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samedi 11 mars 2017

Sahara : Vers un retrait «imminent» des milices du Polisario de Guerguerate


Politique Publié Le 10/03/2017
 

D’après une source au Sahara, le retrait des milices du Polisario de Guerguerate serait «imminent». Un geste, explique-t-elle, de la direction du Front en direction de la Mauritanie, pays gravement affecté par la crise qui prévaut dans la zone tampon.
Ce possible retrait, s’il est confirmé, donnerait alors du crédit aux nouvelles faisant état d’une médiation du président Mohamed Ould Abdel Aziz en vue d’un dénouement de la crise.
Hier, le chef d’Etat mauritanien a reçu M’Hamed Khadad, le coordinateur avec la Minurso, qui était porteur d’un message de Brahim Ghali.

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Politique Publié Le 10/03/2017 à 14h37

Sahara : Vers un retrait «imminent» des milices du Polisario de Guerguerate

D’après une source au Sahara, le retrait des milices du Polisario de Guerguerate serait «imminent». Un geste, explique-t-elle, de la direction du Front en direction de la Mauritanie, pays gravement affecté par la crise qui prévaut dans la zone tampon.
Ce possible retrait, s’il est confirmé, donnerait alors du crédit aux nouvelles faisant état d’une médiation du président Mohamed Ould Abdel Aziz en vue d’un dénouement de la crise.
Hier, le chef d’Etat mauritanien a reçu M’Hamed Khadad, le coordinateur avec la Minurso, qui était porteur d’un message de Brahim Ghali.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/51770/sahara-vers-retrait-imminent-milices.html

mercredi 17 août 2016

AFRIQUE / Le Maroc envahit une zone libérée du Sahara Occidental sous contrôle de la MINURSO

 

 AFRIQUE 
Date de publication sur Tlaxcala : 16/08/2016
Original: Marruecos invade territorio liberado del Sahara Occidental bajo control de la MINURSO
Traductions disponibles : English 

Le Maroc envahit une zone libérée du Sahara Occidental sous contrôle de la MINURSO

Western Sahara Human Rights Watch Observatorio para los Derechos Humanos en el Sahara Occidental
Edité par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي


Villa  Cisneros (Dakhla) occupée, 14 août 2016- Ce matin à 8h30, un contingent d’environ 300 militaires des forces d’occupation marocaines a lancé une offensive militaire dans la zone de Guerguerat (appelée “Kandahar” par les Marocains), sur la bande du Sahara Occidental (de 5 à 6 km de large) au nord de la péninsule de La Güera (Lagouira), frontalière de la Mauritanie.

Cette zone fait partie du territoire sahraoui libéré, située dans les première et septième régions militaires  de l’Armée de libération sahraouie, bien que le Maroc la considère comme une “zone tampon” et elle se trouve sous le contrôle de la MINURSO.
Cette grande offensive des forces militaires d’occupation marocaines représente la plus grande violation du cessez-le-feu réalisée par le régime annexionniste de Mohamed VI au Sahara Occidental, qui viole les accords militaires signés avec le Front Polisario en 1991.
Selon des très récentes informations sahraouies, en ce moment les forces militaires marocaines ont le contrôle complet de toute cette région près de La Güera. Il y a aussi des mouvements militaires du côté Mauritanie.

D’autre part, durant la semaine dernière, le commandement militaire marocain a ordonné la concentration de contingents considérables de troupes dans toute la zone d’Auserd, et depuis 3 jours un avion marocain survole la région toute la journée. Sur l’aéroport de la ville occupée d’El Ayoun, capitale du Sahara Occidental, on a constaté un mouvement intense de plusieurs aéronefs militaires, hélicoptères et chasseurs de combat.
Parallèlement, les zones militaires occupées d’Amgala et Bir-Gandoul ont été renforcées avec des troupes terrestres, des véhicules de combat et de l'artillerie lourde. Le déploiement militaire marocain incorpore aussi des experts en dispositifs sophistiqués pour la surveillance, formant une ligne de défense.
Au mois de janvier dernier, la Mauritanie a hissé son drapeau à La Güera, la ville inhabitée sahraouie dans la zone sud qui est restée aux mains de la Mauritanie en 1976, après la signature  de l'accord maroco-mauritanien du 14 avril fixant la frontière entre les deux États.

Selon des sources du renseignement mauritanien, le Maroc profitera de l’actuelle crise diplomatique entre les deux pays pour prendre le contrôle de La Güera, la localité  plus méridionale du Sahara Occidental sur la côte atlantique, à 5 km seulement de la capitale économique de la Mauritanie, Nouadhibou.





Merci à WSHRW
Source: http://www.wshrw.org/marruecos-invade-territorio-liberado-del-sahara-occidental-bajo-control-de-la-minurso/
Date de parution de l'article original: 14/08/2016
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=18662

 


Libellés: GuergueratSahara occidental occupéOccupation marocaineMauritanieMINURSO

mercredi 9 septembre 2015

Islam / Persécution... Esclavagisme en Mauritanie...


