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samedi 26 octobre 2013

Sahara Occidental Mensonges et répression

Par Olivier Quarante, l'Humanité, 22/10/2013
 
Alors que le Parlement européen doit examiner un rapport critique sur la situation au Sahara occidental au lendemain d’une nouvelle visite du représentant de l’ONU, le système répressif qui frappe les Sahraouis est toujours aussi implacable. 
Sahara occidental, correspondance. 

 Cinq mois après les manifestations de Sahraouis qui protestaient en masse contre l’adoption d’une nouvelle résolution minimaliste de l’ONU sur le conflit du Sahara occidental, la vie se poursuit, entre état de siège et colonisation intense. Alors que la proposition américaine d’intégrer un volet droits de l’homme à la mission onusienne, la Minurso, a été rejetée mi-avril, c’est bien la place de cette dernière, créée en 1991 pour organiser le référendum d’autodétermination devant décider de l’avenir de ce « territoire non autonome », qui est en question. La communauté internationale semble bien impuissante. Pas de mécanisme de surveillance des droits de l’homme, pas de pouvoir pour faire cesser l’exploitation effrénée des ressources naturelles… Quelle légitimité reste-t-il à la Minurso ? Même son siège, à El-Aiun, est contraint physiquement. À trente centimètres de la porte d’entrée a été planté le drapeau du royaume chérifien pour signifier symboliquement l’évidence : Mohamed VI n’entend pas lâcher un centimètre de ces 277 000 km2 que le Maroc occupe illégalement depuis 1975.
El-Aiun, Boujdour, Dakhla, Semara… Dans ces quatre villes, les signes de la présence du Maroc sont démonstratifs. Les périphéries n’en finissent pas de s’étendre. Partout, des parcelles sont viabilisées et attendent l’arrivée de leurs habitants. D’anciens colons s’entassent dans des bidonvilles. Aux nouveaux migrants, pêcheurs, chauffeurs de taxi, militaires, on a promis un avenir meilleur, une solde doublée et des prix subventionnés. Chaque ville s’ouvre sur une large avenue, bordée de trottoirs improbables, de lampadaires plus somptueux les uns que les autres et de kilomètres de palmiers. À El-Aiun, l’avenue de Samara, où se déroulent nombre de manifestations des Sahraouis, connaît un lifting complet. À Dakhla, des panneaux sont implantés pour annoncer ici la construction d’un complexe touristique (comme le Dakhla Bay), là la réalisation d’un lotissement. Le pouvoir marocain entend ainsi montrer combien il a investi au Sahara occidental, combien consulter le peuple du Sahara occidental, tel que l’ONU le prévoit depuis 1963, n’est plus plausible. Une politique du fait accompli. Tant pis pour la légalité internationale et tant pis pour le peuple Sahraoui qui proteste et demande simplement l’application du principe d’autodétermination sous les coups, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées.
Samara, à 250 kilomètres à l’est d’El-Aiun. Une ville de garnison. Nous sommes à une dizaine de kilomètres du mur de sable construit par le Maroc dans les années 1980, en pleine guerre avec le Front Polisario. Des graffitis « Vive le Polisario », « Vive la RASD » (1), ou demandant l’application de l’autodétermination sont toujours visibles. Samara est une ville très active de la résistance sahraouie et porte encore les marques des manifestations qui ont eu lieu fin mai.
Dans une petite pièce surchauffée (la température extérieure a dépassé les 45 degrés), chez Cheicki Loubbihi, président de l’association de défense des droits humains, les témoignages affluent, même si la police surveille et filme les allers et venues. Chacun veut venir raconter l’histoire de son fils, de son frère ou d’un autre membre de la famille. À la suite de la manifestation du 27 mai pour le droit à l’autodétermination, cinq Sahraouis ont été arrêtés. Parmi eux, Malah Sidi Mohamed, vingt-trois ans, que la police est venue arrêter à l’aube. Il a fallu attendre trois jours pour que sa famille puisse lui rendre visite. Au bout de cinq jours, il a été transféré à El-Aiun. Même scénario pour ses camarades, dont un mineur. Des conditions d’arrestation et une manière de recueillir de soi-disant aveux qui sont à recouper avec la répression qui a frappé six autres militants, âgés de dix-sept à trente et un ans à El-Aiun, le 9 mai. Amnesty International, qui a lancé une action urgente les concernant le 15 mai, estime qu’ils auraient été arrêtés arbitrairement et torturés pour leur faire signer des aveux. Pour les familles de Samara, la situation est intenable. Aux mauvais traitements, s’ajoutent les entraves aux visites. Aller voir les prisonniers est pourtant indispensable si l’on veut s’assurer qu’ils mangent à leur faim, qu’ils ne sont pas davantage maltraités, mais les déplacements sont coûteux pour des temps de parloir brefs. Une seule visite hebdomadaire est permise.

