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samedi 23 janvier 2016

Niveau de démocratie : Le Maroc 107ème selon The Economist Intelligence Unit

DR
Le Maroc est un pays à "régime hybride". C'est ce qui ressort du classement 2015 de l'indice de la démocratie publié par The Economist Intelligence Unit dans lequel le royaume se retrouve au 107ème rang mondial. Un mauvais classement qui le place devant beaucoup de pays de la zone MENA, considérée comme la région la plus répressive du monde. Détails.
Encore, une fois dans un classement international sur la démocratie le Maroc brille par son mauvais classement. The Economist Intelligence Unit vient de rendre public son indice 2015 de la démocratie qui mesure le niveau de démocratie dans 167 pays (dont 2 territoires) à travers le monde.
Pour mesurer le niveau de démocratie des pays, cet indice international se base sur 60 indicateurs regroupés en 5 catégories : processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique. Sur chaque catégorie, les pays se voient attribuer une note allant 0 à 10. Ensuite, en fonction du score obtenu, chaque pays se voit classer dans l’une des 4 catégories de démocraties : « démocraties complètes », « démocraties imparfaites », « régimes hybrides » ou « régimes autoritaires ».

mercredi 26 août 2015

Un appel historique contre le crime climatique




|  Par Jade Lindgaard
En finir avec les discussions dilatoires sur le climat et passer, enfin, à l’action en forçant États et industries à laisser les énergies fossiles dans le sol. Tel est le message principal d’un appel « pour en finir avec les crimes climatiques » lancé par cent personnalités internationales que Mediapart publie en avant-première.

En finir avec les discussions dilatoires sur le climat et passer, enfin, à l’action en forçant États et industries à laisser les énergies fossiles dans le sol. Tel est le message principal d’un appel « pour en finir avec les crimes climatiques » lancé par cent personnalités internationales que Mediapart publie en avant-première.

jeudi 18 juin 2015

Nul en droit, l'accord judiciaire franco-marocain, la dernière forfaiture du pouvoir.


Les droits sociaux sont des droits de l'Homme protégés par des traités contraignants et d'effet direct, ratifiés par la France. Avec l'ANI, la réforme des retraites, la loi Macron, la majorité fait de la régression sociale. C'est prohibé, le droit international des droits de l'Homme. 

Par la loi Urvoas, ce même pouvoir se surpasse, en violant les droits de l'Homme civils et politiques, en méprisant pareillement les engagements internationaux de la France.
Voilà qu'il se compromet à se rendre complice d'actes de torture en privant les victimes d'un recours efficace en cas de torture au Maroc.

Le Maroc. Allez-y, vous n'en reviendrez pas.

La politique française se sent pousser des ailes pour mépriser les droits de l'Homme.
La torture est un crime international à propos duquel il existe une prohibition absolue . Ce crime est imprescriptible et la compétence universelle garantit l'efficacité de cette prohibition absolue.
L'accord Franco-Marocain viole les engagements de la France à ce propos. Le pouvoir se comporte donc de mauvaise foi, comme un voyou, au mépris du droit à la sureté, qui est un droit de l'Homme, et que l’État doit garantir aux personnes qui se trouvent sous sa protection.
Hollande, Valls, Macron et Urvoas font que la France déserte en matière de droits de l'Homme. Mais avec cet accord judiciaire franco marocain, le pouvoir se surpasse.
Hollande, Valls, Macron et Urvoas n'ont pas fini de surprendre et la casse du droit n'est pas encore finie.
Le droit n'est pas des chiffres et la finance est inopérante pour faire échec au droit ou le modifier, si tant est qu'on soit un juriste sérieux. Ce qui semble manquer à l'Assemblée nationale. Prendre en compte l'avis d'un financier pour réformer la loi c'est comme demander son avis à un vampire pour un don du sang.
Il n'y a pas de Realpolitik ni de raison d'Etat qui tiennent.
La Réalpolitik c'est l'assassinat de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht ou les accords de Munich. On a vu le résultat. Daladiérisme, nous revoilà!
Les droits sociaux sont rognés et la liberté de manifester, comme celle de se mettre en grève sont remises en cause (L'Assemblée limite le droit de grève dans le transport aérien, Des députés veulent limiter la liberté de manifester). A quand le retour du Carnet B  ? Ou du livret ouvrier ? Fermer les usines comme à Carmaux ou tirer sur les ouvriers comme à Fourmies ?


La violation des engagements internationaux de la France permet d'invoquer une exception d'inconventionnalité au tribunal, permettant au juge d'écarter l'application de la loi ou du règlement (exemple) violant le traité protecteur des droits de l'Homme. Ne pas hésiter non plus de réclamer réparation des dommages. Le Conseil d'État consacre la responsabilité de l'État du fait des lois contraires aux engagements internationaux.
L'accord bilatéral franco-marocain est nul en droit, puisqu'il fait échec à des engagements internationaux antérieurs de la France sur la prohibition absolue de la torture, que le pouvoir a l'obligation de respecter.
S'il y a des avocats ou des plaideurs pour le faire, aux juges d'accueillir l'exception d'inconventionnalité et s'en saisir afin de rétablir l’État de droit dans un pays qui rappelle bien plus le régime de Vichy que le programme du Conseil national de la Résistance.
Valls, Hollande, Urvoas, Macron n'ont pas l'excuse d'une occupation militaire pour expliquer un tel mépris des droits de l'Homme qui se traduit concrètement dans les textes qu'ils proposent et font adopter. Ils ne manquent pas d'air à panthéoniser tout en méprisant les sacrifices et les acquis de ceux qu'ils prétendent honorer. Le fascisme n'est pas une fatalité. C'est une lâcheté.
Le quarteron à la manœuvre  n'est pas en mesure de rassurer l'opinion en observant l'entreprise de démolition du Droit qu'ils conduisent.
Il ne sert à rien d'invoquer une normalité quand celle-ci est inutile.
La France n'a pas besoin d'un président qui, à défaut de s'intéresser au droit et à la démocratie, sait faire du scooter, et un premier ministre qui, à défaut d'être capable de s'élever au niveau des valeurs fondamentales de la République et respecter l'article deux de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, ne sait prendre de l'altitude que pour égayer ses week-ends.
Le débat politique d'aujourd'hui est bien loin de l'appel du 18 juin, pour la commémoration duquel, en considération de la production législative, il paraît difficile de trouver un élu crédible pour faire un discours. Au regard des trente dernières années, le 18 juin s'affirme de plus en plus comme un rappel de la défaite de Waterloo. L'époque est plus aux fossoyeurs de la République.
Avec un tel gouvernement, Sertorius prendrait l'exil en disant que la France, si on l'aime, on la quitte : " Rome n'est plus dans Rome ; elle est toute où je suis. "

