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vendredi 4 novembre 2016

Présentation des livres sur Ali Aarrass à la Librairie Résistances (Paris) par Manu Scordia et Luk Vervaet (19 nov 17h)


vendredi 4 novembre 2016




 

Présentation de « Je m’appelle Ali Aarrass » et de « Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim  » sur les emprisonnements arbitraires au Maroc. 


Samedi 19 novembre à partir de 17 H
Librairie Résistances
4 Villa Compoint 75017 Paris

(Angle du 40, rue Guy Môquet)
Manu Scordia et Luk Vervaet présenteront deux livres :
La bande dessinée « Je m’appelle Ali Aarrass »
« Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim »
qui concernent les prisonniers politiques marocains et notamment Ali Aarrass dont l’affaire est l’un des scandales judiciaires et politiques majeurs de cette dernière décennie, en Belgique.
Belgo-Marocain arrêté en 2008 pour terrorisme en Espagne à la demande du Maroc, Ali y est soumis à la torture blanche pendant près de trois ans, puis innocenté par le juge Garzon. Abandonné par son pays, la Belgique, Il est illégalement extradé par l’Espagne au Maroc où il sera torturé pendant douze jours. Après un procès inique, il est condamné à 12 ans de détention et enfermé dans la prison de haute sécurité de Salé II et, depuis octobre 2016, à la prison de Tiflet II. Des instances onusiennes, dont le Comité contre la torture, le Comité contre la détention arbitraire et le Comité des droits de l’homme, demandent sa libération. En 2014, Ali accepte d’être l’une des cinq personnes emblématiques de la campagne internationale d’Amnesty International, « Stop torture ».


Avec ces Lettres de prison, écrites de 2012 à 2016, Ali brise le silence. « Les récits d’hier et d’aujourd’hui se ressemblent », écrit Khadija Ryadi, lauréate 2013 du prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies. Comme Henri Alleg dans La Question sur la torture pendant la guerre d’Algérie, ou Ahmed Marzouki dans Tazmamart cellule 10 sur les tortionnaires d’Hassan II, Ali livre un témoignage accablant sur la torture des temps modernes.
Dans Journal d’une grève de la faim, sa sœur Farida nous entraîne dans le monde des familles des détenus, qui elles aussi vivent la prison. Oscillant entre souffrance, désespoir et résistance pendant la sixième grève de la faim de son frère, elle lance un appel contre l’indifférence et la peur.
Le livre de Manu Scordia est une bande dessinée en noir et blanc de style « roman graphique » qui raconte l’histoire d’Ali Aarrass. Il retrace le parcours de cet homme, son enfance à Melilla, sa venue en Belgique, son mariage, ses différents boulots, son service militaire, sa librairie, son arrestation puis les mauvais traitements, l’extradition, la torture, le procès inique… tout cela en alternance avec le combat de sa sœur Farida pour la libération de son frère.
Manu Scordia est auteur de bande dessinée et illustrateur. Il est l’auteur de deux BD et a collaboré à plusieurs fanzines et projets de BD collectives. Il est également dessinateur pour divers organes de presse. Ses thèmes principaux sont le racisme, la discrimination, les réfugiés, le colonialisme, la question palestinienne, l’exclusion sociale et l’exploitation de manière générale.
Son travail est visible sur son blog: manu-scordia.blogspot.be
Il travaille également comme animateur dans une association pour les enfants du quartier à Cuesmes dans le Borinage.
Luk Vervaet, est un militant qui lutte contre l’injustice, l’enfermement et la torture. Il a écrit plusieurs livres, dont « Guantanamo chez nous ? »  , qui décrit et analyse la transformation de la société sous l’influence américaine. Ou comment, sous prétexte d’assurer notre sécurité, les gouvernements occidentaux violent les droits de l’Homme et toutes les conventions internationales.

vendredi 23 septembre 2016

C'est demain ! la présentation des deux livres pour Ali Aarrass !