Le but est de casser les militants sahraouis. Qu’ils soient des leaders ou de simples activistes, ils sont jugés, quand ils le sont, pour des faits de droit commun. Ils ne sont pas reconnus comme des prisonniers politiques. Les derniers événements de Samara s’ajoutent à la longue liste des répressions subies par les familles sahraouies depuis 1975. 

Dans une autre maison du centre de Samara, une femme ne retient plus ses larmes. Soukaina Jed Ahlou est la présidente du Forum de la femme sahraouie. Ce qui atteste de son activisme puisque toutes les associations de nature sahraouie sont illégales aux yeux des autorités occupantes. Mais depuis février dernier que son fils, Cheikh, est paralysé des jambes suite, dit-elle, à une ou des injections qui lui ont été imposées par des policiers (plusieurs témoignages accréditent cette pratique, sans qu’il soit possible de préciser le ou les produits ainsi inoculés), cette femme semble être abattue. Pourtant, elle a déjà survécu à seize ans de disparition forcée, entre 1975 et 1991, comme des centaines de Sahraouis au lendemain de la Marche verte. Pendant cette mise au secret, sans inculpation ni jugement, Soukaina Jed Ahlou raconte avoir perdu un bébé de neuf mois, comme d’autres femmes, faute de pouvoir continuer à l’allaiter. Après sa libération en juin 1991 avec plus de 300 autres « disparus », elle dit avoir été violée devant son fils, puis de nouveau arrêtée en septembre 1992 à Samara, toujours avec son fils. Tous deux sont restés emprisonnés un an et quatre mois. Le 25 août 2012, devant la délégation américaine du Centre Robert-F.-Kennedy pour la justice et les droits humains, venue pour une observation de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental, la militante sahraouie a été frappée violemment par des policiers. C’est dire l’impunité dans laquelle les autorités marocaines œuvrent dans cette région. Mais, en cette fin juillet, assise sur le sol, elle est épuisée, son énergie absorbée par les soins qu’il faut prodiguer à Cheikh. Les frais sont élevés. Le salaire qu’elle ne perçoit plus depuis 2006, en représailles, lui manque cruellement pour acheter les médicaments nécessaires pour soulager son enfant.

Ainsi va la vie pour les Sahraouis qui se dressent contre le pouvoir marocain. Chaque témoignage raconte les trente-huit ans de conflit et d’opposition. Chaque ville compte son ou ses groupes de militants arrêtés. Avec toujours le même procédé : la moindre occasion est saisie pour éradiquer le réseau d’activistes. 

