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mardi 5 mai 2015

Juge Patrick Ramaël: Quand Les officiers français au Maroc étaient "sur écoutes" Larbi Amine - publié le Mercredi 22 Avril 2015 à 23:25 Paris : Patrick Ramaël est le juge d’instruction français qui était en charge de l’instruction de la tristement célèbre affaire Ben Barka. Il vient de publier un livre dans lequel il révèle des faits inédits qu’il dit avoir vécu au Maroc, durant sa prise en charge de cette affaire. A proximité Terrorisme: Sarkozy appelle au renforcement des liens sécuritaires avec le Maroc et la Turquie Laurent Delahousse interviouwe Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy mis en examen: ce qu'il risque judiciairement - 02/07 Sarkozy mis en examen: "Il est discrédité", estime Marine Le Pen - 02/07 Triple mise en examen de Nicolas Sarkozy Patrick Ramaël - PH France 3 Patrick Ramaël - PH France 3 En effet, le juge Patrick Ramaël sort son livre ‘Hors procédure’, aux éditions Calmann-Lévy, dans lequel il revient sur les dossiers les plus brûlants, dont il était en charge, et dont le plus fameux demeure l’affaire Ben Barka. Dans son récit, dont les contenus sont rapportés par le site du magazine français, Le Point, le juge Ramaël raconte comment il a dû batailler contre le pouvoir français, pour obtenir des renseignements qu’il l’aurait aidé à clarifier les vraies responsabilités en France et au Maroc dans cet événement demeurant mystérieux, un demi-siècle après son déroulement. Patrick Ramaël raconte comment sa quête pour déclassifier des documents militaires français supposés relatifs à cette affaire, avait toujours buté sur des entraves bureaucratiques et politiques interminables. Il se souvient comment la France de Nicolas Sarkozy avait réussi à mettre au frigo, sa tentative en 2007, de convoquer en justice, des hauts gradés des FAR et de la Gendarmerie Royale, dont des mandats d'arrêt à leur encontre, avaient été émis par lui, en plein visite d’Etat de Sarkozy au Maroc. PH lepoint PH lepoint Mais le fait le plus inédit, est celui que le juge dit avoir été témoin en 2010. Ainsi raconte-il, il sut, cette année, qu’un ‘‘ancien membre du grand banditisme français réputé proche des quatre truands qui ont enlevé Mehdi Ben Barka, habitait à Casablanca". Voulant écouter son témoignage, et n’ayant plus confiance dans les circuits diplomatiques et judiciaires officiels, il décidait d’entrer en contact direct avec l’individu en question, en sollicitant l’aide d’officiers français au Maroc. Ramaël raconte qu’il téléphona à un premier officier français au Maroc, bizarrement celui-ci ne le recontacta plus et sa ligne n’était plus attribuée quelques heures après son appel. Il appelait alors un deuxième agent, celui-ci, fit de même en lui raccrochant au nez après lui avoir signifié qu'il ne souhaitait pas lui parler. Le deuxième agent, ajoute Ramaël, finit par le rappeler plus tard pour lui dire qu’il était désolé : ‘‘J'avais interdiction de vous expliquer. Mon collègue, à la suite de votre appel, a été déclaré persona non grata au Maroc et a eu 48 heures pour quitter le royaume. Son téléphone était sur écoutes." Patrick Ramaël raconte : ‘‘J'apprends en dix secondes que les policiers français travaillant au Maroc sont placés sous surveillance policière comme les trafiquants de stupéfiants (...) J'apprends aussi, au passage, que le ministère de l'Intérieur français, face à un renvoi dans ces conditions, ne proteste pas et enjoint à ses fonctionnaires de se taire’’. Patrick Ramaël a quitté ses fonctions en 2013 sans avoir pu avancer d’un iota dans l’affaire Ben Barka et qui reste à ce jour affaire non résolue. Tagué : Mehdi Ben Barka, Nicolas Sarkozy, Patrick Ramaël

Par Larbi Amine , Le Mag, 22/4/2015

Paris : Patrick Ramaël est le juge d’instruction français qui était en charge de l’instruction de la tristement célèbre affaire Ben Barka. Il vient de publier un livre dans lequel il révèle des faits inédits qu’il dit avoir vécu au Maroc, durant sa prise en charge de cette affaire.


    Patrick Ramaël - PH France 3
    Patrick Ramaël - PH France 3


    En effet, le juge Patrick Ramaël sort son livre ‘Hors procédure’, aux éditions Calmann-Lévy, dans lequel il revient sur les dossiers les plus brûlants, dont il était en charge, et dont le plus fameux demeure l’affaire Ben Barka.    

    Dans son récit, dont les contenus sont rapportés par le site du magazine français, Le Point, le juge Ramaël raconte comment il a dû batailler contre le pouvoir français, pour obtenir des renseignements qui l’auraient aidé à clarifier les vraies responsabilités en France et au Maroc dans cet événement demeurant mystérieux, un demi-siècle après son déroulement.