Ce jeune homme mauritanien, vient de commettre un article où il analyse le mépris et l'infériorisation des êtres humains en Islam... ce qu'il vit lui-même et sa classe appelée Harratine/Mâllmine.
Il n'a écrit que ce que les textes liturgiques musulmans, eux-mêmes, ont relaté comme inégalité et humiliation envers ceux et celles considérés comme esclaves en Islam.... Jugement d'exécution contre lui... pour un article!!!!!!!!

Signez la pétition :
http://talsou.wesign.it/fr

dimanche 12 juillet 2015

Israël expulsé du Sommet de l’Union africaine à Malabo

12 juillet 2015
















Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, au Sommet de l’UA à Malabo, en Guinée équatorial, en juin 2013 (DR)

L’information est passée inaperçue. Pourtant, l’action est historique. Après sa soudaine déclaration d’amour envers le continent africain et sa demande aux « intentions douteuses » de faire partie de l’Union africaine (UA), l’Etat d’Israël a envoyé une délégation afin de participer au Sommet de l’Union Africaine qui a eu lieu la semaine dernière, à Malabo, en Guinée équatoriale.
Mais ce passage en force n’a pas été du goût de Mohamed Ould Abdel Aziz, Président mauritanien par ailleurs président en exercice de l’UA. Il s’est opposé à la présence d’une délégation israélienne aux travaux du Sommet de l’organisation africaine. Toutes les délégations des autres pays membre de l’UA se sont également opposées à cette présence israélienne.
Les membres de la délégation de l’État sioniste, qui tenaient à y assister en tant qu’observateurs, ont été expulsés du centre de conférence où se tenaient les travaux, rapporte Maurisahel.
Des messages de félicitations aux dirigeants africains ont afflué d’Amérique latine et d’Asie dans lesquels des leaders se sont réjouit de voir l’Afrique user de sa souveraineté. Il est a rappeler que les textes régissant l’organisation de l’Union africaine sont hostiles aux pays colonisateurs. De plus, les conditions de vie dans lesquelles vit la communauté africaine en Israël ont, à plusieurs reprises, été pointées du doigt par des associations de défense des droits de l’Homme.
« Reste à ce que cette affirmation de souveraineté s’amplifie et qu’elle prenne toutes ses dimensions politiques et économiques vis-à-vis des diktats de la France, des Etats-Unis et de l’Occident », conclut Black-Feelings.com.








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samedi 12 juillet 2014

La lettre de félicitation du roi Mohammed VI ignorée par l’agence de presse officielle mauritanienne







A la Une



aziz_mohammed_VI

L’agence de presse officielle mauritanienne annonce la lettre de félicitation du président sahraoui et ignore la lettre du roi du Maroc.L’agence de presse officielle de la Mauritanie, AMI, a annoncé la lettre envoyée par le président sahraoui à son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, à l’occasion de sa victoire dans les élections présidentielles organisées samedi dans ce pays.
Selon l’agence marocaine MAP, le roi du Maroc a aussi envoyé une lettre de félicitation similaire qui a été totalement ignorée par l’agence d’information mauritanienne. Il est à rappeler que le président mauritanien a été victime d’une tentative d’assassinat en octobre 2012.
Selon l’agence de presse mauritanien Al-akhbar, se basant sur des sources diplomatiques, le Maroc se trouverait derrière cet acte criminel. En 2011, le correspondant de l’agence de presse marocaine MAP a été expulsé par le gouvernement mauritanien pour exercice de fonctions non conformes à son poste.
Le Maroc cherche à imposer à la Mauritanie son point de vue sur la question du Sahara Occidental. Nouakchott refuse jusqu’à présent de retirer sa reconnaissance de la RASD.

URL courte: http://www.pointschauds.info/fr/2014/06/25/la-lettre-de-felicitation-du-roi-mohammed-vi-ignoree-par-lagence-de-presse-officielle-mauritanienne/





A la Une

La crise entre Rabat et Nouakchott s’aggrave : La Mauritanie exige que le Maroc change son ambassadeur

