Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est affaire Ali Aarrass. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est affaire Ali Aarrass. Afficher tous les articles

samedi 10 décembre 2016

Vidéo : ALI AARRASS Journée Internationale des Droits de l'Homme.

Il y a deux ans, et plus que jamais d'actualité ! Rejoignez-nous devant le mercredi 14 décembre devant la ministère des affaires étrangères de 12.30h à 14.30h

Vidéo : ALI AARRASS Journée Internationale des Droits de l'Homme.
 https://www.youtube.com/watch?v=JJCq6wsbbkw
ALI AARRASS, ON N'OUBLIE PAS ! ALI AARRASS, NIET VERGETEN ! ACTION 10 DECEMBRE 2014…
youtube.com

mercredi 7 décembre 2016

Le 14 décembre 2010, en extradant Ali Aarrass au Maroc, l’Espagne et la Belgique, se sont comportées comme des états voyous !



Rassemblement, 14 décembre 2016, devant le Ministère de Didier Reynders (12.30-14.30h).

dans ACTIONS/EXTRADITION par



L’histoire choquante d’une extradition illégale.
Le 1er avril 2008, le Belgo-Marocain Ali Aarrass avait été arrêté à Melilla à la demande du Maroc dans le cadre du démantèlement d’une organisation terroriste au Maroc, le réseau dit Belliraj. Le Maroc demandait son extradition immédiate. Mais la Justice espagnole, en la personne du juge antiterroriste Baltazar Garzon, décida de garder Ali Aarrass en détention sous haute sécurité en Espagne et de faire sa propre enquête antiterroriste sur son cas.
Le 16 mars 2009, après un an d’examen minutieux du  dossier, l’impitoyable juge Garzon prononce un non-lieu dans l’affaire Ali Aarrass : il n’y a rien contre Ali Aarrass, il n’y a même pas lieu d’organiser un procès.

samedi 23 avril 2016

Une BD pour la neuvième année de détention d'Ali Aarrass




 
Une BD pour évoquer le parcours du détenu belge au Maroc - © Tous droits réservés

Ce mois d'avril 2016 est un un mois symbolique pour les défenseurs d'Ali Aarras. Cela fait en effet huit ans que le Belgo-marocain est détenu, dont six dans les prisons marocaines. C'est à l'entame de sa neuvième année de détention qu'une nouvelle campagne d'information a été lancée.
Un rassemblement, organisé par le comité Free Ali a eu lieu en début de mois, et une conférence de presse se proposait, cette semaine, de revenir sur les principaux éléments du dossier. Une délégation avait aussi remis au ministère des Affaires étrangères une lettre d'Ali Aarrass dans laquelle il exprime son indignation face aux attentats à Bruxelles et ses condoléances aux familles des victimes.

Une détention controversée depuis des années
Pour rappel, Ali Aarass, 53 ans, a été extradé au Maroc par les autorités espagnoles en 2010. La justice marocaine l'a condamné en appel en 2012 à 12 ans de prison pour "appartenance à un groupe ayant l'intention de commettre des actes terroristes". Il assure que sa condamnation repose sur des aveux obtenus sous la torture.
La mobilisation pour Ali Aarrass date déjà de plusieurs années. Ses conditions de détention, ainsi que celles qui ont abouti à ses aveux ont déjà été dénoncées par plusieurs organisations, dont Amnesty international. Ces organisations demandent au gouvernement belge d'exiger sa mise en liberté immédiate en conformité avec les recommandations venant du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Le principal point de revendication ces derniers mois concerne cependant l'assistance consulaire dont devrait bénéficier ce dernier en tant que citoyen belge. Une assistance qualifiée de "non effective" par ses défenseurs, malgré les affirmations du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR). Plusieurs députés avaient interpellé le ministre des Affaires étrangères à ce propos, qui, selon eux, s’abstient d’intervenir dans cette affaire.


