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vendredi 27 janvier 2017

Dlamini-Zuma humilie le ministre marocain des Affaires étrangères à Addis-Abeba








Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine. D. R.


Une source africaine de haut niveau a révélé que la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a infligé, hier jeudi à Addis-Abeba, au ministre marocain des Affaires étrangères, Salah-Eddine Mezouar, une leçon de droit, de politique et d’éthique qu’il n’oubliera pas de sitôt. 
 La scène s’est déroulée en présence de nombreux responsables de l’organisation panafricaine. Accompagné du responsable des services secrets marocains, Salah-Eddine Mezouar était venu dans la capitale éthiopienne spécialement pour demander à Mme Dlamini-Zuma des laissez-passer afin de lui permettre ainsi qu’à sa délégation de participer aux travaux du prochain sommet de l’Union africaine. Mais le ton extrêmement déplacé, à la limite de l’insulte, avec lequel la demande a été formulée a mis hors d’elle la présidente de l’Union africaine qui ne s’est pas privée de dire tout ce qu’elle pensait du représentant du Makhzen, surtout que le chef de la diplomatie marocaine l’a accusée de ne pas avoir été neutre dans le traitement de la demande d’adhésion du Maroc à l’UA. Une manière sans doute de la mettre sur la défensive pour l’obliger à répondre favorablement à sa demande.
Mme Dlamini-Zuma, qui a reçu en audience ses «invités marocains» en même temps que les huit commissaires de l’Union africaine et un certain nombre d'autres fonctionnaires, ne s’est ainsi pas fait prier pour remettre à sa place de la plus humiliante des façons l’impertinent ministre marocain des Affaires étrangères. En plus de lui avoir exigé de changer «immédiatement» de ton, la présidente de la Commission de l’Union africaine lui a fait clairement comprendre, «avec une voix orageuse», selon la source africaine, que son comportement indigne n’avait pas sa place dans l’enceinte de l’Union africaine, cela non sans lui avoir interdit de ne plus jamais s’adresser de la sorte à un responsable ou à un fonctionnaire de l’organisation panafricaine.
Toujours hors d’elle, Dlamini-Zuma a signifié une fin de non-recevoir à l’envoyé du roi Mohammed VI, lui expliquant, arguments juridiques à l’appui, que le Maroc n’avait pas le droit d’assister aux travaux du sommet de l’UA pour la simple raison qu’il n’en est pas membre. Elle a ajouté, sur un ton ferme, qu’elle avait été élue pour faire appliquer les règlements de l’UA et qu’il n’était pas question pour elle de les transgresser. Devant la dureté et l’intransigeance de la réaction de Mme Dlamini-Zuma, le chef de la diplomatie marocaine a dû présenter ses excuses les plus plates. 
Néanmoins, et ne s’arrêtant pas là, Mme Dlamini-Zuma a soutenu que le comportement de Mezouar était loin de correspondre aux valeurs nobles de l’Union africaine à laquelle son pays aspirait adhérer. Elle a, par ailleurs, précisé que la demande d’adhésion du Maroc était inscrite à l’ordre du jour des travaux du sommet de l’UA et qu’il revenait aux chefs d’État et de gouvernement africains de décider des suites à donner à cette demande.
Aussi, Mme Dlamini-Zuma a-t-elle demandé au chef de la délégation marocaine d’attendre le 30 janvier pour connaître le résultat de la délibération du sommet. La présidente de la Commission de l’Union africaine a expliqué à son interlocuteur qu’il était inadmissible de se comporter comme si l’UA n’avait pas de règles. «Et ses règles, a-t-elle dit, s’appliquent à tout le monde, y compris au Maroc.»
La mise au point de la présidente de la Commission de l'Union africaine rappellera certainement – et pour longtemps – à Rabat que l’UA n’est pas le prolongement de la monarchie marocaine et que celle-ci n’y fera pas sa loi.
Khider Cherif


1 des 48 Commentaires










Bravo Madame pour avoir remonté les bretelles à ce malpropre au ,service d'un monarque prétentieux qui prend ses désirs pour des réalités. Vous avez fait preuve de pédagogie en lui faisant la leçon, insistant sur cette vérité bien établie que contrairement à ce que disait l'infâme Hassan II, l'UA n'est pas une conférence Tam-Tam. Je vous admire aussi pour ne pas avoir compromis les règles incontournables d'adhésion à l'UA. Il y va de sa respectabilité. Si le Maroc veut DEVENIR( pas réintégrer sa place) membre à part entière, il doit au PRÉALABLE quitter le Sahara Occidental et accepter son INDÉPENDANCE, Il n'y a pas de place au sein de l'UA à un pays africain colonialiste. Ah si tous les macho-présidents africains se comportaient aussi dignement, la voix de l'Afrique serait respectée dans le concert des nations!
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Lire aussi :  http://fr.africanews.com/2017/01/26/commission-de-l-union-africaine-la-candidate-du-kenya-se-met-a-dos-le-maroc/

