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samedi 3 septembre 2016

Diffusion du film DEMAIN dans tous les collèges et lycées de France

Occupant la fonction d'animateur éducateur Ligue de l'enseignement, dans un dispositif pour jeunes en voie de décrochages, dans plusieurs collèges du Tarn et Garonne, je suis donc en permanence au contact avec les acteurs de demain et malheureusement j'observe que la question de l'évolution, de l'écologie et du bien-être de la planète pour permettre le maintien de l'existence humaine est quand même peu présente voir quasi absente de l'idée des jeunes pour l'avenir. 
Dans nos programmes scolaires il est bien sur question de sciences naturelles et de respect de la nature mais pour les jeunes la diffusion d'un film impactant et percutant jusqu'à donner des chiffres clairs, me semblerait davantage l'outil idéal pour mieux comprendre que nos comportements ont un impact sur l'avenir de l'existence humaine. Une fois que j'ai pris conscience de cet impact, j'ai de suite eu le réflexe de modifier certaines pratiques qui pour moi (en tant que jeune) n'avait pas une importance capitale pour l'avenir de la planète et de notre existence. (Gestion des déchets, gestion des ressources naturelles, système économique potentiellement dangereux etc...)

samedi 9 janvier 2016

Pour Demain, ils changent le monde




Très inspirant, le film Demain est sorti ce mercredi dans les salles. Une ode à ceux qui ont transformé leur vie pour éviter la catastrophe. En Belgique aussi, nombreux sont ceux qui vivent déjà autrement
Le documentaire Demain, signé Cyril Dion et Mélanie Laurent (Dikkenek, Inglourious Bastards),  est sorti en salle mercredi 6/1. De nombreux citoyens belges font partie des 10.266 crowdfunders qui ont participé à la réalisation de ce beau documentaire, sous forme de road-movie, qui emmène les réalisateurs aux quatre coins du monde rencontrer ceux qui, à leur échelle, n'attendent pas les catastrophes climatiques et énergétiques annoncées pour transformer leur quotidien. En 2012, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont assommés par les conclusions de deux chercheurs américains dans la revue Nature: jamais depuis la formation de la Terre les températures n'ont changé aussi rapidement qu'aujourd'hui et, si nous ne changeons pas à notre tour, nous assisterons au probable effondrement des écosystèmes à l'horizon 2040-2100.
Pourtant, il est encore possible de limiter les dégâts, c'est le sous-titre du film ("Partout dans le monde, des solutions existent"). Et des milliers de personnes dans le monde n'ont pas attendu la COP 21 ni l'Accord de Paris pour agir. Dans des zones détruites par un effondrement industriel, comme à Detroit, l'exode de la population a été tel qu'il était devenu très difficile de trouver des fruits et légumes frais. Les habitants restants se sont donc retroussés les manches pour installer 1.600 fermes urbaines sur les terrains vagues. Toujours aux Etats-Unis, San Francisco est devenue si performante en matière de gestion des déchets que 80 % d'entre eux sont aujourd'hui réutilisés, compostés ou recyclés. L'objectif d'atteindre zéro déchet en 2020 y semble réaliste. De la Scandinavie à l'Inde, on découvre comment des collectivités réinventent la mobilité douce, la démocratie participative, des usines vertes ou encore l'école.
"Faire circuler les objets, plutôt que les stocker ou les jeter, permet de retrouver l'abondance pour tous."
Car "tout est lié", dit Cyril Dion. L'alimentation est en lien avec l'énergie, l'énergie avec l'économie, l'économie avec la démocratie et la démocratie avec l'éducation. C'est la force de ce documentaire d'expliquer les choses très simplement et de montrer qu'on n'est pas obligé de tout changer d'un coup. Justement, comme tout est lié, chaque initiative en entraîne une autre. Et chacun "fait sa part".  "Ce n'est pas un documentaire écolo, relève Mélanie Laurent. C'est un regard sur la société telle qu'elle pourrait être demain." Et, franchement, ça donne plutôt envie… 
En Belgique aussi, nombreux sont ceux qui prennent les devants. Certains décident de ne plus produire aucun déchet , d'autres font pousser des légumes "à partager" dans les rues de la ville  ou produisent leur propre énergie renouvelable. Pour les soutenir, ils peuvent compter sur des réseaux, comme Alternatiba ou Mouvement de la Transition.

