choix que d’approuver la nouvelle résolution avec les amendements français, pour éviter le pire, pour éviter le Veto Français et la fin de la Minurso (Mission des Nations unies pour un référendum au Sahara occidental, ndlr).
Cela dit, j’aimerais dire que le Conseil de sécurité n’a jamais été à la hauteur, quand il s’agit de la question sahraouie et ce, depuis le premier jour. En effet, il a choisi de traiter une question de colonisation et d’invasion d’un territoire non autonome par la force sous le chapitre 6, au lieu du chapitre 7… Mais, dans toute cette affaire, peut-on taire la volonté du peuple sahraouie ? La résistance sahraouie restera toujours indomptable.
Entretien réalisé par Hafida Ameyar



mercredi 11 mars 2015

Accroc diplomatique entre Rabat et Abuja : Le Maroc capricieux isolé en Afrique

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Aniss Z., El Watan, 10/3/2015
  
 Le roi Mohammed VI s’isole au niveau continental
Le roi Mohammed VI s’isole au niveau continental

Le Maroc est en froid avec de nombreux pays africains. Au rythme où vont les choses, son cercle d’amis risque de se réduire très vite comme une peau de chagrin. Isolé donc sur la scène continentale depuis plusieurs années et gagné par la paranoïa, le royaume alaouite trouve désormais des défauts chez tout le monde.

Le roi Mohammed VI voit des ennemis partout. Le dernier pays avec lequel Rabat a eu un accroc diplomatique est le Nigeria, la première puissance économique d’Afrique.
En réalité, la monarchie marocaine a du mal à accepter la percée opérée en Afrique par le Front Polisario et la cause sahraouie. Elle tient maintenant le Nigeria pour responsable du triomphe de la RASD.
Ne disposant d’aucun levier diplomatique susceptible de lui permettre de tenter de renverser la vapeur (le Maroc n’est pas membre de l’Union africaine), le roi Mohammed VI s’essaye maintenant au chantage et à la menace, une technique dont il raffole et qui vient d’ailleurs de faire ses preuves avec la France. Pour faire payer au Nigeria son soutien à la cause sahraouie, le souverain marocain n’a rien trouvé de mieux que de convoquer le chargé d’affaires du Nigeria pour lui signifier son refus  de s’entretenir avec le président

Goodluck Jonathan. Du jamais-vu !
Pourquoi une conduite aussi inamicale ? Pour justifier l’affront fait au président nigérian, le ministère marocain des Affaires étrangères évoque dans un communiqué «le contexte électoral» au Nigeria, en référence à la présidentielle du 28 mars. «M. Goodluck est président depuis cinq ans et n’avait jusque-là effectué aucune demande de contact téléphonique. (...) On ne peut donc trouver qu’une signification à sa démarche : celle de vouloir s’afficher avec un dirigeant d’un pays arabe et musulman» à l’approche des élections, a expliqué à la presse une source diplomatique marocaine. «C’est une question de principe. Nous souhaitions éviter une tentative de récupération politique», notamment vis-à-vis des populations du nord du Nigeria, à majorité musulmane, a-t-elle ajouté. L’argument est tiré par les cheveux. Inutile de sortir de Saint-Cyr pour s’en rendre compte.
Bien évidemment, la diplomatie marocaine n’a pas omis de rappeler les «positions hostiles» d’Abuja sur le dossier du Sahara occidental. En réalité, le fond du problème est là. Le Maroc reproche surtout au Nigeria d’être «à l’avant-garde du bloc hostile» au royaume sur la question du Sahara occidental.
Le Nigeria, le géant de l’Afrique de l’Ouest, avait, rappelle-t-on, abrité fin 2013 une réunion de soutien à la «cause sahraouie» à laquelle avaient pris part tous les grands pays d’Afrique dont l’Afrique du Sud. L’Algérie avait mis à profit cette rencontre pour appeler à la mise en place d’un mécanisme international de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. Bien sûr, l’événement avait provoqué l’ire du Makhzen.
Ce qui inquiète actuellement la monarchie marocaine, c’est justement de voir le Conseil de sécurité de l’ONU retenir, au mois d’avril prochain, l’idée du mécanisme international de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. Une idée aujourd’hui défendue par de très nombreux pays, y compris les Etats-Unis, dans la mesure où les atteintes aux droits de l’homme se sont poursuivies avec une rare violence dans les territoires sahraouis occupés. Des atteintes que le monde ne veut plus cautionner.
Le roi Mohammed VI pense, naïvement, qu’il suffit de piquer un coup de colère pour pouvoir mettre le Nigeria et la communauté internationale au garde-à-vous. En vérité, tout le monde est las de ses caprices, y compris l’ONU. Et cela, le monarque le sait. D’où ses réactions intempestives et puériles.