    Patrick Ramaël raconte comment sa quête pour déclassifier des documents militaires français supposés relatifs à cette affaire, avait toujours buté sur des entraves bureaucratiques  et politiques interminables. Il se souvient comment la France de Nicolas Sarkozy avait réussi à mettre au frigo, sa tentative en 2007, de convoquer en justice, des hauts gradés des FAR et de la Gendarmerie Royale, dont des mandats d'arrêt à leur encontre, avaient été émis par lui, en plein visite d’Etat de Sarkozy au Maroc.


    PH lepoint
     
    Mais le fait le plus inédit, est celui que le juge dit avoir été témoin en 2010. Ainsi raconte-il, il sut, cette année, qu’un ‘‘ancien membre du grand banditisme français réputé proche des quatre truands qui ont enlevé Mehdi Ben Barka, habitait à Casablanca".

    PH lepointVoulant écouter son témoignage, et n’ayant plus confiance dans les circuits diplomatiques et judiciaires officiels, il décidait d’entrer en contact direct avec l’individu en question, en sollicitant l’aide d’officiers français au Maroc.

    Ramaël raconte qu’il téléphona à un premier officier français au Maroc, bizarrement celui-ci ne le recontacta plus et sa ligne n’était plus attribuée quelques heures après son appel. Il appelait alors un deuxième agent, celui-ci, fit de même en lui raccrochant au nez après lui avoir signifié qu'il ne souhaitait pas lui parler.

    Le deuxième agent, ajoute Ramaël, finit par le rappeler plus tard pour lui dire qu’il était désolé : ‘‘J'avais interdiction de vous expliquer. Mon collègue, à la suite de votre appel, a été déclaré persona non grata au Maroc et a eu 48 heures pour quitter le royaume. Son téléphone était sur écoutes."

    Patrick Ramaël raconte :
    ‘‘J'apprends en dix secondes que les policiers français travaillant au Maroc sont placés sous surveillance policière comme les trafiquants de stupéfiants (...) J'apprends aussi, au passage, que le ministère de l'Intérieur français, face à un renvoi dans ces conditions, ne proteste pas et enjoint à ses fonctionnaires de se taire’’.   

    Patrick Ramaël a quitté ses fonctions en 2013 sans avoir pu avancer d’un iota dans l’affaire Ben Barka et qui reste à ce jour affaire non résolue.


    vendredi 24 avril 2015

    Les brèves d’instruction du juge Ramaël

    par Emmanuel FANSTEN, Libération,
    Ce livre est né d’une indignation. Lors de l’audience de rentrée de la Cour de cassation, en mai 2010, Nicolas Sarkozy annonce son intention de supprimer la fonction de juge d’instruction, comparant les magistrats à des «petits pois». Aussi anecdotique soit-elle, l’expression signe la brutale reprise en main de la magistrature durant le précédent quinquennat, relayée par certains procureurs zélés. Traumatisé par Clearstream, Sarkozy veut en finir avec ce juge d’instruction jugé trop indépendant. Ayant occupé ce poste pendant près de vingt ans, Patrick Ramaël décide ce jour-là de tenir la chronique d’une mort annoncée. L’ouvrage tiré de ses réflexions apparaît comme un plaidoyer pour la fonction qui reste, malgré ses défauts, le meilleur contrepoids au pouvoir démesuré du parquet, et qui a survécu aux assauts sarkozystes.
    Hors procédure est aussi une plongée dans le quotidien d’un juge qui a instruit des centaines d’affaires, avec un fort tropisme pour l’Afrique. Il a notamment enquêté sur l’assassinat de Jean Hélène et la disparition de Guy-André Kieffer, côtoyant cette Françafrique où, dans le sillage des réseaux Foccart, s’activent «des affairistes de plus ou moins grand talent».
    A la lecture, une affaire laisse un goût amer : l’enlèvement de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, le 29 octobre 1965, à Paris. «Une personnalité extraordinaire qui aurait pu changer le destin de son pays», raconte le juge, désigné en 2004 pour reprendre l’instruction ouverte trente ans plus tôt. L’opération à laquelle ont pris part les services secrets marocains et des policiers français continue à faire tache un demi-siècle plus tard.
    Ramaël reprend l’enquête depuis le départ, mais se heurte au secret défense et à l’obstruction des autorités marocaines. Une situation ubuesque : le principal suspect de l’enlèvement, condamné à Paris par contumace en 1967, habite aujourd’hui une villa chic de Rabat située… avenue Ben-Barka. En 2007, face à l’inertie des autorités, le juge profite du premier voyage d’Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc pour relancer les mandats d’arrêt contre les suspects encore vivants. Cette initiative - qui provoquera un incident diplomatique - lui vaudra des poursuites disciplinaires et une haine tenace de l’ancien président. Aucun des suspects ne sera finalement entendu. Cinquante ans après l’enlèvement de Ben Barka, l’instruction est toujours ouverte.

    mardi 18 février 2014

    L'avocat de la famille Ben Barka jugé à Lille pour violation du secret professionnel

    Par Ayad Ahram, 11.02.2014

    L'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin, sera jugé le 18 février à Lille pour violation du secret professionnel après une plainte déposée par Miloud Tounzi, membre présumé du commando qui a enlevé l'opposant marocain en 1965.
    Me Buttin, qui encourt un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende, est accusé d'avoir révélé en 2007 à un journaliste de France 3 spécialiste de l'affaire Ben Barka, Joseph Tual, qu'un mandat d'arrêt international à l'encontre de Miloud Tounzi, aujourd'hui commissaire de police marocain à la retraite, allait être délivré par le juge d'instruction alors chargé du dossier, Patrick Ramaël.