Parler de la discrimination dont font l'objet les binationaux
Les défenseurs du détenu belge mobilisent aujourd'hui d'autres moyens pour alerter l'opinion publique sur le sort de ce dernier. Un chœur de chant présentera son travail dans quelques jours, et des artistes ont également pris part à l'action initiée par les proches d'Ali Aarrass. Ainsi, le dessinateur carolo, Manu Scordia, présentera une bande dessinée retraçant le parcours d'Ali Aarrass: son enfance à Melilla, sa vie en Belgique, et sa détention.
"Il y a une volonté d'inscrire le cas d'Ali Aarrass dans un cadre plus large", explique Manu Scordia. "Montrer à travers son cas la discrimination dont font l'objet les binationaux. Montrer aussi à quelles dérives peuvent mener la 'guerre au terrorisme' et les politiques sécuritaires et répressive que nous connaissons."
Le dessinateur présente sa démarche dans la vidéo ci-dessous:
La sœur d'Ali Aarras publiera également un recueil de leur correspondance.
Officiellement, cependant, rien ne bouge selon ses avocats. "Il est totalement inexact de prétendre que Monsieur Aarrass bénéficie de l’assistance consulaire belge. Il n’a jamais reçu la visite du Consul belge à Rabat", réagissent-ils, précisant que le ministère a été condamné par la Cour d’appel de Bruxelles pour son inaction.
Les avocats se disent aussi insatisfaits de la position du ministère des Affaires étrangères face à la condamnation d'Ali Aarrass par la justice du royaume chérifien. "Que faut-il de plus au ministre des Affaires étrangères? Une reconnaissance de l’usage systématique de la torture au Maroc par une juridiction internationale ?", se demande-t-ils.



mardi 5 avril 2016

Ali Aarrass: Au-delà des barreaux et des frontières…

KissKissBankBank


Une bande dessinée et un témoignage racontant l'histoire d’Ali Aarrass, belgo-marocain, injustement extradé, incarcéré et torturé au Maroc.
Large_aliaarrassintro-1459583633-1459583652

Présentation détaillée du projet

Qui est Ali Aarrass ?
Ali Aarrass, c’est l’histoire d’un citoyen belgo-marocain, emprisonné, injustement en Espagne car suspecté de trafic d’armes dans le cadre d’un réseau terroriste. Durant ses années de captivité en Espagne, Ali Aarrass n’a eu de cesse de clamer son innocence.
 
Alors que le célèbre juge anti-terroriste Baltazar Garzon prononçait un non-lieu en faveur d’Ali Aarrass, ce dernier fut extradé illégalement  vers le Maroc.
 
Dès son arrivée au Maroc, Ali Aarrass est torturé. Après 12 jours d’abjectes tortures, Ali Aarrass signe ses aveux en langue arabe, langue dont il ne maîtrise même pas la lecture…
 
 
« Ali Aarrass est une cause ! » Alexis Deswaef, président de la Ligue des Droits de l’Homme en Belgique
 
L’histoire d’Ali Aarrass est devenue une cause …
Une cause qui touche l’ensemble des citoyens belges possédant la double-nationalité et qui refusent d’être considérés comme non-belges lorsqu’ils se trouvent sur un sol étranger.
 
Une cause qui touche l’ensemble des citoyens belges issus de l’immigration et qui refusent le traitement différencié entre « belges de souche » et « belges issus de l’immigration ».
 
Une cause qui touche l’ensemble des citoyens belges sensibles aux droits humains et qui refusent que la torture soit cautionnée (in)directement par l’Etat Belge et qu’un citoyen belge puisse être jugé sur des aveux obtenus sous la torture et la contrainte.
 
Et aujourd’hui ?
Amnesty International a fait d’Ali Aarrass, son symbole, son porte-drapeau dans la lutte contre la torture et les procès en découlant.
 
En 2015, la Cour de Justice belge a condamné l’Etat belge pour non-assistance envers Ali Aarrass dans un procès historique.
 
L’ONU a reconnu par le travail de son rapporteur spécial Juan Mendez, la torture subie par Ali Aarrass et demande sa libération immédiate.
 
Cependant, Ali Aarrass croupit, encore et toujours, dans la prison de Salé II au Maroc. L’Etat belge refuse toujours d’intervenir pour son ressortissant.
 
Plus d'infos sur http://www.freeali.eu/

 Suivre le projet

jeudi 17 mars 2016

Assez menti, Didier Reynders ! Un mois de solidarité avec Ali Aarrass

Photo de couverture
"La vérité, tôt ou tard, finira par surgir", répète inlassablement ALI AARRASS qui, bien qu'INNOCENT, entrera le 1er avril prochain dans sa NEUVIÈME ANNEE DE DÉTENTION !

