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mercredi 9 novembre 2016

Génocides dans le Sahara occidental: “La recherche de la mémoire historique est un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir”


Madrid, 8 nov 2016 (SPS)  

Le professeur et psychologue espagnol Carlos Beristain a souligné que “la recherche de la mémoire historique et des violations actuelles des droits de l’homme” au Sahara occidental occupé est “un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir”.
Le problème central dans le cas du conflit au Sahara occidental est “l’oubli”, a-t-il dit dans une déclaration au journal électronique espagnol “el diario.es”

“La recherche de la mémoire historique et des violations des droits de l’homme est un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir ou c’est systématiquement refusé ou utilisé politiquement car il est difficile et dans certains cas dangereux d’atteindre les victimes”, a-t-il expliqué.

mardi 28 juin 2016

Le Juge Ruz accuse le Maroc de génocide


Photo de Barbara Weingartner. 
Le Juge Ruz accuse le Maroc de génocide sur le peuple du Sahara Occidental et de l'occuper illégalement.

Objectif : détruire les Sahraouis

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Rappel : Espagne : un juge propose le renvoi devant un tribunal de responsables marocains pour génocide au Sahara



Un juge espagnol a proposé, jeudi 9 avril, le renvoi devant un tribunal de onze fonctionnaires, policiers et militaires marocains pour génocide et assassinats entre 1975 et 1991 au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, annexée par Rabat en 1975.

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fosse commune 
Le juge Pablo Ruz de l'Audience nationale, spécialisée dans les affaires complexes, estime qu'ils peuvent être jugés dans un arrêt notifiant la fin de son enquête et qui peut encore faire l'objet d'un recours. L'arrêt a été rendu à la demande du parquet, qui soutient ce renvoi, selon une source judiciaire. Selon le magistrat, il « existe des indices rationnels » permettant de juger les onze inculpés pour « génocide » en lien avec des « assassinats », des « détentions arbitraites » et des « actes de torture ».
Le juge par ailleurs a lancé un mandat d'arrêt pour sept suspects déjà mis en examen et a délivré quatre commissions rogatoires pour quatre autres personnes, afin que les poursuites leur soient notifiées, car elles n'étaient pas visées jusque-là.
En préambule à ses conclusions, le juge estime que « la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l'armée marocaines » entre 1975 et 1991 lors du conflit ayant opposé le royaume chérifien au Front polisario, luttant contre « l'occupation » du Sahara occidental. L'enquête avait été ouverte par le juge Baltasar Garzon en octobre 2007, après le dépôt d'une plainte par des associations de défense des droits humains et des familles de victimes faisant état de la disparition de plus de cinq cents Sahraouis à partir de 1975.
A cette date, le territoire espagnol est passé sous contrôle marocain, mais certaines victimes disposaient de pièces d'identité espagnoles. La justice espagnole avait alors enquêté sur les responsabilités éventuelles de treize suspects sur un total de trente-deux, dont certains sont morts, notamment l'ex-ministre Driss Basri, mort en 2007 à Paris, après avoir été pendant vingt ans le ministre de l'intérieur de feu le roi du Maroc Hassan II.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/04/09/espagne-un-juge-propose-le-renvoi-devant-un-tribunal-de-responsables-marocains-pour-genocide-au-sahara_4613198_3212.html#aWHe8MXUmPfivtsi.99·

mercredi 27 mai 2015

Une association sahraouie prend part au 88e congrès de la Ligue des droits de l’Homme au Mans

Le Mans (France), 24 /5/2015 (SPS) 

 L'association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) a participé au 88e congrès de la Ligue des droits de l’Homme, qui se tient du 23 au 25 mai 2015, au Palais des congrès du Mans, en Pays-de-la-Loire.

Le représentant de l’AFAPREDESA, Oumar  Bouzeid, a eu en marge de ce congrès des rencontres avec le maire-adjoint de la ville du Mans, des cadres de la ligue venant des villes françaises.

Les rencontres ont permis au responsable sahraoui d’informer ses interlocuteurs de derniers développements de la question du Sahara occidental, en particuliers la situation des droits de l’homme, fosses communes découvertes récemment et la plainte proposée par un juge espagnol devant un tribunal contre onze fonctionnaires pour "génocide" et assassinats commis entre 1975 et 1991 au Sahara occidental.