À Dakhla, tout au sud, les interpellations groupées les plus récentes datent d’octobre et novembre 2011. En cette mi-juillet, l’accueil à l’entrée de la ville est agressif. Les seuls étrangers bien accueillis ici sont les adeptes du « tourisme colonial ». Les autres sont des « ennemis du Maroc », des « Polisario », qui n’ont rien compris à l’histoire du Grand Maroc. L’heure est à l’intimidation : saisie de documents, effacement de cartes mémoire et fouille minutieuse des bagages. Malgré cela, des familles sahraouies se regroupent à l’abri des regards pour dénoncer le sort réservé aux six militants toujours en prison suite à ce 25 septembre 2011 où des heurts violents ont éclaté entre Sahraouis et Marocains, sous l’œil impassible des forces de l’ordre. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place à l’époque et récemment, les Marocains auraient même été incités à affronter les Sahraouis les premiers. Bref, l’occasion est trop belle pour interpeller des militants déjà connus, dont Abdelaziz Barray, Ahsanna El Ouali ou Atiq Barray. «Quarante-huit policiers sont venus à la maison pour l’arrêter et puis il a subi deux jours de torture, explique la sœur de ce dernier. Il a écopé de trois ans de prison. Officiellement, on lui reproche un cambriolage de banque, mais c’est évidemment parce qu’il est sahraoui et militant qu’il a été arrêté ! »
L’arrestation, entre le 7 novembre et le 25 décembre 2010, puis le jugement en février dernier de 24 militants après une protestation au camp de Gdeim Izik, la plus grande opération de protestation pacifique depuis l’invasion marocaine, sont emblématiques de la stratégie de répression contre l’opposition sahraouie. Condamnés à des peines allant de vingt ans à la perpétuité, sans que le tribunal ait pu présenter les preuves incontestables de leur implication dans le meurtre de onze policiers (bilan dressé par les autorités marocaines), ils sont à la prison de Salé, près de Rabat. La presse marocaine bruisse de libération anticipée accrochée au bon vouloir du roi, rappelant ainsi que le système qui devait, à force de réformes constitutionnelles (la dernière date de décembre 2011 pour couper les ailes du Mouvement du 20-Février), sortir de l’arbitraire et devenir une démocratie moderne, patine et se répète. Le 21 juin 1995, huit jeunes Sahraouis avaient été condamnés par le même tribunal militaire à des peines allant de quinze à vingt ans pour avoir participé à une manifestation pacifique pro-indépendantiste. Une amnistie royale avait réduit les durées des peines à un an. En sera-t-il de même pour le groupe de Gdeim Izik ?
Le royaume sait que pour continuer à voir son plan d’autonomie (contre-proposition qui a pour effet d’empêcher depuis 2007 l’organisation du référendum d’autodétermination) être soutenu par les puissances occidentales, il doit montrer de la bonne volonté, en particulier sur la question des droits de l’homme. Il pourrait être tenté de saisir l’occasion du vote de la prochaine résolution onusienne, en avril 2014, pour libérer les prisonniers d’opinion sahraouis. Un geste royal et un contre-feu qui masqueraient une nouvelle fois l’opposition du Maroc à la mise en place d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme international. La création du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) et de sa délégation régionale à El-Aiun en décembre 2011 est, elle, généralement mise au profit de la « bonne volonté » marocaine et cautionne les louanges que la France, notamment, dresse au Maroc. Mais Mohamed Salem Cherkaoui, un Sahraoui nommé président de la section régionale par le roi, semble bien impuissant. « Il faut bien comprendre que des poches de résistance œuvrent contre le CNDH et sa délégation régionale, admet-il. Ici, nous sommes dans un état d’exception, ce qui ne facilite pas la transparence et la communication avec les autorités. Mon message est qu’il faut respecter la dignité des Sahraouis, éviter de pénétrer dans leurs maisons. »
 Le chemin va être long. Un bras de fer est engagé avec les forces de l’ordre. Son équipe est en train de négocier un protocole avec ces forces de l’ordre pour que les membres de la commission ne soient plus agressés comme cela a déjà été le cas. Outre un message compassionnel (« Quand je vois une femme violée, tabassée, je suis touchée au plus profond »), on peut se demander quelle sera à court terme l’efficacité de cette instance, qui a reçu plus de 200 plaintes, dont 122 concernent les forces de sécurité. Rien ne remplacera en tout cas un mécanisme indépendant de surveillance des droits de l’homme. « Si l’on obtient ce dispositif en même temps qu’une décision d’interdire l’exploitation des ressources naturelles, on pourra avancer », veut croire Brahim Sabbar, un ex-disparu. En attendant, Aminatou Haidar, figure emblématique de la résistance pacifique sahraouie, voit une société civile en train de se construire. « Il ne s’agit pas juste d’inciter les Sahraouis à voter oui ou non à telle option du référendum, il s’agit de bâtir une société moderne, tolérante et pacifique, souligne la militante. Seul le référendum pourra dire si les Sahraouis sont divisés ou non. »

