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jeudi 22 septembre 2016

La RASD a 40 ans

Histoire : LA RÉPUBLIQUE ARABE SAHRAOUIE DÉMOCRATIQUE A 40 ANS

Par le comité suisse de soutien au peuple sahraoui

Nous reproduisons ci-dessous 2 pages du livre «front polisario, l’âme d’un peuple»d’Ahmed Baba Miské, paru en 1978 et relatant la naissance de la RASD il y a 40 ans.

«La République Arabe Sahraouie Démocratique (R.A.S.D.) fut proclamée le 27 février 1976, c’est-à- dire le jour même prévu pour le retrait total et définitif de l’Espagne. Il n’y aurait donc pas de «vide juridique». Les choses avaient considérablement changé depuis novembre 1975, et l’impact extérieur de cet événement n’était plus le même – notamment parce que les milieux étrangers le ressentirent comme la constitution d’un gouvernement en exil. Pour le peuple sahraoui cependant c’était la liesse.
Dans les camps réfugiés, parmi les combattants de l’A.L.P.S., la naissance de la R.A.S.D. fut vécue comme une grande victoire. Et comme une réhabilitation. La composition du gouvernement, rendue publique le 4 mars 1976, avait subi quelques modifications par rapport à novembre 1975. Le président restait cependant Mohamed Lemine Ould Ahmed, l’un des fondateurs et principaux responsables politiques du F. Polisario, jusque là chargé des Relations Extérieures.

mercredi 18 mars 2015

Parution de l’ouvrage “La prodigieuse histoire de la philosophie des droits de l’homme”


La prodigieuse histoire de la philosophie des DROITS de L’HOMME
PRÉFACE DE LIA MALHOUITRE-FERRATON

Pour comprendre les droits de l’homme, il faut remonter aux origines de l’humanité et entreprendre un fascinant périple passant par la Cité antique, le christianisme, l’humanisme, les Lumières, les bouleversements politiques et sociaux, et les multiples visages de l’Église catholique, tout à la fois protectrice et persécutrice, libéra trice et tyrannique. De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, ces droits ont été contestés, bafoués, mais sont toujours en évolution et s’étendent : les droits de l’homme en Asie, en Afrique; les droits de l’homme et l’islam… 
Aujourd’hui, où en est-on de l’abolition de l’esclavage, de la peine de mort ? Qu’en est-il du droit d’asile, du racisme, des sans-papiers ? Et le système Google, les écoutes téléphoniques… ?
Dans un rythme soutenu, Jean Ducret traverse le temps et les lieux pour repérer, analyser, expliquer les droits de l’homme. Il s’appuie sur quantité de références historiques, philosophiques, politiques et religieuses. Un livre fort et nécessaire.

vendredi 20 février 2015

Le Mouvement du 20 février au Maroc vu par un journaliste égyptien




À mon arrivée à Rabat, en provenance du Caire, pour la commémoration du quatrième anniversaire du Mouvement du 20 février marocain, j’avais en ma possession une étude portant sur la presse égyptienne et l’exacerbation du culte de la personnalité. Très rapidement, je me suis douté que mes collègues marocains ne manqueraient pas de relever les risques que mes propos feraient encourir : partout, il y avait des portraits en couleur du roi, depuis le hall de l’aéroport en passant par les billets de banque et jusque sur les plus petites pièces jaunes de la menue monnaie.

Le fait est que le portrait du «  Commandeur des croyants  » — titre maintenu, conformément à la Constitution modifiée de 2011 qui établit une monarchie constitutionnelle et parlementaire1 — vous accompagne partout, presque jusque dans votre chambre à coucher.
Avant de partir pour le Maroc, j’avais consulté les archives d’Al-Ahram, le quotidien égyptien le plus ancien et le plus important, celui qui s’intéresse le plus à l’actualité régionale et internationale. J’avais constaté le peu d’attention accordée au Mouvement du 20 février marocain. Six titres seulement durant l’année du lancement du mouvement  ; des informations limitées, relayées par des agences de presse internationales, à l’exception d’un article daté du 6 août 2011 qui reprend un entretien effectué par le journal avec la secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères, Latifa Akherbach, ainsi titré : «  Nul besoin de cloner les expériences de transition démocratique  ».
Néanmoins, en écoutant à Rabat les jeunes du Mouvement relater leurs expériences, j’ai été convaincu que la vague de changement impulsée par les deux révolutions tunisienne et égyptienne a eu un impact profond dans le monde arabe, jusqu’aux confins de l’Atlantique.

Mobilisés pour un changement social et politique

Il est vrai que les contestations marocaines avaient été précédées de signes annonciateurs dès le début des année 2000, à travers les manifestations nombreuses contre le chômage et le coût de la vie. De même, des comités de coordination et des campagnes avaient appelé dès 2007 à boycotter le paiement des factures d’électricité et d’eau dans de nombreuses villes du royaume, suite à la privatisation engagée dès cette date, de ces deux services publics, et à leur prise en main par des compagnies européennes. Mais le déclenchement du printemps arabe a poussé les jeunes présents sur Facebook, hors des partis politiques et des associations, à se poser la question : «  Pourquoi ne ferait-on pas comme en Tunisie et en Égypte  ?  »
En suivant les récits du soulèvement populaire qui s’est étendu à l’ensemble du Maroc sur une durée variable de trois mois à deux ans selon les sources, il apparaît que la mobilisation a commencé par un communiqué en huit points prononcé officiellement au siège de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) à Rabat le 17 février 2011. Élaboré par des jeunes de diverses tendances politiques ainsi que par des indépendants, le texte en appelait à une Constitution démocratique représentant la volonté du peuple. Il contenait également d’autres clauses politiques, sociales et culturelles, dont la reconnaissance de la langue amazigh. Cependant, ni les revendications consignées dans ce communiqué, ni les slogans de la rue n’ont été jusqu’à réclamer la chute du régime ou l’instauration d’une République.
Les activistes ont réussi à engager une lutte de longue haleine qui s’est étendue sur l’ensemble du pays. La mobilisation se renouvelait à travers des manifestations qui avaient lieu chaque dimanche et le 20 de chaque mois. Mais elle n’a jamais atteint le stade de l’insoumission civile, ni réussi à organiser un rassemblement décisif en un lieu central et symboliquement important.
Des comités de coordination ont essaimé dans de nombreuses villes et de jeunes leaders de terrain ont émergé. Un Conseil national pour soutenir les revendications du mouvement a été créé, composé de partis politiques, d’associations, de comités et de syndicats. Cependant, les jeunes de ce mouvement n’ont pas réussi à se fédérer autour d’une direction centralisée au niveau national.