Pour rappel, toutes les interventions lors du premier jour du congrès, ont insisté sur la nécessite du respect des droits de l’homme partout dans le monde. (SPS)
093/90/TRD 24 13 26 MAI 015 SPS

mardi 26 mai 2015

Le Maroc dans le collimateur de la justice espagnole

Tortures et assassinats au Sahara occidental

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El Watan, 25/5/2015| 10h00 Réagissez
Manifestation de militants contre la violence et pour le respect des...







I
 
 Manifestation de militants contre la violence et pour le respect des droits de l’homme au Sahara occidental
Manifestation de militants contre la violence et pour le respect des ddH

                                          Au vu des enquêtes, la justice espagnole estime que la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l’armée marocaines durant les années qui ont suivi le retrait de l’Espagne du Sahara occidental.

La justice espagnole a lancé un mandat d’arrêt, vendredi 22 mai, contre un ancien gardien de prison marocain accusé de tortures entre 1975 et 1991. Cette période a suivi le retrait de l’Espagne de sa colonie, le Sahara occidental, et le cessez-le-feu encadré par l’ONU. La procédure a été enclenchée, rappelle RFI qui rapporte l’information, en 2007 «suite à des plaintes déposées par une association de prisonniers et de disparus sahraouis, et suite aussi à la découverte d’une fosse commune dans la zone d’Amgala, en plein Sahara». Ils sont désormais 12 Marocains à être dans le collimateur de la justice espagnole.
Certains sont décédés, d’autres sont à la retraite. C’est le cas notamment du dernier homme cité, un gardien de prison de la ville de Smara. L’ordonnance du juge, indique la même source, précise que cet homme est inculpé, comme les 11 autres mentionnés dans une ordonnance datée du 9 avril dernier, «pour sa participation à un délit de génocide» entre 1975 et 1991. «Il est reproché à ces 12 hommes une cinquantaine d’assassinats, 76 tentatives d’assassinats et plus de 200 séquestrations illégales», mentionne RFI.
Au vu des enquêtes, «la justice espagnole estime que la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l’armée marocaine durant les années qui ont suivi le retrait de l’Espagne du Sahara occidental». Ces procédures, estime au micro de RFI le journaliste Ignacio Cembrero (collaborateur du journal El Mundo et spécialiste du Maroc) pourraient être à l’origine d’«une crise entre l’Espagne et le Maroc comme celle qu’ont connue en 2014 la France et le Maroc».
Ignacio Cembrero pense, en outre, que «sur le plan judiciaire, il n’y aura pas de suite parce que les autorités marocaines ne vont, à aucun moment, permettre à la justice espagnole de s’immiscer dans leurs affaires, d’interroger les supposés coupables ou de les extrader en Espagne».
L’action lancée par la justice espagnole intervient à un moment où le Maroc est très critiqué par les ONG internationales de défense des droits de l’homme. Un rapport rendu public mardi dernier par Amnesty International, intitulé «L’ombre de l’impunité», révèle que la torture est encore une pratique courant au pays du roi Mohammed VI.
Après plusieurs mois d’enquête sur le terrain, l’organisation de défense des droits de l’homme a ainsi pu documenter 173 cas de torture ou de mauvais traitements perpétrés par la police ou les forces de sécurité entre 2010 et 2014. «Si le Maroc a réformé ses lois et signé des conventions internationales, ces pratiques continuent sans qu’aucun auteur ne soit condamné», a conclu AI dans son rapport.
Des pratiques héritées des années de plomb qui, selon Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France, perdurent à cause de l’impunité. Ajouté à cela, un projet d’accord de coopération judiciaire entre la France et le Maroc est sur le point d’être voté par les parlementaires. Les humanitaires dénoncent un texte qui pourrait protéger un peu plus les auteurs de tortures.
A.

samedi 18 avril 2015

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 12 au 19 avril 2015





  • mardi 14 avril 2015

    "Génocide" : Des responsables marocains poursuivis pour "génocide". Un Français fait part de témoignages de disparus.