AlifPost
 Lundi dernier, les autorités policières mauritaniennes de l’aéroport de Nouakchott ont soumis le président du Parti de l’union et du changement, Saleh Ould Hananena, à un contrôle policier humiliant. L’homme rentrait de Casablanca, après avoir assisté en tant qu’invité au congrès du Parti du Progrès et du Socialisme.
Cet agissement illustre l’ampleur de la dégradation des relations entre les deux pays, alors que des sources mauritaniennes attribuent cette tension au refus du Maroc de changer son ambassadeur à Nouakchott.
Déjà, en janvier dernier, la Mauritanie avait refusé d’accréditer le nouveau consul du Maroc, sans fournir à la diplomatie marocaine les explications qu’elle demandait. Cela en dit long sur la profondeur de la crise entre les deux pays, alors que par le passé, leurs relations étaient solides et prometteuses.
Dans le même temps, la Mauritanie refuse depuis deux ans de nommer un ambassadeur à Rabat. Elle a retiré tous ses diplomates et a juste gardé sur place du personnel administratif pour le fonctionnement de l’ambassade.
La tension touche maintenant les domaines du trafic aérien et de la coordination sécuritaire. Récemment la Mauritanie a poussé la provocation plus loin en recevant un émissaire du leader du Polisario comme s’il était un envoyé de la part d’un chef d’Etat.
En parallèle, le Maroc et la Mauritanie se livrent à une concurrence dans la crise Malienne en recevant tour à tour des membres du gouvernement et ceux du mouvement Azawad dans le nord. Hier mardi, des représentants du gouvernement Malien ont rencontré à Nouakchott des délégués de ces mouvements qui veulent l’indépendance du nord du Mali.
Pour sa part, tout en restant discret, le Maroc ne voit pas d’un bon œil les initiatives de la Mauritanie qui se rapprochent de plus en plus des positions de l’Algérie dans le dossier du Sahara.
La presse mauritanienne a relevé que Nouakchott a récemment décidé de ne pas utiliser le terme « le voisin du Nord » pour désigner le Maroc, mais plutôt le terme « l’Etat du Maroc» sous prétexte que le voisin du nord est la « République arabe sahraouie démocratique » proclamée unilatéralement, et que la Mauritanie a reconnue depuis les années soixante-dix .
Il est largement admis que la raison de la tension est que des diplomates et fonctionnaires Marocains ont eu des comportements qui ont été considérés par la Mauritanie comme des ingérences dans ses affaires internes. La Mauritanie avait expulsé le correspondant de l’agence de presse MAP à Nouakchott, sans fournir d’explications, alors que la presse locale a parlé de son immixtion supposée dans les affaires intérieures du pays.
Le journal numérique Zahrat Chenguit a publié en exclusivité une importante information, qu’il prétend détenir de sources officielles proches du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Selon ce journal, la Mauritanie exige, pour sortir de la crise diplomatique, que le Maroc remplace d’abord son actuel ambassadeur par un autre, et ensuite le président nommera à son tour un nouvel ambassadeur à Rabat

samedi 7 juin 2014

Mohammed VI : de commandeur des croyants à quémandeur des misérables

Diaspora Saharaui
L'info du Sahara Occidental au jour le jour, 6/6/2014


L'ONU a décidé de faire pression sur les deux parties pour mettre fin au conflit du Sahara Occidental qui dure depuis 39 ans. Le Secrétaire Général de l'ONU, s'y était engagé. Il a décidé de demander au Conseil de Sécurité une nouvelle approche en avril 2015 si d'ici là aucune avancée n'est enregistrée dans les négociations entre le Front Polisario et le Maroc.
La France, depuis l'avènement de François Hollande, était susceptible d'avoir changé son attitude envers le Maroc. 
Les Etats-Unis, en présentant une proposition pour l'élargissement des compétences de la MINURSO à la surveillance des droits de l'homme au Sahara Occidental ont signifié au Maroc qu'ils sont au bout de la patience.
 La Russie, à l'occasion de la récente visite du ministre des affaires étrangères mauritanien, ont exprimé, par la voix de Sergeï Lavrov, la nécessité de résoudre le problème du Sahara Occidental sur la base du "droit des peuples à décider indépendamment de leur sort et la nécessité de régler toutes les questions par le biais du dialogue avec la participation de toutes les parties concernées compte tenu de leurs intérêts. Cela concerne le règlement au Sahara occidental, des problèmes compliqués au Sahel-Sahara".
La position russe risque de ne pas plaire à Rabat, puisque Lavrov a exprimé son soutien à un "rôle décisif" de l'Union Africaine "dans le règlement des problèmes sur le continent" indiquant que la Russie soutient ses "amis africains dans cette voie en particulier cette année lorsque le président de la République islamique de Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz est président de l’UA". Or personne n'ignore l'état des relations du Maroc avec l'Union Africaine et avec la Mauritanie. Rabat est soupçonné d'être derrière la tentative d'assassinat du président Mohamed Ould Abdelaziz.
L'échec de la visite du souverain marocain à la Tunisie a été masquée au peuple marocain avec une prolongation de la visite, une balade du roi dans les rues de Tunisie et des contrats à contenu strictement imaginaire. Une situation d'isolement que le Makhzen veut dissimuler avec le mensonge d'une visite d'Obama à Tanger.
Ce contexte a contraint le roi Mohammed VI à s'engager personnellement pour sortir son pays de ce pétrin. Ainsi, il se rendra le 10 juin en Russie pour quémander au président Poutine un assouplissement de sa position en échange d'une carte blanche pour les bateaux de pêche dans les côtes marocaines et la création d'un axe conjoint dans le commerce des phosphates. 

mardi 4 mars 2014

MAURITANIE Les derniers négriers, ignoble tradition illégale non reconnue

  •  
    En Mauritanie, des milliers d'hommes et de femmes à la peau noire sont toujours traités comme des marchandises. Voyage au cœur de l'un des derniers pays où l'on naît esclave.
Dessin de Falco.    
Dessin de Falco.
 
Il existe un pays où des êtres humains naissent pour une seule raison : servir leurs maîtres. Comme leurs parents avant eux. Et comme leurs futurs enfants, qui leur seront arrachés en bas âge pour être donnés en héritage ou en cadeau de noces.