 Pour résumer: ce sont des communautés locales qui mettent en œuvre leur propre "résilience" aux crises (climatiques, énergétiques, monétaires, etc.). Le jeudi 17 décembre, à Bruxelles, trois groupes (1000Bxl en Transition, Ixelles en Transition et Etterbeek en Transition) organisaient justement un "Marché de Noël du gratuit". Nous y étions.

Un marché de Noël gratuit

Derrière les grandes baies vitrées de la Maison de quartier Malibran, une soixantaine de personnes, de looks, d'âges et d'origines variés, s'affairent. À l'entrée, une bénévole, chapeau de Noël sur la tête, explique l'initiative. "Le principe, c'est d'éviter la surconsommation, même à Noël. Si vous n'avez rien apporté à donner, ce n'est pas grave, vous pouvez quand même prendre ce qui vous plaît. Mais l'idée, c'est d'être raisonnable, de repartir seulement avec ce que vous êtes capable de porter, histoire qu'il n'y en ait pas certains qui repartent avec une remorque remplie, sourit-elle. Si vous avez apporté des choses qui n'ont pas été choisies, vous les reprenez en partant." Sur les tables, on trouve des livres, des vêtements, des jouets, de la déco… Le tout (sauf exception) en bon état. Les gens discutent dans un gentil brouhaha. Les contacts sont plus nombreux et plus chaleureux que lors d'un marché de Noël traditionnel.
"Faire circuler les objets, plutôt que les stocker ou les jeter, permet de retrouver l'abondance, sourit Frédérique, une autre bénévole. Mais ce n'est pas encore vraiment entré dans les mœurs. Les gens nous demandent: "C'est vrai que je ne dois rien payer? C'est tellement ancré en nous: même moi, quand je prends un objet ici, j'ai un peu l'impression de voler", sourit-elle.
C'est la troisième édition. Chaque fois, elles ont attiré beaucoup de monde. Même un peu trop, l'année passée… "A un moment, on ne s'en sortait plus", glisse Caroline, d'Ixelles en Transition. Lors des marchés gratuits organisés régulièrement sur la place Flagey, l'attitude de certaines personnes qui se ruaient sur les objets "comme des rapaces" la choquait dans un premier temps.
"Ça déçoit un peu, mais il faut surtout prendre ça comme une occasion d'apprendre, d'affiner les règles du jeu… On a envie de leur dire: "Il y en a assez pour tout le monde. Il faudrait réapprendre à partager". Mais on reste cool parce que le but, c'est surtout de permettre le lien… Et puis ceux qui prennent beaucoup ont certainement leurs raisons. Il faut plutôt essayer de discuter, pour comprendre." C'est ce qui les a poussés à insister sur l'accueil à l'entrée. "Si le contact est bon, si les principes sont bien expliqués, on limite les malentendus, explique François-Olivier Devaux, d'Etterbeek en Transition pour qui le marché gratuit prend un sens tout particulier à Noël. Ça rappelle qu'on peut tous donner."
"On a souvent une image très "bobo" du Mouvement en Transition, poursuit-il. Mais les marchés gratuits, comme les Repair Cafés (où des bénévoles retapent gratuitement des objets pour d'autres personnes), ce sont vraiment des points de rencontre entre différentes milieux." Pendant ce temps, trois musiciens d'une cinquantaine d'années s'installent avec une guitare, un oud et une derbouka pour installer une ambiance toute méditerranéenne. François-Olivier parle d'une dame, notamment, qui sans être impliquée dans le "noyau dur" de la Transition fait vraiment le lien entre le groupe et une communauté marocaine de la commune. "Elle ne vient pas aux réunions et pourtant, elle est vraiment devenue un moteur du marché du gratuit."
Après ce genre d'événements, les membres des Initiatives de Transition organisent un souper pour "fêter" ce qui a fonctionné, discuter de ce qui pourrait être amélioré. "Le côté célébration, autoremerciements est important", dit Caroline. "Si on fait ça uniquement par idéal altruiste, on s'épuise au bout de six mois, confirme François-Olivier. Parce que malgré l'énergie investie tout ne fonctionne pas, ce qui peut être très désespérant. D'où l'intérêt de fêter ce qui fonctionne, de renforcer les liens entre nous pour prendre soin de soi. Parce que la Transition, c'est avant tout une bande de voisins, d'amis."
Plus d'infos: www.reseautransition.be, https://alternatiba.eu

