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mercredi 22 mars 2017

Sahara: Offensive diplomatique du Polisario


Alors que le Conseil de sécurité examinera le mandat de la Minurso en avril, le Polisario et ses soutiens s’activent sur la scène continentale et internationale.

À un mois de l’examen du mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara (Minurso) par le Conseil de sécurité de l’ONU, le Front Polisario mène une offensive diplomatique. Ce 20 mars, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), dirigé par l’Algérien Smail Chergui,  s’est réuni pour examiner "la situation au Sahara occidental".
Aucune information n’a été communiquée par l’UA quant à la teneur des débats, mais d'après l’agence de presse algérienne APS, les discussions devaient être centrées sur la situation à Guergarat. L’envoyé spécial de l’UA pour le Sahara, le Mozambicain Joaquin Chissano, était présent lors de cette réunion selon la même source. On rappelle que l'ancien président mozambicain avait été nommé dans ses fonctions par la désormais ex-présidente de la Comission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.
Selon l'agence de presse algérienne, "l'interdiction de la mission de l'UA d'effectuer son travail à Laâyoune" figurait à l'ordre du jour de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

 Lire l'article:

samedi 11 mars 2017

Sahara : Vers un retrait «imminent» des milices du Polisario de Guerguerate


Politique Publié Le 10/03/2017
 

D’après une source au Sahara, le retrait des milices du Polisario de Guerguerate serait «imminent». Un geste, explique-t-elle, de la direction du Front en direction de la Mauritanie, pays gravement affecté par la crise qui prévaut dans la zone tampon.
Ce possible retrait, s’il est confirmé, donnerait alors du crédit aux nouvelles faisant état d’une médiation du président Mohamed Ould Abdel Aziz en vue d’un dénouement de la crise.
Hier, le chef d’Etat mauritanien a reçu M’Hamed Khadad, le coordinateur avec la Minurso, qui était porteur d’un message de Brahim Ghali.

La rédaction
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Politique Publié Le 10/03/2017 à 14h37

Sahara : Vers un retrait «imminent» des milices du Polisario de Guerguerate

D’après une source au Sahara, le retrait des milices du Polisario de Guerguerate serait «imminent». Un geste, explique-t-elle, de la direction du Front en direction de la Mauritanie, pays gravement affecté par la crise qui prévaut dans la zone tampon.
Ce possible retrait, s’il est confirmé, donnerait alors du crédit aux nouvelles faisant état d’une médiation du président Mohamed Ould Abdel Aziz en vue d’un dénouement de la crise.
Hier, le chef d’Etat mauritanien a reçu M’Hamed Khadad, le coordinateur avec la Minurso, qui était porteur d’un message de Brahim Ghali.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/51770/sahara-vers-retrait-imminent-milices.html

lundi 16 novembre 2015

Sahara: le Maroc et l’ONU au bord de la rupture ?

Sahara: le Maroc et l’ONU au bord de la rupture ?
Christopher Ross et Mohammed VI en 2012. Crédit : AFP image: http://telquel.ma/wp-content/uploads

Discours virulent de Mohammed VI, attaque de Mezouar contre Christopher Ross, Sit-in devant le siège de la Minurso à Laâyoune… Le torchon serait-il en train de brûler entre l’ONU et le Maroc ?

Christopher Ross « ne retournera jamais au Sahara ». C’est ce qu’a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, le 7 novembre, à l’agence de presse espagnole EFE. Si, côté marocain, ce n’est pas la première fois que le royaume hausse le ton à l’égard de l’envoyé personnel de Ban-Ki Moon pour le Sahara, les propos de Mezouar semblent entrer dans le cadre d’une plus large offensive menée par le Maroc contre les instances onusiennes s’occupant du dossier du Sahara.
Preuve en est le sit-in organisé devant les locaux de la Minurso au lendemain du discours de la Marche verte. Et ce n’est pas tout.  Mohammed VI s’est déplacé en personne, à bord de sa berline, pour saluer les foules amassées* devant les locaux de la mission onusienne. Tout cela, sans oublier le contenu du discours du 6 novembre, dans lequel le monarque a réitéré la position marocaine selon laquelle « l’autonomie élargie était le maximum que pouvait proposer le Maroc ».  Alors, comment expliquer ce nouveau ton adopté par le royaume ?

Fait accompli

« C’est simple, le Maroc veut appliquer la politique du fait accompli », juge Taher Abouzaid, membre de la commission administrative de l’USFP. Ce dernier, originaire du Sahara, estime que le sit-in organisé devant le siège de la Minurso était une « erreur ». « Ce que ne comprennent pas ces jeunes, qui ont été envoyés manifester devant la mission, c’est que c’est Hassan II lui-même qui a admis l’idée du référendum d’autodétermination et que c’est encore lui qui a accordé à la Minurso le droit de s’installer à Laâyoune », explique le militant socialiste.
Mais alors quel message Mohammed VI voulait véhiculer en s’affichant aux côtés de ces manifestants ? « C’est celui de dire à la communauté internationale que le Maroc a tout donné, et qu’aujourd’hui il passe à la vitesse supérieure et investit des milliards de dirhams dans des territoires qui lui appartiennent », avance Abouzaid. Une politique du fait accompli qui intervient au moment même où le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a appelé « toutes les parties dans la région […] de tirer profit des efforts intensifs menés par (Christopher Ross) pour faciliter le lancement de vraies négociations dans les prochains mois ».