C’est demain ! Youssef Chihab (AFD), Pierre Piccinin da Prata (Courrier du Maghreb et de l’Orient), Alexis Deswaef (LDH), Nicolas Cohen (avocat), Vincent Cornil (Mrax), David Jamar (sociologue), Farida Aarrass (auteure), Manu Scordia (auteur) vous présentent les deux livres pour Ali Aarrass

dans ACTIONS/ARTS par
« L’affaire Ali Aarrass est un des scandales judiciaires et politiques majeurs de cette dernière décennie. Belgo-marocain arrêté en 2008 pour terrorisme en Espagne à la demande du Maroc, Ali y est soumis à la torture blanche pendant près de trois ans, puis innocenté par le juge Garzon. Abandonné par son pays, la Belgique, Il est illégalement extradé par l’Espagne au Maroc où il sera torturé pendant douze jours. Après un procès inique, il est condamné à 12 ans de détention et enfermé dans la prison de haute sécurité de Salé II jusqu’à ce jour. Des instances onusiennes, dont le Comité contre la torture, le Comité contre la détention arbitraire et le Comité des droits de l’homme, demandent sa libération. En 2014, Ali accepte d’être l’une des cinq personnes emblématiques de la campagne internationale d’Amnesty International, « Stop torture ».
Avec ces Lettres de prison, écrites de 2012 à 2016, Ali brise le silence. « Les récits d’hier et d’aujourd’hui se ressemblent », écrit Khadija Ryadi, lauréate 2013 du prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies. Comme Henri Alleg dans La Question sur la torture pendant la guerre d’Algérie, ou Ahmed Marzouki dans Tazmamart cellule 10 sur les tortionnaires d’Hassan II, Ali livre un témoignage accablant sur la torture des temps modernes.
Les Lettres d’Ali dévoilent cet homme devenu une cause. Grâce à sa résistance inflexible contre toute forme d’injustice. Par son humanité sans bornes pour ses codétenus et les amis qui le soutiennent. À travers son amour pour sa famille.
Résultat de recherche d'images pour "C'est demain ! la présentation des deux livres pour Ali Aarrass !"Dans Journal d’une grève de la faim, sa sœur Farida nous entraîne dans le monde des familles des détenus, qui elles aussi vivent la prison. Oscillant entre souffrance, désespoir et résistance pendant la sixième grève de la faim de son frère, elle lance un appel contre l’indifférence et la peur.
Puisse ce livre contribuer à rendre justice à Ali Aarrass ! »

Ce samedi 24 septembre 14 heures : Sortie officielle et présentation des 2 livres pour/sur Ali Aarrass:

– La bande dessinée « Je m’appelle Ali Aarrass » de Manu Scordia retrace le parcours d’Ali Aarrass depuis son enfance à Melilla jusqu’à son calvaire actuel, en passant par sa vie en Belgique, son arrestation, la torture, le procès, la vie en prison, son combat pour la Justice et celui de sa soeur Farida pour sa libération.

– Le livre « Lettres de prison et Journal d’une grève de la faim » de Farida Aarrass et d’Ali Aarrass, est un reccueil des plus belles lettres de correspondance écrite par Ali depuis sa prison. Il comprend aussi le journal de Farida pendant la longue grève de la faim d’Ali en 2015. Pour lui éviter une issue dramatique, cette grève de la faim avait été relayée à Bruxelles par Farida et plusieurs soutiens d’Ali.
La présentation de ces 2 ouvrages sera accompagnée d’un retour sur la situation très préoccupante d’Ali Aarrass aujourd’hui et de l’intervention de diverses personnalités.
Les bénéfices des ventes de ces 2 ouvrages seront exclusivement destinés à soutenir la campagne Free Ali.
http://www.freeali.eu/
Où ? Bruxelles Laique Avenue de Stalingrad 18 – 20, 1000 Région de Bruxelles-Capitale

jeudi 5 mai 2016

Avec joie et fierté nous disons « MERCI » pour Ali Aarrass


2956 jours de détention

Avec joie et fierté nous disons « MERCI » pour le succès de la campagne de crowdfunding : Ali Aarrass Au-delà des barreaux et des frontières

place poelaert samedi 7 novembre C’est avec beaucoup de joie et de fierté que nous annonçons le succès de la campagne de crowdfunding  » Ali Aarrass: Au-delà des barreaux et des frontières » .

Grâce à la générosité de nombreux donateurs l’objectif des 4000€ a été largement dépassé pour atteindre la somme de 5180€.

