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mercredi 9 novembre 2016

Génocides dans le Sahara occidental: “La recherche de la mémoire historique est un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir”


Madrid, 8 nov 2016 (SPS)  

Le professeur et psychologue espagnol Carlos Beristain a souligné que “la recherche de la mémoire historique et des violations actuelles des droits de l’homme” au Sahara occidental occupé est “un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir”.
Le problème central dans le cas du conflit au Sahara occidental est “l’oubli”, a-t-il dit dans une déclaration au journal électronique espagnol “el diario.es”

“La recherche de la mémoire historique et des violations des droits de l’homme est un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir ou c’est systématiquement refusé ou utilisé politiquement car il est difficile et dans certains cas dangereux d’atteindre les victimes”, a-t-il expliqué.

dimanche 29 mai 2016

AFAPREDESA : «30 000 détenus et plus de 4 500 portés disparus, dont 400 n’ont laissé aucune trace, depuis le début du conflit»

Abdeslam Omar Lahcen, président de l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA): «30 000 détenus et plus de 4 500 portés disparus, dont 400 n’ont laissé aucune trace, depuis le début du conflit»
Le 21 mai dernier, dans les camps de réfugiés sahraouis, on célébrait le 43e anniversaire de la création du Front Polisario et du début de la résistance contre l’occupation marocaine. Reporters a rencontré à cette occasion Omar Abdessalam, président de l’association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA), un collectif qui, en dépit des difficultés importantes qu’il rencontre, demeure très actif au plan international pour, dit-il, faire entendre «la voix de ceux qu’on veut faire taire». Entretien.
Reporters : Vous présidez l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis. A quoi sert cette association et quels sont ses objectifs ?
Omar Lahcen Abdeslam : L’Association des familles et des prisonniers et des disparus sahraouis existe depuis près de trente ans maintenant. Il s’agit d’une ONG sahraouie dont la date de création remonte au 20 août 1989. Elle a vu le jour à l’initiative de familles de disparus et de détenus sahraouis dans les prisons marocaines. Sa mission consiste à faire la lumière sur ces personnes rendues prisonnières ou disparues sous l’occupation marocaine, certaines depuis le début de la guerre en 1975. Son travail est la mise à jour des listes de ces personnes qu’elle effectue sur la base de témoignages et de récits précis. Il est question aussi de soutenir les familles et de les accompagner en les orientant auprès des services compétents à l’ONU, l’Union africaine (UA) et d’autres organisations gouvernementales et non gouvernementales concernés par la défense des droits humains. Dans le contexte sahraoui, vous imaginez bien que sa mission est permanente et qu’elle consiste à recenser toutes les violations commises contre les Sahraouis dans les territoires occupés par le Maroc, soit en situation dite «ordinaire» soit en situation de soulèvement et de révolte, comme cela s’est passé en novembre 2010 lors de la révolte de Gdeim Izik, près de Laayoune, durant laquelle des centaines de nos compatriotes ont été pourchassés, réprimés, jetés en prison et torturés par les autorités coloniales marocaines. L’association a recensé tous les cas de violation commis durant ces évènements et a transmis ses rapports aux organisations de défense des droits de l’Homme, comme celui de Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison pour avoir manifesté à Gdeim Izik. Une condamnation scandaleuse, inique, sans fondement juridique et contraire à toutes les conventions de Genève.

mardi 16 février 2016

A lire : Sahara Occidental : Le cauchemar des prisons secrètes de l'expan«sioniste» marocain !