Liens :
Silence on torture

L'accord de coopération judiciaire est très vivement critiqué
Maroc: Amnesty dénonce une pratique «endémique» de la torture
«C’est la raison d’Etat face au droit»
Le régime marocain organise «une régression nette» des libertés
Votez non à l'accord d'entraide judiciaire
La FIDH demande le rejet du nouveau protocole judiciaire
Amnesty s'alarme des risques d'impunité pour la torture au Maroc

samedi 3 janvier 2015

L’impatience des jeunes Sahraouis

Dans les camps de réfugiés de Tindouf

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Par Rabah Beldjenna, 3/1/2015


En 1975, les Espagnols abandonnaient le Sahara occidental aux mains du Maroc et de la Mauritanie. Le peuple sahraoui, qui était sur le point de fêter son indépendance, était «violemment chassé» par le roi Hassan II de ses territoires vers le sud de l’Algérie, où il s’est exilé dans des camps de fortune.

En 1991, un espoir surgit avec le cessez-le-feu et la promesse d’un référendum dans le cadre d’un plan de règlement onusien. La Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), créée dans ce but, était censée permettre l’organisation rapide d’un référendum au Sahara occidental, tout en assurant la paix entre le Front Polisario et le Maroc.

lundi 10 novembre 2014

Les militants disent NON à la campagne de répression et d'interdictions !

Aymane Aouidi
Aymane Aouidi 10 novembre 10:35
Partagez SVP !
TOUS/TES dans la rue, 
le 16 novembre ,
 pour dire NON à la campagne de répression et d'interdiction dont l'AMDH est victime.

Dimanche 16 novembre, 
11:00 (UTC)
ous avez été invité(e) par Samira Kinani
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 L'AMDH par Ali Fkir 

La noble AMDH est grande , elle est invincible grâce aux hautes qualités de ses militant-Es et aux valeurs humaines qu'elle véhicule. A défaut de valeurs démocratiques, les faibles n'ont que la répression et l'intrigue comme armes.
Ci-dessous les véritables problèmes. Les scribouilleurs à la solde du makhzen se veulent aveugles.
Pour 2015, l'Etat prévoit:
- de dépenser 22% du budget général de l'Etat pour faire face aux amortissements et intérêts des dettes.
- 25,36% des recettes seront comblées par des emprunts
Le makhzen a hypothéqué l'avenir des futures générations. Celle d'aujourd'hui patauge déjà dans le marécage (à sables mouvants) des conséquences du conflit du Sahara, de l'endettement...Savez-vous que la surfacturation de l'électricité s'inscrit dans le cadre de la préparation de la privatisation de l'ONE? Les acquéreurs n'auront qu'à ramasser les milliards. Le terrain sera déjà "pacifié". Certains avancent que l'ONA royal sera l'un des bénéficiaires. Rien n'est officiel.

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15/11/2014


AZIZ AKKAOUI, de l'AMDH EXPRIME SA COLÈRE A RABAT LE 16 NOVEMBRE 2014

L'AMDH la plus grande et la plus importante association des droits humains au Maroc ,en Afrique du nord et dans le monde arabe - avec 96 sections réparties sur le territoire national et en Europe- fait l'objet d'interdictions et de harcèlement systématique et délibéré des services du ministère de l'intérieur marocain! Rien que pour la journée du 1er novembre 2014 , le ministère de l'intérieur a interdit 20 activités de l'AMDH !

Cette déclaration de guerre contre l'AMDH a été annoncée officiellement par le ministre de l'intérieur devant les "représentants" de la nation pendant le mois de juillet de l'année en cours sans que nos honorables "représentants" ne s'interrogent sur les raisons de cette offensive des troupes de l'intérieur sur les positions de l'AMDH !

