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mardi 4 octobre 2016

Il y a deux mois parraissait le livre de Marie-Jo Fressard : JE NE SAVAIS PAS QUE LES PAPAS POUVAIENT PLEURER…




MÉMOIRES  DUNE  FILLE  D’ALSACE
SOUS  LOCCUPATION  ALLEMANDE

 Lisez, puis fermez vos yeux : vous êtes dans une ville sous occupation. Vous entendez le chant des enfants. Vous sentez l’odeur du pain, des champignons fraîchement cueillis sur les sentiers de montagne. Voici l’éveil d’une gamine de six ans alors que l’Allemagne occupe l’Alsace, d’une résistance à l’occupant et aux traditions morales et religieuses étouffantes.
Marie-Jo Fressard nous plonge dans la vie d’une gamine confrontée à la guerre. Bombardements et abris antiaériens, réfugiés, exécutions de jeunes résistants, trahisons et solidarités :
« Cette guerre de 39-45, je l’ai vécue sans vraiment me rendre compte que nous n’avions pas une vie normale ». Cet épisode la marquera pourtant à jamais et en fera une passionnée des montagnes et une militante pour les droits des détenus marocains et sahraouis.
 Son témoignage, préfacé par sa petite-fille Lisa, nous ouvre au bruit du monde violent d’aujourd’hui et aux enfants syriens ou afghans qui arrivent chez nous.
Luk Vervaet

**********
Extrait - Nous vivons à 14 dans une cave pendant la longue bataille de Thann. J’ai 11 ans.
 « - Papa, regarde, il y a quelqu’un ! » Dans la petite lucarne qui donne un peu de jour à notre sombre abri, je vois une tête inconnue. Son regard hagard m’effraie. Papa ouvre la porte, et découvre un soldat allemand qui lève les mains pour se rendre. Il est très jeune, un ado, et ce qui me frappe, il porte aux pieds des charentaises toutes neuves. Il a l’air épuisé et explique qu’il en a marre de la guerre, marre de fuir, marre de se cacher. Je réalise à cet instant la stupidité et la cruauté de la guerre… Il est bien tombé : il peut manger et se réchauffer. Tous les occupants de la cave se montrent très humains envers ce jeune qui n’a pas un visage d’ennemi. J’en éprouve une certaine fierté.
Le lendemain matin, 9 décembre 1944, nous entendons du bruit dans la cave contigüe à notre « séjour ». On ouvre la porte : nos libérateurs, américains probablement, s’apprêtent à tirer dans la cave par le soupirail. Nous crions tous « civils ! civils ! » Ouf ! ils ont compris et disparaissent. Mais je suis un peu déçue : ils n’ont pas le même casque que le mien, précieusement conservé depuis l’accident de la route Joffre… On m’explique qu’ils ont des casques américains et que les « alliés » sont des soldats de plusieurs pays qui viennent chasser les Allemands de France.
Peu après arrivent – par la porte – nos trois premiers libérateurs français, François, Christian et Mohamed – je n’ai pas oublié leurs prénoms – acclamés et embrassés par tous. Moi, je n’ose pas.
Je vois alors le jeune Allemand, vert de peur, filer à quatre pattes à la cave à charbon. Nous annonçons, presque à regret, que nous avons un prisonnier. Il est emmené par nos libérateurs, pitoyable héros du grand Reich en charentaises…
Que vont-ils faire de ce gamin ? »
********
 Pour commander en France
 contact : mariejof05@gmail.com
ou envoyer un chèque à
 Solidarité Maroc 05,
 boutique E’changeons le Monde,
17 rue Jean Eymar
 05000 Gap

En Belgique
contact@antidote.be

Prix : 8 € + frais de port : 1 livre : 2,80 € ; 2 livres et plus : 4,20 €

 Marie-Jo Fressard est née à Colmar en 1933 et vit dans les Hautes- Alpes. Elle a publié De toutes les couleurs, une initiation artistique pour enfants de 4 à 8 ans (Éditions A. Casteilla, 1969), Avec de la Toile de Jute (Éditions Sélection J. Jacobs, 1969). Avec son mari Lucien, Randonnées autour de Gap au fil des saisons (Éditions Edisud, 1993/1996/2007). Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains est paru en 2015, préfacé par Gilles Perrault (Éditions Antidote.) En préparation “Ça va bien, grand-mère ? ”Mon parrainage de deux prisonniers politiques sahraouis “  (Editions Antidote).