    Figure du tiers-mondisme, Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris lors d'une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français. L'affaire n'a jamais été totalement élucidée et le corps de Ben Barka n'a jamais été retrouvé.
    "C'est aberrant", a déclaré mardi à l'AFP Me Buttin, âgé de 85 ans et qui ne s'occupe plus que du dossier Ben Barka. "On essaie de bloquer la justice, du côté marocain par une non-exécution d'une commission rogatoire, et du côté français, du mandat d'arrêt".
    Miloud Tounzi, alias Larbi Chtouki, est l'un des cinq Marocains à être visés par un mandat d'arrêt international pour l'enlèvement de Ben Barka, auquel il nie avoir participé.
    "On est dans une situation tout à fait surréaliste où on risque d'avoir comme seule personne réellement condamnée dans l'affaire Ben Barka l'avocat qui défend la famille Ben Barka depuis maintenant 50 ans", a déclaré le conseil de Maurice Buttin, Me Alexis Gublin.
    "La décision qui va être rendue est une décision politique. Il s'agit de savoir si oui ou non, cinquante ans après, on a décidé d'enterrer définitivement l'affaire Ben Barka", a-t-il poursuivi.
    "Ce qu'a fait (Maurice Buttin) n'est pas quelque chose qui entrave la justice, cela va dans le sens de la défense des intérêts de ses clients", a assuré son conseil.
    Joseph Tual sera entendu comme témoin assisté. Me Gublin a fait citer comme témoins M. Tual et le fils de Mehdi Ben Barka, Bachir Ben Barka.

    dimanche 24 mars 2013

    Sarkozy menace un juge comme s’il était au Maroc



    par Badr Soundouss 24/3/2013



    Sarkozy Cosa nôtre

    L’ancien président français Nicolas Sarkozy a menacé directement un juge français qui lui signifiait sa mise en examen dans une affaire de gros sous qu’il serait allé chercher avant les élections présidentielles de 2007.
    Selon des informations du Monde et du Parisien, un grave incident a opposé le juge bordelais Jean-Michel Gentil et « Pov con » qui venait d’être mis en examen, jeudi à l’issue d’une longue audition.
    «L’atmosphère était très tendue en fin de confrontation, M. Sarkozy a tenu des propos que Jean-Michel Gentil a ressentis comme une menace, et il a voulu les faire acter par sa greffière. Mais Me (Thierry) Herzog, l’avocat de M. Sarkozy, s’y est opposé de façon forte», explique l’AFP.
    Nicolas Sarkozy, qui venait d’être mis en examen pour abus de faiblesse par Jean-Michel Gentil et ses collègues Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, a d’abord dénoncé «une injustice». Puis, comme le juge lui disait que l’audition était terminée, il aurait ajouté, selon Le Monde : «Ne vous inquiétez pas, je n’en resterai pas là», et selon Le Parisien, «je ne crois pas, non. Ce n’est pas terminé».
    Le Monde rappelle les cas de ces juges français qui ont osé défier M. Sarkozy et qui ont été victimes de représailles du pouvoir.
    « Renaud Van Ruymbeke, à qui l’on a infligé des poursuites disciplinaires dans l’affaire Clearstream. Patrick Ramaël, qui connaît le même sort, pour avoir fait du zèle dans ses enquêtes africaines. Ou même l’actuel procureur général près la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, qui a subi lui aussi, un temps, l’ire de M. Sarkozy, lequel lui adressa même un jour un geste menaçant sans équivoque »
    Patrick Ramaël est le juge qui avait lancé des mandats d’arrêt internationaux contre les généraux tortionnaires marocains, Abdelhak Kadiri et Hosni Benslimane, dans le dossier de la disparition du leader de la gauche marocaine Mehdi Ben Barka.
    Ces mandats remis à Interpol avaient été immédiatement stoppés de manière brutale par ministère français de la justice …..
    M. Sarkozy possède une immense villa à Marrakech, « cadeau d’une entreprise détenue conjointement, à l’époque des faits, par un groupe émirati et une holding du roi Mohamed VI », croyait savoir le site Slate Afrique en 2012.
      URL courte: http://www.demainonline.com/?p=26235
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     de Serge Cercelletti.
    • Photo
      • A chaque fois que je vois Nicolas 1er (et dernier), je ne peux m'empêcher de penser à ses réactions aux discours de Mohamed VI durant ces deux dernières années.
        Mais la réaction la plus drôle c'est celle qui est venue juste après le discours qui a appelé à voter OUI pour la nouvelle Constitution, où il saluait le courage royal pour l'octroi de cette Constitution innovante et avant-gardiste...
        C'était juste après le discours qui était écrit et lu en arabe...et que 99% des arabophones n'ont pas compris.

