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samedi 16 janvier 2016

Sahara Occidental : le Parlement européen recommande l'extension du mandat de la Minurso aux droits de l'Homme

jeudi, 14 janvier 2016 

Sahara Occidental : le Parlement européen recommande l'extension du mandat de la Minurso aux droits de l'Homme


BRUXELLES - Le Parlement européen a réitéré son appel pour l'extension du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (MINURSO) à la surveillance du respect des droits de l'homme comme c'est d'usage pour des missions de maintien de la paix.

Dans un rapport publié mercredi, le Parlement européen a exprimé son étonnement que la MINURSO reste "la seule mission des Nations unies en Afrique dépourvue d'un mandat de surveillance du respect des droits de l'homme", ce qui "ne permet pas d'avoir un mécanisme pour la déclaration des violations des droits de l'homme".
Un amendement portant sur l'extension du mandat de la MINURSO à la surveillance et la protection des droits de l'Homme au Sahara occidental, occupé par le Maroc, proposé par le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) au Parlement européen, a été adopté en décembre.
Cet amendement a été approuvé à l'issue du vote de la résolution du Parlement sur le rapport annuel 2014 sur les droits de l'Homme et la démocratie dans le monde ainsi que sur la politique de l'Union européenne en la matière.
Après un long débat, le Parlement européen a fini par adopter, par 258 voix contre 251, un amendement de députés qui exhortent les Nations unies à doter la MINURSO d'un mandat de surveillance des droits de l'Homme.

jeudi 14 août 2014

L'UE détient la clé de la solution du conflit du Sahara occidental

EU key to the solution of the Western Sahara conflict
Last December, by a narrow majority vote, the EU Parliament, in a surprise move, twisted the arm of justice and international legality to ratify the Protocol of the EU-Morocco Fisheries Partnership Agreement (FPA), allowing European vessels to ...
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L'UE détient la clé de la solution du conflit du Sahara occidental - En décembre dernier, par un vote à une étroite majorité, le Parlement européen, dans une démarche surprise, a tordu le cou à la justice et à la légalité internationale en ratifiant ...  Lire la suite

La UE tiene la clave para la solución del conflicto en el Sahara Occidental
En diciembre pasado, por estrecha mayoría, el Parlamento de la Unión Europea (UE) en un movimiento sorpresivo torció el brazo a la justicia y a la legalidad internacional al ratificar el Protocolo al Acuerdo de Cooperación ...
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EU är nyckeln till lösningen av konflikten i Västsahara  I december godkände EU-parlamentet med knapp majoritet och emot internationell lag avtalet mellan Marocko och EU, som tillåter europeiska fartyg att fiska illegalt i de västsahariska vatten som är ockuperade av Marocko. En ... Läs mera



Lire le Communiqué de presse de la Commission européenne du 15 juillet 2014
Entrée en vigueur de l'accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l'Union européenne et le Maroc

vendredi 11 avril 2014

Dumping social ? Austérité ? « Stop » ! « L’Europe détricote ce que nos grand-parents ont construit »


50 000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale européenne ce vendredi pour dire « stop » au dumping social et à l’austérité. Un cortège coloré et très diversifié. Avec comme point commun le désir d’une vraie Europe sociale pour les travailleurs.