Un risque d’isolement ?

Mais alors cette escalade ne risque-t-elle pas de pousser le Maroc à l’isolement ? Pour l’instant, à en croire les spécialistes, le Maroc n’a pas encore franchi le Rubicon. « On pourra parler si le Maroc chasse la Minurso de Laayoune. Là, effectivement, le Maroc courra sérieusement un risque d’isolement », estime Abouzaid.  « L’objectif de notre diplomatie est de rendre la vie difficile à Christopher Ross, et ainsi pousser Ban Ki Moon à changer d’envoyé personnel», estime le politologue El Hassan Boukantar, qui précise tout de même : « la mission de Christopher Ross  entre dans le cadre d’une résolution onusienne. Le Maroc n’a pas intérêt à arrêter sa coopération avec lui ».
De son côté, l’ONU par la voix de son porte-parole Stephane Dujarric a déclaré, lundi 9 novembre, que Christopher Ross avait « tout le droit de visiter le Sahara occidental ».  De quoi augurer de lendemains tendus entre le Maroc et les Nations unies.


En savoir plus sur http://telquel.ma/2015/11/12/sahara-maroc-lonu-au-bord-rupture_1469946#AcskSUuRWr7efpbi.99

* Foule de jeunes amenée  du Maroc (NDLR)

jeudi 12 novembre 2015

SAHARA 1975-2015, quelles perspectives politiques et géostratégiques ?



IRIS
Bonjour,

L’Institut de relations internationales et stratégiques a le plaisir de vous inviter à participer à la conférence-débat :
 
  SAHARA 1975-2015, 
quelles perspectives politiques et géostratégiques ?
 
Mardi 17 novembre 2015, 18h30 - 20h00
Espace de conférences de l’IRIS *
Conférence-débat organisée autour de Flavien BOURRAT, enseignant à l’Inalco, Béligh NABLI, directeur de recherche à l'IRIS et Mustapha NAÏMI, anthropologue, chercheur à l'Institut universitaire de la recherche scientifique (IURS) de Rabat.
Animée par Didier BILLION, directeur adjoint de l’IRIS.
Nous vous remercions de bien vouloir vous inscrire en cliquant sur le lien suivant : INSCRIPTION
(inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles)
En espérant que cette conférence suscitera votre intérêt, nous vous prions d'agréer nos cordiales salutations.
L’équipe de l’IRIS
       
* Espace de conférences de l'IRIS, 2 bis rue Mercœur, 75011 Paris
Plan d’accès.

IRIS
2 bis, rue Mercœur - 75011 PARIS - FRANCE
Tél. : 33 (0)1 53 27 60 60 - colloques@iris-france.org
Sites : IRIS
- IRIS SUP' - Espace de conférences
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vendredi 10 avril 2015

Sahara occidental: vers un procès contre 11 Marocains pour "génocide" ?









  • Onze hauts fonctionnaires et militaires marocains risquent un procès en Espagne pour "génocide" au Sahara occidental, après l'enquête d'un juge espagnol qui a dénoncé jeudi des "attaques systématiques" contre les civils entre 1975 et 1991.
     
    Le juge Pablo Ruz de l'Audience nationale, spécialisée dans les affaires complexes, estime qu'il "existe des indices rationnels" permettant de juger les onze inculpés pour des faits de "génocide", dans les conclusions d'une enquête ouverte en octobre 2007.
    Son arrêt, consulté par l'AFP, qui peut faire l'objet d'un recours, suit la demande du parquet qui s'était déclaré favorable à ces poursuites il y a plusieurs mois, selon une source judiciaire.
    Les autorités marocaines n'avaient pas réagi en début de soirée. Le Sahara occidental est un sujet sensible entre Madrid et Rabat depuis l'annexion par le Maroc en 1975 de cette ancienne colonie espagnole et le conflit armé de 16 ans qui a suivi entre les forces marocaines et le Front polisario, réclamant le droit à l'autodétermination.
    "Depuis novembre 1975, date de l'occupation par le Maroc du Sahara occidental (...) et jusqu'en 1991, la population civile a fait l'objet d'attaques systématiques et généralisées de la part des forces militaires et policières marocaines", accuse le juge dans ses conclusions.
    Le magistrat fait état de "bombardements contre des campements de population civile," de "déplacements forcés de populations civiles", d'"assassinats, de détentions et disparitions de personnes d'origine saharouie".
    Pour lui, il s'agissait bien d'un génocide, car les critères qui permettent de retenir le crime de génocide étaient bien réunis, les victimes ayant été persécutées "en raison précisément de ces origines (sahraouies), dans le but de détruire partiellement ou totalement cette population et s'approprier le territoire du Sahara occidental".