    mercredi 15 août 2012

    Hosni Benslimane, tortionnaire attitré du royaume et général de l’esquive

    Par Salah Elayoubi, demainonline

    Le général Benslimane avec l’ancien ministre de l’intérieur Taieb Cherqaoui (Photo DR)
    Opinion. En dix-neuf secondes et trente-deux centièmes (19’32’’), Usain Bolt a proprement satellisé ses concurrents, les reléguant au rôle de figurants, à la finale du 200 mètres, où se bousculait, pourtant, le gratin mondial de la discipline. Que peut faire le commun des mortels en moins de vingt secondes ?
    Rien ! Ou pas grand-chose, sinon échanger un regard, émettre une pensée ou encore se gratter une partie de l’anatomie. Sauf lorsqu’il se nomme Hosni Benslimane. Car dans la catégorie des fugaces, notre homme est un champion qui  a assurément raté sa vocation.
    Une fuite vaut mieux que deux tu l’auras
    En moins de temps qu’il n’aura fallu au fantasque jamaïcain, pour survoler le demi-tour du stade olympique, le général s’est déguisé en courant d’air.
    Plus question de réception, de cocktail ou de parade dans les salons VIP du complexe olympique londonien.
    Mis au parfum,  par ses réseaux, de la demande d’assistance du juge français, Patrick Ramaël, en charge de l’affaire Ben Barka, à la justice anglaise,  l’homme s’est tout simplement évaporé, et la plupart des « Huiles rances » qui l’accompagnaient dans ce périple, dont notre pays aurait pu faire l’économie, ignoraient tout du sort du patron du Comité olympique marocain.
    Le juge français qui s’était pris à espérer voir enfin, le premier gendarme du royaume s’expliquer sur son rôle dans l’enlèvement de l’opposant de Hassan II, devant la brasserie LIPP,  le 29 octobre 1965, puis son assassinat dans la villa du truand français Boucheseiche, à Fontenay-Le-Vicomte, en sera donc pour ses frais !
    Mais si l’homme a réussi à échapper à la justice, il n’en a pas moins, signé un aveu explicite d’implication dans les faits qui lui sont reprochés, éclairant, du même coup, ses contempteurs sur sa lâcheté.
    La défense de son honneur, perdu depuis belle lurette, importe en effet, peu ou prou, à ce vieillard indigne de 77 ans, qui sévit depuis cinquante ans et dont le refus obstiné de passer la main,  dissimule mal la peur de se voir rattraper, un jour, par la justice et les nombreux crimes qu’il a sur la conscience. D’autant que sa présence dans le cabinet d’un juge d’instruction pourrait encourager ses anciennes victimes ou leurs familles à déclencher contre lui une avalanche de plaintes pour tortures et crimes contre l’humanité.
    C’est pour épargner de pareils tortionnaires que le régime marocain a imaginé cette mise en scène grotesque, pompeusement baptisée  » Instance Equité et Réconcilation » et dont les recommandations n’ont jamais été suivies d’effet.
    Un général indigne et incompétent
    Benslimane est l’archétype même du militaire marocain. Il en est l’incarnation et la caricature:  bardé de décorations, de médailles et d’étoiles, sans avoir jamais quitté son fauteuil de l’Etat-major et sans avoir jamais mis le pied sur un théâtre d’opérations,  ni comptabilisé  un seul fait d’armes à son actif, autres que ceux d’avoir fait battre, enlever, arrêter, torturer et tuer ses malheureux compatriotes.
    Ailleurs, ce genre de militaire sans compétence aucune, hormis peut-être celui de gardien de but qu’il fut dans l’équipe des FAR de Rabat de 1958 à 1961, ne trouverait ni droit de cité, ni employeurs. Tout au plus commanderait-il une sombre section où végéteraient des troufions, épluchant des pommes de terre.  Mais le Maroc, est un pays d’exception, et cette maxime,  distillée par le Makhzen et inscrite au fronton de la monarchie marocaine, n’est pas tombée dans les oreilles d’un sourd :
    « Le silence tu observeras,  la tête tu baisseras, les mains tu baiseras, et  l’argent tu feras »
    Contrairement à tous ceux qui l’ont précédé, Benslimane se tait depuis toujours. Il observe même un mutisme assourdissant, depuis le premier jour.
    Discret et manipulateur tel un marionnettiste, il a placé à tous les rouages de l’armée, de la police et de l’administration publique, ses fidèles, ses amis et les membres de sa famille. Un maillage si fin et si étendu qu’il a rendu son concepteur indéboulonnable. Il est partout,  de la sécurité du palais, à l’organisation des festivités, cérémonie de l’allégeance, comprise.  A lui tout seul, l’homme a réussi le coup d’Etat parfait, au point qu’une espèce de Modus Vivendi s’est installé entre le palais et lui-même, une sorte de pacte, en vertu duquel,  le roi et son clan peuvent continuer de s’enrichir, pendant que le Général veille au grain, tout en échappant à la justice. Ce n’est pas pour rien qu’à chacune de ses entrevues avec le roi, on devine chez ce dernier, une gêne manifeste confinant à la timidité, voire à la crainte.