Désamorçage de la contestation

Trois évènements ont permis de désamorcer le mouvement de contestation le plus long de l’histoire contemporaine du Maroc. D’abord, des réformes constitutionnelles, avalisées le 1er juillet 2011, ont été engagées par le Palais royal, dont la reconnaissance de la langue amazigh. Ensuite, à la suite des élections parlementaires anticipées du 25 novembre 2011, un parti islamiste, le Parti de la justice et du développement (PJD) présidé par Abdelilah Benkirane s’est trouvé en janvier 2012 à la tête du gouvernement et d’une coalition de quatre partis, dont le parti communiste classique (royaliste  !)2. Enfin, l’organisation islamique Al-Adl wal-Ihsan3, l’une des forces politiques les plus influentes et les plus populaires du pays (bien que n’ayant jamais été autorisée), s’est retirée du Mouvement.
Malgré la réforme constitutionnelle de 2011, le Maroc est toujours loin d’être une monarchie constitutionnelle et parlementaire. Car le roi reste la source de tous les pouvoirs, y compris un pouvoir moyenâgeux sur le fait religieux. Il est au-dessus de toutes les lois et n’est comptable à l’égard d’aucune autorité. Même le discours du trône à l’adresse du Parlement ne peut être discuté. De plus, les cérémonies annuelles d’allégeance, serviles et humiliantes, sont maintenues. Sans compter que le Palais et son entourage comptent les plus gros propriétaires et investisseurs du royaume. Ces derniers pratiquent une économie originale, où les caractéristiques de la féodalité se combinent avec ceux d’un capitalisme clientéliste. Ils ont mis la main sur des superficies considérables de terres, des avoirs bancaires, des exploitations industrielles, commerciales et minières (dont le phosphate), sans que le moindre contrôle ne soit exercé, ni la moindre transparence imposée. De même que des sommes considérables sont transférées vers des comptes à l’étranger, comme en attestent les documents de Swiss Leaks dont la presse du nord de la Méditerranée s’est faite l’écho.

Une dynamique en marche

Néanmoins, de nombreuses personnes appartenant à l’élite politique rencontrées à Rabat s’accordent à dire que des changements sont à l’œuvre au Maroc, dans la foulée des contestations du Mouvement du 20 février. D’abord, les citoyens ont surmonté la peur et la marge d’expression s’est élargie. De plus, les islamistes et les laïcs (dont à la fois des militants de gauche et des libéraux) font l’expérience inédite du dialogue et du travail conjoint. Une conviction s’est installée, selon laquelle il est impossible à un courant d’être à lui seul l’unique opérateur du changement. Une leçon importante aussi pour l’Égypte et le Machrek arabe.
Incontestablement, la trajectoire sinueuse et à rebondissements de la révolution égyptienne, l’entrée du confessionnalisme et du tribalisme dans les dynamiques des soulèvements arabes (en Libye, Syrie, Yémen, Bahreïn), de même que la montée du danger représenté par l’organisation de l’État islamique ont participé de la restriction des marges de libertés et du développement démocratique au Maroc. Les forces réactionnaires ont utilisé tous les éléments évoqués, en sus de la nécessité de «  préserver le prestige de l’État  » comme arguments pour freiner les dynamiques démocratiques à l’œuvre. De nombreux Marocains rencontrés parlent de régression. Le gouvernement et le Parlement échouent à mettre en application les nouvelles mesures – pourtant limitées — de la Constitution et à faire voter des lois en adéquation avec les nouveaux textes. De vraies questions se posent sur la marge de manœuvre dont dispose le gouvernement Benkirane pour faire face au pouvoir quasi absolu du roi. Bien plus, on s’interroge sur les manières dont le Palais instrumentalise ce gouvernement pour faire passer des décisions économiques et sociales impopulaires, en réponse aux demandes de la Banque mondiale et du Fond monétaire international (FMI).
Mais le changement le plus important au Maroc demeure l’émergence de jeunes leaders partout dans le pays. L’expérience du Mouvement du 20 février leur a permis d’acquérir des savoirs et des compétences. Nombreux sont ceux, parmi eux, qui n’ont pas perdu l’espoir de voir une autre vague révolutionnaire déferler, tout simplement parce que les causes qui ont déclenché la première vague sont toujours là. Des causes que les portraits en couleur du roi et de la famille royale n’ont pas pu cacher.
1NDLR. Amir al-Mouminine ("Commandeur" ou "Prince" des croyants) : «  Le Roi, Amir Al-Mouminime, veille au respect de l’Islam. Il est le Garant du libre exercice du culte.  » (...), titre III, article 41 de la Constitution de 2011.
2NDT. Le parti communiste marocain a été fondé sous le protectorat français, en 1943. Après une période d’interdiction, il réapparaît en 1968 sous le nom de Parti du socialisme et du progrès. Le PPS soutient résolument la monarchie dans sa politique au Sahara occidental. Dès 2010, et dans le sillage des printemps arabes, des dissensions sont apparues au sein du PPS dont la ligne officielle s’est opposée au Mouvement du 20 février.

samedi 5 juillet 2014

Histoire : La justice-selon-HassanII

http://telquel.ma/2014/07/03/histoire-justice-selon-hassan-ii_141206

Photo : DR Histoire : la justice selon Hassan II
3 juillet
16:04 2014
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Arrestations abusives, procès iniques, jugements lourds et sévères… Hassan II a utilisé la justice pour renforcer son pouvoir et fragiliser son opposition. Retour sur quelques procès politiques où l’ombre du roi planait sur les salles d’audience.

