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mardi 18 février 2014

Procès de l'avocat de la famille Ben Barka: jugement en délibéré au 15 avril









Le jugement de Me Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, qui a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Lille pour violation du secret professionnel, a été mis en délibéré au 15 avril.

Me Buttin, qui encourt un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, est accusé d'avoir révélé en 2007 à un journaliste de France 3 spécialiste de l'affaire Ben Barka, Joseph Tual, qu'un mandat d'arrêt international à l'encontre de Miloud Tounzi, aujourd'hui commissaire de police marocain à la retraite, allait être délivré par le juge d'instruction alors chargé du dossier, Patrick Ramaël.
Le procureur, soulignant que Me Buttin n'avait pas divulgué un acte d'enquête mais une étape de la procédure, a demandé la relaxe de l'avocat honoraire, âgé de 85 ans et qui ne s'occupe plus que du dossier Ben Barka, affaire qu'il suit depuis bientôt 50 ans.
"Je crois que c'est aujourd'hui un signal très fort que la justice française va donner non seulement à la France mais aussi au Maroc", a réagi son avocat, Me Alexis Gublin, qui a plaidé la relaxe.
"Si vous condamnez Maurice Buttin, vous enterrez la vérité sur l'affaire Ben Barka", a-t-il lancé à l'attention du tribunal. Maurice Buttin a "agi pour les intérêts de la défense" car "il savait que dans un dossier comme celui-là, le silence tue!", a-t-il ajouté.
Une plainte avait été déposée par Miloud Tounzi, l'un des cinq Marocains à être visés par un mandat d'arrêt international pour l'enlèvement en 1965 de Ben Barka, auquel il nie avoir participé.
M. Tounzi était absent de l'audience mais représenté par deux avocats, Me Hamid Andaloussi et Me Philippe Clément.
Ils ont demandé un euro de dommages et intérêts pour "réparer les préjudices moral et psychologique subis" ainsi que 69.000 euros au titre de remboursement de frais honoraires pour la période 2007-2014.
"Le secret est un bien précieux qu'il faut protéger", a souligné Me Clément, ajoutant que les secrets professionnel et d'instruction étaient nécessaires pour "garantir la présomption d'innocence".
"On est là pour défendre l'honneur d'un homme qui a été mis en cause injustement dans cette affaire Ben Barka", a-t-il assuré après l'audience.
Figure du tiers-mondisme, Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français. L'affaire n'a jamais été totalement élucidée et le corps de Ben Barka n'a jamais été retrouvé.
AFP   AFP   
 ahttp://www.lille.maville.com/actu/actudet_-proces-de-l-avocat-de-la-famille-ben-barka-jugement-en-delibere-au-15-avril_fil-2494410_actu.Htm

L'avocat de la famille Ben Barka jugé à Lille pour violation du secret professionnel

Par Ayad Ahram, 11.02.2014

L'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin, sera jugé le 18 février à Lille pour violation du secret professionnel après une plainte déposée par Miloud Tounzi, membre présumé du commando qui a enlevé l'opposant marocain en 1965.
Me Buttin, qui encourt un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, est accusé d'avoir révélé en 2007 à un journaliste de France 3 spécialiste de l'affaire Ben Barka, Joseph Tual, qu'un mandat d'arrêt international à l'encontre de Miloud Tounzi, aujourd'hui commissaire de police marocain à la retraite, allait être délivré par le juge d'instruction alors chargé du dossier, Patrick Ramaël.

Figure du tiers-mondisme, Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français. L'affaire n'a jamais été totalement élucidée et le corps de Ben Barka n'a jamais été retrouvé.
"C'est aberrant", a déclaré mardi à l'AFP Me Buttin, âgé de 85 ans et qui ne s'occupe plus que du dossier Ben Barka. "On essaie de bloquer la justice, du côté marocain par une non-exécution d'une commission rogatoire, et du côté français, du mandat d'arrêt".
Miloud Tounzi, alias Larbi Chtouki, est l'un des cinq Marocains à être visés par un mandat d'arrêt international pour l'enlèvement de Ben Barka, auquel il nie avoir participé.
"On est dans une situation tout à fait surréaliste où on risque d'avoir comme seule personne réellement condamnée dans l'affaire Ben Barka l'avocat qui défend la famille Ben Barka depuis maintenant 50 ans", a déclaré le conseil de Maurice Buttin, Me Alexis Gublin.
"La décision qui va être rendue est une décision politique. Il s'agit de savoir si oui ou non, cinquante ans après, on a décidé d'enterrer définitivement l'affaire Ben Barka", a-t-il poursuivi.
"Ce qu'a fait (Maurice Buttin) n'est pas quelque chose qui entrave la justice, cela va dans le sens de la défense des intérêts de ses clients", a assuré son conseil.
Joseph Tual sera entendu comme témoin assisté. Me Gublin a fait citer comme témoins M. Tual et le fils de Mehdi Ben Barka, Bachir Ben Barka.

lundi 12 octobre 2009

Ben Barka : plainte d'un journaliste


AFP 12/10/2009

Un journaliste de France 3, spécialiste de l'affaire Ben Barka, a déposé plainte contre X aujourd'hui à Paris à la suite de la retranscription dans un journal marocain d'une conversation téléphonique avec un membre présumé du commando qui a enlevé l'opposant marocain en 1965, selon une source judiciaire.

Joseph Tual estime que la retranscription en novembre 2007 dans Maroc Hebdo de cet entretien avec Miloud Tounzi, alias Larbi Chtouki, provenait d'un enregistrement illégal effectué par M. Tounzi et constituait notamment une atteinte au secret des correspondances.La conversation s'était tenue le 19 octobre 2007, au lendemain de la signature par un juge d'instruction français de cinq mandats d'arrêt internationaux visant notamment Miloud Tounzi. Trois jours plus tard, France 3 révélait leur existence au premier jour d'une visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc.Un mois plus tard, Maroc Hebdo publiait un article intitulé "Profession: fouille-merde" accompagné d'une retranscription de la conversation entre M. Tual et M. Tounzi.Pour le plaignant, la conversation, enregistrée à son insu, a été "tronquée" et les "propos dénaturés afin de manipuler l'opinion".Le journaliste avait déjà déposé plainte début 2008 mais le parquet avait classé son enquête sans suite.