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samedi 7 novembre 2015

Hier soir un 6 novembre, l'anniversaire de la mort de Amine Tahani sous la torture dans les geôles de Hassan II




Najat Tahani,2 /11/2015

Amine Tahani
Ne le 4 novembre 1956
Enlevé le 27 octobre 1985
Mort sous la torture le 6 novembre 1985
Tout ça c'est au Maroc !

Hier soir un 6 novembre, l'anniversaire de la mort de Amine Tahani sous la torture dans les geôles de Hassan II il y a 30 ans. La famille, le fils, la femme, les frères, sœurs et parents ont reçu une lettre du comité vérité et réconciliation leur signalant que leur fils est mort naturellement, à 29 ans, difficile d'y croire sachant que ce jeune homme était dans les prisons de l'Etat. 
La petite et la grande famille de Amine Tahani continue et continuera à réclamer la vérité sur son assassinat.
Le 6 novembre rappelle aussi que le règne de Hassan II était un règne de terreur, de prisons pleine de jeunes aspirant à changer le Maroc, le monde...n'ayant pour arme que l'écriture et leur belles paroles
Photo de Sofye Human Rights.

Photo de Sofye Human Rights.

mardi 13 octobre 2015

"L'appel à la responsabilité humaine"... autour du livre de Marie-Jo Fressard et l'affaire Ali Aarrass

mardi 13 octobre 2015



"L'appel à la responsabilité humaine", Intervention lors de la rencontre autour du livre de Marie-Jo Fressard et l'affaire Ali Aarrass Rabat, 8 octobre 2015


Par Luk Vervaet

Je tiens à remercier l'Association marocaine des droits humains (AMDH) pour l'organisation de cette rencontre. Une rencontre, comme tout le monde ici le sait, qui se fait dans des conditions de plus en plus difficiles pour la liberté d'expression et d'organisation au Maroc. Un grand merci aussi à Amnesty international pour sa participation et pour sa campagne pour Ali Aarrass.

Le livre « Marraine des deux plus anciens prisonniers marocains» nous fait connaître Marie-Jo Fressard, française, institutrice pensionnée, passionnée de randonnées. Elle a été la marraine de deux prisonniers politiques marocains pendant les cinq dernières années de leur détention. Condamnés à mort en 1983 pour « atteinte aux intérêts suprêmes de l'État marocain », Ahmed Chahib et Ahmed Chahid ont été libérés en 2008, après un quart de siècle de détention.



Par son livre, Marie-Jo Fressard sort de l'anonymat. Son livre met en valeur une ténacité exemplaire dans sa lutte pour la libération de ces deux prisonniers. Dans une société où tout doit arriver tout de suite, où on veut avoir un résultat immédiat, elle nous apprend l'importance d'un travail assidu et sans relâche. Nous sommes tous interpellés et formatés par la mise à l'avant-plan par les médias d'un scandale ou d'un drame quelconque. Des médias qui créent un intérêt passager, superficiel, émotionnel, qui disparaît aussitôt, cédant la place à un autre scandale et un autre drame. Marie-Jo nous apprend l'importance de mener un combat à long terme avec un objectif précis.



Dans un monde où l'indifférence et le désintérêt sont poussés à leur comble, où l'égoïsme et l'individualisme sont propagés comme les valeurs des temps modernes, guidés par l'argent et le profit, elle nous propose une conception de la vie comme engagement pour l'autre et pour un monde juste.



Aussi a-t-elle pris le risque de s'engager. Membre d'Attac, du Mouvement de la paix, de France Palestine Solidarité, et de Solidarité Maroc, elle décide de se mobiliser sans connaître les deux détenus en question, sans avoir vécu dans ce pays, sans se poser des questions sur leur appartenance ou affiliation politique, sans calculer son intérêt, comme on en a l'habitude aujourd'hui. Il lui a suffi de ressentir l'injustice du système en place pour se lancer contre les murs de prison qui l'enfermaient. Si la lecture du livre de Gilles Perrault lui a ouvert les yeux sur le Maroc, c'est surtout dans la pratique et dans l'action, en allant sur le terrain, qu'elle s'est fait une image politique et sociale du Maroc.



Est-ce que ça vaut la peine de s'engager pour un ou deux détenus dans le tsunami de misère et d'injustice qui inonde notre monde ? La réponse de Marie-Jo est affirmative. Oui, nous dit-elle, notre action pour un seul homme peut faire la différence. Ne pourrions-nous pas laisser régler les injustices par nos États qui ont signé maintes conventions pour les droits de l'homme et contre la torture depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ? Ne pourrions-nous pas laisser le travail pour la défense des droits de l'homme aux ONG qui se sont créées pour faire ce travail de manière professionnelle ? En réponse à ces questions, Marie-Jo Fressard nous tend un miroir. Elle nous appelle à revenir à cette idée originale de notre existence humaine, exprimée dans cette phrase de Zygmunt Bauman : « Dès qu'il y a l'autre, on est confronté à la responsabilité, au choix moral entre le bien et le mal. » A chacun de nous d'assumer cette responsabilité. 




Le livre de Marie-Jo Fressard nous permet de rencontrer et d'entendre ce soir le témoignage d'Ahmed Chahid. Ahmed, qui a passé 25 ans de sa vie derrière les barreaux, est un de ces témoins privilégiés des années de plomb. C'est Ahmed, avec ses codétenus, avec leurs familles, femmes et enfants, qui, par leurs luttes et leur souffrances, ont défié l'ordre des tortionnaires et qui ont su soulever des vagues de solidarité et de résistance. Ce sont eux qui sont à la base de volonté de changement qu'on a pu observer depuis la fin du règne de Hassan II. Ainsi, le livre de Marie-Jo est un livre contre l'oubli : il nous apprend que ce sont les luttes et les sacrifices de ces détenus, qui portent nos combats du présent.



On croyait que les années de plomb qu'ont vécues Ahmed et les milliers d'autres militants, étaient définitivement derrière nous. Que la page était tournée pour toujours.

Or, l'année 2008, l'année de libération des deux Ahmed, a été l'année de l'arrestation de
Ali Aarrass ainsi que des dizaines d'autres. Mêmes accusations, mêmes traitements, devant passer par les mêmes interrogations, les mêmes procès iniques, les mêmes tortures, les mêmes grève de la faim. Oui, des années de plomb on est entré dans les années du déni. Avant on frappait et on torturait et on ne s'en cachait pas. Aujourd'hui derrière une façade démocratique à l'occidentale, les autorités nient les mêmes pratiques. Et pourtant, c'est indéniable, « Les récits d'hier et d'aujourd'hui se ressemblent », résume Khadija Ryadi dans sa magnifique postface qui clôture le livre.


Dans notre campagne pour la libération d'Ali Aarrass et de tous les détenus politiques on a souvent dû entendre de la part des autorités et de la presse marocaine : « Occupez-vous de vos propres affaires. Le Maroc est un état de droit qui n'a pas de leçons à recevoir. Vous n'êtes que des donneurs de leçons d'un Occident qui se croit supérieur ».



Il est assez invraisemblable d'entendre ce genre de propos de la part des gens qui n'ont aucune difficulté à vendre leur pays aux multinationales ou à construire des prisons sécrètes à la demande de la CIA. 

Non, nous ne sommes pas des émissaires de vos amis Sarkozy ou Hollande, ou de Michel ou de Di Rupo, qui eux sont des vrais donneurs de leçons. Non, nous ne sommes pas des représentants de la forteresse Europe.

Nous sommes tout le contraire. Nous combattons la même politique en France, en Belgique, ou au Maroc, qui se cache derrière des façades différentes. Que vous le vouliez ou non, l'affaire d'Ali Aarrass EST une affaire internationale. Dans cette affaire, aussi bien vous, que l'Espagne et la Belgique avez été condamnés par les instances onusiennes et par la justice.



Notre combat est international. C'est le message du livre de Marie-Jo Fressard. C'est le message qu'on envoie de cette conférence de la part de tous les militants ici présents, autour de cette table. Dans ce monde globalisé, nous ne faisons plus partie d'une ethnie, d'une race, d'une nation. Nous faisons partie de la même famille humaine, du même peuple militant en lutte pour la paix et la justice. 

(Pour commander le livre voir www.antidote.be) 


mardi 26 mai 2015

Le Maroc dans le collimateur de la justice espagnole

Tortures et assassinats au Sahara occidental

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El Watan, 25/5/2015| 10h00 Réagissez
Manifestation de militants contre la violence et pour le respect des...







I
 
 Manifestation de militants contre la violence et pour le respect des droits de l’homme au Sahara occidental
Manifestation de militants contre la violence et pour le respect des ddH

                                          Au vu des enquêtes, la justice espagnole estime que la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l’armée marocaines durant les années qui ont suivi le retrait de l’Espagne du Sahara occidental.