samedi 3 janvier 2015

L’impatience des jeunes Sahraouis

Dans les camps de réfugiés de Tindouf

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Par Rabah Beldjenna, 3/1/2015


En 1975, les Espagnols abandonnaient le Sahara occidental aux mains du Maroc et de la Mauritanie. Le peuple sahraoui, qui était sur le point de fêter son indépendance, était «violemment chassé» par le roi Hassan II de ses territoires vers le sud de l’Algérie, où il s’est exilé dans des camps de fortune.

En 1991, un espoir surgit avec le cessez-le-feu et la promesse d’un référendum dans le cadre d’un plan de règlement onusien. La Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), créée dans ce but, était censée permettre l’organisation rapide d’un référendum au Sahara occidental, tout en assurant la paix entre le Front Polisario et le Maroc.

samedi 12 juillet 2014

La lettre de félicitation du roi Mohammed VI ignorée par l’agence de presse officielle mauritanienne







A la Une



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L’agence de presse officielle mauritanienne annonce la lettre de félicitation du président sahraoui et ignore la lettre du roi du Maroc.L’agence de presse officielle de la Mauritanie, AMI, a annoncé la lettre envoyée par le président sahraoui à son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, à l’occasion de sa victoire dans les élections présidentielles organisées samedi dans ce pays.
Selon l’agence marocaine MAP, le roi du Maroc a aussi envoyé une lettre de félicitation similaire qui a été totalement ignorée par l’agence d’information mauritanienne. Il est à rappeler que le président mauritanien a été victime d’une tentative d’assassinat en octobre 2012.
Selon l’agence de presse mauritanien Al-akhbar, se basant sur des sources diplomatiques, le Maroc se trouverait derrière cet acte criminel. En 2011, le correspondant de l’agence de presse marocaine MAP a été expulsé par le gouvernement mauritanien pour exercice de fonctions non conformes à son poste.
Le Maroc cherche à imposer à la Mauritanie son point de vue sur la question du Sahara Occidental. Nouakchott refuse jusqu’à présent de retirer sa reconnaissance de la RASD.

URL courte: http://www.pointschauds.info/fr/2014/06/25/la-lettre-de-felicitation-du-roi-mohammed-vi-ignoree-par-lagence-de-presse-officielle-mauritanienne/





A la Une

La crise entre Rabat et Nouakchott s’aggrave : La Mauritanie exige que le Maroc change son ambassadeur