« Il y a deux manières de combattre, l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bêtes. Un prince doit combattre avec ces deux espèces d’armes », écrivait Machiavel dans son célèbre livre Le Prince. Hassan II a fait de cette formule un style de gouvernement et un fondement de son pouvoir. La violence politique et l’usage de la loi se confondaient chez le monarque pour ne faire qu’un. Il n’avait aucun état d’âme à les utiliser quand il fallait affronter un adversaire trop menaçant et le terrasser. Pour lui, les tribunaux étaient une extension du domaine de la lutte pour la conquête du pouvoir. Alors que son père Mohammed V, symbole de l’indépendance, n’a jamais utilisé la justice pour museler l’opposition, Hassan II n’hésitera pas à le faire. Dès le début de son règne,  il met les juges au service de son désir de domination. Les décennies 1960 et 1970 sont fortement marquées par le grand nombre de procès destinés à fragiliser l’opposition et la réduire au silence. Déjà en 1963, un an après son intronisation et deux mois après les premières élections législatives sous son règne, le souverain recourt à la justice pour affaiblir l’Union nationale des forces populaires (UNFP), principal parti d’opposition, dont les principaux dirigeants sont arrêtés et jugés. Ils sont accusés de complot contre le roi et d’atteinte à la sûreté de l’État. Juriste de formation, Hassan II souhaite donner, à travers ce procès, un semblant de légalité à un pur processus de répression politique. Depuis cette date, ce procédé s’est inscrit dans la pratique du pouvoir par Hassan II. Les leaders de l’opposition passent plus de temps devant les juges et dans les salles d’audience que dans les locaux de leurs partis. Les photos de Abderrahim Bouabid, Abderrahmane Youssoufi, Fqih Basri ou Omar Benjelloun traînés devant les tribunaux du royaume font partie du panthéon de la gauche au Maroc. Cette instrumentalisation du pouvoir judiciaire à des fins politiques atteint, à la fin du règne de Hassan II, des dimensions pathétiques et d’un autre âge, notamment avec la campagne d’assainissement, en 1996. Lors de cet épisode, les destins d’individus et de familles sont détruits par une justice aux ordres, qui n’est qu’un pion dans un immense jeu de pouvoir où se disputent des courants rivaux au sein de l’État. Des exemples qui nous rappellent que la réforme de la justice et l’affirmation de son indépendance sont plus qu’une nécessité. Sinon, l’histoire risque de se répéter.

Le complot de juillet 1963

• Verdict : 102 personnes poursuivies et 11 condamnations à mort
• Les stars : Abderrahim Bouabid et Mohamed Tber à la défense
• Procureur : Abdelmajid Benjelloun

jeudi 17 avril 2014

Décès de Dr Cléret, l’homme qui en savait trop sur Ben Barka



h24info.ma,18/04/2014 
François Cléret, à droite.
François Cléret (à droite) avec Hassan II et Moulay Abdellah lors de la naissance de Mohammed VI. © DR
Ancien médecin personnel du roi Hassan II, le Dr François Cléret est décédé à Paris à l'âge de 96 ans. Il est présenté comme l’homme qui en savait trop sur la vie du monarque et sur la mort de Ben Barka. Le "Journal d’un prince banni" du prince Moulay Hicham en a de nouveau apporté la preuve.
Né en Indochine, François Cléret a été de tous les évènements qui ont marqué le 20e siècle en France comme au Maroc: le régime Vichy auquel il s’est opposé, la guerre en Indochine, l’exil de la famille royale marocaine à Madagascar. Il est resté au service de la monarchie jusqu’à l’indépendance. François Cléret est ensuite devenu le médecin personnel, mais aussi le proche ami et confident de feu Hassan II…jusqu’en 1967, date à laquelle s’enfuit en France.
Cléret, décédé à Paris à l'âge de 96 ans et enterré hier jeudi, est l’homme qui "en savait trop", notamment sur l’affaire Ben Barka, sur laquelle il est revenu en mars 2000, dans son livre "Le cheval du roi" (paru aux Presses du Midi). Le médecin y affirme notamment que le leader de l'opposition marocaine a été tué accidentellement par le général Oufkir. Le corps de Mehdi Ben Barka aurait ensuite été découpé, puis ramené au Maroc, dans des valises diplomatiques, puis éparpillé et enterré dans plusieurs endroits secrets.

"J’ai grandi avec une histoire murmurée, un secret chuchoté dans le premier cercle. La tête de Ben Barka a été ramenée et présentée à Hassan II.  J’entendais cette confidence de manière récurrente dans la bouche de deux ou trois amis très proches de mon père. Elle provenait d’un récit que le docteur Cléret, successivement médecin personnel de Mohammed V puis de Hassan II, avait fait à mon père", lit-on dans le "Journal d’un prince banni" de Moulay Hicham.