Afin de renforcer la mobilisation citoyenne autour d’Ali Aarrass, devenu l’emblème héroïque de la lutte pour l'égalité de droits en faveur des binationaux, le Comité Free Ali organisera tout au long du mois d’avril plusieurs rencontres, ainsi qu’une campagne de crowdfunding.

A l'agenda de ce mois de solidarité, quatre dates importantes que nous vous appelons à réserver dès maintenant:

1. Vendredi 01/04: rassemblement de 12h à 14h devant le ministère des Affaires étrangères (rue des Petits Carmes, 15 - 1000 Bruxelles).

2. Samedi 16/04: conférence-débat "Les binationaux à la lumière d'Ali Aarrass" (horaire 15h-17h, à confirmer suivant salle encore à déterminer).


3. Samedi 23/04: présentation publique d'une étape de travail du Choeur Ali Arrass, vers midi à la Maison des Cultures de Saint-Gilles (rue de Belgrade, 120 - 1060 Bruxelles). Projet ouvert aux professionnels et amateurs sans distinction aucune, dont l'objectif est de porter à la scène le combat d'Ali Aarrass.


4. Samedi 30/04: campagne de crowdfunding : présentation de la BD "Je m'appelle Ali Aarrass" et du livre "Ali Aarrass, lettres de prison & Farida Aarrass, journal d'une grève de la faim (horaire 15h-17h).
Ne manquons pas ces quatre rendez-vous citoyens, soyons-y aussi nombreux que possible: pour Ali et pour nous tous !


Le Comité Free Ali

samedi 26 décembre 2015

"Les droits de Abdelkader Belliraj et Ali Aarrass ont été totalement respectés".., si vous le dites..



(photo de l'article dans Le Vif)
Après les louanges du monde politique belge pour "l'efficacité" des services antiterroristes marocains, il y a les médias qui se joignent à la chorale.
Comme en témoigne l'article de Marie-Cécile Royen dans le Vif L'express de cette semaine (18-24 décembre 2015). 
 
Marie-Cécile a fait le déplacement au Maroc et a pu entrer dans le cœur même de l'appareil de répression marocain, en faisant "un reportage et interview exclusifs" de responsables de ces services. Cet appareil de répression impressionnant s'est constitué pendant cette dernière décennie comme un état au sein de l'État.
Dans son article on apprend entre autres que "le Maroc est là pour aider les autorités belges à mettre en place une véritable politique de déradicalisation...". Que le Maroc a réussi à démanteler "rien qu'en 2015, une vingtaine de cellules terroristes.."
Que toute la communauté marocaine à l'étranger est "suivie par la Dgèt, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) dans non moins qu'une cinquantaine de pays; un service 'offensif', qui pratique la collecte de renseignements, à l'étranger, parfois aussi au Maroc.."
Que "les services marocains sont performants. Du côté belge, certains les comparent à la CIA et au Mossad, soulignant la sophistication de leurs labos et leur système d'espionnage des télécommunications.."

vendredi 20 novembre 2015

A diffuser : L'affaire Ali Aarrass après les attentats de Paris

jeudi 19 novembre 2015

Par Luk Vervaet
Le problème serait la radicalisation. L'intégration ratée des jeunes dans nos valeurs démocratiques. Et s'il s'agissait plutôt du retour violent du boomerang ? Le boomerang des guerres interminables menées ailleurs et qui nous revient ? Oui, je me répète. Je l'ai écrit après chaque attentat qui a frappé l'Europe ces dernières années. Dans « The making of Anders B.Breivik ». Dans « D’Oslo-Utoya à Toulouse-Montauban : l’horreur de la guerre gagne l’Europe ». Dans le chapitre de « Guantanamo chez nous ? », à propos des volontaires pour l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie.

Les barbaries commises à Paris ce 13 novembre s'ajoutent à la liste macabre.
Pour ces actes, il n'y a aucune justification, ni humaine, ni politique, ni religieuse.
Parfois, seules les larmes peuvent encore parler.
Des larmes qui deviennent un acte politique.