Les forteresses prisons marocaines qui abritent des prisonniers derrière leurs murs sont synonymes de brutalité et de déchéance de la dignité humaine.
Et partant, la plupart des prisonniers politiques sahraouis en savent quelque chose, eux qui ont été condamnés à des peines entre 15 et 24 ans de forteresse prison et dont les souvenirs sont gravés dans leur chair.
Ces prisonniers sahraouis témoignent des tortures physiques et psychologiques qu’ils ont subies dans ces prisons ou les lieux de détention secrets du Makhzen.
A l’exemple de Mohamed Dadach, ancien prisonnier politique d’El Ayoun, surnommé le Mandela sahraoui, condamné à mort, qui a passé près de 25 ans, enfermé dans une geôle sous terre, a été fortement ébranlé par les pratiques répressives, comme à beaucoup de ses compagnons d’infortune.
Il nous relate son calvaire dans la prison de Kénitra quand il y est entré le 7 avril 1980, après sa condamnation à mort par le tribunal militaire de Rabat. Puis sa peine a été commuée à la prison à vie en 1994 où il y est resté jusqu’au 7 novembre 2001 à la suite de pressions de la part d’organisations internationales de droits de l’homme comme la Croix-Rouge et Amnesty International dont le président a visité la prison en 1989.
Il a vécu le martyre dans une cellule d’un mètre carré environ, ne voyant le soleil qu’une heure par jour, vivant dans des souffrances psychologiques insoutenables car appréhendant son exécution d’un jour à l’autre comme une épée de Damoclès.
En outre, le Makhzen les maintient au secret, lui et ses compagnons, n’ayant aucun contact avec l’extérieur, en sus d’être loin de leur famille à plus de 1500 km, ce qui engendre des souffrances psychologiques intenses en plus d’être torturés physiquement.
Il ajoute que notre souffrance augmente de jour en jour en sachant que le Maroc ne veut en aucun cas permettre aux ONG des droits de l’homme d’intervenir en notre faveur et mener campagne avec nos familles pour nous libérer.
En dépit de tout ce qu’il a subi, il continue son combat pour les droits de l’homme et les droits du peuple sahraoui à l’autodétermination et la libération des territoires occupés par le Maroc expan«sioniste» et à défendre le groupe de Gdim Izik, à leur tête le militant Laâza Hafedh, condamné à 16 ans de prison.
De même, l’ancien prisonnier politique Mohamed Saleh, qui a passé 14 ans de sa vie en prison, raconte le cauchemar des centres de torture où ils sont exposés quotidiennement à toutes les pratiques contraires à toutes les conventions et traités internationaux.
Durant les premières heures de leur incarcération et pendant 18 jours, ils ont été tenus au secret, torturés de façon inimaginable et l’on a même torturé leurs femmes et leurs sœurs devant leurs yeux pour ajouter à leur souffrance physique une souffrance psychologique.
Quant à Abdel-Salam Omar, chef du Comité pour la défense des droits des prisonniers politiques, il précise que le Makhzen a torturé plus de 2.000 prisonniers sahraouis, en a tué 214 et enterrés vivants 60 autres et que la situation des droits humains des prisonniers au Sahara occidental va de plus en plus mal, en dépit de la Convention de Genève sur les droits des prisonniers signée par le Maroc et le Front Polisario.
Par ailleurs, il ajoute qu’en collaboration avec les organisations internationales des droits de l’homme, les associations sahraouies sont à la recherche d'autres fosses communes, après la découverte d’une première fosse commune en 2012 où ont été enterrés vivants 60 prisonniers politiques sahraouis.
Et partant, il déclare qu’il est temps de faire pression sur le Maroc, à travers l'Organisation des Nations unies et les organisations internationales d’inclure les droits de l’homme dans les résolutions onusiennes relatives au Sahara occidental.
Le président de l'Organisation sahraouie contre la torture, Mami Omar Salem, a dit que la plupart des militants sahraouis qui sont tombés entre les mains du Makhzen ont gouté les affres de la torture, de l’humiliation et de la mort durant ces 40 dernières années et que 500 d’entre eux ont disparu mystérieusement sans laisser de traces à ce jour.
Et le Maroc continue toujours de torturer les prisonniers en dépit de toutes les conventions internationales, comme en témoigne la présence de 70 prisonniers qui sont torturés systématiquement en plus des disparus.
Car plus la pression internationale s’accentue à vouloir visiter les prisons, plus le Maroc ouvre des prisons secrètes dans toutes les villes occupées où l’on pratique la torture à outrance.

samedi 19 décembre 2015

Crimes commis par le Maroc : trois nouvelles fosses communes découvertes dans les territoires sahraouis

Trois nouvelles fosses communes ont été découvertes, récemment, dans les territoires sahraouis par des experts espagnols, a indiqué, jeudi à Dakhla (camps de réfugiés sahraouis), le président de l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFRAPREDESA), Omar Abdeslam.
Le président de l’AFRAPREDESA, qui s’exprimait devant des journalistes, en marge des travaux du 14ème Congrès du Front Polisario, a précisé que "le processus d’exhumation des ossements est à sa première phase", soulignant qu’"il ne pouvait pas à l’heure actuelle donner plus de détails sur les lieux de ces trois fosses communes", qui viennent encore une fois lever le voile sur les crimes contre l'humanité commis par l'occupant marocain.
"Nous communiquerons d’avantage sur ces nouvelles fosses communes, une fois le travail entamé sur le terrain est achevé", a-t-il poursuivi.
Il a, toutefois, affirmé que "jusqu’à maintenant dix personnes furent identifiées dans la première fosse", précisant que "la plus grande fosse contient les ossements de 60 victimes sahraouies enterrées vivantes."

mercredi 27 mai 2015

Une association sahraouie prend part au 88e congrès de la Ligue des droits de l’Homme au Mans

Le Mans (France), 24 /5/2015 (SPS) 

 L'association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) a participé au 88e congrès de la Ligue des droits de l’Homme, qui se tient du 23 au 25 mai 2015, au Palais des congrès du Mans, en Pays-de-la-Loire.

Le représentant de l’AFAPREDESA, Oumar  Bouzeid, a eu en marge de ce congrès des rencontres avec le maire-adjoint de la ville du Mans, des cadres de la ligue venant des villes françaises.

Les rencontres ont permis au responsable sahraoui d’informer ses interlocuteurs de derniers développements de la question du Sahara occidental, en particuliers la situation des droits de l’homme, fosses communes découvertes récemment et la plainte proposée par un juge espagnol devant un tribunal contre onze fonctionnaires pour "génocide" et assassinats commis entre 1975 et 1991 au Sahara occidental.

Pour rappel, toutes les interventions lors du premier jour du congrès, ont insisté sur la nécessite du respect des droits de l’homme partout dans le monde. (SPS)
093/90/TRD 24 13 26 MAI 015 SPS