    Patron discret de toutes les barbaries
    A la rubrique répression, on doit à cet homme retors, vicieux et  foncièrement méchant, tous les actes criminels à mettre au compte du régime marocain, depuis 1965, lorsqu’il est nommé à la tête des Compagnies Mobiles d’Intervention, les fameux CMI, de sinistre mémoire, dont la réputation est associée à leur brutalité légendaire. Il est de tous les mauvais coups de Tanger à Lagouira. Paradoxalement, ses apparitions sont rarissimes. Même lorsque les troupes de la gendarmerie, dont il devient le chef en 1972, mettent une ville à feu et à sang, comme ce fut le cas à Nador et à Fez, respectivement en janvier 1984 et décembre 1990, l’homme reste tapi dans l’ombre, s’arrangeant pour laisser aux seconds couteaux la responsabilité de signer les ordres de mission et d’accomplir les basses besognes : le massacre des manifestants et leur enterrement  furtif dans les fosses communes.
    Dans la nuit du 17 juillet 1975, selon Ali Bouraquat, Benslimane assiste personnellement à l’exécution extrajudiciaire du Lieutenant-Colonel Ababou, du Capitaine Chellat,  de  l’Aspirant M’Zireg, ainsi que l’un de leurs geôliers Ali Fahim,  après leur évasion du « Point Fixe numéro deux » (PF2),  où ils étaient détenus, après le coup d’Etat de juillet 1971. Houcine Manouzi, célèbre contradicteur du régime, qui accompagnait les fuyards, est également porté disparu, depuis son arrestation à un barrage. Il y a fort à parier qu’il a subi un supplice similaire.
    Pour toutes ces raisons, l’Association marocaine des droits humains ( AMDH), considère l’officier, comme celui qui a le plus violé les droits de l’homme dans notre pays.
    La ruine du sport marocain 
    Le baise-main, autre spécialité avérée du patron de la gendarmerie royale. C’est  à lui que l’on doit, pour l’essentiel, l’image indigne du militaire prosterné,  buste cassé, genoux à terre et baiser appuyé. C’est le seul moment d’ostentation, face caméra qu’on lui reconnaît. Une manière de marquer sa reconnaissance, au « parapluie » qui lui permet de s’enrichir en pillant les réserves halieutiques marocaines et le réservoir de terres de fermes et d’immeubles, appartenant au domaine de l’Etat marocain.
    Après avoir ruiné les espoirs du football marocain, à la tête de la Fédération de football, Benslimane en est sorti, comme à son habitude, par la petite porte, discrètement après une passation de pouvoirs entre lui et  un autre courtisan notoirement incompétent,  Ali Fassi-Fihri.
    A sa nomination  à la tête du Comité Olympique, Benslimane s’est attelé à l’une de ses spécialités, éliminer tous ses contradicteurs et placer ses fidèles aux postes clés. Sa première victime, Saïd Aouita qui, pour avoir tenu à l’homme, un langage de  vérité, n’a  du son salut qu’à un exil forcé.
    L’indigence intellectuelle de l’équipe en charge du destin du sport marocain est tout simplement stupéfiante, tout comme sa propension à l’obséquiosité. Et le bilan est à l’avenant, entre un Président despotique, muet et affairiste,  une  Nawal El Moutaouakel, aux déclarations courtisanesques, qu’elle entame  et achève  par « Qala sahib al jalala », pour seul bilan et un Hicham El Guerrouj, cet ex Dieu du stade,  au quotient intellectuel inversement proportionnel à cette foulée magnifique, qui nous a tant fait  vibrer et aimer le drapeau qu’il brandissait  après chacun de ses triomphes.
    A quelques jours de la clôture des jeux olympiques, mis à part l’exploit rocambolesque de Benslimane, qui a mis en lumière le côté sombre du régime marocain, l’espoir se réduit comme peau de chagrin, de voir notre pays engranger quelque hypothétique victoire. Un fiasco de plus à imputer au compte de la dictature marocaine qui accepte d’abriter sous ses lambris tout ce que le pays compte d’incompétents, pourvu qu’ils se taisent et de brutes, pourvu qu’ils répriment les amis de la liberté.
    Mais il me suffit de me consoler en pensant, un instant que les médailles qui récompensent les vainqueurs, sont peut-être frappées de ce métal provenant de la mine d’Imider, cette région où mes  malheureux compatriotes endurent les affres de tellement de souffrances, d’injustices et d’ignominies  qu’il m’apparaîtrait plutôt indécent, que nos athlètes se les passent au cou !