dimanche 17 mai 2015

Ali n’écrira pas car Ali n’existe pas!


samedi 12 juillet 2014

La police et la justice du Makhzen encerclent « Demain online » et Ali Lmrabet


Lmrabet Daech

Le militant amazigh Omar Louzi vient de nous envoyer un texte dans lequel il raconte comment il a été approché par la police qui cherche à coincer le journaliste Ali Lmrabet et le site Demain online. Nous le publions tel quel.

Il faut dire que cette poussée de fièvre n’est pas fortuite. Elle survient après la publication par Demain online d’informations mettant à bas une opération à grande échelle menée par le régime contre l’ex-capitaine Mustapha Adib après l’affaire du général Abdelaziz Bennani.
Demain online a pu prouver que la presse marocaine dans sa quasi totalité avait menti quand elle avait assuré que l’ex-officier de l’armée de l’air, qui habite aujourd’hui en France, avait tenté de pénétrer de force dans la chambre du général Bennani à l’hôpital du Val-de-Grâce, et qu’il n’avait insulté personne comme l’avaient affirmé en choeur les suiveurs du Makhzen.
Demain dérange le régime de Mohamed VI, c’est sûr. Mais ce site n’a pas été créé pour plaire, et les problèmes, les campagnes de diffamation, les harcèlements, les menaces, etc…, la prison, et même la mort, ne nous font pas peur.