WWW.ANTIDOTE.BE
 La maison d’édition belge Antidote, gérée par des bénévoles, a été créée par Luk Vervaet, ancien enseignant en milieu carcéral, spécialiste des problèmes de prison. Sans but lucratif, et sans aucune aide, Antidote ne vit que de quelques dons et  du produit de la vente de ses livres, et se veut une voix de sans voix, principalement par des récits qui témoignent de la guerre, de l’occupation, de la dictature, de la prison. Chaque livre acheté est une aide, un soutien et un espoir de continuer à faire vivre cette belle maison d’édition militante.

Des avis de lecteurs 
Effectivement ce livre est totalement différent du précédent, et j’ai appris beaucoup de choses sur l’occupation allemande en Alsace. Je comprends encore mieux tes engagements en faveur des droits de l’homme et du Maroc.
Quant à l’époque décrite, ton enfance, bien qu’un peu plus jeune que toi, je redécouvre tous les non dits d’une éducation moraliste et les tabous sexuels et autres qui se rapprochent de situations vécues plus ou moins semblables de mon côté. Cacher souvent la réalité, et fermer les yeux…
Merci donc pour cette biographie qui nous fait toucher la stupidité des guerres, et m’a fait voyager en Alsace.

Michèle D, Vichy
 
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Un très beau témoignage. MERCI.

 Michel D, La Bâtie Neuve 
 

jeudi 25 août 2016

Le nouveau livre de Marie-Jo Fressard, vient de paraitre aux éditions Antidote



 « Je ne savais pas que les papas pouvaient pleurer… Mémoires d’une fille d’Alsace sous l’occupation allemande »



J’avais 6 ans en 1939, début des années d’occupation allemande,  je raconte la longue bataille pour la libération de la ville de Thann par les alliés, la libération, une adolescence d’après guerre pas toujours facile...

4ème de couverture par Luk Vervaet :

"Lisez, puis fermez vos yeux : vous êtes dans une ville sous occupation. Vous entendez le chant des enfants. Vous sentez l’odeur du pain, des champignons fraichement cueillis sur les sentiers de montagne. Voici l’éveil d’une gamine de six ans alors que l’Allemagne occupe l’Alsace, d’une résistance à l’occupant et aux traditions morales et religieuses étouffantes.

Marie-Jo Fressard nous plonge dans la vie d’une gamine confrontée à la guerre. Bombardements et abris antiaériens, réfugiés, exécutions de jeunes résistants, trahisons et solidarités :

« Cette guerre de 39-45, je l’ai vécue sans vraiment me rendre compte que nous n’avions pas une vie normale ». Cet épisode la marquera pourtant à jamais et en fera une passionnée des montagnes et une militante pour les droits des détenus marocains et sahraouis. Son témoignage, préfacé par sa petite-fille Lisa, nous ouvre au bruit du monde violent d’aujourd’hui et aux enfants syriens ou afghans qui arrivent chez nous."


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 Extrait du livre ;

Extrait - Nous vivons à 14 dans une cave pendant la longue bataille de Thann. J’ai 11 ans.
 

« - Papa, regarde, il y a quelqu’un ! » Dans la petite lucarne qui donne un peu de jour à notre sombre abri, je vois une tête inconnue. Son regard hagard m’effraie. Papa ouvre la porte, et découvre un soldat allemand qui lève les mains pour se rendre. Il est très jeune, un ado, et, ce qui me frappe, il porte aux pieds des charentaises toutes neuves. Il a l’air épuisé et explique qu’il en a marre de la guerre, marre de fuir, marre de se cacher. Je réalise à cet instant la stupidité et la cruauté de la guerre… Il est bien tombé : il peut manger et se réchauffer. Tous les occupants de la cave se montrent très humains envers ce jeune qui n’a pas un visage d’ennemi. J’en éprouve une certaine fierté.

Le lendemain matin, 9 décembre 1944, nous entendons du bruit dans la cave contigüe à notre « séjour ». On ouvre la porte : nos libérateurs, américains probablement, s’apprêtent à tirer dans la cave par le soupirail. Nous crions tous « civils ! civils ! » Ouf ! ils ont compris et disparaissent. Mais je suis un peu déçue : ils n’ont pas le même casque que le mien, précieusement conservé depuis l’accident de la route Joffre… On m’explique qu’ils ont des casques américains et que les « alliés » sont des soldats de plusieurs pays qui viennent chasser les Allemands de France.

