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mardi 19 janvier 2016

Alkarama appelle l'ONU à inviter les autorités marocaines à libérer Abdelkader Belliraj, condamné à vie sur la seule base d'aveux obtenus sous la torture



  par

  SOURCE 
Abdelkader Belliraj dhnet.be
18 janvier 2016
Le 4 janvier 2016, Alkarama a saisi le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire (GTDA) des Nations Unies du cas d'Abdelkader Belliraj, un citoyen belgo-marocain de 59 ans condamné par les autorités marocaines à la prison à perpétuité en 2009 sur la seule base de ses confessions obtenues sous la torture − raison pour laquelle il avait bénéficié d'un non-lieu en Belgique en Octobre 2013. En saisissant le GTDA pour une seconde fois, Alkarama espère que ce mécanisme onusien de protection des droits de l'homme constate le caractère arbitraire de la privation de liberté de la victime qui dure depuis huit ans, et invite les autorités marocaines à prendre les mesures nécessaires pour le libérer.


Arrestation arbitraire, détention secrète et torture
Arrêté à Marrakech le 18 janvier 2008 par des agents en civil sans mandat de justice qui ont refusé de lui notifier les raisons de son arrestation, Belliraj a été détenu au secret pendant 28 jours, période durant laquelle il a non seulement été soustrait à la protection de la loi, mais aussi été soumis à de graves tortures dont il porte encore les séquelles aujourd'hui. Entre autres, comme il a témoigné au cours de son procès, Belliraj a été violemment battu sur toutes les parties de son corps, suspendu durant de longues périodes, privé de nourriture et placé en isolement dans une cellule minuscule. Ce n'est qu'au terme de ce mois de supplice qu'il a accepté de signer, sans même être autorisé à en prendre connaissance, des procès verbaux de police contenant ses « aveux ». D'autres accusés dans le cadre de cette affaire, tels qu'Abderrahim Abourkha et Ali Aarrass ont témoigné avoir été victimes du même mode opératoire.

Accusé d'être à la tête d'un réseau terroriste composé d'opposants politiques et de journalistes

Selon la version officielle des autorités, ce n'est pourtant que le 16 février 2008 − soit après avoir signé ses « confessions » − que Belliraj aurait été arrêtée à l'aéroport de Casablanca et transférée dans les locaux de la police judiciaire, alors que son épouse et ses proches avaient signalé sa disparition à la police dès le 18 janvier et le recherchaient depuis dans tous les hôpitaux de la région. Quatre jours plus tard, le 20 février 2008, le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa annonçait dans une conférence de presse le démantèlement d'un réseau terroriste d'une trentaine de personne, désignant Belliraj comme le chef de ce prétendu réseau composé aussi bien d'islamistes que de militants du parti socialiste ou même de journalistes connus, tous sans liens particuliers entre eux ou avec Belliraj.

De graves irrégularités de procédure

À l'issue d'un procès particulièrement médiatisé qui s'est ouvert à Rabat le 16 octobre 2008, les membres dudit « réseau Belliraj » ont tous été condamnés le 29 juillet 2009 à des peines allant d'une année de prison à la perpétuité pour le principal accusé, détenu aujourd'hui à la prison de Toulal près de Meknès. De graves irrégularités de procédure avaient été dénoncées par la défense et constatées par les nombreux observateurs sans qu'elles ne soient prises en considération par le tribunal.

Parmi ces graves irrégularités, outre le fait qu'aucune enquête n'ait été ouverte sur les allégations de torture, le tribunal n'a pas pris en compte non plus les manquements entourant les arrestations, la détention, et la production des dépositions de police. Entre autres, les dates d'arrestations avaient été modifiées pour les personnes qui, comme Belliraj, ont été arrêtées bien avant la date figurant dans le procès verbal de police; et certains prévenus ont également affirmé au cours du procès que le contenu des procès verbaux présentés ne correspondait pas à leurs déclarations initiales.

Non-lieu en Belgique sur la base de preuves irrecevables


Après sa condamnation au Maroc, Belliraj a également fait l'objet de poursuites pénales en Belgique où il vivait avec sa famille, sur la base des aveux par lesquels il reconnaissait des crimes commis en Belgique. Cependant, ayant ordonné une enquête sur les conditions d'obtention de ces aveux au Maroc, le Parquet fédéral belge a requis un non-lieu le 25 octobre 2013 au motif qu'ils avaient été obtenus sous la torture et qu'ils étaient par conséquent inutilisables devant une juridiction belge.