Jonathan Lefèvre, 4/4/2014


Des travailleurs sont venus des quatre coins de l’Union. Des drapeaux slovaques, autrichiens, allemands, hollandais, français, polonais, etc. ont flotté sur Bruxelles, capitale de cette Europe néolibérale que les manifestants entendaient bien contester. Côté belge, les dockers anversois et gantois, les ouvriers de Saint-Gobain, de Heinze et d’autres délégations importantes, comme Caterpillar, ont fait du bruit.
« Jusqu’à 50 % des jeunes sont sans emplois dans les pays les plus durement touchés par l’austérité. Et 121 millions d’Européens sont sous le seuil de pauvreté. Voilà tout ce qu’ont rapporté 6 ans d’austérité ! Mais les dettes publiques n’ont pas bougé. L’austérité ne marche pas. Elle casse les jeunes et ne fait que des dégâts. Elle creuse aussi les inégalités », dénonçait la FGTB dans son communiqué de presse. Les militants des trois syndicats belges ont répondu massivement à l’appel de la CES (Confédération européenne des syndicats). Comme David, de la CGSP : « On n’est pas d’accord avec le dumping social, ni avec l’austérité, ni avec l’expulsion de 55 000 jeunes des allocations de chômage. Pour moi, c’est un tout. C’est une catastrophe sociale, en Belgique et partout en Europe. Pas seulement en Grèce ou en Espagne, mais dans tous les autres pays aussi. »
Parmi les thèmes abordés par les manifestants, l’Europe revenait souvent, bien sûr, mais la politique locale était aussi dans le viseur. Monique (CSC Services publiques) : « Je suis là pour soutenir les travailleurs qui ne trouvent plus de travail et surtout contre le fait de payer moins les travailleurs étrangers. Ces gens sont sous-payés alors qu’ils font souvent des métiers pénibles. C’est dans la logique du diviser pour mieux régner des dirigeants politiques et du patronat. Même moi, qui travaille dans une administration, je vois qu’on oppose les employés nommés aux non-nommés. Ailleurs, c’est les travailleurs belges contre les étrangers, les hommes contre les femmes… Marre ! » « Je suis là pour défendre l’emploi. Il faut une harmonisation vers le haut à l’échelle de l’Union pour éviter le dumping social. Et je suis en colère sur le gouvernement belge qui défend les patrons et laisse tomber les ouvriers. Comme beaucoup d’autres gouvernements européens », réagit André, de la Centrale générale (FGTB).
Le docker (CSC) Yvan Heyligen était aussi en colère : « Les hommes politiques doivent le savoir : s’ils continuent à libéraliser le port, dans ce cas, les dockers franchiront un pas de plus. C’est pourquoi, messieurs les politiciens, pensez un peu à ce qui s’est passé à Strasbourg, pensez aux dockers. Si vous vous asseyez sur nos salaires, nous ne serons pas d’accord ! Fernand Huts a déjà commencé, en remplaçant les dockers logistiques, qui gagnent déjà 30 % de moins que les dockers du contingent général, par des intérimaires encore meilleur marché. Maintenant, la Commission européenne veut poursuivre sur cette voie, mais nous ne l’accepterons pas ! »

« L’Europe détricote ce que nos grand-parents ont construit »

Pascale, CSC Namur-Dinant : « Je suis mère célibataire de deux jeunes filles. Une fait des études supérieures, l’autre débutera l’année prochaine. Je n’arrive plus à suivre. On nous prend pour des cons ! Les dirigeants politiques européens détricotent ce que nos grands-parents ont construit. Il faudrait vraiment que les ministres passent un mois avec nous sur le terrain. Et toutes les mesures d’austérité visent les plus précaires, donc les femmes, en premier. Le 25 mai, il faut voter pour d’autres personnes car elles sont au pouvoir depuis trop longtemps. Elles sont totalement déconnectées de la réalité. De notre réalité. »
Un thème mis en avant était l’avenir des jeunes. Katrien Mus (CSC Anvers) : « L’Europe a aujourd’hui un énorme chômage des jeunes et, pour les gens qui ont encore du travail, les conditions ont fortement régressé. Surtout pour les femmes. L’Europe crée une élite riche et beaucoup de pauvreté. Ca doit changer. C’est pourquoi nous essayons d’impliquer les jeunes et de les informer. Nous informons les jeunes aussi sur la vision des différents partis à propos de l’Europe, de sorte que, le 25 mai, ils sachent pour quoi ils voteront. »
Le président de la CSC, Marc Leemans, a mis en avant l’importance du 25 mai : « Cette manifestation est un signal aux hommes politiques qu’ils doivent faire suivre un autre cap à l’Europe, qu’ils doivent opter pour une Europe sociale. Et elle est également un message aux travailleurs : le choix qu’ils feront le 25 mai aura des conséquences qui iront très loin. Ce n’est pas un conseil de vote, mais une direction de vote. Nous le disons clairement aux gens : pensez aux conséquences. Si vous ne voulez pas d’un pays en friche et si vous voulez encore donner toutes les chances à vos enfants et petits-enfants, alors, on ne peut démanteler à aucun prix la sécurité sociale et la protection sociale. Alors, nous devons nous engager dans des investissements afin que ce soit possible. Nous le disons très clairement : votez social. »