Peu après arrivent – par la porte – nos trois premiers libérateurs français, François, Christian et Mohamed – je n’ai pas oublié leurs prénoms – acclamés et embrassés par tous. Moi, je n’ose pas.

Je vois alors le jeune Allemand, vert de peur, filer à quatre pattes à la cave à charbon. Nous annonçons, presque à regret, que nous avons un prisonnier. Il est emmené par nos libérateurs, pitoyable héros du grand Reich en charentaises…

Que vont-ils faire de ce gamin ? »

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 Il peut être commandé :



En Belgique

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 E’changeons le Monde,

17 rue Jean Eymar

 05000 Gap



Prix : 8 € + frais de port : 1 livre : 2,80 € ; 2 livres et plus : 4,20 €



 Marie-Jo Fressard est née à Colmar en 1933 et vit dans les Hautes- Alpes. Elle a publié De toutes les couleurs, une initiation artistique pour enfants de 4 à 8 ans (Éditions A. Casteilla, 1969) et Avec de la Toile de Jute (Éditions Sélection J. Jacobs, 1969). Avec son mari Lucien, Randonnées autour de Gap au fil des saisons (Éditions Edisud, 1993/1996/2007). Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains, préfacé par Gilles Perrault (Éditions Antidote, 2015) En préparation “Ça va bien, grand-mère ? ”Parrainage de deux prisonniers politiques sahraouis  (Editions Antidote).



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 La maison d’édition belge Antidote, gérée par des bénévoles, a été créée par Luk Vervaet, ancien enseignant en milieu carcéral, spécialiste des problèmes de prison. Sans but lucratif, et sans aucune aide, Antidote, qui ne vit que de quelques dons et  du produit de la vente de ses livres, se veut une voix de sans voix, principalement par des récits qui témoignent de près ou de loin de la guerre, de l’occupation, de la dictature, de la prison.

 Chaque livre acheté est une aide, un soutien et un espoir de continuer à faire vivre cette belle maison d’édition militante.

vendredi 12 août 2016

Nouveau chez Antidote ! Je ne savais pas que les papas pouvaient pleurer, de Marie-Jo Fressard

Luk Vervaet 


Nouveau chez Antidote ! « Je ne savais pas que les papas pouvaient pleurer », de Marie-Jo Fressard par Luk | août 12, 2016.  | Auteurs / Collaborateurs, Nos livres, Nouvelles Mémoires d’une fille d’Alsace sous l’occupation allemande. 109 pages. «…
antidote.be



Nos dernières parutions :




Nouveau chez Antidote ! « Je ne savais pas que les papas pouvaient pleurer », de Marie-Jo Fressard

Mémoires d’une fille d’Alsace sous l’occupation allemande. 
109 pages. « Lisez, puis fermez vos yeux : vous êtes dans une ville sous occupation. Vous entendez le chant des enfants. Vous sentez l’odeur du pain, des champignons fraichement cueillis sur les sentiers de montagne. Voici l’éveil d’une gamine de six ans alors que l’Allemagne occupe l’Alsace,  d’une résistance à l’occupant et aux traditions morales et religieuses étouffantes. Marie-Jo Fressard nous plonge dans la vie d’une gamine confrontée à la guerre. Bombardements et abris antiaériens, réfugiés, exécutions de jeunes résistants, trahisons et solidarités : « Cette guerre de 39-45, je l’ai vécue sans vraiment me rendre compte que nous n’avions pas une vie normale ». Cet épisode la marquera pourtant à jamais et en fera une passionnée des montagnes et une militante pour les droits des détenus marocains et sahraouis. Son témoignage, préfacé par sa petite-fille Lisa, nous ouvre au bruit du monde violent d’aujourd’hui et aux enfants syriens ou afghans qui arrivent chez nous ». Luk Vervaet 
 
  Marie-Jo Fressard est née à Colmar en 1933 et vit dans les Hautes-Alpes. Elle a publié « De toutes les couleurs », une initiation artistique pour enfants de 4 à 8 ans (Éditions A. Casteilla, 1969) et « Avec de la Toile de Jute » (Éditions Sélection J. Jacobs, 1969.) Avec son mari Lucien, « Randonnées autour de Gap au fil des saisons » (Éditions Edisud, 1993). « Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains » est paru en 2015 aux Éditions Antidote.  
 