Mais contrairement à lui, monsieur le ministre de l'intérieur et ceux qui sont derrière lui,  nous, militantes et militants de l'AMDH , savons trop bien que l'AMDH se refuse de répéter en chœur la cacophonie qui écorche et les esprits et les oreilles du peuple marocain, laquelle cacophonie a pour titre " Goulou laam zine" "dites que le Maroc dans lequel nous vivons est le meilleur des Marocs possibles"! Nous répétons en revanche à son excellence monsieur le ministre que les volontés sont libres et que nous avons choisi au sein de l'AMDH de haut et fort que nous sommes aux antipodes des politiques impopulaires de votre gouvernement! Continuez votre sale guerre comme bon vous semble, nous continuons notre noble lutte pour la liberté, la démocratie, la dignité et l'égalité !!!

samedi 12 avril 2014

L'Humanité au creux de la vague, par Ali Fkir

  Par Ali Fkir, 9/4/2014
Je pense que la recette en vogue dans le "monde arabe" est entrain de  conquérir le "monde occidental". De quoi s'agit-il?
- Dans le monde arabe, le charlatanisme règne en maître. Tout le monde, ou presque, recourt à la potion religieuse pour s'affirmer. On s’entre-tue en Irak, en Syrie, au Liban...au nom de l'Islam. Le hic c'est qu'ils sont tous islamistes.
Au Mali, au nom de l'Islam, les jihadistes ont tué aussi bien les "mauvais" musulmans que les non musulmans. 
Au Maroc d'aucuns tels Nabil Benabdellah ex "communiste" (hhhhh) s'accrochent à la djellaba du barbu Benkirane et ce....pour "conquérir" les masses populaires avec la baraka islamiste. Du côté de l'opposition, d'aucuns ne voient pas de solution antimakhzenienne en dehors du "combat" (hhhh) sous la houlette des opposants barbus.
La déchéance idéologique a étourdi certains au point qu'ils ne font plus de distinction entre le progressisme et la réaction.
- L'entité sioniste fait de la "judaïsation" son credo et tous les moyens sont bons pour imposer un "Etat juif" quitte à exterminer tout le peuple palestinien et autre  "mauvaise graine arabe".
- En occident, la recette religieuse est  rentable. L'extrême droite gagne du terrain.  A Kiev, les "révolutionnaires" (hhhhh), érigent des chapelles pour administrer l'opium religieux. Obama est allé voir le "grand manitou" des catholiques au Vatican pour , entre autres, lui demander de faire fonctionner la machine "opiumeuse" contre Poutine...refaire le coup de la Pologne des années 80.
Victimes des fléaux causés par la "mondialisation", devant la précarisation galopante qui affecte aussi bien les "pays du centre" que ceux "de la périphérie", devant la débandade, surtout idéologique, des forces progressistes, les masses populaires sont "prête" à écouter les charlatans de tous poils (muftis, rabbins, prêtres...),à suivre les forces politiques obscurantistes, à s'en prendre "aux autres". Le génocide dont sont victimes les musulmans en Centrafrique n'est qu'un exemple parmi d'autres. La mobilisation haineuse contre les travailleurs étrangers en Europe rapporte des millions de voix. Les défenseurs de la tolérance, des valeurs universelles perdent du terrain.
Ce qui se passe à Ghardaia (en Algérie) est révoltant et surtout dangereux, très dangereux pour toute l'Afrique du Nord.
Le mot charlatanisme n'est pas le propre des religions. Ce soir un "docteur en sciences politiques", l'"intellectuel" français a prétendu que  l'Afghanistan n'a pas eu la chance d'être colonisé pour s'imprégner des "valeurs de la démocratie". Pauvre charlatan! Mali, Centrafrique, Rwanda, Maroc...ont été colonisés. Sont-ils pour autant imprégnés des "valeurs démocratiques"?
      

vendredi 11 avril 2014

Dumping social ? Austérité ? « Stop » ! « L’Europe détricote ce que nos grand-parents ont construit »


50 000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale européenne ce vendredi pour dire « stop » au dumping social et à l’austérité. Un cortège coloré et très diversifié. Avec comme point commun le désir d’une vraie Europe sociale pour les travailleurs.

Jonathan Lefèvre, 4/4/2014


Des travailleurs sont venus des quatre coins de l’Union. Des drapeaux slovaques, autrichiens, allemands, hollandais, français, polonais, etc. ont flotté sur Bruxelles, capitale de cette Europe néolibérale que les manifestants entendaient bien contester. Côté belge, les dockers anversois et gantois, les ouvriers de Saint-Gobain, de Heinze et d’autres délégations importantes, comme Caterpillar, ont fait du bruit.
« Jusqu’à 50 % des jeunes sont sans emplois dans les pays les plus durement touchés par l’austérité. Et 121 millions d’Européens sont sous le seuil de pauvreté. Voilà tout ce qu’ont rapporté 6 ans d’austérité ! Mais les dettes publiques n’ont pas bougé. L’austérité ne marche pas. Elle casse les jeunes et ne fait que des dégâts. Elle creuse aussi les inégalités », dénonçait la FGTB dans son communiqué de presse. Les militants des trois syndicats belges ont répondu massivement à l’appel de la CES (Confédération européenne des syndicats). Comme David, de la CGSP : « On n’est pas d’accord avec le dumping social, ni avec l’austérité, ni avec l’expulsion de 55 000 jeunes des allocations de chômage. Pour moi, c’est un tout. C’est une catastrophe sociale, en Belgique et partout en Europe. Pas seulement en Grèce ou en Espagne, mais dans tous les autres pays aussi. »
Parmi les thèmes abordés par les manifestants, l’Europe revenait souvent, bien sûr, mais la politique locale était aussi dans le viseur. Monique (CSC Services publiques) : « Je suis là pour soutenir les travailleurs qui ne trouvent plus de travail et surtout contre le fait de payer moins les travailleurs étrangers. Ces gens sont sous-payés alors qu’ils font souvent des métiers pénibles. C’est dans la logique du diviser pour mieux régner des dirigeants politiques et du patronat. Même moi, qui travaille dans une administration, je vois qu’on oppose les employés nommés aux non-nommés. Ailleurs, c’est les travailleurs belges contre les étrangers, les hommes contre les femmes… Marre ! » « Je suis là pour défendre l’emploi. Il faut une harmonisation vers le haut à l’échelle de l’Union pour éviter le dumping social. Et je suis en colère sur le gouvernement belge qui défend les patrons et laisse tomber les ouvriers. Comme beaucoup d’autres gouvernements européens », réagit André, de la Centrale générale (FGTB).
Le docker (CSC) Yvan Heyligen était aussi en colère : « Les hommes politiques doivent le savoir : s’ils continuent à libéraliser le port, dans ce cas, les dockers franchiront un pas de plus. C’est pourquoi, messieurs les politiciens, pensez un peu à ce qui s’est passé à Strasbourg, pensez aux dockers. Si vous vous asseyez sur nos salaires, nous ne serons pas d’accord ! Fernand Huts a déjà commencé, en remplaçant les dockers logistiques, qui gagnent déjà 30 % de moins que les dockers du contingent général, par des intérimaires encore meilleur marché. Maintenant, la Commission européenne veut poursuivre sur cette voie, mais nous ne l’accepterons pas ! »