(1) La République arabe sahraouie démocratique a été proclamée en 1976 et elle est membre de l’Union africaine depuis 1982.
Nouveaux heurts à Smara  Alors que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, achevait sa mission au Sahara occidental, de nouveaux heurts ont éclaté dimanche à Smara, au Sahara occidental occupé, la police ayant tenté d’empêcher par la violence la tenue d’une manifestation pour le droit à l’autodétermination. Au total, une vingtaine de personnes ont été blessées, dont une grièvement, selon le bilan établi par l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante). Aujourd’hui, le Parlement européen doit procéder en séance plénière au vote sur le rapport de l’eurodéputé britannique Charles Tannock, plutôt sévère sur l’attitude de Rabat dans ce conflit de décolonisation. Dans sa version adoptée par la Commission des affaires étrangères, ce rapport réaffirme le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, condamne les violences infligées aux populations civiles et demande la libération immédiate de tous les prisonniers politique sahraouis. Il appelle « au plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales de la population sahraouie, y compris de sa liberté d’association, de sa liberté d’expression et de son droit à manifester pacifiquement ».

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 La presse aux ordres continue à nier l'évidence et à étaler ses ignobles mensonges : www.lematin.ma/

Rapport du Parlement européen sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel


L’Europe félicite le Maroc

• Réuni en session plénière mardi dernier, le Parlement européen a adopté le rapport sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel. Ce dernier souligne les efforts du Maroc pour la promotion des droits de l’Homme dans les provinces du Sud et met en avant son rôle en tant que facteur de paix et de stabilité dans la région.
• En revanche, le document épingle le polisario et sa tutrice, l’Algérie, pour l’opacité qui caractérise la gestion des camps de Tindouf et le blocus médiatique imposé aux observateurs internationaux. À signaler que les eurodéputés ont rejeté le projet d’amendement présenté par l’eurodéputé Pino Arlacchi au sujet de la question de l’exploitation des ressources naturelles dans la région.
 Les eurodéputés ont dénoncé le blocus médiatique imposé dans les camps de Tindouf par les dirigeants du polisario.
Présenté par le conservateur anglais Charles Tannock, le rapport du Parlement européen sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel a été adopté mardi dernier à Strasbourg. Le document souligne l’engagement du Royaume du Maroc en matière de consolidation des droits de l’Homme et «rappelle, à cet égard, la signature et la ratification par le Maroc de plusieurs traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme». Il s’agit notamment, précise le rapport, «de la Convention internationale des Nations unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention des Nations unies contre la torture, la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Déclaration des Nations unies sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme».(...)

samedi 30 mars 2013

Les pratiques humiliantes à l'encontre des femmes sahraouies lors des manifestations pacifiques à El Aaiun "viles et abjectes"

Par Chahid El Hafed (camps de réfugiés sahraouis), 26 mars 2013 (SPS)

 Le ministère de la Culture sahraoui a souligné, mardi, que les pratiques humiliantes à l'encontre des femmes sahraouies, dévoilées lors de manifestations pacifiques à l'occasion de la récente visite de l'envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU, "sont viles et abjectes". 
Le ministère sahraoui a indiqué dans un communiqué que "l'attitude du Maroc relève d'un acte de colonialisme systématique visant à aliéner toutes les composantes de l'identité culturelle sahraouie dont le voile".
Dans ce contexte, le ministère sahraoui de la culture a exprimé "sa solidarité pleine et entière avec les femmes sahraouies saluant leur courage et leur rôle dans l’intifada".
Saisissant la présence de M. Ross dans les camps de réfugiés sahraouis, le ministère de la culture interpelle le représentant onusien "sur l'aliénation de l'identité culturelle sahraouie l'appelant à intervenir auprès des organes de l'ONU telle l'Unesco pour l'amener à jouer le rôle qui lui est dévolue à cet effet".(SPS)
020/090/700 262200 MARS 013 SPS
URL Source : http://www.spsrasd.info/fr/content/les-pratiques-humiliantes-%C3%A0-lencontre-des-femmes-lors-des-manifestations-pacifiques-%C3%A0-el-aai
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Traitement infligé aux femmes sahraouies : Une provocation


Il est connu de tous la place prépondérante et le respect dont jouit la femme au Sahara Occidental et en Mauritanie, pays avec lequel on partage le dialecte et les coutumes.

Les femmes sahraouies ont une place unique dans le monde arabo-musulman. C’est pourquoi la société sahraouie ne connaît pas les violences conjugales car elle considère une vergogne de lever la main sur une femme. D’ailleurs, on inculque aux enfants, dès leur plus jeune âge, le respect de la mère, avant le respect du père.