La justice espagnole a lancé un mandat d’arrêt, vendredi 22 mai, contre un ancien gardien de prison marocain accusé de tortures entre 1975 et 1991. Cette période a suivi le retrait de l’Espagne de sa colonie, le Sahara occidental, et le cessez-le-feu encadré par l’ONU. La procédure a été enclenchée, rappelle RFI qui rapporte l’information, en 2007 «suite à des plaintes déposées par une association de prisonniers et de disparus sahraouis, et suite aussi à la découverte d’une fosse commune dans la zone d’Amgala, en plein Sahara». Ils sont désormais 12 Marocains à être dans le collimateur de la justice espagnole.
Certains sont décédés, d’autres sont à la retraite. C’est le cas notamment du dernier homme cité, un gardien de prison de la ville de Smara. L’ordonnance du juge, indique la même source, précise que cet homme est inculpé, comme les 11 autres mentionnés dans une ordonnance datée du 9 avril dernier, «pour sa participation à un délit de génocide» entre 1975 et 1991. «Il est reproché à ces 12 hommes une cinquantaine d’assassinats, 76 tentatives d’assassinats et plus de 200 séquestrations illégales», mentionne RFI.
Au vu des enquêtes, «la justice espagnole estime que la population civile sahraouie a été systématiquement attaquée par la police et l’armée marocaine durant les années qui ont suivi le retrait de l’Espagne du Sahara occidental». Ces procédures, estime au micro de RFI le journaliste Ignacio Cembrero (collaborateur du journal El Mundo et spécialiste du Maroc) pourraient être à l’origine d’«une crise entre l’Espagne et le Maroc comme celle qu’ont connue en 2014 la France et le Maroc».
Ignacio Cembrero pense, en outre, que «sur le plan judiciaire, il n’y aura pas de suite parce que les autorités marocaines ne vont, à aucun moment, permettre à la justice espagnole de s’immiscer dans leurs affaires, d’interroger les supposés coupables ou de les extrader en Espagne».
L’action lancée par la justice espagnole intervient à un moment où le Maroc est très critiqué par les ONG internationales de défense des droits de l’homme. Un rapport rendu public mardi dernier par Amnesty International, intitulé «L’ombre de l’impunité», révèle que la torture est encore une pratique courant au pays du roi Mohammed VI.
Après plusieurs mois d’enquête sur le terrain, l’organisation de défense des droits de l’homme a ainsi pu documenter 173 cas de torture ou de mauvais traitements perpétrés par la police ou les forces de sécurité entre 2010 et 2014. «Si le Maroc a réformé ses lois et signé des conventions internationales, ces pratiques continuent sans qu’aucun auteur ne soit condamné», a conclu AI dans son rapport.
Des pratiques héritées des années de plomb qui, selon Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France, perdurent à cause de l’impunité. Ajouté à cela, un projet d’accord de coopération judiciaire entre la France et le Maroc est sur le point d’être voté par les parlementaires. Les humanitaires dénoncent un texte qui pourrait protéger un peu plus les auteurs de tortures.
A.

lundi 13 avril 2015

"Une si longue grève…" de Hélène JAFFÉ

Livre de Hélène JAFFÉ
Une si longue grève…
Maroc 1984-1992


C’est dans le cadre de ses missions à l’étranger qu’Hélène
Jaffé apprend, dans le Maroc des années dites de plomb,
l’action de quelques jeunes grévistes, bien déterminés à aller jusqu’au bout de leur démarche, mettant ainsi en jeu leur vie, pour obtenir le respect de leurs droits.
 Le roi Hassan II, lui, ne veut surtout pas avoir à subir de nouveau l’indignation soulevée par les premiers décès. S’ensuit alors un bras de fer entre ces détenus à peine sortis de l’adolescence et les autorités pénitentiaires et judiciaires dûment chapitrées, un bras de fer qui durera des années.
Trois groupes d’acteurs vont alors occuper la scène de
cette dramaturgie en vase clos : les grévistes, attachés à
leur lit, isolés du monde extérieur, le corps médical assigné
au maintien de leur survie et les administrations de tutelle
qui, ne respectant pas leurs promesses, pérennisent ainsi
cette tragédie. Hors de ce triangle, les familles, rongées par l’inquiétude.
Hommage à leur courage et leur modestie.


Hélène Jaffé, médecin, est née en 1932. Sa carrière de généraliste est interrompue pour des raisons de santé. Elle s’engage alors, plus tard, à côté de MSF, et crée une consultation à Conakry (République de Guinée), pour les survivants des camps de concentration de Sékou Touré. À la suite de cette expérience de terrain, elle fonde avec quelques confrères, L’AVRE, ce qui l’amène à rencontrer des victimes de violences d’état dans bien des pays, dont le Maroc.

Photos d’Olivier Jaffé - www.olivier-jaffe.fr
ISBN : 978-2-343-05843-6
12 €
Une si longue grève… Maroc 1984-1992
Hélène JAFFÉ

mercredi 18 mars 2015

Une plongée dans le Maroc des femmes oubliées

"Dos de femme, dos de mulet" 

de Hicham Houdaïfa (INTERVIEW)

WOMEN MOROCCO

ENQUÊTES – Ouvrières clandestines, mariages de mineures, tragique destin des mères célibataires… Dans son livre "Dos de femme, dos de mulet", le journaliste Hicham Houdaïfa, invité au Salon du Livre de Paris du 20 au 22 mars, s’est penché sur la condition de centaines de femmes, les "oubliées du Maroc profond", à travers huit enquêtes de terrain. Interview. 

HuffPost Maroc: Pourquoi vous-êtes vous intéressé aux femmes oubliées du Maroc?
Hicham Houdaïfa: C’est un sujet transversal que j’ai traité à plusieurs reprises au cours de mes 20 ans de journalisme. Quand nous avons créé une maison d’édition avec Kenza Sefrioui, l’objectif était de faire des livres d’enquêtes journalistiques, et le sujet des femmes en situation de précarité s’est donc imposé tout naturellement. Les enquêtes présentes dans le livre ont été réalisées d’octobre 2014 à janvier 2015. 

Comment avez-vous mené ces enquêtes?
Il y a d’abord l’expérience d’avoir travaillé sur des sujets ayant trait à la précarité, dans ce qu’on qualifie de Maroc profond, et il y a aussi l’expérience que j’ai eue avec des femmes et des hommes qui forment le tissu associatif local, comme les sections locales de l’AMDH, qui m’ont permis de m’inviter dans l’intimité de ces femmes.

Avez-vous rencontré des difficultés à parler avec ces femmes, mères célibataires, victimes de tortures, etc.?
Il est toujours difficile d’aborder des sujets aussi graves. Mais il y a une manière de procéder, d’être à l’écoute de ce terrain-là, de ne pas brusquer les choses et d’établir une relation de confiance pour que les femmes sachent que je suis venu pour faire entendre leur voix et les faire témoigner, sans pathos, misérabilisme ou sensationnalisme, et j’ai eu la chance que ces femmes-là aient témoigné de la sorte.

Certaines de leurs histoires vous ont-elles particulièrement marqué au cours de ces enquêtes?
Un de mes reportages était dédié au barmettate (barmaids) de Casablanca, qui vivent une situation tragique: ces mères célibataires sont exploitées dans tous les sens du terme, elles font face à des tragédies pour pouvoir faire grandir leurs enfants. Cela m’a énormément touché.
De même que les témoignages de ces femmes qui habitent dans le village de Ksar Sountate, à côté d’Imilchil, et qui ont été victimes de tortures et d’exactions en 1973, du temps des années de plomb. Elles n’ont jamais oublié ces histoires-là, et ne pardonnent pas encore parce qu’elles estiment ne pas avoir été respectées. Certaines n’ont pas fait le deuil de leurs parents disparus, parce qu’elles ne savent pas où leurs corps reposent.

Avez-vous observé, depuis la révision du code de la famille il y a dix ans, des avancées ou des améliorations de la condition des femmes ?
Dans les régions où je suis parti, les femmes, bien souvent, n’ont pas été sensibilisées. Le texte de la Moudawana existe depuis janvier 2004, mais aujourd’hui, on a encore 11% des mariages des mineures qui sont prononcés par les juges. Beaucoup de populations ne savent même pas que la Moudawana existe, des dizaines de milliers de femmes sont toujours mariées selon le mariage coutumier.
Dans ce sens-là, je pense que la Moudawana est un échec. Il devrait y avoir des campagnes de sensibilisation en amazigh, pour que ces femmes prennent conscience de leurs droits. Les juges qui statuent dans nos tribunaux ne sont pas animés par les idées féministes: ils marient parfois des filles de 14 ou 15 ans. Il faut criminaliser le mariage des mineures, et cela passe par une réforme de la Moudawana.