Chada Mint M'Beyrick a des enfants, mais n'a jamais été mère. Elle a été une machine reproductrice. Elle est née il y a trois ou quatre décennies, quelque part entre les dunes du Sahara. Dans cette vaste région désertique aux confins de la Mauritanie, du Mali, de l'Algérie et du Sahara-Occidental, les frontières sont aussi floues que l'âge des hommes. D'aussi loin qu'elle se souvienne, Chada a toujours travaillé. Petite fille, elle gardait des chèvres. Plus tard, des chameaux, qu'elle amenait paître sous un soleil aride. C'était un travail éreintant. Quand elle a eu sa première fille, Teslem, elle ne s'est pas arrêtée. Elle la portait sur son dos, de l'aube au crépuscule.

Un jour, le maître de Chada est venu chercher Teslem pour l'offrir à son fils. La fillette devait avoir 4 ans, tout au plus. Chada n'a pas protesté. Dans son univers étriqué, cela semblait être dans l'ordre des choses. Puis, Chada a eu une deuxième fille, M'Barka. Le maître l'a donnée en cadeau à sa sœur. "Il a récupéré mes enfants comme ça, un à un, pour les distribuer aux membres de sa famille. Il ne m'a pas demandé mon avis."  Il n'avait pas à le faire. Au fil des ans, Chada en a donné neuf à son maître. Neuf petits esclaves, comme elle. Esclaves d'aujourd'hui

Les Noirs sont une marchandise

Aux yeux de son maître, Chada était une marchandise. Elle était née pour le servir, comme ses enfants, comme sa mère avant elle. Cet esclavage héréditaire semble d'un autre âge, mais se pratique toujours, ici. Largement. La Mauritanie se situe en tête des pays esclavagistes, selon un classement de la fondation australienne Walk Free. Nulle part ailleurs une aussi large proportion de la population n'est-elle réduite en esclavage : 4 % des Mauritaniens sont asservis, soit 150 000 des 3,8 millions d'habitants du pays. Ces esclaves des temps modernes sont, pour la plupart, éparpillés dans le désert. Ils n'ont pas droit à l'école, aux terres, à l'héritage. Ils ne peuvent ni se marier ni divorcer sans la (rare) permission de leur maître. Ils sont totalement dépendants. Et soumis.

La nuit tombée sur le désert, Chada se recroquevillait sous des loques, blottie contre l'enfant qui ne lui avait pas encore été arraché, pendant que son maître s'installait avec sa famille sous une large tente bien dressée. Parfois, l'enfant s'approchait de la tente. Le maître le chassait en le traitant de "petit chacal". Chada et les siens ne se sont jamais réunis sous une tente pour partager un repas. "Ce n'est jamais arrivé. Jamais. Je croyais que les fêtes, c'était pour les maîtres. Et je croyais que ma vie était normale. Je n'avais rien connu d'autre."

Des viols sans cesse

Les enfants de Chada ont, pour la plupart, hérité de sa peau d'ébène. Mais quelques-uns ont le teint beaucoup plus clair. Bien malgré eux, ces enfants mulâtres lui rappellent sans cesse les viols que son maître lui a fait subir, année après année. En Mauritanie, la couleur de la peau distingue dans une large mesure le maître de l'esclave. Les premiers sont maures, d'origine arabo-berbère, et forment l'élite du pays. Les seconds sont haratines, descendants des Noirs africains qui vivaient le long du fleuve Sénégal avant d'être capturés et asservis, il y a des siècles, par les envahisseurs maures. Quand on interroge Chada sur le père de ses enfants, elle se mure dans le silence. "On ne pose jamais cette question", me sermonnera plus tard Hamady Lehbouss, porte-parole de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), groupe militant.

"L'esclave n'a pas de père. Souvent, c'est le maître, ou alors, c'est un homme de passage." L'important, c'est que l'esclave soit engrossée, explique Salimata Lam, coordonnatrice nationale de l'organisme SOS esclaves ! "Le maître a besoin des enfants. C'est sa main-d'œuvre." Alors, il traite son esclave comme du bétail. "Mon maître me disait que je n'avais pas d'âme. Me tuer, c'était comme tuer un animal", raconte Chada.
Il y a dix ans, son frère Matala a disparu sans laisser de traces. Chada s'est inquiétée auprès de son maître de ne plus jamais l'apercevoir au campement. Le maître lui a répondu que son frère était mort, sans plus d'explications. "Il m'a seulement dit : 'Pourquoi me parles-tu d'un esclave qui n'existe plus ?'" Mais Matala n'était pas mort. Il avait fui.

La liberté à tout prix
Quand il était esclave, Matala Ould M'Beyrick a appris qu'ailleurs la vie pouvait être différente. Qu'il existait un endroit où les Maures et les Haratines pouvaient s'asseoir sur le même tapis, sous la même tente, et partager le même repas. D'égal à égal. Matala avait soif de cette vie-là. Il n'en pouvait plus d'être battu, de se nourrir de restes et, surtout, de voir sa mère puis sa sœur Chada se faire violer sans pouvoir intervenir. Matala voulait fuir, à tout prix. Quitte à risquer sa vie. "J'avais vu les dépouilles de deux esclaves, au campement, qui avaient tenté de s'enfuir." Leurs maîtres les avaient rattrapés, à bord de leur Land Rover, dans le Sahara. L'un est mort étouffé sous d'énormes sacs de provisions, dans le coffre arrière du véhicule. L'autre a été pourchassé en plein désert. "Ils l'ont forcé à courir à perdre haleine devant le 4 x 4. Il n'a pas tenu le coup."