"Un dossier politique par excellence"


Selon la femme de Belliraj, la raison derrière l'arrestation de son mari est essentiellement politique. Belliraj aurait ainsi été arrêté ainsi que d'autres membres du Parti Al Badil Al Hadari − ou Parti de l'alternative civilisationnelle, un ancien parti politique marocain d'idéologie islamiste créé en 2002 et dissous par les autorités le 20 février 2008 à la suite de l'affaire Belliraj − qu'il aurait rencontré dans les années 2000.

« Ce dossier aurait du porter le nom de 'L'Affaire du Parti Al Badil al Hadari" vu son aspect politique par essence. Les principaux dirigeants du parti condamnés dans ce même dossier en première instance et en appel à de lourdes peines (15-28 années de prison ferme) se sont retrouvés libérés au bout de deux ans de détention. Mon mari et 17 autres y sont toujours », explique-t-elle avant de continuer:

« Ajoutez à ça les innombrables exactions et vices de procédures qui ont accompagné ce dossier depuis le début, à commencer par l'enlèvement en rue, la séquestration et la torture qui a duré un mois, les procès verbaux signés cagoulés et sous la contrainte, et leur diffusion aux médias avant même qu'il ne soit transmis devant un juge... Même l'instruction belge, qui a duré plus de cinq ans, a abouti sur un non-lieu, en tenant aussi compte du fait que l'avocat belge de mon mari n'a jamais pu avoir accès à lui durant ces huit ans de détention, malgré maintes tentatives et plusieurs déplacements au Maroc. Voilà pourquoi je dis que c'est un dossier politique par excellence et que la solution ne peut être que politique ».

Et derrière ce procès politique se cache la souffrance des familles des détenus de ce dossier. « Toute cette mascarade et tout ce gâchis masque une misère humaine effroyable des familles des détenus de ce dossier, dont les épouses et enfants se sont retrouvés dans un désarroi total du jour au lendemain, et ce depuis huit longues années dans une attente interminable ».

Au vu des violations évidentes des articles 9 et 14 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) − qui garantissent respectivement le droit de ne être arrêté ou détenu arbitrairement ainsi que le droit à un procès équitable − Alkarama a de nouveau sollicité le Groupe de travail sur la détention arbitraire (GTDA) pour qu'il appelle le Maroc à prendre toutes les mesures nécessaires pour remédier à cette situation en libérant Abdelkader Belliraj et en lui accordant une réparation adéquate.

Pour plus d'informations ou une interview, veuillez contacter l'équipe média à media@alkarama.org (Dir: +41 22 734 10 08).

samedi 26 décembre 2015

"Les droits de Abdelkader Belliraj et Ali Aarrass ont été totalement respectés".., si vous le dites..



(photo de l'article dans Le Vif)
Après les louanges du monde politique belge pour "l'efficacité" des services antiterroristes marocains, il y a les médias qui se joignent à la chorale.
Comme en témoigne l'article de Marie-Cécile Royen dans le Vif L'express de cette semaine (18-24 décembre 2015). 
 
Marie-Cécile a fait le déplacement au Maroc et a pu entrer dans le cœur même de l'appareil de répression marocain, en faisant "un reportage et interview exclusifs" de responsables de ces services. Cet appareil de répression impressionnant s'est constitué pendant cette dernière décennie comme un état au sein de l'État.
Dans son article on apprend entre autres que "le Maroc est là pour aider les autorités belges à mettre en place une véritable politique de déradicalisation...". Que le Maroc a réussi à démanteler "rien qu'en 2015, une vingtaine de cellules terroristes.."
Que toute la communauté marocaine à l'étranger est "suivie par la Dgèt, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) dans non moins qu'une cinquantaine de pays; un service 'offensif', qui pratique la collecte de renseignements, à l'étranger, parfois aussi au Maroc.."
Que "les services marocains sont performants. Du côté belge, certains les comparent à la CIA et au Mossad, soulignant la sophistication de leurs labos et leur système d'espionnage des télécommunications.."

samedi 7 février 2015

Fouille violente à la prison d’Oujda : quatrième jour de grève de la faim des détenus restants dans l’affaire Belliraj !