Pour rappel, l’objectif de cette récolte de fonds permettra de publier deux ouvrages retraçant l’histoire d’Ali Aarrass : une bande dessinée intitulée  » Je m’appelle Ali Aarrass » réalisée par Manu Scordia et un recueil bouleversant des témoignages d’Ali Aarrass depuis sa mise en détention agrémenté du journal tenu par Farida Aarrass lors de la sixième grève de la faim d’Ali en août 2015.

La publication de ces deux ouvrages inédits a pour objectif de faire écho à l’appel d’Ali Aarrass à travers la sensibilisation et la conscientisation de tout un chacun sur la question des droits et de l’égalité citoyenne.
Tous les bénéfices de vente seront intégralement reversés à la campagne Free Ali.

Encore une fois, MERCI!
C’est GRÂCE à vous et AVEC vous que nous avançons dans ce combat juste.

Insaf Takkal pour le comité Free Ali

samedi 29 août 2015

Vient de paraître "Marraine des deux plus anciens prisonniers politiques marocains"

Par Marie-Jo Fressard, Solidmar

Je n’étais pas vraiment préparée à ça pour la retraite. Moi,
ce que j’aimais, c’était la randonnée  et  le dessin. Avec il est vrai, une fascination grandissante pour ce qui se passe derrière les murs des prisons, et pour un pays qui m’était inconnu : le Maroc.
Et voilà qu’au bout d’un long enchaînement de hasards, ces fascinations se concrétisent le jour où je me trouve « marraine » d’un prisonnier politique marocain, Ahmed Chahid, rejoint sept mois plus tard par un son presque homonyme : Ahmed Chaïb. Tous deux sont incarcérés depuis 20 ans dans les geôles des rois du Maroc, condamnés d’abord à mort, puis à perpétuité.
Le livre raconte leurs cinq dernières années derrière les barreaux, cinq années de luttes difficiles avec de beaux temps forts : notre première rencontre à la prison d’Oukacha ; une première victoire le jour où la perpétuité est commuée en peine de 25 ans ; et enfin la libération, jour pour jour 25 ans après leur incarcération, à une semaine d’intervalle, comme lors de leur arrestation. Et, après cet interminable cauchemar, le travail de réadaptation à un monde qui ne ressemble plus du tout à celui qu’ils ont quitté un quart de siècle plus tôt.
Leur histoire s’insère dans l’histoire du Maroc, entre Hassan II et Mohammed VI, entre espoirs et désillusions…
*******************

Par chance  mon chemin a croisé celui de  la maison d’édition ANTIDOTE, sans but lucratif, créée récemment en Belgique  par une sympathique équipe de militants bénévoles : Luk Vervaet, le défenseur des prisonniers, âme d’Antidote, Nicolas Ingargiola, jeune technicien compétent et exigeant, et Daniel Wagner, qui veille sur les textes.
 L’écrivain Gilles Perrault a eu la gentillesse d’accepter de préfacer le livre, et Khadija Ryadi, Lauréate du Prix des Nations Unies pour les droits de l’Homme, en a écrit la postface.
Le livre est vendu au prix de 10 €, franco de port jusqu’à la fin du mois d’août.
Il peut être commandé :
- en Belgique à Éditions Antidote (contact[at]antidote.be) sur le numéro de compte :
IBAN :BE20 0004 2359 4956
BIC : BPOTBEB1XXX)
- en France, par chèque, mentionner « livre Marraine», à  Solidarité Maroc 05, 17 rue Jean Eymar, 05000 Gap, (solidmar05[at]gmail.com)  où il peut être acheté,
Nous serons à la Fête de l’Huma, à la Courneuve, France, stand AMDH, les 11, 12, 13 septembre, et nous aurons un stock de MARRAINE.



vendredi 10 septembre 2010

Un nouveau livre sur la France et l'Algérie

Signature - dédicace, à la Fête de l’Humanité,
Le dimanche 12 septembre, à 11h30
Au stand des Éditions Demi-Lune, au VILLAGE DU LIVRE
.
(Face à l’Agora, en plein centre)
La Colonie française en Algérie
    Titre : La Colonie française en Algérie Sous-Titre : 200 ANS D'INAVOUABLE - Rapines et péculats Auteur : Lounis AGGOUN N° ISBN : 978-2-917112-14-4
    Le nouvel ouvrage EXPLOSIF du coauteur de FRANÇALGÉRIE, Crimes et mensonges d'Etats
    Parution le 10 Septembre. (Vous pouvez le commander dès maintenant, en exclusivité sur le site)
€23.00
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L’auteur
Ardent défenseur de la vérité, Lounis AGGOUN est un militant assidu des droits de l’homme. Journaliste indépendant, fin connaisseur des relations entre la France et l’Algérie, il a coécrit, FRANÇALGÉRIE, Crimes et mensonges d'Etats, (La Découverte, 2004), un livre majeur qui révèle les dessous de la « sale guerre ». Le présent ouvrage jette un regard novateur sur quelques-uns des épisodes les plus sombres de l’histoire commune de ces deux pays, de la conquête coloniale jusqu’à aujourd’hui.