« Pour un plan d’investissement européen »

Rudy De Leeuw, son homologue de la FGTB se montrait satisfait de la mobilisation. « Les responsables des syndicats de la CES réclament à nouveau ensemble une Europe plus humaine et sociale. Concrètement, ils réclament un ambitieux plan d’investissement pour créer 11 millions d’emplois en Europe. C’est dans ce cadre que se situe aussi l’action de nos jeunes. Ils s’opposent à la discrimination et à l’exclusion et réclament un avenir pour eux. Il y a aujourd’hui des pays avec 50 % de chômage parmi les jeunes et ça ne peut plus continuer. »
Un podium qui se trouvait au bord du cortège a particulièrement retenu l’attention. Sur scène, Peter Mertens et Raoul Hedebouw, président et porte-parole du PTB, venus soutenir les manifestants ont reçu un accueil chaleureux. Benjamin Pestieau, président du PTB Bruxelles : « On dit que les travailleurs de veulent plus se mobiliser. Une nouvelle fois, ils ont prouvé l’inverse. Selon l’Eurobaromètre publié début avril, la moitié des Européens voit comme principal défi de notre continent le développement de l’égalité sociale et de la solidarité. On en a vu un échantillon aujourd’hui. Comme parti de gauche, être là dans la rue aujourd’hui, comme hier et demain, comme dans les usines ou aux piquets de grève est important. »
Une campagne de SETCa s’intitule « C’est todi li p’ti qu’on spotch » (c’est toujours les plus petits qu’on écrase, en wallon). Mais quand les « petits » s’unissent, comme aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile de les « spotcher »…

(Propos recueillis par Jonathan Lefèvre et Gaston Van Dyck)

vendredi 27 septembre 2013

Un rapport du parlement européen se transforme en un réquisitoire contre le Maroc


Après les éloges européens sur la nouvelle politique migratoire du Maroc, voilà qu’arrivent les critiques. Et  bien entendu, c’est sur le sujet des droits de l’homme au Sahara qu’elles se concentrent. Au parlement européen, les amis du Polisario ont réussi à transformer un rapport, en principe consacré au Sahel, en un réquisitoire contre le Maroc.


Le Polisario enchaîne les victoires en Europe.

 La commission des Affaires étrangères du Parlement européen (AFET) vient d’adopter, par 46 voix contre 13 abstentions, un rapport accablant pour le Maroc sur la situation des droits de l’Homme au Sahara. Les observations du document élaboré par le britannique Charles Tannock, conservateur, couronnent une visite qu’il a effectué, du 27 au 29 août, dans la région.
Sans surprise, le texte est totalement en faveur des amis de Mohamed Abdelaziz. Et pour cause, Tannock a consacré l'essentiel de son rapport, initialement prévu sur le Sahel, au non-respect du Maroc des droits de l’homme au Sahara, exprimant à cet égard sa « profonde préoccupation » et « réaffirmant » le droit du « peuple sahraoui à l’autodétermination ». Le Polisario par la voix de son « ministre » délégué pour l'Europe, Mohamed Sidati, s’est dit « très satisfait » de la teneur du rapport, « particulièrement sa partie consacrée au Sahara Occidental ».