    URL Source : http://www.demainonline.com/?p=20043
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    La télévision française traite Hosni Benslimane de « criminel »

    Casablanca.-
     Lors d’un journal télévisé de la chaîne de télévision publique française France3, le journaliste du reportage sur le général Hosni Benslimane l’a traité de « criminel ».

    http://www.demainonline.com/2012/08/15/la-television-francaise-traite-hosni-benslimane-de-criminel/

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    Benslimane s’était réfugié à l’ambassade du Maroc à Londres pour échapper à Scotland Yard

    Par  Badr Soundouss, demain, 18/8/2012

    Rabat.- Selon des sources journalistiques françaises, le général Hosni Benslimane s’est réfugié à l’ambassade du Maroc à Londres quand Demain a révélé qu’il se trouvait dans la capitale britannique en tant que président du Comité national olympique marocain.
    Après la publication par Demain de cette information, le juge français, Patrick Ramaël, en charge du dossier de la disparition de Mehdi Ben Barka, et qui essaye depuis des années d’entendre ce général très protégé par les hautes autorités de l’Etat marocain, avait demandé à Scotland Yard de « retenir » le suspect.
    La police anglaise a pris alors attache avec Amnesty International, dont le siège central se trouve à Londres. Les flics anglais, pas très au courant des crimes d’Etat marocains, voulaient savoir qui était ce général cinq étoiles qui dirige, à 77 ans, l’olympisme marocain.
    Ils n’ont pas été déçus. Selon les mêmes sources, la réponse d’Amnesty a été on ne peu plus exhaustive. Il n’y avait pas que l’affaire de la disparition de Mehdi Ben Barka qui pesait sur la « conscience » du patron de la gendarmerie royale. L’ONG a fourni aux Anglais une liste complète des crimes reprochés au général, dont la mort violente de 2500 personnes, un chiffre digne d’un général alaouite syrien.
    Finalement, Scotland Yard a opté par conseiller à Benslimane de quitter au plus vite le territoire britannique sous peine de l’arrêter comme un vulgaire malfrat. Ce qu’a fait le général.
    Une fuite peu glorieuse pour un général de corps d’armée détenteur de cinq étoiles. Ya hasra !

    mercredi 8 août 2012

    Un juge français demande à Scotland Yard d’arrêter le général Hosni Benslimane


    Le juge français Patrick Ramaël, chargé de l’enquête Ben Barka, a alerté mardi les autorités britanniques de la possible présence à Londres d général Hosni Benslimane, président du Comité national olympique marocain (CNOM) qu’il souhaite interroger.

    Les autorités britanniques ont confirmé officieusement la présence de M. Benslimane à Londres, où il aurait été accrédité pour les Jeux olympiques. Comme l’avait révélé Demain il y a quelques jours.
    Mehdi Ben Barka
    Le juge Patrick Ramaël avait délivré en 2007 un mandat d’arrêt international contre M. Benslimane et trois autres anciens militaires marocains, dans le cadre de son enquête sur la disparition en 1965 à Paris de l’opposant au roi Hassan II, Mehdi Ben Barka. En raison notamment de l’opposition du parquet et d’Interpol, ce mandat d’arrêt n’est plus exécutoire depuis 2009, a affirmé une source judiciaire.
    M. Benslimane, 77 ans, est recherché depuis « au moins une dizaine d’années » par la justice française, qui le soupçonne d’avoir pris part à la préparation de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka à Paris en 1965, a précisé cette source. Il était alors capitaine dans l’armée marocaine. Il est devenu ensuite chef de la gendarmerie royale marocaine.
    Malgré l’avis contraire du parquet, un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui en 2007 par le juge Patrick Ramaël. Deux ans plus tard, le ministère de la justice, suivant les demandes d’Interpol et du parquet, avait décidé de cesser la diffusion des mandats d’arrêt, les privant de tout effet, selon la source judiciaire. Le procureur de la République de l’époque, Jean-Claude Marin, une créature de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, avait estimé, ou plutôt on le lui avait fait « estimer », que les charges contre les quatre personnes n’étaient pas suffisamment détaillées dans le mandat d’arrêt.
    Fin mai 2009, alors que M. Benslimane séjournait en Espagne, le juge Ramaël avait déjà demandé aux autorités espagnoles de l’interpeller mais s’était heurté à une fin de non-recevoir du président « démocrate » du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, un politicien qui provient de la même idéologie socialiste que Ben Barka. Ya hasra ! 
    Figure du tiers-mondisme, Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris lors d’une opération menée par les services  avec AFPmarocains avec la complicité de policiers et de truands français. L’affaire n’a jamais été totalement élucidée. Le corps de Ben Barka n’a jamais été découvert.
    Reste maintenant la réponse que doit donner Scotland Yard au juge Ramaël. Va-t-il faire comme pour Pinochet et arrêter ce monsieur recherché par la justice française ou bien il va faire semblant de voir ailleurs ?
    Les prochains jours nous donneront une réponse.
    Demain avec AFP
    URL courte: http://www.demainonline.com/?p=19998

    dimanche 31 octobre 2010

    29 octobre : Intervention de Bachir au nom de la famille de Mehdi Ben Barka

    Rassemblement du 29 octobre 2010 à Paris
    Par la famille Ben Barka, 29/10/2010