Le statut de la femme dans la société sahraouie était connue des colonisateurs espagnols. Ils n’ont jamais osé emprisonner ou maltraiter les femmes sahraouies qui manifestaient pour revendiquer l’indépendance du Sahara Occidental. Ce qui est loin d’être le cas du nouveau colonisateur marocain.

Depuis son invasion du Sahara Occidental, le Maroc a sur son compte pas moins de 46 femmes portées disparues. Et celles qui ne se trouvent pas en prison, connaissent les traitements les plus vils et cruels jamais connus par une femme musulmane. Les coups, le viol, l’humiliation sont devenus monnaie courante dans les territoires occupés du Sahara Occidental.

Aux yeux des Sahraouis, infliger aux femmes un tel traitement relève carrément de la provocation. Les Marocains, en s’en prenant ainsi aux femmes sahraouies, cherchent à montrer qu’ils jouissent de l’impunité, qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent sans aucune crainte grâce au rôle protecteur de la France dans le Conseil de Sécurité et ainsi pousser les sahraouis au désespoir et aux armes.

Depuis l’échec de sa proposition de son autonomie en 2008, le Maroc cherche par tous les moyens à pousser le Front Polisario à renouer avec la guerre et ainsi attirer la foudre de la communauté internationale. La sagesse des dirigeants sahraouis a faussé tous les calculs des conseillers du roi Mohamed VI.
Les vidéos recemment diffusées sur youtube des femmes sahraouis traînées, battues et dénudées par les forces de police marocaines sont des images déchirantes qui dénient tout sens à la situation de fausse paix créée par le processus de paix de l’ONU. Une paix qui repose sur les cris assourdissants des femmes sahraouis. Des cris qui clament la colère et la vengeance. Des scènes enregistrées alors que l’Envoyé Personnel de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross. se trouve dans la ville d’El Aaiun quadrillée par les forces de sécurité.

URL Source : http://westernsahara.fr/?p=7934

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Témoignages de femmes brutalisées par la police à Laayoune