dimanche 1 février 2015

L'ALGÉRIE PROPOSE DE BOYCOTTER LE FORUM DE CRANS MONTANA DE DAKHLA



L'autre forfaiture de Mohammed VI

Par 31/1/2015
 
L'initiative algérienne est signée dans le sillage de la découverte de trois nouvelles fosses communes, dans la région de Smara près d'Amgala, d'où ont été exhumés six nouveaux corps de Sahraouis disparus.
La communauté internationale fermera-t-elle les yeux sur ce crime? Alors que l'Union européenne, par la voix de sa Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, considère le Sahara occidental comme un territoire non-autonome et le Royaume du Maroc sa puissance administrante de facto, la ville de Dakhla occupée est désignée pour accueillir le mois de mars prochain la prochaine session du Forum de Crans Montana. Soit un mois avant que le Conseil de sécurité n'adopte une nouvelle résolution pour prolonger la mission de la Minurso, Mission des Nations unies pour l'organisation d'un referendum au Sahara occidental.
Une occasion pour le Maroc de se refaire une virginité et cautionner la répression qui s'abat sur la population sahraouie spoliée de ses terres.
«Le Royaume du Maroc, qui n'a pas de souveraineté sur les zones occupées de la République sahraouie, et encore l'administration du territoire, recourt à ces pratiques illégales et contraires à l'éthique, avec la coopération malheureuse de certaines parties, comme le chef du Forum de Crans Montana, dans le cadre d'une politique systématique de mystification de l'opinion publique internationale et de propagande à ses thèses coloniales», a vigoureusement protesté le Gouvernement sahraoui qui souligne indigné: «Dans une position étrange et injustifiée, le président de Crans Montana a déclaré en octobre dernier que le Forum tiendra sa session annuelle de 2015 à Dakhla, ville de la Rasd occupée illégalement par les forces militaires marocaines depuis 1975».
L'Algérie s'indigne et propose de boycotter ce «rendez-vous fantoche» à partir d'Addis-Abeba (Ethiopie) où se tient la 24ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union africaine (UA). «Au cours du rapport de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples et à l'initiative de l'Algérie, il a été proposé lors du Conseil exécutif de l'UA, l'adoption d'une déclaration qui condamne la tenue du Forum de Cran-Montana (mars 2015) dans la ville occupée de Dakhla», indique le Conseil exécutif de l'Union africaine.
L'initiative algérienne est signée dans le sillage de la découverte de trois nouvelles fosses communes, dans la région de Smara près d'Amgala, d'où ont été exhumés six nouveaux corps de Sahraouis disparus.
«La découverte a été réalisée en novembre 2014 par des experts scientifiques espagnols, de renommée internationale, qui ont exhumé les restes de six citoyens sahraouis découverts dans trois fosses communes à Fadret Leguiaa, région de Smara près d'Amgala» a indiqué le 28 janvier 2015 le président de l'Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis, Abdesslam Omar. «Plus de 400 Sahraouis sont actuellement recensés comme victimes de disparitions forcées... de nombreux autres sont portés disparus suite aux bombardements de l'aviation marocaine à Oum Dreiga, Guelta ou Tifariti en 1976.» a précisé le responsable de l'Afapredesa.
En 2013 les restes de 60 personnes avaient été déterrés d'une seule fosse commune.
L'identification d'une dizaine d'entre eux a permis d'établir que c'étaient des civils froidement abattus par les forces d'occupation marocaines. Ils ont ressurgi d'outre-tombe pour montrer à la face du monde le visage inhumain du pouvoir marocain. Son passé le rattrape.
La torture et les exécutions sommaires sont une caractéristique qui a longtemps collé à l'image du trône marocain. A Tazmamart, 35 prisonniers décédèrent dans des conditions inhumaines (sans lumière, sous-alimentés, torturés, en proie à la chaleur et au froid, sans le moindre soin et sans aucun contact avec l'extérieur) dans ce bagne, qui hante la mémoire du peuple marocain, construit entre 1972 et 1973 sur ordre du défunt roi Hassan II, après le coup d'État avorté de Skhirat pour mater toute opposition au trône.

Aujourd'hui il y a la «Carcel Negra» (prison noire) et les fosses communes «clandestines» dans les territoires du Sahara occidental qui témoignent que rien n'a changé.
Des voix libres du peuple du Sahara occidental qui ressurgissent de l'au-delà pour dire que le combat continue.

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 Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, hier lors d’une conférence de presse à l’ambassade
Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, hier lors d’une conférence de presse à l’ambassade

 Mohamed Salem Ouald Salek, chef de la diplomatie sahraouie : «Crans Montana à Dakhla est une violation du droit international»

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Par Hacen Ouali, El Watan, 4/2/2015

La tenue du Forum de Crans Montana à Dakhla, ville sahraouie occupée, est une violation du droit international», a accusé le chef de la diplomatie de la RASD, Mohamed Salem Ould Salek, hier à Alger lors d’une conférence de presse.
En invitant le Forum économique à tenir sa prochaine session — 12, 13 et 14 mars prochain — dans la ville de Dakhla, le Maroc «cherche à légitimer son occupation. Une autre manœuvre pour imposer le fait accompli colonial», a encore dénoncé le chef de la diplomatie sahraouie.

Le Maroc cherche à légitimer la colonisation
«Le Maroc est libre d’organiser ce forum à Rabat ou à Casablanca, mais pas à Dakhla, nous n’accepterons jamais cela», a fait savoir M. Ould Salek.Le ministre sahraoui s’est réjoui, par ailleurs, de la position de l’Union africaine qui appelle au boycott de ce forum.
Pour rappel, l’Union africaine a convié lors de son sommet, tenu la semaine en cours, les États membres à ne pas participer au forum.