AlifPost
 Lundi dernier, les autorités policières mauritaniennes de l’aéroport de Nouakchott ont soumis le président du Parti de l’union et du changement, Saleh Ould Hananena, à un contrôle policier humiliant. L’homme rentrait de Casablanca, après avoir assisté en tant qu’invité au congrès du Parti du Progrès et du Socialisme.
Cet agissement illustre l’ampleur de la dégradation des relations entre les deux pays, alors que des sources mauritaniennes attribuent cette tension au refus du Maroc de changer son ambassadeur à Nouakchott.
Déjà, en janvier dernier, la Mauritanie avait refusé d’accréditer le nouveau consul du Maroc, sans fournir à la diplomatie marocaine les explications qu’elle demandait. Cela en dit long sur la profondeur de la crise entre les deux pays, alors que par le passé, leurs relations étaient solides et prometteuses.
Dans le même temps, la Mauritanie refuse depuis deux ans de nommer un ambassadeur à Rabat. Elle a retiré tous ses diplomates et a juste gardé sur place du personnel administratif pour le fonctionnement de l’ambassade.
La tension touche maintenant les domaines du trafic aérien et de la coordination sécuritaire. Récemment la Mauritanie a poussé la provocation plus loin en recevant un émissaire du leader du Polisario comme s’il était un envoyé de la part d’un chef d’Etat.
En parallèle, le Maroc et la Mauritanie se livrent à une concurrence dans la crise Malienne en recevant tour à tour des membres du gouvernement et ceux du mouvement Azawad dans le nord. Hier mardi, des représentants du gouvernement Malien ont rencontré à Nouakchott des délégués de ces mouvements qui veulent l’indépendance du nord du Mali.
Pour sa part, tout en restant discret, le Maroc ne voit pas d’un bon œil les initiatives de la Mauritanie qui se rapprochent de plus en plus des positions de l’Algérie dans le dossier du Sahara.
La presse mauritanienne a relevé que Nouakchott a récemment décidé de ne pas utiliser le terme « le voisin du Nord » pour désigner le Maroc, mais plutôt le terme « l’Etat du Maroc» sous prétexte que le voisin du nord est la « République arabe sahraouie démocratique » proclamée unilatéralement, et que la Mauritanie a reconnue depuis les années soixante-dix .
Il est largement admis que la raison de la tension est que des diplomates et fonctionnaires Marocains ont eu des comportements qui ont été considérés par la Mauritanie comme des ingérences dans ses affaires internes. La Mauritanie avait expulsé le correspondant de l’agence de presse MAP à Nouakchott, sans fournir d’explications, alors que la presse locale a parlé de son immixtion supposée dans les affaires intérieures du pays.
Le journal numérique Zahrat Chenguit a publié en exclusivité une importante information, qu’il prétend détenir de sources officielles proches du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Selon ce journal, la Mauritanie exige, pour sortir de la crise diplomatique, que le Maroc remplace d’abord son actuel ambassadeur par un autre, et ensuite le président nommera à son tour un nouvel ambassadeur à Rabat

samedi 31 mai 2014

Maroc : la dégringolade diplomatique



Alors que la propagande officielle du gouvernement marocains continue à tromper l'opinion publique marocaine sur la prétendue marocanité du territoire du Sahara Occidental et le faux succès de la proposition d'autonomie à l'échelle internationale, le Sénat italien vient de donner un forte gifle au Maroc en adoptant une résolution implacable contre l’occupation marocaine du Sahara Occidental et dénonçant les atteintes systématiques aux droits de l’Homme commises par le régime marocain dans les territoires occupés du Sahara Occidental.



Pour amortir l'effet de cette initiative, Rabat n'a pas trouvé mieux que aller demander les services d'une ancienne députée marocaine, Souad Sbaï, qui en tant que bonne marocaine, n'a pas trouvé d'autre argument que les attaques violentes contre des personnalités italiennes connues par leur positions de principe concernant les droirs de l'homme dans l'ancienne colonie espagnole. Parmi ces personnalités l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères italien, Lapo Pistelli accusé par les Marocains d’avoir osé comparer le triste sort des Sahraouis à celui qu'endurent les Palestiniens sous le joug de l'occupation et de la répression israéliennes.


Pour rappel, la motion du Sénat italien vient après celle du Parlement de la Suède, le Danemark et d'Irlande.

samedi 24 mai 2014

Maroc: grève de la faim de détenus français, Paris attend "des informations"




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Maroc: grève de la faim de détenus français, Paris attend "des informations"