Pleurer les victimes des attentats et leurs familles, aussi bien celles des tués que des tueurs. Les victimes de Paris, mais aussi celles de Beyrouth et de Gaza. Pleurer tous ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents, victimes de drones et de bombes soi-disant chirurgicales. Pleurer ce monde laissé à nos enfants, aussi bien aux jeunes tueurs qu'à leurs jeunes victimes. Ce monde injuste, ce monde d'inégalités criantes et révoltantes, mis à feu et à sang depuis un quart de siècle par des guerres sans fin.
Après chaque attentat, la réaction de nos gouvernants est identique. Augmenter d'un cran la guerre, l'esprit de revanche, la répression, les contrôles, les murs, l'islamophobie, la mise en observation et l'état d'exception pour les communautés d'origine immigrée, stigmatisées comme cinquième colonne.

Jamais la paix. Jamais plus de justice. Jamais la conciliation et le dialogue.

Nous assistons à la chasse à l'homme, 24 heures sur 24, en live sur nos écrans de télévision. A une occupation policière et médiatique de la commune de Molenbeek, taxée dorénavant « commune terroriste » dans le monde entier. Jan Jambon, le ministre de l'Intérieur belge, déclare qu'il va « personnellement nettoyer cette commune ». Dans ce climat, Eric Zemmour peut ajouter tranquillement sur RTL que « la France devait bombarder Molenbeek ».
Et puis, il y aura les victimes collatérales de ce choc médiatique mondial.
Les réfugiés, à qui on refusera l'accès. Les détenus, victimes innocentes des frappes antiterroristes dans des pays partout dans le monde, à qui on refuse une libération, un traitement humain ou un procès équitable. 
Une des victimes du terrorisme d’État s'appelle Ali Aarrass, dont la presse marocaine rappelle déjà qu'il est « le libraire du quartier bruxellois de Molenbeek ». Qu'Ali Aarrass est aussi catastrophé que nous, qu'il a toujours condamné fermement tout attentat, d'où qu'il vienne, qu'il soit perpétré à Casablanca, à Madrid, à Bruxelles ou à Paris contre des hommes, femmes et enfants innocents, n'a pas d'importance. L'opération des autorités marocaines pour lier sa cause aux attentats terroristes est déjà en cours. Avec le soutien de certains politiciens belges.



Ali Aarrass, un homme innocent et torturé : un rappel des faits



Des membres de la Brigade nationale de la Police judiciaire (BNPJ) du Maroc ont torturé Ali Aarrass pendant les 10 jours de sa détention en garde à vue, en décembre 2010, c’est un fait établi et confirmé. C'est en effet à ce moment-là, et à ce moment seulement, que l'homme qui clame son innocence depuis le premier jour de son arrestation, qui a été innocenté en 2009 par Baltazar Garzon, le juge antiterroriste le plus sévère de l'Europe, a craqué et a paraphé l'acte d'accusation de la police. Ce qui va servir comme unique preuve pendant tout le procès Ali Aarrass.