« L’Europe détricote ce que nos grand-parents ont construit »

Pascale, CSC Namur-Dinant : « Je suis mère célibataire de deux jeunes filles. Une fait des études supérieures, l’autre débutera l’année prochaine. Je n’arrive plus à suivre. On nous prend pour des cons ! Les dirigeants politiques européens détricotent ce que nos grands-parents ont construit. Il faudrait vraiment que les ministres passent un mois avec nous sur le terrain. Et toutes les mesures d’austérité visent les plus précaires, donc les femmes, en premier. Le 25 mai, il faut voter pour d’autres personnes car elles sont au pouvoir depuis trop longtemps. Elles sont totalement déconnectées de la réalité. De notre réalité. »
Un thème mis en avant était l’avenir des jeunes. Katrien Mus (CSC Anvers) : « L’Europe a aujourd’hui un énorme chômage des jeunes et, pour les gens qui ont encore du travail, les conditions ont fortement régressé. Surtout pour les femmes. L’Europe crée une élite riche et beaucoup de pauvreté. Ca doit changer. C’est pourquoi nous essayons d’impliquer les jeunes et de les informer. Nous informons les jeunes aussi sur la vision des différents partis à propos de l’Europe, de sorte que, le 25 mai, ils sachent pour quoi ils voteront. »
Le président de la CSC, Marc Leemans, a mis en avant l’importance du 25 mai : « Cette manifestation est un signal aux hommes politiques qu’ils doivent faire suivre un autre cap à l’Europe, qu’ils doivent opter pour une Europe sociale. Et elle est également un message aux travailleurs : le choix qu’ils feront le 25 mai aura des conséquences qui iront très loin. Ce n’est pas un conseil de vote, mais une direction de vote. Nous le disons clairement aux gens : pensez aux conséquences. Si vous ne voulez pas d’un pays en friche et si vous voulez encore donner toutes les chances à vos enfants et petits-enfants, alors, on ne peut démanteler à aucun prix la sécurité sociale et la protection sociale. Alors, nous devons nous engager dans des investissements afin que ce soit possible. Nous le disons très clairement : votez social. »

« Pour un plan d’investissement européen »

Rudy De Leeuw, son homologue de la FGTB se montrait satisfait de la mobilisation. « Les responsables des syndicats de la CES réclament à nouveau ensemble une Europe plus humaine et sociale. Concrètement, ils réclament un ambitieux plan d’investissement pour créer 11 millions d’emplois en Europe. C’est dans ce cadre que se situe aussi l’action de nos jeunes. Ils s’opposent à la discrimination et à l’exclusion et réclament un avenir pour eux. Il y a aujourd’hui des pays avec 50 % de chômage parmi les jeunes et ça ne peut plus continuer. »
Un podium qui se trouvait au bord du cortège a particulièrement retenu l’attention. Sur scène, Peter Mertens et Raoul Hedebouw, président et porte-parole du PTB, venus soutenir les manifestants ont reçu un accueil chaleureux. Benjamin Pestieau, président du PTB Bruxelles : « On dit que les travailleurs de veulent plus se mobiliser. Une nouvelle fois, ils ont prouvé l’inverse. Selon l’Eurobaromètre publié début avril, la moitié des Européens voit comme principal défi de notre continent le développement de l’égalité sociale et de la solidarité. On en a vu un échantillon aujourd’hui. Comme parti de gauche, être là dans la rue aujourd’hui, comme hier et demain, comme dans les usines ou aux piquets de grève est important. »
Une campagne de SETCa s’intitule « C’est todi li p’ti qu’on spotch » (c’est toujours les plus petits qu’on écrase, en wallon). Mais quand les « petits » s’unissent, comme aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile de les « spotcher »…

(Propos recueillis par Jonathan Lefèvre et Gaston Van Dyck)

vendredi 4 avril 2014

Le grand écart statistique du Maroc : des bulles de surdéveloppement au milieu d’un océan de pauvreté traditionnelle

Par Omar Saghi, TelQuel,  2 avril 2014 
Une récente publication internationale révèle que le Maroc se situe en queue de peloton mondial pour l’éducation. Récriminations, regrets marocains. D’autres études pointent le mauvais élève de la santé publique. De la mortalité des femmes en couche. Des maladies infantiles. De la pauvreté rurale. Du retard des infrastructures. Emois, introspection, soucis à Rabat. Mauvais élève arabe, le Maroc ne fait pas mieux que la Mauritanie, que le Yémen, que le Soudan. Certaines régions (le Tafilalet, le Rif, le Haut-Atlas…) se bousculent du côté des pays les moins avancés (PMA) dans les colonnes statistiques mondiales aux côtés du Mali ou de la Bolivie. 
Bref, le Maroc est sous-développé.

