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lundi 23 mars 2015

Mossad, Hassan II et Ben Barka : De nouvelles révélations sur d'obscures relations

Mohammed Jaabouk Copyright Yabiladi.com, 20/3/2015



Six semaines avant l’assassinat de Ben Barka, le Maroc avait permis au Mossad de mettre la main sur les documents et les enregistrements d’une réunion de la Ligue arabe, tenue en septembre 1965 à Casablanca. C’est ce que vient de révéler, aujourd’hui, un quotidien israélien.
Mehdi Ben Barka / DR

De nouvelles révélations sur les liens entre le roi Hassan II, le Mossad et l’assassinat de l’opposant Mehdi Ben Barka. Aujourd’hui, un site palestinien publie un article du quotidien Yediot Ahronot, annonçant que la hiérarchie militaire israélienne vient d’autoriser la diffusion d’informations, avec le témoignage de Meit Amir, le chef du Mossad de l'époque, sur une opération menée par le contre-espionnage israélien au Maroc durant les années soixante. Elle consistait à mettre sur écoute une session de la Ligue arabe, tenue du 13 au 18 septembre 1965 au royaume. Une réunion très connue dans l’Histoire du panarabisme par la signature d'un pacte de solidarité entre les différents membres de la ligue dit « Pacte de Casablanca».

Des agents du Mossad présents ?
Le journal israélien indique que Hassan II était initialement prêt à réserver aux agents du Mossad tout un pavillon de l’hôtel où devait se dérouler le sommet des chefs d’États arabes afin de suivre de très près leurs interventions mais surtout celles des chefs des armées. A la dernière minute, le roi craignant que des membres des délégations arabes puissent reconnaitre la véritable identité de Meir Amit, le directeur général du Mossad (1963-1968), dans les couloirs de l’hôtel casablancais, avait changé d’avis.
En dépit de ce revirement, la partie israélienne a eu accès à tous les documents et aux précieux enregistrements des interventions des militaires arabes. Ceux-ci avaient permis aux responsables de Tel-Aviv de jauger de la capacité des armées des pays de la Ligue à livrer bataille contre l'armée israélienne. En juin 1967, Israël sortait victorieuse de sa rapide guerre contre l’Egypte et la Syrie, occupant le Sinaï, le Golan, Gaza et Al Qods.

Ben Barka assassiné six semaines après la réunion de Casablanca
En échange du service rendu par le Maroc à Israël, le Mossad s’était engagé à suivre les déplacements de Mehdi Ben Barka en Europe. Une mission facilitée par la présence sur le territoire français, avec la bénédiction de Charles de Gaulle, d’une antenne du Mossad. C’est justement ce bureau qui avait permis d'une part de piéger Ben Barka avec le projet de film historique et d’autre part faciliter aux agents des services secrets marocains l'entrée en France avec de faux passeports.
A l’époque, l’opposant vivait des moments difficiles. Le coup d’Etat, du 10 juin 1965 en Algérie, contre le président Ahmed Ben Bella, avait impacté ses finances et la réalisation de son projet de la Tricontinentale. La suite est connue et ne fait que corroborer les révélations de l’ex-agent du Mossad, Rafi Eitan. Celui-ci déclarait, en décembre 2014, à une chaîne israélienne qu’il avait conseillé à Ahmed Dlimi de se débarrasser du corps de Ben Barka dans un récipient rempli de chaux pour ensuite brûler le tout.

http://yabiladi.com/articles/details/34465/mossad-hassan-barka-nouvelles-revelations.html

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 Lire aussi :

 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-mossad-implique-dans-la-disparition-de-ben-barka-selon-des-journalistes-israeliens_1664608.html