    Hasard du calendrier, le 29 octobre 2010 tombe un vendredi, veille d’un long week-end de la Toussaint, comme il y a 45 ans.
    Je vous en remercie d’autant plus d’être fidèles à ce rendez-vous pour la vérité, la justice et la mémoire.
    Farhat Hached, le militant syndicaliste tunisien assassiné le 5 décembre 1952 : l’assassinat politique n’est pas le privilège hélas du seul pouvoir marocain, les autorités coloniales, néocoloniales et leurs services y ont eu largement recours pour affaiblir les mln. Ce phénomène continue de sévir : faut-il rappeler que des dizaines de militants progressistes ont été assassinés à Paris depuis 1965 en toute impunité pour les assassins : Henri Curiel, Dulcie September, Mahmoud El Hamchari, Mohamed Boudia, Ali Mécili, et beaucoup d’autres.Nous ne les oublions pas et saluons leur mémoire pour la liberté et la démocratie.

    En hommage à Mehdi Ben Barka, le plus emblématique des disparus, le 29 octobre a été décrété « journée du disparu » au Maroc par le mouvement des droits humains. Des rassemblements similaires au notre y sont tenus aujourd’hui. D’autres manifestations sont organisées les prochains jours.
    Notre rassemblement permet d’exprimer notre solidarité pleine et entière avec le combat incessant du mouvement des droits humains, avec les victimes des années de plomb au Maroc et leurs familles, plus particulièrement avec les familles de disparus, pour connaître la vérité sur le sort de leurs proches, qu’ils soient morts ou encore vivants. Les manquements aux promesses faites par l’IER sont malheureusement toujours d’actualité. C’est pour cela qu’aura lieu à Rabat dimanche prochain une marche symbolique pour demander l’application des recommandations de l’IER.
    Chers amis,
    Si, année après année, nous nous retrouvons ici à Paris, mais aussi à Rabat, c’est pour exprimer avec force :
    - notre exigence que toute la lumière soit faite sur l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka, ses assassins identifiés, sa sépulture localisée et toutes les responsabilités établies ;
    - notre dénonciation de la complicité des deux états marocain et français à continuer à protéger les auteurs et les complices de ce crime odieux, à empêcher des témoins-clé de s’exprimer devant la justice, usant et abusant de la raison d’Etats pour faire obstacle à l’action de la justice et pour bafouer le droit de ma famille à toute la vérité.
    - notre résolution à continuer de rendre hommage à Mehdi Ben Barka, à son action militante et à sa contribution à la lutte des peuples pour leur bien-être et leur progrès.
    Depuis 45 ans, chaque année apporte son lot d’éléments nouveaux dans notre combat pour la recherche de la vérité.
    Les petites avancées se succédant aux reculs, ce combat se poursuit résolument et avec détermination.
    Depuis quelques jours le ministre français de la défense vient de décider de lever le secret-défense sur une partie des documents saisis par le président de la C.C.S.D.N. au siège de la D.G.S.E. après que le juge d’instruction Patrick Ramaël ait décidé d’y perquisitionner fin juillet dernier.
    Ce pas en avant amène cependant quelques remarques.
    Au moment où je vous parle, aucun élément ne permet de savoir si les dizaines de documents dont disposera le juge Ramaël permettront une avancée significative dans l’éclaircissement des circonstances de la disparition de mon père. Nous le souhaitons bien entendu.
    Seulement, il y a 5 ans, une autre ministre de la défense avait levé le secret-défense sur les derniers documents encore classifiés de ce qu’on nous avait présenté comme « le » dossier Ben Barka qui était dans les archives des services secrets français. Ces dossiers n’avaient rien apporté de probant. Et voilà qu’aujourd’hui, d’autres documents liés à l’affaire apparaissent. Les questions qu’on est en droit de se poser sont : « Y en a-t-il d’autres ? » - « Que nous cache-t-on encore à la D.G.S.E. ou ailleurs dans d’autres services? »
    Autre remarque : la levée du secret-défense ne concerne qu’une partie des documents saisis par la C.C.S.D.N.. Pourquoi ce double filtrage, le premier ayant eu lieu au siège même de la D.G.S.E. ? A partir de quels critères certains des documents saisis ne sont-ils pas déclassifiés ?
    Nous continuons donc à nous interroger pourquoi 45 ans après, une telle frilosité sévit-elle encore autour du dossier Ben Barka ?
    Nous sommes étonnés qu’une enquête administrative vise le juge Ramaël au moment où son instruction progresse. Est-ce le sort réservé à tout juge faisant correctement son travail dans tout dossier sensible ?
    En tout cas, qu’il soit assuré de notre confiance.
    Voilà les raisons qui font que nos inquiétudes persistent quant à la réalité de la volonté politique des deux Etats marocain et français à aider à la manifestation de la vérité dans une affaire d’une haute signification symbolique des relations entre la France et le Maroc.
    D’autant plus que, du côté du Maroc, aucune archive n’est accessible, aucun témoin n’est entendu par la justice. La dernière CRI du juge Ramaël qui date de plus de 5 ans n’est toujours pas exécutée.
    Et pourtant, il y a urgence.
    Les hauts responsables sécuritaires que le juge souhaite entendre et qui, de par leurs fonctions au moment de l’enlèvement et de l’assassinat de mon père, connaissent une part de vérité, sinon toute la vérité, [ces responsables] vieillissent. Pour notre part, nous leur souhaitons longue vie pour qu’ils puissent un jour pouvoir témoigner, peu importe que ce soit ici à Paris ou au Maroc. L’usage du mandat d’arrêt international par le juge Ramaël à l’encontre de ces 5 hauts responsables sécuritaires marocains ne fait que traduire l’impasse à laquelle nous a mené l’entêtement des autorités marocaines à protéger ces personnes. Il est temps que les actes des autorités marocaines traduisent les déclarations du roi du Maroc quant à son intérêt à la vérité sur la disparition de Mehdi Ben Barka.
    Le combat pour la vérité, la justice et la mémoire continue. Nous le menons avec ma famille, notre avocat Me Maurice Buttin et avec vous, associations, syndicats partis et aussi citoyens dont le soutien est aussi précieux pour nous qu’il est dérangeant pour ceux qui voudraient bien enterrer définitivement ce dossier.
    La contribution que vient d’apporter Maurice Buttin à ce travail de mémoire est très importante. Son ouvrage-témoignage qui vient de paraître chez Khartala – « Hassan II, De Gaulle, Ben Barka, ce que je sais d’eux » – est une somme qui rappelle tous les aspects historiques, politiques et humains qui ont abouti au 29 octobre 1965. Les 45 ans de combat pour la vérité qui ont suivi y sont ensuite remarquablement détaillés.
    Pour finir, comme chaque année, je vous donne rendez-vous au 29 octobre prochain pour un autre rassemblement consacré, je l’espère, uniquement à la mémoire.
    D’ici là, maintenons notre mobilisation toujours plus forte pour répondre à toutes les attaques portées au nom de la raison des Etats à la vérité, à la justice et à la mémoire.