jeudi 2 avril 2015

Sahara: l’Union africaine campe sur ses positions



Maroc

Sahara: l’Union africaine campe sur ses positions

Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l'UA. Crédit : Estonian Foreign Ministry/Flickr. Sahara: l’Union africaine campe sur ses positions
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Quelques semaines avant le renouvellement du mandat de la Minurso par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union africaine réitère dans un rapport son appui à l’élargissement du mandat à la surveillance des droits de l’Homme.
L’Union africaine (UA) se dit préoccupée par le fait que, « près de quatre décennies après le déclenchement du conflit au Sahara Occidental, tous les efforts déployés à ce jour en vue de trouver une solution n’ont pu atteindre les résultats escomptés ». Dans un rapport publié le 27 mars, la Présidente de la Commission sur l’évolution du processus de paix au Sahara et secrétaire générale de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma revient sur l’histoire du conflit et notamment sur l’avancée des négociations et des discussions ces dernières années.
Elle évoque également le renouvellement du mandat de la Minurso (Mission des Nations unies au Sahara), qui expire le 30 avril 2015. Ainsi, elle rappelle son «espoir» que lors du renouvellement du mandat par le Conseil de sécurité, ce dernier «saisira cette occasion pour donner à la Minurso un mandat en matière de droits de l’homme, en vue de permettre […] une surveillance soutenue, indépendante et impartiale des droits de l’homme, tant dans le territoire [le Sahara, ndlr] que dans les camps de réfugiés [à Tindouf, ndlr] ».
Nkosazana Dlamini-Zuma
Rappelons que l’année dernière, dans une première version du rapport de la Minurso présentée le 10 avril 2014, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait souligné la nécessité de surveiller de manière « durable, indépendante et impartiale » les droits de l’Homme dans la région. Une position que l’UA, dont le Maroc s’est retiré en 1984, suite à l’inclusion du Front Polisario, s’était empressée de soutenir. En réaction, Mohammed VI avait appelé le secrétaire général onusien et avait insisté sur l’« impératif de préserver les paramètres de la négociation définis par le Conseil de Sécurité […] et d’éviter les approches partiales, et les options périlleuses ».
Et le royaume avait obtenu gain de cause : le Conseil de sécurité a adopté, le 29 avril 2014, une résolution prorogeant d’une année supplémentaire le mandat de la Minurso sans inclure de mécanismes d’observations des droits de l’Homme.
Nkosazana Dlamini-Zuma demande aussi que le Conseil de sécurité « règle la question de l’exploitation des ressources naturelles du territoire » et revient sur le forum Crans Montana organisé à Dakhla le 12 mars dernier, rappellant que l’UA a demandé aux organisateurs d’annuler l’événement et a incité la société civile africaine à ne pas y participer.
Enfin, la présidente de la Commission revient sur sa rencontre en février dernier avec une délégation du PAM, menée par le numéro 2 du parti Ilyas El Omari et composée des députés Khadija Rouissi et Mehdi Bensaïd pour évoquer entre autres la question du Sahara. Une rencontre qui intervenait quelques semaines après la désignation à la présidence de l’organisme du chef de l’Etat zimbabwéen Robert Mugabé. A cette occasion, il avait prononcé un discours dans lequel il affichait sa position anti marocaine sur le sujet « le continent ne sera pas libre tant que nos frères du Sahara resteront sous occupation marocaine ».

Nkosazana Dlamini-Zuma

jeudi 21 août 2014

Sahara Occidental : Najla et Agaila , deux femmes extraordinaires


Coulé dans le sable, un conte : deux femmes Najla et Agaila, deux femmes extraordinaires,  résilience et  courage dans leurs efforts pour le bonheur dans un camp de réfugiés du désert. 

Najla, 24 ans, est une étudiante passionnée et militante. Née dans ce camp distant de la frontière algérienne, elle a appris l'anglais grâce à sa détermination et un dur labeur. Son rêve d'aller à l'étranger pour étudier et défendre son peuple se mêle au regret de ce qu'elle devra laisser.

Agaila, une femme de la médecine, âgée,  voisine de Najla, est un modèle. Elle a aidé à construire ces camps il y a près de 40 ans, quand elle a fui  l'occupation brutale par le  Maroc de son pays natal. Soignant gratuitement les maux de ses voisins , elle est respectée comme la voie de la sagesse et le pilier de la force dans sa communauté.

Les drames personnels de ces deux femmes ordinaires et extraordinaires,  communiquant avec la grande lutte de leur peuple, c'est un tableau de la vie quotidienne dans le camp. Au lieu de désespoir , nous voyons un portrait inspiré de ce que signifie surmonter  et gagner l'autonomie des personnes qui nous entourent malgré la difficulté de notre situation. Dans cette maison de fortune, les personnes déplacées du Sahara occidental ont construit de nouvelles vies et continuent à crier justice pour ce qu'on appelle souvent « la dernière colonie en Afrique ».