23/5/14 - 15 H 24 - Mis à jour le 23/5/14 - 17 H 30

Drapeau du MarocLa France attend "des informations précises de la partie marocaine au cas par cas sur les revendications des grévistes de la faim" français ou binationaux détenus au Maroc, a déclaré vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Confirmant implicitement que la brouille franco-marocaine, due à un incident diplomatique en février, perdurait toujours trois mois après, le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal, a souligné que la France souhaitait "une relance aussi rapide que possible de (la) coopération bilatérale en matière judiciaire".
Il était interrogé lors d'un point-presse sur le mouvement de grève de la faim lancé en début de semaine par des détenus au Maroc pour protester contre la suspension du traitement de leur dossier.
Rabat a rompu sa coopération judiciaire avec Paris et a retiré sa magistrate affectée au ministère français de la Justice après une descente de police en février à la résidence de son ambassadeur en France pour notifier au patron du contre-espionnage marocain une convocation d'un juge d'instruction français. Ce juge enquête sur une plainte déposée contre ce responsable marocain, Abdelattif Hammouchi, pour "torture" et "complicité de torture".
La suspension de la coopération judiciaire a d'importantes conséquences sur le traitement des dossiers judiciaires des Français et bi-nationaux détenus au Maroc. Romain Nadal a précisé que 169 détenus français étaient recensés au Maroc dont 21 binationaux. "Au moins 9 d'entre eux sont en grève de la faim, dont 6 sont concernés par des procédures de transfèrement en France" pour y purger leur peine, a-t-il ajouté.
Jeudi, le Maroc a annoncé qu'une commission allait "exceptionnellement" être créée pour examiner le cas des détenus français en grève de la faim. Mardi, une vingtaine de détenus avaient annoncé dans un communiqué commencer une grève de la faim pour obtenir notamment une "accélération des transfèrements" vers la France et le rétablissement de la coopération judiciaire bilatérale.
Paris (AFP) - 23.05.2014

vendredi 18 avril 2014

Sahara occidental : Human Rights Watch appelle au contrôle des droits de l’Homme














Sahara occidental : Human Rights Watch appelle au contrôle des droits de l’Homme






Human Rights Watch a sommé lundi les Nations Unies de revoir le statut accordé à sa mission au Sahara occidental, quelques jours avant le vote annuel du renouvellement du mandat de la Minurso.

Une nouvelle voix s’élève contre la politique menée par le Maroc dans le territoire disputé du Sahara occidental. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a sommé lundi le Conseil de Sécurité d’intégrer un mécanisme de surveillance du respect des droits de l’Homme à la mission des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso). Le HRW accuse le Maroc de supprimer la dissidence dans ce territoire qu’il contrôle à hauteur de 80%.

Une déclaration qui intervient une semaine avant le vote annuel devant renouveler le mandat de la Minurso, et qui semble farouchement opposée au Maroc. « Le Maroc a annoncé une série d’initiatives pour les droits de l’Homme depuis 2011 qui, bien que ce soit positif, n’a encore rien changé pour la situation dans le Sahara occidental », déplorait ainsi lundi HRW, selon l’AFP. « Cette situation est caractérisée par la répression entreprise par le Maroc envers tous les Sahraouis qui expriment leur opposition à l’administration marocaine et qui demandent l’autodétermination pour le territoire ».

Mohammed VI rappelle à l’ordre Ban Ki-moon

L’organisation a par ailleurs déclaré avoir effectué son propre suivi sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental. Un suivi au cours duquel elle aurait notamment effectué des visites récentes dans deux des principales villes du territoire et dans les camps gérés par le Polisario, et duquel il ressort la confirmation de « la nécessité d’une surveillance continue , indépendante et impartiale, tel que préconisée par le chef de l’ONU » .
Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, avait en effet appelé samedi à « soutenir le contrôle des droits de l’Homme indépendants et impartiaux » dans cette région disputée. Réagissant à cette déclaration, le Roi Mohammed VI avait mis en garde le Secrétaire général des Nations Unies contre d’éventuelles « approches partiales » ou « options périlleuses » dans le traitement du dossier.