D’autres chiffres défilent. Les meilleures écoles supérieures du Sud ? Parmi elles figurent des fleurons de l’Education nationale, publique ou privée. Les plus grandes places boursières africaines ? Casablanca caracole en tête. Les étudiants étrangers dans les grandes écoles parisiennes ? Marocains principalement, avec les Chinois et les Allemands. Les grandes entreprises maghrébines ? Les grands ports ? Les success stories médiatiques, artistiques, architecturales dans le monde arabe ? Marocains souvent. Bref, le Maroc est un pays émergent.

Mais la cohérence y passe. Et ceux qui se penchent sur le sort de ce pays jouent à compartimenter leurs analyses. D’où la dichotomie sauvage des avis sur le Maroc. Pays à la traîne. Pays pionnier. Délabré. Emergent. Médiéval. Innovant… Il ne s’agit pas de l’habituel jugement binoculaire, du verre à moitié vide ou à moitié plein. En réalité le verre marocain est plein, et vide également. Les deux avis se défendent, arguments chiffrés à l’appui. Ce n’est pas une bizarrerie quantique, mais le témoignage emblématique du dualisme marocain.
Le pays en effet, depuis l’indépendance, a fait le pari d’une modernisation qui préserve les structures politiques traditionnelles. Il lui fallait des caïds et des polytechniciens, des ouléma et des médecins, une bourgeoisie forte et entreprenante et une paysannerie nombreuse et arriérée. Il a donc, via ses programmes politiques, l’affectation de ses ressources, ses choix idéologiques et ses alliances, créé des bulles de surdéveloppement au milieu d’un océan de pauvreté traditionnelle : peu d’écoles publiques, des instituteurs sous-payés, des programmes poussiéreux d’une part, et de l’autre quelques écoles supérieures brillantes, des bourses rares et bien ciblées, des accords de coopération élitistes ; un investissement public maigre, des infrastructures squelettiques, pas de classes moyennes, mais d’importantes facilités fiscales à quelques secteurs ciblés, des flux financiers abondants et concentrés, une façade atlantique suréquipée…
Si le Maroc pointe aujourd’hui parmi les meilleurs et les pires, auprès des pays du Golfe et du Liban, et aussi du Yémen et de la Mauritanie, si nous perturbons les boussoles des instances de comptabilité internationales et les nôtres, il ne s’agit ni de schizophrénie ni de manque de données, mais du fruit d’une politique vieille d’un demi-siècle : maintenir un ancien régime en le dotant de produits high-tech. Le dualisme marocain n’est pas involontaire, ce n’est pas le résultat malheureux de négligences, mais l’effet pensé d’une politique cohérente. Les efforts contraires, entamés depuis deux décennies, pour combler le fossé entre les deux Maroc, doivent se situer par rapport à cette histoire.
Omar Saghi, paru dans Telquel

mercredi 5 février 2014

Marrakech : 9 février, marche contre la corruption et le pillage des biens publics

Aufait,


Une marche sera organisée dimanche prochain à Marrakech, sous le thème “Non à la corruption et au pillage des biens publics, oui à la démocratie”. /DR

Une marche sera organisée dimanche prochain à Marrakech, sous le thème “Non à la corruption et au pillage des biens publics, oui à la démocratie”. /DR Agrandir

La coordination régionale de lutte contre la corruption et le pillage des biens publics de Marrakech-Tensift-El Haouz a prévu une marche dimanche prochain à Marrakech.
Organisée sous le thème “Non à la corruption et au pillage des biens publics, oui à la démocratie”, la marche débutera à 10h, au quartier Bab Doukkala, près de la gare routière.
Dans une vidéo publiée sur YouTube, et reprise par plusieurs médias et sites d'information, les participants présentent les arguments et les raisons qui ont motivé cette marche.
Pour rappel, plusieurs élus de la ville ocre, anciens et actuels, sont poursuivis dans des affaires de corruption et de dilapidation des biens publics. On cite à titre d'exemple l'affaire de cession des terrains du casino Es-Saâdi à Marrakech, dans laquelle 11 accusés sont poursuivis notamment pour “corruption, gaspillage des fonds publics, abus de pouvoir, trafic d’influence et faux et usage de faux”.

Des autorités locales poursuivies
Une affaire dans laquelle l'ancien maire de Marrakech, Omar El Jazouli et le quatrième adjoint du maire de la ville et parlementaire de l'Istiqlal, Abdellatif Abdouh, ainsi que d'autres personnalités politiques, sont également poursuivis.
La marche du dimanche devait avoir lieu le 19 janvier dernier, mais avait été interdite par les autorités. La coordination régionale de lutte contre la corruption et le pillage des biens publics de Marrakech-Tensift-ElHaouz, qui regroupe entre autres l'Instance de protection des biens publics, section Marrakech, et les sections régionales de la Confédération démocratique du travail et de la Fédération démocratique du travail, avait alors annoncé qu'elle compte poursuivre en justice les autorités locales de la ville.
Cette coordination appelle à engager des poursuites contre les “pillards de l'argent public” et les “corrompus”, de récupérer l'argent volé et de mettre fin à l'impunité”. En ce qui concerne la défense des citoyens, la coordination plaide pour “mettre un terme à la flambée des prix et d'œuvrer pour la mise en place de politiques publiques avec un contenu social répondant aux aspirations d'un large segment de la société marocaine”.
aufait

vendredi 3 janvier 2014

Démocratie : Une ONG autrichienne classe le Maroc à la 97e place sur un total de 115 pays

 Par
 
Le Maroc n’est pas connu être le meilleur élève dans les classements internationaux, que ce soit pour les droits de l’homme, la corruption, le développement humain,... Et dans un classement sur la qualité de la démocratie publié récemment, le royaume est une nouvelle fois malmené, de quoi remettre en question l’exception tant chantée par les officiels marocains.
 