 Pour le commander veuillez vous adresser à : Belgique : contact@antidote.be  Antidote: BE20000423594956  BIC BPOTBEB1XXX 
France : mariejof05@gmail.com ou adresser un chèque à Solidarité Maroc 05, 17 rue Jean Eymar, 05000 Gap 
Prix : 8 €, frais de port : 1 livre : 2,80 € ; à partir de 2 livres et plus : 3,70... 


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Nouveau chez Antidote ! « & Patati & Patata » Haren : trois ans de luttes par Ernesto Moreno

BD : "& Patati & Patata Haren" trois ans de luttes par Ernesto Moreno 
 Préface : Luk Vervaet Postface : Isabelle Hochart et Claire Scohier 
(Inter-Environnement Bruxelles)   Commande : 10 euros + 2 euros (frais d’envoi) par virement bancaire sur Antidote, BE20 0004 2359 4956 BIC: BPOTBEB1XXX  avec mention « Patati &... 
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mardi 13 octobre 2015

"L'appel à la responsabilité humaine"... autour du livre de Marie-Jo Fressard et l'affaire Ali Aarrass

mardi 13 octobre 2015



"L'appel à la responsabilité humaine", Intervention lors de la rencontre autour du livre de Marie-Jo Fressard et l'affaire Ali Aarrass Rabat, 8 octobre 2015


Par Luk Vervaet

Je tiens à remercier l'Association marocaine des droits humains (AMDH) pour l'organisation de cette rencontre. Une rencontre, comme tout le monde ici le sait, qui se fait dans des conditions de plus en plus difficiles pour la liberté d'expression et d'organisation au Maroc. Un grand merci aussi à Amnesty international pour sa participation et pour sa campagne pour Ali Aarrass.

Le livre « Marraine des deux plus anciens prisonniers marocains» nous fait connaître Marie-Jo Fressard, française, institutrice pensionnée, passionnée de randonnées. Elle a été la marraine de deux prisonniers politiques marocains pendant les cinq dernières années de leur détention. Condamnés à mort en 1983 pour « atteinte aux intérêts suprêmes de l'État marocain », Ahmed Chahib et Ahmed Chahid ont été libérés en 2008, après un quart de siècle de détention.



Par son livre, Marie-Jo Fressard sort de l'anonymat. Son livre met en valeur une ténacité exemplaire dans sa lutte pour la libération de ces deux prisonniers. Dans une société où tout doit arriver tout de suite, où on veut avoir un résultat immédiat, elle nous apprend l'importance d'un travail assidu et sans relâche. Nous sommes tous interpellés et formatés par la mise à l'avant-plan par les médias d'un scandale ou d'un drame quelconque. Des médias qui créent un intérêt passager, superficiel, émotionnel, qui disparaît aussitôt, cédant la place à un autre scandale et un autre drame. Marie-Jo nous apprend l'importance de mener un combat à long terme avec un objectif précis.



Dans un monde où l'indifférence et le désintérêt sont poussés à leur comble, où l'égoïsme et l'individualisme sont propagés comme les valeurs des temps modernes, guidés par l'argent et le profit, elle nous propose une conception de la vie comme engagement pour l'autre et pour un monde juste.



Aussi a-t-elle pris le risque de s'engager. Membre d'Attac, du Mouvement de la paix, de France Palestine Solidarité, et de Solidarité Maroc, elle décide de se mobiliser sans connaître les deux détenus en question, sans avoir vécu dans ce pays, sans se poser des questions sur leur appartenance ou affiliation politique, sans calculer son intérêt, comme on en a l'habitude aujourd'hui. Il lui a suffi de ressentir l'injustice du système en place pour se lancer contre les murs de prison qui l'enfermaient. Si la lecture du livre de Gilles Perrault lui a ouvert les yeux sur le Maroc, c'est surtout dans la pratique et dans l'action, en allant sur le terrain, qu'elle s'est fait une image politique et sociale du Maroc.



Est-ce que ça vaut la peine de s'engager pour un ou deux détenus dans le tsunami de misère et d'injustice qui inonde notre monde ? La réponse de Marie-Jo est affirmative. Oui, nous dit-elle, notre action pour un seul homme peut faire la différence. Ne pourrions-nous pas laisser régler les injustices par nos États qui ont signé maintes conventions pour les droits de l'homme et contre la torture depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ? Ne pourrions-nous pas laisser le travail pour la défense des droits de l'homme aux ONG qui se sont créées pour faire ce travail de manière professionnelle ? En réponse à ces questions, Marie-Jo Fressard nous tend un miroir. Elle nous appelle à revenir à cette idée originale de notre existence humaine, exprimée dans cette phrase de Zygmunt Bauman : « Dès qu'il y a l'autre, on est confronté à la responsabilité, au choix moral entre le bien et le mal. » A chacun de nous d'assumer cette responsabilité. 