Pour Human Rights Watch (HRW), il s'agit là d'une méthode systématique que l'organisation a dénoncée en 2013 dans un rapport de 137 pages sous le titre éloquent : « Tu signes ici, c’est tout : Procès injustes au Maroc fondés sur des aveux à la police ». Human Rights Watch est arrivé à cette conclusion après son analyse de « six affaires politiquement sensibles, jugées entre 2008 et 2013 ». HRW y dénonce le fait que les 84 personnes inculpées dans ces six affaires ont été condamnées sur base des aveux « extorqués sous la torture ou par d’autres méthodes illégales » ou sur base de « témoignages, sans que les témoins aient dû témoigner devant le tribunal ».
Si ce rapport sur les méthodes « antiterroristes » marocaines ne suffit pas, prenez n'importe quel document sur Guantanamo. Vous y verrez que le Maroc a servi de base de transfert et de torture de détenus, sur la route de l'Afghanistan ou du Pakistan vers Guantanamo.
Les faits de torture d'Ali Aarrass ont été confirmés tout d'abord par Juan Mendez, rapporteur de l'ONU sur la torture, dans son rapport sur Ali Aarrass en septembre 2012. Ensuite, en septembre 2013, par le Comité de l'ONU contre la détention arbitraire, qui demandait sa libération immédiate.
En mai 2014, un autre Comité de l'ONU, le Comité contre la torture, a condamné la Maroc pour avoir violé la règle absolue de l'interdiction de la torture, pour ne pas avoir mené une enquête sérieuse sur sa torture, et pour avoir condamné Ali Aarrass sur base de preuves tronquées. Le Comité a exigé une enquête impartiale et approfondie, incluant un examen médical conforme aux standards internationaux.
En août 2014, le Comité des droits de l’homme des Nations unies condamne l'Espagne pour avoir extradé Ali Aarrass au Maroc alors qu’il existait un risque sérieux de torture, comme le même comité l’avait signalé en extrême urgence quatre ans auparavant. Le Comité impose à l’Espagne d'offrir une compensation adéquate à Ali Aarrass pour les souffrances encourues et d'assurer un suivi efficace quant au traitement d'Ali Aarrass.
En février 2014, puis en appel en septembre 2014, la Belgique est condamnée par deux Cours de justice belges à « requérir de l’État du Maroc de permettre aux autorités consulaires au Maroc de rendre hebdomadairement visite à Ali Aarrass pendant une période de six mois », et à payer « une astreinte de 100 euros par jour de retard si elle n'adresse pas cette demande dans le mois de la signification de l'arrêt », si elle ne réagit pas à l'urgence signalée par la Cour de Bruxelles. Pour la Cour, « des indications sérieuses tendent à démontrer que l'intimé (Ali Aarrass) a subi des traitements inhumains et dégradants dans les prisons marocaines afin de lui arracher des aveux. » La Cour critique « le silence persistant conservé par les autorités marocaines aux demandes d'information », « la manière dont elles tendent à minimiser les plaintes de l'intimé ». Pour la Cour, il est clair qu' « Ali Aarrass subit encore à ce jour des atteintes graves à son intégrité physique et à son intégrité morale.. » 


En mai 2014, Ali Aarrass devient une des cinq personnes emblématiques de la campagne mondiale contre la torture d'Amnesty international.
En octobre 2015, le Comité Free Ali, la Ligue des Droits de l'Homme et le MRAX rendent publique une video d'Ali Aarrass faite à la prison de Salé II. La vidéo a été réalisée suite aux maltraitances qu'Ali a subies après son témoignage à Juan Mendez en 2012. Elle constitue une preuve – cette fois visible -, qui s'ajoute au dossier accablant sur ses tortures.


Le silence assourdissant du Maroc

Comme le constate la Cour de Bruxelles, le silence des autorités marocaines a été leur principale réponse. Silence quant à la demande, datant de 2012, de recevoir un oui ou un non pour un procès en cassation. A la demande, datant de septembre 2014, d'obtenir la permission d'une visite consulaire belge à Ali Aarrass. A la demande de faire un examen sur la torture d'Ali Aarrass conforme aux règles établies par le Protocole d'Istanbul. A la demande des Comités onusiens pour la mise en liberté immédiate d'Ali Aarrass.

Si les autorités marocaines ne donnent aucune des réponses qu’on attend d’elles, elles se lancent par contre dans des articles incendiaires dans la presse du régime, aidées par des rédacteurs complices. Par la voie de la MAP (Maghreb arabe presse), ou en publiant sur les sites de 360.ma, Opinion et autres. Les tortionnaires - qui portent la responsabilité du drame Ali Aarrass pour lequel ils devront rendre des comptes tôt ou tard -, s'y déchaînent tout en aggravant leur cas.

Guilty by association - coupable par association : Ali Aarrass et Charlie Hebdo
J'ai assisté à toutes les audiences du procès d'Ali Aarrass, aussi bien en première instance qu'en appel. À aucun moment je n'ai vu l'accusation apporter une seule preuve matérielle de son accusation. Ni entendu un seul témoin venir témoigner pour ou contre Ali. Ni assisté à une confrontation avec ceux qui, selon l'accusation, l'auraient accusé de faire partie d'un complot terroriste.
Toutes ces demandes de la défense ont été rejetées. La seule et unique « preuve » présentée au tribunal étant l'accusation de la police, paraphée par Ali Aarrass, rédigée en arabe, langue qu'Ali Aarrass ne maîtrise pas. Les tortionnaires savent que la base de condamnation d'Ali Aarrass est à ce point inexistante qu'il ne leur reste que le déni systématique et son association à des affaires terroristes qui font trembler l'Europe.