Discrètement, Matala a programmé sa fuite. Ça s'est passé un jour de 2003. Il a dirigé son troupeau vers la seule route des environs, qui menait à une base militaire. Et il a attendu. Une patrouille est passée. Par chance, le chef était haratine. Matala a pris son courage à deux mains et lui a tout raconté. La patrouille l'a escorté à la base. Plus tard, les maîtres sont venus le réclamer. "Ils ont voulu arranger les choses à l'amiable avec les militaires. J'ai dit au chef que je préférais qu'on me tire une balle dans la tête plutôt que de retourner vers ces gens." Les militaires ont chassé les maîtres. Pour la première fois de sa vie, Matala était libre.

Opération de sauvetage

Libre, enfin. Mais tourmenté. Pendant dix ans, Matala a pensé à sa sœur Chada et aux enfants qu'il avait laissés. Pendant dix ans, il a tenté de les faire libérer. Chaque année, depuis 2003, il a pris un mois de congé pour retourner là-bas, à un millier de kilomètres de la capitale, Nouakchott, afin de plaider sa cause auprès des autorités locales. Longtemps, personne n'a voulu l'aider. On lui a d'abord raconté qu'on ne retrouvait pas les nomades. Puis, on a prétexté que le campement ne se trouvait pas en territoire mauritanien, mais en Algérie. On a même exigé 1,8 million d'ouguiyas (4 600 euros) pour financer l'opération de sauvetage.

Alors, chaque année, pendant 10 ans, Matala est rentré à Nouakchott, la capitale, les mains vides et le coeur gros. Mais il n'a jamais lâché. Il a harcelé les gendarmes et les militaires. En mars 2013, alors qu'il n'y croyait presque plus, sa ténacité a enfin été récompensée. Ils sont partis en pleine nuit. Un convoi militaire de 15 véhicules armés. Pas de risques à prendre ; ce coin du désert pullule de membres d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). En 2005, une centaine de djihadistes avaient pris d'assaut une caserne alentour, tuant 15 soldats et s'emparant de tout un arsenal.
Ils sont arrivés au campement aux premières lueurs de l'aube. Quand elle a aperçu son frère, en tête du convoi, Chada a pleuré de joie. Il a fallu des heures pour tous les réunir, mais ils sont repartis ensemble, Chada, ses neuf enfants et ses deux petits-enfants. Les maîtres ont été embarqués. Ils ont passé trois mois en prison avant d'être libérés – et de se volatiliser dans le désert.


  1. L'esclavage est pourtant, depuis 2007, un crime qui peut entraîner de cinq à dix ans de prison en Mauritanie. Matala espère obtenir justice, mais n'attend rien d'un gouvernement qui s'obstine, malgré la nouvelle loi, à nier l'existence même de l'esclavage. En effet, les autorités se bornent à évoquer les "séquelles" d'une pratique ancestrale, désormais éradiquée, assurent-elles, de la Mauritanie moderne. "Les Maures s'en tirent toujours, soupire Matala. L'Etat ne reconnaît pas l'esclavage, alors sa justice ne condamnera jamais un esclavagiste."

Déjà, Matala a pratiquement réussi l'impossible. En mars 2013, quand Chada et les enfants sont entrés dans la petite ville de Zouerate, à 530 km du campement, ils ont été abasourdis. Cramponnée à son oncle, M'Barka posait un tas de questions : c'est quoi ? Un frigo. C'est quoi ? Un mur. C'est quoi ? Des lumières. Oui, ça brille, mais la nuit est bien tombée, je t'assure. Ils n'avaient jamais vu une ville.

Les affranchis

Matala vient d'égorger le mouton. Il le dépèce d'une main experte. Sa soeur Chada, allongée sous la tente, a revêtu ses plus beaux vêtements. Il l'interpelle: "Hé, Chada, tu veux la tête ?" Ils éclatent de rire. "Donne-moi ça et je t'étripe !" C'est jour de Tabaski (ou Aïd-el-Kébir, fête musulmane commémorant le sacrifice d'Abraham). L'équivalent de Noël, pour les catholiques.
En ce 15 octobre 2013, Chada s'apprête à la célébrer pour la toute première fois de sa vie.

Pendant ses années d'esclavage, elle avait bien vu ses maîtres préparer le Tabaski, acheter des habits, des bijoux, un mouton pour le traditionnel méchoui. Mais pour elle, c'était une journée comme les autres – mis à part le fait qu'après avoir festoyé ses maîtres lui donnaient la tête de l'animal. Aujourd'hui, elle s'offrira les morceaux les plus tendres. M'Barka prépare le thé. Les enfants s'amusent à faire éclater des pétards. Faute de mieux, la famille s'est installée dans un bidonville de Nouakchott, planté sur la dune. Sous ces tentes élimées, on manque de tout. Mais l'heure est à la fête. Assis à l'écart, Matala s'offre une pause. Le regard bienveillant, il contemple les siens, enfin réunis. Tout ça, c'est son œuvre, mais aussi sa charge. "C'est une énorme responsabilité d'entraîner des gens dans un univers qu'ils ne connaissent pas."  Matala sait que beaucoup d'affranchis se résignent à retourner chez leur maître parce qu'ils ne trouvent pas d'autres moyens de subsistance. "Je m'inquiète pour l'avenir, avoue-t-il. Les enfants me demandent à manger. Parfois, je n'ai rien à leur donner. Il y a des jours où je ne mets pas de marmite sur le feu." Chada, pourtant, semble prête à bien des sacrifices. Il y a tant de choses à rattraper. "Vous savez, je commence à peine à faire connaissance avec mes propres enfants."