Le livre de Marie-Jo Fressard nous permet de rencontrer et d'entendre ce soir le témoignage d'Ahmed Chahid. Ahmed, qui a passé 25 ans de sa vie derrière les barreaux, est un de ces témoins privilégiés des années de plomb. C'est Ahmed, avec ses codétenus, avec leurs familles, femmes et enfants, qui, par leurs luttes et leur souffrances, ont défié l'ordre des tortionnaires et qui ont su soulever des vagues de solidarité et de résistance. Ce sont eux qui sont à la base de volonté de changement qu'on a pu observer depuis la fin du règne de Hassan II. Ainsi, le livre de Marie-Jo est un livre contre l'oubli : il nous apprend que ce sont les luttes et les sacrifices de ces détenus, qui portent nos combats du présent.



On croyait que les années de plomb qu'ont vécues Ahmed et les milliers d'autres militants, étaient définitivement derrière nous. Que la page était tournée pour toujours.

Or, l'année 2008, l'année de libération des deux Ahmed, a été l'année de l'arrestation de
Ali Aarrass ainsi que des dizaines d'autres. Mêmes accusations, mêmes traitements, devant passer par les mêmes interrogations, les mêmes procès iniques, les mêmes tortures, les mêmes grève de la faim. Oui, des années de plomb on est entré dans les années du déni. Avant on frappait et on torturait et on ne s'en cachait pas. Aujourd'hui derrière une façade démocratique à l'occidentale, les autorités nient les mêmes pratiques. Et pourtant, c'est indéniable, « Les récits d'hier et d'aujourd'hui se ressemblent », résume Khadija Ryadi dans sa magnifique postface qui clôture le livre.


Dans notre campagne pour la libération d'Ali Aarrass et de tous les détenus politiques on a souvent dû entendre de la part des autorités et de la presse marocaine : « Occupez-vous de vos propres affaires. Le Maroc est un état de droit qui n'a pas de leçons à recevoir. Vous n'êtes que des donneurs de leçons d'un Occident qui se croit supérieur ».



Il est assez invraisemblable d'entendre ce genre de propos de la part des gens qui n'ont aucune difficulté à vendre leur pays aux multinationales ou à construire des prisons sécrètes à la demande de la CIA. 

Non, nous ne sommes pas des émissaires de vos amis Sarkozy ou Hollande, ou de Michel ou de Di Rupo, qui eux sont des vrais donneurs de leçons. Non, nous ne sommes pas des représentants de la forteresse Europe.

Nous sommes tout le contraire. Nous combattons la même politique en France, en Belgique, ou au Maroc, qui se cache derrière des façades différentes. Que vous le vouliez ou non, l'affaire d'Ali Aarrass EST une affaire internationale. Dans cette affaire, aussi bien vous, que l'Espagne et la Belgique avez été condamnés par les instances onusiennes et par la justice.



Notre combat est international. C'est le message du livre de Marie-Jo Fressard. C'est le message qu'on envoie de cette conférence de la part de tous les militants ici présents, autour de cette table. Dans ce monde globalisé, nous ne faisons plus partie d'une ethnie, d'une race, d'une nation. Nous faisons partie de la même famille humaine, du même peuple militant en lutte pour la paix et la justice. 

(Pour commander le livre voir www.antidote.be) 


mardi 1 septembre 2015

“Les jeunes doivent prendre le relais”
Marie-Jo Fressard, animatrice de SOLIDMAR

par Milena Rampoldi, ProMosaik
Deutsch:
„Die neue Generation muss diese Arbeit übernehmen“-Interview von Marie-Jo Fressard, SOLIDMAR
Italiano:
“Ora tocca ai giovani!”-Intervista con Marie-Jo Fressard, SOLIDMAR 

ProMosaik






Marie-Jo Fressard, une enseignante retraitée française qui vit à Gap, dans les Hautes-Alpes, anime l'association SOLIDARITÉ MAROC 05 de solidarité avec les peuples du Maroc et du Sahara occidental  et le blog solidmar. Créé en mars 2009, ce blog a publié en 6  ans et demi, 10 800 articles et a reçu 3,2 millions de visites. Il est donc devenu un outil indispensable d'information sur le Maroc et le Sahara occidental. Marie-Jo vient en outre de publier un livre relatant son expérience de marraine des deux plus anciens prisonniers politiques marocains. Elle a bien voulu répondre à nos questions.