«Nous, chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine lançons un appel aux États membres de l’UA, à la société civile et à toutes les organisations pour qu’ils ne participent pas à ce forum prévu dans la ville occupée de Dakhla», a fait savoir l’organisation africaine.
L’Union africaine a, par la même occasion, saisi officiellement l’organisateur suisse l’invitant à «annuler cette manifestation qui viole le droit international et qui peut provoquer des affrontements entre les deux parties en conflit avec le risque d’impacter négativement les efforts de la paix menés par l’ONU et l’Union africaine».
Les pays africains amis de la République sahraoui démocratique se sont engagés à organiser plusieurs manifestations dans les territoires sahraouis libérés pour contrecarrer l’initiative marocaine. Le ministre sahraoui qui est revenu justement du sommet de l’UA, a profité de son passage à Alger pour déclarer qu’il «est temps que la communauté internationale applique la légalité internationale et fasse appliquer les résolutions de l’ONU concernant le conflit sahraoui», a interpellé le responsable de la RASD.
Il a également insisté sur l’urgence de la tenue d’un référendum d’autodétermination. «Le peuple et le gouvernement sahraouis  attendaient de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara  occidental, Christopher Ross, et du Conseil de sécurité d’accélérer l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental en toute transparence, liberté et démocratie et en fixant une échéance pour la tenue du référendum d’autodétermination», a indiqué Ould Salek.
Et c’est en ce sens que Mohamed Salem Ould Salek a rappelé la responsabilité historique et administrative de l’Espagne, mais également celle de la France en tant que «grand pays» qui pèse sur le dossier sahraoui.
«La France est appelée, en tant que grand pays, à jouer un rôle positif et constructif allant dans le règlement du conflit sahraoui. S’aligner sur la politique d’agression marocaine est contraire aux intérêts stratégiques du Maghreb et aussi à ceux de la France», a reproché le dirigeant sahraoui.
Le statu quo dans lequel est maintenu le dossier sahraoui depuis au moins le cessez-le-feu en 1991 «a atteint ses limites», a tancé Ould Salek. Dernière colonie d’Afrique, le Sahara occidental est sous occupation marocaine depuis 1975.
Le Front Polisario, qui a libéré le pays de l’occupant espagnol, a continué la lutte armée pour l’indépendance jusqu’à ce que le Maroc de Hassan II soit contraint à accepter un cessez-le-feu qui devait conduire à un référendum d’autodétermination.
Une promesse vite remise en cause par la partie marocaine qui, depuis, s’oppose à toute solution juste et durable.

 
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mercredi 12 novembre 2014

Sahara occidental - Gdeim Izik : quatre ans déjà

  quatre ans déjà

Par Mariam Ali, 9/11/2014
On l’a surnommé le camp de la Liberté, c’était la plus grande manifestation sociale au Sahara occi- dental depuis 1975. Entre 15 000 et 20 000 Sahraouis y vivaient sous des tentes, à une douzaine de kilo- mètres d’El Ayoun, capitale occupée du Sahara occidental, pour protester contre la politique du Maroc et réclamer leurs droits. 
 Lundi 8 novembre 2010 à l’aube, la barbarie marocaine a précédé le réveil des Sahraouis. Le campement a été démantelé de force par l’armée marocaine. Le bilan 
officiel de la tuerie demeure à ce jour méconnu, même si, de part et d’autre, l’on parle de 36 morts, une centaine de détenus et autres disparus. Ce qui est sûr et même certain, c’est que ce jour-là, les Marocains ont tenté un génocide. Dans un bref entretien qui nous avait été accordé, la militante espagnole Isabel Terraza et son ami Antonio Velazquez, témoins oculaires des événements, rencontrés dans les camps des réfugiés sahraouis de Tindouf, n’ont jamais cru qu’un humain pouvait, en aucun cas, faire preuve d’une telle violence envers un autre. « Franchement moi, personnellement, il m’est trop difficile de revenir sur ce qui s’est passé ce jour-là. En un mot, c’était un génocide. Cela restera gravé dans ma mémoire tant que je serai vivante. Oui, nous étions témoins du démantèlement du camp de Gdeim Izik, moi et mon ami. Nous y étions depuis les premiers jours de son installation, soit depuis le 20 octobre 2010 plus exactement. Disons que nous avons beaucoup appris bien avant l’installation du campement en dehors d’El Ayoun par les jeunes Sahraouis et là un fait nous a marqués », a-t- elle témoigné. Quatre ans se seront déjà écoulés. Et rien n’a changé. La situation dans les territoires occupés demeure la même face à un royaume marocain qui fait fi de toutes les condamnations de la communauté internationale, imposant ainsi son diktat à des populations meurtries, affamées et pourchassées au quotidien. La hantise humaine de gouverner a fait du Sahara occidental un coin où tous les maux sont réunis. Les violations des droits humains au Sahara occidental ne dont pas un vain mot. La situation perdure au vu et au su de la communauté internationale. Les exemples ne manquent nullement. Ils sont édifiants. La découverte récente de fosses communes dans les territoires sahraouis occupés remet, en effet, à l’ordre du jour la question des crimes que commettent les autorités marocaines à l’encontre du peuple sahraoui, au mépris de la légalité internationale concernant le respect des droits de l’homme. Les dépassements marocains ont été ainsi mis à nu par la découverte, début 2013, de deux fosses communes dans la localité de Mkala, près de Smara, et non loin du « mur de la honte », selon les révélations d’Omar Abdesslam, président de l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (Afapredesa). Les restes de 60 corps au moins, dont des enfants, y ont été trouvés et l’identification de neuf d’entre eux a permis d’établir qu’il s’agissait de civils sahraouis exécutés par les forces ma- rocaines lors de l’invasion puis l’occupation du Sahara occidental. Le gouvernement sahraoui a appelé, à maintes reprises, à casser le blocage médiatique imposé par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés, où des violations systématiques des droits de l’Homme et une répression aveugle et sauvage sont commises à l’égard des populations locales. Les violations marocaines concernent aussi le non- respect des lois internationales, en entravant notamment le travail des organisations de défense des droits de l’Homme.