La particularité de la Minurso

Mais pour HRW il ne fait aucun doute qu’une surveillance impartiale aiderait à dénouer le problème. « Avec une surveillance impartiale des Nations Unies, il serait plus difficile pour les parties de fausser allégations de violations des droits de l’Homme pour promouvoir leurs programmes politiques. Elle dissuade les abus et favorise la responsabilisation. Tous essentiels à la promotion de la stabilité et des règlements politiques », a ainsi déclaré l’ONGI.
Contrairement aux forces de maintien de la paix des Nations Unies déployées dans d’autres régions, la Minurso, censée surveiller le cessez-le feu entre le Maroc et le Front Polisario, n’est pas chargée de faire de rapport sur les droits de l’Homme. Une particularité qui avait déjà fait l’objet d’une remise en question l’année dernière, Washington demandant alors d’agrandir le mandat de la force de maintien de la paix. Une demande inattendue et fortement contestée par le Maroc qui contrôle la majeure partie du territoire. Allié inconditionnel des Etats-Unis en Afrique du Nord, le Maroc a finalement obtenu l’abandon de la proposition.
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Human Rights Watch emboîte le pas à Amnesty International

 

Elle exige l’introduction de la surveillance des droits de l’homme dans la Minurso

 Par : Merzak Tigrine, 16/4/2014


Après Amnesty International, c’est au tour de l’autre ONG de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch, de mettre la pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies, en l’exhortant à introduire le mécanisme  de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.

En prévision de la réunion du Conseil de sécurité, qui se tiendra à la fin avril pour se prononcer sur un projet de résolution sur le dossier du Sahara occidental, l’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch s’est félicitée, lundi, des suggestions faites par le dernier rapport du Secrétaire général de l'ONU sur le conflit du Sahara occidental.
Dans ce cadre, HRW a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à introduire le mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental au sein de la Minurso.
L’ONG a adressé une lettre aux 15 pays membres de l’organe exécutif de l’ONU dans laquelle elle leur rappelle que la Minurso est la seule mission de maintien de la paix de l'ONU qui “ne comporte pas le mandat de surveiller et de faire des rapports sur la situation des droits de l'homme” du peuple sahraoui. Saluant l'appel lancé par Ban Ki-moon, dans son rapport sur la situation au Sahara occidental adressé au Conseil de sécurité, dans lequel il préconise la nécessité d'une “surveillance durable, indépendante et impartiale des droits de l'homme” du peuple sahraoui, HRW souligne que les mécanismes ponctuels de surveillance des droits de l'homme existant actuellement “ne sont pas suffisants” pour répondre totalement aux critères d'une “surveillance durable, indépendante et impartiale” de ces droits tels que préconisés par le chef de l'ONU.
Poursuivant dans le même ordre d’idées, elle a affirmé que ces critères “ne seraient mieux satisfaits que par l'élargissement du mandat de la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) pour y inclure la surveillance des droits de l'homme sur les violations commises”. Human Rights Watch indique dans sa lettre que les initiatives des droits de l'homme annoncées depuis 2011 par le Maroc “n'ont pas encore changé la situation des droits de l'homme au Sahara occidental”. Il est souligné que la situation se caractérise toujours par “la ferme répression”  perpétrée par le Maroc contre tous les Sahraouis qui “revendiquent le droit à l'autodétermination”. HRW met l’accent sur le fait que les autorités marocaines “continuent d'empêcher les Sahraouis d'organiser des manifestations publiques, d'entraver l’accréditation des associations sahraouies pour la défense des droits de l'homme et de refuser de prendre en charge les plaintes crédibles de violence policière contre les Sahraouis, et continuent de poursuivre et d'emprisonner les militants sahraouis suite à des procès inéquitables dans lesquels aucune investigation n'est menée sur les actes de tortures” contre les Sahraouis. HRW ajoute qu’elle constate une discrimination dans le traitement de la question des droits de l'homme du peuple sahraoui dans le cadre de l'ONU.
L’ONG rappelle qu'au cours de ces dernières années, les missions de surveillance des droits de l'homme et d’élaboration des rapports inhérents “sont devenues une partie intégrante des opérations de maintien de la paix des Nations unies dans le monde”. HRW cite, pour les cas les plus récents, la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Liberia, l'Afghanistan et le Soudan du Sud.
Pour Human Rights Watch il est clair qu’“avec une surveillance impartiale des Nations unies, il est non seulement plus difficile aux parties en conflit de déformer les faits sur les violations des droits de l'homme, mais cela dissuade aussi les abus et favorise la responsabilisation, ce qui est essentiel à la promotion de la stabilité et des règlements politiques”.
Nous exhortons le Conseil de sécurité à mettre fin à cette situation anormale dans laquelle la Minurso est la seule mission de maintien de la paix qui demeure dépourvue d'un mandat de surveillance et d’élaboration de rapports sur les violations des droits de l'homme”, souligne Human Rights Watch, dans son rapport, qui est accompagné par un second document dans lequel elle a décrit au Conseil de sécurité les violations continues des droits de l'homme des Sahraouis par le Maroc.
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samedi 12 avril 2014