Encore une fois, le Maroc occupe les dernières positions dans un rapport international. 

L’ONG Democracy Ranking, basée à Vienne, a livré son Global Democracy Ranking 2013. Le royaume occupe le 97ième rang sur un total de 115 pays, reculant, ainsi, de deux places par rapport à l’édition précédente. Rien de bien reluisant. Visiblement l’effet de l’adoption de la nouvelle constitution et les élections législatives anticipées du 25 novembre 2011 n’est plus d’actualité.

Les indicateurs sur lesquels l’association s’est basée pour élaborer son classement se répartissent en six types. D’une part l’étude prend en compte la nature du régime politique en se basant sur le classement des libertés politiques de Freedom House, les changements effectués démocratiquement à la tête du gouvernement, les libertés civiles (Freedom House), l’égalité homme/femme (Forum économique mondial), la liberté de la presse (Freedom House) et la corruption (Transparency International). Les autres volets concernent les données économiques, environnementales, socio-économiques, l’accès à la santé et l’éducation.

La Tunisie fait mieux que le Maroc, l’Algérie n’est pas classée

En dépit des troubles politiques qu’a connues la Tunisie, voilà deux ans, elle s’en sort avec les meilleures notes du classement de Democracy Ranking dans la région du Moyen Orient et d'Afrique du Nord. Le pays de la révolution du jasmin s’est hissé à la 72ième place, réalisant un bond de 33 rangs par rapport au cru de l’année précédente. Il devance le Liban (79ième), l’Egypte (103ième), la Libye (108e) et le Yémen (115e) qui ferme la marche du classement sur la qualité de la démocratie.

En revanche, l’Algérie ne figure pas dans le rapport de l’association autrichienne. Et pour cause, pour figurer sur le Global Democracy Ranking 2013, il faut d’abord être classé par l’ONG américaine Freedome House comme pays libre ou partiellement libre et œuvrer pour un minimum de transparence. Dans la région arabe, la Syrie a été, également, écartée du classement pour les mêmes raisons.
 
Global Democracy Ranking 2013

vendredi 22 novembre 2013

François Hollande en Israël et Palestine: un voyage très problématique


 

On a parlé d’un voyage placé sous le signe de « l’équilibre » entre Israël et Palestine. Si même cela avait été le cas, cela poserait pro­blème pour la simple raison qu’occupés et occu­pants ne peuvent être mis sur le même plan, sauf à consi­dérer l’occupation comme étant bana­lement dans la nature des choses…

Mais pire, la délé­gation qui accom­pa­gnait le Pré­sident donnait à voir un vrai dés­équi­libre entre d’un côté les sou­tiens incon­di­tionnels d’Israël pré­sents en tant que tels et en nombre, une armée de chefs d’entreprises avides de pros­pecter le marché israélien et pour cer­tains com­plices de la colo­ni­sation et, de l’autre, quelques rares per­son­na­lités sou­cieuses d’une approche sous le signe du droit.

Sur le fond poli­tique, il est hau­tement signi­fi­catif que François Hol­lande ait choisi dès son arrivée de se placer, à propos du nucléaire iranien, en totale com­mu­nauté d’esprit avec les diri­geants israé­liens. Sans seulement s’interroger sur le dés­équi­libre stra­té­gique introduit, au delà même de la région, par l’arsenal nucléaire israélien, ni avancer la pers­pective d’un Moyen-​​Orient sans armes nucléaires. C’était accepter la priorité que tente d’imposer Israël : le pro­blème ne serait ni l’occupation, ni la colo­ni­sation, mais le nucléaire iranien !



François Hol­lande, après un éloge vibrant de la démo­cratie israé­lienne sans un mot sur les dis­cri­mi­na­tions à l’égard de ses citoyens pales­ti­niens ou de l’éviction en cours des Bédouins du Néguev, a repris la formule de Nicolas Sarkozy sur Jéru­salem capitale des deux Etats. Quant à la colo­ni­sation, il a certes affirmé qu’elle devait prendre fin, mais sans assortir cette affir­mation de la moindre exi­gence pouvant la rendre cré­dible ni en rap­peler expli­ci­tement l’illégalité. Comme si on pouvait sans se dis­cré­diter esquiver la question des sanc­tions contre l’occupant.

Paroles, donc, encore et toujours.

Le plus grave est sans doute qu’il ait demandé, « en toute inno­cence », aux Pales­ti­niens de « faire un geste » dans les négo­cia­tions, les Israé­liens en ayant déjà fait un avec la libé­ration des pri­son­niers. Il sem­blait ignorer que la libé­ration des pri­son­niers d’avant Oslo était actée dès le sommet de Charm el Cheikh de … 1999 ! Et ne pas saisir l’absurdité de son propos quand, depuis le début de ces « négo­cia­tions », les mises en chantier de nou­veaux loge­ments pour les colons et des­truc­tions de maisons pales­ti­niennes se suc­cèdent à un rythme sans pré­cédent. Pour ne rien dire de la répression quo­ti­dienne de la résis­tance popu­laire. On ose espérer qu’il n’a pas suggéré aux Pales­ti­niens, comme l’affirment cer­tains com­men­ta­teurs, de recon­naître qu’Israël a des « droits his­to­riques » sur ce que nous appelons depuis tou­jours la Palestine. Ce serait, par une régression gra­vissime, se placer sur le terrain piégé des mythes et quitter celui de la politique.