Tannock n’a pas laissé El Yazami présenter ses observations
« La partialité de l’eurodéputé britannique a fait réagir Driss El Yazami », nous confie une source présente à la réunion. « Le président du CNDH a tenté à plusieurs reprises d’intervenir pour lui présenter des données sur les droits de l’homme au Sahara, en vain » ajoute-t-il. Dans l’ensemble, El Yazami était le meilleur marocain. Les autres membres de la délégation marocaine n’ont rien fait pour renverser la vapeur. Ils se sont contentés d’assister. Et c’est déjà pas mal.
Sur la même longueur d’onde qu’El Yazami, le tout jeune lobby marocain - à peine 9 mois - au parlement européen a critiqué le contenu du document. « Le projet de rapport comportait des éléments incriminant le Maroc et éludant les efforts réalisés par le Royaume dans la promotion des droits de l’homme et le développement des Provinces du Sud de son pays », indique, dans un communiqué, le groupe d’amitié Union européenne-Maroc.
Le groupe, selon le même texte, « s’est mobilisé pour rectifier le tir et finalement obtenir un rapport plus acceptable », citant pour preuve,  la question de l’accord de pêche qui été exclue du rapport de l’AFET, « nous jugions cette mention beaucoup trop sévère au moment même où l’UE négocie un renouvellement de ce protocole de pêche ».
Il rappelle aux eurodéputés favorables au Polisario que « ce sont d’abord les pêcheurs européens, et en particulier espagnols, qui profiteront de cet accord. Mettre un premier coup de canif dans les négociations aurait été un très mauvais signal vis-à-vis de nos partenaires et des travailleurs européens qui subissent la crise de plein fouet ».
Le rapport de Charles Tannock, en principe sur le Sahel, mais en réalité consacré au Maroc, sera examiné, le 24 octobre, par la plénière du parlement européen à Strasbourg. Rabat  à moins d'un mois pour sauver les meubles.
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Par Amnay N'tudert, 25/9/2013

Rapport Tannock sur les droits de 

l’Homme au Sahara Occidental

Tout en rappelant le statut juridique du Sahara Occidental qui, selon l’ONU, demeure un territoire non autonome, justiciable, de l’autodétermination par son peuple, M. Tannock consacre l’essentiel de son rapport, à la “grave” situation des droits de l’Homme générée par l’occupation marocaine au Sahara Occidental.
Le rapport a dans ce sens “réaffirmé” le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et demande au Maroc et au Front Polisario de poursuivre les négociations pour parvenir à une solution pacifique du conflit.
Ainsi, le rapport exprime sa “profonde préoccupation” se référant aux rapports de l’ONU et autres qui font état de la pratique fréquente par le Maroc de la torture, des séquestrations, des détentions arbitraires, des disparitions forcées parmi les populations sahraouies, et tout particulièrement les défenseurs de l’indépendance du territoire.
Le même document demande aux autorités marocaines de garantir des procès justes et transparents, d’enquêter et de poursuivre les auteurs impliqués dans des détentions arbitraires, dans la torture et autres abus, tout en déplorant les restrictions établies par le Maroc des libertés de mouvements, d’association et d’expression.
Il est aussi souligné dans ce rapport que l’organisation onusienne “n’a toujours pas pu mettre sur pied un mécanisme indépendant et crédible pour le monitoring des droits de l’Homme au Sahara Occidental”.
Le document souligne, par ailleurs les efforts déployés par le Front Polisario, notamment la mise en place et le fonctionnement de la gouvernance des campements de réfugiés.
Abordant la question des mines, le rapport loue la signature par le Front Polisario de l’appel de Genève, et déplore que le Maroc n’a toujours pas souscrit aux conventions internationales en matière des mines.
Le rapport en question sera soumis à l’approbation et au vote du parlement européen en session plénière au mois d’octobre prochain.
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Dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a évoqué le problème du Sahara Occidental, ancienne colonie espagnole envahie par le Maroc en 1975, qui reste "l'une des matières inachevées de l'ONU" et exprimé le soutien de l'Espagne au droit à l'autodétermination pour le peuple sahraoui.
"L'Espagne soutient une solution juste, durable et mutuellement acceptable pour assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre des dispositions de l'ONU", a-t-il déclaré.
Les organes d'intoxications du Makhzen ont coupé la deuxième moitié de la phrase qui parle d'autodétermination.
Il est à rappeler que la presse marocaine n'a pas mentionné le rapport de Charles Tannock que les marocains ont tenté de bloquer par des manœuvres
Le rapport sur la situation des droits de l’Homme au Sahel et au Sahara Occidental qui a été adopté par une commission du Parlement européen sera soumis à l’approbation et au vote du parlement européen en session plénière au mois d’octobre prochain.