Quels sont les objectifs principaux de votre initiative ?

J’étais enseignante. Est-ce pour cette raison que j’ai toujours éprouvé le besoin de “transmettre” ce que moi-même je découvrais ? Des travaux artistiques pour les enfants, des itinéraires de randonnée, et la dénonciation des violations des droits de l’Homme, que ce soit journellement à travers le blog solidmar, ou à travers mon témoignage de parrainage “Marraine des deux plus anciens prisonniers politiques du Maroc”...
Une thématique qu'à ProMosaik nous considérons comme très importante est celle-ci : Maroc : Demande de poursuites contre les Juifs qui vont s’entraîner dans l’armée israélienne

J’ai toujours trouvé anormal que les jeunes, inconscients d’avoir été manipulés, qui s’engagent, en Syrie par exemple, soient culpabilisés et/ou réprimés, même s’ils s’étaient engagés, sincèrement, voire naïvement, par idéalisme pour aider un peuple en souffrance;  alors que de toute évidence, un jeune, marocain ou non, juif ou non, sait pertinemment que ce n’est pas pour aider le peuple palestinien qu’on l’ encourage à rejoindre l’armée israélienne. Celui-ci n’est même pas critiqué. J’estime qu’il est très important  de diffuser ce genre d’information.

samedi 29 août 2015

Vient de paraître "Marraine des deux plus anciens prisonniers politiques marocains"

Par Marie-Jo Fressard, Solidmar

Je n’étais pas vraiment préparée à ça pour la retraite. Moi,
ce que j’aimais, c’était la randonnée  et  le dessin. Avec il est vrai, une fascination grandissante pour ce qui se passe derrière les murs des prisons, et pour un pays qui m’était inconnu : le Maroc.
Et voilà qu’au bout d’un long enchaînement de hasards, ces fascinations se concrétisent le jour où je me trouve « marraine » d’un prisonnier politique marocain, Ahmed Chahid, rejoint sept mois plus tard par un son presque homonyme : Ahmed Chaïb. Tous deux sont incarcérés depuis 20 ans dans les geôles des rois du Maroc, condamnés d’abord à mort, puis à perpétuité.
Le livre raconte leurs cinq dernières années derrière les barreaux, cinq années de luttes difficiles avec de beaux temps forts : notre première rencontre à la prison d’Oukacha ; une première victoire le jour où la perpétuité est commuée en peine de 25 ans ; et enfin la libération, jour pour jour 25 ans après leur incarcération, à une semaine d’intervalle, comme lors de leur arrestation. Et, après cet interminable cauchemar, le travail de réadaptation à un monde qui ne ressemble plus du tout à celui qu’ils ont quitté un quart de siècle plus tôt.
Leur histoire s’insère dans l’histoire du Maroc, entre Hassan II et Mohammed VI, entre espoirs et désillusions…
*******************

Par chance  mon chemin a croisé celui de  la maison d’édition ANTIDOTE, sans but lucratif, créée récemment en Belgique  par une sympathique équipe de militants bénévoles : Luk Vervaet, le défenseur des prisonniers, âme d’Antidote, Nicolas Ingargiola, jeune technicien compétent et exigeant, et Daniel Wagner, qui veille sur les textes.
 L’écrivain Gilles Perrault a eu la gentillesse d’accepter de préfacer le livre, et Khadija Ryadi, Lauréate du Prix des Nations Unies pour les droits de l’Homme, en a écrit la postface.
Le livre est vendu au prix de 10 €, franco de port jusqu’à la fin du mois d’août.
Il peut être commandé :
- en Belgique à Éditions Antidote (contact[at]antidote.be) sur le numéro de compte :
IBAN :BE20 0004 2359 4956
BIC : BPOTBEB1XXX)
- en France, par chèque, mentionner « livre Marraine», à  Solidarité Maroc 05, 17 rue Jean Eymar, 05000 Gap, (solidmar05[at]gmail.com)  où il peut être acheté,
Nous serons à la Fête de l’Huma, à la Courneuve, France, stand AMDH, les 11, 12, 13 septembre, et nous aurons un stock de MARRAINE.