Droit de l’Homme au Sahara occidental : le Maroc va recevoir le Haut-commissaire Navi Pillay




















Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

Le renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental approche. A cet effet, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Navi Pillay, sera en visite au Maroc durant le mois de mai.

Le représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Omar Hilale, a annoncé ce mardi, durant le Forum MAP, la visite au Maroc au mois de mai de Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Cette visite intervient à l’approche du renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental.
Omar Hilale a par ailleurs indiqué que d’autres responsables onusiens se rendront au royaume en 2014 et 2015. « Des concertations sont en cours avec les rapporteurs spéciaux chargés de la question des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et de la question de la violence à l’égard des femmes », a-t-il déclaré.
Le représentant du Maroc a profité de l’occasion pour lancer une nouvelle pique au voisin algérien, sans toutefois le citer : « les allégations colportées par certains milieux hostiles à l’intégrité territoriale du royaume sur le fait que le Maroc ne permettrait pas aux délégations étrangères de se rendre dans ses provinces du sud ».
Une « visite de suivi » sera organisée à l’intention du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendes.

vendredi 7 mars 2014

Querelle France-Maroc : vu de Paris, Rabat est "hystérique"












28 /2/2014 / par Fouâd Harit





La querelle diplomatique entre la France et le Maroc est telle, que certaines voix commencent à s’élever à Paris pour dénoncer l’attitude « hystérique » du royaume.

Les autorités marocaines sont-elles « hystériques » ? La réponse, selon Me Pierre Bréham, l’un des avocats des plaignants qui a déposé plainte contre le patron du contre-espionnage marocain, à l’origine de l’éclatement de la querelle diplomatique entre la France et le Maroc, est, sans détour, oui.
La décision marocaine de suspendre la coopération judiciaire avec la France est « totalement disproportionnée », a-t-il estimé. Cette décision unilatérale a été prise suite à la descente policière au domicile de l’ambassadeur du Maroc à Paris afin de remettre une convocation au patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, sans passer par les câbles diplomatiques.
Cette initiative a surpris Paris, notamment le président François Hollande, le chef de la diplomatie Laurent Fabius et la Garde des Sceaux Christiane Taubira qui s’efforcent depuis une semaine d’apporter des « explications », de « dissiper les malentendus » et d’assurer la « constante amitié » franco-marocaine. Mais selon le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha El Khalfi, Rabat « n’a pas encore reçu d’explications concernant ce qui s’est passé ».

Les hauts gradés marocains sont « susceptibles »
Cette suspension n’est pas sans conséquences. Pour l’heure, « aucun acte de mariage ou de filiation ne pourra être exécuté dans les deux pays. Et au niveau pénal, cela signifie qu’on ne peut plus faire de demandes d’extradition, d’auditions de témoins, ou de transfèrements », explique Me Bréham. « Le Maroc a vraiment utilisé l’arme atomique pour tuer une mouche », s’étonne-t-il.
Un spécialiste du Maroc relève le caractère « susceptible » des « haut gradés marocains » lorsqu’ils sont « ciblés par la justice française ». Ils « ont vécu d’une manière dramatique le fait qu’on puisse aller délivrer une convocation à la résidence de l’ambassadeur. Cela signifie qu’il n’y a plus de protection », déclare-t-il.
D’après Hélène Legeay, la responsable Maghreb à l’Action des chrétiens contre la torture (ACAT), l’association à l’origine des plaintes, cette décision vise à empêcher « le transfèrement de détenus français condamnés au Maroc, les autorités marocaines cherchent à les empêcher de porter plainte pour torture à leur arrivée en France ».
M. Hammouchi fait l’objet de plusieurs plaintes déposées par des ONG et des victimes présumées de tortures, dont deux Franco-Marocains.