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vendredi 20 février 2015

Trois camarades, ces victimes des années de plomb, resteront immortels.

Par Ali Fkir, le 19 février 2015
   Une troisième victime des traumatisés par la torture vient de nous quitter.
 Je suis affligé par cette nouvelle disparition. Hamid Ezroura, Albou Hassan, Achdini Miloud , vous serez des inoubliables!
1- Ezroura: la première rencontre a eu lieu en octobre 1969. En tant que    président de l'association des élèves ingénieurs de l'INSEA, j'avais reçu le défunt et ce, dans le cadre du bizutage, pratique réactionnaire héritée (par les grandes écoles) de  l’ère « napoléenne » . On ne se connaissait pas. Je lui avais posé la question suivante : quelles sont les forces politiques et syndicales marocaines? Hamid, qui venait directement du lycée, n'avait pas froid aux yeux. Il exprima ses opinions révolutionnaires. Nous sommes devenus amis. Il ne pouvait pas rejoindre le PLS (ex parti communiste), parti réformiste et monarchisme auquel j'adhérai jadis. Il rejoignit un groupe de marxistes léninistes qui prônait la lutte armée immédiate contre le régime de Hassan II. Le groupe était dirigé par Ahmed Herzeni.
Au début de 1972, il fut arrêté dans des conditions horribles. Il passa des jours à Dar Al Mokri (Rabat), le plus ancien des sinistres centres de torture et de liquidation physique. Puis il fut transféré à Derb Moulay Chérif (Casablanca), autre centre de torture de liquidation physique, puis incarcéré à Ghoubila, l’une des sinistres prisons de Casablanca.
Nous nous retrouvions dans cette prison en été 1972. J’ai retrouvé un autre Ezroura. Il a été bousillé, physiquement et psychiquement, par la police. Il ne se remettra jamais de cette cauchemardesque situation.
  Après le procès d’août/septembre 1973, nous fûmes coffrés et ce, pour des années à la prison centrale de Kénitra.
Il nous a quitté il y a de cela quelques années.
2- Hassan Al Bou, militant d’ILAL AMAM. « Simple salarié » d’occasion. Il fut arrêté, atrocement torturé à Derb Moulay Cherif. Il fut condamné à des années de prison ferme (procès de janvier 1977 à Casablanca). Il a été transféré à la prison de Kénitra. Je fis sa connaissance en été 1979 (au sein de la prison). Je l’avais trouvé aussi bousillé qu’Ezroura.
 Il nous a quittés il y a de cela quelques années.
3- Miloud Achdini, militant d’ILAL AMAM, organisation marxiste léniniste marocaine. Il fut arrêté, alors qu’il suivait ses études d’ingénieur à l’INSEA. Il fut atrocement torturé à Derb Moulay Cherif. Il fut condamné en janvier 1977 (à Casablanca) à des années de prison, puis transféré à la prison centrale de Kénitra. Je fis sa connaissance (dans la même prison) en été 1979. Il était aussi bousillé  qu’Ezroura.
Le 17 février 2015, Miloud nous a quittés.
Points communs de ces 3 regrettés :
Bousillés par la police du tyran Hassan II
N’ont jamais baissé les bras et ce, malgré la souffrance qu’ils enduraient. Ils avaient participé à toutes les luttes des prisonniers politiques.
Ils étaient d’une bonté exceptionnelle.
 * Poings levés, ils furent arrêtés, torturés, coffrés pendant des années.
  * Bousillés par les forces du régime, ils sortirent de la prison la tête haute
  * Ils nous ont quittés,  avec une dignité intacte.
Ces trois camarades, ces victimes du régime, resteront immortels.
       

mardi 7 octobre 2014

AMRVT la Chambre noire » FILM présenté par l’AMRVT



Le film « la Chambre noire » est présenté  par l’association médicale de réhabilitation des victimes de la torture
Les jeunes et moins jeunes étaient au rendez vous le 20 septembre 2014 ,avec le film  « la chambre noire » de Hassan Benjelloun ,qui relate une histoire vraie sur la detention arbitraire et la disparition forcée pendant les années de plomb
L’auteur du Roman est Mr Jawad Mdidch ancien detenu politique  des années 70
La rencontre a été animé par Le militant et poete Tahar Mahfoudi
Activité organisé par l’association medicale de rehabilitation des victimes de la torture ,entrant dans le cadre de la sensibilisation des jeunes pour connaitre l’histoire du Maroc non dite et les souffrances endurés par des milliers de militants qui ont sacrifié leur vie,leur liberté ,pour un Etat de droit , un Maroc nouveau , moderne et democratique


samedi 13 septembre 2014

Au Maroc la répression va crescendo !

Ambdh Belgiquembdh Belgique

12 /9/2014

Communiqué


L’été qui s’achève a été chaud et orageux au Maroc. Pas seulement sur le plan climatique mais également et surtout sur le plan de la situation des droits de l’homme qui n’a cessé de se dégrader. 

Interdictions d’activités et de constitution d’association, condamnations arbitraires de militants politiques et des droits de l’homme, campagnes de dénigrement et d’accusations graves à l’encontre d’associations de défense des droits de l’homme et de syndicats de travailleurs.
Les colonies de vacances que l’AMDH organise chaque été, depuis plus de 20 ans, au profit des enfants de ses militants ont été interdites cette année, sans aucune explication. Les séminaires de formation pour ses jeunes adhérents ont également été interdits. La section marocaine de Amnesty International n’a pas été épargnée non plus.

Une répression sévère, particulièrement ciblée sur les militants des droits humains, du mouvement du 20 février et les étudiants dans les différentes universités du pays, est menée sans répit par les autorités marocaines depuis quelques mois. Les plus activistes parmi eux sont arrêtés ou enlevés et torturés. Et ceux qui osent se plaindre devant les tribunaux sont de nouveau arrêtés sous l’accusation de « dénonciation mensongère et calomnieuse nuisant à la réputation de l’autorité publique». C’est ainsi que la jeune militante Wafaa Charaf a été condamnée à un an de prison ferme et 1000 dirhams d’amende ainsi que 50.000 dirhams (5.000 €) d’indemnité à verser à la police de Tanger qui l’avait enlevée et torturée. Ainsi donc, les tortionnaires du passé (années de plomb) et d’aujourd’hui continuent de bénéficier de l’impunité pour leurs crimes et de la protection des autorités.

Des groupes d’étudiants de Marrakech et Fès ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour « troubles à l’ordre public » et, dans la foulée, les universités ont perdu leur « privilège de sanctuaire ». Les forces de l’ordre y campent en permanence depuis le début du mois de juin 2014. L’un d’entre eux, Mustapha Meziani, gréviste de la faim pendant plus de 72 jours, et laissé sans soins ni secours, est décédé le 13 août dernier à Fès.

L’association « Freedom Now », qui a notamment pour objectifs la défense de la liberté d’expression et de la presse, s’est vue refuser l’autorisation d’exercer sous le prétexte fallacieux qu’un de ses fondateurs « est un citoyen indigne qui a rejeté, dans une déclaration publique, l’autorité du roi. » La plainte de l’association contre le ministre de l’Intérieur devant le Tribunal administratif de Rabat a été rejetée pour « non possession de statut juridique !».

Cependant, un nouvel échelon a été gravi dans la confrontation, désormais directe, des autorités marocaines avec les associations de défense des droits de l’homme. Dans une déclaration le 15 juin dernier devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur a accusé ces associations de « mettre en doute les services de sûreté du pays, de servir des agendas étrangers, aidées en cela par des soutiens financiers étrangers.» Elles sont également menacées de contrôles tatillons de leurs comptabilités.
A la répression active par les forces de l’ordre, vient donc s’ajouter la répression politique et morale par le dénigrement public et médiatique de ces associations et les accusations de trahison. Même les « années de plomb » n’ont pas connu un tel déchainement.

Après ce constat sévère sur la situation des droits humains au Maroc, l’AMBDH dénonce fermement ces pratiques répressives d’un autre âge et joint sa voix à celles de l’ensemble des associations de défense des droits de l’homme au Maroc pour condamner cette « campagne féroce et trompeuse contre le mouvement marocain des droits humains».

L’AMBDH réclame la démission du ministre de l’Intérieur qui fait des déclarations mensongères et irresponsables, et exige des excuses du Chef du gouvernement.

C’est dans ce contexte liberticide, qui va à l’encontre des engagements internationaux de l’Etat et de la dernière « Constitution octroyée de 2011 », que le Maroc s’apprête à recevoir le « Forum Mondial des Droits de l’Homme » du 27 au 30 novembre 2014 à Marrakech. Il serait pour le moins révoltant que les pays démocratiques répondent à l’invitation d’un pays dont pas un mois ne s’écoule sans qu’il ne soit pointé du doigt par plusieurs organismes dont Amnesty International, Human Rights Watch et les associations marocaines de défense des droits de l’homme.