Détenus en grève de la faim : Bekhti Abdelatif numéro d'écrou 86612,  El Bay Jamal numéro d'écrou 86611, Chegannou Abdelhali numéro d'écrou 86613
Mardi 3 février 2015 à 3h du matin, le Directeur régional, le Directeur de la prison d’Oujda ainsi que 50 gardiens ont surgi avec force dans la cellule de 3 des détenus restant dans l’affaire Belliraj et dans celle des 9 détenus salafistes. Lors de cette fouille inhabituelle et brutale des cellules de ces prisonniers, ils ont fait un usage excessif de la violence physique et psychologique sur ces détenus politiques :
  • Tout a été mis sens dessus dessous, les cellules ont été saccagées, tout a été jeté par terre : les livres, les ustensiles, les produits ;
  • Les détenus dorment par terre par ce temps froid suite au retrait des lits ;
  • Beaucoup de pression morale sur les détenus ;
  • Des insultes, des bousculades ;
  • Plus d’eau chaude ; pas de réchaud
  • Le temps de visite est écourté à 15 minutes…

Un des détenus âgé de 60 ans a fait un malaise, a perdu connaissance suite à cet indicent. Il a été emmené à l’hôpital Farabi à Oujda, il a réintégré la prison le lendemain. Un autre détenu a été blessé à la tête.
Ces détenus dans affaire Belliraj ont mené un long et difficile combat pour avoir des droits, d’être considérés comme des détenus politiques. Avec cette action policière, les conditions de détention se sont détériorées, il y a un véritable recul dans les acquis et les droits de ces détenus.
Les 3 des détenus restant dans l’affaire Belliraj ainsi que 9 autres détenus salafistes ont entamé une grève de la faim depuis mardi 3 février 2015 en guise de protestation contre cette situation difficile qu’ils endurent et le recul de leurs conditions de détention.
La situation est préoccupante c’est pour cela que les détenus et leurs proches attirent l’attention sur leur situation et demandent notre aide.
Ils appellent au soutien des ONG pour les droits de l'homme pour que leurs conditions de détention reviennent à la normale et qu’elles ne s’aggravent.
Les détenus de l’affaire Belliraj se battent depuis leur détention en 2008 pour faire reconnaître leur innocence et réclament une issue juste à leur dossier.
Nous les familles réitérons notre appel pour que nos proches soient enfin libérés !

La famille Bekhti et le Comité des familles des détenus européens au Maroc.


 http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/2015/02/fouille-violente-la-prison-doujda.html

mercredi 1 octobre 2014

Malika Bekhti, Rachida Belliraj et Farida Aarrass lancent un appel pour les trois détenus en grève de la faim.

Trois des détenus restant dans l’affaire Belliraj en sont à leur 20ième jour de grève de la faim !


Urgent ! SOUTENONS ces hommes qui réclament une issue juste à leur dossier
Bekhti Abdelatif numéro d'écrou 86612,  El Bay Jamal numéro d'écrou 86611, Chegannou Abdelhali numéro d'écrou 86613

Ces trois hommes sont à leur 20ième jour de la grève de la faim pour protester contre leur condamnation obtenue dans un procès inéquitable et pour trouver une issue à leur dossier.
Déclarations obtenues sous la torture, vices de forme, absence de preuve, voilà bien quelques fondements de cette affaire « Belliraj ». Tous ces détenus ont eu un procès inique et inéquitable  a été reconnu comme tel et dénoncé par les instances de défense des Droits de l'homme tant nationales qu'internationales.
Dans son rapport de juin 2013, Human Right Watch a demandé la libération de tous les détenus restant dans le procès Belliraj. 
 http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/2013/11/huit-organisations-internationales-pour.html

Le 11 novembre 2013, à l'occasion de la candidature du Maroc au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, des responsables de 8 organisations internationales pour la défense des droits de l'homme, publient une lettre conjointe au premier ministre Benikrane, lui demandant notamment la libération des 17 détenus restants dans le procès Belliraj.
 En avril 2013, dans un article de journal marocain, le secrétaire du CNDH, Monsieur Essabar, a stipulé que "des erreurs graves" ont été commises dans le dossier Belliraj. Il a dénoncé la manière avec laquelle la presse avait gonflé l'affaire et comment les organisations humanitaires se sont ruées dans la défense des six politiciens, en délaissant les autres détenus.
http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/2014/04/mohamed-essabbar-cndh-reconnait-des.html