jeudi 2 avril 2015

Sahara: l’Union africaine campe sur ses positions



Maroc

Sahara: l’Union africaine campe sur ses positions

Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l'UA. Crédit : Estonian Foreign Ministry/Flickr. Sahara: l’Union africaine campe sur ses positions
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Quelques semaines avant le renouvellement du mandat de la Minurso par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union africaine réitère dans un rapport son appui à l’élargissement du mandat à la surveillance des droits de l’Homme.
L’Union africaine (UA) se dit préoccupée par le fait que, « près de quatre décennies après le déclenchement du conflit au Sahara Occidental, tous les efforts déployés à ce jour en vue de trouver une solution n’ont pu atteindre les résultats escomptés ». Dans un rapport publié le 27 mars, la Présidente de la Commission sur l’évolution du processus de paix au Sahara et secrétaire générale de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma revient sur l’histoire du conflit et notamment sur l’avancée des négociations et des discussions ces dernières années.
Elle évoque également le renouvellement du mandat de la Minurso (Mission des Nations unies au Sahara), qui expire le 30 avril 2015. Ainsi, elle rappelle son «espoir» que lors du renouvellement du mandat par le Conseil de sécurité, ce dernier «saisira cette occasion pour donner à la Minurso un mandat en matière de droits de l’homme, en vue de permettre […] une surveillance soutenue, indépendante et impartiale des droits de l’homme, tant dans le territoire [le Sahara, ndlr] que dans les camps de réfugiés [à Tindouf, ndlr] ».
Nkosazana Dlamini-Zuma
Rappelons que l’année dernière, dans une première version du rapport de la Minurso présentée le 10 avril 2014, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait souligné la nécessité de surveiller de manière « durable, indépendante et impartiale » les droits de l’Homme dans la région. Une position que l’UA, dont le Maroc s’est retiré en 1984, suite à l’inclusion du Front Polisario, s’était empressée de soutenir. En réaction, Mohammed VI avait appelé le secrétaire général onusien et avait insisté sur l’« impératif de préserver les paramètres de la négociation définis par le Conseil de Sécurité […] et d’éviter les approches partiales, et les options périlleuses ».
Et le royaume avait obtenu gain de cause : le Conseil de sécurité a adopté, le 29 avril 2014, une résolution prorogeant d’une année supplémentaire le mandat de la Minurso sans inclure de mécanismes d’observations des droits de l’Homme.
Nkosazana Dlamini-Zuma demande aussi que le Conseil de sécurité « règle la question de l’exploitation des ressources naturelles du territoire » et revient sur le forum Crans Montana organisé à Dakhla le 12 mars dernier, rappellant que l’UA a demandé aux organisateurs d’annuler l’événement et a incité la société civile africaine à ne pas y participer.
Enfin, la présidente de la Commission revient sur sa rencontre en février dernier avec une délégation du PAM, menée par le numéro 2 du parti Ilyas El Omari et composée des députés Khadija Rouissi et Mehdi Bensaïd pour évoquer entre autres la question du Sahara. Une rencontre qui intervenait quelques semaines après la désignation à la présidence de l’organisme du chef de l’Etat zimbabwéen Robert Mugabé. A cette occasion, il avait prononcé un discours dans lequel il affichait sa position anti marocaine sur le sujet « le continent ne sera pas libre tant que nos frères du Sahara resteront sous occupation marocaine ».

Nkosazana Dlamini-Zuma

L’Union africaine se saisit du dossier : Tournant majeur pour la cause sahraouie

Par Hacen Ouali, El  Watan, le 1/4/2015
 
 
 Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, lors d’une conférence de presse au siège de l’ambassade de la RASD à Alger
Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem...

Face aux atermoiements du Conseil de sécurité de l’ONU et ses « dérobades» à appliquer les résolutions onusiennes sur le Sahara occidental, l’Union africaine se saisi du dossier pour faire pression sur l’ONU.