L’AMBDH appelle à la mobilisation de toutes les forces vives éprises de liberté et de démocratie à condamner les autorités marocaines, et soutenir la lutte du peuple marocain dans son combat quotidien pour l’établissement d’un véritable Etat de droit et démocratique.

Bruxelles, le 12 septembre 2014

Le Conseil d’administration de l’AMBDH


samedi 21 juin 2014

Excellente rencontre-débat de Autre Maroc avec M. Ali Idrissi Kaitouni.

Photo de Montassir Sakhi.Excellente rencontre-débat de Autre Maroc avec M. Ali Idrissi Kaitouni. Le débat a revisité les atrocités d'un régime de "plomb" et de sang. Il a porté également sur l'expérience douloureuse des prisonniers politiques au Maroc, celle de Kénitra en particulier...
Bientôt un rapport sur le témoignage important de Ali Idrissi Kaitouni qui porte sur cette mémoire qui transcendera notre génération et celles du du futur...

samedi 29 mars 2014

Film : "La moitié du ciel" d'Abdellatif Laâbi

  • Message d' Abdellatif Laâbi.


    Chers amis, je vous envoie aujourd’hui un message particulier au sujet d’un projet qui me tient à cœur. Il s’agit du film « La moitié du ciel » dans lequel je suis impliqué, et dont le tournage va démarrer dans deux semaines. Vous trouverez tous les renseignements sur le film (réalisateur, producteur, comédiens, équipe technique) en allant sur Facebook , à la page La moitié du ciel.
Je vous invite à m’accompagner dans cette aventure en faisant en sorte qu’elle réussisse car, au-delà d’une histoire personnelle (celle que ma compagne et moi avons vécue), elle va retracer une page de notre histoire collective, celle des années de plomb.Chers amis, je vous envoie aujourd’hui un message particulier au sujet d’un projet qui me tient à cœur. Il s’agit du film « La moitié du ciel » dans lequel je suis impliqué, et dont le tournage va démarrer dans deux semaines. Vous trouverez tous les renseignements sur le film (réalisateur, producteur, comédiens, équipe technique) en allant sur Facebook , à la page La moitié du ciel.
    Je vous invite à m’accompagner dans cette aventure en faisant en sorte qu’elle réussisse car,
    au-delà d’une histoire personnelle (celle que ma compagne et moi avons vécue), elle va retracer une page de notre histoire collective, celle des années de plomb.
    Photo de couverture

    La moitié du ciel

    • Un film de Abdelkader LagtaâLa moitié du ciel

samedi 7 décembre 2013

POUR NE JAMAIS OUBLIER LA VERITABLE NATURE DU REGIME MAROCAIN

Par Ali Fkir, le 1er mars 2013
Les crimes du régime nous interpellent

Mohamed, l’ainé, Zahra, et Jmia Azghar, ont vu le jour dans une baraque du plus  grand bidonville de l’histoire du Maroc : «les carrières centrales», berceau de la résistance contre le colonisateur français. La mère était ouvrière dans une conserverie de poisson, le père ouvrier à la cimenterie Lafarge. Le couple s’est engagé tôt dans le mouvement national et a connu la répression. Le très jeune Mohamed va connaître sa première arrestation début des années cinquante.
Jmia nous dit qu’ils ont tous les trois « tété la mamelle de la résistance à travers leur mère Aïcha».
 
 Au lendemain de «l’indépendance» de 1956 dont les «accords d’Aix-les-Bains » (août 1955), furent le premier acte de « dépendance dans l’indépendance », première expérience mondiale du néocolonial, dont nous souffrons toujours aujourd’hui. Au lendemain de cette «indépendance», Mohamed participa à la création de l’UNFP (58/59), et depuis cette date Mohmed allait connaître les commissariats et les prisons du nouveau Maroc.
Jmia très jeune s’engage dans le militantisme progressiste. Omar Dahkoun, cheville-ouvrière des réseaux révolutionnaires ittihadis, rejoint la clandestinité à partir de 1969. Jmia, sa camarde, va jouer le dangereux rôle de « l’gent de liaison ».
Les 3 enfants (qui ont perdu leurs parents), furent arrêtés au lendemain du soulèvement armé de mars 1973. Ce fut pour eux la descente aux enfers ; Derb Moulay Chérif, le complexe « courfis », la prison de Ghbila pour les filles, de Kénitra pour le garçon, puis un centre clandestin par la suite en compagnie du martyr Omar Benjelloun.
 Jmia, va connaître l’enfer terrestre. Un jour, complètement déshabillée, ligotée et suspendue à la « perroquet », on amena son frère, Mohamed, puis Omar Dahkoun,, on lui creva un œil : il fallait qu’elle parle ou on lui creva le deuxième….elle allait voir des détenus mourir devant elle, elle rencontra Saïda Mnebhi…
    C’est indescriptible. C’est trop horrible ! 
Une fois sortis de cet enfer, les trois Azghar vont retrouver la baraque, plus délabrée que jamais. La solidarité des voisins.les sauva d’une mort de famine certaine. Ils résistent aux provocations policières, aux intimidations et surtout aux offres alléchantes de collaboration. Désemparée, Jmia va voir la direction de l’institution ittihadie (dar annachre, presse…). Elle fut recrutée, elle et sa sœur, par Mohamed El Yazighi : elle va toucher mensuellement 400 dh, sa sœur Zahra, 300 dh.
 Elle accueille chez elle   les correspondants du Journal «ANNAHJ ADDIMOCRATI» Ali Fkir, et Abdel Malek Oumalek, fin février 2007. Son frère Mohamed, sa sœur Zahra, étaient là. Ils confirment les dires de leur soeur. Ce qu’ils ont enduré était affreux, révoltant. J’avais la gorge serrée, les larmes aux yeux, la colère me suffoquait…
Nous avons évité de publier des détails. Jmia a lu et relu l’entretien, entretien enregistré sur un magnétophone…
Dignement, Jmia nous a quittés dernièrement, tête haute. Elle n’a rien regretté. Ses prolétaires parents ne peuvent qu’être fiers d’elle.
L’Histoire officielle ignorera ces martyrEs du peuple, comme elle ignore Abdel Karim Al Khattabi, la république du Rif, les soulèvements de mars 1965…Nos « historiens » tiennent à ménager les « institutions » (hhhhhh)
Nos féministes des palaces ignorent celles qui ne font pas partie de leur gent , nos partis politiques (y compris les démocratiques) ne font pas mieux. Seul ANNAHJ ADDIMOCRAT commémore chaque année les martyrEs, Même dans ce cas là, il faut reconnaître que nous sommes loin de faire notre devoir comme l’exige l’Histoire.
Ci-joint l’entretien (en arabe) tel qu’il a été publié par le journal « ANNAHJ ADDIMOCRAT ». Témoignage poignant, ça coupe le souffle, mais ça recharge les batteries des révolutionnaires. 
POUR NE JAMAIS OUBLIER LA VERITABLE NATURE DU REGIME MAROCAIN
                                Ali Fkir, le 1er mars 2013




                 من جرائم الاعتقال السياسي: المناضلة " اجميعة "
                              في حوار مع جريدة النهج الديمقراطي
 
 
   ولدت و كبرت جميعة داخل عائلة كادحة و مناضلة،عائلة أزغار، فهي تقول باعتزاز أنها رضعت النضال في سبيل الشعب من " بزولة" أمها. كان الأب يشتغل في معمل " لافارجlafarge " الأسمنتي بروش نوار ، و الأم  بمعمل تصبير الحوت بالحي المحمدي. الكل كان يعرف المناضلة النقابية عائشة الباهية. تقطن العائلة بكريان صنترال(carrière centrale) بالحي المحمدي، إحدى القلعات التي انطلقت منها شرارة مقاومة الاستعمار الفرنسي. وكان المنزل ـ البراكة مأوى للعديد من المقاومين.
 اعتقل الابن، محمد و عمره لا يتجاوز 17 سنة، سنة 1955 و أفرج عليه غداة رجوع الملك محمد الخامس، كمان تعرض لعدة اعتقالات و مطاردات فيما بعد. ساهم الأب و الأم و الابن في تأسيس الاتحاد الوطني للقوات الشعبية 1959.
 لقد كبرت جميعة و أختها زهرة في جو الحرمان و الإرهاب من جهة و جو الصمود و المقاومة و رفض الاستلام من جهة ثانية.
  و ها هم الإخوة الثلاثة، و بعد رحيل الأب و الأم منذ عقود مضت، يلتقون اليوم مع مراسلي جريدة النهج الديمقراطي، عبد السلام اومالك و علي فقير، لتحكي جميعة جزءا من تاريخها المتعلق بالاعتقال و الإرهاب السياسيين و المخلفات الجسدية و النفسية التي تعاني منها. رغم هذه المخلفات فقد وجدا مراسلا الجريدة الإخوة جميعة و زهرة و سي محمد بمعنويات مرتفعة يتحدثون بافتخار عن مسارهم النضالي، و عن المرحومين الأب و الأم الذين لم يقبلا  طول حياتهم أن يعيش مذلولين رغم الفقر و الحرمان.
  فتحياتنا نحن طاقم جريدة النهج الديمقراطي لعائلة أزغار، و شكرنا العميق للمناضلة جميعة على قبولها استقبال مراسلي الجريدة و التحدث للقراء عن جزء من حياتها.
                                         ...............................
ـ س: هل يمكن تقديم نفسك لقراء جريدة النهج الديمقراطي؟

ـ ج: اسمي أزغار جميعة، حوالي 60 سنة، ولدت و كبرت بكريان صنطرال، الحي المحمدي، الدار البيضاء، و هذه أختي الأكبر مني زهرة و سيلتحق بنا أخون الأكبر سي محمد. متزوجة، لدي بنت تدرس بالثاني الثانوي.