     Des responsables marocains poursuivis pour "génocide". Un Français fait part de témoignages de disparus
    Des responsables marocains poursuivis pour "génocide". Un Français fait part de témoignages de disparus

    Un juge espagnol veut poursuivre 11 Marocains pour « génocide ». Un militant français fait état des témoignages qu’il a recueillis auprès de Sahraouis

    En juin 2013, une équipe scientifique espagnole en train d'exhumer les premiers corps de civils Sahraouis assassinés par des militaires marocains en février 1976.
    En juin 2013, une équipe scientifique espagnole en train d'exhumer les premiers corps de civils Sahraouis assassinés par des militaires marocains en février 1976.

    Après la mise en cause ces derniers mois de plusieurs responsables et policiers marocains par la justice française, c’est la justice espagnole qui mène l’offensive contre le système répressif initié depuis 40 ans contre les Sahraouis. Pablo Ruz, juge à l’Audience nationale (la plus haute instance pénale d’Espagne), vient en effet de demander le renvoi de onze fonctionnaires, policiers et gendarmes, devant un tribunal pour « génocide » contre le peuple sahraoui entre 1975 et 1991. Une période noire de l’histoire de la colonisation du Sahara occidental par le royaume dont les auteurs n’ont jamais été inquiétés jusqu’à présent. Jean-François Debargue, un Français, actif dans l’humanitaire auprès des réfugiés sahraouis d’Algérie, éclaire cette actualité des témoignages qu’il a recueillis depuis des années sur place.
    Les onze responsables des forces de l’ordre marocaines poursuivies par le juge espagnol comparaitront-ils un jour devant un tribunal espagnol ? C’est très peu probable si l’on se fie au lobbying puissant qu’exerce le Maroc pour éviter à tout prix que les tortionnaires et autres bourreaux soient poursuivis, qu’ils aient commis leur crime dans le passé ou récemment, comme cela s’est passé ces dernières semaines en France avec la signature d’un nouvel accord de coopération judiciaire taillé sur mesure pour assurer une immunité aux agents du pouvoir du Makhzen.
    La réaction du Maroc, dans un communiqué publié le 11 avril, confirme d’ailleurs cette analyse : le Maroc « réitère son refus de principe de toute poursuite judiciaire contre des citoyens marocains à l’étranger pour des faits supposés avoir été commis sur le territoire national et qui demeurent du ressort de la justice marocaine« .

    Disparition de plus de 500 Sahraouis

    Mais, quoiqu’il en soit, la décision du juge espagnol Pablo Ruz sera une étape essentielle dans le dossier de la répression qu’exerce le Makhzen depuis 40 ans contre les civils Sahraouis. L’enquête a démarré en 2007, menée au départ par le célèbre juge Baltasar Garzon après la plainte déposée par une association et des familles de victimes suite à la « disparition » de plus de 500 Sahraouis depuis la Marche Verte.
    Il faut préciser que de nombreux Sahraouis, victimes de disparitions forcées ou d’exécutions extra-judiciaires, avaient la nationalité espagnole.

    C’est le cas de cette première découverte :
    En juin 2013, une équipe scientifique espagnole avait exhumé les huit premiers corps dans la région d’Amgala puis avait procédé à des analyses qui lui avaient permis de conclure à leur assassinat en février 1976 par des militaires marocains. On peut lire deux articles publiés en France sur cette découverte et le rapport établi par les scientifiques.
    Il y a eu d’autres découvertes macabres depuis. Les investigations se poursuivent sur le terrain.
    Dans son arrêt, le juge espagnol lance un mandat d’arrêt contre sept suspects déjà mis en examen et délivre quatre commissions rogatoires contre les quatre autres, pour que les poursuites engagées contre elles leur soient notifiées. On peut aisément penser que cette nouvelle offensive d’une justice étrangère au Maroc va se transformer très vite en affaire politique, entre l’ancienne colonie du Sahara et le royaume chérifien.
    C’est dans ce contexte que le témoignage -publié sans modification- de Jean-François Debargue, que Nouvellesdusahara.fr a déjà présenté en juillet 2014, sur les récits qu’il a pu recueillir depuis des années auprès de nombreux Sahraouis est particulièrement intéressant car il éclaire cette phase de l’histoire d’un conflit très mal connu.