"Connaissant les relations du docteur Cléret avec ma famille, je ne vois pas bien pourquoi il aurait raconté à mon père une histoire aussi morbide si elle n’était pas vraie", appuie-t-il. Avec son décès, François Cléret enterre avec lui, et une fois de plus, un pan entier de l’histoire du Maroc moderne.

vendredi 4 avril 2014

Le grand écart statistique du Maroc : des bulles de surdéveloppement au milieu d’un océan de pauvreté traditionnelle

Par Omar Saghi, TelQuel,  2 avril 2014 
Une récente publication internationale révèle que le Maroc se situe en queue de peloton mondial pour l’éducation. Récriminations, regrets marocains. D’autres études pointent le mauvais élève de la santé publique. De la mortalité des femmes en couche. Des maladies infantiles. De la pauvreté rurale. Du retard des infrastructures. Emois, introspection, soucis à Rabat. Mauvais élève arabe, le Maroc ne fait pas mieux que la Mauritanie, que le Yémen, que le Soudan. Certaines régions (le Tafilalet, le Rif, le Haut-Atlas…) se bousculent du côté des pays les moins avancés (PMA) dans les colonnes statistiques mondiales aux côtés du Mali ou de la Bolivie. 
Bref, le Maroc est sous-développé.

D’autres chiffres défilent. Les meilleures écoles supérieures du Sud ? Parmi elles figurent des fleurons de l’Education nationale, publique ou privée. Les plus grandes places boursières africaines ? Casablanca caracole en tête. Les étudiants étrangers dans les grandes écoles parisiennes ? Marocains principalement, avec les Chinois et les Allemands. Les grandes entreprises maghrébines ? Les grands ports ? Les success stories médiatiques, artistiques, architecturales dans le monde arabe ? Marocains souvent. Bref, le Maroc est un pays émergent.

Mais la cohérence y passe. Et ceux qui se penchent sur le sort de ce pays jouent à compartimenter leurs analyses. D’où la dichotomie sauvage des avis sur le Maroc. Pays à la traîne. Pays pionnier. Délabré. Emergent. Médiéval. Innovant… Il ne s’agit pas de l’habituel jugement binoculaire, du verre à moitié vide ou à moitié plein. En réalité le verre marocain est plein, et vide également. Les deux avis se défendent, arguments chiffrés à l’appui. Ce n’est pas une bizarrerie quantique, mais le témoignage emblématique du dualisme marocain.
Le pays en effet, depuis l’indépendance, a fait le pari d’une modernisation qui préserve les structures politiques traditionnelles. Il lui fallait des caïds et des polytechniciens, des ouléma et des médecins, une bourgeoisie forte et entreprenante et une paysannerie nombreuse et arriérée. Il a donc, via ses programmes politiques, l’affectation de ses ressources, ses choix idéologiques et ses alliances, créé des bulles de surdéveloppement au milieu d’un océan de pauvreté traditionnelle : peu d’écoles publiques, des instituteurs sous-payés, des programmes poussiéreux d’une part, et de l’autre quelques écoles supérieures brillantes, des bourses rares et bien ciblées, des accords de coopération élitistes ; un investissement public maigre, des infrastructures squelettiques, pas de classes moyennes, mais d’importantes facilités fiscales à quelques secteurs ciblés, des flux financiers abondants et concentrés, une façade atlantique suréquipée…
Si le Maroc pointe aujourd’hui parmi les meilleurs et les pires, auprès des pays du Golfe et du Liban, et aussi du Yémen et de la Mauritanie, si nous perturbons les boussoles des instances de comptabilité internationales et les nôtres, il ne s’agit ni de schizophrénie ni de manque de données, mais du fruit d’une politique vieille d’un demi-siècle : maintenir un ancien régime en le dotant de produits high-tech. Le dualisme marocain n’est pas involontaire, ce n’est pas le résultat malheureux de négligences, mais l’effet pensé d’une politique cohérente. Les efforts contraires, entamés depuis deux décennies, pour combler le fossé entre les deux Maroc, doivent se situer par rapport à cette histoire.
Omar Saghi, paru dans Telquel

mercredi 5 mars 2014

Hommage à Abdelkrim El Khatabbi, fondateur de l'unité maghrébine !



Abdelkrim

Abdelkrim – parce que la postérité a retenu plus le prénom que le nom, un peu comme pour Guevara dont on n’a retenu que le « Che » – est notre « Che », à nous, maghrébins. Si on fait ici le lien entre les deux personnages, c’est pour signaler leur proximité de combat : l’anti-impérialisme.Guevara lui-même reconnaitra en Abdelkrim son prédécesseur, lorsque, en visite au Caire, en 1959, un an après la victoire de la révolution castriste contre la dictature  de Batista, il demandera à rencontrer l’exilé « rifain » du Caire : Abdelkrim El Khatabbi.

Pour la petite histoire, c’est par l’intermédiaire d’un certain Alberto Bayo que Guevara et ses compagnons vont prendre connaissance de « l’épopée d’or et de sang » d’Abdelkrim (c’est le titre d’un livre écrit par Zakiya Daoud en 1999).
Bayo a participé dans les rangs de l’armée espagnole à la guerre du Rif, mais il était parmi les rares responsables militaires à sympathiser avec les résistants « rifains ». Il se retrouvera dans les rangs « républicains » durant la guerre civile espagnole de 1936 contre les fascistes de Franco, dans les rangs des résistants durant la Seconde guerre mondiale et, au début des années 1950, au Mexique aux côtés de Fidel Castro, Raul Castro et Che Guevara. Castro raconte que c’est Alberto Bayo qui les a initiés à la lutte de guérilla, ce dernier ayant fait ses premières armes en la matière dans le Rif marocain.

La rencontre entre les deux guérilleros n’a pas reçu la publicité qui sied à ce type de rencontre et même les photos prises à cette occasion ont été soustraites par les autorités consulaires marocaines, dans la bonne tradition stalinienne où l’on efface les visages des « vaincus » des clichés (de la révolution bolchévique ou de la révolution chinoise).