Une lueur d’espoir a traversé ce procès, le 11 avril 2011, avec la libération des 5 hommes politiques : « les chefs de ce réseau Belliraj ». Suite à cet événement, de multiples rencontres avec les détenus ont eu lieu, tant au niveau du CNDH, des politiques que des associations au Maroc. Il en est sorti des promesses pour clôturer ce dossier et pour libérer tous les détenus restants de ce dossier. Cela fait bientôt 4 ans que ces promesses on été faites  mais malheureusement rien n’a été concrétisé... On attend toujours leur libération
Malgré des grèves de la faim en signe de protestation, malgré de nombreuses actions des détenus pour faire reconnaître leur innocence et l’erreur judiciaire à leur égard :
En dépit des réclamations des ONG (Human Right Watch, AMDH...) pour leur libération :
Malgré les différentes promesses faites suite à diverses négociations depuis déjà quatre ans :

les autorités marocaines n'ont pas réexaminé ce dossier épineux ni encore trouvé une issue à ce calvaire que vivent nos proches.

Nous, les familles exhortons les autorités marocaines d’enfin trouver une solution, une issue positive à ce calvaire que vivent nos proches, nos enfants  depuis maintenant presque sept ans. Il est grand temps pour que des négociations soient entreprises réellement tant avec les détenus, les responsables que les ONG  pour résoudre cette injustice
Nous lançons un cri d’alarme, un appel aux ONG pour nous soutenir et nous aider à réclamer un dénouement pour le reste des détenus incarcérés dans l’affaire Belliraj.
Nous vous exhortons à mettre tout en œuvre pour qu’une issue soit trouvée à ce dossier pour qu’enfin on mette fin à notre souffrance et qu’ils recouvrent enfin la liberté tant espérée.

Pour les familles des détenus européens au Maroc,
Malika Bekhti, Rachida Belliraj, Farida Aarrass
Contact Luk Vervaet

samedi 30 mars 2013

Intervention de Sihem Abbas et Abdel El Haji de l'AMDH Belgique

 

Prisonniers européens au Maroc
Mes Dames, Messieurs les parlementaires
Mes dames Messieurs les journalistes
Mes Dames, Messieurs,

Nous tenons, au nom de la section de l’Association marocaine des Droits Humains de Belgique, à nous associer aux différents organisateurs, ainsi que tous les défenseurs des doits humains à vous remercier pour votre présence et à l’intérêt que vous portez aux causes des droits humains et que vous apporteriez certainement à celles des prisonniers politiques en général et particulièrement à ceux qui sont issus de notre Belgique. C’est un instant privilégié de partage, de dialogue et de connivence autour d’un sujet universel qui occupe une place centrale au sein d’une humanité qui a hissé sa conscience en ce jour du 10 décembre 1948, pour tracer le rêve d’exister et de prospérer en paix.
Je veux parler de la « Déclaration universelle des droits de l’homme ». Ce fut juste après la seconde guerre mondiale et ses horreurs. Dès le préambule de cette Déclaration, on parle de « tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables ». Et on souligne avec une immense préoccupation : « que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme ».
A l’aube des révolutions qui se passent sous nos yeux, du Maghreb à l’Orient, de nombreuses voix se sont levées pour réclamer plus de démocratie, plus de dignité et revendiquer une vie meilleure et digne. Au lieu de les accueillir avec tous le respect qui se doit, cependant, de nombreux régimes en place ont réprimé, emprisonné et torturer tous ceux qui ont osé tenir tête à leur tyrannie. Les gouvernements en place ont raté un rendez-vous avec l’histoire pour mettre un terme à l’heure système totalitaire et réformer comme le demande leurs peuples, leurs systèmes de gouvernance archaïques.
Le Maroc malheureusement n’a pas échappé à cette démarche. Depuis le début du soulèvement et des contestations pacifiques et civilisées pour le moment, du peuple marocain sous l’égide du Mvt20Fev, le régime en place a essayé de mener une réforme qui se veut révolutionnaire par les dires des gouvernements et leurs médias pour fausser l’image qu’il essaye de refléter au monde entier.
Tous les rapports des ONG et Organisation nationales et internationales s’accordent,indéniablement, qu’il y a un recul des droits de l’Homme au Maroc durant ces dix dernières années.
En dépit de l’Instance Equité et Réconciliation et de ses recommandations, restées d’ailleurs inappliquées, une chape de plomb savamment orchestrée empêche l’instauration d’un véritable Etat de Droit au Maroc. Nombre de litiges, à ce sujet, voient le jour sans discontinuer. Le point culminant de ces violations, les plus récentes, on l’a vu, entre autres, dans la descente punitive sur Taza ! Cette incursion répressive ressemble goutte pour goutte à l’offensive des forces de police sur plusieurs villes et particulièrement la ville d’Ifni en juin 2008 : tabassage ; torture; arrestations ; portes des maisons défoncées ; biens mobiliers saccagés ; attouchements et langage ordurier envers les femmes. A Taza, même le Hammam et l’intimité des femmes n’ont pas été épargnés par les Forces de la Sécurité!