vendredi 31 octobre 2014

Mohammed VI interpellé à nouveau sur l’assassinat de Ben Barka |


 Mokhtar Bendib

Le dossier du kidnapping du leader charismatique de la gauche marocaine, Mehdi Ben Barka, à Paris, il y a 49 ans, ne cesse de hanter les nuits du Makhzen, et de son monarque. D’autant que le mystère reste entier sur le plus célèbre enlèvement politique de ces 50 dernières années.
Dans la capitale française, les amis de la famille Ben Barka, des ONG françaises, ont commémoré la disparition de Ben Barka, et demandé aux autorités françaises de faire toute la lumière sur un acte qui a été un véritable défi pour l’État français, et son incarnation, d’alors, le Général De Gaulle.  "Les raisons et les complicités d’États continuent de protéger les assassins,  «les gouvernements, français et marocain, doivent aider l’action de la justice pour la vérité ». C’est sous ces deux slogans que plusieurs ONG et associations de défense des Droits de l’homme, en France, ont commémoré, hier mercredi, à Paris, devant la Brasserie Lip, au Boulevard Saint-Germain, le 49e anniversaire de l’enlèvement du leader et opposant de la gauche marocaine, Mehdi Ben barka. Pour l’Asdhom, l’AMF (Association des Marocains en France), l’ATMF (Association des travailleurs maghrébins en France), ou l’AMDH-Paris, et plusieurs autres ONG; il s’agit, aujourd’hui, plus que jamais de faire la lumière sur cette affaire, et entendent réclamer toute la vérité sur la disparition de Mehdi Ben Barka. Mais, pour sa famille, l’essentiel est que, jusqu’à aujourd’hui, aucun élément de vérité palpable n’a été donné pour expliquer, sinon éclaircir, les nombreux coins d’ombre d’un enlèvement politique surmédiatisé, et même porté à l’écran “L’Attentat”. Histoire de barbouzes, français et marocains, aidés par des voyous fichés par la DST, l’enlèvement de Mehdi Ben Barka est imputé à Hassan II. L’actuel patron de la Gendarmerie royale, le général Hosni Benslimane, à l’époque capitaine, serait l’un des rares protagonistes, de ce dossier, encore en vie. Un premier procès de l’affaire Ben Barka s’est achevé par un arrêt de la Cour d’assises de la Seine, le 5 juin 1967, et n’a pu faire la lumière, ni sur les circonstances de l’enlèvement, ni sur ses suites tragiques. Pour autant, l’instruction de l’affaire reste, 49 ans après les faits, toujours en cours, après la plainte contre ‘’X’’, déposée à Paris, le 21 octobre 1975, par Bachir, le fils aîné de Ben Barka. Au Maroc, le dossier ‘’n’existe pas’’, les autorités locales ayant refusé à plusieurs reprises, en 2004 et 2010, de collaborer avec le juge français, Patrick Ramaël, chargé du dossier. Malgré la mise en place d’une instance chargée d’enquêter et de rétablir la vérité, rien n’a été fait sur l’affaire Ben Barka, qui aurait été ramené, lors de son enlèvement, le 29 octobre 1965, de Paris à Rabat, dans un camp réservé par les services de sécurité marocains aux opposants politiques. Ce camp était situé sur les hauteurs de Rabat, près de l’ex-Palais de Challah, et Ben Barka y aurait été assassiné, puis jeté dans un fût rempli d’acide, selon des témoignages de militants, mais non encore authentifiés, après les auditions organisées par l’IER, pour faire oublier les années de plomb au Maroc (1958-2004). Si, à Paris, l’instruction est toujours ouverte, au Maroc, le dossier ne l’a jamais été, en dépit de quelques avancées en matière de respect des Droits de l’homme, des disparitions politiques forcées et de la torture systématique dans les geôles des services de sécurité marocains.  »La justice marocaine ne s’en est pas saisie, malgré une récente tentative faite par l’USFP’’, le parti de l’ex-leader socialiste, Mehdi Ben Barka, s’interrogeait la presse marocaine. Pour autant, si, officiellement, au Maroc l’affaire ‘’n’existe pas, 49 ans après’’, même au milieu d’une monumentale littérature sur l’un des plus tristement célèbres assassinat politiques du siècle dernier, les ONG locales des Droits de l’homme estiment que le moment est venu pour qu’éclate, enfin, la vérité et que les responsabilités marocaines soient mises en évidence. Plusieurs ONG marocaines des Droits de l’homme avaient appelé, à la suite de la levée du secret défense et la reclassification du dossier, en 2005, par Michèle-Alliot Marie, ex-ministre française de la Défense, les autorités marocaines à ‘’participer à faire toute la vérité sur l’affaire Mehdi Ben Barka’’, et à ‘’lever le secret sur les documents et archives’’, concernant cette affaire. Peine perdue. ‘’Français et Marocains ont participé à cette opération d’enlèvement, mais j’insiste sur le fait que la vérité est à Rabat’’, estime l’infatigable Maurice M. Butin, avocat de la famille Ben Barka, pour qui ‘’plusieurs personnalités marocaines, encore en poste, connaissent bien ce dossier ».