L'histoire est toujours écrite par les "vainqueurs", jamais par les "vaincus".
Abdelkrim, comme beaucoup de combattants révolutionnaires, même morts, font encore trembler les fondations de pouvoirs qui se sont consolidés dans le déni de leur contribution à la lutte contre la domination coloniale impérialiste.
En Tunisie, c’est l’épopée dite « Youssefiste » qui est passée à la trappe, avec comme prix, l’exécution d’un millier de partisans de Salah Ben Youssef et l’assassinat de ce dernier à Francfort en 1961.
En Algérie, ce fut l’effacement de tout un pan de l’histoire anticoloniale dont de nombreuses figures comme celle d’un des fondateurs de l’Etoile Nord-africaine, Messali Hadj, et tant d’autres qui sont tombés dans l’oubli, liquidés physiquement pour nombre d’entre eux.
Et par un hasard qui mérite de retenir l’attention, un fil rouge court entre ces « oubliés », ces « vaincus » de l’Histoire, et remonte à Abdelkrim.

Crise révolutionnaire et mémoire
A l’occasion du cinquantenaire de sa mort, nous voulons rappeler aux jeunes qui s’engagent en politique à l’occasion de la crise révolutionnaire qui balaye le monde arabe dans ses deux ailes du Maghreb et du Machrek, l’importance de ce personnage clé pour la compréhension de notre histoire contemporaine.
A contre-pied de la nouvelle mode des généalogies mythologiques verticales qui font vieillir  les provinces de nos régions à coup de millénaires : « 3000 ans pour la Tunisie… », « 7000 pour l’Egypte… », et dont les protagonistes restent amnésiques à propos de la période contemporaine, celle du vingtième siècle, qui a vu naître, avec Abdelkrim et sa guerre du Rif en 1921, notre longue lutte contre le colonialisme franco-espagnol.

Il est vrai que nous avons hérité de cette tradition des généalogies mythiques, « pur produit » des français, et leurs « gauloiseries ». Ce sont ces mêmes Français qui nous ont enseigné qu’il valait mieux fêter « Vercingétorix » qui ne parlait ni ne se considérait évidemment pas « Français », contre des « Romains » qui n’étaient, en aucun cas, les ancêtres des habitants de la péninsule italienne d’aujourd’hui, plutôt que de célébrer la mémoire d’Auguste Blanqui, le révolutionnaire ayant passé les trois quarts de sa vie emprisonné par les « Versaillais » et leurs ancêtres thermidoriens, ni d’honorer la Commune de Paris de 1871 et sa « semaine sanglante » où furent massacrés 30 000 communards, sans compter les dizaines de milliers de prisonniers enfermés dans les bagnes de la Nouvelle Calédonie et de Cayenne en Guyane.

"Commune du Rif"
Abdelkrim est notre Blanqui et sa résistance à l’oppression coloniale notre « Commune du Rif ». Il tint tête à l’armée espagnole dans sa guerre d’invasion du Rif marocain et obtint même une victoire, celle de la bataille d’Anoual en 1921, où le général Sylvestre fut défait, avec des pertes, dans le camp espagnol, estimées à 17 000 morts.
Cette première défaite d’une armée impérialiste eut un écho jusqu’en Inde, où Gandhi salua la victoire des résistants rifains, et jusqu’en Indochine, où Ho Chi Minh reconnut en Abdelkrim son frère d’armes. C’est le même Ho chi Minh qui, de Paris, va organiser avec l’aide du jeune Parti communiste la solidarité des travailleurs issus des colonies en faveur des résistants marocains. Cela était d’autant plus nécessaire que la puissance coloniale française qui occupait la moitié sud du Maroc déclara à son tour la guerre à Abdelkrim et ses guérilleros.
C’est le Maréchal Pétain qui prit les commandes de l’offensive française en remplacement du général Lyautey, jugé « trop mou ». Pour venir à bout de cette résistance armée, on n’hésita pas à utiliser les bombardements chimiques avec l’utilisation du fameux gaz « Hypérite », dit aussi « Gaz moutarde », utilisé abondamment et dont les effets se font encore sentir dans le Rif, aujourd’hui.

Une étoile est née
De cette solidarité qui dura jusqu’à la reddition d’Abdelkrim en 1926, va naître, à Paris, cette même année, l’Etoile Nord-Africaine.
Cette Etoile Nord-africaine va organiser les travailleurs d’origine maghrébine dans un cadre de lutte commun, avec comme programme : la libération de l’ensemble des trois colonies du Maghreb. L’idéologie et le programme de cette Etoile Nord-Africaine s’inspirent de l’épopée d’Abdelkrim et de ses mots d’ordre unificateur. Au moment de sa reddition, il aurait en effet eu ces paroles prémonitoires : « S’il y avait eu, en Algérie et en Tunisie, et en même temps qu’au Rif, une résistance équivalente, l’histoire se serait écrite autrement ».
Guevara ne disait pas autre chose quand il appelait  au moment de la guerre vietnamienne à ce « que naissent  un, deux, trois Vietnam ! ». C’est l’idée de disperser les forces de l’ennemi pour mieux le combattre.

Nous sommes dans une situation similaire, aujourd’hui ! La multiplication de nos soulèvements est une chance pour qu’elles dispersent les forces qui nous sont hostiles. Elle serait aussi notre faiblesse si on ne tire pas de leçons des expériences qui nous ont précédées. Honorer la mémoire de ce grand lutteur que fut Abdelkrim, c’est rendre hommage à un unificateur des luttes maghrébines et à un fondateur de la lutte anticoloniale au vingtième siècle.