vendredi 21 février 2014

ACAT - Sahara occidental : dépôt de plaintes auprès de la France et de l'ONU pour la torture de Naama Asfari, et derniers rebondissements.



ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - Cabinet Joseph Breham, 21/2/2014
Communiqué de presse
L’ACAT et Maître Joseph Breham ont déposé le 20 février deux plaintes pour que la lumière soit faite sur les tortures subies par Naama Asfari, défenseur des droits de l’homme et militant pour l’autodétermination du Sahara occidental, condamné en 2013 à 30 ans de détention par la justice militaire marocaine sur la base d’aveux signés sous la torture.
Une plainte a été déposée auprès du Comité contre la torture de l’ONU contre le Maroc pour les sévices subis par Naama Asfari, la prise en compte des aveux forcés par le juge militaire et l’absence d’enquête malgré la réitération de ses allégations de torture. Naama Asfari et son épouse, Claude Mangin [1], ont aussi adressé une plainte pénale au doyen des juges d’instruction de Paris. L’ACAT s’est constitué partie civile aux côtés des victimes.
Selon Maître Joseph Breham, avocat de Naama Asfari et de son épouse, « La plainte déposée en France doit amener la justice française à identifier les auteurs et donneurs d’ordre des tortures fréquemment infligées aux militants sahraouis. Actuellement, l’État de droit est tel au Maroc qu’une telle enquête n’y est pas possible. »
Malgré les dénonciations réitérées et documentées tant de la société civile que de la communauté internationale, l’Etat Marocain n’a jamais enquêté sérieusement sur les graves violations des droits de l’homme perpétrés à l’encontre des militants Sahraouis.
Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « à travers le cas de Naama Asfari, nous appelons le CAT et les Nations unies à condamner le phénomène tortionnaire et l’impunité au Maroc. Le royaume, soucieux de son image sur la scène internationale, sera amené à rendre des comptes s’il est condamné. Une condamnation par le Comité contre la torture serait un premier pas significatif dans la lutte contre l’impunité et encouragerait les autres victimes sahraouies et marocaines à porter plainte devant l’ONU, jusqu’à ce que la justice marocaine décide de rendre justice elle-même ».
Naama Asfari est un défenseur des droits de l’homme et militant pour l’autodétermination du Sahara occidental. Le 16 février 2013, après plus de 27 mois de détention préventive, il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement par le tribunal militaire de Rabat à l’issue de neuf jours d’un procès inéquitable marqué par la prise en compte des aveux signés sous la torture.
Il a été arrêté le 7 novembre 2011 à Laayoune, région du Sahara occidental sous administration marocaine, la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik [2]. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées dans ce contexte, parmi lesquelles Naama Asfari et 23 autres opposants politiques et défenseurs des droits de l’homme sahraouis – pour la plupart soumis à la torture – et très lourdement condamnés par le tribunal militaire. Les accusés ont déclaré à plusieurs reprises avoir été torturés. Les juges militaires ont refusé d’ordonner une expertise médicale et les ont condamnés sans preuve, sur la base d’aveux signés sous la torture.
Naama Asfari a été condamné à 30 ans d’emprisonnement, bien qu’arrêté la veille des faits qui lui sont reprochés. Neuf de ses co-accusés ont été condamnés à l’emprisonnement à perpétuité. Ces condamnations sont définitives, les jugements rendus par des tribunaux militaires ne pouvant pas faire l’objet d’appel en droit marocain.
Contact presse :
·         Pierre Motin, ACAT, 01 40 40 99 69 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr  
·         Maître Joseph Breham, 01 53 01 92 20, jb@jb-juris.fr  
Notes aux rédactions :
·         [1] Claude Mangin est de nationalité française, et peut dès lors porter plainte auprès des autorités françaises.
·         [2]Le camp de Gdeim Izik avait été érigé un mois plus tôt par des milliers de Sahraouis pour protester contre les discriminations économiques et sociales dont ils s’estiment victimes de la part du gouvernement chérifien. Lors du démantèlement du camp par les forces de sécurité, des affrontements ont éclaté avec les manifestants. Selon les autorités marocaines, neuf soldats ont été tués. 

