Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles

mercredi 21 décembre 2016

Maroc / Derrière les rideaux...


Aucun texte alternatif disponible.François Cléret, le médecin personnel de Mohammed V, et son grand ami, a raconté dans ce livre des choses qu'il faut connaitre. Surtout la dernière partie de ce livre concernant le Maroc.
Il dit que la mère de Hassan II, originaire de la ville de Safi, était la fille du chauffeur du Pacha Glaoui. Et c'était ce Glaoui qui avait offert cette jeune fille si belle à Mohammed V. Elle s'appelle Abla. Elle avait l'art de mixer des plantes médicinales qui étaient hautement nocives.Cléret relève qu'au moment de l'opération bénigne du roi Mohammed V, Abla lui avait administré une dose plus forte de sa potion, ce qui n'allait nullement avec l'anesthésie. Mais il faut retenir que Mohammed V, déjà avant l'opération, avait des vertiges chroniques intenses que Cléret mettait, plus tard, sur le compte de cette tisane. Car il en a lui-même souffert, après la mort de Mohammed V, et allait devenir amorphe et aveugle... décidant de quitter clandestinement le Maroc... Probablement parce qu'il en savait trop!!
Cléret raconte que Mohammed V pensait écarter Hassan II, du règne, pour le confier à l'un des fils qu'il avait avec une autre concubine... d'où la tragédie Shakespearienne !!!
Par ailleurs, Cléret raconte au journaliste Ignace Dalle, que le roi Mohammed V lui avait confié que sa mère était française, parmi les concubines de son père Moulay Youssef... Et c'est pour cette raison que la France a opté pour Mohammed V qui parlait parfaitement la langue de Molière...

mardi 22 novembre 2016

"Utøya" au Centre Culturel de Forest , suivi d'une rencontre débat avec Luk Vervaet

 

"Utøya" au Centre Culturel de Forest 23-26/11, suivi d'une rencontre débat avec Luk Vervaet le 23/11.

SOURCE 
 
Utøya est une oeuvre de Laurent Obertone. Elle retrace le massacre qui s’est déroulé sur l’île norvégienne du même nom, le 22 Juillet 2011. Ce jour-là, Anders Behring Breivik, habillé en policier, tue 77 personnes – des jeunes du parti travailliste, après avoir fait exploser une bombe devant le siège du Premier Ministre à Oslo. Il revendique son acte comme un acte politique, et veut combattre la politique travailliste norvégienne qui favorise l’immigration.
L’équipe de la compagnie Y est composée de jeunes talents tels qu’Etienne Gaudillère, metteur en scène français prometteur ainsi qu’Arthur Vandepoel qui jouera le rôle de Breivik.
Celle-ci travaille sur des sujets qui résonnent avec l’actualité en posant la question de la frontière fragile entre la folie et la norme, montrant que tout être humain a un potentiel destructeur.
La force d’Utøya est de s’exposer comme un miroir déformant de notre (in)humanité à savoir: quand se définit la folie ? Quand s’arrête l’humanité ?
Etienne Gaudillère – metteur en scèneAprès des études au Conservatoire de Paris 7, Etienne Gaudillère fonde en 2014 la Compagnie Y. Il écrit et met en scène des créations fortement inspirées de l’actualité (Pale Blue Dot, Conversation privée).
Arthur Vandepoel – comédienAncien élève du conservatoire de Clermont-Ferrand, il fait un passage à celui de Lyon avant d’être employé par le GEIQ (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification) Théâtre Compagnonnage du Nouveau Théâtre du 8ème à Lyon.

me 23/11 — sa26/11
20:30 BRASS - SALLE DES MACHINES
spectacle

Utøya

Etienne Gaudillère - Compagnie Y


1,25€ (article 27)

5€ (étudiants, demandeurs d’emplois, professionnels du spectacle, groupe)

10€ (tarif plein)


Texte : Laurent Obertone

Avec : Arthur Vandepoel

Mise en scène : Etienne Gaudillère

Soutiens : Nouveau Théâtre du 8ème, éd. RING

Rencontre-débat chaque soir après la représentation


Intervenants :
 23/11: Luk Vervaet, auteur de « The Making of Anders B. Breivik, Oslo-Utøya 2011 : islamophobie et sionisme, les nouvelles guerres de l’extrême droite »

24/11: Marco Martiniello, sociologue de l’immigration à l’Ulg.

