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dimanche 29 mai 2016

AFAPREDESA : «30 000 détenus et plus de 4 500 portés disparus, dont 400 n’ont laissé aucune trace, depuis le début du conflit»

Abdeslam Omar Lahcen, président de l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA): «30 000 détenus et plus de 4 500 portés disparus, dont 400 n’ont laissé aucune trace, depuis le début du conflit»
Le 21 mai dernier, dans les camps de réfugiés sahraouis, on célébrait le 43e anniversaire de la création du Front Polisario et du début de la résistance contre l’occupation marocaine. Reporters a rencontré à cette occasion Omar Abdessalam, président de l’association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA), un collectif qui, en dépit des difficultés importantes qu’il rencontre, demeure très actif au plan international pour, dit-il, faire entendre «la voix de ceux qu’on veut faire taire». Entretien.
Reporters : Vous présidez l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis. A quoi sert cette association et quels sont ses objectifs ?
Omar Lahcen Abdeslam : L’Association des familles et des prisonniers et des disparus sahraouis existe depuis près de trente ans maintenant. Il s’agit d’une ONG sahraouie dont la date de création remonte au 20 août 1989. Elle a vu le jour à l’initiative de familles de disparus et de détenus sahraouis dans les prisons marocaines. Sa mission consiste à faire la lumière sur ces personnes rendues prisonnières ou disparues sous l’occupation marocaine, certaines depuis le début de la guerre en 1975. Son travail est la mise à jour des listes de ces personnes qu’elle effectue sur la base de témoignages et de récits précis. Il est question aussi de soutenir les familles et de les accompagner en les orientant auprès des services compétents à l’ONU, l’Union africaine (UA) et d’autres organisations gouvernementales et non gouvernementales concernés par la défense des droits humains. Dans le contexte sahraoui, vous imaginez bien que sa mission est permanente et qu’elle consiste à recenser toutes les violations commises contre les Sahraouis dans les territoires occupés par le Maroc, soit en situation dite «ordinaire» soit en situation de soulèvement et de révolte, comme cela s’est passé en novembre 2010 lors de la révolte de Gdeim Izik, près de Laayoune, durant laquelle des centaines de nos compatriotes ont été pourchassés, réprimés, jetés en prison et torturés par les autorités coloniales marocaines. L’association a recensé tous les cas de violation commis durant ces évènements et a transmis ses rapports aux organisations de défense des droits de l’Homme, comme celui de Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison pour avoir manifesté à Gdeim Izik. Une condamnation scandaleuse, inique, sans fondement juridique et contraire à toutes les conventions de Genève.