Photo : Najla et Agaila (D'après texte traduit par Bing)
, afficher la résilience et le courage dans leurs efforts pour le bonheur dans un camp de réfugiés du désert. Najla, 24, est un étudiant passionné et militant. Né dans ce camp distant sur la frontière algérienne, elle a appris l'anglais grâce à la détermination et le dur labeur. Rêves d'aller à l'étranger à étudier et défendre son peuple se mêlent avec regret à ce qu'elle devra laisser.

Agaila, une femme d'ancien et de la médecine, est voisin de Najla et un modèle. Elle a aidé à construire ces camps il y a près de 40 ans, quand elle a fui l'occupation brutale du Maroc de son pays natal. Traiter les maux de ses voisins gratuites, elle est respectée comme une voix de la sagesse et un pilier de force dans sa communauté.

Les drames personnels de ces deux femmes ordinaires et extraordinaires, veuillez communiquer avec la grande lutte de leur peuple, un tableau de la vie quotidienne dans le camp. Au lieu de désespoir et le désespoir, nous voyons un portrait inspiré de ce que signifie surmonter et l'autonomisation des personnes qui nous entourent malgré la difficulté de notre situation. Dans cette maison de fortune, les personnes déplacées du Sahara occidental ont construit de nouvelles vies et continuent à crier justice pour ce qu'on appelle souvent « la dernière colonie en Afrique ».

http://olivetreetv.com/documentaries/cast-in-sand-a-tale-of-two-women/Najla et Agaila
Photo : Najla et Agaila (Traduit par Bing)

Cast in Sand: A tale of two women
http://olivetreetv.com/documentaries/cast-in-sand-a-tale-of-two-women/

Najla and Agaila, two extraordinary women, display resilience and courage as they strive for happiness in a desert refugee camp. Najla, 24, is a passionate student and activist. Born in this remote camp on the Algerian border, she has learned English through hard work and determination. Dreams of going abroad to study and advocate for her people mingle with regret at what she will have to leave behind.

Agaila, an elder and medicine woman, is Najla’s neighbor and role model. She helped build these camps nearly 40 years ago, when she fled from Morocco’s brutal occupation of her homeland. Treating the ailments of her neighbors free of charge, she is respected as a voice of wisdom and a pillar of strength in her community.

The personal dramas of these two ordinary yet extraordinary women speak to the larger struggle of their people, painting a picture of daily life in the camp. Instead of despair and hopelessness, we see an inspirational portrait of what it means to overcome and empower those around us despite the difficulty of our circumstances. In this makeshift home, the displaced people of Western Sahara have built new lives and continue to cry out for justice for what is often called “the last colony in Africa.”

Photo: Najla and Agaila
Photo : Najla et Agaila

jeudi 24 juillet 2014

Le Sahara occidental vu de l'intérieur (parties 1, 2 et 3)



Laurence Aïda Ammour


Par Laurence Aïda Ammour

Chercheur auu CIDOB-Barcelone en charge des questions de sécurité

Publication: 17/7/2014


Ce papier est le fruit d'une enquête de terrain menée en équipe au Sahara occidental en 2013, auprès d'acteurs de la société civile (ONG et associations), d'entrepreneurs, d'agents économiques d'Etat, d'élus locaux, de responsables politiques, d'associations des droits de l'homme, ou encore de représentants d'organismes de production.
L'enquête portait sur les enjeux sociaux-économiques actuels, leurs ramifications identitaires, et leurs potentielles répercussions politiques pour le Maroc. Nous en présentons ici les premiers résultats, ainsi que les questionnements qui ont surgi tout au long des entretiens.
Il est clairement apparu que la dimension identitaire et politique était très présente dans les aspirations des jeunes Sahraouis, avec une coloration spécifique due au conflit, et qu'elle s'articule étroitement avec leurs attentes d'intégration économique en termes de mobilité sociale et de circulation des élites. En bref, les revendications d'équité, d'égalité des chances, de justice, de droits humains et de dignité, prennent un tour particulier compte tenu du contexte régional et international, sans que ce contexte n'en soit plus le déterminant principal.
Nous n'aborderons les aspects économiques du développement que pour les mettre en perspective avec les effets sociaux et politiques inattendus qu'ils génèrent et qui s'affirment toujours plus centraux pour le Sahara occidental lui-même, mais aussi pour l'Etat marocain. 