25/11: Jean-Claude Maes, psychologue, psychothérapeute et président de SOS-Sectes.

25-26/11: Alice Willox, déléguée à la communication sociopolitique à Bruxelles Laïque.

26/11: Philippe van Meerbeek, psychiatre spécialiste dans la radicalisation des adolescents.

mardi 4 octobre 2016

Il y a deux mois parraissait le livre de Marie-Jo Fressard : JE NE SAVAIS PAS QUE LES PAPAS POUVAIENT PLEURER…




MÉMOIRES  DUNE  FILLE  D’ALSACE
SOUS  LOCCUPATION  ALLEMANDE

 Lisez, puis fermez vos yeux : vous êtes dans une ville sous occupation. Vous entendez le chant des enfants. Vous sentez l’odeur du pain, des champignons fraîchement cueillis sur les sentiers de montagne. Voici l’éveil d’une gamine de six ans alors que l’Allemagne occupe l’Alsace, d’une résistance à l’occupant et aux traditions morales et religieuses étouffantes.
Marie-Jo Fressard nous plonge dans la vie d’une gamine confrontée à la guerre. Bombardements et abris antiaériens, réfugiés, exécutions de jeunes résistants, trahisons et solidarités :
« Cette guerre de 39-45, je l’ai vécue sans vraiment me rendre compte que nous n’avions pas une vie normale ». Cet épisode la marquera pourtant à jamais et en fera une passionnée des montagnes et une militante pour les droits des détenus marocains et sahraouis.
 Son témoignage, préfacé par sa petite-fille Lisa, nous ouvre au bruit du monde violent d’aujourd’hui et aux enfants syriens ou afghans qui arrivent chez nous.
Luk Vervaet

**********
Extrait - Nous vivons à 14 dans une cave pendant la longue bataille de Thann. J’ai 11 ans.
 « - Papa, regarde, il y a quelqu’un ! » Dans la petite lucarne qui donne un peu de jour à notre sombre abri, je vois une tête inconnue. Son regard hagard m’effraie. Papa ouvre la porte, et découvre un soldat allemand qui lève les mains pour se rendre. Il est très jeune, un ado, et ce qui me frappe, il porte aux pieds des charentaises toutes neuves. Il a l’air épuisé et explique qu’il en a marre de la guerre, marre de fuir, marre de se cacher. Je réalise à cet instant la stupidité et la cruauté de la guerre… Il est bien tombé : il peut manger et se réchauffer. Tous les occupants de la cave se montrent très humains envers ce jeune qui n’a pas un visage d’ennemi. J’en éprouve une certaine fierté.
Le lendemain matin, 9 décembre 1944, nous entendons du bruit dans la cave contigüe à notre « séjour ». On ouvre la porte : nos libérateurs, américains probablement, s’apprêtent à tirer dans la cave par le soupirail. Nous crions tous « civils ! civils ! » Ouf ! ils ont compris et disparaissent. Mais je suis un peu déçue : ils n’ont pas le même casque que le mien, précieusement conservé depuis l’accident de la route Joffre… On m’explique qu’ils ont des casques américains et que les « alliés » sont des soldats de plusieurs pays qui viennent chasser les Allemands de France.
Peu après arrivent – par la porte – nos trois premiers libérateurs français, François, Christian et Mohamed – je n’ai pas oublié leurs prénoms – acclamés et embrassés par tous. Moi, je n’ose pas.
Je vois alors le jeune Allemand, vert de peur, filer à quatre pattes à la cave à charbon. Nous annonçons, presque à regret, que nous avons un prisonnier. Il est emmené par nos libérateurs, pitoyable héros du grand Reich en charentaises…
Que vont-ils faire de ce gamin ? »
********
 Pour commander en France
 contact : mariejof05@gmail.com
ou envoyer un chèque à
 Solidarité Maroc 05,
 boutique E’changeons le Monde,
17 rue Jean Eymar
 05000 Gap

En Belgique
contact@antidote.be

Prix : 8 € + frais de port : 1 livre : 2,80 € ; 2 livres et plus : 4,20 €

 Marie-Jo Fressard est née à Colmar en 1933 et vit dans les Hautes- Alpes. Elle a publié De toutes les couleurs, une initiation artistique pour enfants de 4 à 8 ans (Éditions A. Casteilla, 1969), Avec de la Toile de Jute (Éditions Sélection J. Jacobs, 1969). Avec son mari Lucien, Randonnées autour de Gap au fil des saisons (Éditions Edisud, 1993/1996/2007). Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains est paru en 2015, préfacé par Gilles Perrault (Éditions Antidote.) En préparation “Ça va bien, grand-mère ? ”Mon parrainage de deux prisonniers politiques sahraouis “  (Editions Antidote).