Nous avons donc après ce voyage mal­heu­reu­sement encore plus d’interrogations qu’avant sur la cohé­rence et les objectifs de la poli­tique fran­çaise.

Elles ne nous détour­neront pas du chemin qui est le nôtre : ren­forcer le mou­vement de soli­darité avec la Palestine, élargir le réseau des élus qui se retrouvent à nos côtés pour redire qu’aucune solution au conflit ne sera pos­sible hors du droit et, forts de l’appui d’une majorité de nos conci­toyens, inter­peller sans relâche ni décou­ra­gement le gou­ver­nement pour l’amener à changer de poli­tique. Car hors d’une solution fondée sur le droit, c’est le chaos qui s’imposerait.

Le Bureau national

samedi 7 septembre 2013

Liste de pays bombardés par les USA (depuis la seconde guerre mondiale),sous prétexte d'exporter la liberté et la démocratie !


لمن يريد أن يفهم لماذا نرفع شعار " يكفينا ،يكفينا من الحروب ، حكومات أمريكا عدوات الشعوب "
إليكم لائحة للدول التي قنبلتها حكومات أمركا - الويلات المتحدة الأميركية
وشكرا للرفيق سعيد كراوي
Liste de pays bombardés par les USA (depuis la seconde guerre mondiale),sous prétexte d'exporter la liberté et la démocratie !
* Chine 1945 -1946
* Corée 1950 - 1953
* Chine 1950 -1953
* Guatemala 1954
* Indonésie 1958
* Cuba 1959 - 1960
* Guatemala 1960
* Congo 1964
* Guatemala 1964
* République Dominicaine 1965 - 1966
* Pérou 1965
* Laos 1964 - 1973
* Vietnam 1961 - 1973
* Cambodge 1969 - 1970
* Guatemala 1967 - 1969
* Liban 1982 - 1984
* Grenade 1983 - 1984
* Libye 1986
* El Salvador 1981 - 1992
* Nicaragua 1981 - 1990
* Iran 1987 - 1988
* Libye 1989
* Panama 1989 - 1990
* Irak 1991
* Somalie 1992 - 1994
* Bosnie 1995
* Iran 1998
* Soudan 1998
* Afghanistan 1998
* Serbie 1999
* Afghanistan 2001
* Irak 2003
* Libye 2011

dimanche 18 août 2013

La « Bey3a », cette humiliante survivance d’un autre âge


Télescopage calendaire de deux antinomies
A deux jours près, la fête du trône au Maroc aurait pu coïncider avec la fête nationale suisse, le 1er aout.
Ironie et cruauté du calendrier qui fait se télescoper deux célébrations antinomiques.
Une première, à la gloire d'un seul homme. Puis le surlendemain, la célébration, jusqu'aux plus profondes vallées de la Suisse, du citoyen.

Salah Elayoubi
Et il en va de la fête nationale de ces deux pays, comme de leur constitution. Alors que le diable se cache au détour de chacune des pages de la nôtre, faisant le lit de la dictature, la constitution helvétique donne le ton, dès son préambule, en plaçant le peuple, au premier rang de ses décisionnaires et les plus faibles de ses citoyens, au centre de toutes les préoccupations, bien avant la Nation elle-même.
Extraits :
« Au nom de Dieu Tout-Puissant !
Le peuple et les cantons suisses,
sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres. »
Une pure leçon de démocratie, dans ce petit pays de moins de sept millions d'habitants, où près de soixante pour cent de la population ignore jusqu'au nom du président en exercice.

Humiliation, le maître mot
Du citoyen, la monarchie alaouite n'en a cure et le prouve. A peine sorti du « Danielgate » dans lequel il s'était lui-même embourbé, Mohammed VI n'a pas eu la moindre considération pour sa garde royale qui a perdu, selon un bilan tout provisoire, dix-sept (17) de ses membres, dans la chute de leur camion, précipité dans le vide, d'une hauteur de deux cent (200) mètres, samedi 10 août, entre Chefchaouen et Tétouan. Quarante et un (41) soldats ayant, par ailleurs, été blessés dans le même accident.
Naturellement, tout comme lorsqu'un avion cargo C130, de l'armée de l'air marocaine s'était écrasé, le 26 juillet 2011, près de Goulmim, faisant plus d'une trentaine de victimes, les préparatifs de la fête de l'allégeance se sont poursuivies, alors que les deux tragédies auraient du susciter l'annulation de toutes les festivités et une période de deuil national.
C'est que trop heureux d'humilier ceux de ses compatriotes qui broutent autour du piquet de la monarchie et comme bien des dictateurs qui l'ont précédé, dans l'exercice du pouvoir, le roi a préféré succomber à la tentation de la mégalomanie et au culte de la personnalité plutôt qu'à partager le deuil des familles de sa propre garde.
Pire, la cérémonie en question qui aura coûté une vingtaine de millions de dirhams au contribuable marocain, a subi un tel lifting et ses moindres détails à ce point codifiés, que le spectacle des élites du pays alignées au cordeau, fait irrémédiablement penser, toutes proportions gardées aux pires moments de l'humanité, lorsque le fascisme rêvait de faire revivre les légions de l'empire romain et orchestrait de gigantesques rassemblements de ses membres en formations carrées.