Les arrestations arbitraires sont le lot quotidien au sein des étudiants et le Mouvement du 20 février. Les autorités se refusent à venir en aide à personne en danger, lorsqu’il s’agit de ces jeunes en prison pour délit d’opinion, en grève de la faim, menaçant leur vie. 
 
La torture au Maroc ne s’arrête pas. Une liste de témoignages reste à disposition au bureau central de notre Association. Aux martyrs tombés sous des coups meurtriers, durant l’année des protestations du Mouvement du 20 février, s’ajoute le décès sous la torture d’un homme El Asri Cherkaoui âgé de 26 ans, au cours d’une garde-à-vue à Témara, le 6 février 2012, Les 5 jeunes trouvés calcinés à El Houceima en 2012, l’immolation de plusieurs citoyens et le décès récemment de plusieurs jeunes étudiants dont le dernier à l’Université de Fès suite à l’intervention des forces de répression…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces agissements condamnables et condamnés, relèvent des caractéristiques d’un Etat-de-Non-Droit, et que le dossier des violations des Droits Humains au Maroc, n’a jamais été clos. L’impunité sur tous les plans règne inlassablement et de manière scandaleuse. Les tortionnaires et les assassins durant les années de plomb, occupent encore les hauts rangs de l’Etat. Et le système perdure sur les ruines de graves contentieux des violations des droits de l’Homme.

  Quant aux Marocains Résidents à l’Etranger, ils ne voient ni leurs droits ni leurs rapports s’améliorer avec les autorités consulaires et l’Etat de leur pays d’origine. Marginalisés de la participation à la politique de leur pays, les MRE ne sont traités que comme une vache à traire. Leurs droits à la citoyenneté bafoués, ils s’exposent constamment à la maltraitance aux frontières douanières lors des vacances d’été.

Aujourd’hui l’immigration clandestine des jeunes mineurs marocains suscite l’indignation de la communauté des MRE et l’ensemble des Organisations des droits de l’Homme. De nombreux jeunes de ces clandestins décèdent dans des conditions lamentables au large des frontières maroco-européennes, alors que les autorités marocaines semblent indifférentes à ce drame qui relève du droit à la vie digne et à la justice sociale.

Nous exhortons les institutions européennes, vous les représentants de la population et le gouvernement belge de faire pression sur l’Etat marocain pour respecter ses engagements, et les chartes universelles des Droits de l’Homme. Ses violations empêchent résolument le Maroc de faire partie des pays prospères et moderne.

Le dossier de la détention politique : Cette année a connu la libération de quelques détenus politiques et détenus d’opinion parmi lesquels l’activiste des droits humains Seddik Kabbouri et ses compagnons et des membres de la Salafiyya dans le cadre de la libération d’un groupe de détenus d’opinions graciés après l’investiture du Gouvernement actuel. Cette libération est le résultat du fait que les détenus ont tenu bon et ont mené des luttes au sein de la prison et aussi grâce au soutien national et international de nombreuses instances démocratiques au sein du pays et à l’étranger.

Cependant, plusieurs détenus politiques belges n’ont toujours pas été libérés et demeurent ainsi ignorés par notre gouvernement au point qu’ils n’ont jamais fait l’objet d’aucunes interventions ou interpellation lors des nombreuses visites de nos ministres au Maroc. Les cas d’Ali AARRASS, Abdelkader BELLIEREJ, Abdellatif BEKHTI, Hicham BOUHALI, Mohamed R’HA, Ahmed ZEMOURI, Mohamed YOUKHRI, AMELOUT et les autres, qui sont des détenus belges qui ont été kidnappés, extradés et torturés aux Maroc nous préoccupent plus que jamais.