    Une justice éclairant enfin un sombre passé ?
    A gauche,Sidi Mohamed Daddach. A droite, Dafa Ali Bachir. Le 26 mai 2009 au camp d’El Ayoun. Photo de JF Debargue
    A gauche,Sidi Mohamed Daddach. A droite, Dafa Ali Bachir. Le 26 mai 2009 au camp d’El Ayoun. Photo de JF Debargue

    « Nos deux grand-pères étaient frères » me dit en souriant Bassiri, vieil historien aveugle du camp de réfugiés sahraoui d’El Ayoun. Il concluait ainsi notre conversation retraçant la naissance du premier mouvement de libération, précurseur du Front Polisario et l’enlèvement de son cousin, toujours disparu, par les espagnols en juin 1970, lors d’une manifestation d’indépendance.
    C’est par lui et des témoignages directs de Sidi Mohamed Daddach, « Mandela » d’Afrique du Nord, emprisonné pendant 27 ans, de Dafa Ali Bachir et de sa femme Ghalia Djimi et de nombreux témoignages anonymes que j’entendrai parler d’arrestations, de disparitions forcées et de tortures, notamment dans la période précédant le cessez le feu, de 1975 à 1991. Parmi les innombrables destins brisés durant ces années, j’évoquerai ce témoignage de Dafa.

    « Un véritable guet-apens »
    « Le 20 novembre 1987 une visite importante de l’ONU et de l’OUA devait avoir lieu au Sahara Occidental. Pour pouvoir expliquer leurs revendications, les résistants sahraouis ont dû alors quelque peu sortir de la clandestinité, se découvrir pour la circonstance, en un mot: « s’exposer ». De nombreuses réunions ont lieu rapidement, notamment pour demander des nouvelles de prisonniers disparus depuis 1975.
    Dès le 18, de nombreuses arrestations ont lieu, la police marocaine favorisant la délation de sahraouis pro-marocains.
    De plus Hassan II demanda à repousser d’une journée la venue des délégués. Ce fut un véritable « guet-apens » où il fit arrêter un grand nombre de sahraouis venus attendre en vain la délégation. Sans le savoir, l’ONU commençait à servir le jeu et les intérêts du pouvoir marocain.
    Dafa est arrêté le 19 novembre à 18 heures et enfermé au centre de police. Celle qui sera sa future femme, Ghalia Djimi (LIRE SON TEMOIGNAGE PARU SUR NOUVELLESDUSAHARA.FR), aujourd’hui vice-présidente de l’ASVDH (Association Sahraouie des victimes des Violations des Droits de l’Homme par l’état marocain) sera arrêtée le lendemain. Comprenant le français, elle entendra pendant un interrogatoire, la consigne de suspendre les arrestations, le temps de la visite de la délégation. Interrogés et torturés pendant plusieurs jours, ils seront transférés à la prison d’Elbir, ancienne base militaire espagnole, dans le but de vider les locaux des prisonniers, le temps de la visite de la commission. Dix-sept femmes y seront enfermées dans une pièce de 4 mètres carrés. Dans une autre pièce à peine plus grande y seront entassés plus de soixante-dix hommes. Serrés, battus, ils resteront treize jours sans manger, buvant l’eau des toilettes, enfermés dans ces réduits. Dafa évoque alors avec émotion Mohamed El Khalil Ayach à côté duquel il se trouvait.