Un vague air de « Roi soleil » et de poulets en batterie
La comparaison s’arrête là, car sur l’esplanade du Palais, chauffée à blanc par le soleil de ce mois d’août 2013, c’est le ridicule qui est à l’ordre du jour.
Point de chemises brunes, ni de vociférations ou de bras tendus, mais un alignement de burnous blancs qui donnent à la cérémonie, des allures d’élevage de poulets en batteries, ou de colonie de manchots. Le pire étant à venir, lorsque les processionnaires doivent se prosterner à plusieurs reprises, face au roi béat, à cheval, et qui, pour mieux marquer sa différence, s’est travesti en jaune, couleur du soleil. Bien piètre imitation de Louis XIV, le « Roi Soleil », qui fut autrement plus charismatique et dont la force de caractère avait fait de lui,  l’un des plus grands monarques de son époque.
Une fois prononcée la fameuse formule, «  Allah ibarek fi 3oumr sidi ! », (Dieu prête longue vie à mon seigneur) les représentants du peuple, ceux de la société civile ainsi que les cadres de l’administration territoriale, sont poussés, sans aucun ménagement, et au pas de gymnastique, par une cohorte d’esclaves du Palais, pendant que le roi avance de quelques pas sur sa monture, en direction du prochain groupe. Au cours de ce sprint au goût de ridicule,  il n’est pas rare de voir l’un des participants perdre une, voire les deux babouches, dans la confusion générale et se retrouver en chaussettes. Plus tard, la cérémonie achevée, les nettoyeurs les récupéreront comme autant de trophées hilarants que personne, par décence, ne s’abaissera jamais, à venir réclamer.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, bon nombre d’adeptes de la servitude volontaire,  ont déployé des trésors de ruse et de persuasion, pour que leur nom soit couché sur la liste des  participants. Tout ce petit monde qui compte jusqu’à plusieurs milliers d’individus, obéit à une convocation, à laquelle nul ne peut plus se soustraire, dès lors qu’elle est émise, sous peine de crime de lèse-majesté.
Sur une tribune dressée face à l’esplanade, quelques « privilégiés », ponctuent chaque sprint par un tonnerre d’applaudissements hypocrites et apprécient d’autant ce spectacle d’un autre âge, qu’il leur aura été épargné, pour un temps, de figurer dans cette arène de la honte, où les élites de la nation viennent singer une sorte de reddition au goût d’infamie.
C’est du crieur officiel du régime marocain, Mustapha Alaoui,  qu’est venue la plus pertinente des descriptions  de ce spectacle moyenâgeux. La langue du journaliste de la première chaîne marocaine de télévision,  a fourché, au grand ravissement de tous, lorsqu’il a prononcé « Bala’e » (souffrance), au lieu de « Oualla’e  » (allégeance). Tout est dit ! 

Dans la brèche ouverte, il y a deux ans
Mais toute mécanique, aussi huilée soit-elle, court le risque de se gripper un jour, l’unanimité de la Bey3a s’est fissurée, cette année,  avec ces deux personnalités qui ont, à tout le moins, exprimé leur plus grande réserve quant à cette célébration dévolue à la gloriole du roi, au lieu d’être la fête de toute la Nation.
Le premier, un jeune député Istiqlalien, Adil Chikito a tout simplement refusé de venir s’incliner devant le roi.
  -              « Je ne peux pas soutenir psychologiquement de voir ça, devant moi !  On ne se prosterne que devant Dieu »
Le second, le Président de la Chambre de  Commerce et d'Industrie de Khémisset, Mohamed Idrissi Khamiss, a dénoncé à mi-mots, après sa participation à la cérémonie, les dépenses somptuaires, tout autant qu’inutiles qui accompagnent la cérémonie et l’indifférence des participants, à l’évocation du coût de revient de celle-ci :
  -              «  Les convives n'ont pas réagi à mes propos, préférant se concentrer sur les boissons et les gâteaux préparés par le meilleur traiteur du Maroc, en attendant les plats de résistance, méchouis et poulets !  »
L’homme n’hésite même plus à  mettre en doute sa propre légitimité à représenter les citoyens:
 -              « La plupart des participants ont été invités parce qu'ils sont élus par les citoyens. Mais est ce que nous représentons vraiment les citoyens ? Franchement, je ne le pense pas, vue la façon dont est mené le processus électoral.  »

  Dans leur livre «  Le Roi prédateur  » paru en Mars 2012, Catherine Graciet et Eric Laurent, avaient eu cette phrase, à propos de la rupture par Ahmed Benseddik , de son allégeance au Roi :
  -              «  En rompant ce lien d’obéissance, au fondement du pouvoir monarchique, Benseddik vient d’ouvrir une minuscule brèche. Mais comme toute voie d’eau, elle pourrait bien menacer de s’agrandir rapidement.  »
  L’avenir se chargera de nous dire si les propos des deux auteurs étaient prémonitoires ou si   tout comme Abdelillah Benkirane qui avait, à peu de chose près, exprimé le même point de vue, avant de tourner casaque, nos deux amis Chikito et Khamiss ne vont pas, un jour ou l’autre, se rallier à la curée et aux libations que la monarchie offre depuis bien trop longtemps à ses laudateurs, en puisant généreusement et impunément, dans les caisses du trésor public !

 http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1249-la-bey3a-cette-humiliante-survivance-d-un-autre-age
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Le déroulement en 2013 de la cérémonie d'allégeance des notables du Maroc au roi Mohamed VI.

En regardant la vidéo ci-dessous, je me demandais comment (et qu') avaient-ils fait, durant des heures d'attente, pour ne pas trop s'ennuyer, avant l'apparition de Mohamed VI sur sa monture? Que se passait-il dans la tête de tous ces notables de blanc vêtus au moment de leur prosternation ostentatoire devant le sultan? Comment vivaient-ils le fait de se prosterner de la sorte devant un homme, aussi royal soit-il?

À coup sûr, cette cérémonie est le pire message que puisse envoyer un roi qui se présente au reste du monde comme un homme moderne et réformateur.


https://www.youtube.com/watch?v=qZ7LL6vy4r4