Signe d’une victoire diplomatique de la république sahraouie (RASD)  et de l’isolement de la monarchie marocaine sur la scène africaine.  Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, lors d’une conférence de presse hier à Alger, s’est réjoui de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qu’il qualifie d’ «historique et de décisive».
Le ministre sahraoui a demandé à l’occasion le Conseil de sécurité de l’ONU «d’être à l’écoute de la voix de l’Afrique en tant que premier partenaire des Notions-Unies dans le processus de paix au Sahara occidental». En effet, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (CPS)  et suite au rapport de la présidente de la Commission africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a décidé de «réactive le Comité ad hoc de chef d’État et de gouvernement sur le conflit du Sahara occidental ».
Le Conseil a décidé que le Comité ad hoc sera « élargi de façon à ce qu’il soit composé de dis chefs d’États à raison de deux pour chacune des cinq régions du continent». Il a également demandé à la présidente de la Commission «d’entreprendre d’urgence les consultations requises pour la finalisation de la composition et l’opérationnalisation du Comité». La mission principale du Comité de Dix dont la composante sera connue dans quelques semaines est d’interpeller le Conseil de sécurité sur la nécessité d’appliquer les résolutions onusiennes menant à l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.
Et dans sa décision prise lors de sa 496ème réunion le 27 mars dernier, le Conseil de paix et de sécurité a lancé un appel « pour une action internationale renforcée et cordonnée en vue de l’organisation rapide d’un référendum pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément aux décisions pertinentes de l’Union africaine et aux résolutions des nations unies».
A cet égard, le CPS de l’UA a exhorté le Conseil de sécurité de l’ONU à «prendre toutes les décisions nécessaires pour assurer un progrès dans la recherche d’une solution au conflit du Sahara occidental». La reprise d’initiative africaine portée à l’unanimité par les États membres est aussi importante que décisive car elle marque une implication concrète dans le processus de règlement du conflit. Elle traduit également la mise en échec de «la stratégie» du Makhzen en Afrique qui a pourtant déployé d’énormes moyens dans certains pays pour plaider en faveur de sa «cause» coloniale.

Groupe international de contact

Autre décisions importantes prise par le Conseil de paix et de sécurité et qui va sans nul doute mettre en difficulté la monarchie marocaine, est de « mettre en place un groupe international de contact sur le Sahara occidental en vue de maintenir la question sur l’agenda de la communauté internationale et de mobiliser le soutien nécessaire pour le règlement rapide du conflit et prie ainsi la présidente de la Commission africaine d’entreprendre les consultations requises à cet effet».
Par ailleurs et à l’approche des discussions au Conseil de sécurité et le renouvellement du mandat de la Minurso, le CPS exige «l’élargissement des prérogatives de la mission onusienne de sorte à couvrir la protection des droits de l’homme ». Et afin d’exercer plus de pressions sur le Conseil de sécurité  mais surtout de sensibiliser la communauté internationale, il est demandé à la à la présidente de la Commission africaine de dépêcher son représentant pour le Sahara occidental, Joaquim Alberto Chissano, au Conseil de sécurité « pour le tenir informer des dernières développements et du point de vue de l’Union africaine et de s’adresser à la réunion du Conseil de sécurité d’avril 2015 sur la Sahara occidental».
Ainsi les décisions du Conseil de paix et de sécurité africain qui marque la reprise en main du dossier sahraoui par les Africains sonnent comme une offensive diplomatique dont l’objectif est de faire bouger les lignes et surtout de briser le statut quo dans laquelle est bloqué le conflit.
«Nous constatons qu' à partir des décisions, est que l’Union africaine réaffirme sa détermination à s’engager dans le règlement définitif du dernier bastion du colonialisme dans le continent », a souligné le chef de la diplomatie sahraouie, M. Ould Salek. Il a, de ce fait, renouvelé  la volonté de la RASD ET DU Front Polisario de « coopérer de manière positive avec l’ONU et l’Union africaine dans la perspective de permettre au peule sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance ».
Visiblement revigoré dans leur combat pour l’indépendance, le diplomate sahraoui voit dans la position du CPS de l’UA « une décision déterminante pour envoyé un avertissement claire à ceux qui bloqué toute solution du conflit et pour leur signifier qu’il est fondamental de s’en tenir à la mission pour laquelle l’ONU a constitue la MINURSO à savoir l’organisation d’un référendum d’autodétermination et faire aboutir le processus de décolonisation du Sahara occidental».
Dans sa résolution, le CPS n’a pas manqué d’exprimer sa « profonde préoccupation qu’après depuis l’éclatement du conflit, tous les efforts visant à trouver une solution ont jusqu’à présent échoué à atteindre les résultats escomptés et que l’impasse actuelle non seulement accroît la tension dans le territoire, mais sape les efforts visant à promouvoir dans la région du Maghreb ». Les Conseil estime que ces décisions ont pour objectif justement de « sortir et dans l’urgence de cette impasse ».
Hacen Ouali

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