ـ س: كيف بدأ اهتمامك " بالسياسة" ؟

ـ ج : ولدت و كبرت وسط عائلة مناضلة، و درست في مدرسة كان يديرها المناضل الحبيب الفرقاني، و عشت انتفاضة مارس 1965، و ربطتنا علاقة الجوار بعائلة بوجمعة السكليست الذي حكم عليه بالإعدام اثر تفجير " لافوار" الحي المحمدي سنة 1952 و افرج عليه بعد الاستقلال، و هو من أكبر المقاومين و من أكبر مناضلي الاتحاد الوطني للقوات الشعبية، و قد توفي في العقد الماضي و هو منظف المراحيض العمومية بسيدي عثمان.

ـ س: ارتبطت معاناتك بلإرهاب الذي تسلط على التيارات الثورية الاتحادية غداة ما اصبح يطلق عليه "احداث 3 مارس 1973 "، و ارتبط اسمك باسم الشهيد عمر دهكون. فهل يمكن الحديث عن هذا الأخير  إن لم يكن هناك إحراج.؟

ـ ج: إن علاقاتي بعمر علاقات عائلية، كان أبوه يشتغل مع أبى بنفس المعمل، و علاقات سياسية كمناضلين اتحاديين. كان عمر دهكون مبحوثا عنه منذ 1970 في إطار ما يسمى "مجموعة مراكش" ( احمد بنجلون، الحبيب الفرقاني، سعيد بنعيلات....)، و قد كنت إحدى قنواته الأساسية في الاتصال بالمناضلين.
 كانت تحركاته محدودة و بحذر شديد، فمرة كان يلبس جلباب نساء، و مرة جلباب الفقيه بلحيته، و مرة بلباس عصري و بدون لحية... كنت ملقبة بزينب.

ـ س: متى تم اعتقالك؟

ـ ج: كان عمري لم يناهز بعد 27 سنة، و كنت أشتغل كممرضة متدربة. اعتقلنا، نحن الاخوة الثلاثة، ثلاثة أيام بعد اعتقال عمر. اختطفنا ليلا من المنزل و بعد حوالي 3 ساعات من الدوران، و رؤوسنا تحت أقدامهم ، و جدنا أنفسنا في معتقل درب مولاي الشريف.

ـ س:  كيف تم استقبالك؟

ـ ج: بعد "البندة و المونوط" بدا الاستنطاق و التعذيب مباشرة. كان الاستنطاق يدور حول علاقاتي بالفقيه ( الاسم المستعار لعمر)، بالتنظيم السري، بالسلاح... استعملت جميع وسائل التعذيب بما فيه الكهرباء في حميع أطراف الجسم الحساسة، و قد نتج عن هذا نزيف عانيت منه لمدة سنوات و سنوات. أنكرت كل شيء و صمدت. أتوا بعمر الذي طلب مني الاعتراف بالحقيقة لأنهم يعرفون كل شيء فلا داعي للنكران. كان جوابي هو أنني أعرف عمر دهكون عائليا و حزبيا و لا أعرفه فقيها أو منتميا لمنظمة سرية.
 في اليوم الموالي تم تجريدي من جميع الملابس و تم تعليقي على شكل " البروكي (perroquet) " مع الضرب، و الكهرباء و " الشيفون" و أحضروا أخي سي محمد الذي صدم بالمشهد الذي كان أمام عينيه و بدأ يحتج و يوضح أن علاقاتنا بعمر دهكون لا تتعدى علاقات عائلية.
" هزوني عريانة في كاشة مقطعة و موسخة".
 في اليوم الموالي استأنف التعذيب الرهيب و" طرتقت عيني اليسرى" التي فقدتها بشكل نهائي. أنا لا أرى بها اليوم. جيء بعمر ليرى حالتي، ذهل من حالتي وطلب منهم إسعافي. فكان جوابهم " ستفقد العين الأخرى إن هي رفضت التعاون معنا و تزويدنا بالمعلومات حول التنظيم السري و التخطيط للعنف و السلاح المستورد..." و قد تشبثت بما قلته سابقا: علاقاتي بعمر علاقات عائلية و حزبية فقط،، و لا تتعدى أنشطتي توزيع البيانات الحزبية و النقابية. و أن كل ما افعله، أفعله في سبيل الشعب و الوطن، و لدنا و كبرنا في البراكة، نفتخر بنضال أبوينا و بما نعمل.
   بقينا في هذه الظروف الجهنمية لمدة 6 شهور، بدون ألبسة و لا غسل، بدمائنا نحن النساء، نتبول في نفس المكان... يستغل الجلادون ( الحجاج) كل مناسبة لإهانتنا و ضربنا. لم يبقى لأختي زهرة إلا سنين اثنين بعد ضربها للفم من طرف جلاد عندما حاولت مساعدة عمر بنجلون الذي عجز عن استعمال يديه لشرب " السوبة Soupe" بعد حصة تعذيب رهيب.  كنت أتألم كثيرا لوضعية الأخت منديل عائشة الذي كان عمرها يناهز 70 سنة، و هي جارتنا و أم بوجمعة السيكليست و قد اعتقلت معنا نحن الاخوة الثلاثة في نفس اليوم، لم أعرف إلي حد الآن السبب . كان درب مولاي الشريف مملوءا عن آخره بالمئات من المناضلين.

ـ س: ماذا جرى بعد جهنم درب مولاي الشريف؟

ـ ج: نقلنا في حالة يرثى لها من معتقل مولاي الشريف إلى " الكربيس" المكون من عدة « هنكارات hangars » كانت تستعمل في ما يبدو لإيواء الطائرات ( مطار أنفا بالدار البيضاء). كان الجميع معصوبي العينين و مربوط " بالمنوط". كنت مربوطة بأختي زهرة  " بالمنوط" و أنا في حالة صحية متدهورة : العين تقطر الدم، و النزيف الذي لم يتوقف منذ أن استعمل الجلادون الكهرباء في الأماكن الحساسة. سوف لن تفارقنا المنوط أنا و أختي لشهور عدة.

ـ س: أعطينا بعض التفاصيل حول الكربيس.


ـ ج: وجدنا أمامنا مئات من المناضلين جيء بهم من مختلف الأقاليم ( خنيفرة، الحاجب، وجدة، اميلشيل، الراشيدية...).
   بقينا مرميين فوق الأرض، مختلطين، نساء و رجال، معرضين يوميا و ليلا لمختلف الإهانات ( الضرب، الكلام الساقط...)، بدون غسل ، فالقمل و مختلف الطفيليات كانت تفعل فينا ما تشاء.

 ـ س: هل فعلا كانت هناك وفيات؟

ـ ج: نعم فقد شاهدنا الجلادين يحملون المتوفين في صناديق خاصة.

ـ س: هل تتذكرين بعد أسماء الموجودين معكم في الكوربيس؟

ـ ج: هناك من النساء: زيادة على أختي زهرة و جارتنا المسنة منديل عائشة، هناك ايطو و أختها فاظمة من خنيفرة، خديجة أخت الشهيد الملياني الذي أعدم فيما بعد رفقة عمر دهكون، كانت هناك امرأة حامل من اميلشيل أجهضت نتيجة الاعتقال و التعذيب، و ليلى بوعبيد الليبية... و من الرجال أحمد صبري الذي أبان عن صمود و شجاعة مثله في ذلك مثل الحاج المنوزي و الوديع الاسفي...
  أطلق سراح البعض و وزعت الأغلبية على مختلف سجون المغرب للمحاكمة.
   أما نحن فبقينا في هذه الظروف اللاإنسانية لعدة شهور، قبل أن تتحسن شيئا ما وضعيتنا اثر انتفاضة أختي بعد الاعتداء الذي تعرضت له على يد أحد الحراس: "غسلنا، و لبسنا الكاكي و عزلنا عن الرجال، انخفضت حدة الاعتداء و الاهانة". و قد سبق لي أن طلبت من أحد الحراس أن يقتلني فرفض.