samedi 11 janvier 2014

Quand l'ONU rendait hommage aux concessions du Front Polisario



Un jour comme aujourd'hui, 10 janvier, de l'année 2002, le secrétaire Général de l'ONU, Koffi Annan, remettait son rapport au Conseil de Sécurité sur la situation au Sahara Occidental. Dans ce rapport, Anan signalait que son Envoyé Personnel, James Baker, "rendait hommage" au Front Polisario "pour certaines des concessions qu’il avait faites".
Depuis le début du processus de paix onusien, les Sahraouis étaient la seule partie contrainte de faire des concessions. Ce qui a permis au Maroc de laisser son armée et son administration dans les territoires qu'il occupe au Sahara Occidental même pendant la période du référendum. Cela a été possible grâce à la complicité de l'ancien Secrétaire Général, Perez de Cuellar qui plus tard sera nommé président honoraire du holding royal marocain ONA.
Ensuite, le Front Polisario a été pressé d'accepter l'élargissement des listes électorales avec tout le risque de falsification que cela comportait. Et depuis la création de la MINURSO en 1991, les Sahraouis regardent impuissants comment le Maroc réprime, emprisonne et commet toutes sortes de violations de leurs droits sous le regard de la communauté internationale.
En dépit de cette vérité, les Sahraouis doivent assumer les éloges au Maroc que le Secrétaire Général Ban Ki-moon fait dans tous ses rapports sur des prétendues avancées avec la création d'un Conseil Consultatif des Droits de l'Homme créé par le gouvernement marocain et visant à servir les plans de ce dernier. 
Aujourd'hui, les Sahraouis se demandent qu'est-ce que Ban Ki-moon dira sur les personnes trouvées dans les fosses communes que le CNDH marocain avait déclarées comme décédées en prison. Réponse au mois d'avril. Wait and see.

vendredi 29 novembre 2013

Prisonniers et disparus sahraouis : Un rapport « accablant » contre le Maroc en préparation

AFAPREDESA, 26/11/2013

L’Association des familles des prisonniers et détenus sahraouis (AFAPREDESA) s’apprête à rendre public, le 10 décembre prochain, à l’occasion de la journée internationale des Droits de l’homme, un rapport « accablant » sur les pratiques du Maroc relatives aux « disparitions forcées » et aux « détentions arbitraires », a déclaré à l’APS son président, Abdesslem Omar.

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L’Association des familles des prisonniers et détenus sahraouis (AFAPREDESA) s’apprête à rendre public, le 10 décembre prochain, à l’occasion de la journée internationale des Droits de l’homme, un rapport « accablant » sur les pratiques du Maroc relatives aux « disparitions forcées » et aux « détentions arbitraires », a déclaré à l’APS  son président, Abdesslem Omar.
Soulignant que le quotidien des Sahraouis dans les territoires occupés est fait d’exactions « permanentes » et de « graves » violations des droits de l’homme, le président de l’AFAPREDESA note que les « disparitions forcées » ainsi que les « détentions arbitraires » font partie des pratiques du Maroc en vue de « brimer »  toute « voix » revendiquant l’indépendance du territoire sahraoui. 

L’Association, se basant sur les témoignages des proches des détenus  et des disparus, s’attelle depuis quelques temps à rassembler toutes les « pièces à conviction » accablant le Maroc sur les conditions « inhumaines » dans les prisons,  les tortures et les humiliations subies par les détenus.
Mieux, affirme Abdesselem Omar, le Maroc s’emploie à « brouiller » les cartes en endossant des charges à caractère « politique » à l’encontre de Sahraouis accusés de délits relevant du droit commun.
Actuellement, informe-t-il, ils sont pas moins de 75 détenus politiques sahraouis à croupir dans les geôles marocaines, dont 5 enfants incarcérés dans la prison d’Agadir. Les autorités marocaines ont fait état de 34 cas de décès dans les prisons du royaume, relève Abdesslem Omar, un fait contesté par les familles  des concernés dans la mesure où aucune preuve matérielle concernant les décédés ne leur a été présentée. Depuis le début du conflit avec le Maroc, le Front Polisario a enregistré  4.500 disparitions forcées, dont 500 non encore retrouvées et dont le sort demeure inconnu par les proches.         
En 2010, le Maroc reconnaissait l’existence d’ « un total de 940 disparus,  dont 638 détenus parmi lesquels 351 sont décédés au cours de leur détention, le reste ayant été libéré ».
 « Des chiffres complètement erronés, en totale contradiction et qui  sont bien loin de la réalité des faits », soutient Abdesslem Omar qui relève l’absence de dépouilles mortelles ou de certificats pouvant attester des décès annoncés.
« Il a fallu que l’ex-envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara  occidental, James Baker, fasse pression sur le Maroc pour que celui-ci évoque cette question », précise le président de l’AFAPREDESA. 
 La découverte, en février dernier, de deux fosses communes contenant  les ossements de huit cadavres (dont ceux de 2 adultes) dans les territoires libérés démontre l’ampleur des atrocités commises par le régime marocain contre les droits humains des Sahraouis, déplore le président de l’Association qui  milite pour la « dignité » des détenus et pour que la vérité sur le sort des disparus soit connue.
Abdesslem Omar devait présider, le jeudi 21 novembre, une cérémonie  de remise des ossements aux familles des victimes identifiées pour qui cette « identification représente une étape importante pour faire le deuil », a-t-il  déclaré récemment à l’APS, à la suite de la confirmation de la nature du décès des victimes (exécutées par balles) par un panel international de scientifiques.
 Le président de l’AFAPREDESA plaide, en définitive, pour que le territoire occupé soit « ouvert » aux experts internationaux et « indépendants » afin de faire « toute la lumière » sur ces dossiers en suspens.

samedi 16 novembre 2013

Sahara Occidental: Les ossements des huit victimes sahraouies découverts dans deux fosses communes seront remis à leurs familles le 21 novembre




Les ossements des huit victimes sahraouies de la guerre avec le Maroc, découverts en février dernier dans deux fosses communes sises dans les territoires libérés du Sahara occidental, seront remis à leurs familles, le 21 novembre prochain, apprend-on auprès de l’Association des familles des prisonniers sahraouis et des personnes disparues (AFAPREDESA).