Des investissements sans effet d'entraînement social
Si c'est bien le conflit du Sahara occidental qui est à l'origine d'une politique de développement, d'équipement et d'ouverture internationale visant à arrimer le territoire au reste du Royaume dans une logique d'inclusion nationale et de ralliement des populations sahraouies au Royaume, la stratégie développementaliste impulsée il y a trois décennies n'a pas produit les résultats escomptés.
Ce que l'on constate au premier abord c'est le montant colossal des sommes investies dans les régions de Laayoune-Boujdour-Saqia El Hamra et Oued Ed Dahab-Lagouira qui représentent, avec celle de Guelmim-Es Smara, 59 % du territoire national mais ne comptent que 3 % de la population totale.
Les résultats comparatifs avec les autres régions du Maroc montrent certes l'ampleur des avancées, mais ces chiffres sont à relativiser compte tenu de leurs faibles effets d'entraînement, qui s'avèrent parfois même contre-productifs en matière de paix sociale, d'inégalités et de frustrations sociales.
L'économie du Sahara occidental reste très dépendante de l'Etat-providence alors même que le PIB par habitant est supérieur de 41% environ à la moyenne nationale. L'Etat contribue à son PIB à hauteur de 54%, alors qu'il ne représente que 4,3% du PIB national.
Le Sahara occidental concentre près de la moitié du budget national alloué aux aides sociales. Les aides directes distribuées par le programme de la Promotion nationale (PN) à quelques 34 000 personnes absorbent la moitié du budget alloué au niveau national.
Suite à la sédentarisation progressive des habitants depuis 40 ans, la population des villes s'est fortement accrue, avec une augmentation de 3 % du nombre des urbains entre 2004 et 2012. Ainsi par exemple, la ville de Dakhla qui ne comptait que 7000 habitants en 1975, en compte 170.000 aujourd'hui.
En 2012, le taux d'alphabétisation des habitants du Sud était de 67,8 % contre 61,7 % pour le reste du pays.
Si les indicateurs sociaux sont pour la plupart bien meilleurs que dans les autres régions du Maroc, il n'en demeure pas moins qu'ils sont insuffisants à satisfaire une population souvent jeune dont les attentes dépassent le strict cadre des acquis purement économiques.
De l'aveu même des responsables et des instances chargés de la gestion économique de la région, le diagnostic se révèle mitigé. Comme l'explique Nizar Bakara, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) : "Nous faisons face à deux défis: les problèmes d'accès, de coût élevé, et le manque de ressources humaines sur place pour accompagner le développement".
Le nouveau modèle de développement régional conçu en 2012 consistait à réévaluer et à recadrer les efforts entrepris durant la période précédente, essentiellement centrés sur la mise en valeur économique du Sahara occidental : infrastructures, aménagements urbains, logements, aides et subventions, 1.600 km de routes goudronnées sur 3.000 km, etc.
Cinq axes prioritaires avaient été identifiés pour corriger les effets pervers des investissements jugés inaptes à enclencher des mécanismes de création et de redistribution des richesses, ou à modifier en profondeur les règles d'exercice de l'autorité et de gestion des affaires publiques, l'urgence étant "de repenser pour préserver la cohésion sociale et bâtir la prospérité sur des bases durables":
  • la dynamisation de l'économie;
  • le raffermissement de la cohésion sociale et la mise en valeur de la culture;
  • l'amélioration de l'inclusion et le renforcement de la lutte contre la pauvreté;
  • la protection active de l'environnement et l'aménagement durable du territoire;
  • la définition d'une gouvernance responsable et inclusive
En novembre 2013, un second plan d'investissement de plus de 12,5 milliards d'euros a été lancé, afin de favoriser le décollage économique de la région en rendant plus opérants les secteurs productifs, dans la perspective d'un désengagement progressif de l'Etat à l'horizon des dix prochaines années . Dans le cadre du désenclavement du territoire saharien, le plan vise à améliorer sa connectivité avec d'autres zones en favorisant son intégration dans le bassin économique océanique allant de la côte nord du pays à celle de l'Afrique de l'Ouest. Pour ce faire, le Sahara occidental devra devenir un hub maritime, aérien et routier vers l'Afrique sub-saharienne et les Canaries. Le projet de "rocade atlantique" d'un montant de 300 millions d'euros se matérialisera dans l'élargissement de la route côtière entre Tiznit et l'extrême sud jusqu'à la Mauritanie.
Le second objectif est la création de 120.000 emplois pour les jeunes et les femmes. Ce gigantesque programme vise à doubler le PIB des trois provinces concernées, très peu peuplées, qui vivent essentiellement de la pêche et de l'administration publique. Il s'agit également d'attirer les investisseurs en accordant une fiscalité attractive et un cadre juridique stable, dans la mesure où l'exception fiscale qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui n'a fait que susciter l'incertitude chez nombre d'entre eux.
Ce que suggèrent clairement les interviews menées sur place, ce sont les faibles retombées économiques et sociales des investissements engloutis dans cette région. Tous nos interlocuteurs s'accordent à dire qu'il faut favoriser les activités créatrices de revenus et ne plus se contenter des aides individuelles octroyées par l'Etat qui produisent une société d'assistanat et engendrent une forte frustration, en particulier chez les jeunes diplômés, relégués aux marges des sphères professionnelles et politiques. Car l'intégration ne se résume pas à un problème économique qui trouverait mécaniquement sa solution dans des investissements massifs. En d'autres termes, il a été erroné de croire que le développement économique induirait un apaisement des tensions sociales, désamorcerait la contestation d'un modèle d'organisation politique, et annihilerait les aspirations des nouvelles générations.