Écrit par Lakome, 29/3/2013
Les femmes sahraouies brutalisées par les forces de l'ordre à Laâyoune racontent ce qui s'est passé. Malgré les témoignages, les photos et les vidéos, la DGSN nie tout dépassement de la loi dans un communiqué envoyé ce vendredi à Lakome.
Les femmes qui ont été brutalisées et harcelées en pleine avenue Smara et au quartier Maatallah à Laayoune, le 23 mars dernier alors qu'elles s'apprêtaient à organiser un sit in à l'occasion de la visite de Christopher Ross, ont raconté à Lakome ce qu'elles ont enduré ce jour-là.
Plusieurs vidéos ont été tournées au moment des faits, montrant la violence et le harcèlement sexuel dont elles ont été victimes.
 http://youtu.be/UzVvl5MeCmg
Selon le témoignage de Mina Baali, qui apparaît dans une séquence vidéo en train d'être brutalisée et tirée par terre, elle avait pris le chemin du sit in en réponse à un appel lancé par des activistes sahraouis pour « réclamer le droit d'autodétermination du peuple sahraoui » et la mise en place «  d'un mécanisme onusien pour protéger les droits de l'homme au Sahara ».
« En arrivant sur le lieu du sit in, nous avons trouvé des policiers accompagnant le pacha de la ville. Avant même de se rassembler et commencer à lancer des slogans, la police est intervenue avec force pour nous disperser. Ils m'ont poussé avec violence jusqu'à me faire tomber. Un policier m'a tiré par terre et m'a enlevé mon voile. J'ai senti la main de quelqu'un qui voulait m'enlever mon pantalon et il a réussi à le faire. Je lui ai signifié : si tu veux mon pantalon, moi je veux ma terre ! ».
Hasna Douihi, époux de Mina Baali, qui a participé lui aussi au sit in, nous a déclaré qu'il n'a vu sa femme se faire brutaliser qu'à travers les vidéos sur internet, parce qu'il a subi lui aussi un traitement violent à ce moment-là. Selon son témoignage, il a été mis dans une voiture de police où il y avait 7 policiers qui l'ont mis à terre et l'ont frappé à coups de pieds et de poings. Il affirme qu'ils l'ont emmené à la banlieue de la ville où ils l'ont jeté pour être récupéré par d'autres agents de la police utilisant une voiture banalisée, mais portant leurs uniformes, qui l'ont torturé avant de le laisser sur place dans un état lamentable. Hasna affirme avoir par la suite regagné une maison pour passer un coup de téléphone et appeler à l'aide Ahmed Bouhada, chargé de la protection au sein de la commission régionale du CNDH.  En arrivant devant la porte de l'hôpital, il a découvert une présence policière qui bloquait l'entrée et contrôlait les urgences. Il n'a bénéficié des soins dont il avait besoin, selon ses dires, qu'après beaucoup d'attente et l'intervention du chargé de la protection au sein du CNDH.
Khaidouma Joumani, l'une des femmes brutalisées, raconte avoir été, elle aussi, insultée, battue, dénudée et harcelée sexuellement. Des hommes en civil ont osé toucher des points sensibles de son corps en plein public et sous les yeux du Pacha et du chef du cercle.
Leila Lyli a, de son coté, été agressée. Elle a raconté à Lakome ce qui lui est arrivé : on l'a fait tomber et tirée par terre juste après son arrivée sur le lieu du sit in.  On lui a enlevé  son voile (mlhaf) et à un moment un agent a osé lui enlever son pantalon tout en continuant à la frapper dans des parties sensibles de son corps. À l'hôpital on lui a refusé les soins malgré son état critique et l'intervention d'un responsable du CNDH qui l'a transporté dans sa voiture. « Ce refus est intervenu suite aux ordres reçus du pacha de la ville qui m'a insulté et qui n'a pas épargné le responsable du CNDH ».
Salma Lamam est une autre victime de cette violence physique et verbale. Selon son témoignage «  en allant au sit in, j'ai vu un jeune qui a été brutalisé  et qui n'arrivait pas à se remettre debout. J'ai essayé de lui donner un coup de main mais on m'a interdit. J'ai du changer mon voile pour pouvoir apporter mon aide au jeune qui rampait sur le ventre comme on le voit dans la vidéo. En revenant, j'ai découvert une femme qui a reçu une pierre sur la figure et qui saigne. A ce moment là, les policiers ont fait marche arrière. Seulement lorsque le pacha a distingué mon visage, il a ordonné à ses hommes de m'agresser ce qui a été exécuté. Ils m'ont frappé, tiré par terre, enlevé mon voile et mon pantalon  avant de me jeter dans un trou, tout en continuant à m'insulter ».
Lamina Hallab, qui parait dans les images vidéos avec le visage en sang, est de la ville de Boujdour. Elle était à Laayoune pour une visite familiale. Pendant l'intervention de la police, elle traversait l'avenue pour aller voir une personne de sa famille. Un policier lui a jeté une pierre sur la figure ce qui lui a causé une blessure sous l'oeil qui n'a pas cessé de saigner couvrant son visage.
Le cas de l'activiste Soultana Khaya est plus grave mais Lakome n'a pas pu recueillir son témoignage. Selon l'une de ses amies, Leila Layli, Soultana a été tabassée et tirée par terre puis mise dans une voiture de police où 7 policiers se sont chargés de la frapper et de la maltraiter, avant de se débarrasser d'elle dans un lieu hors de la ville. Elle aurait fini par trouver une maison à proximité du lieu où elle a été laissée. Ses occupants lui ont permis de contacter sa famille pour venir la secourir. Soultana a été, elle aussi, interdite d'accéder à l'hôpital pour se faire soigner. Son amie explique qu'elle a été contrainte de voyager aux îles Canaries pour y recevoir les soins nécessaires.
Dans un communiqué parvenu ce vendredi à Lakome, la DGSN affirme que ces femmes occupaient illégalement l'espace public et que les forces de l'ordre les ont délogées sans violence et sans faire de blessées...



samedi 29 décembre 2012

Marrakech en révolte suite : la tension monte encore d'un cran

 




La tension monte aujourd'hui à Marrakech après les interpellations sauvages d'hier soir. Ce matin,  les forces de sécurité sont présentes au quartier "Derb Assas". La ville ocre est secouée depuis mercredi par des affrontements entre habitants et forces de l'ordre.