samedi 26 octobre 2013

Sahara Occidental Mensonges et répression

Par Olivier Quarante, l'Humanité, 22/10/2013
 
Alors que le Parlement européen doit examiner un rapport critique sur la situation au Sahara occidental au lendemain d’une nouvelle visite du représentant de l’ONU, le système répressif qui frappe les Sahraouis est toujours aussi implacable. 
Sahara occidental, correspondance. 

 Cinq mois après les manifestations de Sahraouis qui protestaient en masse contre l’adoption d’une nouvelle résolution minimaliste de l’ONU sur le conflit du Sahara occidental, la vie se poursuit, entre état de siège et colonisation intense. Alors que la proposition américaine d’intégrer un volet droits de l’homme à la mission onusienne, la Minurso, a été rejetée mi-avril, c’est bien la place de cette dernière, créée en 1991 pour organiser le référendum d’autodétermination devant décider de l’avenir de ce « territoire non autonome », qui est en question. La communauté internationale semble bien impuissante. Pas de mécanisme de surveillance des droits de l’homme, pas de pouvoir pour faire cesser l’exploitation effrénée des ressources naturelles… Quelle légitimité reste-t-il à la Minurso ? Même son siège, à El-Aiun, est contraint physiquement. À trente centimètres de la porte d’entrée a été planté le drapeau du royaume chérifien pour signifier symboliquement l’évidence : Mohamed VI n’entend pas lâcher un centimètre de ces 277 000 km2 que le Maroc occupe illégalement depuis 1975.
El-Aiun, Boujdour, Dakhla, Semara… Dans ces quatre villes, les signes de la présence du Maroc sont démonstratifs. Les périphéries n’en finissent pas de s’étendre. Partout, des parcelles sont viabilisées et attendent l’arrivée de leurs habitants. D’anciens colons s’entassent dans des bidonvilles. Aux nouveaux migrants, pêcheurs, chauffeurs de taxi, militaires, on a promis un avenir meilleur, une solde doublée et des prix subventionnés. Chaque ville s’ouvre sur une large avenue, bordée de trottoirs improbables, de lampadaires plus somptueux les uns que les autres et de kilomètres de palmiers. À El-Aiun, l’avenue de Samara, où se déroulent nombre de manifestations des Sahraouis, connaît un lifting complet. À Dakhla, des panneaux sont implantés pour annoncer ici la construction d’un complexe touristique (comme le Dakhla Bay), là la réalisation d’un lotissement. Le pouvoir marocain entend ainsi montrer combien il a investi au Sahara occidental, combien consulter le peuple du Sahara occidental, tel que l’ONU le prévoit depuis 1963, n’est plus plausible. Une politique du fait accompli. Tant pis pour la légalité internationale et tant pis pour le peuple Sahraoui qui proteste et demande simplement l’application du principe d’autodétermination sous les coups, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées.
Samara, à 250 kilomètres à l’est d’El-Aiun. Une ville de garnison. Nous sommes à une dizaine de kilomètres du mur de sable construit par le Maroc dans les années 1980, en pleine guerre avec le Front Polisario. Des graffitis « Vive le Polisario », « Vive la RASD » (1), ou demandant l’application de l’autodétermination sont toujours visibles. Samara est une ville très active de la résistance sahraouie et porte encore les marques des manifestations qui ont eu lieu fin mai.
Dans une petite pièce surchauffée (la température extérieure a dépassé les 45 degrés), chez Cheicki Loubbihi, président de l’association de défense des droits humains, les témoignages affluent, même si la police surveille et filme les allers et venues. Chacun veut venir raconter l’histoire de son fils, de son frère ou d’un autre membre de la famille. À la suite de la manifestation du 27 mai pour le droit à l’autodétermination, cinq Sahraouis ont été arrêtés. Parmi eux, Malah Sidi Mohamed, vingt-trois ans, que la police est venue arrêter à l’aube. Il a fallu attendre trois jours pour que sa famille puisse lui rendre visite. Au bout de cinq jours, il a été transféré à El-Aiun. Même scénario pour ses camarades, dont un mineur. Des conditions d’arrestation et une manière de recueillir de soi-disant aveux qui sont à recouper avec la répression qui a frappé six autres militants, âgés de dix-sept à trente et un ans à El-Aiun, le 9 mai. Amnesty International, qui a lancé une action urgente les concernant le 15 mai, estime qu’ils auraient été arrêtés arbitrairement et torturés pour leur faire signer des aveux. Pour les familles de Samara, la situation est intenable. Aux mauvais traitements, s’ajoutent les entraves aux visites. Aller voir les prisonniers est pourtant indispensable si l’on veut s’assurer qu’ils mangent à leur faim, qu’ils ne sont pas davantage maltraités, mais les déplacements sont coûteux pour des temps de parloir brefs. Une seule visite hebdomadaire est permise.