 
Ces prisonniers ont été condamnés au Maroc voici bientôt plus de cinq ans, pour des faits qu’ils ne cessent de nier. Ils ont été extradés ou enlevés, de telles pratiques extrajudiciaires, condamnées par toutes les chartes internationales des Droits de l’Homme, les soumettant aux affres de la torture pour leur extorquer des aveux.
Ces flagrantes violations des droits humains ont été insidieusement « légitimées » par « la loi anti-terroriste » qui a ouvert toutes grandes les portes à des arrestations massives et à des règlements de compte avec l’opposition et la contestation. C’est ainsi que la fabrication de ce que les autorités judiciaires et les médias du Maroc ont qualifié de «différents réseaux», n’a été qu’une parodie de justice.
Selon les observateurs et l’AMDH qui ont suivi les différents procès de ces prisonniers, « l’absence de toutes les garanties et conditions d’un procès équitable », était bel et bien criante.
Un journaliste marocain Khalil Hachimi Idrissi, ni islamiste ni de gauche, notait dans le journal « Aujourd’hui le Maroc », qu'« il persiste, tout de même, comme un sentiment diffus de scepticisme, voire de doute », et d’ajouter que « Plus personne ne comprend que dalle » dans ces affaires qui sont montées de toute pièce.
Roland Planchar, journaliste dans La Libre Belgique et spécialiste des affaires de terrorisme, note qu’« au Maroc, les griefs sont sévères et précis. Mais plusieurs raisons font douter de la solidité du dossier "Belliraj" ».


Alors que le rapport 2008 de la Sûreté de l’Etat belge conclue clairement que « Les éléments avancés par le Maroc n’ont donc pas permis de démontrer de manière indiscutable l’existence d’un réseau et l’implication de celui-ci dans six meurtres en Belgique », dans le cas du dossier de BELLIRAJ
Ces prisonniers, de nationalité belge, sont donc victimes d’un douteux déni de justice. Tous leurs droits de citoyen ont été gravement bafoués.
Lors de son passage d’inspection au Maroc, l’émissaire de l’ONU, Juan Mendez affirme que « l’usage de la torture est systématique au Maroc pour les cas impliquant des manifestants anti-gouvernementaux et ceux qui sont accusés de terrorisme ». Ce que toutes les chancelleries occidentales et européennes savent pertinemment. Pourtant les autorités politiques belges abandonnent ses nationaux dans les griffes de l’arbitraire, sous prétextes sacrés de liens bilatéraux grandement discutables, dès lors qu’il s’agit des droits humains.
Nous demandons aux autorités politiques belges, et aux consciences vives de notre pays, la Belgique, et à vous représentants du peuple d’empêcher cette effroyable diabolisation qu’endurent ces prisonniers belges, depuis 5 ans, loin de leurs familles et d’exiger leur libération immédiate.
Libérer ces prisonniers belges, c’est opter pour la démocratie et la justice, au moment où les peuples se révoltent au Maghreb et en Orient, à la recherche d’un changement significatif où se conjuguent Etat de Droit et prospérité. C’est également empêcher l’installation de la justice à deux vitesses qui infirme « l’éthique du vivre ensemble » et qui amalgame l’immigré minorisé à toutes les fautes, et le jette en pâture comme bouc émissaire dans la souffrance et l’errance.
 Ali AARRASS, Abdelkader BELLIRAJ, Abdellatif BEKHTI, Hicham BOUHALI, Mohamed R’HA, Ahmed ZEMOURI, Mohamed YOUKHRI, et AMELOUT et les autres, sont avant tout des Êtres Humains lésés de leurs droits et diabolisés à l’extrême !

Association Marocaine des Droits Humains-Belgique.
Merci pour votre attention.
Publié il y a par
http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/2013/03/intervention-de-sihem-abbas-et-abdel-el.html

mercredi 27 mars 2013

Jusqu'à 10 ans de prison ferme dans l'affaire Belliraj.

Par le 2 Minutes, 27/3/2013

Justice.
  La chambre criminelle (1er degré) chargée des affaires de terrorisme près l'annexe de la Cour d'appel à Salé a prononcé, après cassation du jugement en appel, des peines allant de 1 an de prison avec sursis à 10 ans de prison ferme à l'encontre de 5 personnes poursuivies dans l'affaire  du "réseau Belliraj", et prononcé 1 seul acquittement. 
La cour a ainsi confirmé le jugement rendu en appel condamnant Abderrahim Nadi à 10 ans de prison ferme, ainsi que les peines prononcées à l'encontre de 3 accusés, condamnés respectivement à 3 ans, 2 ans de prison ferme et 1 an avec sursis. La cour a également acquitté un pharmacien, condamné en appel à 3 ans de prison ferme, en ordonnant de lui restituer ses biens.
 Pour rappel, les mis en cause sont poursuivis pour "non dénonciation d'un crime et dissimulation de biens obtenus suite à un crime pour financer des actes terroristes".
Le 2 Minutes