Ainsi, le 24 janvier 2015, après les attentats à Paris contre Charlie Hebdo, un certain Abdelkader El-Aine publie un article dans le 360.ma sous le titre : « Attentats de Paris : la piste des réseaux d'Ali Aarrass ». Avec comme sous-titre : « Les armes ayant servi aux attentats de Paris pourraient avoir été fournies par des réseaux proches d'Ali Aarrass, détenu au Maroc depuis 2010 ». « Pourraient avoir été fournies »... Preuve apportée par ce journaliste du Makhzen ? Aucune. Il lui suffit de suggérer des liens. Pour faire taire les critiques et les condamnations, il lui suffit de semer la peur et le doute en liant Ali Aarrass aux attaques contre Charlie Hebdo, un magazine dont Ali Aarrass n'a probablement jamais entendu parler dans sa cellule marocaine. Voyez-vous, écrit le journaliste, comme certaines armes utilisées par les auteurs des attentats contre Charlie Hebo proviendraient de la Belgique, le lien avec l'affaire du Belge Ali Aarrass n'est-il pas évident ? Puisque lui aussi est accusé d'être le responsable logistique d'un trafic d'armes ? Ce que ce journaliste ne réalise pas, c'est qu'en nous proposant sa conception délirante de justice et de droit, il met à nu l'inexistence d'un état de droit marocain.



Guilty by association - coupable par association : Ali Aarrass et ISIS
Ce qui est particulièrement inquiétant, c'est que Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, se prête au même jeu honteux que le Makhzen marocain. Ainsi, dans l'émission de la RTBF (« Jeudi en Prime », 5 novembre 2015), pour se justifier de sa non-intervention pour un concitoyen torturé au Maroc, Reynders appelle à la prudence et s'oppose à la demande de libération en suggérant un lien entre Ali Aarrass et l'Etat islamique en Syrie. Cela n'a pas échappé au MAP et au 360.ma qui ont sauté sur cette occasion dans un article publié le jour même des attentats à Paris sous le titre : « Le cas Ali Aarrass : halte aux surenchères politiques! ». En voici un large extrait : « Côté belge, une récente réaction médiatique inédite du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, visiblement lassé d'être interpellé pour une affaire qui prend son cours normal par la justice marocaine et les autorités compétentes, est venue tirer les choses au clair. Au journaliste qui l'interrogeait sur le sujet il a répondu : "J'ai entendu des abominations (...). Quand on ne connaît pas le dossier, il ne faut pas s'exprimer. C'est un dossier lié au terrorisme (...). Dans le cadre de mes responsabilités, j'ai interrogé les services de renseignements belges qui me disent que depuis le début des années 2000, il est suivi pour ce genre de faits". L'article continue : "Et Reynders de souligner que s'il y a un doute à ce sujet, il y a des procédures au Maroc. Dans le climat que nous vivons, a encore dit Reynders, je viens de réunir à Bruxelles, la coalition de lutte en Irak et en Syrie contre le terrorisme et le djihadisme, il faut être prudent. Pour lui, on peut demander des conditions de traitement correctes, à mettre fin à une grève de la faim pour réintégrer la prison dans de bonnes conditions, mais dire qu'il faut le libérer, je n'irais pas jusque-là. Ce sont des propos d'autant plus sages et circonspects que la justice marocaine est plus que jamais souveraine. Le ministre belge a également confirmé qu’Ali Aarrass bénéficie de ses droits aux visites, notamment de membres de sa famille, du CNDH et des services consulaires belges. Ceux qui avaient suivi les péripéties du procès du réseau Belliraj se souviennent bien d’Ali Aarrass, le libraire du quartier bruxellois Molenbeek".
Fin de citation.