Le but est de casser les militants sahraouis. Qu’ils soient des leaders ou de simples activistes, ils sont jugés, quand ils le sont, pour des faits de droit commun. Ils ne sont pas reconnus comme des prisonniers politiques. Les derniers événements de Samara s’ajoutent à la longue liste des répressions subies par les familles sahraouies depuis 1975. 

Dans une autre maison du centre de Samara, une femme ne retient plus ses larmes. Soukaina Jed Ahlou est la présidente du Forum de la femme sahraouie. Ce qui atteste de son activisme puisque toutes les associations de nature sahraouie sont illégales aux yeux des autorités occupantes. Mais depuis février dernier que son fils, Cheikh, est paralysé des jambes suite, dit-elle, à une ou des injections qui lui ont été imposées par des policiers (plusieurs témoignages accréditent cette pratique, sans qu’il soit possible de préciser le ou les produits ainsi inoculés), cette femme semble être abattue. Pourtant, elle a déjà survécu à seize ans de disparition forcée, entre 1975 et 1991, comme des centaines de Sahraouis au lendemain de la Marche verte. Pendant cette mise au secret, sans inculpation ni jugement, Soukaina Jed Ahlou raconte avoir perdu un bébé de neuf mois, comme d’autres femmes, faute de pouvoir continuer à l’allaiter. Après sa libération en juin 1991 avec plus de 300 autres « disparus », elle dit avoir été violée devant son fils, puis de nouveau arrêtée en septembre 1992 à Samara, toujours avec son fils. Tous deux sont restés emprisonnés un an et quatre mois. Le 25 août 2012, devant la délégation américaine du Centre Robert-F.-Kennedy pour la justice et les droits humains, venue pour une observation de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental, la militante sahraouie a été frappée violemment par des policiers. C’est dire l’impunité dans laquelle les autorités marocaines œuvrent dans cette région. Mais, en cette fin juillet, assise sur le sol, elle est épuisée, son énergie absorbée par les soins qu’il faut prodiguer à Cheikh. Les frais sont élevés. Le salaire qu’elle ne perçoit plus depuis 2006, en représailles, lui manque cruellement pour acheter les médicaments nécessaires pour soulager son enfant.

Ainsi va la vie pour les Sahraouis qui se dressent contre le pouvoir marocain. Chaque témoignage raconte les trente-huit ans de conflit et d’opposition. Chaque ville compte son ou ses groupes de militants arrêtés. Avec toujours le même procédé : la moindre occasion est saisie pour éradiquer le réseau d’activistes. 