WWW.ANTIDOTE.BE
 La maison d’édition belge Antidote, gérée par des bénévoles, a été créée par Luk Vervaet, ancien enseignant en milieu carcéral, spécialiste des problèmes de prison. Sans but lucratif, et sans aucune aide, Antidote ne vit que de quelques dons et  du produit de la vente de ses livres, et se veut une voix de sans voix, principalement par des récits qui témoignent de la guerre, de l’occupation, de la dictature, de la prison. Chaque livre acheté est une aide, un soutien et un espoir de continuer à faire vivre cette belle maison d’édition militante.

Des avis de lecteurs 
Effectivement ce livre est totalement différent du précédent, et j’ai appris beaucoup de choses sur l’occupation allemande en Alsace. Je comprends encore mieux tes engagements en faveur des droits de l’homme et du Maroc.
Quant à l’époque décrite, ton enfance, bien qu’un peu plus jeune que toi, je redécouvre tous les non dits d’une éducation moraliste et les tabous sexuels et autres qui se rapprochent de situations vécues plus ou moins semblables de mon côté. Cacher souvent la réalité, et fermer les yeux…
Merci donc pour cette biographie qui nous fait toucher la stupidité des guerres, et m’a fait voyager en Alsace.

Michèle D, Vichy
 
-------------------------

Un très beau témoignage. MERCI.

 Michel D, La Bâtie Neuve 
 

dimanche 4 septembre 2016

L'enfant violenté

Mon ami Ahmed Lamihi, et surtout mon ancien élève, que je viens de retrouver, a écrit des livres sur l'éducation... 

Et voici son premier roman ! 

Avec grande émotion, je peux dire que je suis très fier et très heureux de nos retrouvailles. Il m'avait déjà marqué durant mes cours d'éducation physique basés sur l'autogestion...
De plain pied dans le débat de société! Je lui souhaite franc succès et bonheur dans ses travaux!
Commentaires
Ahmed Lamihi
Ahmed Lamihi Merci beaucoup mon professeur, mon ami.

mercredi 6 avril 2016

"Mohammed VI derrière les masques. Le fils de notre ami", en Poche.



Photo de Omar Brouksy.Chers amis, mon livre "Mohammed VI derrière les masques. Le fils de notre ami" (éd. Nouveau Monde, septembre 2014), préfacé par Gilles Perrault, vient d'être édité en format "Poche". Il est distribué par Flammarion et peut être acheté (à huit euros) dans toutes les librairies de France. 

La décision de l'éditer en "Poche" s'explique, notamment, par le fait que le livre a été un succès de librairie et les ventes ont dépassé toutes nos prévisions, moi et mon éditeur. C'est une bonne raison d'être satisfait. Mais il y a une autre source de satisfaction : la confiance et l'intérêt qu'un tel essai ont suscités parmi mes amis mais aussi de la part de dizaines et dizaines de personnes (Marocains et étrangers) que je ne connais pas personnellement. Les messages via Facebook, sur ma boîte e-mail, par poste ou par téléphone ont été ma plus grande récompense. Vos remarques selon lesquelles le livre était "très bien fait, bien écrit, clair et précis", celles qui critiquent certains passages ou certains choix, mais aussi celles qui rectifient quelques erreurs dans le livre, tout cela me comble de fierté et me pousse à vous dire : Merci. Merci pour tout.
 Évidemment, mon livre a été interdit de vente au Maroc, dans mon pays, par le roi Mohammed VI et les zozos qui l'entourent et décident souvent à sa place. Hélas, on ne peut pas tout avoir, me diriez-vous, mais il y aurait eu plusieurs versions PDF circulant sur le net. Je n'ai jamais cherché à les supprimer même si ces versions n'étaient pas définitives. Peu importe. Cela a permis à nombre de mes compatriotes de lire le livre et tordre le cou à la censure que voulait leur imposer M6, le "Roi soleil". La particularité de cette nouvelle édition "Poche" (toujours interdite au Maroc) est évidemment son prix bas, mais elle comporte une postface inédite qui actualise en quelque sorte le livre même si les thématiques déjà traitées restent d'une actualité troublante.
Je tiens enfin à remercier les personnes qui m'ont aidé. A leur tête, Claude Durand, ancien PDG de Fayard décédé il y a près d'un an à Paris. C'est lui qui a lu et corrigé de sa main le manuscrit. Sans ce grand humaniste, le livre n'aurait peut être pas vu le jour. Je lui rends un hommage appuyé et des plus sincère : Merci Claude. Je remercie également Gilles Perrault, mon "maître" et ami, qui a accepté sans hésiter de préfacer le livre après l'avoir lu. Mes remerciements vont également à certains de mes amis proches comme Ignace Dalle et Fouad Abdelmoumni, qui ont lu, dans la discrétion, la première version du bouquin et émis des conseils pertinents. Merci surtout à vous et au... prochain livre. Vive la liberté. OB