Début du texte : 
Aujourd’hui, 10 juillet 2014, vers 11h du matin, deux flics en civil, se sont présentés à mon domicile pour me remettre une convocation … Ils m’ont fait savoir que le chef du commissariat du 4ème arrondissement de police de Salé, me convoque pour une affaire urgente.
Une demi-heure après, je me présente au commissariat en question.
Le Commissaire me reçoit et un interrogatoire en bonne et due forme commença qui a duré 2 heures.
J’ai demandé à connaître l’objet de la convocation. Le commissaire me répond qu’il s’agissait d’une plainte de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale) concernant un article sur Demain online. et qu’ils voulaient savoir si c’était moi l’auteur de cet article.
Le commissaire était incapable de me dire de quel article il s’agissait.
Il commence à me poser des questions sur mes activités politiques, syndicales et associatives … et enfin il me sort le PV signé il y a quelques mois par Mourad Borja, directeur de l’agence de presse AicPress, dans lequel on lui a posé les mêmes questions. Et voici les questions/ réponses entre moi et le commissaire concernant Demain online :
Le commissaire : Travailles-tu pour Demain online?
Omar Louzi : Non.
Le commissaire : Connais-tu Mourad Borja?
Omar Louzi : Non, je ne l’ai jamais rencontré.
Le commissaire : Connais-tu Ali Lmrabet?
Omar Louzi : Oui, je le connais comme le connaissent tous les Marocains?
Le commissaire :  Est-ce que c’est ton ami?
Omar Louzi :  Non
Le commissaire :  Quelle est ta relation avec lui?
Omar Louzi : La relation d’un citoyen avec un journaliste indépendant.
Le commissaire : c’est quoi journaliste indépendant?
Omar Louzi : Un journaliste libre qui ne travaille pour personne; ce qui l’intéresse c’est d’informer le citoyen.
Le commissaire : » Meziane ! (Traduction : Très bien). Es-tu l’auteur de l’article sur Demain online.
Omar Louzi : Quel article?
Il se rend compte que sa question n’a pas de sens puisque il n’a aucun article à me faire voir et il ajoute : » Tu n’as jamais écris un article sur Demain online? »
Omar Louzi : Non.
Fin de l’interrogatoire. Durant l’interrogatoire, le commissaire a eu toute la peine du monde à faire fonctionner son matériel informatique déglingué.
Il finit par tirer six exemplaires du PV et me les tend. Je les lis et je signe. Il appelle un de ses collaborateurs et lui dit : « Tu vas amener tout de suite un exemplaire au procureur du Roi du Rabat et un autre exemplaire à la DGSN ».
Le commissaire, me demande mon GSM et me demande de rester disponible ces prochains jours, car peut-être il y aura du nouveau dans l’affaire.
Omar Louzi
Fin du texte.
Il faut dire que quand la police veut travailler, elle travaille. Ainsi, elle n’a pas encore retrouvé les trois policiers de Tétouan qui ont agressé et cambriolé le journaliste Ali Lmrabet, en lui soutirant sa carte d’identité et un billet de 200 DH, il y a exactement deux ans en plein centre ville de Tétouan.
En dépit d’une déclaration solennelle du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi sur Al Jazeera annonçant que le ministre de la justice El Mostafa Ramid avait diligenté une enquête pour savoir pourquoi toutes les plaintes d’Ali Lmrabet ne sont jamais traitées par la police et la justice, rien n’a été fait.
Faute d’instructions et de taâlimates, le procureur du roi à Tétouan, et la police, secrète et pas secrète, n’ont toujours pas entendu ni arrêté les trois policiers qui ont été parfaitement identifiés.
Sans parler de la terrasse de la maison où réside le  journaliste à Tétouan qui a été investie par le caïd local avec dix-sept fonctionnaires dont des agents secrets.
Enfin, comme Ali Lmrabet n’a ni compte bancaire en Suisse, ni de châteaux et d’appartements en France ou sur la Costa del Sol, en Espagne, ne boit pas, ne fume pas, ne fréquente ni des bars ni des putes (certaines sont honorables, il faut le dire!), ne « consomme » pas des petits garçons, n’est pas un trafiquant de drogue, ne vend pas des billets de match à la sauvette, n’a été corrompu par personne (et ben oui, et cela en dépit des enquêtes menées par toutes les polices du royaume heureux, civiles et militaires, au Maroc et à l’étranger, avec souvent la complicité de polices locales), et n’a même pas eu droit à une petite référence sur Wikileaks, le Makhzen de Mohamed VI ne sait plus comment s’y prendre avec lui pour le remettre en taule. Le faire taire définitivement.
Alors, on cherche la petite bête. S’en prendre à Omar Louzi, dont nous avions relaté la mésaventure avec les services secrets de « Sidna », ou au photographe Mourad Borja qui n’est lié avec nous ni de près ni de loin, à part pour quelques photos.
Car, même si Demain est interdit au Maroc et que Ali Lmrabet a été interdit par Mohamed VI de l’exercice de sa profession de journaliste pour dix ans au Maroc, une peine unique sur la planète terre, ils ne sont ni Daech, ni L’Etat islamique ni Aboubakr El Baghdadi.
Demain a été attaquée une vingtaine de fois par les hackers du Makhzen. La dernière fois il y a quelques jours, une attaque qui , au passage, a cramé l’ordinateur personnel de Lmrabet.
Mais, ils peuvent attaquer le site autant qu’ils le veulent, cramer autant d’ordinateurs qu’ils le peuvent, l’important est et reste ailleurs.
Demain