À Dakhla, tout au sud, les interpellations groupées les plus récentes datent d’octobre et novembre 2011. En cette mi-juillet, l’accueil à l’entrée de la ville est agressif. Les seuls étrangers bien accueillis ici sont les adeptes du « tourisme colonial ». Les autres sont des « ennemis du Maroc », des « Polisario », qui n’ont rien compris à l’histoire du Grand Maroc. L’heure est à l’intimidation : saisie de documents, effacement de cartes mémoire et fouille minutieuse des bagages. Malgré cela, des familles sahraouies se regroupent à l’abri des regards pour dénoncer le sort réservé aux six militants toujours en prison suite à ce 25 septembre 2011 où des heurts violents ont éclaté entre Sahraouis et Marocains, sous l’œil impassible des forces de l’ordre. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place à l’époque et récemment, les Marocains auraient même été incités à affronter les Sahraouis les premiers. Bref, l’occasion est trop belle pour interpeller des militants déjà connus, dont Abdelaziz Barray, Ahsanna El Ouali ou Atiq Barray. «Quarante-huit policiers sont venus à la maison pour l’arrêter et puis il a subi deux jours de torture, explique la sœur de ce dernier. Il a écopé de trois ans de prison. Officiellement, on lui reproche un cambriolage de banque, mais c’est évidemment parce qu’il est sahraoui et militant qu’il a été arrêté ! »
L’arrestation, entre le 7 novembre et le 25 décembre 2010, puis le jugement en février dernier de 24 militants après une protestation au camp de Gdeim Izik, la plus grande opération de protestation pacifique depuis l’invasion marocaine, sont emblématiques de la stratégie de répression contre l’opposition sahraouie. Condamnés à des peines allant de vingt ans à la perpétuité, sans que le tribunal ait pu présenter les preuves incontestables de leur implication dans le meurtre de onze policiers (bilan dressé par les autorités marocaines), ils sont à la prison de Salé, près de Rabat. La presse marocaine bruisse de libération anticipée accrochée au bon vouloir du roi, rappelant ainsi que le système qui devait, à force de réformes constitutionnelles (la dernière date de décembre 2011 pour couper les ailes du Mouvement du 20-Février), sortir de l’arbitraire et devenir une démocratie moderne, patine et se répète. Le 21 juin 1995, huit jeunes Sahraouis avaient été condamnés par le même tribunal militaire à des peines allant de quinze à vingt ans pour avoir participé à une manifestation pacifique pro-indépendantiste. Une amnistie royale avait réduit les durées des peines à un an. En sera-t-il de même pour le groupe de Gdeim Izik ?
Le royaume sait que pour continuer à voir son plan d’autonomie (contre-proposition qui a pour effet d’empêcher depuis 2007 l’organisation du référendum d’autodétermination) être soutenu par les puissances occidentales, il doit montrer de la bonne volonté, en particulier sur la question des droits de l’homme. Il pourrait être tenté de saisir l’occasion du vote de la prochaine résolution onusienne, en avril 2014, pour libérer les prisonniers d’opinion sahraouis. Un geste royal et un contre-feu qui masqueraient une nouvelle fois l’opposition du Maroc à la mise en place d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme international. La création du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) et de sa délégation régionale à El-Aiun en décembre 2011 est, elle, généralement mise au profit de la « bonne volonté » marocaine et cautionne les louanges que la France, notamment, dresse au Maroc. Mais Mohamed Salem Cherkaoui, un Sahraoui nommé président de la section régionale par le roi, semble bien impuissant. « Il faut bien comprendre que des poches de résistance œuvrent contre le CNDH et sa délégation régionale, admet-il. Ici, nous sommes dans un état d’exception, ce qui ne facilite pas la transparence et la communication avec les autorités. Mon message est qu’il faut respecter la dignité des Sahraouis, éviter de pénétrer dans leurs maisons. »
 Le chemin va être long. Un bras de fer est engagé avec les forces de l’ordre. Son équipe est en train de négocier un protocole avec ces forces de l’ordre pour que les membres de la commission ne soient plus agressés comme cela a déjà été le cas. Outre un message compassionnel (« Quand je vois une femme violée, tabassée, je suis touchée au plus profond »), on peut se demander quelle sera à court terme l’efficacité de cette instance, qui a reçu plus de 200 plaintes, dont 122 concernent les forces de sécurité. Rien ne remplacera en tout cas un mécanisme indépendant de surveillance des droits de l’homme. « Si l’on obtient ce dispositif en même temps qu’une décision d’interdire l’exploitation des ressources naturelles, on pourra avancer », veut croire Brahim Sabbar, un ex-disparu. En attendant, Aminatou Haidar, figure emblématique de la résistance pacifique sahraouie, voit une société civile en train de se construire. « Il ne s’agit pas juste d’inciter les Sahraouis à voter oui ou non à telle option du référendum, il s’agit de bâtir une société moderne, tolérante et pacifique, souligne la militante. Seul le référendum pourra dire si les Sahraouis sont divisés ou non. »

(1) La République arabe sahraouie démocratique a été proclamée en 1976 et elle est membre de l’Union africaine depuis 1982.
Nouveaux heurts à Smara  Alors que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, achevait sa mission au Sahara occidental, de nouveaux heurts ont éclaté dimanche à Smara, au Sahara occidental occupé, la police ayant tenté d’empêcher par la violence la tenue d’une manifestation pour le droit à l’autodétermination. Au total, une vingtaine de personnes ont été blessées, dont une grièvement, selon le bilan établi par l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante). Aujourd’hui, le Parlement européen doit procéder en séance plénière au vote sur le rapport de l’eurodéputé britannique Charles Tannock, plutôt sévère sur l’attitude de Rabat dans ce conflit de décolonisation. Dans sa version adoptée par la Commission des affaires étrangères, ce rapport réaffirme le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, condamne les violences infligées aux populations civiles et demande la libération immédiate de tous les prisonniers politique sahraouis. Il appelle « au plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales de la population sahraouie, y compris de sa liberté d’association, de sa liberté d’expression et de son droit à manifester pacifiquement ».

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Rapport du Parlement européen sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel


L’Europe félicite le Maroc

• Réuni en session plénière mardi dernier, le Parlement européen a adopté le rapport sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel. Ce dernier souligne les efforts du Maroc pour la promotion des droits de l’Homme dans les provinces du Sud et met en avant son rôle en tant que facteur de paix et de stabilité dans la région.
• En revanche, le document épingle le polisario et sa tutrice, l’Algérie, pour l’opacité qui caractérise la gestion des camps de Tindouf et le blocus médiatique imposé aux observateurs internationaux. À signaler que les eurodéputés ont rejeté le projet d’amendement présenté par l’eurodéputé Pino Arlacchi au sujet de la question de l’exploitation des ressources naturelles dans la région.
 Les eurodéputés ont dénoncé le blocus médiatique imposé dans les camps de Tindouf par les dirigeants du polisario.
Présenté par le conservateur anglais Charles Tannock, le rapport du Parlement européen sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel a été adopté mardi dernier à Strasbourg. Le document souligne l’engagement du Royaume du Maroc en matière de consolidation des droits de l’Homme et «rappelle, à cet égard, la signature et la ratification par le Maroc de plusieurs traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme». Il s’agit notamment, précise le rapport, «de la Convention internationale des Nations unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention des Nations unies contre la torture, la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Déclaration des Nations unies sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme».(...)