Les luttes d'hier et d'aujourd'hui
Dès sa fuite, en 1947, du bateau qui l’emmenait de la Réunion vers la France et son installation au Caire, il reprendra sa place, restée vacante pendant 20 ans, au sein de la diaspora maghrébine au Caire. Il dirigera le bureau Maghrébin au sein duquel se retrouvent naturellement toutes les composantes du mouvement anticolonial maghrébin.
C’est au sein de ce bureau et instruit de la défaite que venaient de subir les « armées arabes » au moment de la décision des grandes puissances coloniales de dépecer la Palestine et d’installer le nouvel Etat colonial sioniste, qu’Abdelkrim décide d’organiser la lutte armée à l’échelle maghrébine.

C’est chose faite à partir de 1952 en Tunisie, le 18 janvier, et au Maroc les mois suivants en attendant le 1er novembre 1954 en Algérie.
La stratégie qui fondait cette action était la meilleure façon de combattre l’impérialisme français. Le projet était un projet unificateur pour l’ensemble de la région. Des factions opposées à ce projet vont, en choisissant de s’allier avec l’occupant, le faire avorter et porter un coup sévère à l’union de cette région. Ils dominent depuis un demi-siècle la région et les révolutions en cours sont la meilleure réponse à cette division entretenue par les classes dirigeantes et possédantes.

Voilà une bonne raison pour se remémorer Abdelkrim et son épopée. Il nous faut rejeter l’amnésie et rallumer la flamme de notre combat unitaire contre toutes les formes de domination intérieure et extérieure.
Abdelkrim est un jalon de toute une généalogie militante dont nous devons perpétuer le combat.

samedi 18 janvier 2014

Le Sahara occidental… en moins de 3000 mots !


N’avez-vous pas ressenti une certaine  lassitude quand vous avez commencé à raconter le conflit du Sahara occidental à quelques amis et que ces derniers ont ouvert de grands yeux interrogatifs avant de lâcher : « qu’est-ce que c’est compliqué, ton histoire !!! » ? Et bien, cette bande dessinée qui vient d’être traduite de l’espagnol vers le français vous tend les bras et ne demande qu’à être offerte à vos amis ! Le conflit du Sahara occidental en moins de 3000 mots… à télécharger et envoyer sans retenue.
L’initiative vient d’Espagne : une bande-dessinée imaginée par l’auteur Mauro Entrialgo pour rendre plus accessible un conflit géopolitique vieux de près de 40 ans. 20 pages en accès libre (lien de téléchargement à la fin de cette page) que l’auteur présente ainsi :   »L’auteur reconnaît que cette bande dessinée est une exposition schématique, avec des intentions vulgarisatrices, d’un conflit d’une grande complexité« . Œuvre vulgarisatrice certes mais qui présente l’avantage de faire ressortir certains éléments souvent occultés, comme les véritables raisons du tracé de la frontière entre le Sahara (alors espagnol) et la Mauritanie (alors territoire français), en page 10 et 11, ou encore le don en 1976  par l’Espagne de 65 % des parts de la mine de phosphates de Boucra au Maroc en plus de l’ensemble du territoire, en page 8.
Des dessins humoristiques illustrent les principaux faits qui émaillent l’histoire du conflit.

Une partie « Un bref historique » rappelle les dates principales, et des pages consacrées à des éléments essentiels pour bien comprendre les enjeux proposent un éclairage sur « Les phosphates », « La Marche verte », « Les murs », ou encore « Les camps de réfugiés ».


Acacia tortilis ou talha en hassanya (langue parlée par les Sahraouis)
Acacia tortilis ou talha en hassanya (langue parlée par les Sahraouis)
Un« Mini-dictionnaire » est proposé dans les premières pages. On peut apprendre par exemple que  le « talha » est un arbre typique du Sahara et que « selon le Polisario, il court le risque d’extinction à cause de son emploi systématique comme combustible par les 150 000 soldats Marocains installés dans la région« . Ce qui est confirmé sur le site www.mauritanie-decouverte.net : « Souvent seul bois disponible, il est surexploité dans les régions sahariennes ».

On peut également y lire que le hassaniya est le dialecte parlé au Sahara : « la plupart des termes appartiennent à l’arabe classique, mais certains mots proviennent aussi de l’espagnol et du français« . Précisons que cette langue est un des aspects les plus importants de la culture sahraouie, mais que ce patrimoine est actuellement en danger. En effet, le Maroc tente d’en récupérer les principaux attributs. Un institut pour apprendre le hassaniya aurait été ouvert ces derniers mois à Rabat. Les Sahraouis ne sont pas libres de leur état-civil, l’administration n’accepte qu’une certaine orthographe (Hassan pour Hassana par exemple) et pas autant de noms que la tradition sahraouie le prévoit.

La traduction en français a été assurée par Moisés Ponce de León de l’Université Rennes 2 – Haute Bretagne. L’ouvrage a été financé par le conseil de la jeunesse de la Principauté des Asturies.
Télécharger la BD en PDF : ici
Demander des exemplaires imprimés : envoyer un mail sur poncedeleon-mi@wanadoo.fr

samedi 25 mai 2013

Histoire : Sahara occidental: la nation saharaouie de sa naissance à sa consolidation.


MediaLe conflit du Sahara occidental est un cas classique de colonisation. Une armée d'occupation jugulant et opprimant un peuple. Celui-ci est nié dans son histoire et dans sa culture. Le territoire de ce peuple a été occupé militairement et cette occupation s'exerce par la force des armes.
Le royaume du Maroc a soutenu et soutient toujours que ce conflit a été crée par l’Algérie. Pour rappel il faut se rappeler que l'Algérie n'a aucune revendication sur le territoire. Le front POLISARIO a été crée par d'authentiques Sahraouis ayant fait leur études à RABAT pour une partie d'entre-eux et n'ayant aucune attache avec l'Algérie. Elle a soutenu bien après un mouvement de libération nationale conformément à sa politique de l'époque.
En réalité le peuple sahraoui, formé de tribus (Réguibat, Larouissiyen, Oueled dilem, Les Tekna,..) n'en constitue pas moins un ensemble cohérent sociologiquement et culturellement. Ces tribus parlent la même langue (la HASSANIYA), ont les mêmes coutumes et le même mode de vie. Ce peuple n'est ni  Marocain, ni  Mauritanien.