    « Vive l’indépendance »…
    Entendant sa mère se plaindre dans la pièce des femmes, Mohamed s’insurge et s’indigne à voix haute qu’une femme âgée et innocente ait été arrêtée et emprisonnée en ces lieux. Sorti par les gardiens et sommé par ces derniers de crier : «Vive le roi», il crie : «Vive l’indépendance». Battu et gravement blessé aux reins, il agonisera au bout de deux jours, soutenu par Dafa. Dans l’autre pièce, une vieille femme, sa mère, continuera d’appeler son fils unique, pendant plusieurs jours.
    Pendant ce temps, la délégation Onusienne sera «promenée» sur deux routes quasiment désertes attestant de la tranquillité du pays… Après leur départ, on sortira ces hommes et ces femmes malades, blessés, affamés et assoiffés de cet enfer enduré pendant presque deux semaines et dont ils ne pensaient plus sortir vivants. Ramenés à la prison d’El Ayoun, ils seront régulièrement «interrogés» par un groupe de la police spéciale. Dafa y restera enfermé pendant trois ans et trois mois. Une centaine d’hommes et une douzaine de femmes ont alors vécu avec un bandeau en permanence sur les yeux, réveillés toutes les deux heures, frappés par les gardiens, voire attaqués par leurs chiens, sous alimentés et malnutris. Comme d’autres prisonniers Dafa attrapera la tuberculose. Isolé dans une cellule d’1,5 x 4,5 mètres avec d’autres contagieux, à côté de celle des femmes, Dafa peut communiquer avec Ghalia Djimi, lors de l’éloignement des gardiens. Trois de ses compagnons mourront dans cette cellule. Au total sur une centaine d’hommes emprisonnés, quarante-cinq survivront.
    En proportion du nombre d’habitants, les « disparitions forcées » au Sahara Occidental durant cette période ont été plus importantes qu’au Chili, sous le régime de Pinochet. Les dictatures ou les régimes totalitaires enterrent des causes qui se doivent d’être, tôt ou tard, exhumées. 
     Malgré des preuves nombreuses et accablantes, l’impunité dont bénéficie le Maroc continuera-t-elle d’étouffer les violations des Droits de l’Homme, les disparitions forcées, la vie sacrifiée d’au moins trois générations de réfugiés dans les camps du Sahara, des arrestations sommaires et des condamnations injustes dans les territoires occupés ?
    Cette volonté d’impunité a donné lieu le 31 janvier 2015 à un accord Franco-Marocain donnant priorité au système judiciaire marocain pour enquêter sur tout crime ou délit commis au Maroc, dès lors qu’est potentiellement mis en cause un ressortissant marocain.
    Il est à souhaiter que le juge Pablo Ruz et la justice espagnole se saisissent en toute indépendance d’accords politiciens de la recherche de la vérité et du droit, étape pour que puisse se clore cette trop longue décolonisation dont Felipe Gonzalez disait en novembre 1976 : « Nous sommes honteux, non pas que le gouvernement ait fait une mauvaise colonisation, mais une pire décolonisation ».
    Jean-François Debargue, le 11 avril 2015

    samedi 11 avril 2015

    Pour « génocide » au Sahara occidental : Un juge espagnol propose le renvoi devant un tribunal de 11 responsables marocains

    D.R
    Un juge espagnol a proposé jeudi passé le renvoi devant  un tribunal de onze fonctionnaires, policiers et militaires marocains pour "génocide" et assassinats commis entre 1975 et 1991 au Sahara occidental, dernière colonie en Afrique occupée par le Maroc depuis 1975. 

    Dans un arrêt notifiant la fin de son enquête et rendu à la demande  du parquet, le juge Baltasar Garzon de l'Audience nationale, estime que ces  fonctionnaires marocains peuvent être jugés.
     Selon cet arrêt, cité par l'AFP, il "existe des indices rationnels" permettant de juger ces personnes inculpées pour "génocide" en lien avec des "assassinats", des "détentions arbitraires" et des "actes de torture" commis  au Sahara occidental. Par ailleurs, le juge a lancé un mandat d'arrêt pour sept suspects déjà mis en examen et délivré quatre commissions rogatoires pour quatre autres personnes, afin que les poursuites leurs soient notifiées, car elles n'étaient pas visées jusque-là.  Selon le juge "la population civile sahraoui a été systématiquement attaquée par la police et l'armée marocaines" entre 1975 et 1991 lors du conflit  armé ayant opposé le royaume du Maroc au Front Polisario, luttant contre l'occupation  marocaine du Sahara occidental.
    L'enquête avait été ouverte par le juge Garzon en octobre 2007, après le dépôt d'une plainte par des associations de défense des droits de l'Homme et des familles de victimes faisant état de la disparition de plus de 500 Sahraouis à partir de 1975. A cette date, le Sahara occidental est occupé par le Maroc, mais certaines  victimes disposaient de pièces d'identité espagnoles. La justice espagnole a alors enquêté sur les responsabilités éventuelles de 13 suspects sur un total de 32, dont certains sont décédés, notamment Driss  Basri, qui a été pendant 20 ans le ministre de l'Intérieur de feu le roi du Maroc Hassan II, selon l'agence.