Précision : Lakome a mentionné la présence de l'armée à Marrakech ce matin. La Gendarmerie royale est bien présente sur place. Les véhicules blindés rapportés par des témoins sur place semblent appartenir aux forces de police.
Depuis ce matin, des habitants se rassemblent dans le quartier Derb Assass de Marrakech, où les forces de sécurité sont désormais présentes selon un correspondant de Lakome sur place. Ils protestent contre les interpellations sauvages effectuées hier soir par les forces de l'ordre aux domiciles de nombreux habitants du quartier.
Hier après-midi, plus de 3000 personnes avaient manifesté dans la ville ocre contre les tarifs de l'eau et de l'électricité. "Ce n'était pas du tout politisé", affirme notre correspondant. Des familles et des jeunes pour la plupart qui, sur leur passage, ont appelé les élèves et enseignants des écoles à sortir les rejoindre. La police a chargé.
Au quartier Sidi Youssef Ben Ali, d'où est partie la contestation mercredi, les affrontements ont fait plusieurs dizaines de blessés dans les deux camps. Le quartier a été encerclé par les forces de l'ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes puis ont chargé les manifestants.
Hier soir, des manifestations de soutien ont eu lieu au quartier Daoudiate. Les revendications ont évolué et portent désormais sur la cherté de la vie en général et la libération des habitants interpellés hier. Plus de 160 personnes au total ont été arrêtées hier selon un témoin sur place.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé par communiqué que « les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser la manifestation non autorisée et procéder à l'interpellation d'une trentaine d'individus qui se sont livrés à des actes de violence et de vandalisme ».
Les manifestations contre les tarifs de la RADEEMA sont récurrentes depuis 2011, comme ailleurs dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur affirme que la régie autonome de Marrakech a pris une série de mesures "à l'effet de soulager le poids des factures d'électricité au profit des ménages les plus démunis", comme l'octroi de facilités de paiement sur 24 mois pour 16.433 abonnés ou la réalisation de 9.395 branchements sociaux.
 
 
Adib et Ibtissame Betty Lachgar ont partagé un lien.




  • A Marrakech, des manifestants ont appelé à la « chute du régime »

    Police officers wearing riot gear walk past a burning building in Tottenham

    « Al chaâb yourid iskat al nidam », le peuple veut la chute du régime. Tel est le slogan entendu hier, vendredi 28 décembre, lors du soulèvement du quartier Sidi Youssef Ben Ali de Marrakech contre la cherté de la vie et les tarifs prohibitifs de la RADEEMA, la Régie autonome de distribution de l’eau et l’électricité de Marrakech.
    C’est ce qu’on peut entendre dans cette vidéo, à partir de la minute 2.10.
    Contrairement à d’autres villes où des slogans de ce genre ont été entendus, ce quartier marrakechi n’est pas un lieu de dissidence politique, comme certaines villes ou régions du Maroc. Et c’est ce qui devrait faire réfléchir les autorités locales.
    Les grands soulèvements populaires ont été déclenchés suite à l’augmentation inopinée du prix des produits de première nécessite, comme par exemple le pain. Et peut-être demain, les tarifs des entreprises chargées de la distribution de l’eau et de l’électricité.
    URL courte: http://www.demainonline.com/?p=23839
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    Un témoignage de première main ruinant les mensonges officiels relativement au déroulement du mouvement social de Sidi Youssef Benali (Marrakech), 28 décembre 2012:

    http://marrakehchtimes.blogspot.ca/2012/12/blog-post_7953.html
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     Par Mustapha Adib, aujourd'hui 15h,
    Marrakech aujourd'hui.
    Ça continue, et les forces de l'ordre commencent à en avoir marre de défendre le ridicule...

    Selon une source sécuritaire, la situation est sous contrôle et le calme regagne le quartier de Sidi Youssef Ben Ali, qui a connu de violents affrontements hier. Sans donner le chiffre exact des arrestations-estimé à une trentaine selon l'AMDH-, la même source sécuritaire reconnaît l'usage de bombes lacrymogènes dans ses interventions contre les différentes manifestations qui ont secoué la ville ocre. Les événements auraient mis la pression sur les forces de sécurité de Marrakech, qui s'apprête à accueillir des personnalités mondiales pour les fêtes de fin d'année, comme Zidane, Hillary Clinton, Nicolas Sarkozy, DSK, Marine Lepen et Jean-François Copé ou encore Djamel Debbouze.