Reynders, qui a toujours affirmé que le dossier Ali Aarrass était une affaire exclusivement marocaine, qui ne concernait en rien la Belgique, lance une véritable bombe. Pour suggérer la culpabilité d'Ali Aarrass. Reynders déclare à la télévision nationale, déclaration reprise par la presse marocaine : « Les services secrets belges suivent Ali Aarrass pour des affaires de terrorisme depuis 2000 » ! Fait, jusqu'à présent inconnu de la défense. Fait inconnu de son prédécesseur Van Ackere, de De Clercq ou Turtelboom, les ministres de la Justice belge pourtant maintes fois sollicités dans ce dossier. Fait jamais mentionné depuis le début du dossier en 2008. Cette affirmation mérite une interpellation parlementaire.
 Trois remarques à ce propos. D'abord, l’information est invérifiable, puisqu'il s'agit sans doute d'informations secrètes, dont on a l'habitude dans les dossiers antiterroristes. Deux. Reynders ne mentionne pas le résultat de ce « suivi ». Ali Aarrass étant toujours en possession d'un casier judiciaire vierge, quel en a été le résultat ? Trois. Reynders est-il en train de dire que les services secrets belges étaient directement impliqués dans l'arrestation d'Ali Aarrass ? Dans ce cas, tout ce dossier prendrait un autre tournant, mettant à mal toutes les déclarations de non-ingérence de la Belgique dans ce dossier.

Pour suggérer la culpabilité d'Ali Aarrass, Reynders parle de la réunion de la coalition contre l’État islamique et Daesch en Syrie et en Irak, toutefois sans donner aucune information ou preuve sur l’implication d’Ali. Un procédé pervers à la marocaine où on voit que certains politiciens ne reculent devant rien quand ils sont, comme Reynders, acculés à la défensive. Quant à « la prudence » à laquelle appelle Reynders, ce sont plutôt le Maroc et la Belgique qui auraient intérêt à l'être. Au procès des recruteurs de jeunes pour la Syrie actuellement en cours à Bruxelles, le nom d'un informateur/infiltrant de nationalité marocaine, disposant d'une carte de presse marocaine, travaillant pour les services secrets belges et espagnols, vient d'être cité comme étant un des principaux recruteurs de jeunes envoyés au combat en Syrie. Une affaire à suivre.



Après le 13 novembre : Ali Aarrass, le Molenbeekois ?

Plus généralement, que peut-on encore attendre des autorités marocaines et belges qui, face aux piles de rapports nationaux et internationaux condamnant la Maroc dans l'affaire Ali Aarrass, continuent à réfuter l'irréfutable ?

 Après les attentats du 13 novembre à Paris, nous pouvons nous attendre avec certitude à de nouveaux articles du même genre. Cette fois liant Ali Aarrass à Molenbeek où il a été libraire. Le climat actuel s'y prête. Dans la répression qui s'abat en France et à Bruxelles, on ne parle plus d'individus. On met toutes les « affaires » d'aujourd'hui et du passé dans le même sac terroriste, sans distinction, sans contexte, sans histoire, sans se soucier de l'innocence ou de la culpabilité. Aujourd'hui, nous assistons à la stigmatisation de toute une commune, Molenbeek, une des plus pauvres de Belgique, peuplée d'une communauté issue majoritairement de l'immigration marocaine, comme étant le nid des terroristes.

La piste est très glissante et dangereuse. Non seulement pour la cause d'Ali Aarrass et celle de tous les autres détenus politiques au Maroc. Mais, de plus en plus, pour une communauté tout entière. Une situation qui rappelle l'internement de la population catholique en 1971 pendant la guerre contre les Britanniques en Irlande du Nord. Ou l'internement des Américains d'origine japonaise pendant la deuxième guerre mondiale. Jusqu'où ira-t-on ? Ce qui est certain, c'est qu’à partir de 2016 la police marocaine apparaîtra dans les rues de Molenbeek. Ce qui est certain, c'est que tous les habitants de Molenbeek devront dorénavant faire attention. Non seulement en Belgique, mais surtout au Maroc. Parce que, pour le Makhzen et les tortionnaires de la BNPJ, ils viennent d'une commune qui héberge des terroristes. Et au Maroc, vous l'avez compris, ça suffira comme preuve.


Mais la criminalisation d'une commune et d'une communauté entière aura aussi comme conséquence que plus de personnes se joindront à la défense d'Ali Aarrass. « Ali Aarrass est un héros », a dit le député bruxellois socialiste Jamal Ikazban à la soirée d'Amnesty international à l'ULB à Bruxelles.

Oui, Ali Aarrass deviendra de plus en plus le symbole de la lutte pour les droits égaux des citoyens de seconde zone dans ce pays.
Il deviendra le symbole de la lutte contre l'étoile jaune des temps modernes : contre l'étiquette de terroriste collée injustement à ces milliers de familles, hommes, femmes et enfants, vivant à Molenbeek et ailleurs.