mardi 12 janvier 2016

Zakaria Moumni : un boxeur face au roi du Maroc


Zakaria Moumni : un boxeur face au roi du Maroc

Zakaria et Taline Moumni © Ed. Calmann-Levy
Zakaria et Taline Moumni © Ed. Calmann-Levy
Dans « L’homme qui voulait parler au roi », publié aux éditions Calmann-Lévy en septembre 2015, le boxeur Zakaria Moumni raconte sa descente aux enfers face au pouvoir marocain, sous le règne du roi Mohamed VI. Un récit choc et sans tabou, écrit à quatre mains avec sa femme Taline.

Tout commence comme un conte de fées, comme la beauté du sport le permet parfois. En 1999, Zakaria Moumni représente le Maroc aux championnats du monde de kickboxing de Malte. Pour ce jeune issu d’un quartier populaire de Rabat, seul africain et seul arabe à remporter cette victoire cette année-là, c’est une immense fierté de porter le drapeau de son pays. Mais le sportif déchante lorsqu’il demande l’application d’un décret royal qui lui donne droit- en principe- à un poste de conseiller sportif. De la corrompue Fédération marocaine de kickboxing jusqu’à l’antichambre du roi du Maroc, le jeune homme se heurte à une série d’obstacles… Jusqu’à son enlèvement en 2010 par les services secrets marocains. Des faits qu’il raconte sans fards avec sa femme Taline dans « L’homme qui voulait parler au roi ». Un véritable pavé dans la mare de la dynastie alaouite.

L’envers du décor



L'homme qui voulait parler au roi © Ed. Calmann-LevyL’affaire Zakaria Moumni révèle une facette du Maroc très éloignée des clichés de cartes postales d’Agadir ou d’Essaouira. « Mon image du Maroc c’étaient les palmiers, les vacances à trois heures d’avion de Paris », explique Taline Moumni. Depuis la France, La jeune femme s’est brûlée les ailes en menant le combat pour faire libérer son mari des geôles marocaines. Mis à part certains médias qu’elle a pu mobiliser pour relayer sa cause, les associations de droits de l’Homme comme Human right watch, Amnesty International ou la Fédération internationale des droits de l’Homme ont vite abandonné le dossier. « A aucun moment je n’ai imaginé qu’il puisse encore y avoir en 2010, sous le règne de Mohamed VI, des pratiques de torture, des emprisonnements arbitraires, des procès montés de toute pièce », insiste t-elle.  « Je suis tombée des nues !»

« Tu mourras pauvre ! »

Les ennuis de Zakaria arrivent très tôt. Rapidement écarté de la fédération marocaine de kickboxing qui ne le trouve pas assez « lèche babouche », il parvient, en janvier 2006, à présenter une lettre de doléances au roi. Le lendemain, il rencontre son secrétaire Mounir Majidi au Palais royal de Rabat Touarga. Ce personnage haut placé lui fait une réponse pour le moins surprenante: « Est-ce que tu connais le premier Marocain qui a remporté une médaille d’argent aux JO de 1960 ? Il a vécu toute sa vie pauvre. Il est mort pauvre ». Zakaria est estomaqué: « J’ai répondu: « Je ne suis pas pauvre. Je ne mourrai pas pauvre. Et j’ai juste demandé au roi l’application d’un droit légitime ». Si Mounir Majidi se veut conciliant, le ton change après les relances de Zakaria. « On m’a répondu que Mounir Majidi ne m’a jamais rencontré et qu’il m’interdisait de rappeler sinon j’aurais de sérieux problèmes ! » Quatre ans plus tard, Zakaria rencontre par hasard le roi à Paris. « Il m’a dit que sa porte était ouverte ». Sans réponse, il manifeste seul, le 25 janvier 2010, devant le château de Betz dans l’Oise, la résidence du roi marocain en France. « Les gardes du corps sont venus me voir, énervés. Le plus grave c’est que Majidi m’a menacé de mort: « Tu as de la chance d’être en France. Au Maroc on t’aurait déjà fait la peau ! » Zakaria ne prend pas au sérieux ces menaces. Pour lui, les années de plomb se sont terminées avec le règne d’Hassan II. Et pourtant…