Le Sahara occidental vu de l'intérieur (partie 2)


Le chômage est particulièrement élevé chez les jeunes (28%), les femmes (35%), et les diplômés de l'enseignement supérieur (41%). En 2011, la part des jeunes de 15-24 ans représentait 8,4% du total des effectifs occupés dans la région contre 17,3% à l'échelle nationale, alors que les actifs de plus de 35 ans représentaient 60,8% des actifs, contre 54,5% au niveau national. Ce qui prouve bien que ce sont les jeunes et les femmes qui sont touchés de plein fouet par la question de l'emploi et des débouchés professionnels.. En effet, les femmes sont particulièrement affectées par les difficultés d'accès à l'emploi, même celles qui détiennent un diplôme. La baisse du taux de féminisation de la population active est plus forte au Sahara occidental qu'au niveau national. Le chômage féminin s'est accru, passant de 26,7% en 2007 (9,8% à l'échelle nationale) à 35,1% en 2011 (10,2% à l'échelle nationale). Ces niveaux de chômage s'expliquent par la faiblesse de la structure économique des provinces du Sud ainsi que par la faible employabilité des jeunes en raison de l'absence d'une politique d'orientation vers des filières adaptées aux besoins du marché local du travail.
Le système d'aide et de subventions allouées aux plus démunis et aux jeunes sans travail a créé ce que nombre de militants associatifs Sahraouis appellent "des positions de rente", une façon selon eux d'acheter la paix sociale qu'ils considèrent comme contraire à l'édification d'une collectivité citoyenne. "Les jeunes veulent du travail et pas l'aumône" disent-ils. L'économie de ces provinces se trouve de fait marquée par la prédominance de l'esprit de rente et par une faible activité marchande.
Si le développement infrastructurel du Sahara occidental a jusqu'ici été capital pour doter le territoire de ses bases économiques, il a aussi été un instrument politique au service de la cause nationale. Il semble qu'aujourd'hui les efforts de l'Etat doivent tendre à corriger les effets mitigés, sociaux et politiques, de ce développement, entendu dans sa seule dimension économique et entrepris par transferts du Nord au Sud sans productivité induite sur place. De l'avis même du Conseil Economique et Social, "le décollage économique des provinces du Sud n'a pas eu lieu". Des points faibles et des motifs de préoccupation persistent et soulignent les limites du modèle socio-économique appliqué aux provinces du Sud dont les effets suscitent un sentiment d'injustice et d'opacité au niveau de la gestion des affaires publiques chez les citoyens.
L'effort politique doit porter en premier lieu sur l'absence de renouvellement des élites et la persistance de mécanismes de cooptation claniques, tribaux, ou clientélistes (en particulier électoraux pour obtenir des privilèges), qui bloquent l'accès des plus jeunes aux positions locales de pouvoir. Au départ, en choisissant délibérément de nommer aux postes de responsabilités des notables locaux qui n'avaient pas forcément la confiance ou le respect des Sahraouis, l'Etat a perverti le système de gestion politique locale. Ces notables ont servi de rempart contre les risques de dissensions et de tiraillements avec Rabat. Du coup, les chefs traditionnels considérés légitimes par les populations locales, et qui auraient pu rendre crédible le système de gouvernement local nouvellement mis en place, ont été évincés. Certains ont même adhéré aux thèses du Polisario soit par ressentiment soit par dépit. Ce système nobiliaire s'est renforcé et a peu à peu formé un plafond de verre, l'un des obstacles majeurs à la démocratisation que la nouvelle ère constitutionnelle entamée en 2011 était censée réaliser.
La perspective des premières élections régionales fixées au printemps 2015, demeure donc un enjeu majeur de l'alternance politique indispensable à l'apaisement social dans le territoire.
Le second effort doit cibler la nature des dispositifs d'inclusion et de solidarité, afin de rompre avec les politiques sociales passives. Alors qu'un nombre important de personnes et de familles nécessiteuses ne perçoivent pas les aides sociales existantes, les 118 000 personnes qui en bénéficient regroupent majoritairement les inactifs vulnérables et les populations des camps Al Wahda. Ce qui a eu pour résultat de créer un sentiment de favoritisme et d'injustice. De plus, la politique sociale telle qu'elle est pratiquée se révèle problématique à un triple niveau: la dépense n'est ni optimisée ni contrôlée, elle ne recueille pas le soutien des citoyens car insuffisamment ciblée et enfin, elle ne favorise pas la prise d'initiative et l'autonomisation.
Le déficit de confiance est un autre point d'achoppement du credo développementaliste. Les signes d'une crise de confiance sont multiples et questionnent aussi bien la capacité des acteurs sociaux à construire leur représentativité et leurs interventions sur des bases autonomes, que celle des pouvoirs publics à respecter cette autonomie et à en tenir compte. Comme le constate le rapport du CESE, "le déficit de confiance est dû à la perception, chez les administrés, du non-respect de l'autorité de la loi. La non application de la règle de droit conduit à de nombreux coûts cachés (déficit de confiance dans les institutions et entre les citoyens, corruption, conflits d'intérêts, non-participation à la vie publique, faiblesse de l'investissement, tensions et explosions de violence).... Plusieurs intervenants ont stigmatisé le « sentiment d'impunité des élites » comme un des facteurs préoccupants de désagrégation du tissu social et comme un des motifs de perte de confiance dans le fonctionnement des institutions".
Si la question du Sahara occidental est pour le Maroc l'occasion de repenser le contrat social et l'identité nationale, il reste encore à réfléchir à un projet de société dans lequel le développement ne se résume pas à maintenir ce territoire sous perfusion financière, créant ainsi sur le long terme une dépendance insoutenable et un sentiment d'exceptionnalité mal accepté.