Les deux fosses communes, qui ont été découvertes accidentellement par un berger, contiennent les ossements de huit cadavres, dont six adultes et deux adolescents, remontant à 1976, a expliqué dans une déclaration à l'APS, le président de l'AFAPREDESA, Omar Abdesslam.
Il a fallu attendre les résultats de travail d’un groupe d’experts médico-légal et d’un laboratoire génétique de l’Université basque en Espagne, sollicités par l’Association, pour confirmer la nature des deux fosses, avant d'annoncer officiellement cette découverte «macabre», a-t-il ajouté.
Les victimes qui ont été identifiées par des tests ADN ont toutes été exécutées «de sang froid» par l’armée marocaine comme l’attestent les impacts de balles retrouvés sur les dépouilles et les témoignages de leurs proches présents lors de l’exécution collective et qui ont réussi à prendre la fuite, a précisé le président de l’Association.
Les fosses, situées dans la région de Amgala non loin de la wilaya de Smara occupée et à un peu plus d’un km du mur de séparation des territoires libérés de ceux occupés du Sahara occidental, vont être exhumées le 21 novembre par l’équipe d’experts espagnols et leur contenu sera remis aux familles des huit victimes, a encore indiqué, M. Abdesslam.
Seront présents à cet événement, outre les représentants du Front Polisario, ceux de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), des représentants du Comité international de la Croix rouge (CICR) qui ont été conviés pour y prendre part.

Évoquant l’importance que cette découverte peut représenter pour les familles des victimes et leurs proches, longtemps considérées comme disparues, le président de l’AFAPREDESA a estimé que les familles concernées «pourront désormais faire leur deuil et ne plus vivre dans une effroyable incertitude». Il a considéré, en outre, que cette «macabre découverte» comme étant une «pièce à conviction» contre le Royaume marocain qui «confirme ainsi sa propension à la violation systémique des droits de l’Homme» lorsqu’il s’agit des populations sahraouies revendiquant leur droit à l’indépendance.
Abondant dans le même sens, un membre feminin de l’équipe d’experts espagnols, Eloïse Gonzalez Hidalgo, a estimé qu»'il est crucial pour les familles des victimes d’être fixées sur le sort de leurs proches». «Il est primordial aussi que l’opinion internationale prenne connaissance des massacres massifs commis par le Maroc contre les Sahraouis», a-t-elle souligné, précisant que «c’est la première fois qu’il y a ce genre de révélations prouvées de manière scientifique sur les violations des droits de l’Homme par les forces de sécurité marocaines».
«Quels que soient les enjeux politiques du conflit, la dimension humanitaire doit primer et être respectée», a insisté cette juriste de profession. Créée en 1989 pour défendre les intérêts et la prise en charge des attentes des familles des détenus et des disparus sahraouis, l’AFAPREDESA se bat pour que soient respectés les droits des prisonniers sahraouis et pour que le sort des centaines de disparus depuis le début du conflit armé avec le Maroc soit connu.
Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc avec le soutien de la France.

 http://www.dknews-dz.com/cms/monde/maghreb/33967-sahara-occidental-les-ossements-des-huit-victimes-sahraouies-decouverts-dans-deux-fosses-communes-seront-remis-a-leurs-familles-le-21-novembre

vendredi 1 novembre 2013

Des vérités d'Alger pour Christopher Ross

IL A ACHEVÉ SA TOURNÉE DANS LA RÉGION

Par

Christopher Ross en quête d'une solution rapide et définitive à la question sahraouie 
Christopher Ross en quête d'une solution rapide et définitive à la question sahraouie
Le chef de la diplomatie algérienne a assuré l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental du soutien de l'Algérie pour trouver une solution au conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario.
Alger: dernière étape du périple de Christopher Ross au Maghreb. Le séjour algérois du diplomate américain en quête d'une solution rapide et définitive à la question sahraouie s'est achevé par une déclaration du ministère des Affaires étrangères qui confirme la position constante de l'Algérie par rapport à ce conflit. L'Algérie a renouvelé son soutien aux efforts de l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, «pour trouver une solution politique négociée au conflit qui pourvoit aux droits d'autodétermination du peuple sahraoui» indique le communiqué qui a sanctionné l'entretien entre Ramtane Lamamra et M.Ross, auquel a pris part le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires maghrébines et africaines, Madjid Bouguerra. L'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, qui s'est entretenu le 24 octobre avec le ministre de la Communication, Abdelkader Messahel, a été reçu le même jour par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. L'audience, qui a eu lieu en présence du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Madjid Bouguerra, a «permis d'aborder la situation dans la région et les questions d'intérêt commun», a indiqué un communiqué du cabinet du chef de l'Exécutif. «Le périple (de M.Ross) entre dans le cadre des efforts qu'il déploie au nom du secrétaire général de l'ONU pour aider les deux parties en conflit à trouver une solution politique mutuellement acceptable qui garantisse le droit à l'autodétermination au peuple sahraoui», a déclaré, mardi dernier Madjid Bouguerra aux journalistes lors de l'arrivée de l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental à Alger après un périple qui l'a successivement conduit au Maroc, aux camps de réfugiés sahraouis, aux territoires sahraouis occupés, puis en Mauritanie en tant que pays voisin et observateur. L'envoyé spécial de l'ONU avait quitté le 21 octobre les territoires occupés alors que des manifestations en faveur de l'indépendance qui ont éclaté à Smara et à El Ayoun, hauts lieux de la résistance sahraouie, ont été violemment réprimées par les forces d'occupation marocaines (Voir L'Expression du 22 octobre 2013).