RENVERSANT

Une longue et tumultueuse histoire commune unit la France et l’Algérie en des relations fusionnelles. Se basant sur les travaux de nombreux historiens, de journalistes et de témoins, cet ouvrage apporte une grille de lecture radicalement nouvelle en allant jusqu’au bout de la logique. Faisant fi de la langue de bois, l’auteur développe un ensemble de thèses proprement explosives.
En 1962, une nouvelle forme de colonisation a commencé en Algérie, qui conserve les aspects les plus sombres de la précédente. La révolution est à peine née que débute l’élimination des dirigeants de valeur, compétents et intègres. Une petite clique d’officiers s’appuie alors sur une frange des révolutionnaires pour s’emparer graduellement du pouvoir. D’éliminations politiques en assassinats, se concentre au sommet de l’État ce que le pays nourrit de plus néfaste. L’Algérie devient un État terroriste. Aux deux bouts de la chaîne, en amont et en aval de la spoliation à grande échelle, se trouvait un homme, Larbi Belkheir, l’un des architectes de la confiscation du pouvoir en 1962 et le promoteur en 1999 du régime présidé par Bouteflika.
En décidant d’envahir l’Algérie, la France a-t-elle apporté Les Lumières ou l’incendie ? La colonisation a-t-elle eu un caractère positif ou génocidaire ? De Gaulle a-t-il offert l’Indépendance ou bien a-t-il plongé le pays dans un cauchemar dont celui-ci n’arrive pas à sortir ? Les Algériens ont-ils réellement accédé à l’Indépendance ou furent-il dès le départ piégés par les aventuriers entourant le général ? Boumediene a-t-il succombé à une mort naturelle ou fut-il empoisonné par les DAF, ces déserteurs de l’armée française dont il bridait les ambitions ? Le pouvoir qui lui succéda était-il souverain ou contrôlé en sous-main par un clan d’agents de la France (Hizb França) derrière Chadli ? L’assassinat d’Ali Mécili par la Sécurité Militaire algérienne s’est-il accompli en dépit des forces de l’ordre dirigées par Charles Pasqua ou bien ce dernier a-t-il participé à l’élimination d’un des principaux opposants algériens ? Quel rôle la France a-t-elle joué lors de la descente aux enfers de l’Algérie au cours de la décennie 1990 ? Le terrorisme islamiste est-il, comme le présentent les médias, un fléau contre lequel les services algériens et français ont combattu pour sauver l’Algérie de la talibanisation et la France de la contagion ? Ou est-ce une aubaine pour justifier le maintien du peuple algérien sous le joug, de sorte à légitimer le pillage des ressources ? Al-Qaïda au Maghreb islamiste est-il une « franchise » du couple infernal ben Laden/Zawahiri, ou ses commanditaires sont-ils installés au Club des Pins ? Qui sont les véritables maîtres de l’Algérie ?
Voilà quelques-unes des nombreuses questions auxquelles l’auteur tente de répondre, sans peur de briser les tabous, en dévoilant certains des aspects les plus noirs de la relation entre les deux pays. Au fil des pages, les mythes ne cessent d’imploser !
De Napoléon à Sarkozy, de Talleyrand à Pasqua, du dey d’Alger à Larbi Belkheir, dans de fascinants et vertigineux allers-retours entre hier et aujourd’hui, ce livre retrace près de deux siècles d’une histoire aussi complexe que tumultueuse. En revisitant l’histoire récente de manière factuelle et très documentée, il ambitionne d’apporter, avec beaucoup de courage, une parcelle de vérité dans un océan de mensonges et de désinformation. Il est temps de faire la lumière sur les « pages glorieuses de la colonisation française », sur les drames de la guerre d’Algérie, tout comme sur la situation économique actuelle d’un pays tout entier dévoré par la prévarication.

mardi 16 février 2010

Au Maroc il se vend plus de voitures que de livres...