La naissance de la nation sahraouie est-elle antérieure à l'invasion du territoire par le Maroc en 1975 ou est-elle postérieure à cet événement ?
 La nation dit-on est un ensemble d'individus ayant conscience d’appartenir à un même ensemble et dont la destinée est commune.
Si on prend en considération cette définition, on peut observer que les prémices de la nation sahraouie sont apparues lors de la manifestation de ZEMLA le 17 juin 1970. En effet ce jour là les tribus sahraouies se sont réunies et ont présenté un mémorandum commun porté par Mohamed BASSIRI.
Sur la naissance de la nation sahraouie, le professeur Maurice BARBIER publie un article sous le titre "La naissance de la nation sahraouie" dans la revue sahara-info N°60 du mois de mars 1982 (revue sahara-info N°60). Les numéros de cette revue sont téléchargeables gratuitement depuis le site sahara-info.org.
Media
Le même auteur publiera quelque mois plus tard un livre "Le conflit du sahara occidental" chez l'HARMATTAN qui est la référence sur ce conflit. Il est réédité plusieurs fois depuis.
Au jour d'aujourd'hui cette nation saharouie s'est raffermie preuve en est les manifestations d'EL AYOUNE et SMARA du 04 mai 2013.
Les autorités marocaines d'occupation prises au dépourvu ne savent pas quoi faire pour contrer ces manifestations à part la bastonnade, la prison et la torture.
Que de chemin parcouru depuis la création du Front POLISARIO le 10 mai 1973
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10 et 20 mai 1973, n'oublions pas ces deux dates ! Émergence de la lutte d'indépendance
du peuple sahraoui

10 mai 1973, création du Front Polisario, 20 mai 1973, décision prise de recourir à la lutte armée contre l'occupant espagnol. Ces deux dates fondatrices sont fêtées chaque année, dans les campements, depuis le début de l'exil en 1976 et au Sahara occidental, de manière publique, à mesure que se renforce l'opposition à l'occupation marocaine.
L'anniversaire des 40 ans prend d'autant plus de sens, cette année, que le développement du conflit, revient au premier rang de l'actualité marocaine et interroge avec acuité la Communauté internationale, impuissante à appliquer ses résolutions depuis près de 50 ans. 
Attentifs à fêter avec le peuple sahraoui cet important anniversaire, nous sommes également attentifs à la situation qui prévaut au Sahara occidental. Le huis-clos imposé pendant des décennies aux civils sahraouis, habitant leur pays occupé, par la monarchie marocaine, a échoué. Des associations sahraouies existent, les jeunes et les moins jeunes sont dans la rue, pacifiquement et le drapeau de la RASD y est devenu l'étendard le mieux partagé. La répression exercée par l'occupant quel que soit son arbitraire et sa cruauté n'y pourra rien. « Cette musique », insistante, tenace pour l'autodétermination et la conquête de la liberté d'expression semble être de mieux en mieux comprise, au grand dam de la monarchie qui alerte, mobilise, s'agite, dénonce….
Les anniversaires sont également l'occasion de se souvenir d'autres dates : le Sahara occidental est inscrit depuis 1964 sur la liste des territoires non autonomes et à ce titre éligible à l'application de la résolution 1514, de l'Assemblée générale des Nations unies, portant déclaration sur l'octroi à l'indépendance aux pays et peuples colonisés ; le 6 Septembre 1991, cessez le feu entre Maroc et Polisario et déploiement d'une Mission de paix pour la mise en œuvre du référendum d'autodétermination. Se souvenir aussi des déclarations marocaines, disparues avec la Marche verte et l'occupation du Sahara : en octobre 1966, le Ministre marocain des Affaires étrangères, déclarait devant l'Assemblée générale : « Le Maroc soutient une véritable indépendance pour le Sahara occidental, en mettant l'avenir de la région dans les mains de ses fils, qui dans un contexte de liberté, décideront librement de leur autodétermination ». Le Sahara était alors espagnol et jusqu'en 1970, les responsables marocains, Hassan II y compris, reprirent de telles déclarations. 

Alors 40 années étaient-elles nécessaires pour revenir au droit, reconnaître l'identité d'un peuple et son droit à décider librement de son avenir ? Il est désormais urgent de « conclure » pour le peuple sahraoui et tous les peuples du Maghreb ?

Favoriser les conditions d'une réelle liberté d'expression pour chaque civil et écouter ce qui se dit au Sahara occidental, mettre en place de réelles négociations suivant toutes les recommandations des résolutions des Nations unies. L'anniversaire du déclenchement de la lutte armée contre l'Espagne, doit être ressenti comme un signal ! Les Sahraouis depuis 1991, ont choisi la voie pacifique et politique, mais ce choix sera-t-il toujours possible ? La reprise de la guerre ne pourrait-elle pas être la seule réponse face à la négligente impuissance de la Communauté internationale, incapable d'imposer le respect de leur droit au Maroc ?
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

samedi 23 mars 2013

Mémoires d'Ali Fkir :" Le petit berger qui devint communiste"