Mohamed Abdelaziz écrit à l'ONU
Le président de la République sahraouie a une énième fois plaidé pour la mise en oeuvre d'un mécanisme de surveillance des droits de l'homme dans les territoires occupés pour protéger les populations sahraouies de la répression chronique des forces d'occupation marocaines. Le président sahraoui a appelé l'Organisation des Nations unies «à protéger les civils sahraouis dans les territoires occupés à travers la création d'un mécanisme onusien pour la protection et la surveillance des droits de l'homme» dans une lettre adressée le 22 octobre 2013 au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon indique une dépêche de l'agence de presse sahraouie SPS datée de jeudi dernier. La requête du SG du Front Polisario intervient dans la foulée de la répression des manifestations pacifiques El Ayoun et Smara qui coïncidaient avec la visite dans la région de l'envoyé personnel du SG de l'ONU pour le Sahara occidental. «Les autorités marocaines ont inondé la zone occupée du Sahara occidental avec des milliers de forces de sécurité qui ont assiégé les rues et les quartiers (des deux villes sahraouies occupées) et qui ont commis des pratiques dangereuses immorales, illégales et sans faire de distinction entre les citoyens sahraouis», souligne dans sa missive le leader sahraoui qui atteste que «les vidéos, les photos et les rapports des organisations des droits de l'homme affirment que les autorités marocaines ont utilisé des manifestants marocains venant de l'intérieur du Maroc» pour réprimer les citoyens sahraouis.

Le PE soutient le peuple sahraoui
Le Parlement européen (PE) qui a adopté mardi dernier le rapport Tannock sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental, affirmant que «l'autodétermination (du peuple sahraoui), au même titre que les droits de l'homme, est au centre du débat pour trouver une solution au conflit du Sahara occidental» y a inscrit un amendement qui prévoit l'envoi d'une Commission conjointe Minurso-Cicr à Fadret Leguiaa, dans la région de Smara dans les territoires sahraouis occupés, où des charniers de civils sahraouis ont été récemment découverts. Dans une demande adressée aux autorités marocaines, le PE souligne «soutenir la création d'une mission Minurso-Cicr (Comité international de la Croix-Rouge) officielle dans la zone de Fadret Leguiaa afin de procéder à l'exhumation et à la restitution des dépouilles aux familles, à la suite de la découverte de fosses communes par l'équipe d'investigation de l'Université du Pays basque».
Un «coup diplomatique» pour le Polisario qui s'est félicité que le PE «n'ait pas suivi le Maroc dans sa tentative de faire évacuer la question sahraouie» de ce rapport qui marque «l'isolement de la thèse marocaine d'occupation de notre territoire et de répression de sa population» a fait remarquer Mohamed Sidati, le ministre sahraoui délégué pour l'Europe. «Le Maroc est ainsi placé sous les feux de la critique du Parlement (européen, Ndlr), au moment même où l'Union européenne concocte un nouvel accord illégal de pêche avec lui: ce rapport questionne le partenariat euro-marocain, il interpelle l'Europe» relève le responsable sahraoui qui souligne que le Parlement européen «tranche» ainsi la question des droits de l'homme, en faveur du respect des droits des Sahraouis.

vendredi 11 octobre 2013

ONU: la société civile mondiale appelle à un référendum d’autodétermination pour le Sahara occidental


Kathlyn Thomas
NEW YORK (Nations-Unies), 10 oct 2013 (SPS) 

Un grand nombre de pétitionnaires de la société civile mondiale ont appelé l'ONU à honorer l’engagement d’organiser un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui et à introduire le mécanisme de surveillance des droits de l'homme au sein de la Mission des Nations-Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).
 
Lors d'un débat sur la question de décolonisation des 16 territoires non autonomes dont le Sahara occidental, qui se tient du 7 au 14 octobre au sein de la Commission onusienne de décolonisation, l’audition sur la question sahraouie a permis à plusieurs pétitionnaires de souligner également que le Sahara occidental occupé par le Maroc est bien une ''colonie''.
Dans son intervention, la juriste américaine Kathlyn Thomas a indiqué qu’en sa qualité d’ancienne membre de la MINURSO chargée des questions  juridiques, elle avait contribué, en 1995, aux négociations sur les critères d’éligibilité, agréés par les parties au conflit, au référendum d’autodétermination et avait participé, en 1999, à la publication de la liste des électeurs. 
A ce propos, elle a confié qu'elle était venue témoigner à ce débat devant la Commission de décolonisation ''dans le souci de dissiper le mythe selon lequel le référendum ne pouvait pas avoir lieu en 2000 pour des raisons pratiques''.
Elle a alors confirmé que ''la seule raison pour laquelle ce référendum n’a pas eu lieu, c’est la décision du Maroc de se retirer du processus, parce qu’il a craint que les électeurs sahraouis se prononcent pour l’autodétermination''.
Le Maroc, a-t-elle poursuivi, ''veut forcer le peuple sahraoui à accepter un avenir dont il ne veut pas et qui ne réglera rien au conflit''.
   