mercredi 15 août 2012

Hosni Benslimane, tortionnaire attitré du royaume et général de l’esquive

Par Salah Elayoubi, demainonline

Le général Benslimane avec l’ancien ministre de l’intérieur Taieb Cherqaoui (Photo DR)
Opinion. En dix-neuf secondes et trente-deux centièmes (19’32’’), Usain Bolt a proprement satellisé ses concurrents, les reléguant au rôle de figurants, à la finale du 200 mètres, où se bousculait, pourtant, le gratin mondial de la discipline. Que peut faire le commun des mortels en moins de vingt secondes ?
Rien ! Ou pas grand-chose, sinon échanger un regard, émettre une pensée ou encore se gratter une partie de l’anatomie. Sauf lorsqu’il se nomme Hosni Benslimane. Car dans la catégorie des fugaces, notre homme est un champion qui  a assurément raté sa vocation.
Une fuite vaut mieux que deux tu l’auras
En moins de temps qu’il n’aura fallu au fantasque jamaïcain, pour survoler le demi-tour du stade olympique, le général s’est déguisé en courant d’air.
Plus question de réception, de cocktail ou de parade dans les salons VIP du complexe olympique londonien.
Mis au parfum,  par ses réseaux, de la demande d’assistance du juge français, Patrick Ramaël, en charge de l’affaire Ben Barka, à la justice anglaise,  l’homme s’est tout simplement évaporé, et la plupart des « Huiles rances » qui l’accompagnaient dans ce périple, dont notre pays aurait pu faire l’économie, ignoraient tout du sort du patron du Comité olympique marocain.
Le juge français qui s’était pris à espérer voir enfin, le premier gendarme du royaume s’expliquer sur son rôle dans l’enlèvement de l’opposant de Hassan II, devant la brasserie LIPP,  le 29 octobre 1965, puis son assassinat dans la villa du truand français Boucheseiche, à Fontenay-Le-Vicomte, en sera donc pour ses frais !
Mais si l’homme a réussi à échapper à la justice, il n’en a pas moins, signé un aveu explicite d’implication dans les faits qui lui sont reprochés, éclairant, du même coup, ses contempteurs sur sa lâcheté.
La défense de son honneur, perdu depuis belle lurette, importe en effet, peu ou prou, à ce vieillard indigne de 77 ans, qui sévit depuis cinquante ans et dont le refus obstiné de passer la main,  dissimule mal la peur de se voir rattraper, un jour, par la justice et les nombreux crimes qu’il a sur la conscience. D’autant que sa présence dans le cabinet d’un juge d’instruction pourrait encourager ses anciennes victimes ou leurs familles à déclencher contre lui une avalanche de plaintes pour tortures et crimes contre l’humanité.
C’est pour épargner de pareils tortionnaires que le régime marocain a imaginé cette mise en scène grotesque, pompeusement baptisée  » Instance Equité et Réconcilation » et dont les recommandations n’ont jamais été suivies d’effet.
Un général indigne et incompétent
Benslimane est l’archétype même du militaire marocain. Il en est l’incarnation et la caricature:  bardé de décorations, de médailles et d’étoiles, sans avoir jamais quitté son fauteuil de l’Etat-major et sans avoir jamais mis le pied sur un théâtre d’opérations,  ni comptabilisé  un seul fait d’armes à son actif, autres que ceux d’avoir fait battre, enlever, arrêter, torturer et tuer ses malheureux compatriotes.
Ailleurs, ce genre de militaire sans compétence aucune, hormis peut-être celui de gardien de but qu’il fut dans l’équipe des FAR de Rabat de 1958 à 1961, ne trouverait ni droit de cité, ni employeurs. Tout au plus commanderait-il une sombre section où végéteraient des troufions, épluchant des pommes de terre.  Mais le Maroc, est un pays d’exception, et cette maxime,  distillée par le Makhzen et inscrite au fronton de la monarchie marocaine, n’est pas tombée dans les oreilles d’un sourd :
« Le silence tu observeras,  la tête tu baisseras, les mains tu baiseras, et  l’argent tu feras »
Contrairement à tous ceux qui l’ont précédé, Benslimane se tait depuis toujours. Il observe même un mutisme assourdissant, depuis le premier jour.
Discret et manipulateur tel un marionnettiste, il a placé à tous les rouages de l’armée, de la police et de l’administration publique, ses fidèles, ses amis et les membres de sa famille. Un maillage si fin et si étendu qu’il a rendu son concepteur indéboulonnable. Il est partout,  de la sécurité du palais, à l’organisation des festivités, cérémonie de l’allégeance, comprise.  A lui tout seul, l’homme a réussi le coup d’Etat parfait, au point qu’une espèce de Modus Vivendi s’est installé entre le palais et lui-même, une sorte de pacte, en vertu duquel,  le roi et son clan peuvent continuer de s’enrichir, pendant que le Général veille au grain, tout en échappant à la justice. Ce n’est pas pour rien qu’à chacune de ses entrevues avec le roi, on devine chez ce dernier, une gêne manifeste confinant à la timidité, voire à la crainte.