    mardi 12 octobre 2010

    Affaire Ben Barka : perquistion à la DGSE

    Par Le Parisien, 11/10/2010
    Un juge d'instruction parisien a perquisitionné cet été le siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), situé boulevard Mortier, dans le XXe arrondissement parisien. Une première depuis la législation de 2009 sur le secret défense. Les documents saisis concernent un dossier exceptionnel, qui est régulièrement source de tensions entre la France et le Maroc : l'affaire Ben Barka.
    Cet opposant marocain avait été enlevé à Paris en 1965. Son corps n'a jamais été retrouvé. Sa famille ne cesse de dénoncer une absence de volonté des deux pays pour faire éclater la vérité.
    Les dossiers saisis à la DGSE, dont fait état une source proche du dossier mais aussi France 3 et «Charlie Hebdo», ont été placés sous scellés par le président de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN). Parmi eux figurent des documents sur l'ancien roi du Maroc, Hassan II, sur le général Mohamed Oufkir -condamné par contumace à la réclusion à perpétuité en 1967 lors d'un premier procès-, sur Medhi Ben Barka, ainsi que sur des correspondants du Sdece (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) qui est devenu la DGSE en 1982.
    Ont également été saisis les documents concernant des malfrats soupçonnés d'avoir trempé dans l'enlèvement, le général Hosni Benslimane, ex-capitaine aujourd'hui chef de la gendarmerie royale, et Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l'enlèvement. Hosni Benslimane et Miloud Tounsi sont deux des quatre Marocains visés par un mandat d'arrêt international émis par le juge Ramaël, en charge de l'affaire Ben Barka, en octobre 2007 et bloqués depuis par le ministère de la Justice.
    Une première depuis juillet 2009
    Cette perquisition à la «Piscine», est une première dans un lieu classé secret-défense depuis l'entrée en vigueur des dispositions de la loi du 29 juillet 2009 relatives à la protection du secret de la défense. Cette loi, qui avait provoqué de vifs débats lors de son adoption faisant craindre l'instauration de «zones de non-droit législatives», a mis en place une classification non seulement des documents mais aussi des lieux les abritant.
    Ainsi, accompagné de Jacques Belle, le président de la Commission consultative du secret de la défense nationale le juge Patrick Ramaël s'est rendu à deux reprises, le 29 juillet et le 3 août, aux archives centrales de la DGSE comme le prévoit désormais la loi.
    La CCSDN doit publier d'ici la fin de semaine son avis, favorable ou défavorable, sur la déclassification des documents saisis, selon une source proche du dossier. Il revient au ministre de la Défense, Hervé Morin, de le suivre ou pas. La quasi-totalité des avis de la commission ont été suivis jusqu'ici.
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