Le Sahara occidental vu de l'intérieur (dernière partie)

Publication: 22/07/2014 13h59

Une société en mutation travaillée par la question générationnelle
La question générationnelle est au cœur des transformations de la société sahraouie dont les revendications sociales actuelles se sont distanciées du dilemme antérieur de fidélité Etat-Polisario. Pour les jeunes nés après les années 80, c'est l'absence de projet de société et de perspectives de mobilité sociale qui posent problème.
La question de l'identité ressort des situations concrètes vécues par les nouvelles générations. Avoir un oncle à Tindouf, un autre employé dans un ministère à Rabat, un troisième en prison, est un facteur d'écartèlement entre plusieurs identifications à des causes antinomiques. Le discours du Polisario a ainsi pu représenter une forme d'affirmation de soi alternative, ou par défaut, comme l'idéologie islamiste peut être une façon de s'opposer à l'Etat. Tiraillés entre plusieurs identités, beaucoup de jeunes se sont emparés de la question des droits humains dans laquelle ils ont trouvé un moyen de surmonter ce dilemme d'identification, et de réélaborer la formulation de leurs revendications en la reliant à une cause universelle qui dépasse les enjeux strictement locaux.
Le système de valeurs a été perturbé par l'Etat lui-même à travers le système de la rente qui a contribué à reproduire et à alimenter les préjugés contre les Sahraouis de la part des gens du Nord : paresse, incapacité à se prendre en charge, indolence, etc. "Certains pensent que l'amélioration des conditions de vie des Sahraouis n'a eu aucun effet mécanique sur leur intégration sociale, aucun impact sur les structures sociales sahariennes qui restent autonomes, imperméables à tout changement exogène, rétives à toute interpénétration par des éléments 'allogènes' "
Paradoxalement pourtant, la rente, tout en renforçant ce préjugé de la part des gens du Nord, représente un moyen de pression des "assistés" qui expriment leur frustration légitime lors des mobilisations collectives pour l'accès à l'emploi, à l'éducation et contre la mainmise des élites locales.
Considérer la société sahraouie comme figée dans le carcan de la tradition c'est ignorer les mutations qu'elle a subi et les nouvelles problématiques qui émergent au sein de sa jeunesse. L'identité collective sahraouie est en construction. Depuis 10 ans, le Sahara est secoué par des turbulences socio-économiques récurrentes, qu'il s'agisse des revendications pour l'obtention de licences de pêche, des emplois ou du logement, avec une référence explicite à une identité sahraouie enracinée territorialement, qui se distingue du registre séparatiste ou indépendantiste.
Aujourd'hui les mobilisations des jeunes Sahraouis peuvent être interprétées comme un indicateur d'intégration dans la mesure où elles se sont distanciées du séparatisme qui fut à moment donné l'unique voie de contestation, pour interpeller directement l'Etat central et faire entendre leurs inquiétudes. Ce sont là l'expression d'une demande citoyenne et non pas d'une revendication purement politique. Elles illustrent un conflit générationnel entre les plus âgés qui ont trouvé normal de bénéficier passivement de subventions de longue durée, et les plus jeunes qui estiment qu'ils ont le droit d'accéder à un emploi, de vivre de leur travail et de se projeter dans l'avenir de manière active pour être des citoyens à part entière.

La question des droits de l'homme, enjeu central de l'avenir du Sahara occidental