dimanche 14 juillet 2013

Le pape à Lampedusa : hommage aux migrants


VU DE GUINÉEUne prière pour les migrants de Lampedusa

Sur l'île de Lampedusa, le pape François a rendu hommage aux milliers de migrants venus s'échouer sur les côtes de l'Europe. En Afrique, la visite a été perçue comme une "parabole" pour célébrer "la fraternité et la solidarité entre les hommes".

Par Courrier International, GUINÉE CONAKRY INFO,| MARIA DE BABIA,9/7/2013
Le pape François se recueille après avoir déposé une gerbe de fleurs en hommage aux migrants morts en mer.- Photo AFP.
Une couronne de chrysanthèmes jaunes et blancs jetée à la mer par le pontife catholique, en hommage aux 19 000 morts au cours des vingt dernières années, durant lesquelles près de 200 000 migrants ont foulé le sol de cette pointe avancée qu’est l’île de Lampedusa, "l’une des principales portes d'entrée en Europe".

Oui, le pape a pris la mer comme pour vivre le drame de nombreux migrants à travers le monde, Somaliens, Ethiopiens, Afghans, Irakiens, Syriens et autres ; mais surtout celui de milliers d'Africains, car les arrivées en 2013
à Lampedusa ont déjà dépassé les 4 000 migrants, soit trois fois plus qu’en 2012 [à la même période] !

Plus de 10 000 personnes, des migrants en majorité, s'étaient massées dans le petit stade ce 8 juillet, pour voir et écouter le pape François, cet Argentin, lui-même fils
d’émigré italien. Mais comme pour narguer cette visite historique, un nouveau bateau de 166 migrants y était conduit au matin du 8 juillet, peu avant l’arrivée du chef de l’Eglise romaine… 

En quête de bonheur

C’est d’abord sur une vedette des garde-côtes que le pape se rend à la "porte de l'Europe", ce monument-mémoire édifié en souvenir de tous les naufragés en quête de bonheur, puis ce fut la visite du quai où les réfugiés sont conduits après leurs dramatiques aventures. Le message pontifical est fait d'amour, d’amour du prochain, de quête du bonheur partagé, de combat de l’égoïsme des riches, de l'indifférence de l’Occident.

Ses mots sont forts, prononcés la main sur le cœur, mais avec "une épine dans le cœur qui provoque la souffrance". Il rappelle à tous : "Nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix, un endroit meilleur pour eux et leur famille, mais ils ont trouvé la mort…"

Le pape François s'indigne et fustige la lâcheté des hommes : "Qui est responsable du sang de ces frères et sœurs ? Personne ! Nous répondons tous ainsi : ce n'est pas moi, c'est sans doute quelqu'un d'autre (...), nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle." Il a raison, le pape François. En effet, le centre de Lampedusa, qui accueille aujourd’hui quelque 6 000 migrants, a été bâti à l’origine pour héberger seulement quelque 380 personnes ; c’est dire que les conditions de vie y sont aléatoires et inhumaines, tout simplement.

Un voyage à la fois symbole et parabole


La loi du nombre et celle l’espace ne font pas bon ménage en ces lieux où les campements pullulent. Le voyage du pape François est à la fois symbole et parabole. Symbole par sa nature humaine et historique ; parabole par la valeur morale du modèle qui enseigne, à l’image du Christ, la force de l’amour qui est vérité, simplicité et chemin d’éternité.