Patron discret de toutes les barbaries
A la rubrique répression, on doit à cet homme retors, vicieux et  foncièrement méchant, tous les actes criminels à mettre au compte du régime marocain, depuis 1965, lorsqu’il est nommé à la tête des Compagnies Mobiles d’Intervention, les fameux CMI, de sinistre mémoire, dont la réputation est associée à leur brutalité légendaire. Il est de tous les mauvais coups de Tanger à Lagouira. Paradoxalement, ses apparitions sont rarissimes. Même lorsque les troupes de la gendarmerie, dont il devient le chef en 1972, mettent une ville à feu et à sang, comme ce fut le cas à Nador et à Fez, respectivement en janvier 1984 et décembre 1990, l’homme reste tapi dans l’ombre, s’arrangeant pour laisser aux seconds couteaux la responsabilité de signer les ordres de mission et d’accomplir les basses besognes : le massacre des manifestants et leur enterrement  furtif dans les fosses communes.
Dans la nuit du 17 juillet 1975, selon Ali Bouraquat, Benslimane assiste personnellement à l’exécution extrajudiciaire du Lieutenant-Colonel Ababou, du Capitaine Chellat,  de  l’Aspirant M’Zireg, ainsi que l’un de leurs geôliers Ali Fahim,  après leur évasion du « Point Fixe numéro deux » (PF2),  où ils étaient détenus, après le coup d’Etat de juillet 1971. Houcine Manouzi, célèbre contradicteur du régime, qui accompagnait les fuyards, est également porté disparu, depuis son arrestation à un barrage. Il y a fort à parier qu’il a subi un supplice similaire.
Pour toutes ces raisons, l’Association marocaine des droits humains ( AMDH), considère l’officier, comme celui qui a le plus violé les droits de l’homme dans notre pays.
La ruine du sport marocain 
Le baise-main, autre spécialité avérée du patron de la gendarmerie royale. C’est  à lui que l’on doit, pour l’essentiel, l’image indigne du militaire prosterné,  buste cassé, genoux à terre et baiser appuyé. C’est le seul moment d’ostentation, face caméra qu’on lui reconnaît. Une manière de marquer sa reconnaissance, au « parapluie » qui lui permet de s’enrichir en pillant les réserves halieutiques marocaines et le réservoir de terres de fermes et d’immeubles, appartenant au domaine de l’Etat marocain.
Après avoir ruiné les espoirs du football marocain, à la tête de la Fédération de football, Benslimane en est sorti, comme à son habitude, par la petite porte, discrètement après une passation de pouvoirs entre lui et  un autre courtisan notoirement incompétent,  Ali Fassi-Fihri.
A sa nomination  à la tête du Comité Olympique, Benslimane s’est attelé à l’une de ses spécialités, éliminer tous ses contradicteurs et placer ses fidèles aux postes clés. Sa première victime, Saïd Aouita qui, pour avoir tenu à l’homme, un langage de  vérité, n’a  du son salut qu’à un exil forcé.
L’indigence intellectuelle de l’équipe en charge du destin du sport marocain est tout simplement stupéfiante, tout comme sa propension à l’obséquiosité. Et le bilan est à l’avenant, entre un Président despotique, muet et affairiste,  une  Nawal El Moutaouakel, aux déclarations courtisanesques, qu’elle entame  et achève  par « Qala sahib al jalala », pour seul bilan et un Hicham El Guerrouj, cet ex Dieu du stade,  au quotient intellectuel inversement proportionnel à cette foulée magnifique, qui nous a tant fait  vibrer et aimer le drapeau qu’il brandissait  après chacun de ses triomphes.
A quelques jours de la clôture des jeux olympiques, mis à part l’exploit rocambolesque de Benslimane, qui a mis en lumière le côté sombre du régime marocain, l’espoir se réduit comme peau de chagrin, de voir notre pays engranger quelque hypothétique victoire. Un fiasco de plus à imputer au compte de la dictature marocaine qui accepte d’abriter sous ses lambris tout ce que le pays compte d’incompétents, pourvu qu’ils se taisent et de brutes, pourvu qu’ils répriment les amis de la liberté.
Mais il me suffit de me consoler en pensant, un instant que les médailles qui récompensent les vainqueurs, sont peut-être frappées de ce métal provenant de la mine d’Imider, cette région où mes  malheureux compatriotes endurent les affres de tellement de souffrances, d’injustices et d’ignominies  qu’il m’apparaîtrait plutôt indécent, que nos athlètes se les passent au cou !