lecourrier-dalgerie.com

jeudi 17 avril 2014

Décès de Dr Cléret, l’homme qui en savait trop sur Ben Barka



h24info.ma,18/04/2014 
François Cléret, à droite.
François Cléret (à droite) avec Hassan II et Moulay Abdellah lors de la naissance de Mohammed VI. © DR
Ancien médecin personnel du roi Hassan II, le Dr François Cléret est décédé à Paris à l'âge de 96 ans. Il est présenté comme l’homme qui en savait trop sur la vie du monarque et sur la mort de Ben Barka. Le "Journal d’un prince banni" du prince Moulay Hicham en a de nouveau apporté la preuve.
Né en Indochine, François Cléret a été de tous les évènements qui ont marqué le 20e siècle en France comme au Maroc: le régime Vichy auquel il s’est opposé, la guerre en Indochine, l’exil de la famille royale marocaine à Madagascar. Il est resté au service de la monarchie jusqu’à l’indépendance. François Cléret est ensuite devenu le médecin personnel, mais aussi le proche ami et confident de feu Hassan II…jusqu’en 1967, date à laquelle s’enfuit en France.
Cléret, décédé à Paris à l'âge de 96 ans et enterré hier jeudi, est l’homme qui "en savait trop", notamment sur l’affaire Ben Barka, sur laquelle il est revenu en mars 2000, dans son livre "Le cheval du roi" (paru aux Presses du Midi). Le médecin y affirme notamment que le leader de l'opposition marocaine a été tué accidentellement par le général Oufkir. Le corps de Mehdi Ben Barka aurait ensuite été découpé, puis ramené au Maroc, dans des valises diplomatiques, puis éparpillé et enterré dans plusieurs endroits secrets.

"J’ai grandi avec une histoire murmurée, un secret chuchoté dans le premier cercle. La tête de Ben Barka a été ramenée et présentée à Hassan II.  J’entendais cette confidence de manière récurrente dans la bouche de deux ou trois amis très proches de mon père. Elle provenait d’un récit que le docteur Cléret, successivement médecin personnel de Mohammed V puis de Hassan II, avait fait à mon père", lit-on dans le "Journal d’un prince banni" de Moulay Hicham.

"Connaissant les relations du docteur Cléret avec ma famille, je ne vois pas bien pourquoi il aurait raconté à mon père une histoire aussi morbide si elle n’était pas vraie", appuie-t-il. Avec son décès, François Cléret enterre avec lui, et une fois de plus, un pan entier de l’histoire du Maroc moderne.

mardi 18 février 2014

L'avocat de la famille Ben Barka jugé à Lille pour violation du secret professionnel

Par Ayad Ahram, 11.02.2014

L'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin, sera jugé le 18 février à Lille pour violation du secret professionnel après une plainte déposée par Miloud Tounzi, membre présumé du commando qui a enlevé l'opposant marocain en 1965.
Me Buttin, qui encourt un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, est accusé d'avoir révélé en 2007 à un journaliste de France 3 spécialiste de l'affaire Ben Barka, Joseph Tual, qu'un mandat d'arrêt international à l'encontre de Miloud Tounzi, aujourd'hui commissaire de police marocain à la retraite, allait être délivré par le juge d'instruction alors chargé du dossier, Patrick Ramaël.

Figure du tiers-mondisme, Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français. L'affaire n'a jamais été totalement élucidée et le corps de Ben Barka n'a jamais été retrouvé.
"C'est aberrant", a déclaré mardi à l'AFP Me Buttin, âgé de 85 ans et qui ne s'occupe plus que du dossier Ben Barka. "On essaie de bloquer la justice, du côté marocain par une non-exécution d'une commission rogatoire, et du côté français, du mandat d'arrêt".
Miloud Tounzi, alias Larbi Chtouki, est l'un des cinq Marocains à être visés par un mandat d'arrêt international pour l'enlèvement de Ben Barka, auquel il nie avoir participé.
"On est dans une situation tout à fait surréaliste où on risque d'avoir comme seule personne réellement condamnée dans l'affaire Ben Barka l'avocat qui défend la famille Ben Barka depuis maintenant 50 ans", a déclaré le conseil de Maurice Buttin, Me Alexis Gublin.
"La décision qui va être rendue est une décision politique. Il s'agit de savoir si oui ou non, cinquante ans après, on a décidé d'enterrer définitivement l'affaire Ben Barka", a-t-il poursuivi.
"Ce qu'a fait (Maurice Buttin) n'est pas quelque chose qui entrave la justice, cela va dans le sens de la défense des intérêts de ses clients", a assuré son conseil.
Joseph Tual sera entendu comme témoin assisté. Me Gublin a fait citer comme témoins M. Tual et le fils de Mehdi Ben Barka, Bachir Ben Barka.