ـ س: ماذا وقع بعد الكوربيس؟

ـ ج: بعد أن قضينا حوالي 18 شهر بالكربيس، احلنا على السجن مرورا بوكيل الملك الذي استهزأ منا و قرأ علينا تهما مرتبطة بالتخريب، و الانتماء إلى منظمة سرية و حمل السلاح...

ـ س: كيف تم استقبالكم في سجن غبيلة بالدار البيضاء؟

ـ ج: تم استقبالنا في جو رهيب. الكل ينعتنا بالخطيرات منع عن الجميع الاقتراب منا أو الحديث معنا. رمينا نحن الثلاثة: أنا و أختي زهرة وعائشة منديل في زنزانة صغيرة و هي عبارة عن مرحاض. سنبقى معزولين عن البشر داخل الزنزانة لمدة ثلاثة أشهر.
كانت حالتنا الصحية جد متدهورة، لا نستطيع الوقوف لحمل الآكل من الباب حيث يضعه الحراس الذين لا يقتربون منا. لما لاحظت إدارة السجن أننا لا نأكل ظنت أننا دخلنا في إضراب عن الطعم. و راسلت إدارة السجون في الموضوع، و هكذا انتقل مدير إدارة السجون من الرباط إلى السجن بالدار البيضاء. أطل على الزنزانة و وجدنا نموت، و أنا رأسي في ثقبة المرحاض حيث سقطت، ذعر من المنظر و سألنا لماذا نرفض الأكل كان جوابي أننا غير قادرات للوصول إليه. أعطى مدير إدارة السجون تعليماته من أجل السماح لنا بالغسل، و بتزويدنا بالحليب ... و هكذا تحسنت نسبيا حالة الاعتقال.

ـ س: هل تعرفت على أحد داخل السجن؟

ـ ج: كانت تزورنا و تساعدنا المناضلة الاتحادية ( طالبة معتقلة بنفس الحي) عائشة مفتوح ( ليست عائشة فتوح التلميذة من طنجة والمعتقلة مع سعيدة المنبهي و اللواتي كن يتواجدن في حي آخر بنفس السجن). في أحد الأيام جئتني حارسة و طلبت مني اصطحابها في سرية تامة، و كم كانت مفاجئتي كبيرة عندما و جدت سعيدة المنبهي في انتظاري حيث شجعتني و قالت " رغم أننا ننتمي إلى مجموعات مختلفة  فان المبادئ و الأهداف تجمعنا".

ـ س: متى تمت محاكمتك؟

ـ ج: في النصف الأول من سنة 1975. طلب لي وكيل الملك المؤبد رغم أنني استحق حسب قوله الإعدام.
في نهاية الأمر حكم علينا بسنة سجن و غرامة مالية. خرجنا من السجن، و جدنا المناضلين و الجيران في استقبالنا.أما العائلة فلم يبقى لنا أحد: الكل مات قبل اعتقالنا.
رجعنا إلى "منزلنا"، و تكلف الجيران بإطعامنا ( هناك من يتكلف بالغذاء، و هناك من يتكلف بالعشاء). لم يكن لنا أي مورد للعيش كما منعتنا الشرطة من مغادرة الدرب للبحث عن العمل.
 و قد التحق بنا من بعد أخونا سي محمد الذي نقل إلى القنيطرة صحبة عمر بنجلون، حيث حكم عليه بالبراءة.
  بعد حوالي 7 سنوات من المعانات و الفقر و الحرمان و الاستفزاز البوليسي المستمر، اتجهت الى مقر جريدة حزب الاتحاد الاشتراكي لمقابلة محمد اليازغي حيث شرحت له و ضعيتنا المأساوية. و هكذا قرر تشغيلي كمنظفة في بناية الجريدة.
 لم أستطيع أن أقوم بجميع الأشغال نظرا لوضعيتي الصحية، و نظرا لضخامة الأشغال المطلوبة مني. طلبت منهم تشغيل أختي لمساعدتي و قد قبلوا، و هكذا أصبحت أتقاضى 8000 ريال و أختي 6000 ريال شهريا.

ـ س: و هل انتهت متاعبك مع الشرطة؟

ـ ج: لا بطبيعة الحال. لقد استدعانا الكومسير ثابت ( الذي تم إعدامه من بعد) أنا و أختي و مناضل اتحادي آخر. و لما استقبلني في مكتبه قال لي " أنظري أنت الممرضة و المناضلة و الصامدة كيف التلت بك الأيام  و أصبحت "جفافة" مقابل لاشيء. نحن مستعدون لتخصيص لكما، أنت و أختك "ماندات" شهرية ، بشرط أن تكونا رهن إشارتنا عند الحاجة". قلت له أن ما قمت به هو في سبيل الشعب و الوطن و أنا غير مستعدة لبيع كرامتي و شرفي. انقض علي بالضرب هو و شرطي آخر، فلولا أختي و المناضل الآخر لما تمكنت من الوصول إلى مقر الجريدة.

ـ س: هل لك كلمة خاصة للنساء بشكل عام و للشابات بشكل خاصة بمناسبة 8 مارس؟

ـ ج: أريد أن أقول أن نضالنا و تضحياتنا هي في سبيل الشعب، في سبيل الجيل الحالي و الأجيال القادمة.
 كما أطلب من الشباب عامة أن يدرس التاريخ لمعرفة جسامة التضحيات و أن يطلع على المساهمة الفعالة للمرأة المغربية في جميع المحطات النضالية، و أخيرا أعتبر العلاقات بين الرجل و المرأة يجب أن تكون نتيجة التفاهم و الاحترام المتبادل و المساعدة خارج و داخل المنزل. Une histoire dans l'Histoire : La famille AZGHAR.

C'est révoltant! Je suis choquée que l'on puisse dormir tranquille en lisant ça! Les crimes du régime nous interpellent.
 Mohamed, l’ainé, Zahra, et Jmia Azghar, ont vu le jour dans une baraque du plus grand bidonville de l’histoire du Maroc : «les Carrières Centrales», berceau de la résistance contre le colonisateur français. La mère était ouvrière dans une conserverie de poisson, le père ouvrier à la cimenterie Lafarge. Le couple s’est engagé tôt dans le mouvement national et a connu la répression. Le très jeune Mohamed va connaître sa première arrestation début des années cinquante. Jmia nous dit qu’ils ont tous les trois « tété la mamelle de la résistance à travers leur mère Aïcha». 
Au lendemain de «l’indépendance» de 1956 dont les «accords d’Aix-les-Bains » (août 1955) furent le premier acte de « dépendance dans l’indépendance », première expérience mondiale du néocolonialisme, dont nous souffrons toujours aujourd’hui; au lendemain de cette «indépendance», Mohamed participa à la création de l’UNFP (58/59), et depuis cette date Mohamed allait connaître les commissariats et les prisons du nouveau Maroc. Jmia très jeune s’engage dans le militantisme progressiste. Omar Dahkoun, cheville-ouvrière des réseaux révolutionnaires ittihadis, rejoint la clandestinité à partir de 1969. Jmia, sa camarde, va jouer le dangereux rôle de « l’agent de liaison ». 
Les 3 enfants (qui ont perdu leurs parents), furent arrêtés au lendemain du soulèvement armé de mars 1973. Ce fut pour eux la descente aux enfers ; Derb Moulay Chérif, le complexe « courfis », la prison de Ghbila pour les filles, de Kénitra pour le garçon, puis un centre clandestin par la suite en compagnie du martyr Omar Benjelloun. Jmia, va connaître l’enfer terrestre. Un jour, complètement déshabillée, ligotée et suspendue à la « perroquet », on amena son frère, Mohamed, puis Omar Dahkoun, on lui creva un œil : il fallait qu’elle parle ou on lui crèvera le deuxième….elle allait voir des détenus mourir devant elle, elle rencontra Saïda Mnebhi… C’est indescriptible. C’est trop horrible ! 
 Une fois sortis de cet enfer, les trois Azghar vont retrouver la baraque, plus délabrée que jamais. La solidarité des voisins les sauva d’une mort de famine certaine. Ils résistent aux provocations policières, aux intimidations et surtout aux offres alléchantes de collaboration. Désemparée, Jmia va voir la direction de l’institution ittihadie (dar annachre, presse…). Elle fut recrutée, elle et sa sœur, par Mohamed El Yazighi : elle va toucher mensuellement 400 dh, sa sœur Zahra, 300 dh. Elle accueille chez elle les correspondants du Journal «ANNAHJ ADDIMOCRATI» Ali Fkir, et Abdel Malek Oumalek, fin février 2007. Son frère Mohamed, sa sœur Zahra, étaient là. Ils confirment les dires de leur soeur. Ce qu’ils ont enduré était affreux, révoltant. J’avais la gorge serrée, les larmes aux yeux, la colère me suffoquait… Nous avons évité de publier des détails. Jmia a lu et relu l’entretien, entretien enregistré sur un magnétophone… Dignement, Jmia nous a quittés dernièrement, tête haute. Elle n’a rien regretté. Ses prolétaires parents ne peuvent qu’être fiers d’elle. L’Histoire officielle ignorera ces martyrEs du peuple, comme elle ignore Abdel Karim Al Khattabi, la république du Rif, les soulèvements de mars 1965…Nos « historiens » tiennent à ménager les « institutions » (hhhhhh) Nos féministes des palaces ignorent celles qui ne font pas partie de leur gent , nos partis politiques (y compris les démocratiques) ne font pas mieux. Seul ANNAHJ ADDIMOCRAT commémore chaque année les martyrEs, Même dans ce cas là, il faut reconnaître que nous sommes loin de faire notre devoir comme l’exige l’Histoire. Ci-joint l’entretien (en arabe) tel qu’il a été publié par le journal « ANNAHJ ADDIMOCRAT ». Témoignage poignant, ça coupe le souffle, mais ça recharge les batteries des révolutionnaires. 