L’enlèvement

Au mois de février, Zakaria qui a déjà été mis en cause une première fois pour « atteinte à la sacralité du roi », retourne au Maroc pour demander l’autorisation de participer aux championnats du monde d’Édimbourg. Et là c’est le drame ! « On m’a conduit à une salle de l’aéroport de Casablanca avec quatre agents du contre espionnage marocain. Ma famille attendait dehors. On m’a confisqué mon téléphone, menotté, bandé les yeux et emmené dans un 4×4 sur le tarmac ». Zakaria se retrouve ligoté, nu, et torturé au centre de Temara, à deux kilomètres seulement de la résidence de Mohamed VI à Rabat : « Ils me répétaient que c’était l’abattoir de sa majesté, qu’on allait me découper, que je ne sortirais que dans des boîtes de conserve. » Lorsqu’il parvient à retirer son bandeau, Zakaria Moumni reconnaît parmi ses bourreaux le directeur du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi. Un personnage que Bernard Cazeneuve avait envisagé de décorer de la légion d’honneur en 2015, avant de se rétracter devant le tollé provoqué par cette affaire.

Des tiques dans la peau

Après une parodie de procès devant un « juge en civil », Zakaria échoue à la prison de Sales Zaki, dans une cellule de 20m2. « J’ai appris plus tard que j’ai été condamné à trois ans de prison ferme pour escroquerie sur deux personnes qui n’ont jamais existé. Mon avocat Abderrahmin Jamai a mandaté un huissier de justice pour rechercher ces soi-disant deux plaignants. Faux noms, fausses adresses. Aucun juge marocain n’a ouvert une enquête sur la torture. C’est pourtant une obligation depuis que le Maroc a signé la Convention des Nations-Unies. »
Pendant ce temps, la mobilisation de Taline fait du bruit grâce à un article paru dans le journal Le Monde. Zakaria est alors transféré pendant huit mois à la prison agricole de Romanni. Un enfer sur terre : « Il y avait soixante détenus dans 40m2 et des milliers de cafards. Les détenus avaient des tiques et des poux dans la peau. Ils avaient perdu toute humanité. C’étaient des morts-vivants. On m’a rasé la tête pour m’humilier. Toutes les peines étaient mélangées: des fous qui auraient dû être dans des hôpitaux psychiatriques, des peines de perpétuité, de six mois, de quinze ans. Des agressions, du viol, des rackets… »

La grâce

Au dehors, la pression internationale finit par payer. « Un émissaire est allée voir Zakaria en prison en se présentant comme l’ami du roi », raconte Taline. « Il voulait que je lève le pied sur les ONG et les médias. Cet homme est venu à Paris pour me faire cesser la mobilisation. Chose que je n’ai pas faite ! »
Finalement, le 4 février 2012, le jour de son anniversaire, Zakaria Moumni est « gracié ». Mais il n’en a pas pour autant fini avec les autorités marocaines. En mars 2013, le couple est invité au Maroc par l’ex-ministre de l’Intérieur Mohand Laenser. Il propose au sportif une « réparation matérielle » pour acheter son silence : un club de boxe à Paris. Du tac au tac Zakaria propose d’appeler le club Mohamed VI ! Devant son absence de « bonne volonté », les méthodes changent: « L’état marocain a fait un sordide chantage avec des photomontages pornographiques pris à notre insu à l’hôtel où on nous avait installés au Maroc. Ce sont des méthodes de voyou qui ne sont pas dignes d’un pays dans lequel le souverain est commandeur des croyants ! »