Nécessité d'exercer des pressions sur le Maroc

Pour sa part, M. Hilt Teuwn, du comité belge de soutien au peuple du Sahara occidental, a exhorté la Commission de décolonisation à exercer toute son influence pour permettre l’organisation d’un référendum au Sahara occidental.
Par ailleurs, il a cité les souffrances humaines qui touchent le peuple sahraoui depuis l’invasion marocaine de 1976, comme il a dénoncé le mur de 2.700 km et les barbelés de 20.000 km qui ont été élevés au Sahara occidental occupé.
De son côté, M. Hilde Van Regenmortel, du North South Forum Belgium, a estimé que l’exploitation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental constituait un "obstacle majeur à la décolonisation".
En 2010,  a-t-il souligné, lorsqu’un millier de Sahraouis ont manifesté au camp de Gdeim Izik contre, entre autres, l’exploitation illégale de la pêche, les autorités marocaines ont détruit le camp et condamné 25 Sahraouis à plus de 20 ans de prison.
Il a donc souhaité que le mandat de la MINURSO soit amendé de sorte qu’elle puisse s’occuper de la conformité des activités économiques avec le droit international.
Il a aussi exhorté l’Union européenne à examiner les implications juridiques de l’accord de libre-échange avec le Maroc et a jugé nécessaire d’informer le secteur privé des risques juridiques et économiques de s’engager dans des activités avec le Maroc au Sahara occidental.
Intervenant lors de ce débat, la représentante d'une autre association belge, Mme Annemie Verhees, a mis l’accent sur 400 disparitions forcées de  Sahraouis et précisé qu’une équipe d’enquêteurs conduite par les Professeurs Carlos Martin Beristain et Francisco Etxeberria Gabilondo a publié, le mois dernier, un rapport sur l’exhumation à Meheris, au Sahara occidental, d’une fosse commune contenant huit corps de six adultes et de deux enfants de 14 ans qui ont été exécutés.
Le rapport, a-t-elle noté, précise qu’il s’agit de huit Sahraouis, ajoutant, par ailleurs, que les informations fournies par le Maroc au Conseil des droits de l’homme sur 207 disparitions étaient ''insuffisantes et incomplètes''.
Rappelant que le Conseil de sécurité avait souligné, dans sa résolution d'avril dernier, l’importance d’améliorer la situation des droits de l’homme, Mme Verhees a alors soutenu que le mandat de la MINURSO devait donc inclure la possibilité de mener des enquêtes sur les fosses communes que les survivants ont affirmé avoir vues.

Elargir le mandat de la MINURSO
Prenant également part à ce débat, Mme Janet Lenz, directrice exécutive de ''Not Forgotten International'', a plaidé pour que l’ONU donne enfin suite aux promesses qui ont été faites au peuple sahraoui il y a plus de 20 ans.
Elle a ainsi insisté sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et accusé le Maroc d’avoir ''volé les terres'' de ce peuple, tout en appuyant l’idée d’élargir le mandat de la MINURSO pour y inclure une composante ''droits de l’homme''.
Devant la Commission de décolonisation, Mme Ines Mirand Navarro,  représentante du Conseil général espagnol des avocats, a expliqué que la  magistrature espagnole a été présente à tous les procès de Sahraouis jugés par la justice marocaine.
Dans ce sens, elle a évoqué le procès de 25 Sahraouis de Laayoune par le tribunal militaire marocain qui, a-t-elle affirmé, a non seulement jugé des civils mais commis de nombreux autres vices de forme.
Pour la magistrature espagnole, a-t-elle poursuivi, ce procès semblait vouloir juger tout le peuple sahraoui et ses aspirations à l’autodétermination.
A son tour, Mme Josefa Milan Padron, de l'association canarienne pour la solidarité avec le peuple sahraoui, a rappelé que le peuple sahraoui exige le droit de vivre en paix et l’organisation d’un référendum, soulignant que le Maroc a répondu aux demandes pacifiques du peuple sahraoui par un  usage excessif de la violence.
Dénonçant également la situation des droits de l'homme des Sahraouis, Mme Dolores Travieso Darias, vice-présidente de l’Association canarienne de juristes pour la paix et les droits de l’homme, a fustigé le Maroc de ''vouloir imposer des changements démographiques, comme en témoigne le déplacement  des populations à la frontière sahraouie''.
Le directeur exécutif chargé de la branche internationale de ''WE International'', M. David Lippiatt, a aussi déploré l’absence du mécanisme des droits de l’homme dans le mandat de la MINURSO alors que cette absence, selon lui, ''permet au gouvernement marocain de poursuivre ses violations systématiques des droits de l’homme''.
Prenant part à ce débat, le secrétaire de la fédération du pays basque des institutions solidaires au peuple sahraoui, M. Antonio Lopez Ortiz, a déclaré qu’une enquête réalisée par l’Université du pays basque en Espagne et publiée en septembre dernier, a démontré l’existence de fosses communes qui illustrent bien la ''politique génocidaire contre le peuple sahraoui'' pratiquée par le Maroc.
Il a, en outre, observé que les résolutions du Conseil de sécurité n’étaient pas suivies de l’effet escompté, car le Maroc "n’accepte pas l’organisation d’un référendum'', relevant que ''la faiblesse du Conseil de sécurité face au chantage du Maroc est  troublante''. (SPS)