mangin claude claudemangin@yahoo.fr

18:23 (Il y a 15 heures)


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Derniers rebondissements suite au dépôt de plainte pour Ennaâma Asfari

Par helene.legeay@acatfrance.fr,21/2/2014




Voici les derniers rebondissements suite au dépôt de plainte pour Ennaâma Asfari hier.
 Nous avons appris que le directeur de la DGST (impliqué dans plusieurs plaintes pour torture déposées par l'ACAT, dont celle d'Ennaâma) était de passage à Paris hier. Nous avons tenté de le faire interpeler.



Une association demande l'audition d'un responsable marocain en visite en France

Paris (France)  -  20 février 2014 21:19  -  AFP  -  LEAD , ajoute précisions sur la plainte de M. Asfari
 
/  INF  -  POL - CLJ  -  405 Mots  /  diplomatie prison droitsHomme enquête France Maroc  /  FRS-FR 20 février 2014 

Une ONG française a demandé jeudi l'audition du patron du contre-espionnage marocain actuellement en visite en France, Abdellatif Hammouchi, qu'elle accuse de complicité de torture au Maroc.

"Nous demandons aux autorités françaises de profiter de sa présence pour l'entendre dans le cadre des plaintes que nous avons déposées à Paris", a déclaré à l'AFP Hélène Legeay, responsable des programmes Maghreb-Moyen-Orient de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat-France).

La présence en France du patron de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) a été confirmée à l'AFP de source proche de l'ambassade du Maroc. M. Hammouchi accompagnait le ministre marocain de l'Intérieur, Mohamed Hassad, en visite à Paris.

L'Acat s'est associée à plusieurs plaintes relatives à des faits présumés de torture au sein du centre de détention marocain de Temara, qui dépendrait de la DGST.
Une des plaintes, déposée avec constitution de partie civile par Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, a donné lieu à l'ouverture fin 2013 d'une information judiciaire à Paris, selon une source proche du dossier.
M. Lamtalsi affirme avoir été arrêté en octobre 2008
près de Tanger, puis torturé pendant trois jours à Temara avant qu'on ne l'oblige selon lui à signer des aveux.

Il a nié devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés mais a été condamné selon l'Acat en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis. Il a par la suite été transféré en France pour y purger sa peine.

M. Hammouchi est visé dans cette plainte pour complicité de torture.

C'est également le cas dans une autre plainte déposée jeudi au parquet par un Marocain de 44 ans, Ennaâma Asfari.
 

Ce défenseur des droits de l'homme sahraoui incarcéré au Maroc où il purge une peine de 30 années de réclusion criminelle estime que la justice française peut enquêter sur des faits commis à son encontre au Maroc au nom de la compétence universelle, du fait de la présence en France de M. Hammouchi.

"Nous espérons que le parquet ne sacrifiera pas la nécessité de lutter contre la torture sur l'autel des bonnes relations avec le Maroc", a déclaré à l'AFP Me Joseph Breham, avocat des plaignants.

De source judiciaire, on indiquait jeudi soir qu'une éventuelle audition de M. Hammouchi impliquait au préalable de vérifier avec le ministère des Affaires étrangères si la DGST peut éventuellement faire valoir une immunité.

jac/bat/fm