Notre ami le roi

D’abord confiant vis-à-vis du souverain, Zakaria Moumni l’accuse aujourd’hui d’avoir -à minima- gardé le silence sur son affaire: « A un moment donné, il est difficile de concevoir que le roi, avec la mobilisation, les lettres, les publications, ne puisse pas avoir été au courant », estime Taline.
« Au début je donnais toutes les excuses au roi », poursuit Zakaria. « J’ai eu la confirmation de son directeur du protocole, qui est H24 avec lui, qu’il a bien reçu mes lettres. S’il reste silencieux ça veut dire qu’il cautionne. Hammouchi a même eu une promotion. Il est devenu directeur de la police nationale ! »

Suites judiciaires

Depuis, le couple essaie de se reconstruire tant bien que mal: « A aucun moment on n’a réussi à sortir de cette affaire. Elle est dans notre vie au quotidien », avoue Taline. « On est la cible d’un acharnement judiciaire. Le Royaume du Maroc a porté plainte six fois pour diffamation contre nous. Il n’y a aucun contre-argument de leur part sur la torture et l’emprisonnement arbitraire de Zakaria. Ce sont des procès sur des propos qu’on a tenus à la télévision dans le cadre de la promotion du livre. C’est complètement kafkaien ! Il y a aussi le harcèlement moral, les menaces physiques…. »
Le 28 mars 2015, suite à une plainte déposée contre Abdellatif Hammouchi pour torture au pôle spécialisé crimes de guerre, crimes contre l’humanité du Tribunal de grande instance de Paris, le Parquet a conclu que la justice marocaine devait faire son travail. Dans le cas contraire, la justice française doit prendre le relais: « Si Hammouchi était jugé, ça changerait peut-être beaucoup de choses», insiste Zakaria Moumni. Comme les subalternes voient que leur chef est protégé, ils se sentent intouchables. »
Zakaria Moumni ©TV5
Zakaria Moumni ©TV5

Passeport déchiré

En octobre 2015, lors d’une émission à TV5 Monde, Zakaria Moumni déchire son passeport marocain en direct. Un geste qui fait scandale. Zakaria assure ne pas l’avoir fait contre son peuple mais contre un système qu’il dénonce: « Je ne veux pas être lié à un pays qui continue à torturer ses citoyens ! »martèle t-il. « Je suis solidaire des autres victimes de torture qui ne peuvent pas saisir la justice. Dans le livre, je cite le cas de deux jeunes qui ont été enlevés. La justice marocaine les a poursuivis parce qu’ils ont osé parler de leur enlèvement et de leur torture. Il y a quelques mois, un jeune Marocain est mort sous la torture dans un commissariat de Casablanca. Un autre a été torturé et humilié avec un bâton à Fès par trois policiers». En attendant, malgré les alertes internationales, le gouvernement continue de nier l’existence de Temara. « A l’époque de Tazmamart, ils ont dû attendre la mort d’Hassan II », rappelle Zakaria. « Pour Temara, ils vont attendre la mort de Mohamed VI. Faudra t-il attendre le règne d’Hassan III ou d’un autre pour que la torture cesse ? ». Aujourd’hui, Zakaria Moumni a la nationalité française. Symboliquement, il a demandé la déchéance de sa nationalité marocaine. Problème: Seul le roi peut l’accorder. A ce jour, Zakaria Moumni n’a pas obtenu de réponse.

Soutenez The Dissident dans sa quête de liberté
Julien Le GrosJulien Le Gros est un journaliste indépendant, spécialisé sur les cultures d'Afrique. Il a notamment écrit pour Jazzman - Jazz magazine, Afriscope, Mondomix... mais aussi sur Internet avec Africultures, Mondafrique, Tribune 2 l'artiste, International Hip Hop. Il a fait des reportages au Kenya, Cameroun, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Sénégal et récemment en Guinée Conakry sur le virus Ebola.

lundi 19 octobre 2015

Livre : "Les binationaux, Belges à part entière ? Le cas d'Ali Aarrass."




Free Ali



Lettre à monsieur Guy Trouveroy, ambassadeur belge à Londres : 37 personnalités britanniques demandent une intervention immédiate de la Belgique pour Ali Aarrass

[gallery ids="5900,5899,5898"]
Friends of Ali Aarrass
London Support Committee
……………………………………………………………………………………………………
Guy Trouveroy Ambassador of Belgium in the UK, 17, Grosvenor Crescent London SW1X 7EE 15 October 2015 By email to London@diplobel.fed.be and by...
[...]