    Les députés italiens adoptent deux motions de soutien en faveur du peuple sahraoui
     
    De son côté, la Chambre italienne des députés a adopté, lors de l'examen, récemment à Rome, de la question de participation de l'Italie à  la Mission des Nations unies pour le référendum sur le Sahara occidental (Minurso),  deux motions de soutien en faveur du peuple sahraoui. La première motion engage le gouvernement italien à "évaluer l'opportunité de poursuivre, le plus rapidement possible, la participation italienne à la Minurso et aux initiatives de soutien en faveur du peuple sahraoui, et à poursuivre l'activité diplomatique visant à parvenir à une solution juste et équitable du problème du Sahara occidental".
    La deuxième motion engage, quant à elle, le gouvernement italien à "vérifier  l'opportunité de ne pas interrompre la participation italienne à la Minurso" et à s'"activer dans les sièges internationaux pour que le mandat de cette Mission soit élargi, envisageant notamment des tâches en matière de respect des droits de l'Homme".
    Les deux motions ont été intégrées dans un texte final adopté par la Chambre italienne des députés, fixant le niveau de participation de l'Italie  aux Missions des Nations unies pour le maintien de la paix et les budgets qui leur seront alloués pour la période allant du 1er janvier au 30 septembre 2015.

     

    Un juge espagnol veut poursuivre Rabat pour génocide

    Disparitions forcées, assassinats et tortures au Sahara Occidental

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    Par Zine Cherfaoui, El Watan, 11/4/2015
     
 Le juge espagnol Pablo Ruz
    Le juge espagnol Pablo Ruz
     

    Le juge Pablo Ruz soutient que «la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l’armée marocaines entre 1975 et 1991». La justice espagnole estime qu’il «existe des indices rationnels» permettant en effet de juger des fonctionnaires marocains pour «génocide» en lien avec des «assassinats», des «détentions arbitraires» et des «actes de torture».

    Le Maroc a énormément de cadavres dans ses placards. Ça tout le monde le sait… et depuis longtemps. Devenus une tradition ancrée depuis des lustres, les meurtres, la torture et les disparitions forcées se commettent même à la pelle au pays du roi Mohammed VI. Tout le monde en souffre, à commencer par les Sahraouis.
    Ce que l’opinion a compris aussi, c’est que grâce à ses «amis» occidentaux, le royaume chérifien bénéficie d’une impunité totale dans les instances internationales. Y compris au niveau de l’Organisation des Nations unies où la politique des deux poids, deux mesures est érigée en règle.
    Le traitement réservé à l’affaire de l’assassinat en 1965 de l’opposant Mehdi Ben Barka donne d’ailleurs un aperçu des plus clairs sur l’étendue de la complaisance et de la complicité dont profite ce pays. 
     Dans le cas des violations massives et systématiques des droits de l’homme commises au Sahara occidental occupé, un juge espagnol de l’Audience nationale, Pablo Ruz, sans doute révolté par la barbarie du makhzen, a décidé jeudi de briser l’omerta en donnant un grand coup  de pied dans la fourmilière marocaine. Surtout que les preuves sont innombrables et accablantes.

    Indices «rationnels»
    Face à la gravité des faits, Pablo Ruz a proposé le renvoi illico presto devant un tribunal de 11 fonctionnaires, policiers et militaires marocains pour «génocide» et «assassinats» entre 1975 et 1991. Il a expliqué durant son exposé que «la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l’armée marocaines» durant cette période. Selon lui, il «existe des indices rationnels» permettant en effet de juger les 11 inculpés pour «génocide» en lien avec des «assassinats», des «détentions arbitraires» et des «actes de torture».
    Soutenu par le parquet, il estime que ces présumés assassins peuvent être jugés dans un arrêt notifiant la fin de son enquête.