URL Source : http://www.demainonline.com/?p=20043
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La télévision française traite Hosni Benslimane de « criminel »

Casablanca.-
 Lors d’un journal télévisé de la chaîne de télévision publique française France3, le journaliste du reportage sur le général Hosni Benslimane l’a traité de « criminel ».

http://www.demainonline.com/2012/08/15/la-television-francaise-traite-hosni-benslimane-de-criminel/

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Benslimane s’était réfugié à l’ambassade du Maroc à Londres pour échapper à Scotland Yard

Par  Badr Soundouss, demain, 18/8/2012

Rabat.- Selon des sources journalistiques françaises, le général Hosni Benslimane s’est réfugié à l’ambassade du Maroc à Londres quand Demain a révélé qu’il se trouvait dans la capitale britannique en tant que président du Comité national olympique marocain.
Après la publication par Demain de cette information, le juge français, Patrick Ramaël, en charge du dossier de la disparition de Mehdi Ben Barka, et qui essaye depuis des années d’entendre ce général très protégé par les hautes autorités de l’Etat marocain, avait demandé à Scotland Yard de « retenir » le suspect.
La police anglaise a pris alors attache avec Amnesty International, dont le siège central se trouve à Londres. Les flics anglais, pas très au courant des crimes d’Etat marocains, voulaient savoir qui était ce général cinq étoiles qui dirige, à 77 ans, l’olympisme marocain.
Ils n’ont pas été déçus. Selon les mêmes sources, la réponse d’Amnesty a été on ne peu plus exhaustive. Il n’y avait pas que l’affaire de la disparition de Mehdi Ben Barka qui pesait sur la « conscience » du patron de la gendarmerie royale. L’ONG a fourni aux Anglais une liste complète des crimes reprochés au général, dont la mort violente de 2500 personnes, un chiffre digne d’un général alaouite syrien.
Finalement, Scotland Yard a opté par conseiller à Benslimane de quitter au plus vite le territoire britannique sous peine de l’arrêter comme un vulgaire malfrat. Ce qu’a fait le général.
Une fuite peu glorieuse pour un général de corps d’armée détenteur de cinq étoiles. Ya hasra !