 من جرائم الاعتقال السياسي: المناضلة " اجميعة " في حوار مع جريدة النهج الديمقراطي ولدت و كبرت جميعة داخل عائلة كادحة و مناضلة،عائلة أزغار، فهي تقول باعتزاز أنها رضعت النضال في سبيل الشعب من " بزولة" أمها. كان الأب يشتغل في معمل " لافارجlafarge " الأسمنتي بروش نوار ، و الأم بمعمل تصبير الحوت بالحي المحمدي. الكل كان يعرف المناضلة النقابية عائشة الباهية. تقطن العائلة بكريان صنترال(carrière centrale) بالحي المحمدي، إحدى القلعات التي انطلقت منها شرارة مقاومة الاستعمار الفرنسي. وكان المنزل ـ البراكة مأوى للعديد من المقاومين. اعتقل الابن، محمد و عمره لا يتجاوز 17 سنة، سنة 1955 و أفرج عليه غداة رجوع الملك محمد الخامس، كمان تعرض لعدة اعتقالات و مطاردات فيما بعد. ساهم الأب و الأم و الابن في تأسيس الاتحاد الوطني للقوات الشعبية 1959. لقد كبرت جميعة و أختها زهرة في جو الحرمان و الإرهاب من جهة و جو الصمود و المقاومة و رفض الاستلام من جهة ثانية. و ها هم الإخوة الثلاثة، و بعد رحيل الأب و الأم منذ عقود مضت، يلتقون اليوم مع مراسلي جريدة النهج الديمقراطي، عبد السلام اومالك و علي فقير، لتحكي جميعة جزءا من تاريخها المتعلق بالاعتقال و الإرهاب السياسيين و المخلفات الجسدية و النفسية التي تعاني منها. رغم هذه المخلفات فقد وجدا مراسلا الجريدة الإخوة جميعة و زهرة و سي محمد بمعنويات مرتفعة يتحدثون بافتخار عن مسارهم النضالي، و عن المرحومين الأب و الأم الذين لم يقبلا طول حياتهم أن يعيش مذلولين رغم الفقر و الحرمان. فتحياتنا نحن طاقم جريدة النهج الديمقراطي لعائلة أزغار، و شكرنا العميق للمناضلة جميعة على قبولها استقبال مراسلي الجريدة و التحدث للقراء عن جزء من حياتها. ............................... ـ س: هل يمكن تقديم نفسك لقراء جريدة النهج الديمقراطي؟ ـ ج: اسمي أزغار جميعة، حوالي 60 سنة، ولدت و كبرت بكريان صنطرال، الحي المحمدي، الدار البيضاء، و هذه أختي الأكبر مني زهرة و سيلتحق بنا أخون الأكبر سي محمد. متزوجة، لدي بنت تدرس بالثاني الثانوي. ـ س: كيف بدأ اهتمامك " بالسياسة" ؟ ـ ج : ولدت و كبرت وسط عائلة مناضلة، و درست في مدرسة كان يديرها المناضل الحبيب الفرقاني، و عشت انتفاضة مارس 1965، و ربطتنا علاقة الجوار بعائلة بوجمعة السكليست الذي حكم عليه بالإعدام اثر تفجير " لافوار" الحي المحمدي سنة 1952 و افرج عليه بعد الاستقلال، و هو من أكبر المقاومين و من أكبر مناضلي الاتحاد الوطني للقوات الشعبية، و قد توفي في العقد الماضي و هو منظف المراحيض العمومية بسيدي عثمان. ـ س: ارتبطت معاناتك بلإرهاب الذي تسلط على التيارات الثورية الاتحادية غداة ما اصبح يطلق عليه "احداث 3 مارس 1973 "، و ارتبط اسمك باسم الشهيد عمر دهكون. فهل يمكن الحديث عن هذا الأخير إن لم يكن هناك إحراج.؟ ـ ج: إن علاقاتي بعمر علاقات عائلية، كان أبوه يشتغل مع أبى بنفس المعمل، و علاقات سياسية كمناضلين اتحاديين. كان عمر دهكون مبحوثا عنه منذ 1970 في إطار ما يسمى "مجموعة مراكش" ( احمد بنجلون، الحبيب الفرقاني، سعيد بنعيلات....)، و قد كنت إحدى قنواته الأساسية في الاتصال بالمناضلين. كانت تحركاته محدودة و بحذر شديد، فمرة كان يلبس جلباب نساء، و مرة جلباب الفقيه بلحيته، و مرة بلباس عصري و بدون لحية... كنت ملقبة بزينب. ـ س: متى تم اعتقالك؟ ـ ج: كان عمري لم يناهز بعد 27 سنة، و كنت أشتغل كممرضة متدربة. اعتقلنا، نحن الاخوة الثلاثة، ثلاثة أيام بعد اعتقال عمر. اختطفنا ليلا من المنزل و بعد حوالي 3 ساعات من الدوران، و رؤوسنا تحت أقدامهم ، و جدنا أنفسنا في معتقل درب مولاي الشريف. ـ س: كيف تم استقبالك؟ ـ ج: بعد "البندة و المونوط" بدا الاستنطاق و التعذيب مباشرة. كان الاستنطاق يدور حول علاقاتي بالفقيه ( الاسم المستعار لعمر)، بالتنظيم السري، بالسلاح... استعملت جميع وسائل التعذيب بما فيه الكهرباء في حميع أطراف الجسم الحساسة، و قد نتج عن هذا نزيف عانيت منه لمدة سنوات و سنوات. أنكرت كل شيء و صمدت. أتوا بعمر الذي طلب مني الاعتراف بالحقيقة لأنهم يعرفون كل شيء فلا داعي للنكران. كان جوابي هو أنني أعرف عمر دهكون عائليا و حزبيا و لا أعرفه فقيها أو منتميا لمنظمة سرية. في اليوم الموالي تم تجريدي من جميع الملابس و تم تعليقي على شكل " البروكي (perroquet) " مع الضرب، و الكهرباء و " الشيفون" و أحضروا أخي سي محمد الذي صدم بالمشهد الذي كان أمام عينيه و بدأ يحتج و يوضح أن علاقاتنا بعمر دهكون لا تتعدى علاقات عائلية. " هزوني عريانة في كاشة مقطعة و موسخة". في اليوم الموالي استأنف التعذيب الرهيب و" طرتقت عيني اليسرى" التي فقدتها بشكل نهائي. أنا لا أرى بها اليوم. جيء بعمر ليرى حالتي، ذهل من حالتي وطلب منهم إسعافي. فكان جوابهم " ستفقد العين الأخرى إن هي رفضت التعاون معنا و تزويدنا بالمعلومات حول التنظيم السري و التخطيط للعنف و السلاح المستورد..." و قد تشبثت بما قلته سابقا: علاقاتي بعمر علاقات عائلية و حزبية فقط،، و لا تتعدى أنشطتي توزيع البيانات الحزبية و النقابية. و أن كل ما افعله، أفعله في سبيل الشعب و الوطن، و لدنا و كبرنا في البراكة، نفتخر بنضال أبوينا و بما نعمل. بقينا في هذه الظروف الجهنمية لمدة 6 شهور، بدون ألبسة و لا غسل، بدمائنا نحن النساء، نتبول في نفس المكان... يستغل الجلادون ( الحجاج) كل مناسبة لإهانتنا و ضربنا. لم يبقى لأختي زهرة إلا سنين اثنين بعد ضربها للفم من طرف جلاد عندما حاولت مساعدة عمر بنجلون الذي عجز عن استعمال يديه لشرب " السوبة Soupe" بعد حصة تعذيب رهيب. كنت أتألم كثيرا لوضعية الأخت منديل عائشة الذي كان عمرها يناهز 70 سنة، و هي جارتنا و أم بوجمعة السيكليست و قد اعتقلت معنا نحن الاخوة الثلاثة في نفس اليوم، لم أعرف إلي حد الآن السبب . كان درب مولاي الشريف مملوءا عن آخره بالمئات من المناضلين. ـ س: ماذا جرى بعد جهنم درب مولاي الشريف؟ ـ ج: نقلنا في حالة يرثى لها من معتقل مولاي الشريف إلى " الكربيس" المكون من عدة « هنكارات hangars » كانت تستعمل في ما يبدو لإيواء الطائرات ( مطار أنفا بالدار البيضاء). كان الجميع معصوبي العينين و مربوط " بالمنوط". كنت مربوطة بأختي زهرة " بالمنوط" و أنا في حالة صحية متدهورة : العين تقطر الدم، و النزيف الذي لم يتوقف منذ أن استعمل الجلادون الكهرباء في الأماكن الحساسة. سوف لن تفارقنا المنوط أنا و أختي لشهور عدة. ـ س: أعطينا بعض التفاصيل حول الكربيس. ـ ج: وجدنا أمامنا مئات من المناضلين جيء بهم من مختلف الأقاليم ( خنيفرة، الحاجب، وجدة، اميلشيل، الراشيدية...). بقينا مرميين فوق الأرض، مختلطين، نساء و رجال، معرضين يوميا و ليلا لمختلف الإهانات ( الضرب، الكلام الساقط...)، بدون غسل ، فالقمل و مختلف الطفيليات كانت تفعل فينا ما تشاء. ـ س: هل فعلا كانت هناك وفيات؟ ـ ج: نعم فقد شاهدنا الجلادين يحملون المتوفين في صناديق خاصة. ـ س: هل تتذكرين بعد أسماء الموجودين معكم في الكوربيس؟ ـ ج: هناك من النساء: زيادة على أختي زهرة و جارتنا المسنة منديل عائشة، هناك ايطو و أختها فاظمة من خنيفرة، خديجة أخت الشهيد الملياني الذي أعدم فيما بعد رفقة عمر دهكون، كانت هناك امرأة حامل من اميلشيل أجهضت نتيجة الاعتقال و التعذيب، و ليلى بوعبيد الليبية... و من الرجال أحمد صبري الذي أبان عن صمود و شجاعة مثله في ذلك مثل الحاج المنوزي و الوديع الاسفي... أطلق سراح البعض و وزعت الأغلبية على مختلف سجون المغرب للمحاكمة. أما نحن فبقينا في هذه الظروف اللاإنسانية لعدة شهور، قبل أن تتحسن شيئا ما وضعيتنا اثر انتفاضة أختي بعد الاعتداء الذي تعرضت له على يد أحد الحراس: "غسلنا، و لبسنا الكاكي و عزلنا عن الرجال، انخفضت حدة الاعتداء و الاهانة". و قد سبق لي أن طلبت من أحد الحراس أن يقتلني فرفض. ـ س: ماذا وقع بعد الكوربيس؟ ـ ج: بعد أن قضينا حوالي 18 شهر بالكربيس، احلنا على السجن مرورا بوكيل الملك الذي استهزأ منا و قرأ علينا تهما مرتبطة بالتخريب، و الانتماء إلى منظمة سرية و حمل السلاح... ـ س: كيف تم استقبالكم في سجن غبيلة بالدار البيضاء؟ ـ ج: تم استقبالنا في جو رهيب. الكل ينعتنا بالخطيرات منع عن الجميع الاقتراب منا أو الحديث معنا. رمينا نحن الثلاثة: أنا و أختي زهرة وعائشة منديل في زنزانة صغيرة و هي عبارة عن مرحاض. سنبقى معزولين عن البشر داخل الزنزانة لمدة ثلاثة أشهر. كانت حالتنا الصحية جد متدهورة، لا نستطيع الوقوف لحمل الآكل من الباب حيث يضعه الحراس الذين لا يقتربون منا. لما لاحظت إدارة السجن أننا لا نأكل ظنت أننا دخلنا في إضراب عن الطعم. و راسلت إدارة السجون في الموضوع، و هكذا انتقل مدير إدارة السجون من الرباط إلى السجن بالدار البيضاء. أطل على الزنزانة و وجدنا نموت، و أنا رأسي في ثقبة المرحاض حيث سقطت، ذعر من المنظر و سألنا لماذا نرفض الأكل كان جوابي أننا غير قادرات للوصول إليه. أعطى مدير إدارة السجون تعليماته من أجل السماح لنا بالغسل، و بتزويدنا بالحليب ... و هكذا تحسنت نسبيا حالة الاعتقال. ـ س: هل تعرفت على أحد داخل السجن؟ ـ ج: كانت تزورنا و تساعدنا المناضلة الاتحادية ( طالبة معتقلة بنفس الحي) عائشة مفتوح ( ليست عائشة فتوح التلميذة من طنجة والمعتقلة مع سعيدة المنبهي و اللواتي كن يتواجدن في حي آخر بنفس السجن). في أحد الأيام جئتني حارسة و طلبت مني اصطحابها في سرية تامة، و كم كانت مفاجئتي كبيرة عندما و جدت سعيدة المنبهي في انتظاري حيث شجعتني و قالت " رغم أننا ننتمي إلى مجموعات مختلفة فان المبادئ و الأهداف تجمعنا". ـ س: متى تمت محاكمتك؟ ـ ج: في النصف الأول من سنة 1975. طلب لي وكيل الملك المؤبد رغم أنني استحق حسب قوله الإعدام. في نهاية الأمر حكم علينا بسنة سجن و غرامة مالية. خرجنا من السجن، و جدنا المناضلين و الجيران في استقبالنا.أما العائلة فلم يبقى لنا أحد: الكل مات قبل اعتقالنا. رجعنا إلى "منزلنا"، و تكلف الجيران بإطعامنا ( هناك من يتكلف بالغذاء، و هناك من يتكلف بالعشاء). لم يكن لنا أي مورد للعيش كما منعتنا الشرطة من مغادرة الدرب للبحث عن العمل. و قد التحق بنا من بعد أخونا سي محمد الذي نقل إلى القنيطرة صحبة عمر بنجلون، حيث حكم عليه بالبراءة. بعد حوالي 7 سنوات من المعانات و الفقر و الحرمان و الاستفزاز البوليسي المستمر، اتجهت الى مقر جريدة حزب الاتحاد الاشتراكي لمقابلة محمد اليازغي حيث شرحت له و ضعيتنا المأساوية. و هكذا قرر تشغيلي كمنظفة في بناية الجريدة. لم أستطيع أن أقوم بجميع الأشغال نظرا لوضعيتي الصحية، و نظرا لضخامة الأشغال المطلوبة مني. طلبت منهم تشغيل أختي لمساعدتي و قد قبلوا، و هكذا أصبحت أتقاضى 8000 ريال و أختي 6000 ريال شهريا. ـ س: و هل انتهت متاعبك مع الشرطة؟ ـ ج: لا بطبيعة الحال. لقد استدعانا الكومسير ثابت ( الذي تم إعدامه من بعد) أنا و أختي و مناضل اتحادي آخر. و لما استقبلني في مكتبه قال لي " أنظري أنت الممرضة و المناضلة و الصامدة كيف التلت بك الأيام و أصبحت "جفافة" مقابل لاشيء. نحن مستعدون لتخصيص لكما، أنت و أختك "ماندات" شهرية ، بشرط أن تكونا رهن إشارتنا عند الحاجة". قلت له أن ما قمت به هو في سبيل الشعب و الوطن و أنا غير مستعدة لبيع كرامتي و شرفي. انقض علي بالضرب هو و شرطي آخر، فلولا أختي و المناضل الآخر لما تمكنت من الوصول إلى مقر الجريدة. ـ س: هل لك كلمة خاصة للنساء بشكل عام و للشابات بشكل خاصة بمناسبة 8 مارس؟ ـ ج: أريد أن أقول أن نضالنا و تضحياتنا هي في سبيل الشعب، في سبيل الجيل الحالي و الأجيال القادمة. كما أطلب من الشباب عامة أن يدرس التاريخ لمعرفة جسامة التضحيات و أن يطلع على المساهمة الفعالة للمرأة المغربية في جميع المحطات النضالية، و أخيرا أعتبر العلاقات بين الرجل و المرأة يجب أن تكون نتيجة التفاهم و الاحترام المتبادل و المساعدة خارج و داخل المنزل.