- L'épopée de la grande famille des Aït Hammou de Talsint (1907 à 1934)
- Le veille de "l'indépendance " de 1956
- Les accords d'Aix-les-bians et le néocolonialisme
- Les événements de janvier 1957 (Addi Ou Bihi...à
- La "constitution" de 1962
- Les dessous de l'exode de juifs marocains (cas de juifs amazighs de Midelt)
- Mars 1965
- Naissance du Mouvement Marxiste léniniste marocain
- Colloque d'Ifrane, mars 1970 et 1ère "rencontre" avec Hassan II et autres potentats
- Arrestations de 1972...
- La vie en prison...
- Arrestations de 1984...
- Rencontre de l'ex petit berger en prison  avec Ahmed Benjelloune, Ben Amre, Cheikh Yassine....
Plus: pas mal de "données" sur la vie personnelle.
 La censure n'a pas joué beaucoup hhhh 
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Ce livre "autobiographique" a commencé par les paroles de mes 3 enfants. Elles donnent une idée fidèle du livre. J'en suis très ému. 
Saïda mérite ce prénom que la mère  et le père ont emprunté à la martyre Saïda Mnebhi, Mahmoud mérite ce prénom que la mère et le père ont emprunté aux martyrs  Abdellatif Zeroual (son pseudonyme de la clandestinité) et Bennouna, assassiné en mars 1973 dans la région de Ksar(es-souk (aujourd'hui Errachidia), quant à Samed, ce prénom a été choisi par sa maman et son papa pour souligner la continuité du combat contre le makhzen, la fidélité aux idéaux pour lesquels Saïda, Zeroual, Bennouna se sont sacrifiés.
 Je reproduits la première page du livre. L'écrit de mes enfants a été reproduit tel qu'il m'a été adressé. J'ai interdit à l'éditeur d'y toucher.

   "  Nous avions toujours demandé à Ali d’écrire ses mémoires, d’une façon ou d’une autre, pour plusieurs raisons. En tant que ses enfants qui avons grandi en écoutant de temps en temps des bouts d’histoires de sa vie, nous avons toujours été fiers de son parcours de petit berger nomade devenu enseignant et militant révolutionnaire entre autres. Seulement, ce parcours, on ne le connaissait que partiellement, par bribes de récits parsemés. En tant que militants, chacun à sa façon, avec nos propres vécus et expériences, avec nos idées et nos idéaux, pas toujours les mêmes que celles de nos parents d’ailleurs, en tant qu’héritiers de ce passé (et présent) militant avec des valeurs d’égalité, de liberté et de justice sociale que nous avons adoptées et dont nous sommes fiers, nous avons toujours été intéressés par l’Histoire du Maroc et du mouvement social marocain qui constituent des éléments d’explication importants de la situation sociale, économique et politique actuelle. Cet écrit n’est pas un écrit qu’on peut qualifier de littéraire, c’est un ensemble de récits rédigés spontanément sans brouillon et sans relecture, avec les mots de tous les jours, avec un itinéraire historique qui reflète les étapes de la vie de Ali, avec des expressions et jeux de mots très marocains à l’image de Ali. Cet écrit est à l’image de Ali. Ali le spontané, l’attentionné, qui dit haut et fort ce qu’il pense mais qui ne cherche jamais à blesser les autres par ses mots. Ali le révolutionnaire, l’optimiste, fort de ses convictions, des étoiles pleins les yeux, le poing toujours levé. Ali l’humaniste, l’altruiste, qui pense toujours aux autres, qui croit en l’Humain. Ali l’enseignant modèle, toujours essayant de vulgariser ce qu’il explique en utilisant les mots de tous les jours, avec ce besoin de se faire comprendre, argumenter, convaincre, mais en même temps cette capacité à faire de l’auto-critique. Bref, un grand merci à Ali pour cet écrit, pour cet apport inestimable. Un grand merci à Ali le Père qui nous permet à travers cet écrit d’en connaître un peu plus sur sa vie, mais également sur nos origines, nos ancêtres, notre histoire. Un grand merci à Ali le camarade qui nous livre une autre version de quelques faits historiques de notre pays que l’histoire officielle occulte ou déforme volontairement.
 Saïda, Mahmoud et Samed FKIR"  



 


وخ هازا الكتاب مقلوب..قريتو و فعشية..عجبني بزاف..ماقدرتش نحطو..شكرا علي... 
très émouvant..très touchant..une si riche expérience racontée avec tant de modestie...je vous le conseille vivement....l'excellent "le petit berger qui devint communiste" merci beaucoup mon ami de toujours 

jeudi 13 septembre 2012

"Bribes d'une décennie à l'ombre"


Bonjour,

L'ancien prisonnier politique, Mohamed ElKhotbi, du groupe de Kenitra (1972-1982) vient de publier un livre sur son expérience carcérale et les années de plomb au Maroc: Bribes d'une décennie à l'ombre
Son livre est adapté en spectacle par l'artiste Rachid Fekkak.
Ce spectacle aura lieu en sa présence le 18 septembre à l'Espace le Scribe de l'Harmattan
19, rue Frédéric Sauton –Paris 5°    (Métro : Maubert Mutualité)
Voir invitation en pièce jointe

Bien cordialement
Ayad Ahram
ASDHOM



Invitation


19h : présentation et signature du livre 
Les  Editions Kalimates et l'auteur, vous invitent pour la soirée du mardi 18 septembre 2012 à



 "Bribes d'une décennie à l'ombre"

de Monsieur El Khotbi Mohamed


à la librairie  TROPIQUES  , 56 rue Raymond Rosserand
(métro Pernetty ligne 13).
21h : diner spectacle issu d’une adaptation du livre par l’artiste  

RACHID FEKKAK  
(lecture/chants/musique maghrébine et orientale) 

à ESPACE LE SCRIBE L'HARMATTAN   

19, rue Frédéric Sauton –Paris     (Métro : Maubert Mutualité)
Il est proposé un repas pour 25 euros, thé ou café compris, boissons en sus.