Salon du Livre :  l’édition de loisir sinistrée
Par Nadia Belkhayat, L'économiste, 13/2/2010
· Activité peu rentable, faible production annuelle
· Le lectorat estimé à quelques milliers de personnes
·Un secteur appelé à se développer, avec le recul de l’analphabétisme
LE secteur du livre se porte mal, mais la situation est stationnaire depuis de nombreuses années. La tenue du 16e Salon international du livre et de l’édition est une occasion de dresser un état des lieux et de réfléchir aux moyens de redynamiser ce volet primordial de la culture et du développement humain.
Chaque année, le SIEL draine des milliers de visiteurs, qui viennent de Casablanca, mais aussi des autres villes, pour acheter des livres (ouvrages jeunesse, romans locaux ou importés, encyclopédies…).
Ce qui prouve que les Marocains s’intéressent au livre et qu’ils consacrent un budget à ce poste de dépenses. Bien entendu, le facteur prix joue un rôle primordial et ce sont les collections aux prix étudiés qui trouvent le plus facilement preneur. En tout cas, les libraires, éditeurs et distributeurs de livres, qu’ils soient locaux ou importés, seront présents en force, car c’est l’occasion rêvée pour booster un peu leurs ventes et être visibles sur cette grande fête du livre et de la lecture.
Malheureusement, le roman littéraire marocain est le parent pauvre du secteur, selon les professionnels. Il se vend difficilement et laborieusement, ce qui fait souffrir des éditeurs amoureux et passionnés du livre, qui poursuivent leurs efforts pour faire entrer le livre de loisir dans les habitudes de vie des Marocains, malgré les résistances…
C’est la même remarque que l’on entend auprès de tous les professionnels interrogés: «Les Marocains lisent de moins en moins, ils achètent très peu de livres», «Nous sommes dans une situation dramatique, où la lecture n’est pas du tout valorisée». D’après Bichr Bennani, patron de Tarik Editions, «il se vend au Maroc davantage de voitures que de livres». Pour lui, le constat est alarmant!
Il y aurait, d’après les professionnels, une trentaine d’éditeurs sur le marché, dont certains sortent régulièrement des ouvrages et d’autres seulement de manière épisodique. Une étude réalisée récemment a révélé que la production d’ouvrages au Maroc atteint les 2.000 titres par an, dont la moitié de romans et essais littéraires. C’est un très faible score en comparaison à d’autres pays. En France par exemple, la production de livres est très dynamique. Près de 60.000 titres y sont édités par an! En Angleterre, la production est encore plus prolifique (90.000 titres par an). Au Maroc, seulement quelques milliers de personnes par an achètent et lisent. Difficile d’estimer le chiffre exact. Et pourtant, le marché potentiel, (constitué de toutes les personnes capables de lire en français ou en arabe) est évalué à 7 ou 8 millions de personnes. Alors pourquoi ce désamour pour la lecture?
D’après Camille Hoballah, patron des éditions Afrique-Orient, «l’achat de romans est considéré comme un luxe, qui passe après de nombreux autres besoins». Bichr Bennani pour sa part estime que la majorité ne lit pas, préférant acheter des vêtements, bijoux ou accessoires de mode. D’après lui, la lecture n’est pas suffisamment valorisée. «Il faudrait qu’il y ait des campagnes d’encouragement à la lecture et que nos responsables se montrent en train de feuilleter des ouvrages dans des émissions télévisées».
Pour Abdelkader Retnani, patron des éditions «La Croisée des Chemins», il faudrait produire davantage d’émissions télévisées littéraires. En France, il y en aurait une trentaine, contre seulement une pour le Maroc.
Le manque de bibliothèques et de librairies est également mis en cause. Il y a trop peu de bibliothèques sur le territoire. Quant aux librairies, elles se comptent sur le bout des doigts. Même pas trente sur tout le territoire! La plupart des petites villes (Dakhla, Tétouan, Larache…) n’ont aucune librairie ou bibliothèque….