Le processus de libéralisation entamé avec la Constitution de 2011 a été complété par la création du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH) la même année, un organisme indépendant qui possède plusieurs bureaux au Sahara occidental. Il a été mis en place pour en finir avec l'instrumentalisation des droits de l'Homme aussi bien par le Polisario que par l'Etat.
Conçu comme une entité neutre et de proximité, il a eu d'énormes difficultés à s'imposer comme un interlocuteur légitime, car il dérangeait à la fois ceux qui s'étaient approprié l'exclusivité des droits de l'Homme et ceux qui ne voulaient pas en entendre parler.
La délicate mission du CNDH est de renforcer les capacités de la population locale en matière de droits humains, de jouer le rôle de médiateur entre la société civile et les forces de sécurité, et de rendre régulièrement compte aux Nations unies. Dès sa création et son installation dans plusieurs villes du Sahara occidental, le CNDH a pu rapporter officiellement les nombreuses violations des droits de l'homme, et constater une sensibilité exacerbée sur cette question, liées à la dimension internationale du conflit qui fragilise la paix sociale. Il met en place des programmes de formation aux droits de l'homme, cherchant à contrecarrer l'approche purement sécuritaire qui a prévalu jusqu'à récemment, ainsi que la sur-politisation de la vie quotidienne.
Ainsi, le protocole de programme conjoint du CNDH avec la police établi il y a deux ans, vise à faire la pédagogie des contraintes locales auprès des officiers et à combattre leurs préjugés envers la population sahraouie. "Un Sahraoui doit toujours prouver qu'il n'est pas pro-Polisario face aux policiers. Les gens perdent ainsi beaucoup de temps avec les injonctions identitaires, le manque de respect et les préjugés. Ici, le moindre incident prend une ampleur démesurée".
Au moment de notre enquête, des entretiens entre une délégation du CNDH et le préfet de police de Laayoune étaient en cours pour informer les autorités locales du rôle de la commission régionale du CNDH, renforcer leur collaboration, "et respecter (le) travail (de la commission) consistant à protéger les citoyens contre d'éventuels dépassements et toute violation de leurs droits". Cette rencontre s'est soldée par la création d'un outil permanent de communication entre la direction de la préfecture de police et celle de la commission régionale des droits de l'Homme « dont le rôle est la formation et la sensibilisation aux droits de l'Homme chez les éléments des forces de sécurité, et la rapidité de traitement des plaintes, à travers des contacts permanents permettant d'évaluer le résultat de la coopération et son impact sur les droits de l'Homme dans la région".

La prise en main des droits de l'homme par le Maroc au Sahara occidental a été motivée par sa volonté d'en ôter l'exclusivité aux séparatistes et d'empêcher le Front Polisario de confisquer cette cause. Le Maroc a compris que celle-ci ne devait pas rester l'apanage des indépendantistes ou de tout autre acteur extérieur (ONU, Etats-Unis, Algérie, etc), et qu'il lui fallait donc affronter cette question sans tarder. En témoigne la réaction virulente de Rabat à la proposition américaine d'avril 2013 d'élargir le mandat de la MINURSO aux droits de l'homme. Cette proposition pourtant vite retirée, met le Royaume sous pression, l'oblige à ne pas fléchir sur cette question, à rester vigilant sur les bavures des forces de sécurité, et à faire preuve d'exemplarité dans ce domaine au risque de miner la crédibilité de son plan de régionalisation avancée.
Sur le plan intérieur, la persistance d'un conflit de dimension régionale et internationale, a permis à la société civile de s'emparer de la question des droits de l'homme pour en faire une cause spécifique mais aussi nationale. Au lieu de demeurer un point de blocage, elle a été le moteur d'une prise de conscience qui a fait tache d'huile dans l'ensemble du Maroc. En cela, les répercussions internes du conflit du Sahara occidental peuvent être envisagées comme une aubaine dans la mesure où le conflit oblige à repenser les cadres sociaux anciens, la gestion trop souvent sécuritaire des revendications sociales, et à stimuler les avancées démocratiques nées d'une situation non-démocratique particulière et localisée. Le Sahara occidental est ainsi appelé à devenir un modèle si la régionalisation s'accomplit dans les règles.
L'émergence des droits de l'homme doit ainsi être replacée dans le contexte plus large de demande sociale liée aux nouvelles identités émergentes et aux aspirations de justice et de dignité. Le CNDH, dans la lignée de l'Instance Equité et réconciliation, cherche ainsi à forger chez les jeunes une confiance et un sentiment d'appartenance territoriale et sociale pour qu'ils ne se sentent pas étrangers chez eux.
Compte tenu de l'enjeu national que représente la question du Sahara occidental, et si l'on en juge par le montant considérable des investissements passés et l'ambition des nouveaux plans programmés pour les années à venir, le Maroc s'achemine lentement mais sûrement vers son plan d'autonomie.
Pour Rabat, il s'agit d'une question intérieure et les efforts poursuivis depuis trois décennies ne laissent aucune place à une quelconque remise en question du futur statut de ce territoire. Même le retour des populations des camps de Tindouf a été anticipé et préparé pour permettre leur intégration dans l'environnement économique et social du Royaume. Une agence et un fonds dédié au soutien social et à l'intégration de ces populations seront prochainement mis en place.
Pour Driss El Yazami, président du CNDH, lors d'une session de formation destinée aux officiers de la sécurité nationale en mars 2014 à Laayoune, le respect des droits de l'Homme est une mission qui concerne à la fois la Justice, la Sûreté et les militants. beaucoup reste à faire.
Malgré les progrès accomplis depuis 2011, le travail que mène le CNDH pourrait s'avérer insuffisant si une réforme du secteur de sécurité n'est pas entreprise au niveau national afin que les droits humains ne demeurent pas, pour des raisons de politique internationale, une cause d'avenir uniquement défendue au Sahara occidental.


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