    Une enquête, faut-il le rappeler, ouverte en 2007 par le juge Baltasar Garzon après le dépôt d’une plainte par des associations de défense des droits humains et des familles de victimes qui avaient fait alors état de la disparition de plus de 500 Sahraouis à partir de 1975, date de la colonisation par le Maroc du Sahara occidental. La justice espagnole avait, précise-t-on, commencé à enquêter sur les responsabilités éventuelles de 13 suspects sur un total de 32.
    Le juge espagnol pointe particulièrement du doigt le militaire Abdelhaq Lemdaour et le colonel de la Gendarmerie royale, Driss Sbai. Ces hauts gradés étaient les chefs du quartier général des forces armées et de la gendarmerie de Smara lors de l’annexion du Sahara occidental. C’est dans cette localité que beaucoup de meurtres et de disparitions ont été signalés. Le magistrat espagnol considère en tout cas ces deux militaires comme responsables des tortures administrées à Hadram Abderrahman, arrêtée le 15 décembre 1975 chez elle, arrachée par la force à son bébé de moins d’un an qu’elle allaitait.
    Elle fut ensuite torturée durant un mois et demi, tous les jours, «pendant un temps indéterminé, avec des pauses de 10 à 15 minutes» et fut «victime d’agressions sexuelles». Le juge, selon l’AFP qui a rapporté l’information, a cité aussi le cas de Omar Buzeid Ahmed Baiba, un commerçant «de nationalité espagnole», arrêté le 10 juillet 1976 par des membres de la Gendarmerie royale à Smara, et «torturé au moins pendant quatre mois et 15 jours, à coups de décharges électriques dans les parties génitales, la bouche et les doigts», avant que sa famille ne perde sa trace.

    Viols et décharges électriques
    Spécialisé dans les affaires complexes, le juge Pablo Ruz refuse de s’arrêter en si bon chemin. Il a décidé, en outre, de lancer un mandat d’arrêt contre sept suspects déjà mis en examen et a délivré quatre commissions rogatoires pour quatre autres personnes, afin que les poursuites leur soient notifiées, car elles n’étaient pas visées jusque-là. Parmi les sept premiers figurent l’ancien gouverneur de l’administration territoriale du ministère de l’Intérieur marocain jusqu’à 1997, Abdelhafid Ben Hashem, le gouverneur de Smara (Sahara occidental) entre 1976 et 1978 Saïd Ouassou, et son successeur Hassan Oushen.
    Si le Maroc n’a pas encore réagi à la décision de la justice espagnole, l’association Pro-droits de l’homme d’Espagne a, en revanche, fortement applaudi les conclusions du juge. Elle estime qu’elles constituent «une avancée décisive contre l’impunité face aux graves violations des droits de l’homme, perpétrées par les forces militaires marocaines contre la population civile sahraouie». Il faut savoir que lorsque le territoire sahraoui est passé illégalement sous contrôle marocain, certaines victimes disposaient de pièces d’identité espagnoles. Beaucoup d’entre elles étaient espagnoles d’origine.
    C’est ce qui a permis à cette affaire de génocide d’avancer, soutiennent d’ailleurs de nombreux observateurs. Maintenant que la vérité commence à paraître au grand jour, les associations de défense des droits humains espèrent que ce dossier explosif ne se perdra pas dans les dédales de la justice ou qu’il ne sera pas enterré par le pouvoir politique espagnol au nom d’une sombre raison d’Etat.

    Trois ONG interpellent Valls sur les droits humains

    A l’occasion de leur visite officielle au Maroc le 9 avril, trois ONG ont interpellé jeudi le Premier ministre français, Manuel Valls, sur l’accord judiciaire France/Maroc.
    La raison ? Cet accord donnerait la priorité au système judiciaire marocain pour enquêter sur tout crime ou délit commis au Maroc, même si la victime est française, dès lors qu’est potentiellement mis en cause un ressortissant marocain.
    Ce nouvel accord, paraphé par les ministres de la Justice des deux pays le 31 janvier dernier et amendant la Convention d’entraide judiciaire entre la France et le Maroc, mettrait en péril les droits des victimes françaises et étrangères de crimes commis au Maroc, y compris de graves violations des droits humains, en rendant quasi impossible toute poursuite en France de ressortissants marocains.
    La justice marocaine s’est pourtant régulièrement montrée incapable d’assurer des procès équitables aux plaignants dans les affaires politiquement sensibles.
    Elle a notamment failli à son obligation d’enquêter adéquatement sur les allégations de violations de droits humains et donc d’assurer leur droit à un recours utile, comme l’ont amplement démontré les rapports de Human Rights Watch (juin 2013) et des Nations unies. Les autorités marocaines n’ont en outre pas démontré leur volonté de mener véritablement à bien des enquêtes et de traduire en justice les auteurs de crimes.