Le prix du livre en librairie peut bien évidemment constituer une barrière. Ainsi, d’après Nisrine Chraïbi, de la Librairie des Ecoles, la demande est presque nulle pour les livres à plus de 250 DH. Mais quand les prix varient entre 30 et 50 DH, il y a un marché. Et ça, quelques éditeurs l’ont bien compris, comme Le Fennec Editions par exemple, qui édite des collections à prix modérés, tout en sauvegardant un niveau de qualité satisfaisant. Ce dosage qualité/prix est parfois difficile à réaliser.
Pour ce qui est des tirages, ils ne dépassent pas 1.000 à 2.000 exemplaires par ouvrage édité. Des exemplaires qui s’écoulent en général laborieusement, après plusieurs années de présence en librairie. «L’édition de romans littéraires n’est pas rentable. C’est seulement pour une question de prestige que je suis encore présent sur ce marché», souligne Camille Hoballah d’Afrique-Orient.
Face à ces tristes constats, les éditeurs avancent des idées, qu’ils souhaiteraient voir se concrétiser. Ils proposent par exemple de construire des petites librairies ou bibliothèques, mitoyennes à chaque mosquée, sachant qu’il existe dans le pays 50.000 mosquées. Ils préconisent aussi d’encourager les enseignants à choisir eux-mêmes les romans à lire en classe, au lieu qu’ils leur soient imposés par le ministère de l’Education nationale. Enfin, ils proposent d’allouer aux communes un budget qui serait dédié à l’aménagement de petites bibliothèques au sein de leurs locaux… Les idées existent, maintenant, il faut qu’elles soient mises en pratique.
Pour François Larbre, responsable du bureau du livre au service de Coopération et d’Action culturelle de l’ambassade de France au Maroc, «avec le recul progressif de l’analphabétisme, le secteur du livre est appelé à se développer au Maroc. Tous les enfants aujourd’hui scolarisés sont de potentiels lecteurs». Selon lui, il est primordial de faire aimer la lecture aux plus petits. Car l’amour du livre doit se transmettre aux enfants dès leurs premières années de vie. François Larbre préconise donc de lire aux enfants des histoires avant de les faire dormir. Dès qu’ils apprennent l’alphabet, ils comprennent qu’ils peuvent lire par eux-mêmes ces belles histoires qui les font rêver. Et d’ajouter qu’il faut garder «une vision optimiste et volontariste, et rendre le livre présent dans les salons, les bibliothèques, les librairies, en expliquant aux parents que l’amour de la lecture s’apprend à la maison et pas uniquement à l’école». L’Institut français de Meknès organise dans ce sens un événement les 9, 10 et 11 avril prochain. Il s’agit du «Printemps des livres jeunesse de Meknès», dont le thème est «Lire pour apprendre, se former et s’ouvrir au monde». Pendant trois jours, des auteurs marocains et étrangers animeront des conférences et des séances de lecture destinées aux enfants de 7 à 12 ans et à leurs parents. Ils vont expliquer pourquoi et comment encourager la lecture dès le plus jeune âge et donner le goût de la lecture à l’enfant. Car, comme chacun sait, la lecture est un gage de développement intellectuel, humain et social et il ne faut surtout pas se priver de ce plaisir!

Le beau livre, un segment à risque…
PLUSIEURS éditeurs se sont lancés ces dernières années dans l’édition de beaux livres. La production de ces livres de luxe est estimée entre six et dix par an. D’après Abdelkader Retnani, patron des éditions La Croisée des Chemins, c’est une prise de risque car l’édition d’un beau livre coûte environ 500.000 DH (pour 1.000 à 1.500 exemplaires). Eleana Marchesani, patronne de Senso Unico Editions précise que le coût peut atteindre 800.000 à 1.200.000 DH, en fonction des matériaux utilisés et du nombre d’exemplaires imprimés. Si c’est un flop, l’éditeur perd donc beaucoup d’argent.
La plupart des éditeurs de beaux livres font donc appel aux sponsors et mécènes, qui leur achètent une partie des livres imprimés. En général, il s’agit d’ouvrages imprimés à l’étranger et les matériaux utilisés sont nobles: papier luxueux, soie blanche, cuir… De ce fait, les prix peuvent parfois être très élevés. Comme l’explique Eleana Marchesani, c’est un segment qui pourrait être rentable, à condition d’avoir des sponsors et de vendre la totalité les livres imprimés. En tout cas, de beaux thèmes y sont traités…