En priant pour tous les morts victimes de la mer — "prions pour ceux qui aujourd’hui ne sont pas là" —, le pape nous invite à plus de solidarité, à la fraternité. Puisse l’exemple du "pape des pauvres" nous enrichir de sa simplicité, pour que notre quotidien soit différent, afin que nos indifférences habituelles se métamorphosent en quête de l’autre. Au-delà des mers. Vers les rivages d’une nouvelle fraternité humaine. Amen.

MONDE -  8/7/2013

Lampedusa. "Le pape devrait agir sur les politiques migratoires des Etats du nord"

En visite sur l'île italienne de Lampedusa, le pape François a fustigé "l'indifférence" du monde au sort des migrants. Documentariste et auteur du webdoc Osons savoir sur les migrations en Méditerranée, Jérémy Cheong Chi Mo appelle le pape à faire pression sur les Etats pour changer de politique des flux migratoires.
Rappel des faits:
Le pape François a célébré une messe devant 10.000 personnes dans le petit stade de Lampedusa, en hommage aux milliers de personnes mortes en tentant de traverser la Méditerranée. Ces derniers jours, les garde-côtes italiens et maltais ont sauvé plus de 800 migrants, venus pour l'essentiel de Libye.
Dans son homélie, le pape a fustigé l'indifférence face au sort des "immigrés morts en mer, sur ces bateaux qui, au lieu d'être un chemin de l'espérance, ont été une route vers la mort".  "Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle", "la culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d'autrui (...) aboutit à une globalisation de l'indifférence", a-t-il poursuivi. S'il a appelé à "changer concrètement certaines attitudes", le pape ne s'attaque pas là aux politiques migratoires européennes, mais au comportement personnel: "Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons, nous n'avons plus soin de ce que Dieu a créé."
L'entretien:
Partagez-vous l'indignation du pape?
Jérémy Cheong Chi Mo. On peut la partager. Mais il aurait fallu que le pape aille plus loin: qu'il prenne appui sur cette indignation pour agir directement sur les politiques migratoires mises en place par les Etats du nord concernés par les arrivées de migrants. Depuis le tournage de notre documentaire et la mise en ligne de notre plateforme osonssavoir l'hiver dernier, rien n'a vraiment changé. Les Etats du nord de la Méditerranée font toujours pression sur les Etats africains pour bloquer les migrations. En Libye, un accord en ce sens entre le gouvernement italien et le Conseil national de résistance avaient déjà été trouvé alors que le pays était encore en guerre. Même chose avec le Mali. La situation n'a pas évolué. Les pays européens dictent toujours leurs décisions aux pays du sud.
 Que faudrait-il faire?
Jérémy Cheong Chi Mo. Il faudrait mettre en pratique les préconisations formulées par Bertrand Badie, Guillaume Devin, Rony Brauman, Emmanuel Decaux  et Catherine Wihtol de Wenden dans Pour un autre regard sur les migrations. En clair, il faudrait une gouvernance mondiale des migrations, fondée non plus sur des décisions dictées au Sud par le Nord, mais sur une approche multilatérale pour réguler différemment les flux migratoires. Les pays du Nord ont besoin de ces flux. Des économistes ont chiffré le besoin de migrants à 300.000 personnes pour l'Europe. Il faudrait aussi prendre plus en compte les diasporas dans les politiques de développement. Il faudrait par ailleurs permettre une vraie mobilité pour le Sud, donc changer nos politiques de délivrance de visa. Laisser les gens venir en France permet de démitifier l'émigration vers le nord. C'est ce qui s'est passé pour les Tunisiens en 2011. Bon nombre sont repartis dans leur pays.
 Il s'agit donc de dépassionner la question?
Jérémy Cheong Chi Mo.  Cela implique effectivement de ne plus jouer avec les peurs, mais d'envisager les migrations sous un angle multinational, avec de vrais partenariats entre pays impliqués. On ne considérerait dès lors plus les migrants comme une menace, mais comme des partenaires. Malheureusement, la situation est toujours bloquée.